50 ans d'histoire. Marclaine Antoine fait un retour en arrière
à l'occasion de son demi-siècle de carrière
dans l'univers musical. Des chapelets de souvenirs pour faire
la litanie de sa vie mouvementée. Remplie de bons et de
mauvais moments.
Il a presque tout fait dans sa vie de musicien, d'artiste et d'homme
de culture. Guitariste, arrangeur et compositeur, Marclaine Antoine
a contribué, de diverses façons, à la promotion
de la culture mauricienne ainsi qu'africaine durant sa carrière
de musicien.
Sa vie, il l'a consacrée aux instruments de musique. Un
devoir de mémoire pour qu'ils ne disparaissent pas. Fervent
défenseur des traditions musicales, il a beaucoup voyagé
dans les îles de la région à la découverte
de ces instruments, mais en note un certain rejet dans sa propre
île. "Aujourd'hui, il y a Menwar et quelques autres
artistes qui perpétuent la tradition", observe-t-il.
Philosophe. S'il a tant contribué à la culture,
cela ne l'empêchera point d'être condamné,
dans des conditions inexplicables encore aujourd'hui, pour possession
d'armes à feu vieilles de plus de 25 ans. Il fut condamné
à une peine d'une année de prison en 2004 et n'en
fera que sept mois. "La prison m'a seulement privé
de sept mois de musique, rien d'autre." Quand la vie
suit son court, on ne garde pas un moment spécial dans
sa tête. On vit tout simplement, dit le musicien.
Asta Luego. Sa carrière d'artiste début
à l'âge de 11 ans. On est un 1er mai 1957 au Jardin
de la Compagnie à Port-Louis : le petit Marclaine fait
son baptême scénique. Il interprétera à
l'occasion la chanson Asta Luego, standard latin. Depuis,
il cultivera la passion de la scène et de la musique. "Je
suis fier que mon fils Patrick ait suivi la même route que
moi."
Bel Bato. La consécration viendra avec sa
chanson Bel Bato. C'était lors du festival de la
mer, au concours Amarré Matelot en 1987. Il sortira
vainqueur avec une composition qui raconte les joies et peines
qu'ont emmené les vagues sur cette île. De l'esclavage
aux poissons. "La mer contribue à nos bons moments
et à nos mauvais sorts", dit-il.
SMAC. Si beaucoup l'ignorent ou l'ont oublié, Marclaine
tient à faire ressortir qu'il est le fondateur de la première
société des auteurs-compositeurs à Maurice,
bien avant la MASA. "Il y a eu la Société
Mauricienne des Auteurs et Compositeurs (SMAC), puis la Société
des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs (SMACE)." Il
fut ainsi le président de ces deux sociétés
avant de laisser la barre à la MASA.
Il fut aussi Conseiller au Centre Culturel Africain durant 13
ans, avant d'en laisser le soin à son amie Micheline Virahsawmy.
D'ailleurs, en parlant de cette-ci, il souligne qu'il est derrière
l'arrangement de la première version de la chanson Mama
papa, qui a grandement contribué au succès de
la chanteuse.
Contribution. La génération d'avant, celle
qui a donné un nouveau souffle au séga, Lebrasse
"mon ami de toujours", en passant par le duo
Clency ou le créateur du seggae Kaya, ils sont tous passés
par l'école de Marclaine Antoine. Celle de la discipline
et du respect de la musique. "90% des anciennes célébrités
locales sont passées par ma maison avant de se faire connaître",
relate le guitariste, sans une once de prétention, mais
la voix gorgée de fierté.