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VENDREDI 18 JANVIER 2008
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les humeurs de chloé
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LES HUMEURS DE CHLOÉ
Le guet-apens
Le rose de son gloss sur le goulot et son mascara qui dégouline.
Caro a avalé des rasades de Grine Aïeland dans
la bagnole. À peine le temps de kiffer la vibes
que ma cops me traîne par la bretelle. J'aurais dû
mettre mon strapless ! Ma pine-co gesticule comme une pineguette
devant la scène. Une hystérique perchée sur
talons aiguilles se défoulant, quitte à se fouler
la cheville. On s'est un peu donné en spectacle. Rien à
battre du regard des autres
Et dieu sait qu'on nous matait le cul ! Y'avait aussi du monde
au balcon, ce soir. J'étais babylissée et
sapée décontracté-chic. Jupette jeans ultra-moulant
extra-court et haut super-méga-groove. Tout est
dans le staïle. Le piercing nombriliste de
Caro scintille sous des spots en crise épileptique. Elle
était aussi allumeuse qu'un bâton d'allumette. On
se déhanche en synchro sur la vibes quand j'ai été
subitement statufiée d'horreur !
Presque toutes les minettes sont fringuées comme nous !
À moins que ce soit l'inverse ? Bonnet blanc ou bonnet
blanc cassé. Karl Lagerfeld a raison. On perd un peu de
sa personnalité en se nippant comme tout le monde. Quoique
tout le monde se sape pareil pour être in. Caro dit
que le minimum pour rester branché est de suivre la tendance.
Elle a carrément jeté son Samsoungue pour le dernier
Schnoquia N je-sais-plus-combien.
Elle ne jure que par le dernier cri. Un troupeau de gars morveux
commence à nous tourner autour. Fringués aux mêmes
adresses et cheveux graissés de gel. Pas exactement le
genre "jeunesse dorée", mais assez métallisés
quand même au vu des T-cheurtes : Bleu Acier Clubbong
Gear ou Rapid Silver. On pourrait les fondre dans le même
moule ! Ces clubbers portent presque un uniforme. Parlons pas
de cette attitude commune de glaceur m'as-tu-vu !
Ça schlingue larack ! Nos cavaliers tenaient à
peine sur leurs pattes. Ils doivent sûrement être
amateurs de languette maman. Vous savez, ce cocktail concocté
à base de fonds de bouteilles qui traînent sous les
bars. On pouvait dire que le gotha noctambule est sorti de son
ghetto de petit bourge pour guetter le blondinet aux platines.
Au fil des mixes, un des glaceurs colle-colle Caro.
Lui glisse à l'oreille son envie de faire un p'tit tour.
Et c'était pas pour faire pipi !
Ça sentait le guet-apens à plein nez. On le croise
souvent trônant au bar de pubs et clubs branchés.
Monsieur est aussi larackeur que têteur de
chopines. Et est de ceux qui ne peuvent se mettre dans un état
d'esprit festif sans picoler un peu
beaucoup, passionnément,
à la folie. Pour qui s'éclater rime avec gros
pété ou mari déconnecté, voire
bel défoncé. Je pensais que Caro avait déjà
fricoté avec lui. Faut croire que pas du tout.
Elle lui a foutu une de ces calottes dans la gueule !! Casanova
est allé valser au ras des pâquerettes. Il se redresse
tout découillonné devant ses potes. Tel un
toutou la queue entre les jambes. Et, sans crier gare, expédie
une gerbe géante sur ses chaussures. J'avais honte pour
lui. Il passait à la caisse pour toutes ses languette
maman, B52 et autres mixtures vodkaïssantes. C'était
beurk de chez beurk !
Rebeurk !
Chloé
P.S. : Doit-on absolument se bourrer la gueule pour faire
la fête ? Partagez votre opinion au 8150 (Emtel)
ou au 8208 (Cellplus).