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VENDREDI 12 JANVIER 2007
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vibration zen
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VIBRATION ZEN
2007 : année de l'immobilisme ?
Bénévole pour l'ONG Lacaz A ; étudiants en
finance ou en droit ; informaticien ; jeune aspirant à
une société meilleure ou entré de plain-pied
dans le monde du travail, tous disent leurs attentes et craintes
pour 2007. Aussi évoquent-ils la société
et la politique qui la régit.
Attentes
Yoshni Toolsee, 23 ans, étudiante en finance. Ce
serait bien qu'en 2007, la population soit moins stressée
par la hausse de prix. Cela a engendré une grande frustration.
Roody Muneean, 21 ans, Rezistans ek Alternativ. Je m'attends
à une société où la dignité
humaine est respectée, de même que la liberté,
l'écologie, l'égalité ; et surtout, je m'attends
à une société qui ne soit pas "communaliste".
Une société où tout un chacun vit décemment.
Fabrice Antonio, 23 ans, informaticien. Le pouvoir d'achat
du Mauricien est en baisse. La roupie doit prendre de la valeur.
Certains ont du mal à subvenir à leurs besoins quotidiens.
Les plus démunis semblent ne rien attendre de l'avenir.
Un espoir doit leur être donné.
Anaïs Fanchin, 19 ans, secteur de l'assurance. Il
faudrait que les salaires augmentent pour que le niveau de vie
suive la hausse de prix des produits de consommation. Aussi, les
automobilistes devraient se montrer plus responsables par rapport
à l'alcool.
Tania Huët, 21 ans, étudiante en droit. On
parle souvent de mauricianisme, mais ce n'est qu'un concept abstrait.
Je voudrais qu'il y ait davantage de compréhension et que
tout un chacun fasse preuve d'une certaine sensibilité.
Thierry Dacruz, 16 ans, Lacaz A. Il serait souhaitable
de baisser le coût des denrées. Beaucoup de pauvres
ont des difficultés à vivre correctement. Certains
dérivent alors vers l'illégalité. Je voudrais
que les droits humains de tout un chacun soient respectés
en 2007.
Preetah Bolaky, 21 ans, étudiante en finance. Que
les autorités concernées luttent activement contre
la pauvreté.
Société
Fabrice. Le secteur de Business Process Outsourcing (BPO)
tourne à plein régime et génère de
l'emploi pour nombreux jeunes. Il faut toutefois considérer
que ce secteur n'est pas l'abri d'une délocalisation dans
l'avenir.
Preetah. Le monde du travail exige de l'expérience.
Or les étudiants sont gênés par une éducation
purement académique. L'éducation devrait être
mieux adaptée à l'emploi.
Roody. Les facteurs économiques ont une répercussion
sur la société. La crise sociale qui prévaut
actuellement est la conséquence de la politique ultra-libérale
du présent gouvernement et des régimes précédents.
Thierry. Il est temps que des actions concrètes
soient prises pour contrer la drogue. Sinon, nous courons à
la catastrophe. Davantage de fonds devraient être accordés
aux centres de réhabilitation pour les victimes de la drogue.
Anaïs. On a tendance à devenir individualiste.
Je souhaite que les citoyens de Maurice prennent conscience de
l'autre, et du fait que lui aussi devrait pouvoir avancer dans
la vie.
Yoshni. La société devrait laisser tomber
ses tabous, notamment quant à la sexualité, de même
que cette culture de corruption. Aussi, on se demande où
est la parité homme-femme.
Tania. La femme devrait se donner les moyens de s'émanciper.
Il y en a marre d'entendre parler de violence à l'égard
des femmes ! Le machisme n'a que trop duré. Toute une éducation
est à faire dans notre société patriarcale.
Politique
Roody. La politique traditionnelle est figée sur
des idées conservatrices en termes économique et
social. Cette politique est une faillite caractérisée
par une crise sociale. Il faudrait se tourner vers une alternance
respectueuse de la dignité humaine.
Thierry. Je m'attends à ce que les politiciens respectent
les engagements pris envers la population. On a l'impression que
le gouvernement la délaisse quelque peu pour ne s'intéresser
qu'au développement.
Fabrice. Tout est lié à la politique. Dommage
qu'il n'y ait pas de continuité au fil des régimes
successifs. Cela engendre un gaspillage de ressources, à
l'instar de la réforme de l'éducation.
Tania. Davantage de transparence dans les décisions
prises. On a l'impression que le gouvernement a une mainmise au
niveau des institutions. Il n'existe plus une véritable
séparation des pouvoirs. En conséquence, on peut
parler de décisions parfois arbitraires.
Yoshni. La perception est que les politiciens sont des
arrivistes. Les alliances qui se font et se défont en attestent.
Les politiques sont censés être des exemples à
suivre, mais ils sont tout le contraire de cela.
Preetah. Il nous faut recouvrir nos dettes maintenant pour
pouvoir récolter le fruit de ce sacrifice à long
terme. En ce sens, j'approuve la politique économique que
prône le gouvernement, même si elle est dure à
avaler.
Appréhensions
Yoshni. La roupie perd de la valeur. C'est inquiétant
pour ceux voulant étudier à l'étranger. Aussi
faut-il travailler dur à Maurice pour atteindre une bonne
position sociale. Je crains de connaître le même sort
que la génération précédente.
Preetah. Cela pousse nombre de jeunes à s'expatrier.
L'argent accumulé pendant quelques années passées
à l'étranger semble bien plus intéressant.
Je crains qu'à la longue, les jeunes quittent le pays pour
trouver mieux ailleurs.
Roody. Une de mes plus grandes craintes est le démantèlement
des lois du travail. Cela équivaut à une précarisation
de l'emploi. Une recette idéale pour créer davantage
de misère. Les jeunes seront directement touchés
par ces mesures qui interviendront vers la fin de janvier. Je
crains aussi que la crise sociale qui existe actuellement conduise
à davantage de répression et vers une vague de communalisme.
Fabrice. Le touriste de nos jours est plus pointilleux.
Au vu de la dégradation du Law and Order, je pense
que l'image de notre pays risque d'être ternie. Les politiciens
devraient s'intéresser à la source même des
problèmes sociaux.
Anaïs. Je crains que la pauvreté, accentuée
par la conjoncture économique, finisse par engendrer une
montée de la violence.
Tania. La culture projette une certaine perception de la
réalité et permet d'extérioriser positivement
les frustrations engendrées par la société.
Ma crainte est que la culture demeure inaccessible pour beaucoup.
Petit mot à Navin
Roody. Lev pake ale ! Car ce que vous et votre ministre
des Finances faites est une faillite en terme de politique économique
et sociale. Si vous persistez avec cette idéologie conservatrice,
il ne sera pas étonnant de voir la crise sociale empirer.
Preetah. Ne commettez pas les mêmes erreurs du passé.
N'attendez pas la dernière heure pour réagir face
à un problème qui se trame. Les différentes
grèves de la faim sont révélatrices d'un
certain malaise dans le pays.
Thierry. Je n'ai rien à vous dire. J'estime qu'un
homme tel que vous est pleinement conscient de ces actes et de
leurs répercussions pour le pays.
Fabrice. En tant que chef d'État, vous incarnez
l'espoir d'une vie meilleure pour la population. En ce sens, l'acquisition
d'une voiture de luxe n'est pas le meilleur exemple que vous pouvez
donner en ces temps de vache maigre.
Anaïs. Vous devriez prendre en considération
les attentes, les besoins et les envies de la population. On a
l'impression que vous écoutez seulement ceux qui ont les
moyens de se faire entendre.
Yoshni. Sachez quelles sont les priorités du pays.
La réforme de l'éducation laisse les parents dans
le flou et l'incompréhension. Vous devriez expliquer clairement
votre vision. On ne sait pas trop dans quelle direction vous menez
le pays.