Week-End/SCOPE

VENDREDI 11 MAI 2007 études tertiaires


ÉTUDES TERTIAIRES : MAURAS COLLEGE OF DENTISTRY

Les premiers dentistes l'an prochain

À Juillet 2008, le Mauras College of Dentistry & Hospital & Oral Research Institute d'Arsenal produira ses premiers diplômés: une quarantaine de dentistes comprenant de jeunes mauriciens et étrangers confondus. Cette école, affiliée à la Bhavnagar University de Gujerat (et reconnu par la Tertiary Education Commission (TEC), selon le directeur Gayanan Chummun) compte bientôt investir Rs 150m dans une nouvelle université et hôpital dans la même région sur un terrain de 5 arpents.

13h30, au Mauras College of Dentistry ce jeudi 3 mai 2007. Les étudiants ont du pain sur la planche car c'est l'internal exams avant l'examen final. Ved, Ismaël, Jayshun et Mirinal (quatre jeunes mauriciens) et Deval, Nancy, Amee et Digvijay (quatre autres d'Inde) sont satisfaits de l'épreuve du jour. "Le dur labeur porte toujours ses fruits et nous sommes satisfaits d'avoir bien travaillé", dit Ved Poorun.

Cet étudiant de Lallmatie termine l'an prochain ses études et part en stage. Il a le choix entre l'Inde et Madagascar. "Je vais opter pour l'Inde parce que j'ai appris qu'ils sont très avancés dans le domaine de la dentisterie". Ayant commencé ses études en 2003 alors que l'école démarrait ses activités au cœur de plusieurs controverses (à l'époque l'on reprochait à l'école de ne pas avoir d'affiliation avec le Bhavnagar University d'Inde), Ismaël Rawoo de Curepipe, a tenu bon et dit ne rien regretter aujourd'hui. "L'étude que nous faisons coûte très chère (Rs 850 000) mais, grâce aux soutiens des parents, j'y arrive. Étudier à Maurice offre divers avantages: plus de temps pour me concentrer sur les études, moins de temps disons à consacrer aux occupations domestiques (lessive, repassage, nourriture) car ma mère s'occupe de tous. J'ai fait aussi des économies sur les frais de loyers que j'aurais eus à payer si j'étais à l'étranger. En ce qui concerne les controverses, je fais confiance à l'institution", dit-il. Un avis que partage Jayshen Ramrachiya, de Verdun. "Le directeur de l'Institution nous a montré les papiers et nous avons chaque année la visite des représentants du Dental Council d'Inde, donc, il n'y a pas de raison pour que l'institution ne soit pas reconnue ou encore que le diplôme soit fake" , tient-il à préciser (Voir texte plus loin). Si Mirinal Somar est heureux de terminer l'an prochain, mais avoue toutefois que, "je ne peux dire si c'est positif ou négatif, car avec le lot de travail qu'on doit faire et la durée des études, je serais, par exemple, déjà ingénieur, aujourd'hui. Mais je reconnais que devenir dentiste, cela demande du temps, car on doit tout apprendre sur le corps humain avant d'exercer…"

Amee Patel, de Gujerat, aurait pu opter pour le Bhavnagar University qui se trouve également dans l'État de Gujerat pour ses études mais elle a choisi Maurice. Deval Vachnarajani, qui vient aussi de la même région, ne regrette pas ses études à Maurice et dit que "être loin de la famille, cela me permet de mieux étudier". Pour Digvijay Rathod, "even though it is expensive and tough, just being in Mauritius is a good reason to work hard and succeed", dit-il, avec le sourire. Avis que partage Nancy Shah qui compte se rendre à Madagascar l'an prochain pour son internship car elle veut aussi "découvrir d'autres horizons et surtout mettre son expérience aux services des pauvres."

Implantation. Inauguré en août 2003, le Mauras College of Dentistry alors connu sous le Mauritius College of Dentistry, qui comptait, au départ, une quinzaine d'étudiants, a atteint sa vitesse de croisière, avoue le directeur Gayanan Chummun. Cette école gérée par le R.F. Gandhi A.K. Trust d'Inde compte aujourd'hui 160 étudiants mauriciens et étrangers. "Environ 25% de nos étudiants sont Mauriciens et le reste vient d'Inde, d'Angleterre et du Canada", explique pour sa part, le chairman, Y.K. Desai, de Gujerat. Comme le premier groupe d'étudiants termine leurs études l'an prochain, le Dr. Gayanan Chummun affiche sa satisfaction. "Même si au départ on a eu des difficultés, je dois dire que ce fut un défi qu'on a pu relever. Nous sommes satisfaits puisque nos premiers étudiants iront en internship l'an prochain probablement en Inde ou Madagascar", dit-il. Et d'ajouter: "Nos chirurgiens dentistes bénéficient de formations continues. Et ils sont informés des techniques de pointe dans le domaine de la dentisterie."

Formation. La formation de base d'un dentiste comporte 5 années d'études. Les deux candidatures en science dentaire permettent à l'étudiant d'acquérir les bases théoriques nécessaires dans les sciences fondamentales et, particulièrement, les sciences biomédicales. Dans des salles destinées à la formation préclinique, on y trouve des unités de soins performantes, un laboratoire de travaux pratiques pour s'initier aux bases des techniques dentaires et à la confection des prothèses, une unité de radiologie, des simulateurs, des mannequins en caoutchouc dotés de mâchoires articulées sur lesquels s'exercent les étudiants avant de passer au traitement de vrais patients à la clinique située sur la route royale à Arsenal. "L'étudiant doit être mis en contact avec la réalité professionnelle et doit traiter des patients. L'enseignement de la dentisterie procède en effet du savoir mais aussi d'un savoir-faire qui ne peut s'acquérir que par une pratique active", note le Dr. Chummun.

Crédibilité. Le Mauras College of Dentistry compte aussi un hôpital dentaire. "Nos étudiants ont aussi besoins de pratique mais cela se fait sous la supervision d'un expert. Sachez que ceux qui viennent à notre clinique à Arsenal bénéficient d'un bas prix…" avance le Dr Chummun. Pour le prof. Desai, la crédibilité de l'institution est importante. "Tout en étant affiliés à la Bhavnagar University, nous avons des normes et critères à respecter. Nous dispensons une formation conforme aux normes internationales et nous opérons aussi sous les consignes du Tertiary Education Commission. Donc, on a des limites au niveau de la clinique", poursuit-il.

Entre stress et maux de dents ou entre névralgies faciales et problèmes masticatoires, les pratiques, les techniques et les matériaux en dentisterie connaissent une évolution très rapide. La formation des dentistes intègre évidemment ces préoccupations nouvelles d'où le désir de l'école d'Arsenal de toujours mieux faire, soutient le directeur. "We are even planning to have a post-graduation training in our own institution", dit-il.


Un nouveau bâtiment à Rs 150 m

Le gouvernement mauricien ayant accordé un terrain de 5 arpents également à Arsenal, les dirigeants du Mauras College of Dentistry compte créer des infrastructures afin d'abriter un collège dentaire, un établissement hospitalier et philanthropique qui dispenserait à la fois certains traitements à titre gratuit et d'autres à des coûts abordables pour ceux qui n'ont pas les moyens, et aussi un institut de recherches dentaires. L'investissement consenti est de l'ordre de Rs 150 millions. "La formation des étudiants exige des locaux plus spacieux et plus adaptés. De plus, nous voulons être un centre névralgique pour la formation de dentistes dans la région de l'océan Indien", dit le directeur Chummun. Son ami, le Dr Rajendrasingh Rathore, qui compte déjà un Dental College et un Medical Hospital, financera le projet.


Au coût de Rs 850 000

Pour les cinq années d'études, les étudiants aspirants à être chirurgien-dentiste doivent détenir un HSC avec chimie, physique et biologie comme matières principales. Des études qui coûtent quelques Rs 850 000 (pour les Mauriciens) et 30 000 euros pour les étudiants étrangers. Chaque année, environ 40 étudiants mauriciens et étrangers confondus se font inscrire pour un Bachelor of Dental Surgery (BDS). Les études, selon le Dr Gayanan Chummun, sont sanctionnées par des diplômes de l'Université de Bhavnagar, Gujerat, Inde. "Cette université étant publique et non privé, les diplômes sont reconnus par le gouvernement indien et éventuellement par l'ordre des médecins et des dentistes de l'Inde." Il précise que ces études à l'étranger coûtent dans les Rs 1.5 m.