Les enfants de la liberté
L'histoire de deux jeunes Juifs combattant la peur au ventre au
nom de la Résistance. Avant d'être déportés.
Émouvant thème que choisit de mettre en scène
Marc Levy dans son 7e roman. Les enfants de la liberté
aborde un univers belliqueux, couplé au drame humain de
la déportation. L'histoire renvoie en même temps
une certaine image de l'enfance. Celle inspirée au romancier
par l'expérience de son père ainsi que celle de
son oncle, pendant les événements qui ont secoué
l'Europe dans les années 40. Le propos du présent
ouvrage ne peut d'emblée que disposer à l'émotion.
Sans doute, trop d'après la critique. Un côté
pathos qui cherche à faire remonter la larme à l'il
à chaque page est mis en exergue : des enfants qui meurent
atrocement dans un ultime élan de courage et qui ont la
force de dédier leur dernier soupir à la liberté.
Ceci n'est qu'un exemple illustrant un texte qui manquerait immanquablement
de subtilité. Reste la notoriété de Marc
Levy. Apportée à un sujet grave qui, cette fois,
ne relève pas d'une énième histoire d'amour.
Un roman russe
Le récit bouleversant d'un écrivain pas franchement
sympathique. Un écrivain qui, pour fuir ses propres tourments,
enquête sur la disparition tragique de son grand-père.
Probablement exécuté à la fin de la seconde
guerre pour faits de collaboration. Tentant de faire la lumière
sur cette mort mystérieuse et exorciser ce fantôme
qui hante sa famille, le protagoniste emprunte des chemins hasardeux
qui le mènent jusqu'à une petite ville perdue de
la province russe. Il est longtemps aux aguets. Quelque chose
est arrivé : un crime atroce. Et la folie et l'horreur
de son quotidien le rattrapent
Le dernier roman d'Emmanuel
Carrère a indéniablement l'âme slave. Une
autofiction où le protagoniste livre une tranche de sa
vie comme on se délivre dans un exutoire. Il écrit
ici sa version de ce genre littéraire pour exorciser des
démons familiaux.
Le récit d'un descendant qui veut se reconnaître
dans son aïeul et ancrer ses racines dans un passé
ombrageux. Un roman russe dégage une mélancolie
poétique qui confine le lecteur dans des pages déchirantes,
aux couleurs d'une tragédie moderne.