En ce début d'année, beaucoup de jeunes n'ont pas
repris le chemin du collège. Pour des raisons diverses,
dont des échecs successifs, ils ont interrompu leurs études
académiques. L'option qui leur est proposée le plus
souvent est l'Industrial and Vocational Training Board (IVTB).
"Stop !", dit Roland Dubois, le directeur. "L'IVTB
n'est pas l'option après l'échec, mais le parcours
alternatif."
À Maurice, seules les études académiques
comptent. Quand quelqu'un opte pour un parcours différent,
on déduit automatiquement qu'il a échoué
ou qu'il n'a pas le niveau. Tel est l'avis du directeur de l'IVTB,
Roland Dubois. Il ajoute que la mentalité doit évoluer
et précise que dans le monde entier, on reconnaît
de plus en plus la valeur de la formation professionnelle et technique.
"En janvier 2007, les ministres de l'Éducation
de plusieurs pays se sont réunis à Copenhague et
ils ont dit : Si on veut être compétitifs, il
faut investir dans la formation professionnelle et technique.
80% des métiers qui existent aujourd'hui ont besoin de
ces compétences."
Passerelles. Roland Dubois fait ressortir qu'il existe
des passerelles entre la formation académique et technique.
Certains viennent à l'IVTB après leur HSC. C'est
notamment le cas de ceux qui s'engagent pour le Higher National
Diploma (HND) avec l'École hôtelière ou la
School of Design. Ceux ayant leur SC peuvent accéder au
National Trade Certification (NTC 2) et ensuite passer au HND.
Les étudiants qui ont arrêté le collège
en Form III ou IV peuvent s'engager pour le NTC 3, puis le NTC
2 et ainsi de suite. Les niveaux Form I et II donnent accès
au NTC Foundation Course, puis au NTC 3 et ainsi de suite. Quant
à ceux qui échouent au CPE, ils doivent passer par
3 années de prévocationnel, avant d'accéder
à la NTC Foundation Course et ainsi de suite. Au final,
tout le monde peut aspirer au diplôme supérieur,
grâce à ce parcours alternatif.
Mais, avoir une place dans un centre IVTB est une autre histoire.
La demande ne cesse d'augmenter au fil des années. Au SRN
Training Complexe d'Ébène, par exemple, 290 demandes
d'admissions ont été reçues pour 48 places
en mécanique automobile, au dernier recrutement. "Nous
sommes obligés de procéder à un examen. Les
meilleurs sont retenus", avance Mohammad Nizaam Abdool,
Centre Training Manager. Des initiatives ont été
prises ces derniers temps pour augmenter la capacité d'accueil.
De même, différentes formules de cours, dont le part-time
et l'apprentissage, sont proposés pour satisfaire un plus
grand nombre de stagiaires.
Agrandir. De son côté, Roland Dubois ajoute
qu'en 20 ans d'existence, l'IVTB a multiplié ses recrutements
par dix. Il concède qu'il faut agrandir. Ainsi, pense-t-il
utiliser les bâtiments du ministère de l'Éducation
pour certains cours en dehors des heures de classe. De même,
il précise qu'à travers la formule apprentissage
(1 jour de cours/semaine et le reste en entreprise), on essaye
de récupérer un certain nombre de jeunes n'ayant
pas passé le cap de l'examen d'entrée. Le stagiaire
est alors payé à 40% du salaire pour ce poste pendant
la 1ère année et 60% au cours de la 2e année.
Ce qu'il faut surtout faire ressortir, estime Roland Dubois, c'est
que ces jeunes qui quittent l'IVTB sont assurés de trouver
un emploi. Grâce à leur formation, mais aussi grâce
aux stages effectués en entreprise.
L'IVTB procède à 4 recrutements par an. En janvier,
pour les cours de NTC 3 ; en mars, pour le NTC 2 ; en juillet,
NTC 3&2 pour l'École hôtelière, et en
septembre, pour le Diploma. Le choix des cours est très
varié et s'étend de l'installation électrique
à l'ICT en passant par la mécanique automobile,
Air Conditionning, Wood Trades, Sheet Metal Work
la liste est longue. À préciser que ces domaines
ne sont pas réservés qu'aux garçons. Au SRN
Training Complex, par exemple, Mohammad Nizaam Abdool dit qu'il
y a des filles à chaque recrutement. "Actuellement,
nous avons 2 filles en Precision Engineering, communément
appelé tourneur ajusteur. Généralement, c'est
un domaine où il y a surtout des garçons."
De même, il existe certains cours dédiés
spécialement aux filles.
Àge. Le directeur de l'IVTB ajoute qu'on peut commencer
sa formation à tout âge. Il n'est jamais trop tard
pour s'intéresser à un domaine quelconque. Plusieurs
cours sont ainsi organisés à l'intention des adultes,
sponsorisés par les entreprises qui les emploient ou pour
les sans-emplois, sous l'égide de l'Empowerment Program.
Il faut aussi savoir que depuis 2005, les cours NTC 3 sont gratuits.
Un dépôt de Rs 1 000 est nécessaire et remboursable
à la fin de l'année, s'il n'y a pas eu de dégâts
causés au matériel par le stagiaire. Les cours NTC
2 sont à Rs 5 000 par an. Quant au Diploma, cela dépend
de la filière choisie. Pour cela, l'IVTB travaille en collaboration
avec des institutions étrangères, dont TAFE en Australie.
De même, des experts étrangers viennent régulièrement
à Maurice pour fomer le staff en matière de dernière
technologie.