a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 novembre 2010



  Budget 2011 - La recette fiscale de Jugnauth
  Indicateurs de performance (2) - VPM et Intégration sociale : plan d'action contre la pauvreté
  Tourisme - Rs 1 milliard pour doper les marchés hors Europe
  A partir de janvier - Pensions: + 3,2%
  Santé - L'infrastructure au centre des priorités
  Indicateurs de performance - Judiciaire : 8 juges supplémentaires
  Réactions - Maurice aux portes du Club des pays développés
  Le discours budgétaire vu par les syndicalistes - Rattrapage du pouvoir d'achat : "Pravind Jugnauth a manqué à sa parole"
  Jackie Kamanah (Prison Officers' Association): - "Révoltant!"
  Pauvreté - "Quels critères d'attribution du CSR Fund"
  Dans le commerce - L'alcool et la cigarette plus chers depuis hier matin
  Révision des droits de douane des produits pétroliers et du charbon
  18.5 milliards de roupies consacrés à 5 plans de logements décents
  Education supérieure - 38 boursiers de plus
  Loto — 55e tirage - Les six bons numéros chez Brigitte à Ste-Croix


Budget 2011


La recette fiscale de Jugnauth

Pravind Jugnauth

Ambitionnant d'atteindre un Produit intérieur Brut d'un "trillion of rupees" et d'un PIB par tête d'habitant de 20 000 dollars américains au cours des 10 prochaines années, soit en 2020, le vice-PM et ministre des Finances Pravind Jugnauth, doit, pour le budget 2011, conjuguer avec une contrainte majeure : les conséquences de la crise économique prolongée en Europe. En 2011, il prévoit un taux de croissance économique de 4,2% contre 4,1% en 2010, un déficit budgétaire de 4,3% en 2011, un endettement public représentant 60,7% du PIB en 2010 pour passer à 60,3% du PIB à la fin de l'année prochaine, même s'il faudra s'attendre à vivre quotidiennement avec un taux d'inflation revigoré de 4% l'année prochaine.

Aprés la présentation de l'Economic Restructuring and Competitiveness Programme (ERCP) en août dernier, il s'est engagé dans un Rebalancing Act avec une gamme de mesures relevant des promesses électorales, comme l'abolition de la National Residential Property Tax et de la taxe sur les intérêts bancaires, ou à faire du social encore un relèvement du seuil des salaires ménages pour bénéficier des frais d'examens de School Certificate et de Higher School Certificate à 100%.

Sur le plan fiscal, le Grand Argentier, tout en jouant à fond sur la gamme des taxes indirectes, notamment les droits d'accises et les patentes dans le secteur des produits de consommation jugés "socially and politically incorrect", comme l'alcool, la cigarette et le jeu, introduit une Solidarity Income Tax de 10% sur des Taxable and Exempt Income, dont les dividendes et des intérêts, supérieurs à Rs 2 millions. Il percevra une somme de Rs 59,7 milliards sous forme de taxes directes et indirectes l'année prochaine.

Ci-dessous, les principaux ingrédients de la recette budgétaire et fiscale concontée par le vice-PM et ministre des Finances pour 2011 :

Fiscalité

Imposition d'une Solidarity Income Tax de 10% sur des contribuables avec des revenus imposables de plus de Rs 2 millions annuellement. Cette mesure fiscale devra permettre à l'Etat de maintenir les recettes de l'Income Tax à hauteur de Rs 13,8 milliards, dont une augmentation de Rs 450 millions au seul item de la Personal Income Tax.

Imposition d'une taxe de 15% sur des gains réalisés lors de transactions foncières et immobilières avec la valeur des propriétés achetées avant 1988 déterminées sur la base d'une formule arrêtée. A ce titre, la Land Transfer Tax et la Registration Duty sur le transfert des propriétés immobilières devront rapporter quelque Rs 3 milliards, soit quelque Rs 900 millions de plus qu'en 2010.

Imposition d'une taxe de 15% sur les profits réalisés par les compagnies immobilières.

Imposition d'une taxe de 10% sur les profits réalisés par les individus lors de la vente de terrain ou autre propriété immobilière avec exemption pour la première tranche de Rs 2 millions et pour les héritages.

Réintroduction de l'exemption à l'Income Tax sur les premières 60 tonnes de sucre produites pour les planteurs cultivant moins de 35 arpents 55 (15 hectares) et "deriving income solely from cane cultivation". Ils n'auront plus à soumettre de Returns à la Mauritius Revenue Authority pour l'Income Tax.

Exemption de la taxe de 15% sur les revenus sucriers des sociétés coopératives.

Déduction de l'Income Tax au cours des 5 prochaines années des intérêts sur les Mortgage Loans jusqu'à un maximum de Rs 120 000 pour les First Time Home Buyers, mesure effective à partir de janvier prochain.

Cette déduction sera également accordée sur les 5 prochaines années aux First Time Home Owners pour des prêts obtenus depuis le 1er juillet 2006.

Registration Duty : Tout contribuable avec des revenus inférieurs à Rs 2 millions, qui est également un First Time Home Buyer, sera exempté du paiement du Registration Duty sur la première tranche de Rs 1,5 million du coût de la maison ou de Rs 750 000 pour le terrain, à condition que la construction se fasse dans un délai d'1 à 3 ans.

Elimination de la Land Transfer Tax de 5% introduite il y a 2 ans.

Déduction de l'Income Tax de Rs 80 000 pour tout enfant inscrit à des études à Maurice et de Rs 125 000 pour des études à l'étranger. Ces facilités seront disponibles pour un maximum de 3 enfants pour une période de 3 ans.

Les exemptions d'Income Tax sur les Lump Sum à la retraite ou la Severance Allowance passeront de Rs 1 million à Rs 1,5 millions.

Extension de 15 jours à tout contribuable soumettant électroniquement son Return of Income Tax.

Abolition de la National Residential Property Tax à partir du 1er janvier 2010.

Abolition de la taxe sur les intérêts avec les déductions déjà effectuées "set off against taxe payable for 2012 and 2013". Toute somme supplémentaire ne sera remboursable en liquide qu'après 2013.

Taxe à la Valeur ajoutée (TVA) :

Extension aux petits planteurs des bénéfices sous la TVA accordées jusqu'ici aux moyens et gros planteurs.

Imposition de la TVA sur les biens et services fournis par le Mauritius Turf Club dans le cadre de l'organisation des courses hippiques.

Reclassification de Zero-Rated to Exempt Supplies pour les besoins de la TVA de la nourriture pour animaux, des produits laitiers, de l'huile comestible, des fertilisants, du poulet sur patte, de la margarine, du lait stérilisé en liquide et de la farine de blé.

Abolition du Duty sur les véhicules utilitaires en faveur de certaines catégories professionnelles, dont les planteurs, les fermiers, les pêcheurs faisant partie de sociétés coopératives et des PME.

Abolition du Duty sur des produits pharmaceutiques importés pour des besoins de tests en clinique.

Révision à la hausse des droits d'accises sur des boissons alcoolisées et la cigarette et doublement des patentes d'opérations (voir tableau plus loin). Avec ces nouvelles mesures fiscales, les recettes à l'item des Taxes on Specific Goods crèveront pour la première fois la barre des Rs 10 milliards, soit Rs 2 milliards de plus que pour le précédent exercice financier.

Augmentation de la Maurice Ile Durable Levy de 15 sous à 30 sous par litre de produits pétroliers et par kilo de charbon de terre et de gaz ménager, et majoration des droits d'accises sur les produits pétroliers. Ces 2 mesures rapporteront aux Finances quelque Rs 400 millions de plus, soit un total Rs 2,6 milliards en 2011.

Gaming Tax :

La licence d'opération des casinos et maisons de jeu de catégorie A passe de Rs 500 000 à Rs 3,5 millions par an ;

les permis pour les Gaming Slot Machines, de Rs 20 000 à Rs 125 000 ;

la licence pour des maisons de jeu de catégorie B, de Rs 10 000 à Rs 50 000 ;

la Pool Betting Duty sur les matches de football à l'étranger est fixée à 12% contre 10%, et

la taxe sur les Fixed Odd Betting passe de 8% à 10% ;

la Licence Fee des bookmakers engagés dans la Fixed Odd Betting sur les courses augmentée de 67% ;

augmentation de 100% des Licence fees pour les autres Betting outlets, dont le Tote et les Off Course Bookmakers, et

hausse de 50% de la Licence Fee des organisateurs des loteries et autres agents de pools étrangers.

Passenger Fee :

Les étrangers venant des pays membres de la Commission de l'océan Indien paieront Rs 600 et Rs 300 (enfants) et les autres passagers débarquant à Plaisance se verront imposer des fees de Rs 1 400 par aduilte et Rs 700 par enfant.

Une Passenger Service Charge de Rs 1 000 par adulte et de Rs 500 par enfant imposée au départ de Maurice.

Land Conversion :

Les droits de transfert entre Unrelated Parties fixés au taux de Rs 350 000 l'hectare.

Le seuil pour des exemptions à la Land Transfer Tax des petits et moyens planteuurs passe d'1 hectare à 2.

Extension au 30 juin 2013, soit de 2 ans, de la période d'Income Tax Exemption pour les compagnies opérant dans le port franc.

Les opérateurs détenant une Category 1 Global Business Licence autorisés à s'engager dans des activités sur le plan local avec l'imposition d'une taxe de 15% sur les revenus, comme c'est le cas pour les autres compagnies.

Maintien de la Solidarity Levy de 3,4% sur les profits et d'1% sur le chiffre d'affaires des banques commerciales pour 2011 et 2012, soit des recettes de Rs 350 millions l'année prochaine.

Maintien de la Solidarity Levy de 5% sur les profits et de 1,5% sur le chiffre d'affaires des compagnies engagées dans la téléphonie pour les 2 prochaines années avec des revenus de Rs 300 millions en une année.


Indicateurs de performance (2)


VPM et Intégration sociale : plan d'action contre la pauvreté

Budget : Rs 723 millions

Salaires : Rs 15,2 millions

Même si le budget du ministère de l'Intégration sociale a enregistré une baisse en 2011, passant de Rs 1,1 milliards l'année dernière à Rs 723 millions, l'objectif déclaré est d'éliminer la pauvreté absolue d'ici 10 ans et d'améliorer les conditions de vie dans les poches de pauvreté à travers l'île. La baisse dans le budget du vice-PM et ministre de l'Intégration sociale, Xavier-Luc Duval, s'explique par le fait que l'année dernière, l'enveloppe budgétaire à l'item des Socio-Economic Empowerment and Widening the Circle of Opportunitues était d'un peu plus de Rs 1 milliard contre Rs 688 millions cette année. L'analyse de Pravind Jugnauth dans le budget est différente vu qu'il avance que "the ministry of Social Integration will benefit from over Rs 1,2 billion in 2011 and oversee three national programmes to be co-financed with CSR contributions".

Pour contourner le manque de travailleurs sociaux professionnels et des Life Skills Trainers, et pour remédier à l'absence de synergie entre stakeholders dans la lutte contre la pauvreté, le ministère travaille sur un projet de consultations sur le plan national au début de l'année prochaine. La National Empowerment Foundation se penche sur un plan d'action dans le domaine du Capacity Building Project.

Le bilan de 2010 sur le plan de la lutte contre la pauvreté s'établit comme suit :

un soutien éducatif à quelque 19 000 enfants et étudiants nécessiteux ;

des Dedicated Child Welfare Programmes dans des poches de pauvreté ;

2 villages intégrés à La-Valette et Cité Lumière ;

construction de 500 habitations sous tôle en faveur des groupes vulnérables et des SDF ;

interventions en faveur de 1 800 sans emplois et création de 1 250 micro-entreprises ;

encouragement à 140 ménages pour se lancer dans des élevages de poulets et de cabris ;

démarrage d'un Detox Centre à L'Escalier, et

encadrement à 460 enfants du pré-primaire, 160 familles avec des unités de logement en tôle, fourniture de water tanks à 442 familles et aide à 184 micro-entrepreneurs à Rodrigues.


VPM et Finances : FDI de Rs 11 milliards en vue

Budget : Rs 2,3 milliards

Salaires : Rs 583,2 millions

Parmi les réalisations du ministère des Finances en 2010, le budget se félicite que la mise à exécution de la réforme engagée depuis 2005 en vue d'améliorer le climat d'affaires et des investissements débouche sur une augmentation du Foreign Direct Investment (FDI). Ainsi, pour 2010, le montant du FDI devrait être de l'ordre de Rs 11 milliards contre Rs 8,8 milliards en 2009. A noter que le document sur les budget estimates fait état de Rs 14 milliards de FDI cette année.

D'autre part, Maurice a bénéficié de fonds de l'ordre de Rs 12,7 milliards, soit 423,8 millions de dollars, dont des grants de Rs 2 milliards, venant des development partners pour le financement de l'Economic Reform Programme en cours. Une accélération dans la réalisation des projets sous le Public Sector Investment Programme (PSIP) fait que les dépenses ont atteint Rs 18 milliards, soit Rs 7 milliards de plus que pour l'exercice budgétaire précédent.

Les objectifs définis sont :

d'éliminer les contraintes dans les procédures de recrutement dans le service civil, même si des fonds sont disponibles, alors que le budget annonce la création de 2 postes de Deputy Financial Secretary en 2011 ;

de réaménager le Risk Profile de la dette publique "to ensure its sustainability by improving risk assessment" et d'élaborer un plan d'opération pour revoir la structure de maturité de la dette et réduire le poids de la dette par rapport au Produit intérieur brut (PIB),

de s'assurer de la performance financière des corps para-étatiques "without undue burden on taxpayers by assessing and monitoring their restructuring plans" ;

d'améliorer et d'accroître la transparence des procédures lors de l'allocation des contrats, soit un délai maximal de 3 mois pour les gros contrats sur le plan local et de 4 mois dans des cas d'appels d'offres internationaux.


Infrastructure : casse-tête de la congestion routière

Budget : Rs 4,7 milliards

Salaires : Rs 583,7 millions

Indépendamment du vaste chantier qu'est devenu le réseau routier national, la congestion, avec des embouteillages chroniques à des points névralgiques, demeure un véritable casse-tête. L'une des priorités dans le budget pour le ministère de l'Infrastructure publique est d'"address the chronic peak hour traffic congestion along the Port-Louis/Curepipe Corridor through the construction of roads and bridges with some of the roads being tolled".

Le ministère travaille sur une Land Transport Action Strategy, incluant le Mass Transit System pour doter le pays d'un Integrated Transport System. Dans cette perspective, la mise sur pied de la Mauritius Land Transport Authority vise à assurer une coordination des solutions envisagées pour résoudre le problème de congestion sur les routes. Des dotations de Rs 20,3 millions font partie du budget ce ministère à l'item des Transaction Advisory Services pour les projets de Ring Road et de Harbour Bridge.

Dans cette perspective, la Road Development Authority bénéficiera en 2011 d'un Capital Grant de Rs 500 millions pour le Road Decongestion Programme, comprenant notamment la construction de la Terre-Rouge/Ebène Link Road, première phase de la Ring Road, et les travaux d'agrandissement de la Nationale.

En sus de cela, une enveloppe financière de Rs 1,5 milliards a été budgétisée pour la construction de routes, dont les plus importants travaux concernent la phase II de la route de Quartier-Militaire (Rs 285 millions), la Phœnix/Beaux-Songes Link Road (Rs 178,4 millions), la 2e phase de la Second Carriageway de Forbach à Sottise (Rs 138 millions), la réhabilitation de l'autoroute entre Nouvelle-France et La-Vigie (Rs 127 millions).

Les projets routiers, qui seront complétés cette année, sont le Gros-Bois/Mare d'Albert Link Road, la Camp Thorel Link Road, la Triolet Bypass Road, la Goodlands Bypass Road, la route d'accès à la Jin Fei Economic Zone à Riche-Terre, la Second Carriageway de Pamplemousses à Forbach et l'autoroute de Grewals à Caudan.


Logement : obstacles et barrières à surmonter

Budget : Rs 1,3 milliards

Salaires : Rs 143,5 millions

Le ministère des Terres et du Logement fait face à des obstacles pour pouvoir mener à bien sa mission en matière de politique de logements. La Housing Policy and Strategy Paper définissant un objectif de 10 000 logements en 5 ans se heurte à un manque de Human Resources and Expertise. Le ministère rencontre également des difficultés pour identifier des terrains de construction. "Often this creates an imbalance between demand for housing and supply of land".

Pour justifier des retards accumulés dans le programme de construction de logements sociaux, le ministère évoque "the unwillingness of contractors to bid for social housing projects at reduced profit. Due to non-responsive bids, tender exercise has to be carried out more than once for the same project". Des dépenses de Rs 590 millions sont prévues pour le programme de logements sociaux en 2010, alors qu'une somme de Rs 100 millions a été budgétisée à l'item de Casting of Roof Slab Scheme.

Au cours de la période de 2011 à 2013, le ministère envisage de promulguer de nouveaux Outline Planning Schemes pour les 5 villes d'ici décembre 2012, de revoir la National Land Development Strategy avant mars 2012, de proposer avant juin prochain un plan pour les Environmentally Sensitive Areas ou encore un plan d'action pour la région de Palmar.


Education : forte opposition au programme de réforme

Budget : Rs 9,87 milliards

Salaires : Rs 3,7 milliards

Le ministère de l'Education concède qu'une forte opposition sur la base d'un conservatisme aigu s'est développée contre le programme de réforme initié. "Strong opposition, through a historically anchored traditionalist attitude, to innovative measures and new pedagogical approaches, such as the abolition of private tuition at Std IV, implementation of a continuous assessment system and the introduction of National Assessment at Form III level, is hampering progress in the implementation of the Education Reform Programme", souligne le document du budget définissant les indicateurs de performance.

A cet effet, le ministère préfère adopter des approches différentes, dont des projets pilotes, dans une tentative de changer le "mindset" dans le secteur de l'Education. Malgré tout, le bilan pour 2010 fait état :

de l'introduction du Mauritian kreol et du bhojpuri comme matières optionnelles à l'école avec l'avènement de l'Académie du Kreol Morisien ;

de l'examen national au niveau de Form III dans 33 institutions du secondaire ;

d'un taux d'admission au pré-primaire de 94,3% contre 90,6% en 2009 ;

d'un pass rate de 77,8% pour les examens de School Certificate (SC) et de 77,6% pour le Higher School Certificate (HSC).

Par ailleurs, le ministère de l'Education disposera l'année prochaine d'un budget de Rs 1 milliard pour des travaux de construction ou d'extension dans des institutions scolaires à travers l'île, soit Rs 396 millions pour le primaire et Rs 678 millions dans le secondaire. Ce ministère se plaint du fait que "consultancy for implementation of investment projects is heavily dependent on other line ministries. This impacts negatively on the timely delivery of infrastructure and related services".


Tourisme


Rs 1 milliard pour doper les marchés hors Europe

L'Etat mauricien investira Rs 1 milliard sur les cinq prochaines années pour le "rééquilibrage" de l'industrie touristique. Il va ainsi doper les arrivées hors de la zone Euro. L'objectif est de capter le maximum de touristes des 60 millions d'Indiens, de Chinois et de Russes qui voyagent et qu'à l'avenir, ces pays représentent plus de la moitié des visiteurs à Maurice contre moins de 40 % actuellement, a souligné le ministre des Finances lors de son discours budgétaire.

Pour le secteur dans son ensemble d'ici 2015, une somme totale de Rs 2 milliards lui sera consacré. Le gouvernement qui injectera Rs 100 millions dans ce contexte, s'attend à ce que le privé investissement, lui, Rs 250 millions en vue d'atteindre les objectifs fixés. Le ministre de Finances a indiqué que le gouvernement poursuivrait ses efforts pour promouvoir l'île Maurice sur les marchés traditionnels. Dans cette optique, Rs 340 millions sont prévues. Le budget total de l'Office du Tourisme de l'île Maurice (MTPA) sera pour 2011 de l'ordre de Rs 390 millions.

Le "rééquilibrage touristique" devrait permettre au pays de doubler le nombre de touristes indiens d'ici 2015, pour atteindre les 115 000 visiteurs, a expliqué le Grand Argentier. Dans cette optique, une somme de Rs 100 millions sera déboursée sur les cinq prochaines années, dit-il. Parallèlement, le pays va consacrer Rs 500 millions-provenant du secteur public et du secteur privé- pour attirer 100 000 touristes chinois d'ici 2015. En ce qui concerne le marché russe, le budget pour les cinq ans à venir s'élève à Rs 350 millions, dont Rs 75 millions seront injecté par le gouvernement. Le ministre des Finances a invité les partenaires du tourisme, notamment le ministère de tutelle, la MTPA, l'Association des hôteliers de l'île Maurice (AHRIM) et Air Mauritius, entre autres, à travailler de concert en vue d'attirer des visiteurs des pays hors de la zone euro. Il revient à l'AHRIM, a indiqué Pravind Jugnauth, de faire des propositions au niveau de la promotion de la destination et du développement de nouveaux marchés ainsi qu'au niveau de l'identification des zones où la MTPA pourra intervenir pour soutenir la stratégie.

Lors de son discours budgétaire, le Grand Argentier a également rappelé le souhait du gouvernement de faire de Maurice un Duty Free Shopping Paradise à l'image de Dubaï et de Singapour. Selon Pravind Jugnauth, sans la contribution de l'industrie touristique, cette étape dans le développement économique du pays ne pourrait être concrétisée. De même, a indiqué le ministre des Finances, une structure sera mise en place pour travailler avec les grands centres commerciaux en construction afin que tous les acteurs du secteur viennent avec une campagne de promotion cohérente et coordonnée. Le projet, dit-il, va dans un autre temps encourager les marques prestigieuses à accorder des franchises à des entreprises locales. Pravind Jugnauth a également annoncé que dans le cadre du projet Duty Free Shopping Paradise, Maurice bénéficiera d'une expertise étrangère qui permettra de mettre en place le Blue Print.

Réactions


Nando Bodha : "Volonté claire et nette du gouvernement de doter ce secteur d'une nouvelle orientation"

"Avec l'ambition d'attirer plus de 50% de touristes, d'ici 2015, des pays hors de la zone euro, notamment la Chine, l'Inde et la Russie, c'est un paradigm shift que nous effectuons", estime le ministre du Tourisme, Nando Bodha. Satisfait dans l'ensemble du budget du ministre des Finances et de la dotation accordée à son ministère, Nando Bodha fait ressortir qu'il s'agit là d'une volonté claire et nette du gouvernement de doter ce secteur d'une nouvelle orientation. "Et nous demandons au secteur privé de partager cette vision et de réunir les moyens pour réaliser ce rêve", dit-il.

AHRIM : "L'augmentation des prix des boissons alcoolisées aura un impact direct sur leur consommation par les touristes dans les hôtels"

"C'est avec regret que nous constatons les directives prises sur les boissons alcoolisées et le coût des Licence Fees, laissent entendre les hôteliers. Dans un communiqué, l'Association des hôteliers et restaurateurs de l'île Maurice (AHRIM) fait ainsi ressortir que "l'augmentation des prix des boissons alcoolisées aura un impact direct sur leur consommation par les touristes dans les hôtels et restaurants qui sont déjà affectées par deux années difficiles". Et d'ajouter que "bien que cette mesure vise à décourager la consommation locale, elle affectera aussi notre secteur". Les opérateurs du secteur indiquent par ailleurs que, très conscients de la marge de manœuvre réduite du ministre des Finances, ils espéraient certaines mesures pour réduire les coûts d'opération des opérateurs, qui ont vu leurs chiffres d'affaires et profits être considérablement réduits ces derniers temps suite à la crise mondiale et à l'appréciation de la roupie face aux autres monnaies. Si l'AHRIM accueille favorablement l'augmentation du budget de la MTPA, l'association estime qu'elle devra cependant discuter des modalités et procédures exactes d'implémentation, afin de pouvoir utiliser ces fonds de manière positive pour aboutir à l'objectif finale de pénétrer ces marchés émergents. L'AHRIM accueille favorablement les mesures proposées concernant la sécurité, dont l'extension du système de CCTV dans d'autres régions. "La sécurité étant un aspect essentiel pour la destination, nous attendons leurs mises en application très rapidement", souligne-t-elle. Et d'ajouter qu'elle espère également que les changements proposés pour les PME seront aussi applicables aux petits et moyens hôtels. L'AHRIM souligne par ailleurs que le Passenger Fee ne convient pas aux opérateurs touristiques qui indiquent que cette mesure intervient alors que les packages vendus par les Tours Operators sont déjà établis pour l'année prochaine. "Aussi, rappelle l'AHRIM, "le moment n'est pas le meilleur pour une telle augmentation alors même que les destinations concurrentes dans ce contexte difficile poussent pour gagner des parts de marché". Selon l'AHIRM, "le signal pourrait être mal perçu par les pays émetteurs de touristes".

Confédération des Travailleurs du Secteur Privé

Jane Ragoo : "Il aurait fallu une démocratisation du secteur"

Abordant le portefeuille touristique, Jane Ragoo, la secrétaire de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé, note qu'une trop belle part d'Incentives est accordée au secteur privé. "Il aurait fallu une démocratisation du secteur, qui favoriserait le développement et où chaque Mauricien serait partie prenante", estime la syndicaliste. Les "ti travayers", méritent qu'on tienne compte de leur capacité, dit-elle, ajoutant que "me nu trouvé pe donn zis gro palto". Le secteur touristique regorge de possibilités telles la création de villages touristiques où les femmes au chômage pourraient ouvrir des commerces pour gagner leur vie autour des hôtels, la valorisation du Made in Mauritius, ou encore la mise en place d'un circuit touristique, incluant les visites à Rodrigues et Agaléga, ce qui favoriserait le développement touristique de ces régions. De même, fait ressortir la syndicaliste, ce budget aurait du prendre en compte que les développements qui se font dans ce secteur, ne devraient pas se faire au détriment des Mauriciens, comme tel est le cas à Mon Choisy, avec la déviation de la route en raison de la construction d'un hôtel.

Nicholas Von Mally: "Heureux pour les pêcheurs"

"Je salue le budget du ministre des Finances, Pravind Jugnauth, qui malgré la situation difficile a su faire la part des choses." Le ministre de la Pêche et de Rodrigues s'exprimait peu après le budget, vendredi soir. En ce qui concerne les pêcheurs, il s'est dit "heureux" des facilités accordées, notamment les 25% de subventions pour l'achat d'un bateau semi-industriel. Pour le ministre, c'est une bonne initiative, d'autant que son ministère encourage les pêcheurs à pratiquer la pêche hauturière.

Judex Ramphul, président du SPM: "Décevant"

"Nos doléances et nos propositions n'ont pas été prises en considération. Je suis déçu", déclare Judex Ramphul, président du Syndicat des Pêcheurs de Maurice (SPM). Bien qu'il accueille favorablement certaines mesures annoncées par Pravind Jugnauth, il trouve dommage que très peu de considération ait été accordée aux revendications du SPM. Rejoignant les propos du ministre de la Pêche, Nicholas Von Mally, Judex Ramphul précise: "Les 25 % de subventions sur tout achat de bateau semi-industriel encouragera la pêche hors-lagon. Et connaissant pertinemment l'état actuel de notre lagon, c'est une très bonne mesure."

Vassen Kauppaymuthoo : "Manque de concret pour l'environnement"

"Il est encourageant de constater que le budget vient élargir le concept de Maurice île Durable (MID), alors que jusqu'ici nous n'avons parlé que d'énergies renouvelables", dit Vassen Kauppaymuthoo l'océanographe et ingénieur en environnement. Comme le concept s'étend à la préservation de l'environnement, à la qualité de la santé humaine et à la qualité de la vie, il y a donc une volonté d'élargir cette vison du MID. Mais Vassen Kauppaymuthoo note qu'aucune allusion n'a été faite au projet d'implantation de l'incinérateur à la Chaumière: "J'espère que le gouvernement dans sa grande sagesse a abandonné ce projet", dit-il. Toutefois, soutient-il, il y a un manque de concret dans le secteur de l'environnement pour les sections 281 à 301.


A partir de janvier


Pensions: + 3,2%

Le gouvernement a décrété une augmmentation de 3,2% pour la pension de vieillesse et les autres prestations sociales, soit le même taux que la compensation de ceux touchant des salaires de Rs 5 000 par mois ou moins. Cette mesure entrera en vigueur à parytur du 1er janvier prochain. Les dirigeants syndicaux, qui avaient cru en un retour des tripartites pour la compensation salariale, sont repartis nettement déçus de la réunion présidée par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, mercredi dernier.

A en croire les syndicalistes, qui avaient affûté leurs armes pour défendre la nécessité d'un rattrapage de la perte du pouvoir d'achat au cours de ces cinq dernières années, la proposition pilotée par Pravind Jugnauth, soit 3,2% pour les salaires inférieurs à Rs 5 000 par mois, Rs 175 pour ceux touchant entre Rs 5 001 et Rs 12 000 et Rs 190 pour ceux entre Rs 12 001 et Rs 30 000 et aucune compensation au-dessus, était non-négociable.

D'autre part, Pravind Jugnauth a annoncé dans le discours du budget que le paiement des "Increments" aux fonctionnaires se fera à partir du 1er janvier 2011 au lieu du 1er avril cmme ce fut le cas l'année dernière. Il n'a pas manqué de rappeler que cette décision fait suite à une promesse du Premier ministre, Navin Ramgoolam.



Réactions

Rashid Imrith: "Et le silence sur le rapport du PRB"

Le président de la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, compte revenir à la charge sur le dossier du prochain rapport du Pay Research Bureau (PRB). Il se félicite des résultats de son combat mené au cours des cinq dernières années pour que les postes vacants soient remplis dans la fonction publique.

"Nous allons revenir à la charge sur le rapport du PRB. Le ministre des Finances a gardé le silance dans son discours du budget. Nous allons réclamer la mise à exécution de ce rapport à partir du 1er juillet 2011,"a déclaré Rashid Imrith.

Le président de la GGSU poursuit que "pendant cinq ans, je me suis battu au nom des fonctiionnaires pour que tous les postes vacants soient remplis. Nous avions remporté une première victoire en début d'année avec le retrait des HR Guidelines des Finances. La déclaration budgétaire de Pravind Jugnauth est venue prouver que ce combat n'a pas été vain. Nous devrons rester vigilants car la délégation des pouvoirs de la PSC aux chefs de département ne constitue pas la formule idéale. Nous avons en tête la Health Care Assistant Saga de 2005".

Ashok Subron: "L'injustice de la compensation"

Ashok Subron, animateur de Resitans ek Alternativ, trouve que les mesures sociales annoncées par le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, ne sont pas suffisantes pour laver l'injustice, dont souffrent les salariés avecl'absence du rattrapage de la perte du pouvoir d'achat dans la compensation salariale.

D'un point de vue général, Ashok Subron trouve que Pravind Jugnauth est resté bloqué dans un carcan budgétaire conservateur alors qu'il aurait dû faire preuve d'audace avec l'élaboration d'un nouveau modèle économique; "Comme Sithanen, il ne fait qu'articuler les projets d'inbfrastructure sur le modèle de Public Private Partnership avec des risques de corruption et de magouilles", a-t-il dit.

Pour ce qui est des subventions sur les frais d'examens de School Certificate et de Higher School Certificate, le représentant dec Rzistans ek Alternativ trouve que le rétablissement universel de ces subventions reste la meilleure solution dans la conjoncture. Il a condamné la même sérénade qui est répétée à chaque budget sur le programme de construction de logements sociaux. "Tous les ans, nous entendons la même rengaine. Eski li pu oran 40 banané pou réalizé", s'est-il demandé.


Santé


L'infrastructure au centre des priorités

Construction d'un bloc opératoire pour la neurochirurgie à l'hôpital Victoria, de nouveaux blocs à l'hôpital de Flacq, un hôpital pour les femmes, un autre pour les enfants, un hôpital de gériatrie ainsi qu'un autre pour les personnes atteintes de troubles mentaux, introduction d'un centre de services pour un laboratoire national de Santé, achèvement des travaux de l'hôpital Jeetoo et rehaussement des infrastructures de l'hôpital ophtalmologique de Moka… voilà, entre autres, à quoi serviront les Rs 8 milliards alloués à la Santé publique. Le ministre des Finances Pravind Jugnauth laisse comprendre que l'infrastructure de ce secteur figure au centre des priorités du gouvernement. La Santé s'attellera à optimiser nos capacités locales pour assurer la formation des médecins et des professionnels de santé de Maurice et de la région, dit le Grand Argentier.

Outre l'amélioration des services de santé dans des bâtiments appropriés, le gouvernement souhaite optimiser l'utilisation de ces structures publiques pour la formation des professionnels du secteur. Il compte également introduire une période de formation flexible adaptée aux besoins des pays où nos professionnels de Santé seront appelés à pratiquer. Pour ce faire, un Clinical Training Framework sera remis à jour, dit Pravind Jugnauth.

Maurice poursuit avec son objectif de devenir un Medical Hub, a-t-il souligné. Basé sur les dernières statistiques qui révèlent que 10 500 patients étrangers ont été soignés à Maurice cette année, le gouvernement souhaite doter ce secteur de l'encadrement nécessaire. Pour ce faire, il agira sur plusieurs fronts et mise sur le domaine de la recherche et du développement. Parmi ses projets : l'introduction d'une législation sur les techniques de reproduction humaine assistées en vue de faciliter le développement d'œufs de donneurs in vitro et les traitements de dons de sperme.

De même, dit Pravind Jugnauth, en consultation avec le ministère de la Santé et d'autres partenaires, le Board of Investment (BOI) développera un encadrement pour la recherche et le traitement cellulaire à Maurice. Le gouvernement compte aussi finaliser l'ébauche du projet de loi sur le Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant). Le Grand Argentier annonce, par ailleurs, que les taxes sur les échantillons de produits cosmétiques et pharmaceutiques pour les besoins d'analyse seront supprimées.

Mais faire de Maurice un Medical Hub passe aussi par le professionnalisme des acteurs du domaine, souligne Pravind Jugnauth. D'où les amendements qui seront apportés, dit-il, au Medical Council Act (MCA) - pour la "recertification" des médecins - ainsi que du Dental Council Act (DCA). Le ministre des Finances a annoncé que pour examiner les qualifications des médecins spécialistes en vue de leur inscription, un board pour la formation médicale post-graduate sera mis en place. Le secteur de la Santé comptera prochainement un nouvel organisme régulateur, le Health Professional's Council (HPC), annonce Pravind Jugnauth. Cet organisme concernera les professionnels de santé autres que les médecins et les infirmiers.

Maya Hanoomanjee : "La hausse du prix des cigarettes et des boissons alcoolisées vient renforcer nos efforts pour préserver la santé des Mauriciens"

Pour la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee : "Le présent budget est un budget de continuité de la philosophie de Pravind Jugnauth qui est celle de faire la part belle à ceux en difficulté". D'ailleurs, dit-elle, la décision du Grand Argentier d'augmenter le prix des cigarettes et des boissons alcoolisées illustre la volonté de ce gouvernement de venir à bout des fléaux sociaux. "Et cela vient renforcer nos efforts pour préserver la santé des Mauriciens", estime la ministre. Elle se dit satisfaite de la dotation budgétaire de son ministère, soit une enveloppe de Rs 8 milliards allouée au financement des projets de construction d'infrastructures de Santé publique. Cela permettra, rappelle-t-elle, la mise en œuvre de gros chantiers, notamment la construction d'hôpitaux spécialisés pour la santé des femmes, pour les enfants et pour les personnes âgées. Ainsi, un bloc opératoire sur 5 niveaux à l'hôpital Victoria.

Quant aux amendements qui seront apportés au Medical Council Act (MCA) et au Dental Council Act (DCA), la ministre indique qu'il s'agit de changement impératifs en vue d'être en ligne avec les développements qui sont apportés dans le secteur de la santé. "Des développements que nous nous efforcerons de concrétiser au plus vite", indique Maya Hanoomanjee.

PMPA

Dr I. Jowahir : "Comme toujours, rien pour le privé"

"Tout pour le public, rien pour le privé". C'est le sentiment de la Private Medical Practitioners Association (PMPA) qui note, selon son président, le Dr I. Jowahir, "les bonnes intentions pour le public, mais aucune mesure pour le privé". Un budget Santé doit englober le public ainsi que le privé. Mais le gouvernement n'en a pas tenu pas compte, s'indigne notre interlocuteur qui est sceptique quant à l'objectif du ministère de la Santé de venir à bout de la congestion dans les centres de santé publique. "L'augmentation du nombre de bâtiments n'améliorera en rien le niveau de traitement dans nos hôpitaux ou la décongestion des centres de santé. Malheureusement, les propositions de la PMPA, telle l'introduction du Family Doctor System, n'ont pas été prises en considération", fait ressortir le Dr I. Jowahir. Ce dernier déplore également qu'en termes d'incentives, les médecins généralistes privés restent sur la touche. "Une situation décourageante pour les nouvelles recrues d'intégrer le privé qui, à la longue, pou népli ena docter zeneralis", estime le Président de la PMPA. En ce qu'il s'agit des amendements qui seront apportés au Medical Council Act (MCA) et au Dental Council Act (DCA), la PMPA est d'avis qu'il s'agit "uniquement d'effet d'annonces". "Qu'est que le budget a à voir avec les amendements du MCA ?", se demande le Dr I. Jowahir, ajoutant que l'annonce faite par le Grand Argentier à ce sujet est "irrelevant".

MHOA

Dr Waseem Ballam : "There is room for improvement"

"Pas mauvais en soi, mais there is room for improvement", estime le Dr Waseem Ballam, président par intérim de la Medical Health Officers Association (MHOA). Certes, l'accent a été mis sur les infrastructures, qui est une bonne chose, selon la MHOA, mais les syndicalistes notent qu'au niveau de la santé elle-même, il n'y a pas de grands développements. "La hausse des prix de la cigarette et des boissons alcoolisées est une très bonne initiative. Autrement, nous notons que les manquements au niveau de services de base, tels le manque de place, le manque de personnel, le manque de formation des staffs spécialisés… n'ont pas été pris en compte", fait ressortir le Dr Waseem Ballam. L'amélioration des services de santé passe aussi par ce type de changement, estime-t-il.

MHEU

Amarjeet Seetohul : "Déçu"

"Le portefeuille budgétaire alloué à la Santé ne tient pas compte du recrutement du personnel", déplore Amarjeet Seetohul, président de la Ministry of Health Employees Union (MHEU). Ce dernier ce dit "déçu" que les propositions des syndicats à cet effet n'aient pas été prises en compte, d'autant que depuis des années, il existe un manque accru de personnel hospitalier dans tous les centres de santé, indistinctement. "Il y a une concentration budgétaire sur les infrastructures, la construction de bâtiments ou la hi-tech medicine, mais rien en termes de ressources humaines", note notre interlocuteur, rappelant, par là-même, l'urgence de palier ce manque de personnel pour assainir la situation dans nos hôpitaux.


Indicateurs de performance


Judiciaire : 8 juges supplémentaires

Budget : Rs 506,6 millions

Salaires : Rs 252,7 millions

Le budget 2011, qui confirme la nomination prochaine de 8 nouveaux juges à la Cour suprême - portant ainsi le nombre à 23 -, énumère 4 principales contraintes pour le judiciaire. Ainsi, avec la mise en place d'instances judiciaires spécialisées, le délai réduit pour entendre les procès transfère le goulot d'étranglement au niveau de la Cour d'Appel. Le projet de création d'une nouvelle Court of Appeal devra remédier à la situation.

Les autres zones d'ombre sont le manque d'infrastructure, des délais dans la préparation des documents pour des exercices d'appels et pour la supervision des travaux, ainsi que des problèmes de ressources humaines pour la mise à exécution des décisions arrêtées.

Pour la période de 2011 à 2013, les objectifs du judiciaire sont :

d'établir un fast track for the disposal of commercial cases within 100 days,

de mettre en place un système de médiation pour faciliter the early settlement of cases ;

des amendements à la loi pour favoriser le développement l'e-filing and electronic management au plus tard en septembre 2011, et

le création d'un Judicial and Legal Training Institute pour assurer la formation de nouveaux magistrats et de State Law Officers aussi pour le recyclage du personnel judiciaire en place.

Le bilan de 2010 comprend la première phase de l'introduction de l'informatique dans la gestion des dossiers de procès au civil, la création d'instances judiciaires spécialisées comme les Commercial, Family and Criminal Divisions avec une instance consacrée pour s'occuper des réclamations dans des accidents de la route, la formation de juges et des membres du barreau en prévision de l'avènement de la Mediation Division de la Cour suprême et une séance du Conseil Privé à Maurice en avril dernier.


PMO : 25 357 permis de résidence octroyés

Budget : Rs 514,4 millions

Salaires : Rs 138,6 millions

Au cours de l'exercice financier 2010, le bilan chiffré au Prime Minister's Office indique que 25 357 permis de résidence, 1 399 Occupational Permits, dont 229 à des investisseurs, 992 à des professionnels, 50 à des entrepreneurs étrangers et 128 à des retraités, ont été alloués. Il faut également ajouter 138 certificats de nationalité et 272 Certificates of Registration/Naturalization qui ont été octroyés.

10 compagnies étrangères ont obtenu l'autorisation du Prime Minister's Office sous le Non-Citizens (Property Restruction) Act en vue d'investir quelque Rs 1,25 milliards. 8 cas d'adoption par des Mauriciens et 6 autres par des étrangers ont été approuvés, alors que 11 projets d'une valeur de Rs 8,2 millions ont obtenu le feu vert sous le Women and Children's Solidarity Programme.

La Commission Justice et Vérité a tenu 87 séances de travail à Maurice et 27 autres à Rodrigues entre mars et octobre de cette année. Initiation de 10 projets de recherches portant notamment sur les Slave Trade and Indentured Migrants, Economics of Slave Trade, le problème foncier, la culture, l'ethnicité et l'identité, l'éducation, la santé et la démographie, la justice sociale et l'histoire orale.

En matière de sécurité, le PMO a organisé en 2010 une conférence internationale sur la lutte contre la piraterie avec l'élaboration d'un plan d'action. La Counter Terrorism Unit, installée au PMO, travaille sur un réseau de coopération avec tous les pays de la région océan Indien et l'Inde, la France et les Etats-Unis pour un partage d'Intelligence on Terrorism.

Un consultant a également été nommé pour la formulation d'un National Human Rights Action Plan, alors que le National Aids Secretariat a entrepris une Mid-Term Review du National Strategic Framework 2010/2011.


Police : recrutement de 770 policiers en mars

Budget : Rs 5,6 milliards

Salaires : Rs 3,9 milliards

2011 verra un changement avec la Mauritius Police Force transformée en Police Service et des changements dans la législation, dans la Policing Style, Work and Culture par le truchement de la formation et de l'éducation et un accent particulier sur la Community Policing.

La police bénéficiera d'un autre exercice de recrutement d'au moins 770 constables d'ici à mars de l'année prochaine avec 707 autres jeunes recrues ayant terminé le Foundation Course de 2 ans du Recruit Probationer's Training.

L'année 2010 se retrouve placée sous le signe de la réorganisation, dont la Reform Unit transformée en Police Planning and Reform Unit, la création d'une Force Crime Intelligence Unit, le refonte de l'Emergency Response Service. L'entrée en opération des caméras de surveillance à Port-Louis et à Grand'Baie devra intervenir le mois prochain aussi bien que le nouveau Digital Radio Communication System.

Maurice sera dotée vers la fin de cette année d'un Coastal Radar Surveillance System avec le système étendu à d'autres parties du territoire, dont Rodrigues et Agaléga, subséquemment.

Les principales contraintes affectant la police sont :

un nombre élevé de départs à la retraite ;

des retards accumulés sur le plan de la technologie informatique ;

une pénurie de ressources humaines dans des domaines spécialisés, notamment les enquêtes.

Au chapitre du Law and Order, l'objectif est de ramener le taux de criminalité à 4,7 en 2012 contre 5,4 en 2007. Sur un Establishment de 11 425 hommes en 2010 et passant à 12 373 l'année prochaine, 6 309 sont engagés dans des activités de Community Safety and Security, 5 602 dans celles de Crime Control and Investigation, 2 069 dans l'Emergency, Disaster Management and Surveillance et 3 047 dans la Security Policy and Management. La sécurité routière et la lutte contre la prolifération de la drogue se retrouvent avec quelque 300 policiers chacune.


Prison : perspective d'un nouveau départ en 2011

Budget : Rs 1,2 milliard

Salaires : Rs 363,4 millions

Le Mauritius Prison Service s'apprête à prendre un nouveau départ l'année prochaine avec la confirmation prochaine de la nomination de Jean Bruneau, ancien Deputy Commissioner of Police en tant que nouveau commissaire des Prisons. L'appui stratégique des autorités pénitentiaires de Singapour a été sollicité en vue de projeter une image différente de l'univers carcéral mauricien.

Sur le plan infrastructurel, le début de la construction d'une nouvelle prison à Melrose avec une capacité d'accueil de 797 détenus et de nouveaux dortoirs à la Prison Centrale de Beau-Bassin devront apporter un début de solution au problème de surpopulation carcérale. Un consultant a été recruté en vue de procéder à la formation des Prison Officers avec des Proper Prison Procedures en voie de formulation pour améliorer l'efficience de la gestion à la prison.

En guise de bilan pour 2010, le budget note que 1 075 détenus ont été formés dans différents domaines d'activités allant de l'agro-alimentaire à des métiers en étroite collaboration avec l'Industrial and Vocational Training Board (IVTB) avec également des cours d'alphbétisation. La prison produit 80% de ses besoins laitiers et 60% de sa consommation en légumes.

Au cours de cette année, 3 376 prisonniers sur 3 424 ont subi des examens médicaux, alors que 100% de ceux qui sont sur l'Anti-Retroviral Treatment reçoivent le traitement nécessaire. Un noveau ward à la prison des femmes a été construit à Barkly, alors qu'une unité dentaire et médicale est opérationnelle dans cette même prison.

Le problème de la drogue reste un des fléaux majeurs à l'intérieur des prisons. "There is a high prevalence of drug adducts among detainees", note le budget, qui fait état de la mise en place de "dynamic security, peer group educators, drug free units/ drug free yards at Petit-Verger and Beau-Bassin Prisons". La collaboration du ministère de la Santé a été retenue pour des programmes de Substitute Maintenance Therapy.

Les 2 objectifs déclarés à la Prison sont d'"improve the prisons standard for better living conditions, custody and security of detainees with a view to rehabilitating them" et "contributing to a safer community by providing offenders with better physical and mental health care and living standards".


VPM et Energies renouvelables : le défi de la Water Authority

Budget : 5,9 millliards

Salaires : Rs 115,4 millions

Véritable défi à relever dans le secteur de la fourniture d'eau potable pour les années à venir. Le gouvernement prend le pari d'un merger de la Central Water Authority, de l'Irrigation Authority, de la Water Resources Unit et de la Wastewater Authority en une unique Water Authority pour faire face aux défis de demain.

Le but recherché est une fourniture adéquate d'eau 24 heures sur 24 avec un réseau d'adduction efficace tout en réduisant le taux de perdition. Pour la période 2011 à 2013, 4 projets majeurs ont été identifiés, soit la formulation d'un Water Resources Master Plan (2010 - 2050), la construction de Bagatelle Dam avec des dépenses de Rs 507 millions programmées en 2011 et de Rs 840 millions en 2012, la construction de la Rivière-des-Anguilles Dam avec un budget de Rs 155 millions en 2011 et une envelope financière de Rs 530 millions en 2012.

La Central Water Authority continuera à bénéficier de l'assistance financière du gouvernement par le truchement d'un emprunt de Rs 383 millions l'année prochaine, dont Rs 155 millions pour le remplacement de tuyaux défectueux sur le réseau et Rs 63 millions pour les travaux d'adduction d'eau à la Riche-Terre Jin Fei Development Zone.

D'autre part, d'importants travaux sont prévus dans le secteur du tout-à-l'égout avec un budget de Rs 1,1 milliard en 2011, dont Rs 793 millions pour le Plaines Wilhems Sewerage Project, Rs 103 millions pour des travaux d'amélioration dans les ex-cités CHA, Rs 91 millions pour les House Service Connections et Rs 60 millions pur le tout-à-l'égout à Grand'Baie


Réactions


Maurice aux portes du Club des pays développés

Le jeudi 18 novembre, soit la veille du premier discours du budget de Pravind Jugnauth, Ministre des Finances de la nouvelle législature, une escouade composée d'experts financiers expédiée par le Fonds Monétaire International et l'Union Européenne visitait l'Irlande pour une aide de plusieurs milliards d'euro. La visite de cette escouade relève sans doute de la solidarité de l'Union Européenne. Cependant, il y a plus que cela. Le refus d'assistance d'un pays en danger au sein de la Zone Euro en substance comporte un énorme risque de contagion dont les effets sont potentiellement dévastateurs face à l'existence même de l'Europe des 27 Nations.

Faire état de cette dernière fébrilité de la crise de l'Euro dans le cadre du Budget Jugnauth est à la fois pertinent et nécessaire. La révision à la baisse des prévisions de notre PNB pour 2010 et 2011, avec toutes ses répercussions, notamment par rapport à la capacité du Ministre de satisfaire aux demandes de la compensation salariale, est un signe de son influence sur notre destin. Les derniers bilans et comptes de pertes et profits des grands hôteliers ainsi que ceux des entreprises du secteur textile, dont les chiffres viennent d'être publiés, témoignent de l'étendue des dégâts que peut causer la crise de l'Euro. Evoquer ce qui vient de se passer en Irlande est nécessaire, parce que Pravind Jugnauth a préparé son budget dans une situation de crise dans nos principaux marchés sans grande indication sur l'amélioration de la situation de manière durable.

Le budget choisit la stratégie de la croissance et le développement économique tous azimuts

Face à ces grandes menaces, que pouvait faire Jugnauth? Se replier davantage comme le fait la Grande-Bretagne et l'Irlande en coupant toutes les dépenses budgétaires et sociales sur leur passage, jusqu'à faire payer les étudiants des universités? Demander à la Banque Centrale d'imprimer des billets pour financer les dépenses publiques, les entreprises aux performances douteuses pour doper l'économie, comme le fait la Federal Reserve Bank des Etats-Unis? Ni l'un ni l'autre, soutient-il. Son budget choisit la stratégie de la croissance et le développement économique tous azimut. Il se donne pour objectif de transformer le pays en une économie développée dans les années 2020 pour réaliser ce qu'il qualifie de Mauritian Dream. Tout cela en gardant le déficit budgétaire à 4,3%, soit deux petit points de moins que l'année dernière, en se livrant en plus à une large panoplie de mesures sociales sur les intérêts, les logements sociaux à coup de milliards, le relèvement significatif du plancher de l'exonération des frais d'examen dont l'impact pour les familles nombreuses peut dépasser dans certains cas les revendications des diverses centrales syndicales.

Ce rêve mauricien, le budget Jugnauth l'identifie comme étant une économie évaluée en trillions de roupies et un produit national brut par tête d'habitant dépassant 20000 dollars, propulsant éventuellement notre pays dans les années 2020 dans le club select des pays nouvellement industrialisés.

Pour leur emboiter le pas, les outils et les moyens à déployer dans le budget Jugnauth ne manquent pas. Le budget propose toute une gamme de mesures économiques dans le domaine du tourisme, des pistes de développement d'infrastructures à la fois physique et technologique, la refonte de fond en comble de la manière avec laquelle l'administration des terres est organisée et une quasi-révolution de notre secteur des services financiers en lui permettant d'opérer aussi sur le plan local.

Mais il convient, cependant, de s'arrêter un peu sur une ou deux de ces grandes mesures proposées, même si le discours budgétaire n'y fait référence qu'avec quelques mots. Celle se rapportant au "Rapid Transit System". Elle intervient 2 mois après l'annonce faite par le Premier Ministre lors de sa visite à Singapour que Maurice aurait son nouveau mode de transport de masse. Ainsi, il faudra s'attendre à ce qu'enfin, d'ici 5 ou 6 ans, les Mauriciens disposent d'un mode de transport révolutionnaire.

Mais l'enjeu est essentiellement d'ordre économique. Sa mise en œuvre mettra définitivement le pays dans l'orbite de ce Mauritian Dream. L'explication en est toute simple. Le projet ne coûtera pas moins de Rs 20 milliards, voire même Rs 30 milliards, dépendant de sa distance. Mais le montant ne sera pas un grand obstacle, puisqu'on s'attend à ce que l'essentiel des capitaux nécessaires vienne de l'étranger, notamment des fonds d'investissement spécialisés dans les infrastructures sous la forme de BOT (Built,operate and transfer). Mais l'enjeu économique va beaucoup plus loin. Le Rapid Transit System va du coup ajouter au moins 2 points au taux de croissance économique chaque année à partir de la première année même de sa construction.

Ajoutez les effets sur les autres secteurs, comme le bâtiment, le commerce et les emplois secondaires, on peut sans doute encore ajouter encore deux ou trois points. Les pays asiatiques en connaissent le secret. Cela est arrivé à Hong Kong, à Singapour et à diverses régions de la Chine. Les dépenses d'infrastructures en pourcentage du produit national y ont doublé, représentant 9% du produit national. Et le taux de croissance des secteurs à son tour rend service à l'économie nationale, projetant le pays dans un cercle vertueux du développement économique.

La cerise sur le gâteau: les cadres étrangers et les touristes aiment bien le métro. Les effets induits peuvent encore générer encore plus de valeur ajoutée. Il faudrait ajouter que si le pays arrivait à mettre en exécution le plan de dépenses d'infrastructures prévues à Rs 250 milliards au cours de la décennie, on nous mettrait au même niveau que ces pays au développement économique rapide.

Un frein aux jeux et à l'alcool

L'autre point fort du budget est sans doute le rééquilibrage de l'économie vers une plus grande diversification des marchés du tourisme, ainsi que le recentrage de l'utilisation de nos ressources telles que la main d'œuvre et de la terre au service de la croissance économique. La volonté de doubler le nombre d'arrivée des touristes en provenance de l'Asie au cours de ces prochaines 5 années est sans doute réalisable. Mais notre compagnie nationale, Air Mauritius, aura à changer de modèle de gestion en allant vers une plus grande liberté des droits d'atterrissage des avions concurrents, tout en se musclant pour mater les plus redoutables adversaires.

Le Premier Ministre a sans doute voulu donner un début de signal en ce sens en signant un nouvel accord bilatéral avec les autorités singapouriennes pour des droits d'atterrissage bien plus fréquents pour Singapore Airlines, lors de cette même visite du mois de Septembre. En effet, Air Mauritius ne peut pas, au nom de l'intérêt du pays, s'attendre à ce que l'Etat continue à la protéger même si elle détient pour l'instant le monopole des droits d'atterrissage, que l'Etat peut lui retirer. Les coûts de cette protection sont déjà très élevés, comme l'affirment les hôteliers en proie à des difficultés sans précédent. Si on arrive à ouvrir le ciel aux autres compagnies d'aviation, même en y allant lentement, il y a encore du champ pour réaliser encore 2 ou 3 points de croissance selon le même principe d'effets induits.

Au nom de ces deux mesures d'ordre stratégique, le pays possède inéluctablement de belles cartes à jouer pour sa conquête du statut de pays développé. Faut-il aussi rappeler que le Budget fait état de bien d'autres cartes maîtresse à jouer?

Enfin, le budget Jugnauth, dans sa cohérence, se singularise aussi par sa détermination à mettre un frein à la prolifération évidente des jeux et à la propension exagérée des Mauriciens à s'adonner à l'alcool. Pour 150 habitants, il y a quelque part un débit ou un opérateur pour en acheter. En 2009, on a consommé 60 millions de litres de bière, de whisky et de rhum. C'est trop pour une économie qui s'aspire à se joindre au rang des pays développés.


Le discours budgétaire vu par les syndicalistes


Rattrapage du pouvoir d'achat : "Pravind Jugnauth a manqué à sa parole"

Si les syndicalistes trouvent "logique" que le ministre des Finances respecte ses engagements électoraux en matière notamment d'abolition de la National Residential Property Tax (NRPT) et de taxe sur les intérêts perçus à l'épargne bancaire, ils dénoncent en revanche le fait que Pravind Jugnauth ne soit pas revenu dans son discours budgétaire sur le paiement d'une compensaion "dérisoire". Lui qui, rappellent-t-ils, s'était aussi engagé, quand il était dans l'Opposition, de permettre aux salariés de rattraper la perte de leur pouvoir d'achat depuis 2006. Ces syndicalistes s'insurgent d'autant plus que, selon eux, le budget présenté, vendredi, ne prévoit rien en termes de contrôle des prix. Surtout celui des denrées de base. Réactions.

Tulsiraj Benydin (FSSC) : "C'est dangereux de déléguer les pouvoirs de la PSC pour la promotion des fonctionnaires"

Tulsiraj Benydin, de la Fédération des Syndicats du Service Civil (FSSC), trouve "logique" que le ministre des Finances ait respecté certains des engagements pris par l'Alliance gouvernementale dans son manifeste électoral comme, par exemple, l'abolition de la taxe sur les intérêts à l'épargne bancaire ou encore celle de la National Residential Property Tax (NRPT). Encore que, dit-il, ce n'est que jusqu'à concurrence de Rs 1.5 million que le lump sum des fonctionnaires partant à la retraite ne sera plus imposable alors que, d'après lui, il n'aurait pas dû y avoir de plafond à ce niveau.

Le syndicaliste constate, en revanche, que le ministre des Finances a failli pour ce qui concerne la compensation salariale. Il rappelle que Pravind Jugnauth s'était aussi engagé à rattraper la perte du pouvoir d'achat des salariés depuis 2006. Il se dit "déçu" que cette autre promesse n'ait pas été honorée. Tulsiraj Benydin constate dans le discours budgétaire comme un manque de "drive" susceptible d'apporter les changements nécessaires dans l'administration.

Il s'inquiète particulièrement du "danger" que représente, selon lui, la délégation des pouvoirs de la Public Service Commission (PSC) aux chefs administratifs en vue des futures promotions dans la Fonction publique et prévoit, sous ce rapport, "beacoup de travail" pour le Public Bodies Appeal Tribunal. M. Benydin constate aussi qu'il n'y a "pas grand'chose" pour ce qui concerne le recrutement dans le service.

Radakhrisna Sadien (GSEA) : "Le vrai problème de l'ordre et de la paix n'a pas été abordé"

Radakhrisna Sadien, de la Government Services Employees Association (GSEA), trouve que le discours du budget reprend dans les grandes lignes les déclarations d'intention du gouvernement, comme exprimées dans le discours-programme lu par le président de la République en début de la présente législature. Il cite spécifiquement le projet de création du Civil Service College et regrette, à ce propos, que le ministre n'ait pas, par exemple, chiffré le projet. Pour ce qui concerne l'ordre et la paix, il estime que le ministre a évité d'aborder le "vrai problème", à savoir, les causes des fléaux sociaux. Selon lui, elles auraient pu être identifiées au moyen d'une véritable étude pluridisciplinaire.

Si M. Sadien considère "positif" les nouvelles taxes imposées, notamment sur l'alcool, le tabac et les jeux de hasard, il trouve qu'il aurait fallu parallèlement mettre en place tout un programme agressif de prévention, d'information et de communication. Pour lui, le seul fait de rendre la cigarette et l'alcool plus chers ne saurait résoudre les problèmes de tabagisme et d'alcoolisme.

Pour ce qui concerne l'augmentation du nombre de bourses d'Etat offertes aux étudiants en fin de cycle secondaire, M. Sadien dit attendre prendre connaissance des ressources financières qui y seront consacrées. Par rapport aux 24 bourses qui seront exclusivement destinées aux étudiants nécessiteux, il insiste pour que le choix des bénéficiaires se fasse dans la plus grande transparence et selon des critères uniquement guidés par le mérite.

M. Sadien se réjouit que le ministre ait confirmé la décision de l'Etat de payer l'increment dû aux fonctionnaires annuellement en janvier plutôt qu'en avril. Il rappelle que le PM avait déjà donné son accord à cet effet à la suite d'une demande de la GSEA. Il dit par ailleurs noter une contradiction entre, d'une part, la décision du ministre d'accorder 100% de subvention pour le financement des examens des étudiants prenant part aux examens de SC et de HSC dont les parents touchent jusqu'à Rs 14,500 mensuellement et le fait que seuls les salariés touchant moins de Rs 5000 beneficieront d'une full salary compensation de 3.2%.

Sylvio Kallee (MLC) : "On attend encore les grands projets d'infrastructures annoncés il y a 5 ans !"

Même déception pour Sylvio Kallee, président du Mauritius Labour Congress (MLC), par rapport à la compensation salariale finale décidée par le gouvernement sur laquelle le ministre des Finances n'est pas revenu lors de la lecture de son discours du budget. Il note que la réforme de l'industrie sucrière demeure "en panne" et n'accorde pas grand cas aux annonces par rapport aux grands projets d'infrastructures.

Le président du MLC souligne, à cet effet, que ceux annoncés il y a 5 ans "attendent encore d'être réalisés". Une satisfaction, néanmoins, par rapport aux nouvelles taxes annoncées sur l'alcool, le MLC soulignant que l'alcoolisme est l'un des facteurs aggravant le problème du maintien de l'ordre et de la paix.

Deepak Benydin (FPBOEU) : "La fusion CWA/WWMA et autres annonce une éventuelle privatisation"

Deepak Benydin, de la Federation of Parastatal Bodies and Other Employees Unions (FPBOEU), trouve une suite dans le verbiage de Pravind Jugnauth par rapport à celui de son prédécesseur, Rama Sithanen. Pour lui, globalement, c'est la même politique "néo-libérale". Il cite le recours, de nouveau, annoncé à des projets en Private/Public Partnership (PPP). Il s'inquiète du projet annoncé de fusion entre la CWA, l'Irrigation Authority, la WWMA et la Water Resources Unit et y voit, là, le prélude à une éventuelle privatisation de ces différents services.

M. Benydin regrette l'absence de toute mesure de contrôle des prix. D'autant que, dit-il, la compensation salariale arrêtée et sur laquelle le ministre des Finances n'est pas revenu, vendredi, est "nettement inadéquat". Si les fonctionnaires auront droit à un Civil Service College en vue de parfaire leur formation, il regrette que rien de comparable n'est prévu pour les employés des corps parapublics. Des institutions où, dit-il, en substance, la maladministration et autres "400 coups" perdurent.

Par rapport à la crise sociale et au maintien de l'ordre et de la paix, lui aussi pense qu'il ne suffit pas de mesures de contrôle répressives telles la mise en place de caméras additionnelles de surveillance. Pour le syndicaliste, il fallait parallèlement investir dans les ressources humaines avec, notamment, l'emploi additionnel de psychologues et autres sociologues.

Atma Shanto (CSG-Solidarité) : "Situation de quasi gel salarial"

Comme ses collègues, Atma Shanto de la CSG-Solidarité regrette que le ministre des Finances ne soit pas revenu sur le taux de compensation salariale décidé. Pour lui, les 3.2% de "full compensation" accordée à ceux touchant moins de Rs 5000 mensuellement ne représentent que le coût quotidien de "trois pains secs". Selon lui, la poursuite par Pravind Jugnauth de la même politique "dictée par le FMI et la BM" équivaudra, de nouveau, à "des augmentations de prix sauvages". D'autant que, dit-il, rien n'a été prévu en matière de contrôle des prix.

Pour le syndicaliste, avec la politique annoncée de construction de nouveaux centres de détention et autre prison, le gouvernement donne le ton quant à la politique de répression qu'il entend mener. Selon M. Shanto, la hausse des prix de la cigarette et des boissons alcoolisées ne va en rien régler les problèmes d'alcoolisme et de tabagisme et ne fera que "tordre" davantage les petites gens. Lui aussi pense que la lutte contre ces fléaux passe par l'éducation sanitaire de la population.

Atma Shanto note, de même, que rien n'a été annoncé pour ce qui concerne la sécurité d'emploi des salariés largement menacée, selon lui, par l'Employment Rights Act voté en 2008. Il cite particulièrement le cas des nombreux employés contractuels. Avec le paiement, cette année encore, de la "modique" compensation salariale, il trouve que l'on se retrouve, de facto, dans une situation de "quasi gel des salaires".

Reeaz Chuttoo (CTSP) : "Ce sont les riches qui payaient, dans les faits, la NRPT et la taxe sur les intérêts bancaires !"

Le budget présenté par le ministre des Finances n'adresse aucune solution aux nombreux problèmes sociaux, trouve aussi Reeaz Chuttoo, de la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP). Il cite la question de la féminisation de la pauvreté. M. Chuttoo explique à ce propos qu'elles sont de plus en plus nombreuses les femmes contraintes de se faire marchands de rues. Il regrette que le budget n'a rien prévu pour que tout ce commerce informel sur lequel dépendent de nombreux démunis soit structuré.

M. Chuttoo souligne la contradiction, selon lui, entre la volonté annoncée du gouvernement de favoriser la création de nombreuses universités et l'absence de mesures susceptibles de permettre aux étudiants démunis d'accéder à ces universités. Autre constat : l'absence de politique en matière de création d'écoles maternelles d'Etat susceptibles d'assurer une éducation préscolaire gratuite de qualité aux enfants démunis. Le syndicaliste rappelle que 90% des écoles maternelles existantes sont des écoles payantes pour lesquelles les parents doivent dépenser pas moins d'un millier de roupies pour l'éducation de leurs enfants.

Quant au problème du gambling, il constate que rien n'a été prévu pour la délocalisation des maisons de jeux situées, notamment, dans les zones résidentielles. Reeaz Chuttoo trouve, par illeurs, "immoral" de réclamer des demandeurs une somme de Rs 100 pour acquérir un certificat de moralité. Par rapport au projet d'acquisition de réservoirs d'eau, il crie : gare au trafic d'influence.

La CTSP - qui est d'avis que ce sont "les riches" qui payaient, dans les faits, la National Residential Property Tax (NRPT) - regrette son abolition. Il en est de même, selon cette confédération, de la taxe payable sur les intérêts bancaires. Son abolition, selon M. Chuttoo, profitera surtout aux "très riches". Il regrette, en revanche, l'absence d'abattements pour ceux qui prennent en charge les vieux de leur famille.

Regret aussi de l'absence de mesures de contrôle des prix dans un contexte de compensation salariale "dérisoire". La CTSP rappelle avoir demandé à ce q'un "maximum park-up" soit imposé sur les prix des médicaments ainsi que sur un certain nombre de denrées de base.


Jackie Kamanah (Prison Officers' Association):


"Révoltant!"

Le secrétaire de la Prison Officers' Association (POA), Jackie Kamanah, se dit "indigné" des dotations budgétaires relatives au système carcéral. En effet, il est notamment question de l'abolition ou de la suppression d'une quarantaine de postes dans ce secteur. Pour Jackie Kamanah, "ce budget est révoltant, d'autant plus que le système carcéral souffre d'un manque de main d'œuvre, exacerbé tout récemment par l'évasion massive d'une trentaine de prisonniers de la prison de Grande-Rivière-Nord-Ouest". La POA compte réclamer une réunion "urgente" avec le ministre des Finances, afin de tenter de le convaincre de rectifier le tir. "Malgré une rencontre avec le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, juste après l'évasion de GRNO, force est de constater que la situation n'a pas changé. Elle a même empiré. Je n'arrive pas à comprendre. Pourtant, le gouvernement a investi Rs 1,3 milliards avec la construction d'une nouvelle prison à Melrose. Comment va-t-on faire fonctionner cette prison avec du personnel encore réduit, alors que nous souffrons déjà d'un acute shortage of staff?" se demande Jackie Kamanah.


Pauvreté


"Quels critères d'attribution du CSR Fund"

Denis Grandport, Mauritius Council of Social Services:

"Le combat contre la pauvreté dans son ensemble est une des priorités dans lesquelles le ministère de l'Intégration Sociale doit embarquer les ONG. De plus, désormais 50% du CSR fund seront attribués aux ONG sur une nouvelle base. Mais, ce qu'on aimerait savoir à partir de là, est d'après quels critères est-ce que le gouvernement compte distribuer cet argent."

"Quelles structures à mettre en place"

Mary Jolicoeur, la Maison Cœur Ecoute:

"Le ministère de l'Intégration Sociale a été doté d'un gros budget. Je voudrais savoir quelles sont les structures qu'il va mettre en place pour combattre la pauvreté et j'espère que la formation n'absorbera pas une grosse partie du budget. Quoiqu'il en soit on s'attend à ce que le ministère indique comment il utilisera ces Rs 1,2 md pour que les pauvres en marge du développement en bénéficient."

"De l'argent pour les maisons des sans-abris!"

Ravi Bayraw, porte-parole des familles sans-abri de Dubreuil:

"Avec ces Rs 1.2 md, l'Intégration Sociale a désormais la capacité financière pour éradiquer la pauvreté à Maurice. Mais que ce budget soit utilisé à bon escient. D'ailleurs, on attend que la construction des maisons des familles sans-abri de Dubreuil démarre rapidement. Maintenant que l'argent est là, on ne peut laisser des êtres humains continuer à vivre dans de mauvaises conditions."

"L'utilisation des fonds CSR, une bonne chose"

Rita Venkatasawmy, Centre d'Éducation et de Développement pour les Enfants Mauriciens:

"Une attention spéciale sera accordée aux logements sociaux, lesquels, j'en suis persuadée vont contribuer à régler le problème de la pauvreté.

Car le logement joue un rôle très important dans la vie de l'être humain.

L'utilisation des fonds CSR, selon une approche intégrée et globale, sera une bonne chose. En même temps, il faut s'assurer que ces logements soient child friendly. En parlant d'enfants et de pauvreté, Rs 100 millions iront à 10 000 enfants vulnérables. Ce budget, en somme, donne les moyens de combattre la pauvreté et il appartient à tous les stakeholders de bien utiliser l'argent disponible."


Education

Vinod Seegum, Government Teachers' Union: "BEd oublié"

"Nous sommes heureux de constater que, pour la première fois, un ministre des Finances relève le taux d'échec au CPE lorsqu'il présente le budget. Ceci dit, il ne faut pas croire que l'Enhancement Programme, comme il a été mentionné, va résoudre le problème de l'échec. D'autre part, la révision à la baisse du taux d'intérêt de l'Employees Welfare Fund est une bonne chose pour les enseignants. Mais, c'est dommage que le ministre des Finances ait omis le Bachelor on Education (BEd). Cela fait trop longtemps que nous disons ce cours prend du retard."

Suttydhudeo Tengur, Government Hindi Teachers' Union:"Répétitif"

"En ce qui concerne le secteur primaire, dans l'ensemble, c'est un budget répétitif. Laptops ou ZEP, les mesures annoncées ne sont pas nouvelles. En revanche, la subvention pour les frais d'examens de SC et de HSC est une action positive. Mais concernant la possibilité qui sera offerte aux étudiants étrangers de travailler à temps partiel, nous ne savons pas s'ils seront employés par le secteur public ou privé. Dans cette optique, le gouvernement doit mettre sur pied un cadre légal au plus vite."

Yayah Paraouty, Union of Private Secondary Education Employees: "Subvention des frais d'examens, un pas positif"

"La subvention totale des examens de SC et de HSC pour les salaires ne dépassant pas Rs 14 500 est un pas positif. Ce barème est passé de Rs 7000 à Rs 14 500, c'est une bonne chose. C'était d'ailleurs un des points soulevés par l'UPSEE lors de ses représentations au ministère des Finances. C'est une mesure qui va démocratiser l'accès à l'éducation secondaire. Cependant, nous ne savons pas si le "travelling", les overtimes etc… seront inclus dans ce barème. Aussi, il faudrait instituer un comité pour traiter les dossiers on a case to case basis. Paradoxalement, il n'y a eu aucune mesure visant à revaloriser les enseignants."

Naraindranath Gopee, Government Secondary School Teachers' Union:

"L'éducation délaissée"

"Le budget a augmenté, mais l'éducation a été délaissée! Aucune provision n'a été faite pour le recrutement de Deputy Rectors et de Senior Educators. Nous sommes déçus, d'autant qu'aucune de nos propositions n'a été retenue."

Ashik Junglee, General Purpose Teachers' Union: "L'élitisme pas qu'aux riches"

"C'est un budget mi-figue mi-raisin, mais qui reste quand même prometteur. Avec l'extension de l'Enhancement Programme, le gouvernement a démontré qu'il concilie l'épanouissement de l'enfant et l'élitisme. Dans ce cas, il lui faudra trouver des ressources additionnelles pour la mise en place de ce nouveau programme. L'introduction des laptops et des projecteurs donneront des résultats positifs. En augmentant de 21 à 50, les bourses d'Etat, le gouvernement envoie un signal fort. L'élitisme n'est pas réservé qu'aux riches."


Dans le commerce


L'alcool et la cigarette plus chers depuis hier matin

A la suite de l'annonce faite à ce propos vendredi à l'Assemblée nationale lors de la lecture du discours budgétaire, les prix des cigarettes et ceux des boissons alcoolisées ont été révisés à la hausse dans les commerces depuis hier matin. Pour les alcools de canne (rum & liquor), la mesure budgétaire annonce une hausse de Rs 37.00 ou Rs 33.00 selon le cas. Officiellement, l'objectif visé par ces mesures fiscales visant l'alcool et le tabac est, selon le ministre des Finances, de combattre l'alcoolisme et le tabagisme.

Pour les autres types de boissons alcoolisées, les droits de douane sur ces produits ont été augmentés par 20%. Les droits de douane sur les alcools rafraîchissants ont augmenté par 50%; passant de Rs 19.00 à Rs 28.50. Par ailleurs, les droits de douane sur les cigarettes ont été, eux, augmentés par 25%. A noter, là, qu'il s'agit de hausses sur les droits de douane. Il revient, désormais, aux entreprises qui produisent, importent ou distribuent ces divers produits d'établir les différents prix de vente au détail.

Par ailleurs, en vue de décourager l'utilisation des bouteilles en plastique et autres sacs et contenants en plastique nuisibles à l'environnement, les droits de douane sur ces produits sont passés, depuis hier, de Rs 1.00 à Rs 2.00. La subvention gouvernementale de Rs 10 000 pour l'acquisition d'un chauffe-eau solaire est, d'autre part, rétablie avec la collaboration des banques commerciales.



Révision des droits de douane des produits pétroliers et du charbon

L'ACIM prévoit la hausse des prix de l'essence, du diesel, du gaz et de l'électricité

Jayen Chellum de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM) prévoit des hausses des prix des produits pétroliers - essence, diesel et gaz ménager ainsi que celle de l'électricité avec la décision budgétaire de réviser à la hausse les droits de douane sur les produits pétroliers et le charbon jusqu'à concurrence de 30 sous par litre ou par kilo.

Selon M. Chellum, cette hausse sur les droits de douane aura pour conséquence des hausses en chaîne pour lesquelles le consommateur aura, finalement, à casquer. Aussi, d'après lui, avec la seule hausse éventuelle des tarifs d'électricité, par exemple, il faudra s'attendre à des hausses généralisées de produits de consommation courante.

Ce qui lui fait dire que, tout compte fait, le ministre aura "donné un oeuf pour prendre un boeuf". Si, pour lui, ce qui aura été annoncé en matière de logement, par exemple, n'est, à ce stade, que "projet d'intention". Il souligne qu'aucune échéance n'a été annoncée quant à la réalisation pratique du plan proposé. Il ne voit, par ailleurs, que des "éléphants blancs" au niveau de certains autres projets d'infrastructures annoncés à l'image du Harbour Bridge.



18.5 milliards de roupies consacrés à 5 plans de logements décents

Des 2000 arpents de terres obtenus de l'industrie sucrière après des négociations dans lesquelles le PM était intervenu personnellement en 2007, le gouvernement a prévu d'en consacrer 1000 à la réalisation d'un programme de logements décents pour la population. Selon le ministre des Finances, cette mesure permettra la construction de quelque 40,000 maisons de type mixte sur une période de 10 ans. Le coût total sera de l'ordre de 18.5 milliards de roupies dont 2 milliards proviendront du fonds de Corporate Social Responsibility (CSR ).

Le ministre a soutenu que le logement est un secteur qui peut permettre des avancées profondes dans le combat pour l'éradication de la pauvreté absolue et pour l'amélioration du niveau de vie des familles à revenus modestes. En dépit du taux de propriété estimé à 87% de la population, le ministre a concédé que trop de gens pauvres ou qui perçoivent des revenus faibles vivent dans des logements surpeuplés. Pour nombre de ces familles, l'effort d'acquérir un toit est anéanti par le facteur d'accessibilité. Ce problème, a-t-il reconnu, affecte également la classe moyenne.

Parmi les mesures annoncées, le gouvernement a donc décidé d'enclencher un programme de logement décent (Housing With Good Living Programme) qui comprendra 5 types de plans :

- le premier plan (7000 maisons) concernera les familles aux revenus ne dépassant pas 5000 roupies par mois. Les acheteurs auront à signer un contrat social avec la National Empowerment Fund (NEF).

- le 2e plan (quelque 1,700 unités de logement) intéressera les familles percçevant entre 5000 et 10,000 roupies ; elles devront faire un dépôt initial de 10% du prix total de la maison.

- le 3e plan vise les familles touchant entre 10,000 et 15,000 roupies. Là, quelque 9000 portions de terres défrichées et pourvues d'infrastructures seront disponibles. La Maurituis Housing Corporation (MHC) fournira une hypothèque et l'acquéreur devra déposer 10% de la valeur de la propriété. Le repaiement mensuel ne dépassera pas 30% des revenus au cours de la première année et atteindra jusqu'à 40% maximun des revenus.

- le 4e plan (15,000 serviced plots) sera destiné à ceux perçevant entre Rs 15,000 et Rs 25, 000. Le gouvernement paiera la moitié du coût du terrain et le bénéficiaire fera les frais des infrastructures. L'hypothèque, garantie par la MHC, sera fournie par les banques commerciales.

- le 5e plan supportera quelque 6,500 first-time buyers pour leur permettre d'acheter ou de construire une maison de leur choix jusqu'à concurrence de 50% de plus que ne leur autorise leurs revenus courants.

Toutes les maisons ainsi construites selon ces plans seront équipées de réservoirs d'eau et - là où ce sera possible - de chauffe-eau solaires.

D'autre part, le gouvernement a également augmenté de 60,000 à 65,000 roupies l'allocation accordée pour couler les dalles.


Education supérieure


38 boursiers de plus

Le nombre de bourses passe de 12 à 50, sous l'Additional Scholarship Scheme. De ces 38 nouveaux boursiers, 24 seront réservés aux étudiants venant de famille modestes. Deux plans y seront proposés. Sous l'ancien plan, les lauréats bénéficiaient d'une subvention annuelle réduite, soit Rs 100 000 seulement. Le nouveau plan consiste en une bourse pour une licence subventionnée à hauteur de Rs 60 000 par an, accompagnée des frais d'études. Il comprend également une deuxième bourse d'études de troisième cycle à Maurice ou à l'étranger et un stage de deux ans dans un ministère. Le même principe est appliquée pour les State of Mauritius Scholarships.

Toutefois, la subvention annuelle pour la licence à l'île Maurice s'élève à Rs 200 000, y compris les frais d'études. Le SSR Scholarship scheme reste inchangé en ce qui concerne les récompenses des lauréats. Toutefois, les récompenses seront transférées au Sir Seewoosagur Ramgoolam Foundation. Les principaux objectifs de la Fondation sont : de militer pour le progrès de jeunes mauriciens, d'octroyer des bourses d'études aux nécessiteux. Ces nouvelles mesures bénéficieront désormais 19 000 étudiants contre 8 000 étudiants à ce jour. Les changements apportés seront financés par les recettes de la loterie nationale. Ces mesures seront en vigueur dès l'année scolaire 2011-2012.

Un Grant Scheme pour inciter la recherche

Un Research Grant Scheme a été instauré en vue d'encourager la recherche dans tous les aspects de la vie du pays. Le ministre des Finances souhaite que ces mesures d'encouragement conduisent à de nouvelles idées et à la création de produits innovants. Dans cette optique, un comité sera bientôt désigné pour élaborer ce projet de financement par le ministère de l'Education Tertiaire.

Les jeunes à la recherche de soutien pour financer leurs études pourront, par ailleurs, obtenir de l'Employees Welfare Fund des prêts-études allant jusqu'à Rs 500 000, et remboursable maintenant à un taux d'intérêt de 5%, au lieu de 7,5%. Pour des prêts supérieurs à Rs 500 000, le taux d'intérêt passe de 10% à 5% également. La même formule est appliquée pour la formation des cours vocationnels.


Loto - 55e tirage


Les six bons numéros chez Brigitte à Ste-Croix

Ambiance quelque peu particulière au restaurant Brigitte, situé à Sainte-Croix en début de soirée d'hier. Les habitués des lieux, qui se la coulaient douce, furent les premiers surpris d'apprendre que le ticket gagnant avec les six bons numéros, décrochant le Jackpot de Rs 5 millions, avait été validé par le terminal se trouvant en face d'eux. La première personne à se montrer sceptique ne fut autre que le fils de la gérante de ce restaurant, Brigitte Héloïse. Exceptionnellement, hier, la retransmission à la télévision du tirage du Loto avait été retardée en raison des exigences d'une émission en direct.

"Ma garson pale kwar Jackpot ine sorti kotte nous", déclare Brigitte Héloïse, qui appelle son fils, Jean-Pierre Ducasse. Ce dernier, qui travaille avec sa mère au restaurant, a pour principale activité de gérer le terminal du Loto. "D'habitude, quand il y a un gagnant, la Loterie de Maurice fait parvenir un message sur le terminal. Mais pour la soirée d'hier, il n'y avait point d'annonce officielle. Je ne crois pas. Il n'y a aucun message", maintient Jean-Pierre Ducasse, qui se laissera convaincre par la suite que Dame Chance est passée par là.

Et pour cause, quelques secondes après, une coupure dans la fourniture d'énergie électrique fera que la possibilité de retransmission de ce message fut nulle. "Mo bien kontan nou ine réussi enregistré tiket Jackpot. Impossib pou dire si ène dimoune dan Sainte-Croix ou ailleurs ki ine gagn sa", fait comprendre Brigitte Héloïse, mère de trois enfants, dont une fille de 30 ans et deux fils de 25 et 26 ans. Elle gère ce restaurant depuis 15 ans déjà.

Les numéros gagnants de ce 55e tirage sont : 02 - 08 - 09 - 17 - 25 - 30. Le tirage a fait 49 901 gagnants se partageant la somme de Rs 11, 6 millions.

Six bons numéros : Un gagnant de Rs 5 millions.

Cinq bons numéros : 80 gagnants qui remportent la somme de Rs 7 487 chacun, soit Rs 589 960.

Quatre bons numéros : 3 196 gagnants qui remportent la somme de Rs 386 chacun, soit Rs 1,2 millions et

trois bons numéros : 46 624 gagnants qui remportent la somme de Rs 100 chacun, soit Rs 4,7 millions.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 21 novembre 2010