Gaieté, tristesse, grâce, séduction
Le Kutchipudi est originaire du sud de l'Inde, plus précisément
du village de Kuchelapuram, dans l'État de l'Andhra Pradesh.
Pour Premila Uppamah, lecturer qui enseigne cette danse
depuis 1984 au Mahatma Gandhi Institute (MGI), il s'agit là
d'un art de la féminité et de la sensualité.
Dhik tha thatiginataum, dhik tha thatiginataum
Avec
précision et maîtrise, Shayanah Pential, Hemasheenee
Sookdeo, Tejasvini Gopaloodoo, Nirma Malaya et Nishma Aserigadu
suivent les notes de leur gourou, Premila Uppamah, en ce lundi
après-midi. De par la fluidité de leurs mouvements,
ces filles évoquent la joie. "Kutchipudi is all
about love and happiness", lance Mme Uppamah.
Pour ces étudiantes, c'est l'amour pour cette danse qui
les incite à pratiquer pendant des heures, malgré
des devoirs et des leçons particulières. Shayanah
Pentiah est adepte du Kutchipudi depuis l'âge de 6 ans.
"C'est une de mes cousines qui m'a inspirée au
début. Depuis, je n'ai jamais cessé de pratiquer
cette danse. Je suis tellement heureuse quand je donne des performances",
dit l'étudiante de 17 ans qui fréquente le SSS Prof
Basdeo Bissoondoyal de Flacq.
Fierté. Hemasheenee Sookdeo, qui prend part aux
examens du School Certificate cette année, ne compte surtout
pas décrocher. "Si j'ai choisi cette danse, c'est
en raison de ses mouvements très sensuels. Malgré
les examens, c'est ma façon de me défouler et de
me libérer de mon stress. Donc, pas question de faire une
pause de deux mois", dit l'étudiante de 16 ans.
Tejasvini Goopaloodoo danse le Kutchipudi depuis ses 3 ans.
"Comme je pratique cette danse depuis ma tendre enfance,
elle m'a inculqué discipline et précision."
Si, pour cette étudiante du Mahatma Gandhi SSS,
"c'est une fierté de danser le Kuchipudi",
pour Nishma Aserigadu, 16 ans et du SSS Dr Manilall, "l'expérience
a été enrichissante et m'a permis de combattre ma
timidité. Je compte, d'ailleurs, faire mon Master en Inde."
Nirma Malaya, 16 ans, nous impressionne car bien que portant une
prothèse, elle danse avec beaucoup de dynamisme. "Même
si j'ai un problème au niveau du pied droit, le Kutchipudi
me permet de vivre normalement. Je ne me vois pas différente
des autres et je peux donner aussi des performances scéniques.
Cela, grâce au soutien de Mme Uppamah." Nirma Malaya,
également, danse depuis l'âge de 3 ans.
Passion. Le Kutchipudi symbolise beaucoup pour Mme Uppamah.
"Autrefois, cette danse se jouait dans les temples. Elle
a été reconnue en 1956 grâce à un professionnel,
Sri Bandha Kanagalingeshara Rao. Même si j'ai pratiqué
aussi le Bharata natyam et le Kathak, le Kuchipudi m'a toujours
attirée en raison de la fluidité des mouvements
des danseuses. C'est vite devenu une passion, d'autant plus que
la chorégraphie est basée sur la gestuelle rythmique
et les mouvements du visage. Il peut y avoir des dialogues entre
les danseurs, cette danse puisant son origine de la dance
drama. C'est le Swami Siddindra Yogi, le fondateur, qui l'élabora
d'après 3 éléments : Nratta (pure aspect),
Nritya (expressional aspect) et Naatya (dialogues and
drama)."
Curriculum. Le Taramgam est la partie la plus spectaculaire
du Kutchipudi où la danseuse danse sur un plateau en cuivre.
Elle peut également danser en tenant un pot en cuivre sur
sa tête. L'enseignante du MGI a été initiée
par Yellesuuaratu Surya Prakasha Sharma, Bhagavatula Sheturanu
et le Dr Nataraja Ramakrishna. Mme Uppamah souhaite que l'art
puisse faire partie intégrante du curriculum scolaire.
"L'art aide les humains à être de meilleures
personnes. Uniquement le côté académique fait
trop de pression sur les étudiants. Ils ont besoin de se
défouler, d'où l'importance de pratiquer la danse."
Gracieux, le Kutchipudi glorifie le corps féminin.