Week-End/SCOPE

VENDREDI 6 JUILLET 2007 tradition


TRADITION : KOLATTAM

Danse du bâton

Danse traditionnelle indienne, la Kolattam Dance, aussi appelée le danse du bâton, est pratiquée pour diverses occasions. Au Henrietta Tamize Khajagam and Dance Academy, cette danse folklorique est enseignée à une trentaine d'élèves.

Harmonisant le rythme et la musique, la danse de Kolattam est un amalgame d'agilité et de bonne humeur. En cercle et en pair, le son que font les bâtons (Kol) de 45 centimètres de long lorsque la danseuse, tournoyant, frappe avec ceux de son adversaire… mène la danse. Les enchaînements rythmiques, suivis d'un travail chorégraphique, sont très importants, car si on ne suit pas le rythme le bâton devient dangereux !

Joie. Anjalie, qui enseigne cette danse au Henrietta Tamize Khajagam & Dance Academy, nous parle de cette tradition indienne. "Appelée Dandiaraas au Gujerat ou Garba au Rajasthan, la Kolattam dance puise son origine des États du sud de l'Inde, notamment du Tamil Nadu et de l'Andhra Pradesh. Kolattam vient des mots Kol qui veut dire bâton et Attam, qui veut jouer. À Tamil Naidu, la Kolattam dance est très pratiquée durant le mois Aadi et elle symbolise la joie. À Maurice, c'est une tradition qui disparaît, raison pour laquelle nous y attachons une grande importance au niveau de notre école"

Du cœur. La pratique d'un art ne s'invente pas mais s'apprend. Ainsi, ce n'est qu'après un travail progressif de frappes, suivi par des enchaînements plus complexes que la formation permet à l'élève de s'enrichir en techniques. "Quand il s'agit du Kolattam, les jours de répétitions s'enchaînent pour pouvoir utiliser les bâtons avec agilité. Toutefois, il est difficile de pratiquer cette danse si le cœur n'y est pas, car il faut y aller au rythme de la musique." dit-elle.

Entourée d'une vingtaine de filles, Anjalie démontre les "steps" avec une certaine aisance. "Quand on danse la Kolattam, les danseuses sont appelées à connaître quelques steps du bharata natyam. La danse du Kollatam est semi-classical. C'est une forme de danse où on exprime sa joie, sa bonne humeur."

Chaque semaine, Anjalie donne trois jours de cours d'une durée de deux heures. Elle prépare, elle-même, les chorégraphies ajoutant, à chaque fois, une touche d'originalité. "Il faut beaucoup d'innovation, si on veut captiver l'attention de l'audience. Mes chorégraphies font preuve de beaucoup de créativité. Toutefois, à l'école, on n'enseigne pas uniquement la Kolattam mais aussi le bharata natyam et d'autres semi-classical dance. Le Kummi ou autres lamp dance, forment aussi parti du répertoire des élèves", soutient l'enseignante. Ainsi, à chaque occasion, que ce soit durant les processions religieuses pour le Cavadee ou marche sur le feu, ou dans le cadre des cérémonies culturelles tels que le Theebavalee et le Varushappirapu, les élèves du Henrietta Tamize Khajagam & Dance Academy, dont le plus jeune n'a que 6 ans, présentent divers récitals.


Henrietta Tamize Khazagam

Regroupant quelque 250 membres, l'Henrietta Tamize Khazagam a été fondé en 1980. Cette association dispense à une centaine d'enfants et de jeunes différents cours, que ce soit au niveau académique ou théâtrale. "Les enfants bénéficient de différents cours. Ils ont la chance de donner des performances scéniques en chantant, dansant ou même en tant qu'acteurs dans des pièces de théâtre. Ils apprennent aussi le yoga et la méditation. Tout est offert gratuitement. Nos buts s'insèrent dans un cadre où il devient importun de diriger nos jeunes vers l'art, autant que possible, à l'abri des maux de la société comme l'alcoolisme et la drogue", soutient le président de l'Association, Pramen Armougum.