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VENDREDI 6 JUILLET 2007
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élevage
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ACTIVITÉ : ÉLEVEUR
Hommage à la vache nourricière
Elles s'appellent Ganga, Première, Martini, Rani, Poppies
Elles réagissent quand leur maître prononce leurs
noms et se mettent en position pour la traite. Nous sommes à
la ferme de Prakash Buckory, à Nouvelle Découverte.
Après avoir marché une bonne dizaine de minutes
- la route étant impraticable en voiture -, nous voilà
dans l'univers de l'élevage bovin.
Le "meuhh" des vaches font écho dans cet
environnement naturel où champs de cannes et buissons s'alternent.
Tout au long de la route, les étables s'érigent
çà et là. Parmi les éleveurs, un grand
nombre de jeunes. Contrairement à l'image stéréotypée
de la génération techno qu'on leur donne, certains
restent attachés à la terre et à l'élevage.
Souvent par tradition familiale, mais parfois aussi, par passion.
Patience. Prakash Buckory est de ceux-là. Il a commencé
tout juste après le collège. Il avait alors, 19
ans. "Le métier d'éleveur a de l'avenir,
mais exige beaucoup de patience", dit-il, d'emblée.
Par cela, le président sortant de la Cow Breeders Cooperative
Society de Nouvelle Découverte veut dire, pas de congé,
ni de fête, ni de cyclone
il faut bosser tous les
jours. Sa journée consiste à nettoyer les étables,
extraire le lait et chercher du fourrage pour nourrir les bêtes.
Se lancer dans l'élevage bovin de nos jours requiert un
investissement important. "Il faut au moins 5 vaches pour
démarrer une ferme. Une vache adulte coûte Rs 50
000 localement. À l'importation, le prix peut grimper jusqu'à
Rs 70 000 à Rs 80 000."
Il faut savoir, toutefois, que le ministère de l'Agriculture
et la Banque de développement offrent certaines facilités
pour ceux qui débutent dans ce domaine. Pour ce qui est
du marché, il n'y a aucun souci à se faire. "Je
ne connais pas un seul éleveur qui n'arrive pas à
vendre son lait. Au contraire, la demande est au-dessus de la
production." Un litre de lait frais vendu aux individus
ou au ministère pour la mise en sachet, coûte Rs
20.
Difficultés. La principale difficulté rencontrée
par les éleveurs est la mortalité après le
vêlement. "Cela ne dépend pas des soins et
de la professionnalisation. C'est dans la nature des vaches."
Les catastrophes naturelles comme les cyclones ne font pas de
grands dégâts aux troupeaux, puisque les fermes sont
bien aménagées de nos jours. "Les seuls
problèmes liés aux cyclones sont le manque de fourrage,
ou alors, si les bêtes sont mouillées, elles peuvent
développer une pneumonie." Une autre difficulté
peut surgir si la ferme est éloignée de la maison
de l'éleveur. Celui-ci ne pourra alors sortir pour traire
les vaches deux fois par jour. "Les mamelons sont alors
engorgés et peuvent développer des complications."
La durée de vie d'une vache laitière est d'une dizaine
d'années. Elle fait sa première portée à
30 mois. Au total, il faut compter, 5-6 portées, s'échelonnant
sur 7-8 ans. Après quoi, elle est vendue pour l'abattage.
Chez Prakash Buckory, la vache la plus productive donne jusqu'à
25-30 litres de lait par jour et la moins productive, 15 litres.
"Tout dépend de la nourriture. Les concentrés
alimentaires donnent une meilleure production, mais ils coûtent
chers. Aussi, les selles sont liquides, et ne permettent pas de
récupérer le fumier. Il nous faut alors faire un
mélange de fourrage et de concentrés." Il
faut aussi savoir que la production de lait augmente et fur et
à mesure des portées.
Évolution. Au fil des années, le secteur
s'est aussi modernisé. Les vaches ne sont plus traites
à la main, mais à l'aide d'une trayeuse électrique.
"Traire à la main prend beaucoup de temps et demande
beaucoup d'efforts." Toutefois, une trayeuse coûte
extrêmement chère et varie entre Rs 45 000 à
Rs 125 000. Certains éleveurs locaux ont eu l'ingéniosité
de bricoler leur propre machine.
L'élevage est donc une activité qui demande du temps,
avant de générer des profits. L'investissement étant
important et nécessitant même, souvent, des prêts,
il faut attendre, au moins 10 ans, selon Prakash Buckory pour
s'en sortir. Une chose est sûre toutefois : l'avenir de
ce secteur est assuré.
COLLÈGE DE LA CONFIANCE : Transmettre l'amour de la
terre
Au collège de la Confiance, l'agriculture est un sujet
obligatoire jusqu'à la Form III. Un bon nombre d'élèves
choisissent d'aller au-delà et prennent part aux examens
de Cambridge dans cette matière chaque année. L'amour
de la terre est une philosophie propre au collège bien
ancrée depuis des années. "Cela s'inscrit
dans notre politique visant à donner une éducation
complète à nos élèves et non pas uniquement
académique", dit Wills Daurat, le recteur.
Manquements. Dans cette institution beaubassinoise, les
élèves ont leur ferme et leur potager. Poules, carnards,
lapins et cabris n'ont aucun secret pour ces jeunes, qu'ils soient
du collège et du prévocationnel. Ils viennent même
pendant les vacances, à tour de rôle, pour donner
à manger aux animaux et pour arroser les plantes. "Nous
notons un grand intérêt chez les jeunes. Ce qui est
dommage, c'est que l'agriculture ne figure pas parmi les matières
proposées en Form VI", déplore Jean-Paul
Antoine, responsable du département. Des démarches,
entreprises depuis dix ans auprès des autorités,
ne donneront aucun résultat. "On nous a toujours
répondu que l'agriculture n'était pas un sujet d'avenir",
poursuit-il.
La répercussion directe de cet état des choses est
que le nombre d'enfants optant pour l'agriculture diminue d'année
en année. "Il y a une certaine injustice. Même
à l'université, un élève qui a étudié
l'agriculture et qui veut poursuivre dans cette matière
est pénalisé au profit de ceux qui font les sujets
scientifiques. Or, l'ironie veut que depuis quelques années,
les élèves qui ne sont pas dans la filière
scientifique réussissent mieux en agriculture",
avance Jean-Paul Antoine.
Qualité. Ce qui est rassurant, c'est que le peu
d'élèves - une trentaine cette année - qui
choisissent d'aller jusqu'à la Form V sont des passionnés.
"Les examens de Cambridge dans cette matière sont
tough. On n'a qu'à voir les projets que les élèves
préparent à cet effet pour se rendre compte à
quel point ils sont passionnés. Nous avons la qualité."
Les classes d'agriculture comprennent à la fois théorie
et pratique. Pour encourager les élèves à
s'impliquer, le collège a organisé un concours.
Chaque élève a été invité à
réaliser un jardin chez lui. Le collège a fourni
les graines et les fertilisants, les enseignants ont effectué
des visites pour les noter. "Il y a un enfant qui a même
planté dans des bacs sur le toit de sa maison parce qu'il
n'avait pas d'espace dans sa cour", dir Wills Daurat.
L'exercice les invite ainsi à innover.