|
VENDREDI 8 JUIN 2007
|
audiovisuel
|
KINO MAURICE
Ça tourne
Régionaliser un concept mondial avec l'atelier Kino est
l'objectif de cette manifestation cinématographique du
Mahatma Gandhi Institute (MGI). Avec ce premier partage, qui a
vu la participation de six kinoïtes réunionnais,
l'institution veut provoquer un dynamisme dans l'univers de l'audiovisuel.
Action !
Vendredi, dernier jour de travail de l'atelier Kino Maurice. On
est à l'heure du montage. Le tournage a pris fin et les
réalisateurs, les kinoïtes, attaquent la dernière
étape avant la projection des productions, le lendemain
(samedi 2 juin) à l'auditorium du MGI. Près d'une
quinzaine de réalisations ont été présentées.
Après avoir sillonné l'île, ils ont enregistré
suffisamment d'images pour diffuser leurs visions et leurs créations
en 10 minutes maximum.
Durant une semaine, professeurs du MGI, élèves et
kinoïtes de l'île de La Réunion se sont
réunis pour monter des courts-métrages de moins
de 10 minutes en 72 heures de travail. "Au lieu de 48
heures comme le concept le veut, on a poussé les heures
de travail à 72 heures pour permettre aux élèves
de l'institution de participer pleinement au projet", dit
Krishna Luchoomun.
Forme. Ce projet de Kino Maurice a pris forme après
la participation de Krishna Luchoomun au Kino Kabaret à
La Réunion. Il fut invité par l'association Beyond
Trash, de Saint-Denis. De cette rencontre, il a voulu en implanter
le concept dans le milieu local de l'audiovisuel. Un projet que
le MGI a accepté d'initier. "C'est intéressant
que le MGI ait accepté ce projet. Cela est bénéfique
pour les élèves de l'institution, car il y a un
module sur le Video Art et un atelier Kino tombe à
point pour eux", fait ressortir Krishna Luchoomun.
Passion. Pas des amateurs, mais des passionnés.
La barrière invisible entre amateurs et professionnels
est abolie dans le concept de Kino. Le concept privilégie
la rencontre, le partage autour du cinéma et de l'audiovisuel,
sans s'attarder sur la classification de genre. "Il faut
juste aimer faire du cinéma pour être un kinoïste",
indique Krishna Luchoomun. Kino, c'est plus des valeurs que des
règles, ajoute Charly, de l'association Beyond Trash de
La Réunion.
Mouvement. Kino est un mouvement de cinéastes et
de vidéastes amateurs organisés en cellules dont
la devise, que l'on doit à son créateur Christian
Laurence, est : "Faire bien avec rien, faire mieux avec
peu, mais le faire maintenant." Rassembler les artistes
de la vidéo et du cinéma ayant le désir de
produire des uvres, de les faire, de les faire vite, de
les faire bien. C'est un lieu de liberté et d'échange,
de partage du savoir et de la technique sans censure ou contraintes
autres que matérielles.
Régionalisation. Le but de cet échange cinématographique
est d'amener le concept de Kino dans la région, dit Charly.
Si La Réunion est le premier pays de la région à
cultiver cette culture, elle entend bien la propager dans les
îles-surs afin de donner une couleur locale au concept.
"Il est important de réunir le plus de genres autour
de ce mouvement qui uvre pour la promotion de l'audiovisuel
et du cinéma", souligne Krishna Luchoomun, chargé
de cours du MGI.
Kino cabaret. L'une des inventions les plus originales
du mouvement Kino est, sans conteste, le Kino-cabaret, qui permet
à chacun, amateur ou professionnel, comédien ou
cadreur, simple rêveur, de trouver le cadre propice au "passage
à l'acte, en se laissant succomber à l'effet
d'entraînement d'une dynamique de groupe généreuse
dans ses connaissances et bienveillante dans son regard."
"Le concept Kino privilégie le travail de groupe.
Personne ne dirige, tout se fait en équipe", dit
Charly. Un Kino-cabaret est une démonstration patente de
la possibilité, avec un minimum de talent, de produire
un film de qualité. Au cours d'un Kino-cabaret, il faut
donc "faire avec
" Faire avec les accessoires
qui se trouvent là, faire avec les décors qu'on
a sous les yeux, faire avec les comédiens et non-comédiens
qui participent.
Après cette première rencontre, Krishna Luchoomun
espère élargir le cercle de Kino en invitant d'autres
personnes à se joindre au projet et à initier des
actions autour du concept Kino. À vos caméras !
Kino, c'est quoi ?
L'aventure Kino commence à Montréal en janvier 1999
par un simple pari entre amis : produire un court-métrage
original chaque mois avant l'an 2000 et la fin du monde
L'an 2000 passe et point de catastrophe
mais, près
de 200 films plus tard, le mouvement KINO était né
!
Inspiré de kinè, racine grecque signifiant
"mouvement", le mot Kino rime aujourd'hui avec production
indépendante et libre. La mission est de rassembler tous
les artistes qui croient que la pertinence d'une uvre cinématographique
ne se chiffrant pas seulement au montant de son budget de production.
"Faire bien avec rien, faire mieux avec peu et le faire
maintenant !" est la devise de Kino.
Dans une culture de cinéma abonné entièrement
au fonds public, il est certain que cette approche n'allait pas
faire l'unanimité
qu'à cela ne tienne ! Huit
ans plus tard, Kino tient toujours le flambeau et offre à
tous les créateurs un écran libre et sans censure.
En 2001, à l'invitation du Festival du Nouveau Cinéma,
Kino organise son premier Kabaret. Des kinoïtes de Montréal
et Québec reprennent la formule l'été suivant
lors d'une tournée européenne et l'esprit de Kino
s'installe à Hambourg, Cracovie, St-Petersbourg et Helsinki.
L'enthousiasme est contagieux et des artistes d'un peu partout
fondent des cellules Kino. De Charlevoix à Paris, de l'Île
de La Réunion à Adélaïde en Australie
partout, l'engouement pour la formule Kino se fait sentir. Il
existe aujourd'hui plus de 50 cellules dans 14 pays sur 4 continents.
Mû par l'esprit de partage et l'absence de compétition,
le réseau Kino se veut laboratoire d'expérimentation
et une rampe de lancement pour tous ceux qui refusent d'emprunter
le seul chemin de la production "traditionnelle."