Week-End/SCOPE
VENDREDI 25 FEVRIER 2005

tournage


À DINAROBIN: TOURNAGE DE L'ORÉAL


Lætitia Casta et Terry Gates pour une crème solaire

La top model Lætitia Casta, représentante des produits L'Oréal, et le mannequin Terry Gates ont tourné une publicité pour une crème solaire de la gamme précitée, à l'hôtel Dinarobin. Ils étaient entourés d'une équipe d'une cinquantaine de personnes. "Celle qui le vaut bien" a fait tourner bien des têtes lors de son passage chez nous.

Ils sont venus pour le ciel bleu, le soleil radieux et le sable fin. Ils ont été autrement accueillis ! Ciel gris et pluie fine allant même jusqu'à de fortes averses ! Le soleil étant resté timide, l'équipe de L'Oréal a eu fort à faire durant leur tournage d'une semaine à Maurice. Avec les innombrables prises, le réalisateur Joe Ramon, réputé dans la publicité pour les grandes marques, a connu un tournage assez difficile. Sur le plateau, il reste concentré. Personne n'a le droit de le déranger, pas même sa vedette Lætitia Casta. "Il est impératif qu'elle se concentre sur son rôle", souligne le réalisateur et producteur Jim Damour. Si la co-star du jour, le mannequin Terry Gates, reste souriant, Casta, elle, garde ses distances. Mère d'un enfant, la Marianne de France n'a rien perdu de son charme.

Parcours. Née le 11 mai 1978, à Pont-Audemer en Normandie, où elle a grandi et passé une partie de son adolescence, Lætitia Casta est repérée en 1993 sur une plage corse par un "chercheur de beautés". Elle devient mannequin alors qu'elle a tout juste 15 ans. Premier contrat : les jeans Guess, puis les parfums Victoria's Secrets. À force de travail, Lætitia est devenue la top-model la plus courtisée de la planète. À ce jour, elle a fait la une d'à peu près cent des plus grands magazines de mode du monde, a décroché un contrat mirobolant avec L'Oréal, a défilé avec les couturiers les plus célèbres et, depuis peu, a entamé une carrière de comédienne. On l'a vue dans les films Astérix et Obélix contre César (Claude Zidi), Gitano (Palacios), Les âmes fortes (Ruiz), Rue des plaisirs et la série La bicyclette bleue, entre autres.

Les choses bougent dans la vie de la belle Lætitia car d'une part, sa carrière d'actrice ne fait que commencer, et de l'autre, elle est devenue mère. À Maurice, elle prend sans cesse des nouvelles de son bébé qu'elle a eu avec le photographe Stéphane Sednaoui. Elle voulait être à Maurice seulement pour deux jours de tournage, mais le mauvais temps oblige, elle a été retenue pour deux autres journées. Elle en a profité pour porter un sari, tenue qu'elle aime bien. Après son départ, Astride Dalais a été sollicitée comme doublure : en effet, pour quelques scènes où l'emphase est mise sur le produit, le réalisateur Joe Ramon avait besoin de ses mains.

Terry Gates. Charmant, avec des yeux superbes, Terry Gates est du genre très jovial. "Je ne vais pas laisser le succès me monter à la tête", précise-t-il. Originaire d'Australie, il est repéré par un photographe alors qu'il travaille dans un supermarché. "Il m'a photographié et m'a conseillé de me lancer comme mannequin. J'ai suivi ses conseils et maintenant, j'enchaîne les défilés de modes et les pubs." Terry Gates avoue qu'il a été très chanceux : "There are so many good looking guys around me so there is no doubt that luck has played a very important role." Le beau jeune homme, lui, ne compte pas se lancer dans le cinéma comme l'a fait Lætitia Casta. "Je suis devenu mannequin par hasard. J'aime les défilés de mode et je suis très bien payé pour ce que je fais. Je ne crois pas que je serai un jour acteur. Cela ne m'intéresse guère."

Ayant travaillé aux côtés de Lætitia Casta pendant des années, Terry Gates avoue : "Le courant passe très bien entre nous. Nous sommes un duo très apprécié pour la pub. L'été dernier, on a fait d'autres spots publicitaires ensemble." Terry Gates compte continuer dans ce domaine pour quatre ans encore avant de se lancer dans une profession qu'il tient à cœur : la photographie. "Arrêter les images sur pellicule est tout un art. J'ai commencé et je ne compte pas m'arrêter."

Post-production. Vingt secondes de publicité ont nécessité une semaine de tournage. Les maquilleurs ont eu fort à faire pour donner un peu plus de couleurs aux deux mannequins. Pour ce qui est du ciel bleu, "on aura beaucoup à faire en post-production pour créer l'impact nécessaire. Bon nombre de travaux seront faits en studio aussi", dit Jim Damour. Ce qui signifie des frais supplémentaires pour Addict, la maison de production.

Pour sa part, le Mauricien Sameer Ranjanally, régisseur et aussi beau-frère du directeur de production Julien Pasquier, n'a pas eu une semaine de tout repos. "J'ai eu à parcourir une bonne partie de l'île pour aller chercher de trucs bizarres qu'ils demandaient, comme par exemple, des détachants. Travailler avec eux a été une grande expérience."

Ce projet de tournage remonte à un mois et demi, lorsque le groupe L'Oréal songeait à se rendre aux Bahamas. Ils sont venus à Maurice suite à une initiative de Jim Damour : "Un ami américain avec qui j'ai travaillé pour un long métrage m'a appelé un beau jour me disant que L'Oréal voulait tourner une pub pour leur nouvelle crème solaire. Je leur ai envoyé un devis, avec Maurice comme destination. Ils voulaient une production exécutive de qualité et j'ai tenu bon. On avait de la concurrence : les Bahamas ! En comparant la météo des deux pays, leurs assureurs ont opté pour Maurice…" L'équipe de L'Oréal est repartie heureuse dimanche dernier car, malgré la pluie qui a joué aux trouble-fêtes durant ce tournage, ils ont pu rentrer avec, dans la boîte, la publicité pour la nouvelle crème solaire.

Jim Damour compte bien retourner pour d'autres tournages. "Il y a tant de potentiel à Maurice. Les décors sont formidables et tout ce qui vous manque est un cadre pour créer des événements cinématographiques." Il était soutenu par les équipes Gems Production, Cloud 9 et la Mauritius Film Development Corporation (MFDC).



Jim Damour : "Imposez vos techniciens"

Si, sur le plateau de L'Oréal, Jim Damour est le production manager, en temps normal, il est un réalisateur très sollicité pour des séries télévisées, téléfilms, documentaires et longs métrages, tels Ange gardien, Les monos, C'est arrivé demain, Le pays des enfants perdus. Sa maison de production s'attelle depuis peu à développer des activités dans l'océan Indien. Un de ses objectifs est d'attirer des équipes européennes à Maurice. "S'ils sont nombreux les Américains et Européens qui vont à La Réunion, ils ne viennent toutefois pas à Maurice. L'île-sœur est non seulement capable de fournir 80 % des équipements et des facilités en termes de permission, mais elle a une politique de volontarisme. Il faut faire comme les Réunionnais qui invitent des équipes, accordent les facilités, mais imposent à ce qu'on emploie des techniciens locaux. Pour encourager le cinéma mauricien, il faut imposer. Si pour chaque tournage, 30 Mauriciens sont employés, c'est intéressant. Par ailleurs, il faut un guichet unique pour les autorisations car on a dû passer par dix ministères pour trouver la personne qui puisse nous aider."



Un déplacement au coût de Rs 6,3 millions

"On ne déplace pas Lætitia Casta comme ça. Cela exige un luxe de tournage", précise le production manager Jim Damour. "On a choisi Dinarobin de par le cadre et l'environnement. L'accueil a été 5 étoiles" poursuit-il. Rien que pour le déplacement, la maison de production a déboursé 180 000 euros (comprenant logement, billets et frais de tournage à Maurice). Sur le plateau, l'on comptait 55 personnes, dont une trentaine de Mauriciens. Le producteur, le réalisateur et les techniciens étaient à Maurice depuis trois semaines pour faire des repérages. L'équipe a aussi tourné dans d'autres régions du Sud.