Week-End/SCOPE

VENDREDI 21 SEPTEMBRE 2007 femmes


SOCIÉTÉ : FEMMES

Génération battante

Portrait de la Mauricienne à travers quatre femmes, ayant chacune une vie bien remplie. Si chacune a réussi dans son domaine professionnel respectif, elles font toutes du devoir familial une de leurs priorités. Sheila Grenade, Marjorie Lenette-Kisnorbo, Sheila Seebaluck et Fawzia Khodabux se font les porte-parole de la génération féminine des années 2000.

"Excusez-moi de vous avoir fait patienter. Je me permets de vous faire la bise." Rien à dire, Sheila Grenade sait maîtriser les bases de la communication. Siéger à l'Assemblée nationale est, sans doute, l'une des plus grandes responsabilités confiées à une femme au niveau de l'État. Après dix années de politique active, la députée MSM, mère de trois enfants, dit avoir une vie bien remplie. Aller à la rencontre des personnes de sa circonscription, leur parler, les écouter : une tâche qu'elle assume pleinement. "Quand j'entends une mère de famille me dire : gramatin mo donn dilo disik mo zanfan pou al lekol, ça ne peut laisser insensible. J'essaye toujours d'aider les gens, dans la mesure du possible."

Ainsi, refuse-t-elle l'étiquette de "Barbie" qu'on veut lui coller. Si elle aime être bien habillée, c'est dans sa nature. Être députée ne veut pas dire renoncer à sa féminité et entrer dans le schéma classique. "Je crois qu'il faut avoir une touche féminine dans tous les aspects de la vie. Que ce soit en politique, dans le social ou autre. La femme est attentive et sensible. Elle apporte toujours un plus dans les prises de décision. Personnellement, j'ai la chance d'appartenir à un parti qui croit dans les valeurs de la femme."

Responsabilité. Un point de vue qui rejoint celui de l'ancienne athlète Sheila Seebaluck, aujourd'hui Communication Manager chez Ireland Blyth Ltd. "La Mauricienne d'aujourd'hui est une femme qui travaille, qui s'assume et qui occupe des postes de responsabilité", avance-t-elle. Ce qui ne l'éloigne pas pour autant de ses responsabilités familiales. Même si elle accorde beaucoup d'importance à son travail, la priorité de Sheila Seebaluck, mère d'une fille de 12 ans, demeure sa famille. "Trouver le juste milieu entre sa vie familiale et sa vie professionnelle est une question d'organisation", poursuit-elle.

Une affirmation qui confirme l'observation de Fawzia Khodabux, propriétaire de magasin. Elle constate qu'en dépit de l'évolution de la société mauricienne, le rôle de la femme n'a pas beaucoup changé. "Une femme aujourd'hui sait toujours s'occuper du foyer et des enfants, qu'elle ait une vie professionnelle ou pas." Un rôle que Fawzia, divorcée et mère de deux enfants, assume pleinement et ne considère pas comme un fardeau. Et d'ajouter que ses enfants contribuent à son épanouissement.

Équilibre. Enseignante et présentatrice de télévision, Marjorie Lenette-Kisnorbo décrit la Mauricienne d'aujourd'hui comme un acteur important dans la production du pays. Son rôle ne se limite plus à celui de femme au foyer, comme c'était le cas dans le passé. En ce qui la concerne, elle avoue que sa priorité a longtemps été d'être très professionnelle dans son travail. D'une part, à cause de son côté perfectionniste ; d'autre part, parce qu'on a toujours tendance à attendre beaucoup plus d'une femme. Aujourd'hui mère de famille, elle doit s'organiser pour trouver le bon équilibre entre son rôle de mère et celui de femme active. Pas question d'abandonner son travail, car celle qui se décrit comme une femme de terrain dit ne pas pouvoir se passer de ce métier qui est aussi sa passion.

Hommes. Et les hommes dans tout ça ? Marjorie Lenette-Kisnorbo parle de rapports de force entre elle et le sexe opposé en milieu professionnel. Ayant constamment besoin de faire ses preuves, elle dit aussi avoir ressenti l'agressivité de certains collègues : "On m'a mis des bâtons dans les roues", sans doute, dit-elle, parce qu'ils se sentaient vulnérables dans leur métier.

Voir en la femme un allié et non pas une adversaire, c'est ainsi qu'on doit considérer l'élément féminin dans le milieu politique, souligne, pour sa part, Sheila Grenade. Elle ne cache pas qu'elle a elle-même hérité cette vocation de son mari, Rouben. "À force de l'accompagner dans les réunions, j'ai fini par y prendre goût. La dimension sociale de l'engagement m'a aussi poussée à franchir le pas." Elle reconnaît aussi qu'elle n'aurait jamais pu arriver là où elle est sans le soutien de sa famille et de son parti.

Potentiel. Parlant de sa relation avec les hommes, Sheila Seebaluck ne peut s'empêcher de sourire, avant d'ajouter : "Je travaille beaucoup avec les hommes, j'ai su me faire accepter, m'imposer quand il le fallait. De nos jours, au travail, on juge la femme par son potentiel et moins par le fait qu'elle est une femme. Ça, c'est une très grande évolution. Ma position professionnelle ne gêne nullement mon entourage et encore moins mon mari. Il le vit très bien."

Respect. Fawzia Khodabux dit vivre librement, sans se soucier du regard des autres. "Être divorcée n'est pas une tache. Je vis ma vie, j'essaye de ne pas faire de mal autour de moi. Au contraire, quand je peux aider, je le fais." Si elle a une faiblesse, elle avoue que c'est en étant trop exigeante envers les hommes. "En tant que femme, j'aime qu'on respecte mon intelligence." C'est pour cela qu'elle dit ne pas accorder d'importance à son image physique, car ce n'est pas ce qui compte le plus. "Je peux aller au salon pour me faire une beauté quand ça ne va pas dans la tête, mais je ne suis pas prête à faire des folies."

Nature. Détendue, vêtue d'une blouse bleue relevée d'un collier dans le même ton et d'un pantalon blanc, Sheila Grenade ne déroge pas à l'image tendance à laquelle elle nous a habitués. Lorsqu'elle ferme les yeux pour choisir ses mots, on aperçoit une ligne de crayon bleu posé sur les paupières. Si elle soigne son look, elle n'en fait pas sa priorité pour autant. "Il ne faut pas voir uniquement l'aspect extérieur, mais aussi l'intérieur. Ma personne n'est pas ma priorité. J'aime être bien habillée, j'ai toujours été comme ça, c'est ma nature. Je n'aime pas le paraître, je préfère le naturel."

Image. Femme très médiatisée, Marjorie Lenette-Kisnorbo pense qu'on ne fabrique pas son image. Avec le temps, elle a appris à se montrer comme elle est, désirant surtout que les autres l'acceptent telle qu'elle est. Jupe noire et chemisier bleu, perchée sur ses hauts talons, Sheila Seebaluck a l'allure de ces femmes d'affaires qu'on voit à la télé. Celle qui se décrit comme étant une femme simple avoue tout de même que l'image qu'elle projette d'elle-même est importante. Elle dit aimer se faire plaisir, sans toutefois être dans l'excès.

Sexualité. Et Sheila Seebaluck se laisse aller à des confidences pour évoquer la sexualité. Elle ne manque pas de préciser que le sexe contribue grandement à l'épanouissement d'une femme. Elle dit observer beaucoup d'hypocrisie par rapport au sexe à Maurice, alors que c'est une chose tout à fait normale, loin d'être vulgaire. "Quand on voit des clips de filles nues à Maurice, les gens sont choqués. On devrait apprendre à être plus ouverts. En matière de sexualité, chacun doit pouvoir s'assumer. Enlevons les tabous. Les jeunes sont sexuellement actifs très tôt, pourquoi refuser de l'admettre ?"

Marjorie Lenette-Kisnorbo note ce souci de la femme de faire passer le bien-être des autres avant le sien, même en matière de sexualité. La femme, selon elle, a souvent tendance à ne pas s'épanouir "parce qu'on lui a fait croire que son rôle était de faire le bonheur de son conjoint, alors que l'épanouissement d'une femme passe aussi par la sexualité."

Fawzia Khodabux déplore le fait que les jeunes ne soient pas suffisamment informés en matière de sexualité et qu'ils n'aient pas accès facilement aux préservatifs, alors qu'ils sont très tôt sexuellement actifs. En ce qui la concerne, le sexe n'est pas sa priorité dans une relation. "Il y a avant tout la relation, le dialogue, la personne… le sexe ne passe pas en premier."

La sexualité, selon Sheila Grenade, se vit dans la construction d'un couple. "Il n'y a pas de livre ni de recette pour nous dire comment il faut vivre notre sexualité, combien de fois par semaine, des trucs comme ça… Cela dépend du couple, de la façon dont il gère sa vie. La sexualité en fait partie." Se disant interpellée par tout ce qui concerne les jeunes, Sheila Grenade estime qu'il est impératif d'introduire la sexualité comme matière au collège et d'aborder avec professionnalisme des sujets tels la drogue et le VIH/Sida. "Les ONG font leur travail, alors que les autorités restent de glace devant l'ampleur que prennent ces problèmes. Il est grand temps de s'appliquer et non pas d'organiser une causerie au petit bonheur pour se dire qu'on est en train d'agir."

Obstacles. Si la Mauricienne d'aujourd'hui est remplie d'ambitions, ce ne sont pas les obstacles qui manquent sur son chemin. Marjorie Lenette-Kisnorbo note que le regard des autres peut être un obstacle dans l'épanouissement d'une femme. La peur constante d'être jugée, d'être montrée du doigt peut contribuer à créer chez une femme un manque d'assurance.

Fawzia Khodabux avoue qu'il n'est pas facile, de nos jours, de se lancer dans le business. "Il y a tellement de frais, taxes par-ci, taxes par-là, ce n'est pas encourageant ! J'avais mis une banderole à l'entrée du complexe pour annoncer l'ouverture du magasin et les gens de la mairie sont venus me voir pour me dire qu'il faut payer pour cela." De nature persévérante, elle va de l'avant, car elle tient avant tout à être autonome financièrement. Tout en reconnaissant que de tels obstacles découragent les femmes à aller de l'avant. "Les Mauriciennes ont beaucoup de potentiel, mais elles n'osent pas. Elles ont peur du regard des autres." En revanche, elle constate que les jeunes filles d'aujourd'hui n'hésitent pas à avoir un piercing dès l'âge de 13-14 ans. "Je suis témoin de cette évolution à partir du magasin. De très jeunes filles viennent, accompagnées de leur maman, pour acheter des colliers, des bracelets. Je trouve ça très bien." Si elle avoue n'avoir pas eu cette chance, ayant grandi dans une famille très stricte, elle reconnaît que c'est cette éducation qui lui permet aujourd'hui d'être autonome.

Se disant volontiers une battante, Sheila Grenade a appris à faire face aux critiques et aux rumeurs. "J'ai compris que ça fait partie de la vie publique, alors, je me suis conditionnée pour cela." Quoi qu'on dise, si la députée sait qu'elle a le soutien de sa famille et de son parti, elle fonce tête baissée. "Je n'abandonne pas facilement."

Ministre. Malgré tous les changements dans la condition des femmes, Sheila Seebaluck est d'avis que beaucoup reste à faire au niveau de l'égalité entre hommes et femmes en ce qui concerne, notamment, le salaire. Elle s'accorde un instant de réflexion, puis déclare : "Si j'étais ministre de la Femme… mes priorités seraient de revoir les textes de lois concernant l'égalité entre les deux sexes, de faire respecter davantage le droit des femmes et des enfants. Mon message aux femmes : allez vers ce à quoi vous aspirez, travaillez à concrétiser vos rêves !"

Se laissant aller elle aussi à cette éventualité, Marjorie Lenette-Kisnorbo avance que sa priorité serait de créer des cours d'éducation parentale, car "trop de parents ne savent pas jouer leur rôle ou ont tout simplement démissionné." Aussi, faire en sorte que l'éducation civique soit accessible aux enfants dès leur plus jeune âge, afin qu'ils comprennent que les hommes et les femmes ont les mêmes droits.

Fawzia Khodabux dit haut et fort que si elle était ministre de la Femme, elle ferait installer des distributeurs de préservatifs dans tous les collèges… "Cessons de jouer aux hypocrites et laisser nos jeunes en danger. On ne peut plus se voiler la face : autant les protéger !"

Celle qui a plus de probabilité de s'asseoir un jour dans ce fauteuil joue la carte de la prudence : "J'attendrai d'être nommée avant de me prononcer", lâche tout simplement Sheila Grenade. Pour l'heure, ce qui compte, pour elle, c'est de mettre en pratique sa philosophie : "Servir et non pas être servie."


SHEILA SEEBALUCK : L'aventure sportive

On est en 1980, Sheila Seebaluck tente l'aventure sportive et représente l'île Maurice en demi-fond à Turin. Elle fera vibrer toute la nation mauricienne cinq ans plus tard, en remportant la médaille d'or aux 800m lors des 2e Jeux des Îles de l'Océan Indien. En 1986, elle décroche une bourse comme conseillère sportive en France. Sheila Seebaluck continue de courir et établit le record de Maurice de 800 mètres. Elle participera aussi aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988 et décrochera la 3e place au Championnat d'Afrique.

En 1990, elle obtient une autre bourse d'études en France, pour des études de journalisme à l'INSEF. Son diplôme en poche, elle fera ses débuts à la MBC.

Aujourd'hui, à 42 ans, l'ancienne athlète est mariée à Christopher Blackburn, lui aussi un ancien athlète, depuis 13 ans. Elle est mère d'une fille de 12 ans, et occupe le poste de Communication Manager Chez Ireland Blyth Limited.


SHEILA GRENADE : La touche féminine

Au bout de dix années de politique active et après avoir assumé les rôles de conseillère et d'adjoint au Lord-maire, à la municipalité de Port-Louis, Sheila Grenade siège depuis deux ans comme députée de la circonscription N°1 à l'Assemblée nationale. Membre du Mouvement Socialiste Militant (MSM) et mère de trois enfants, elle dit accorder beaucoup d'importance à son équilibre familial. S'entraider en couple, expliquer l'importance de l'engagement aux enfants quand il faut s'absenter, autant d'éléments qui contribuent à la réussite, dit-elle.

Si elle avoue aimer faire la conversation, rire et sourire, naturellement, Sheila Grenade ne cache pas non plus son penchant pour la chanson. Ceux qui ont bonne mémoire se souviennent sûrement de son passage sur l'esplanade de l'hôtel de ville de Port-Louis, alors qu'elle assumait le poste d'adjoint au Lord-maire. C'était à l'occasion de la Fête de la musique. Rien d'étonnant quand on sait que Sheila Grenade est la sœur de la chanteuse Kiki Cerdor et qu'elle a baigné dans la musique depuis son enfance. "Kiki est ma chanteuse préférée. Pas parce qu'elle est ma sœur, mais parce que j'adore sa voix."


MARJORIE LENETTE-KISNORBO : À cent à l'heure

Marjorie Lenette-Kisnorbo a fait ses études au Collège BPS. Après son HSC en 1984, elle s'envole pour la France pour des études à l'Université de la Sorbonne en lettres, civilisation étrangère et en relations internationales. 1990, la jeune femme rentre à Maurice. Elle travaille dans les hôtels, avant de trouver une place de remplaçante au collège BPS. Même année, elle intègre la MBC en tant que speakerine. Mais Marjorie Lenette-Kisnorbo veut aller sur le terrain, être au contact des gens. En 1991, elle prend de l'emploi comme enseignante au Lycée Labourdonnais et commence en 2000 à présenter des émissions de télévision. C'est ainsi qu'on la retrouvera par la suite dans Nou zanfan Maurice, Zenfants Soleil ou encore Avis de recherche.

Deux de ses émissions, Un dauphin nommé Delphine et À la recherche du paradis perdu seront présentées au festival du film de la Réunion. Marjorie Lenette-Kisnorbo, enseignante et animatrice de radio et de télévision, est mariée à Didier Kisnorbo et mère d'un petit garçon, Aymeric.


FAWZIA KHODABUX : L'autonomie féminine

Lorsqu'on apprend que Fawzia Khodabux gère un magasin d'accessoires féminins, on s'attend à rencontrer une femme bardée de bijoux et maquillée à outrance… Mais c'est tout à fait le contraire qu'on découvre. Dans son nouveau magasin aux couleurs acidulées situé au complexe Manhattan, à Curepipe, tout rime avec l'esthétisme. Mais Fawzia, elle, vêtue d'un jean et d'un kurta dont le décolleté est légèrement prolongé, est la simplicité même. C'est à peine si on remarque un soupçon de rouges aux lèvres à son grand sourire.

Cette mère de 30 ans, divorcée, élève seule ses deux garçons de 7 et 8 ans. Devenir autonome financièrement est devenu son défi dans sa vie. L'ouverture de son magasin se situe dans cette perspective. Si elle dit opter pour un aspect sobre en ce qui concerne son look, elle avoue, toutefois, avoir un faible pour les chaussures.


JEUNE : Demain…

20 ans et les rêves pleins la tête. Sara-Jane Marianne, enseignante du privé et étudiante en psychologie, représente la génération future. Pour elle, être une femme à Maurice en 2007, c'est se sentir libre, une liberté due au nouveau regard que porte la société sur la femme. Sara-Jane fait de ses études sa priorité, afin de pouvoir être indépendante financièrement. Seulement après, songera-t-elle à fonder une famille. Elle explique qu'elle appartient à une génération de femmes qui n'hésite pas à faire passer la carrière avant toute chose, car il est important pour les femmes aujourd'hui d'être autonomes et de pouvoir s'assumer seules. Elle se décrit volontiers comme une femme déterminée qui sait ce qu'elle veut. "Il m'est arrivé de faire le premier pas en amour. J'ai une façon directe de faire comprendre aux hommes ce que je veux."

Si elle considère la sexualité comme une chose importante, contribuant au bien-être d'une femme, elle déplore toutefois la banalité du sexe chez certains jeunes, notamment chez les filles qui ont une tendance à projeter une image de femme facile.

Pour Sara-Jane, la femme moderne est aussi celle qui s'occupe d'elle, qui soigne son image. Elle explique que l'image qu'elle projette aux autres est importante, car c'est une façon pour elle de se protéger. "Si vous projetez une image de personne faible, ne soyez pas étonné qu'on vous marche dessus !" Même si elle dit être plutôt raisonnable dans ses dépenses, elle avoue faire des folies de temps en temps par coquetterie. Bien que la jeune femme considère que la condition féminine a beaucoup évolué, que les femmes ont su se faire accepter dans le monde des affaires, elle déplore que certains obstacles empêchent toujours la femme de s'épanouir pleinement. Des obstacles qui, selon elle, viennent souvent de la famille, de la culture, des traditions… Sara-Jane parle de ses priorités si elle occupait le poste de ministre de la Femme : "Rouler en BMW, bien sûr, et rendre l'éducation sexuelle accessible à tous les enfants, faire les filles prendre conscience très jeune de la valeur de leur corps."