Le samedi 5 mai, de 18h à 23h30, l'hôtel Suffren
& Marina, au Caudan Waterfront, vibrera au son des musiques
des années 50 et 60. L'idée revient à Jacques
Maunick qui a retrouvé quelques centaines de morceaux de
l'époque en version originale.
Pour faire revivre les chansons d'un passé presque oublié,
Jacques Maunick a entrepris de nombreuses recherches. Il a pu
retrouver, pour cette soirée du 5 mai, quelques centaines
de chansons en version originale. "Ce sont des
musiques destinées à ceux qui ont connu cette époque
associée au Golden Age." Il cite au passage quelques
noms de chanteurs qui ont marqué les années 50,
tels Franky Avalon, Jim Reeves, Roy Orbison, Peres Prado
Évoquant la nostalgie de ce passé retrouvé,
Jacques Maunick s'attarde aussi sur certains morceaux comme
Suspicious mind d'Elvis Presley, Things de Bobby Darin,
O lonesome me de Neil Sedaka, Bachelor Boy et Young
Ones de Cliff Richard.
Flash-back. Faisant un retour aux sources, Jacques Maunick
raconte qu'il n'y avait pas de télévision en 1950.
"Les gens avaient pour loisir la radio, et le cinéma
qui était devenu une véritable institution. Quand
ils allaient voir un film, c'était pour voir leurs idoles
comme Burt Lancaster, William Holden ou Elizabeth Taylor. Idem,
pour les chanteurs. Les préférences tournaient autour
de Paul Anka, Roy Orbison, Jim Reeves, Elvis Presley, Cliff Richard."
À ce sujet, Jacques Maunick raconte également
l'époque de la fameuse bataille entre les fans de Cliff
Richard et d'Elvis Presley. "Les fans mauriciens avaient
même créé leur fan-club. L'un votant pour
le King, l'autre pour Cliff. C'était un vrai duel sans
merci. Kouma dir ti pe asiste enn match ant Manchester ek Liverpool."
Jacques Maunick de poursuivre que des chanteurs mauriciens
avaient même formé des groupes en s'identifiant à
leurs idoles. Il cite le Typhoon Band et les Stardusters où
on retrouvait les frères Lebon dont le répertoire
était axé sur celui des Shadows. "Il y avait
aussi un certain Yvon Émile dont on disait qu'il était
la voix et la copie conforme de Nat King Cole."
Mode. Selon Jacques Maunick, les disques de ces années
50/début 60 ont marqué la mémoire collective.
"Ils représentent l'art de vivre d'une certaine
époque." Il raconte avec nostalgie le mode de
vie des jeunes de 18-19 ans des années 50 : "Ces
jeunes n'avaient pas d'argent de poche. La seule façon
pour eux de rencontrer une fille, c'était au cours des
surprise party. Là, ils invitaient leurs cavalières
pour un slow. Derrière chacun de ces tubes, il y a eu des
histoires d'amour et même des déchirures."
L'interlocuteur de se remémorer que des chansons comme
A certain smile de Johnny Matthis ou Can't help falling
in love d'Elvis avait alors la cote. "L'époque
des années 50 reste très associée à
des histoires sentimentales, des coups de foudre, des mariages.
On n'avait pas de téléphone, ni de sms. Pour trouver
une fille, le moment opportun était d'attendre les surprise
party." Sur un ton empreint d'humour, Jacques Maunick
souligne : "Bann zenes ti pe trase. Avant, il n'y
avait que des slows. Les morceaux rapides ou lents, tout était
dansé en couple. Aster sakenn dans dan so kwin."
Il raconte aussi : "Les adultes qui avaient les moyens
fréquentaient alors le Golden Moonlight Club, la première
boîte de nuit huppée de Pointe aux Sables qui proposait
des hits des années 50."
Pour Jacques Maunick, toute la musique des années 50 marque
un certain mode de vie : "C'était ce qu'on appelait
le entertainment des années 50. Un morceau de l'époque
durait deux minutes." Pouvoir écouter des morceaux
en version originale de Billy Vaughn, des Platters, des Shadows,
et danser sur des slows de l'époque du genre Stand by
me, Save the last dance ou When my little girl is smiling,
tout cela est dorénavant possible dans le cadre du Suffren
& Marina qui peut accueillir jusqu'à 100 personnes.
Souvenirs. Jacques Maunick ajoute que souvent à
la radio, il arrive que certaines enfants issus de cette génération
des années 50 et début 60 téléphonent
pour raconter à l'antenne les souvenirs partagés
de leurs parents. "C'est comme une passation. Ils vont
parler des disques, des films datant de cette période 50-60,
puisés des anecdotes et du vécu de leurs parents
et grands-parents." Ouvrant une parenthèse,
Jacques Maunick explique qu'autrefois, la radio était
connue sous l'appellation de MBS. "On y passait des disques
pendant toute la journée, et les jeunes fredonnaient à
tue-tête des chansons de Paul Anka, des Shadows. Pa
ti ena kopi sanson, tou ti gard dan latet."
L'intervenant trouve dommage que certaines chansons de l'époque
ont fait l'objet de reprises ou de remix. Il ajoute toutefois
avec une note de satisfaction que ces mélodies des années
50 demeurent éternelles. "C'est assez étonnant
de constater que dans certains mariages en 2007, on entend encore
la musique d'Elvis ou de Paul Anka. Certains jeunes s'identifient
encore aux chansons de leurs parents."
Pour ceux qui veulent s'approvisionner en rêves du temps
passé, rien de mieux que d'assister à la soirée
du samedi 5 mai, placée sous le thème Nostalgie
des années 50 et 60. Jacques Maunick de conclure :
"Cette soirée est surtout dédiée à
ceux âgés entre 45 et 80 ans."