À Juillet 2008, le Mauras College of Dentistry & Hospital
& Oral Research Institute d'Arsenal produira ses premiers
diplômés: une quarantaine de dentistes comprenant
de jeunes mauriciens et étrangers confondus. Cette école,
affiliée à la Bhavnagar University de Gujerat (et
reconnu par la Tertiary Education Commission (TEC), selon le directeur
Gayanan Chummun) compte bientôt investir Rs 150m dans une
nouvelle université et hôpital dans la même
région sur un terrain de 5 arpents.
13h30, au Mauras College of Dentistry ce jeudi 3 mai 2007. Les
étudiants ont du pain sur la planche car c'est l'internal
exams avant l'examen final. Ved, Ismaël, Jayshun et Mirinal
(quatre jeunes mauriciens) et Deval, Nancy, Amee et Digvijay (quatre
autres d'Inde) sont satisfaits de l'épreuve du jour. "Le
dur labeur porte toujours ses fruits et nous sommes satisfaits
d'avoir bien travaillé", dit Ved Poorun.
Cet étudiant de Lallmatie termine l'an prochain ses études
et part en stage. Il a le choix entre l'Inde et Madagascar. "Je
vais opter pour l'Inde parce que j'ai appris qu'ils sont très
avancés dans le domaine de la dentisterie". Ayant
commencé ses études en 2003 alors que l'école
démarrait ses activités au cur de plusieurs
controverses (à l'époque l'on reprochait à
l'école de ne pas avoir d'affiliation avec le Bhavnagar
University d'Inde), Ismaël Rawoo de Curepipe, a tenu bon
et dit ne rien regretter aujourd'hui. "L'étude
que nous faisons coûte très chère (Rs 850
000) mais, grâce aux soutiens des parents, j'y arrive. Étudier
à Maurice offre divers avantages: plus de temps pour me
concentrer sur les études, moins de temps disons à
consacrer aux occupations domestiques (lessive, repassage, nourriture)
car ma mère s'occupe de tous. J'ai fait aussi des économies
sur les frais de loyers que j'aurais eus à payer si j'étais
à l'étranger. En ce qui concerne les controverses,
je fais confiance à l'institution", dit-il. Un
avis que partage Jayshen Ramrachiya, de Verdun. "Le directeur
de l'Institution nous a montré les papiers et nous avons
chaque année la visite des représentants du Dental
Council d'Inde, donc, il n'y a pas de raison pour que l'institution
ne soit pas reconnue ou encore que le diplôme soit fake"
, tient-il à préciser (Voir texte plus loin).
Si Mirinal Somar est heureux de terminer l'an prochain, mais avoue
toutefois que, "je ne peux dire si c'est positif ou négatif,
car avec le lot de travail qu'on doit faire et la durée
des études, je serais, par exemple, déjà
ingénieur, aujourd'hui. Mais je reconnais que devenir dentiste,
cela demande du temps, car on doit tout apprendre sur le corps
humain avant d'exercer
"
Amee Patel, de Gujerat, aurait pu opter pour le Bhavnagar University
qui se trouve également dans l'État de Gujerat pour
ses études mais elle a choisi Maurice. Deval Vachnarajani,
qui vient aussi de la même région, ne regrette pas
ses études à Maurice et dit que "être
loin de la famille, cela me permet de mieux étudier".
Pour Digvijay Rathod, "even though it is expensive
and tough, just being in Mauritius is a good reason to work hard
and succeed", dit-il, avec le sourire. Avis que partage
Nancy Shah qui compte se rendre à Madagascar l'an prochain
pour son internship car elle veut aussi "découvrir
d'autres horizons et surtout mettre son expérience aux
services des pauvres."
Implantation. Inauguré en août 2003, le Mauras
College of Dentistry alors connu sous le Mauritius College of
Dentistry, qui comptait, au départ, une quinzaine d'étudiants,
a atteint sa vitesse de croisière, avoue le directeur Gayanan
Chummun. Cette école gérée par le R.F.
Gandhi A.K. Trust d'Inde compte aujourd'hui 160 étudiants
mauriciens et étrangers. "Environ 25% de nos étudiants
sont Mauriciens et le reste vient d'Inde, d'Angleterre et du Canada",
explique pour sa part, le chairman, Y.K. Desai, de Gujerat. Comme
le premier groupe d'étudiants termine leurs études
l'an prochain, le Dr. Gayanan Chummun affiche sa satisfaction.
"Même si au départ on a eu des difficultés,
je dois dire que ce fut un défi qu'on a pu relever. Nous
sommes satisfaits puisque nos premiers étudiants iront
en internship l'an prochain probablement en Inde ou Madagascar",
dit-il. Et d'ajouter: "Nos chirurgiens dentistes bénéficient
de formations continues. Et ils sont informés des techniques
de pointe dans le domaine de la dentisterie."
Formation. La formation de base d'un dentiste comporte
5 années d'études. Les deux candidatures en science
dentaire permettent à l'étudiant d'acquérir
les bases théoriques nécessaires dans les sciences
fondamentales et, particulièrement, les sciences biomédicales.
Dans des salles destinées à la formation préclinique,
on y trouve des unités de soins performantes, un laboratoire
de travaux pratiques pour s'initier aux bases des techniques dentaires
et à la confection des prothèses, une unité
de radiologie, des simulateurs, des mannequins en caoutchouc dotés
de mâchoires articulées sur lesquels s'exercent les
étudiants avant de passer au traitement de vrais patients
à la clinique située sur la route royale à
Arsenal. "L'étudiant doit être mis en contact
avec la réalité professionnelle et doit traiter
des patients. L'enseignement de la dentisterie procède
en effet du savoir mais aussi d'un savoir-faire qui ne peut s'acquérir
que par une pratique active", note le Dr. Chummun.
Crédibilité. Le Mauras College of Dentistry
compte aussi un hôpital dentaire. "Nos étudiants
ont aussi besoins de pratique mais cela se fait sous la supervision
d'un expert. Sachez que ceux qui viennent à notre clinique
à Arsenal bénéficient d'un bas prix
"
avance le Dr Chummun. Pour le prof. Desai, la crédibilité
de l'institution est importante. "Tout en étant
affiliés à la Bhavnagar University, nous avons des
normes et critères à respecter. Nous dispensons
une formation conforme aux normes internationales et nous opérons
aussi sous les consignes du Tertiary Education Commission. Donc,
on a des limites au niveau de la clinique", poursuit-il.
Entre stress et maux de dents ou entre névralgies faciales
et problèmes masticatoires, les pratiques, les techniques
et les matériaux en dentisterie connaissent une évolution
très rapide. La formation des dentistes intègre
évidemment ces préoccupations nouvelles d'où
le désir de l'école d'Arsenal de toujours mieux
faire, soutient le directeur. "We are even planning to
have a post-graduation training in our own institution",
dit-il.