Week-End/SCOPE

VENDREDI 22 JUIN 2007 musique


MUSIQUE : INNOVATION - La ravanne de Zul
MUSIQUE : ELLA FITZGERALD - La Grande Dame du jazz
MUSIQUE : MARILYN MANSON - Provocateur clair-obscur
FÊTE DE LA MUSIQUE : ACTIVITÉS - Diversité musicale
MUSIQUE KI NEWS
MUSIQUE :MÉTIER - Les pros du circuit hôtelier


MUSIQUE : INNOVATION

La ravanne de Zul

Une ravanne en cuir réglable est ce qu'a imaginé Zul Ramiah. Il en présente le concept et quelques-unes de ses créations, en marge de la fête de la musique.

Sa sonorité ne diffère nullement de celle des autres ravannes. Tendu, son cuir vibre et résonne au moindre coup. Son écho se voulant le prélude à ce qui pourrait être une envolée de rythmes évoquant passion et chaleur. Confectionnée dans du bois et avec de la peau tannée, la ravanne de Zul Ramiah a une particularité : il n'y a pas lieu de la chauffer avant de l'utiliser. L'artiste a conçu un ingénieux système où il suffit de dévisser une série de visses à l'aide d'une petite clé pour tendre le cuir. L'opération ne dure que quelques minutes et le cuir reste tendu pendant plus longtemps. La tonalité de la ravanne de Zul peut, de même, être réglée. La ravanne peut également être chauffée, selon la bonne vieille méthode. Elle est utilisable de face comme au verso.

Flammes. Certes, faire passer la peau sur les flammes revêt un cachet pittoresque exceptionnel, mais cette technique comprend aussi de sérieux inconvénients. Ce qui a amené certains à préférer les ravannes recouvertes de plastique… Zul Ramiah, lui, n'a pas voulu sacrifier l'aspect traditionnel de cet instrument dont le concept est présent dans d'autres cultures. L'innovation qu'il présente cette semaine, Zul Ramiah l'avait imaginée en 1989.

Innovation. Fonctionnaire, surtout connu comme militant engagé sur la scène culturelle, il est aussi fin menuisier doué pour la fabrication de meubles… et de ravannes. De la préparation des anneaux au traitement de la peau ramenée de chez le boucher, il maîtrisait déjà les différents aspects menant à la fabrication de l'instrument quand l'idée lui vint à l'époque. Au fil des années, il y a pensé quelques fois, améliorant le plan dessiné dans sa tête par quelques retouches.

En 2004, en prévision d'une série de concerts auxquels il devrait prendre part en Angleterre, il se décide à travailler sur l'instrument. Tout se fait naturellement et les tests sont concluants. "Quelques amis musiciens ont vu la ravanne et m'ont donné leur appréciation du travail", raconte-t-il. C'est finalement quand Menwar lui confirme que l'idée est novatrice que Zul Ramiah se décide à la partager avec le grand public.


Kit

Les toutes premières ravannes qui seront lancées par Zul Ramiah seront disponibles avec un kit. Présentée dans un sac adapté, chaque ravanne sera accompagnée d'un triangle et d'une maravanne confectionnée à partir de fleurs de cannes, selon la tradition locale. Entre-temps, Zul Ramiah reste ouvert aux éventuelles propositions qui permettront de vulgariser le concept.


MUSIQUE : ELLA FITZGERALD

La Grande Dame du jazz

Elle s'est dévoilée avec A tasket a tasket puis d'autres succès ont suivi, contribuant à l'imposante discographie d'Ella Fitzgerald. Riche d'émois et de moult trésors, ses chansons ont marqué l'histoire de la musique noire. Plus de dix ans après sa disparition, elle continue à illuminer la planète jazz. Il était une voix…

D'aucuns ont encore en mémoire cet air rythmé de France Gall rendant hommage à celle surnommée la grande dame du jazz. Le morceau Ella, elle l'a est une référence directe à l'artiste d'exception que fut Ella Fitzgerald. Une des plus importantes chanteuses du monde jazz. La pureté incontestable de sa voix, couplée à sa remarquable capacité d'improvisation au scat aura valu à madame Fitzgerald de côtoyer les grands du panthéon musical noir américain: Dizzy Gillespie, Duke Ellington, Louis Armstrong et notamment George Gershwin (voir hors-texte) desquels elle fut l'interprète fétiche. "Ma plus grande expérience ç'a été d'apprendre le bebop avec l'orchestre en tournant avec Dizzy Gillespie", disait-elle, à Jazz Magazine.

Impro. Elle est de celle qui sait décrocher les étoiles en se lançant dans des improvisations scattées tourbillonnantes, fait ressortir Marie-Luce Faron. Chanteuse de jazz locale, souvent entourée d'Ernest Wiehe et de Clifford Boncœur, elle est d'avis qu'il n'y a aucune autre interprète féminine qui puise rivaliser vocalement avec Ella. "Elle est une classe au-dessus de tous", dit-elle. D'Ella, Marie-Luce Faron retiendra les chansons: My one and only love et Take the A train.

Vocal. Ella Fitzgerald reste cependant à être connue auprès d'une jeune génération de mélomanes, pas forcément avertis du talent de cette interprète dont la tessiture de voix s'étend sur trois octaves. Ella pouvait ainsi chanter sur un ton aussi grave que celui de Louis Armstrong et passer, l'instant d'après, aux notes féminines les plus aiguës. Ce qui relève d'une prouesse vocale exceptionnelle. Une telle virtuosité ne pouvait que conduire au succès et enjoindre à de prestigieuses collaborations.

Harlem. Ella est entendue pour la première fois dans le New-York des années trente. La jeune chanteuse est remarquée au théâtre Apollo de Harlem. Les notes de sa voix résonnent comme des accroches aux oreilles des musiciens. Le tempo se met à suivre un fil harmonique qui entraîne Ella au rythme de sa destinée. Elle intègre en quelque temps un orchestre qui se produit au Savoy de Harlem en 1935, et commence à se faire connaître peu à peu.

Scat. Un répertoire blues, bebop autant que swing, gospel et même samba, est abordé en solo dans les années 40. Ella Fitzgerald est surtout acclamée en reine du scat. Ce style vocal propre au jazz, composé de syllabes diverses, a cependant son roi en la personne de sa majesté Louis Armstrong. Les gestes et le timbre du roi seront d'ailleurs abondamment imités par la reine. Sur I can't give you anything but love, Ella fait une démonstration de son aptitude à imiter son ami Louis.

Impro. Porgy and Bess reste leur enregistrement le plus connu. Elle a également enregistré avec Louis l'album Ella and Louis. Avec notamment la chanson Tender. Son sens de l'improvisation soutenu à grand renfort de scat vaudra également un succès certain à la chanteuse. L'une de ses plus célèbres improvisations reste celle faite lors d'un concert à Berlin en 1960. Elle comblera sans hésitation un trou de mémoire en alternant scat et paroles inopinées.

Vibration. Ella Fitzgerald est sans le moindre doute une instrumentiste à voix. Une voix qui prend aux tripes dès que des émotions l'effleurent… faisant vibrer les cordes sensibles de son organe. Sa renversante interprétation de Summertimes en est une belle illustration. Aussi, ses morceaux les plus connus sont une série de chansons écrites par les plus grands compositeurs américains du moment, comme George Gershwin et notamment Duke Ellington. La liste des musiciens et collaborateurs est évidemment bien plus longue.

Révolution. Ainsi que la représente Éric Triton, la grande dame du jazz a marqué de sa voix un pan de l'histoire de cette musicalité. Plus encore, elle a apporté une nouvelle vision de l'approche vocale du jazz. Sur l'album Singing the Jazz, Ella tente des échappées belles avec des interventions vocales très pop à l'époque, et jugées par certains de "vulgaire". Un style qui sera grandement reconnu et apprécié quelque temps après. Le chant "Fitzgeralien" changera la face du jazz. "Elle a révolutionné jazz avec sa façon d'aborder la mélodie et le rythme", dit Triton.

La grande dame du jazz ainsi nommée devant la virtuosité du registre de sa voix, et face à une reconnaissance internationale jamais démentie s'est éteinte à Beverly Hills en 15 juin 1996. Elle a été emportée à 79 ans par le diabète. Maladie dont elle était atteinte depuis des années. Ne reste que ses œuvres qui gagnent à être découvertes ou à être réécoutées à l'envi.


REPÈRES

Duke Ellington

Edward Kennedy Ellington. Pianiste, compositeur et chef d'orchestre de jazz est né à Washington. The Duke est considéré comme un des plus grands et des plus prolifiques compositeurs du XXe siècle. Il a développé de nouvelles idées symphoniques basées sur l'expression et l'intonation du jazz et du blues. Il a laissé au jazz de nombreux standards. Ellington a ceci de particulier qu'il ne dirigeait pas son orchestre, mais en jouait comme d'un instrument avec une sonorité propre.

Louis Armstrong

Louis Daniel Armstrong. Musicien américain de jazz. Charismatique, innovant et possédant un talent musical exceptionnel, il transforma le jazz du statut de musique régionale en un courant culturel populaire. Étant probablement le musicien de jazz le plus célèbre du XXe siècle, il fut tout d'abord reconnu pour ses qualités de trompettiste avant de développer au fil de sa carrière, des aptitudes au chant et ainsi devenir l'un des chanteurs de jazz les plus influents de son époque.

George Gershwin

Compositeur américain né à New York de parents juifs immigrants russes. Gershwin composa pour Broadway et le théâtre de concert classique. Sa musique contient des éléments provenant des deux univers. Il connut beaucoup de succès dans l'écriture de chansons populaires. Parmi des compositions devenues de grands classiques du jazz: des livrets ont ainsi été enregistrés par Ella Fitzgerald.

Dizzy Gillespie

Avec Miles Davis et Louis Armstrong, il est l'un des trois plus importants trompettistes de l'histoire du jazz, ayant participé à la création du style Bebop et contribué à introduire les rythmes latino-américains dans le jazz. Dizzy Gillespie se distinguait en particulier par sa trompette au pavillon incliné vers le haut, ses joues gonflées à bloc comme celles d'un crapaud, ainsi que sa joie de vivre et son humour ravageur qui sont pour beaucoup dans sa popularité auprès du public. En tant que musicien, il avait une technique époustouflante et une vitesse de jeu impressionnante.


MUSIQUE : MARILYN MANSON

Provocateur clair-obscur

En quelques années, il est devenu la figure emblématique de la musique métal et gothique avec des albums culte tels Smells Like Children et Antichrist Superstar. Des opus caractérisés par une certaine violence ainsi qu'une fascination pour l'horreur et la mort. Après des années à avoir joué l'artiste sombre aux musiques saturées et métal à souhait, Marilyn Manson se révèle sous un autre jour dans son 6e album. Plutôt étonnant.

Il aurait pu être journaliste, mais a préféré le métier d'artiste. Brian Hugh Warner, connu sous le pseudonyme de Marilyn Manson, est un homme posé et sensé, qui se permet des escapades diaboliques pour provoquer le monde. Loin des clichés sataniques, Marilyn Manson est un être doux… comme un loup.

Fils unique et progéniture d'un pasteur, il s'est très vite éloigné du chemin de la religion pour épouser celui de la provocation. Avec son nouvel opus Eat Me, Drink Me (voir hors-texte), il se fait toutefois une nouvelle image. Pas forcément celle attendue par ses fans. Cependant, le fait de s'être assagi n'a en rien ébranlé sa réputation de provocateur démoniaque. Une étiquette qui lui reste collée à la peau du visage.

Provocant. Marilyn Manson est perçu par le grand public comme un artiste dérangeant et provocateur. Déchaînant souvent les passions, il semble travailler à ne pas inspirer l'indifférence. D'aucuns, offensés par les paroles de Manson, l'accusent de corrompre la jeunesse. Dans de nombreuses villes nord-américaines, protestations et pétitions l'ont empêché de se produire sur scène. Après le massacre de Columbine, beaucoup ont affirmé que sa musique (avec d'autres du même style gothique) avait influencé Eric Harris et Dylan Klebold avant leurs meurtres, ceci, malgré le fait que Harris et Klebold n'aimaient pas la musique de Manson. Dans le film-documentaire Bowling for Columbine, Michael Moore, le réalisateur, a donné la parole au chanteur au sujet de cette tragédie. Lorsqu'on lui demandait ce qu'il aurait dit aux deux tueurs avant leur crime, s'il avait pu les rencontrer, Manson répondit calmement : "Je n'aurais rien dit ; je les aurais écoutés, ce que personne n'a fait."

Révérend. Très marqué dans son enfance par une éducation religieuse très stricte, le chanteur a construit son identité de scène dans la contestation de l'Amérique puritaine et du dogme chrétien. Ses premiers shows étaient d'une extrême provocation idéologique et religieuse. Quand Manson fut nommé Révérend de l'Église de Satan par Anton Lavey, son fondateur, il s'est attiré les foudres de certains croyants et puritains. "Ce titre et autres actes indécents ont contribué à construire sa réputation et, de surcroît, sa notoriété", explique Gilbert, adepte de la mouvance gothique. Derrière les actions de Marilyn Manson, il y a un plan marketing stratégiquement pensé, observe notre interlocuteur. Il ne faut pas, poursuit-il, croire que l'image qu'il renvoie de lui soit totalement vrai ou sans intérêts pertinents.

Showman. Le fond de commerce de Marilyn Manson demeure ainsi dans la provocation, qui lui assure une audience étendue, mais l'artiste sait aussi véhiculer des idées qui dérangent et changer constamment de forme aussi bien que de style musical, de l'indus à l'électro-métal en passant par le glam rock. Véritable showman, plus performer que chanteur, Marilyn Manson se pare - dans sa musique, ses clips et ses concerts - d'une imagerie en général très sombre qui lui a valu régulièrement d'être qualifié de gothique, de façon erronée. En réalité, le talent de notre bonhomme est de savoir s'inspirer de multiples références, la plupart du temps, hors de la musique, pour créer des albums toujours très ambiancés et bourrés de pistes de lecture. Pour résumer à grands traits Marilyn Manson, c'est un peu le fils spirituel de David Bowie et de Trent Reznor. On a connu pires inspirations dans l'histoire de la musique rock et métal.

Ère. Avant toute considération, il est à noter que Marilyn Manson a toujours été très influencé dans le début de sa carrière par sa visite de Disneyland sous acides. On peut donc noter durant cette "ère" artistique une forte influence du clownesque avec une forte exacerbation des couleurs. On peut le noter dans plusieurs de ses clips, comme Dope hat principalement, ou dans les photos promo des années 89-95. "Il fallait cette dose d'audacité pour susciter un réel craze autour du personnage", note Jeff, amateur de musique métal.

Concept. Loin d'être un déluré et à l'instar de David Bowie, Marilyn Manson associe à la création de chaque album un concept profond, bien que jamais clair. Ce concept s'incarne en un personnage auquel le chanteur s'identifie : l'Antéchrist pour l'album Antichrist Superstar ou la pop-star décadente et extra-terrestre Omega pour la sortie de Mechanical Animals. Quant à Holy Wood, il renferme une sorte de trilogie inversée en présentant un être nommé Mercury. Pour The Golden Age of Grotesque, c'est l'arch Dandy.


Eat Me, Drink Me

La star du rock gothique Marilyn Manson revient avec un moral d'acier. Après avoir broyé du noir suite à son divorce avec la strip-teaseuse Dita Van Teese, Marilyn Manson sort un 6e album Eat Me, Drink Me. Après un Best Of en 2004, il a travaillé un disque qui risque de surprendre. Ce 6e album risque de pas mal diviser les fans car il présente là une face de Manson, certes tout aussi rock, mais tout de même plus calme, voire beaucoup plus mélodieuse. Le premier single extrait de ce nouvel opus, Heart-Shaped Glasses, doit certainement être le morceau le plus intéressant de l'album, surprenant sur les premières secondes qui tournent rapidement en rond, musicalement et textuellement…

Dans l'ensemble, Manson nous livre là un album beaucoup plus personnel, écrit en quelques semaines et, surtout, sans obligation de choquer pour choquer…

Ainsi, inutile de rechercher le monstre assoiffé de sang ; ici, le chanteur se transforme en vampire incroyablement mélancolique et tragiquement romantique. On trouve, donc, des morceaux qui parlent d'amour, en rupture aux précédents disques. Les titres changent radicalement d'univers pour proposer des influences toujours aussi rock, mais moins violentes et plus mélodiques, sur lesquelles l'artiste pousse le chant un peu plus loin. Un disque qui surprendra les adeptes !


FÊTE DE LA MUSIQUE : ACTIVITÉS

Diversité musicale

Plusieurs concerts et expo/démonstrations sont prévus dans le cadre de la Fête de la musique, célébrée ce jeudi 21 juin. Les Mauriciens auront l'occasion de découvrir la diversité musicale de l'île.


CONSERVATOIRE F.MITTERAND : Découverte de talents

Le conservatoire prévoit une série d'activités dans différents endroits pour marquer la Fête de la musique, cette année. Du mardi 12 au jeudi 14 juin, une démonstration/exposition d'instruments se tiendra au siège du conservatoire de 10h30 à 13h30 ; le vendredi 15 juin, le même événement se tiendra au conservatoire de Curepipe, à la même heure ; les élèves du conservatoire donneront un concert à l'intention des employés du MES, à Réduit, le jeudi 21 juin ; le vendredi 22 juin, l'orchestre, les chœurs et les solistes du conservatoire donneront, cette fois-ci, un concert à l'Hôtel de ville de Curepipe ; le dimanche 24 juin, le conservatoire de Quatre-Bornes tiendra son concours de jeunes compositeurs de 10h à 13h, suivi d'un concert de 15h à 17h.

Pendant toute la journée de dimanche, se tiendra aussi un concours de peinture adressé aux étudiants de lower VI. Le thème : la musique sous diverses facettes. Par exemple, la peinture peut représenter un musicien jouant d'un instrument ; un artisan réparant un instrument ; un commerçant dans son magasin de musique ; une classe de musique, etc. La date limite pour les envois est le mercredi 27 juin. Le dernier concert est prévu pour le mardi 26 juin, à l'auditorium du conservatoire et sera donné par le Quintet de cuivres. À signaler que toutes les activités sont gratuites et ouvertes au public.


MASA/BBRH : Abaim

Pour cette année le Grup Abaim a choisi le thème Lamizik, patrimwann e konesans : samem ki pu devlop nu byin ! pour célébrer la Fête de la musique. Le groupe invite ainsi le public le samedi 23 juin, de 13 à 16h, au centre d'Abaim à Beau-Bassin. De par cette thématique, Abaim réaffirme sa position, selon laquelle "la musique est un médium d'apprentissage, allant des codes d'une société à la gestion de divers types d'angoisses chez l'enfant". Le groupe proposera à l'occasion une animation musicale ainsi que des interventions sur "la pertinence de ces chansons…" Entrée libre.


Alliance Française

Deux concerts en une soirée. C'est le plateau musical que propose l'Alliance Française (AF) de Bell Village ce jeudi 21 juin, à partir de 18h. Du classique et du jazz avec le Conservatoire Frédéric Chopin ainsi que l'atelier Mo'zar et ensuite celui de la Classic Guitar Société. Entrée gratuite.


Viking

La Fête de la musique sera un événement à la Rue St Georges de Port-Louis. Le responsable des ex-studios Viking prévoit une animation live pour l'occasion sur le trottoir non loin de ce qui reste de la boutique qui a pris feu il y a quelques mois. Pierrot Ravina sera de ceux qui prendront part à cet événement musical original. Plusieurs invités sont attendus durant la matinée.


Latanier

Le groupe Latanier vient à la rencontre des amateurs de musique dans le Jardin de la Compagnie. Les frères Joganah et leurs compagnons y seront de 12h à 13h le temps de reprendre quelques-uns de leurs morceaux. L'occasion sera aussi pour eux de rendre hommage à Bam Cuttayen. À souligner que Latanier présentera le single Pou twa mama à cette occasion


MUSIQUE KI NEWS

COMPIL : Lambiance nou zil

Rien que du séga et du bon. Harbour Music réunit "les plus belles chansons de Maurice" dans une compilation Lambiance nou zil. Avec une partition musicale assurée par les musiciens de Zotsa, une pléiade d'artistes défile pour mettre de l'ambiance durant plus d'une heure de séga. On retrouve dans ce répertoire festif des noms connus, notamment Jean-Claude Gaspard (Séga souval), Sylvio Louis (Katiya créole), Kriton (Maladi d'amour et Zoli ti dimoun), Ino Nakeed (Nacho beti)… À noter la nouvelle version de Dire moi papa, de Gérard Bacorillal, avec les voix de Jean-Frederick Wanchan et Danillo Bacorilall. Disponible dans les bacs.


La Flamme séga

Ambiance 100% fiesta créole, La Flamme séga Vol. 1 est l'album à écouter en ce moment. 18 tubes à faire vibrer y figurent : Kontan Sa, Zot ti Rodé, Ravanne A Pé Baté et Mazougué de Sylvain Kaleecharan ; Dansé Dansé et Le Ker Content de Ruan Clarel ; Traitère, Récompense, Baté Tambour, Guété Na Pa Touché et Conséquance de Wilson Félix ; Trapé Trapé et Manzel de Didier Clarel ; Dirizan de Ras Poldo ; Morceau Bonheur, L'amour Impossible et Nina de Tian ; Bakané et Séga Lolo de Claudio Veeraragoo ; Martine de Tony ; Souye To Lizié de Nou Nas Kool ; Avion La Décolé de Désiré Victor ; Lors la Mer et Medley de VDN, ainsi que Mabuele de Dalon. Produit par la Kabana Music, l'album est disponible chez les disquaires à Rs 200.


NOUVEL ALBUM : Jah Vérité dans les bacs

Annoncé il y a quelques semaines de cela, l'album réédité de Berger Agathe est disponible dans les bacs. Sorti en 1996 sous le titre Zom Ki faim par le groupe Ovajaho, dont le leader était Berger Agathe, cet album est dans la même lignée musicale que celle du père du seggae, Kaya. Ami de ce dernier, Berger Agathe est tombé sous les balles lors des émeutes de février 1999. Il fut atteint par une cartouche de grenaille tirée par la police sur le rond-point de Roche-Bois. Il meurt le même jour. Avec ce disque, Berger Agathe était considéré comme l'un des espoirs de seggae. Huit ans après sa mort, Harbour Music fait revivre la mémoire de l'artiste en produisant le disque hommage Jah Vérité.


BIENTÔT : Joanne Bégué chante Jamais

Jamais est le titre du premier album solo de Joanne Bégué. Jeune chanteuse qui a côtoyé Dallon et participé sur son album Amen nou bien, elle lancera en juillet cet opus aux saveurs des îles. Un disque zouk-love avec le soutien musical du groupe Zotsa ainsi que d'Elvis Héroseau à la programmation. On note aussi la participation vocale de Caroline Jodun et David Dupuis. La chanson-phare devrait être, selon Dallon, Bodé Kreyol (en créole guadeloupéen). Ce disque ce veut un lien entre toutes les îles de par la diversité des langues proposées. L'album a été enregistré chez Kapricorn Studio et chez Michel Nany. Produit par Mary Joyce Grancourt.


MUSIQUE :MÉTIER

Les pros du circuit hôtelier

Ils sont nombreux à Maurice à gagner leur vie grâce à leurs talents artistiques. Chanteurs, musiciens ou danseurs trouvent dans l'hôtellerie un créneau, voire un tremplin pour s'exprimer et s'épanouir. Malgré les conditions d'emploi souvent décriées, le secteur hôtelier demeure l'un des rares endroits où nos artistes peuvent tout simplement vivre.

Strass et paillettes éblouissent les regards, tandis que les danseurs se donnent à cœur joie sur la piste. Après avoir pris l'apéritif au son des guitares ou du piano, les clients se retrouvent autour du bar ou au bord de la piscine pour apprécier le spectacle de la soirée. Un orchestre de service pour jouer les styles les plus variés ainsi que des numéros de danse en lien avec le thème de la soirée. Ainsi va la vie des artistes engagés dans l'animation hôtelière.

"L'hôtellerie offre la chance de s'exprimer et de communiquer avec des gens du monde", dit Johnny Joseph, l'un des meilleurs batteurs de l'île. Cela forge la personnalité du musicien et l'aide à s'épanouir en tant qu'artiste. "Être en contact avec son instrument tous les jours est quelque chose de particulier et d'important", renchérit-il. Certes, ces choses ont changé au fil du temps. Il y a une saturation dans les registres proposés, car le système a changé. Mais, le circuit hôtelier demeure l'endroit le plus accessible pour l'expression musicale de bon nombre d'artistes à la recherche de soi.

Professionnalisme. Engagé dans le secteur depuis plus de 30 ans, Allan Marimootoo est d'avis que l'hôtellerie a permis aux artistes de gagner leur vie avec leur art. De même, il avance que l'artiste a un rôle important dans la vie touristique et qu'il a contribué à son succès. "Là où le bât blesse, c'est que cette contribution n'est pas toujours reconnue. Par exemple, le salaire du musicien ne monte pas automatiquement, il faut toujours négocier."

Toujours est-il que l'entertainer est aussi appelé à évoluer avec le secteur. On ne peut plus, de nos jours, compter sur son seul talent pour bien faire dans ce domaine. Il faut aller vers la professionnalisation. "Devenir professionnel veut dire apprendre à valoriser son talent. Par exemple, maîtriser la connaissance générale pour pouvoir converser avec le touriste, bien se comporter, être à l'heure sur le site du travail, etc. Ce sont toutes ces petites choses qui donnent une valeur ajoutée au talent de l'artiste."

Thématique. En terme de tendance musicale dans le circuit hôtelier, il serait plus approprié d'évoquer le concept de la thématique. Des soirées spécifiques classées selon la demande, certes, mais aussi calquées sur une formule établie depuis des années. Ainsi, on retrouve dans pratiquement tous les hôtels des animations quasi similaires : du jazz, de la musique africaine, du séga typique, les standards internationaux ou, sinon, des concepts européens du genre French Cancan. "On fait plus de la démonstration qu'autre chose lors des soirées à thème", explique Yoan Leste, percussionniste de Menwar et Bwa Marron.

Pour ce qui est des créations mauriciennes, Allan Marimootoo est d'avis qu'elles ont leur place dans les soirées à thème. Toutefois, il plaide pour l'authenticité. À l'exemple de Zanfan des îles, spectacle 100% mauricien monté il y a dix ans, mais qui ne se joue plus qu'au Club Med. Il plaide également pour le respect des ségatiers. "Longtemps, ils venaient avec leur troupe ; aujourd'hui, dans certains hôtels, ils sont accompagnés par l'orchestre de service."

Tremplin. Le circuit hôtelier offre aussi cette possibilité de pourvoir une passerelle vers le professionnalisme et la scène musicale. Bon nombre d'artistes locaux connus aujourd'hui ont fait leurs premier pas dans les hôtels avant de fouler la scène musicale et internationale. Les exemples en sont multiples : Éric Triton, Linley Marthe, Gérard Louis… "L'hôtellerie permet aux musiciens de se frotter à différents styles et à évoluer constamment afin d'avoir toujours sa place dans le milieu. Cela fait ressortir le talent endormi chez certains", explique Johnny Joseph.

Défis. Les années 1990-2005 ont été les belles années de l'animation hôtelière, selon Allan Marimootoo. Aujourd'hui, la situation est quelque peu difficile avec l'érosion des talents vers Dubayy et Hong Kong, notamment, mais aussi avec l'implantation de groupes étrangers qui ne comprennent pas toujours les réalités mauriciennes. "Seules la discipline et la rigueur permettront aux artistes de sortir gagnants. Il faut être conscient de son rôle. Dans certains cas, nous sommes là pour faire marcher le bar ; dans d'autres, pour divertir les touristes. D'où l'importance de comprendre que nous jouons pour eux, pas pour nous… Par ailleurs, dans le domaine de l'hôtellerie, les groupes mauriciens n'ont rien à envier aux étrangers."

Un bon musicien d'hôtel, selon Allan Marimootoo, est celui qui peut s'adapter à toutes ces situations ainsi qu'à tous les styles de musique. Être appelé un jour à jouer de la variété, le lendemain de la musique exotique, ou encore de la musique zen, sans oublier le jazz, sont autant de facettes de la vie artistique de l'hôtel.


Formation

La compagnie Musipro d'Allan Marimootoo lancera très bientôt une école de formation aux métiers de l'animation hôtelière. "Nous allons construire à partir de ce qu'ils ont déjà, c'est-à-dire, leur talent", dit le principal concerné. Apprendre à maîtriser l'art de la conversation, avoir la tonalité juste, travailler la tenue sur scène… : autant d'aspects qui seront abordés au cours de cette formation. Une initiative qui vise à professionnaliser davantage le métier et faire face aux défis (voir texte principal). Par ailleurs, Allan Marimootoo estime qu'il faut aussi penser au recyclage des artistes après l'hôtel. Des cours d'animation radiophoniques par une professionnelle de la communication seront aussi dispensés aux intéressés.

Située à Quatre-Bornes et placée sous la responsabilité de David Marimootoo, l'école comprend un studio.


Agences de recrutement

Les agences de recrutement ont souvent été accusées de se faire de l'argent sur le dos des artistes. Allan Marimootoo, qui est un des premiers à s'être lancé dans ce domaine, n'est pas de cet avis. "Je gagne ma vie honnêtement", dit-il. Cet état des choses est une des étapes vers la professionnalisation, laisse-t-on entendre dans le milieu, les hôtels préférant avoir affaire à une agence, au lieu d'avoir à gérer dix musiciens ou plus. "Quand un musicien a un problème avec un hôtel, je m'arrange toujours pour essayer de le caser dans un autre orchestre ailleurs", poursuit Allan Marimootoo. Il ajoute qu'il n'a jamais volé le contrat de quelqu'un ou négocié au détriment des musiciens.