On l'attendait depuis 4 ans, après Mach 6, MC Solaar
revient avec Chapitre 7, son nouvel album. Annoncé
par le single Da vinci Claude, depuis quelques semaines,
cet album atteste de l'écriture particulière de
Claude M'Barali, dit MC Solaar.
Depuis 2001, les chiffres comptent beaucoup dans les différentes
appellations des albums de MC Solaar: Cinquième As,
Mach 6 et désormais Chapitre 7. Claude M'Barali
aurait-il peur de perdre le fil concernant le nombre de ses albums
? Probablement pas. Tout ce qui semble important pour lui aujourd'hui
est de continuer à diffuser le rap textuel qui est devenu
sa véritable marque de fabrique depuis ses débuts
dans les années 90. Après quatre ans d'absence,
il fait la lecture du Chapitre 7 de sa vie. "J'ai fait
une pause, histoire de vivre. J'ai revu des gens de l'école,
j'ai écouté d'autres artistes en studio, j'ai voyagé,
donné des concerts en Afrique, en Angleterre, ou encore
au Brésil
Je n'ai jamais fait de clichés sur
la banlieue
Moi, j'ai eu la chance qu'on me pousse à
faire de la musique et on ne m'a jamais reproché d'avoir
réussi."
Tchad. Nourrie depuis les troubadours de la richesse des
mots et des rimes, la chanson française ne pouvait que
s'emparer de ce rap a priori si lointain. Encore fallait-il que
l'homme inspiré arrive. Et, ô ironie de l'histoire,
il vint du Tchad, via le Sénégal. Une bonne petite
claque aux esprits étroits qui, trop nombreux dans l'Hexagone,
feignent de croire que la culture française s'est toujours
nourrie d'elle-même. Dans chaque morceau, c'est une leçon
de français que nous donne MC Solaar l'Africain.
M'Barali. Né à Dakar de parents tchadiens
le 5 mars 1969, Claude M'Barali alias MC Solaar est arrivé
à l'âge de 6 mois à Saint-Denis en banlieue
parisienne. Son père retourne au Tchad après ses
études. C'est à sa mère, aide-soignante,
que revient la charge de l'élever. À Villeneuve
Saint-Georges, autre ville de banlieue où sa famille s'est
installée, le futur rappeur grandit. On le dit doué
pour le football. Au collège, il ne s'attarde pas sur ses
devoirs, son excellente mémoire faisant une bonne partie
du travail. À l'âge de 12 ans, il se rend chez un
de ses oncles, établi au Caire en Egypte. Il est inscrit
à l'école française où il reste neuf
mois. Lui-même dit que ce séjour lui a ouvert l'esprit
surtout lors de son retour en France. Il passe le baccalauréat
et commence des études d'anglais, d'espagnol et de russe.
SOAR. Depuis longtemps, il écoute de la musique
et surtout du rap. Quant à son nom, il le tient de cette
époque où avec de gros feutres ou des bombes de
peinture, il signait SOAR puis SOLAAR sur les murs. Il "taggait."
Durant l'été 1990, avec son acolyte Jimmy Jay, il
commence à enregistrer des maquettes dont le fameux Bouge
de là. Le disque sorti, il décroche la cinquième
place au Top 50 français et remporte une Victoire de la
Musique. En septembre 1991, MC Solaar passe en première
partie du groupe rap américain De La Soul à l'Olympia
de Paris.
Caroline. L'homme au double A, le rappeur français
MC Solaar suit des études de Lettres puis s'implique, au
travers de ses chansons, dans les problèmes d'exclusion.
Il fait son apparition en 1990 avec Bouge de là
puis avec Caroline, compté parmi les tubes de son
premier album Qui sème le vent récolte le tempo,
en 1991. Ses chansons à textes, pas toujours reconnues
par le milieu du rap français, plus proches de Léo
Ferré ou de Serge Gainsbourg que des rappeurs Noirs américains
pro-violence, marquent les années 90. Qu'il travaille avec
Jimmy Jay, Bom Bass, Urban Species ou qu'il s'engage contre le
racisme, il enchaîne les succès avec des albums aux
sonorités toujours inattendues: 1994 Prose combat,
1997 Paradisiaque et MC Solaar en 1998 suivis d'un
double album live Le tour de la question. Des albums, il
en vend plus de deux millions en sept ans avec pour seule arme:
les mots. En 2001, il réalise les ventes les plus importantes
de sa carrière avec Cinquième as et reprend
le chemin des studios pour sortir Mach 6 fin 2003.
Jeux de mots. Le rap qu'il pratique est mélodieux,
ses textes sont finement ciselés, emprunts de poésie,
et truffés de jeux de mots. On connaît MC Solaar
comme grand amateur de littérature, insatiable lecteur
de journaux et collectionneur de dictionnaires.
En décembre 1991, il participe à la grande opération
d'Amnesty International, 30 films contre l'oubli à
l'occasion des 30 ans de l'organisation. Il est filmé avec
le groupe de raggamuffin français Saï Saï, par
le cinéaste Costa Gavras pour la libération de Kim
Song Man, prisonnier politique sud-coréen.