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VENDREDI 8 JUIN 2007
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reportage
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GOYAVE DE CHINE
Quel folklore !
Le rouge et le jaune prédominent dans certains sous-bois,
indiquant que les goyaves de Chine sont prêtes. Il est primordial
d'observer des paramètres de sécurité afin
que la cueillette se déroule sans encombre.
La cueillette de goyaves de Chine fait partie du folklore mauricien.
Nous sommes nombreux pendant la période de mai à
juillet à sillonner les endroits riches en ces fruits.
Depuis quelques semaines, les marchands de goyaves de Chine ont
envahi les rues. Leurs caissons remplis du fruits attirent beaucoup
de gourmets qui en raffolent, surtout avec une petite pincée
de sel agrémenté de piment sec. Ces marchands-là
s'en vont cueillir très tôt, souvent dès l'aube.
Cueillette. Pour ceux qui ont le temps, une visite dans
les bois aux fins de cueillette de la goyave de Chine peut s'avérer
une activité très vivifiante et relaxante. Ainsi,
certains n'hésitent pas à louer des minibus pour
aller dénicher ce fruit qui n'est mûr que pendant
quelques mois de l'année. D'autres font d'une pierre deux
coups, en allant cueillir ces goyaves et en finissant la journée
à la mer. La réputation de Plaine-Champagne concernant
la cueillette des goyaves de Chine n'est plus à faire.
La vaste étendue des réputés arbustes, située
non loin de Ganga Talao, à Grand-Bassin, regorge de ces
plants. De surcroît, c'est un transit de choix, car la route
mène vers le Morne, plage idéale pour les pique-niques.
Plaine-Champagne n'est pas le seul endroit à Maurice où
l'on peut trouver des goyaves de Chine en abondance. Les marchands
le savent. "Les goyaviers de Chine se trouvent dans les
régions humides telles que la réserve de la montagne
Le Pouce, celle de Pieter Both, de même que sur les hauts
plateaux, à l'instar de Grand-Bassin, les environs de Midlands
Dam et des Gorges de la Rivière-Noire", indique
M. Tezoo, des Services Bois et Forêts.
Dans le passé, quelques incidents malheureux ont eu lieu
lors de la cueillette. Pour éviter de se faire mal, quelques
consignes doivent être respectées. Ainsi que l'explique
M. Tezoo, certaines régions où l'on trouve des goyaves
de Chine sont bordées de précipices ou de trous.
"Je conseille aux cueilleurs de rester sur les Forest
Tracks et de ne pas s'aventurer trop loin dans les bois. Dans
certaines régions, il y a beaucoup de guêpes et d'abeilles.
Il est donc primordial de bien faire attention !", dit-il.
Qui plus est, certains animaux - tel le sanglier ou cochon
marron - peuvent s'avérer dangereux et attaquer le
visiteur des lieux, s'ils se sentent en danger.
Richesse
La goyave de Chine jaune est souvent plus prisée que la
rouge. L'effet visuel y est pour quelque chose, la jaune étant
en général plus grosse que la rouge. Elle est aussi
plus acide au goût. Ceci dit, nombreux sommes-nous à
préférer la goyave de Chine rouge, légèrement
plus sucrée, pour la savourer sur place ainsi qu'à
la maison et
pour en faire les traditionnelles gelées
et confitures mauriciennes ! Ces fruits sont recommandés
pour leur richesse en vitamine C : 37 mg environ. À titre
comparatif, l'orange contient en moyenne 50 mg pour un poids de
100 g. La goyave de Chine étant nettement moins grosse,
son apport en vitamine C est donc conséquent.
Invasion
Les goyaviers de Chine n'ont pas la côte auprès des
biologistes ! La raison : envahissantes, ces plantes colonisent
très rapidement sous-bois et pâturages, gênant
ainsi la régénération naturelle des espèces
indigènes, souvent très lentes à atteindre
leur maturité. De plus, les goyagiers se fructifient très
jeunes. "La goyave de Chine contient de nombreuses graines
qui germent facilement. Ce processus est grandement aidé
par les oiseaux et autres animaux qui favorisent sa dispersion.
Les goyaviers de Chine privent également les plantes indigènes
d'espace, d'air et de la lumière du soleil. Dans certains
cas, ils agissent comme des paravents, empêchant les graines
des plantes indigènes à atteindre le sol pour pousser",
dit M. Tezoo, des Services Bois et Forêts. Les goyaviers
de Chine ne peuvent être éliminés totalement,
en raison de leur rapidité de régénération
et de leur robustesse. Le Forestry Service et d'autres institutions
impliquées dans la protection de la flore et de la faune
de Maurice peuvent, néanmoins, contrôler leur propagation.
Tâche, dit-on, qui est "très fatigante".