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VENDREDI 27 JUILLET 2007
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hommage
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HOMMAGE : MARY-ANN BOTH JOHN
Adieu dans l'émotion
Mardi, ceux présents à l'église St Sacrement
de Cassis se sont souvenus du combat et de la vie Mary-Ann Both
John. Un vibrant hommage a été rendu à cette
femme passionnée.
Une grande tristesse, une profonde révolte, un message
d'espoir. C'est dans cette ambiance chargée d'émotions
que s'est tenue la cérémonie religieuse à
la mémoire de Mary-Ann Both John, mardi après-midi,
à l'église St Sacrement de Cassis. Autour de ses
cendres - ramenées de La Réunion où elle
est décédée le 14 juillet -, ses proches,
ses amis, des travailleurs et des personnalités se sont
recueillis en hommage à celle qui ne voulait pas être
appréciée uniquement pour sa voix. Mary-Ann Both
John souhaitait, en effet, être reconnue pleinement, ont
témoigné quelques-uns de ceux qui l'ont côtoyée.
Décrite comme "une femme de valeur en quête
d'elle-même", elle a souvent été
confrontée à des déceptions. Elle avait fini
par sombrer dans la drogue, détruisant à petit feu
ces dons qu'elle avait reçus. Responsable de Chrysalide,
Marlène Ladine a appris à mieux connaître
Mary-Ann Both John qui y a fait un stage.
Comme d'autres personnes souffrant de dépendance aux opiacés,
elle a aussi connu des phases de rechute. "Mary-Ann savait
à quel point il est difficile de briser ce cercle de la
dépendance", témoigne Nicolas Ritter, de
PILS. "À trop vouloir aider les autres, Mary-Ann
a probablement oublié qu'elle aussi avait besoin encore
d'être aidée." Mary Ann Both-John, poursuit
Nicolas Ritter, se préparait à parler publiquement
de sa séropositivité. Cela faisait quelques années
qu'elle avait découvert qu'elle vivait avec le VIH. Se
faisant militante de la lutte contre cette maladie, elle y avait
fait allusion à quelques reprises, mais craignait d'être
rejetée.
Dans l'océan Indien comme à Maurice, Mary-Ann Both
John avait rejoint les premières lignes du combat. "Anou
crié, anou cause li pour nous future génération.
Discrimination toy dimoun plis ki sida. Accepter sida couma tout
malade", avait-elle écrit. Lu par Jean-Claude
Augustave, ce texte devait figurer sur son prochain album où
elle comptait parler exclusivement du SIDA. Gaëtan Abel a,
pour sa part, chanté l'un de ses titres où Mary-Ann
Both John raconte le choix de cette femme enceinte infectée
qui choisit de vivre pour son enfant. Mary-Ann Both John est morte
d'une longue maladie. Mais, précise Nicolas Ritter, pas
du SIDA. Par injection, elle avait contracté une bactérie
qui a fini par la tuer. Si seulement, rappelle ce dernier, le
pays avait-il à temps introduit les mesures appropriées.
De la révolte, c'est ce qu'a aussi exprimé le Père
Mongelard face aux circonstances dans lesquelles Mary-Ann Both
John est partie. Beaucoup de questions restent sans réponse
pour expliquer la discrimination, le rejet et la solitude auxquels
elle s'était retrouvée confrontée. Une révolte
aussi exprimée parce qu'à Cassis, le Père
Mongelard dit célébrer de plus en plus de funérailles
de personnes mortes des causes liées au VIH ou à
la drogue. Dans le pays, de plus en plus de jeunes et de femmes
sont infectés. L'indifférence demeure
Une vingtaine d'années plus tard, autour du père
Roger Cerveau, la Chorale de Gospel s'est, une fois de plus, réunie
mardi pour chanter en hommage à celle qui, de ses rangs,
avait volé vers des sommets. La cérémonie
a débuté et a pris fin avec la voix de Mary-Ann
Both John, dont les cendres ont été inhumées
au cimetière St Georges.