Au-delà de la théorie acquise à travers leur
classe de sociologie, neuf élèves du Lower 6 du
Collège Maurice Curé ont rendu visite aux pensionnaires
du Ballgobeen Ashram et du Shelter de Floréal. Avec le
soutien de leur enseignante, Mme Moorghen, et de la rectrice,
Mme Babajee, ce fut l'occasion pour elles de passer à la
pratique et de mieux comprendre leur capacité d'aider tout
en visant l'excellence.
EXCELLENCE
Shresta Meetoo (18 ans) : Les jeunes ont la capacité
de donner le meilleur d'eux-mêmes dans les études,
mais aussi dans la vie sociale. Ce qui leur demande d'être
bien dans leur peau et de s'accepter. Sur le plan social et sportif,
on peut atteindre l'excellence en s'impliquant. On doit savoir
vivre en société et savoir s'adapter aux gens.
Elsa Tsia (17 ans) : Dans un monde de compétition,
nous devons viser l'excellence. Ce ne sont pas uniquement les
études qui décident du niveau de réussite
d'une personne. Nous avons le devoir de voir ce qui se passe autour
de nous.
Neha Bheeroo (17 ans) : L'excellence dans la vie ne dépend
pas de la réussite scolaire. On doit avoir confiance en
soi et ne pas se décourager. Pas la peine d'être
super-intello pour vivre l'excellence.
Yeshma Govind (17 ans) : On ne doit pas être bookish.
On doit s'intéresser à tout ce qui nous entoure
pour acquérir une connaissance générale.
CONTRIBUTION
Neha : Les jeunes représentent l'avenir. Nous avons
beaucoup d'idées et un sens d'initiative. Mais, tous les
jeunes ne mettent pas ceci en pratique. Ils peuvent contribuer
dans la lutte contre les problèmes sociaux à travers
des campagnes de sensibilisation.
Shresta : Nous avons tous la capacité d'aider. Mais,
ce sont les opportunités qui font défaut à
certains. Au niveau de l'école, nous avons organisé
des visites dans des shelters et des maisons de retraite,
de même que des dons de sang, par exemple. Je crois que
c'est au niveau des établissements scolaires que les jeunes
doivent être encouragés vers le travail social.
Neha : Il y a aussi un problème de temps qui se
pose pour les activités et l'organisation. Pour pallier,
je pense que nous pouvons faire des classes à l'extérieur
en entrant en contact avec les gens directement.
Shresta : En classe, nous parlons de la drogue, du SIDA,
de la pauvreté, mais nous sommes rarement confrontés
à ces situations et nous avons rarement l'occasion de rencontrer
les victimes. En allant à leur rencontre, nous arrivons
à mieux les comprendre.
Elsa : Le gouvernement a pris l'initiative de permettre
aux jeunes de faire des stages en milieu professionnel. Ce sera
une occasion pour nous d'avoir une expérience du travail
et être effectifs après les études. Je pense
que la loi du travail pourrait être amendée pour
que l'occasion soit donnée aux jeunes de travailler durant
les vacances. Pas pour qu'ils soient exploités, mais dans
une perspective de formation.
RESTRICTION
Shresta : Les jeunes visent l'excellence dans les études.
Nous voulons bien nous engager dans le travail social. Mais, avec
les études, il ne nous reste pas beaucoup de temps. Il
se peut même que nous n'ayons pas acquis cette culture.
On ne nous encourage pas à aller vers les plus vulnérables.
Elsa : Le système et les jeunes sont à blâmer.
Nos parents nous donnent tout ce dont nous avons besoin. Les jeunes
sont spoon fed. Ce qui ne les encourage pas à prendre
les initiatives pour aller explorer de nouvelles avenues. Certains
jeunes ne savent pas, non plus, gérer leur temps. Ils utilisent
davantage leur temps libre pour s'amuser.
Neha : Certaines personnes croient que les jeunes ne pensent
qu'à s'amuser et que nous sommes indifférents. Ce
n'est pas vrai. Nous avons de belles idées, mais, parfois,
nous n'avons pas de temps.
Yeshma : Les jeunes savent faire autre chose que s'amuser.
ENCOURAGER
Elsa : Pour encourager les jeunes à s'engager, il
faut leur inculquer des valeurs très tôt, depuis
l'école primaire. La citizenship education doit
être revue pour qu'elle soit adaptée au monde dans
lequel nous vivons. Il faut aussi amener les jeunes vers la pratique
en les faisant visiter certains endroits et ne plus s'arrêter
aux livres. Ils seront, de là, sensibilisés sur
la situation dans le pays et pourront voir comment faire pour
aider.
Yeshma : Certains manuels scolaires, dont ceux des Social
Studies et des Moral Values, doivent être revus.
Ils datent et doivent être réactualisés. Par
ailleurs, notre génération constitue la dernière
à être passée par le ranking. Ceci
représente un plus. Nos profs nous considèrent comme
très brillantes. Avec le nouveau système, l'initiative
d'apprendre se retrouve diminuée. Avec 70%, on obtient
un A. Donc, ce n'est pas la peine d'apprendre.
VISITE
Elsa : En vistant les personnes vulnérables, nous
prenons bel et bien conscience des différents niveaux de
vie existant dans le pays. Il y a des gens qui sont très
pauvres. Face à cela, on réalise aussi que l'argent
ne fait pas le bonheur.
Neha : J'ai été très contente de rendre
visite aux personnes âgées. Elles sont heureuses
de vivre entre elles, mais je pense aussi que nous leur avons
apporté un peu de joie. Les personnes âgées
peuvent aussi beaucoup partager avec nous.
Shresta : On ressent une grande joie quand on rend quelqu'un
heureux. Les personnes que nous avons visitées nous ont
très bien accueillies. Nous nous sommes aussi rendues compte
qu'elles tiennent une place importante au sein de la société.
FIN
Elsa : Certes, nous vivons dans un système de plus
en plus compétitif, mais il ne faudrait pas négliger
l'aspect social. Qu'importe les fléaux, nous pouvons aider
et réussir tant à ce niveau que dans notre éducation.
Les activités sociales nous permettent d'acquérir
de l'expérience.
Shresta : Nous avons tendance à faire de la quête
de l'excellence une priorité. Mais, l'épanouissement
d'un jeune demande qu'il s'intéresse à tout ce qui
l'entoure.
Yeshma : Les jeunes devraient prendre l'initiative d'aider
et de faire du bénévolat. Nous contribuons ainsi
à améliorer la société.
Neha : L'éducation ne s'arrête pas à
la salle de classe. On ne finit jamais d'apprendre. Nous n'apprenons
aussi en dehors des livres.