Week-End/SCOPE

VENDREDI 8 JUIN 2007 à la une


SPECTACLE : 15 AU 17 JUIN - Utopia The (fabulous) Game
Coulisses : Utopia The Game - L'utopique prend forme


SPECTACLE : 15 AU 17 JUIN

Utopia The (fabulous) Game

Utopia, the Game sera présenté du 15 au 17 juin au Centre Swami Vivekananda, à Pailles. D'importants moyens ont été investis dans ce spectacle grandiose de danse, sons, lumière et mime.

Né de l'imagination d'Éva Caillé, de Thabo Legrand et d'Eelco de Jong, Utopia The Game est un conte fantastique basé sur un rêve d'enfant, sur la fantaisie et l'imaginaire. Au coût de Rs 4 millions, cette création locale se veut grandiose. Costumes et effets spéciaux inédits, écran géant de 20m de large, projecteurs dotés de mécanismes défilants ayant servi au spectacle de Jean-Michel Jarre, créant une atmosphère hors du temps. Scène de lévitation, participation d'un mime Bruxellois, Vincent Rubinfajer, le tout porté par une chorégraphie de pointe exécutée par les élèves de l'école de danse, Le Studio.

Eelco de Jong qui signe aussi le scénario et les textes de Utopia The Game explique que ce spectacle de danse s'adresse aux petits et aux grands qui ont gardé une âme d'enfant. "Quand Thabo Legrand et Éva Caillé m'ont confié la mise en scène, j'ai voulu en faire un conte fantastique avec des effets spéciaux. C'est la danse d'un rêve… l'histoire de deux enfants, Ethan et Shanya." L'idée derrière ce travail qui a nécessité, six mois de préparation non-stop, étant selon les propos d'Eelco de Jong, "d'en faire une production inédite de grande envergure". Eelco de Jong poursuit que cette invitation dans le monde de l'imaginaire se fera sur cinq tableaux où le visuel, les couleurs et les émotions seront palpables. "Le but est d'amener du rêve au spectateur tout en le tenant éveiller, d'où aussi le combat des samouraïs aux sabres laser."

Temps forts. Grandiose aussi, de par les effets visuels et techniques comme ces projecteurs munis de mécanismes défilants et développés à l'origine pour le spectacle de Jean-Michel Jarre. Eelco de Jong de préciser : "Ces projecteurs couvriront le fond de scène d'images de 22 mètres de base et de 12 mètres de haut. Il y aura comme une sorte d'interaction entre les danseurs de l'école Le Studio dirigé par Éva Caillé et Thabo Legrand, et les images vidéo projetés." Sur scène, le corps de ballet regroupera une quarantaine de danseurs de l'école Le Studio accompagnés par une dizaine de danseurs et d'acteurs professionnels ainsi que le mime et des illusionnistes.

Réalité et fiction titilleront l'esprit des spectateurs et les plongeront dans un monde à la fois virtuel et imaginaire où s'affronteront forces maléfiques et énergies vitales contenues dans les éléments tels que l'eau, le vent, la terre et le feu. Eelco de Jong d'ajouter : "Des masques de cuir représentant les éléments ont été commandés en Belgique. Thabo Legrand et Nazimah Cerdor s'occupent de la création des costumes des artistes mauriciens. Quant au costume du mime, Rubinfajer, il a été confié à Aurélie de Waziers, spécialisée dans les costumes de scène en Belgique." Petite parenthèse : "Le jeu de scène de Ysé Buffart (Shanya) m'a bluffé. Elle n'a que 7 ans, mais déjà l'étoffe d'une grande artiste. Idem pour Tom Couves qui incarne avec brio, Ethan. Les deux sont à l'origine de l'achat de la console de jeu."


Objectif

Le spectacle d'une durée d'une heure et vingt minutes, sans entracte a aussi nécessité un apport financier conséquent. La fondation hollandaise, The Cornelis Johannes De Jong Foundation a investi Rs 4 millions dans ce projet qui s'exportera ensuite dans le monde entier. Eelco de Jong ajoute qu'ils ont aussi reçu le soutien d'Air Mauritius, du Groupe Impact Production dirigé par Jean-Luc Manneback entre autres… Eelco de Jong précise que Utopia The Game a été déposé à la Mauritius Society Of Authors pour être authentifié comme "une création mauricienne."


Horaires

Utopia, The Game sera joué le vendredi, 15 juin et le samedi, 16 juin, à 20 h, au Centre Swami Vivekananda, Pailles et le dimanche 17 juin, à 15 h. Les billets sont en vente à travers le Rezo Otayo et varient entre Rs 150 et Rs 750. Pour réservations et informations, tél : 466 9999. À noter que 2 300 places seront mises à la disposition d'ONG et d'associations œuvrant pour la cause des enfants démunis. Une représentation gratuite leur sera proposée, le samedi 16 juin, à 15 h.


Synopsis

Maurice, décembre 1968, à la veille de Noël… Ethan et Shanya, deux enfants mauriciens, achètent une étrange console de jeu sur un marché de Port-Louis. Cette console est habitée par des créatures maléfiques qui vont faire irruption dans le réel. Pour tenter de sauver le monde, ils vont se lancer à la recherche d'Utopia, seule capable de les aider à sauver le monde. Dans leur quête de faire le bien triompher du mal, ils vont rencontrer le guerrier Lhamony. S'appuyant sur une série de chorégraphies et d'effets spéciaux, Lhamony se charge d'enseigner les règles du jeu aux enfants. Celles-ci sont basées - à l'instar de la danse - sur les principes de l'harmonie et l'esprit. Leur périple nous emmène de la France de Louis XIV aux origines de l'univers et du Jardin d'Eden aux plus hauts cols de l'Himalaya. L'enseignement des enfants prend fin lorsque Lhamony récupère l'énergie des quatre éléments : l'Eau, le feu, le vent et la terre…


Coulisses : Utopia The Game

L'utopique prend forme

Samedi, dans les coulisses de l'école de danse Le Studio, dirigée par Éva Caillé et Thabo Legrand, il règne une grande effervescence. Cela fait cinq mois que 40 enfants de 7 à 9 ans, 20 adultes, dont dix professionnels de la danse, répètent inlassablement Utopia The Game. Une chorégraphie de pointe où se mêlent talents et effets spéciaux. Clin d'œil.

Battements des pieds, synchronisation des mouvements, à l'école Le Studio tout n'est que visuel. Un art fait de grâce, de légèreté, de musique et de lumière. Formant un véritable corps de ballet, les danseurs évoluent au son d'Utopia The Game. Thabo Legrand met la musique avant de rejoindre Michael Marmitte, Kurty Geneviève et Gonael Labiche pour un combat de samouraïs laser. C'est un jeu d'acteur, d'interprète pour chaque danseur. Le langage qu'ils savent maîtriser, c'est le mouvement. Idem pour l'héroïne, Ysé Buffart qui incarne le rôle de Shanya. D'un pas souple et gracieux, elle s'exécute. Rien chez cette jeune artiste de "7 ans trois quarts", comme elle a insisté qu'on le précise, ne laisse transparaître une certaine nervosité.

Ysé Buffart semble à l'aise, sa mission, elle nous le chuchote à voix basse, consiste à "sauver le monde avec son frère Ethan (Tom Couves)". Le temps d'une pause rapide, elle confie que cela fait deux ans qu'elle danse, avant de préciser qu'elle avait déjà eu un petit rôle dans Le Roi Lion. Anxieuse ? La petite se défend et comme pour prouver sa bonne foi, elle fait une pirouette et recommence la répétition entourée de ses petits camarades, qui s'exécutent sur un numéro de danse de filles en fleurs. Plus loin, Kareen Oxenham incarne l'Elfe et se laisse porter sur les épaules des danseurs qui incarneront les personnages mi-hommes, mi-animaux. Le corps de Kareen se cambre. L'exercice semble difficile, puisqu'elle aura, lors de la représentation, à descendre sur une corde tyrolienne. Mais Kareen Oxenham a une parfaite maîtrise de son rôle. On en reste presque scotché à son personnage. De l'autre côté, Alisa Currimjee, à peine 14 ans, en solo, incarne Utopia. Sa mission, qu'elle porte sur ses frêles épaules, consiste à sauver le monde.

Émotion. Pendant que tout ce petit monde exécute chacun leurs mouvements respectifs, Éva Caillé, la chorégraphe, leur mentor, dirige chacun de leurs pas. Dans cet univers de la danse, les rêves les plus poétiques de ces danseurs côtoient une réalité quotidienne faite de travail, d'émotion, de talent et de générosité. Ce spectacle de danse nous entraîne dans un voyage haut en couleurs. Éva Caillé intervient, fait appel à la troupe qui va interpréter les éléments comme l'eau, le vent, la terre et le feu. Faisant le va-et-vient, elle nous explique que chaque tableau a son importance. "L'enseignement de Shanya et Ethan prendront fin lorsque le guerrier Lhamony récupérera l'énergie des quatre éléments : eau ; feu, vent et terre." Elfes, cocon, chaque danseur est dans la peau de son personnage. Sans parler de cette énorme ouride, sorte de pieuvre géante aux huit tentacules, créée des mains de Thabo Legrand qui a aussi dessiné les costumes. Les costumes, parlons-en, ont aussi leur part belle. Sur les tables, ils trônent en maître : coiffe aux couleurs chatoyantes, des vêtements aux couleurs acidulés, les masques, tout y est… Éva Caillé se dit confiante et heureuse et ajoute même : "Travailler avec les petits a été un vrai bonheur." Le but d'Éva Caillé et Thabo Legrand, les concepteurs du projet sont les mêmes que leurs danseurs : donner vie à Utopia-The game, le 15 juin au Centre Vivekananda.


Vincent, le mime

Bruxellois d'origine, Vincent Rubinfanjer a étudié l'Art du Mime à l'École Marcel Marceau, à Paris. Parlant de la complexité de son métier, il dit que cette discipline demande de la rigueur. "Le mime porte en lui toute la vie. Même dans le silence à travers des codes gestuels, il arrive à montrer au spectateur tout ce qu'il ressent. Il n'y a pas de limite dans cet art. Et surtout pas de droit à l'erreur." Évoquant sa présence dans Utopia, il se dit heureux de jouer le rôle du guerrier Lhamony. "C'est un rôle de composition. Un vrai défi." Pour lui, sa participation s'inscrit dans un but précis: "Rendre accessible le métier de mime à un large public et éveiller quelques "vocations" auprès des jeunes."


Bruce Ellison

Il jongle avec les mots et même ses mimes déclenchent le fou rire. Lui, c'est Bruce Ellison metteur en scène, chorégraphe, comédien, mime, chanteur. L'homme est surtout connu pour son interprétation et ses chorégraphies dans la pièce de théâtre, La cage aux folles. À Maurice, il a pour mission de cordonner le jeu de scène entre Vincent Rubinfajer (Lhamony) et les deux enfants, Ethan et Shanya. Il se pourrait qu'il décroche aussi un petit rôle: "J'ai préféré être sur place avant…" À une semaine du coup d'envoi du spectacle, l'homme se dit confiant: "Cette création mauricienne m'a séduite. C'est une production d'une très grande envergure qui aura des retombées positives." De sa collaboration avec les artistes mauriciens, Bruce Ellison le qualifie de véritable échange.