BOB SINCLAR
À cheval sur le disque
Disc-Jockey aux succès galopants, Bob Sinclar est parmi
les artistes majeurs de la scène house française.
Le DJ cartonne en ce moment avec le titre What I want,
extrait de son album The Soundz of Freedom. Ce tenant de
la French Touch monte son tube autour de la voix du chanteur
Fireball
toujours dans l'esprit de cette touche française.
Les vieux, usés et fatigués diront que Bob Saint-Clare
est un personnage incarné par Belmondo dans un film tout
aussi vieux : Le magnifique. Ils auront, bien sûr,
confondu Saint-Clare et Sinclar. La provoc'voudrait aussi que
les gardiennes de la féministé s'offusquent
(dans leur cuisine ?) du dernier clip du disc-jockey. Un homme
qui semble beaucoup aimer la vénusté des femmes
sportives en sueur. Des images hardies font foi de cet amour dans
le clip de What I want.
Seximages. Un clip sea-sex-sun montrant
des formes et des rondeurs filmées de très près.
C'est pour mieux vous voir mes enfants, a dû dire
le réalisateur aux filles aguicheuses s'exerçant
en petite tenue sur la plage. Sous la houlette d'un bouboule à
la voix de castrat, Fireball. La femme objet de convoitise n'est,
certes, pas une nouveauté en matière de clips. Toujours
le poing levé. D'aucunes pourraient, cependant, dénoncer
des scènes dégradantes pour la gent féminine.
N'en disconvenons pas. Faisons l'économie d'un éventuel
lynchage sur la place pudique
au nom de Bob Sinclar.
Mais, qui est donc ce Bob Sinclar ? Les mordus de musique électro
savent que c'est une bête des platines, évoluant
dans la jungle électronique. Grrrr ! De la même espèce
que Laurent Wolf ou David Guetta et Vendetta. Des artistes friands
de rendez-vous nocturnes pour répandre des sons produits
par eux-mêmes. Mélanges dénichés au
fond des contrées musicales ou au creux de leur cerveau.
Les noctambules sont nombreux lors de ces rituels se pratiquant
surtout les vendredis et samedis soirs.
Tsunami. Concepteur de parties de rêves en boîte,
Sinclar possède une culture musicale aussi large que sa
sensibilité créatrice. Le disc-jockey s'entoure
aussi des meilleurs pour électriser ses productions, en
prise direct avec le disco et le funk. Des collaborations avec
un certain Martin Solveig sont notées. Le producteur-remixeur
peut se targuer d'être l'épicentre de grands tsunamis
planétaires. Une vague soulevée par un florilège
de talents ayant donné, entre autres productions personnelles,
The Beat Goes On et Kiss my Eyes.
House. Le jockey chevauche les disques en 1988.
Il chine dans les écuries à la recherche de perles
rares pour alimenter ses mix en sons à être
retravaillés par ses bons soins. Sinclar fonde, six ans
après, le label Yellow productions en connexion avec DJ
Yellow. De la Soul en passant par le hip-hop et de l'acid jazz,
le label prend progressivement une coloration house music.
Frenchy. Ces disques sont des frisbies lancées
énergiquement dans le ciel des musiques électroniques.
Une ascension qui le conduit à écumer les clubs
du monde entier. Un parcours pour le moins classique et qui ne
diffère pas de celui de ses confrères. Toujours
est-il que le DJ est inscrit dans l'annuaire de la French Touch.
Un style qui se fonde sur un rythme house classique, mais
puisant son originalité dans l'utilisation de samples
provenant essentiellement du funk et de la disco.
Le Friant. Les fans savent-ils que Bob Sinclar est âgé
de 40 ballets et vit en couple avec une certaine Ingrid ? De son
vrai nom Christophe Le Friant, ce musicien est aussi père
d'un garçon, Raphaël, et d'une petite fille, Paloma.
Ce qui n'enlève rien à son charme. Fan invétérée,
Sandrine cache, d'ailleurs, difficilement son appréciation.
"Il ne fait pas que de la techno. Son style de musique me
plaît. Je trouve Bob beau avec ses longs cheveux et son
corps musclé. S'il vient à Maurice, c'est sûr
que j'irai le voir !"
Star Ac. Inutile de préciser que le son Sinclar
a été médiatisé à travers l'émission
Star Academy. Le morceau Love Generation ayant servi de
générique lors de la cinquième saison. Le
disc-jockey en remet une couche avecWorld Hold On. Il cartonne
à présent avec le tube What I want extrait
de The Soundz of Freedom. On notera aussi sa remarquable
prestation de sauvetage dans une piscine gonflable, sauvant une
sirène
qui se noyait dans trente centimètres
d'eau !
Sida. À un autre chapitre, les Royalistes apprécieront
de savoir que le soir de la victoire de Sarko, le DJ mixa à
Paris sur la Place de la Concorde pour cette occasion. Quoi qu'il
en soit, Sinclar se montre aussi concerné par les ravages
du sida. Conscient d'être un modèle pour les jeunes
générations, le disc-jockey apporte ainsi son soutien
à l'association Solidays. Comme dirait l'autre : sortez
couvert !
La touche française
L'historique de la French Touch a pour point de départ
une décision du Premier ministre britannique Margaret Thatcher
de mettre un frein à l'hystérie provoquée
par le Summer of Love de 1988. On décida d'interdire
les rassemblements autour des musiques répétitives.
Une mesure anti-techno qui incite les grandes raves du
Royaume-Uni à s'exiler en France. Les DJ français
puiseront leurs influences dans les tubes acid jazz et techno,
mais aussi dans le funk, la disco, le jazz et la soul.
Ces artistes commencent à produire et à éditer
des titres qui grimpent rapidement dans les charts britanniques
et ne laissent pas indifférents les critiques. À
cet instant, la French Touch balbutiante voit apparaître
de plus en plus d'artistes tels que Air, Dimitri from Paris, La
Funk Mob ou DJ Cam, produisant des sonorités très
influencées par le trip-hop. Les Daft Punk commencent à
travailler chez eux sur leurs premiers maxis. En France, le mouvement
est encore très marginal et se concentre en quelques points
névralgiques de la capitale, notamment chez les disquaires
où ces mêmes artistes sont à l'affût
des nouveautés.
La French Touch commence à prendre véritablement
de l'élan avec la sortie de l'album Boulevard de
St Germain. Un disque au son acid jazz et house minimale,
encensé par la presse britannique, notamment via le New
Musical Express ou encore Mixmag. Puis, en 1996, c'est
au tour du duo Motorbass de connaître un succès mondial
à la sortie de l'album Pansoul. À la fin
de la même année, l'album Homework des Daft
Punk achève d'établir ce mouvement musical sur la
scène internationale.
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