s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 17 octobre 2010



  Métro léger - Itinéraire d'une grande vadrouille
  Sécurité des non-voyants et malvoyants - Inclure le respect de la canne blanche dans le code de la route
  Dubreuil: un mois après la naissance de leur bébé - Les deux mères sans logis appréhendent leur retour dans la vieille usine
  Nouveaux horaires dans les dispensaires - Les décisions unilatérales de Maya Hanoomanjee dérangent
  Santé publique : Chik, dengue, malaria - Le ministère réclame la coopération du public pour éviter toute prolifération de ces maladies
  Nekraj Boodhun, 13 ans, candidat au CPE - Les examens à la maison
  Fonction public - Le PS Phooker veut reprendre sa lettre de démission
  Se disant harcelés par la Beach Authority - Manifestation des beach hawkers prévue dans 10 jours
  Au Domaine des 7 vallées - Repeuplement des bois, forêts et cours d'eau
  Construction d'un nouvel hôtel à Balaclava - Des pêcheurs inquiets tirent la sonnette d'alarme
  Loto - 50e tirage - Prochaine cagnotte à Rs 10 millions
  Semaine Internationale Créole - Calendrier d'activités
  Brèves


Métro léger

Itinéraire d'une grande vadrouille

Projet longtemps enfoui dans les tiroirs poussiéreux des autorités gouvernementales, le métro léger sera mis en place à Maurice. Le Premier ministre, n'a de cesse de l'indiquer lui-même depuis son retour de Singapour. D'ailleurs, sa rencontre avec les membres de Singapore Mass Rapid Transit Corporation Ltd., qui opère le métro léger dans ce pays, aura été inspirante. Ayant pris note du fonctionnement du Light Rail Transport (LRT) et qui a déjà donné des résultats conséquents face à la congestion routière à Singapour, le Navin Ramgoolam a confié que celui-ci servira de modèle pour Maurice. D'ailleurs, la session de travail du PM avec les membres de la SMRTC a également permis une prise de contact en vue de faire venir un expert en Business Development à Maurice dans le but d'aller de l'avant avec le projet de métro léger. Un projet qui date de 1981, qui a eu l'aval des différents gouvernements au pouvoir en dépit des tergiversations, et fait l'objet de nombreuses études, mais qui représente jusqu'ici, pour beaucoup, une grande vadrouille. Itinéraire d'un dossier pas comme les autres…

Actuellement, du coté du gouvernement, on se dit prêt à passer à la vitesse supérieure. Le métro léger, solution alternative aux problèmes de transport en commun et de décongestion routière, semble devoir aboutir sous peu. Si au ministère des Infrastructures publiques on ne veut pas s'aventurer à laisser filtrer la moindre information sur le sujet, le Premier ministre insiste, lui, à chaque occasion depuis son retour de Singapour sur la mise sur rail de ce projet. Selon les dernières indications, on attend incessamment l'arrivée de l'expert singapourien qui se penchera sur le dossier. Une énième étude, comme les précédentes qui ont été menées depuis la première allusion à ce dossier en 1981.

En effet, de 1981 - année où le métro léger est recommandé pour la première fois, en l'occurrence par le Syndicat Belge du transport urbain (à l'époque plus de Rs 300 M devaient être nécessaires) - à ce jour, le dossier du Mode Alternatif de Transport (MAT) est passé entre les mains de nombreux ministres de tutelle et différentes alliances gouvernementales, sans pour autant que cela n'aboutisse. 29 ans après, il vadrouille toujours. Chaque ministre, chaque gouvernement au pouvoir y est allé de sa petite - ou grande - modification du dossier. Les études de tracé, de faisabilité, de viabilité, socio-économique… se sont accumulées. Les protestations des syndicats - exprimant leurs doutes quant à la rentabilité et la viabilité économique et les répercussions que pourrait avoir le métro léger sur les revenus des compagnies d'autobus et sur l'emploi dans ce secteur - aussi d'ailleurs.

De Rs 300 millions en 1981 à Rs 3 à 4,5 milliards en 1993, à Rs 8 milliards en 2000 et Rs 10 à 15 milliards aujourd'hui, le projet de métro léger revient, aujourd'hui encore, une fois de plus sur le tapis. En août dernier, le ministre des Infrastructures publiques, Anil Baichoo, en réponse à une question parlementaire du leader de l'opposition, Paul Bérenger, a rappelé que le dernier rapport sur ce projet remonte à 2001 avec l'étude effectuée par Halcrow Fox. Mais il faut savoir que depuis 1981, les études à ce sujet se sont succédé. L'idée d'un mode alternatif de transport émergeait pour la première fois en 1981 dans un rapport soumis au ministère du Plan par le Syndicat Belge du Transport Urbain. Le Light Railway Transport y est suggéré ainsi que le corridor Port-Louis - Curepipe.

En 1987, le ministre des Travaux d'alors, Ramduth Jaddoo, a recherché l'aide du gouvernement français sur ce projet. Un rapport du ministère français de la Coopération soumis en 1988 préconisait d'ailleurs l'exploitation de la voie ferrée. Toutefois, en cette même année, c'est le projet de monorail qui est revenu sur le tapis. Un an plus tard, le gouvernement optait pourtant pour l'introduction du métro léger. Le ministre Jaddoo, accompagné du ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, ont signé un accord avec la Banque mondiale portant sur le financement du Second Highway Project. Préétudes et études se sont succédé, et en mai 1990, des experts français, notamment de la Société Française d'Études du Transport Urbain (SOFRETU), se penchaient sur le tracé du futur métro léger.

Le cœur balance entre le métro léger et le monorail

L'introduction du métro léger à Maurice coûterait Rs 3 Mds à Rs 4,5 Mds, indiquait alors l'étude de faisabilité du projet. Deux options concernant le tracé de métro léger avaient été soumises à l'étude au ministère des Travaux suite à la soumission, début septembre, du rapport final des consultants français sur la question. La première (Vacoas, Quatre-Bornes, Beau-Bassin/Rose-Hill) devait coûter quelque Rs 2,9 Mds, tandis que la seconde tournerait autour de Rs 4,5 Mds - tracé prolongé jusqu'au environ de Terre Rouge, à savoir 7 km de voie additionnelle, soit 23 km au total. Le dossier presque complété devait néanmoins être mis en suspens en raison des élections générales de 1991. C'est ainsi qu'après quelques années de silence, le dossier ne refit surface qu'en 1993.

Au début de son mandat comme ministre des Travaux, Dwarkanath Gungah n'avait pas tellement cru au projet. Mais sous la pression d'une opinion en butte à des conditions de transport qui allaient s'aggravant, il demanda à la SOFRETU de réactualiser son étude. Une version remaniée est produite en août 1993. Alors que l'on avait pu penser le dossier bouclé, le gouvernement, "par souci de transparence", demanda une étude sur le couloir d'autobus à la société espagnole IBERINSA. Un rapport est publié en 1994. Le gouvernement fait d'ailleurs ressortir lors d'une question parlementaire adressée au ministre Dwarkanath Gungah que, suivant les recommandations du rapport SOFRETU de mettre en place le projet de métro léger à Maurice, il a déjà approché six firmes de consultants étrangers dans le cadre d'un appel d'offres pour une étude de faisabilité.

Lobby syndical/pression politique

Entre-temps, les syndicats des autobus, la Union of Bus Industry Workers (UBIW) ainsi que l'Association des Consommateurs de l'Île Maurice (ACIM), avaient vivement réagi contre le métro léger, exprimant leurs réserves quant à la rentabilité et la viabilité économique du projet et les répercussions que pourrait avoir le métro léger sur les revenus des compagnies d'autobus et sur l'emploi dans ce secteur. D'ailleurs, l'ACIM a publié un rapport en 1994 dénonçant les inconvénients du métro léger. Si l'option d'une route réservée aux autobus semblait plaire à l'ACIM et à l'UBIW, celles-ci ont réclamé des études approfondies pour déterminer s'il n'existe pas d'autres possibilités moins onéreuses.

Or, l'arrivée d'Anil Baichoo, en remplacement au poste de Dwarkanath Gungah, apporte d'autres éléments à ce dossier qui semble alors en ballottage défavorable. C'est le couloir réservé aux autobus qui aurait la faveur d'un sous-comité technique instauré et sous la présidence du ministre Baichoo, au détriment du métro léger, mais aussi du monorail. Après des tergiversations, le métro léger revint toutefois sur le tapis et un comité ministériel cette fois, toujours sous la présidence du ministre Anil Baichoo, est nommé pour décider de la question.

Après plusieurs sessions de travail, ce comité fait savoir que le gouvernement devrait injecter quelque Rs 600M comme subventions annuelles dans le projet. Il indique également que la date éventuelle de l'entrée en opération du métro léger serait en 2000. Mais les lobbies contre ce projet se multiplient. D'une part de l'ACIM et d'autre part de l'opposition qui se positionne contre toute décision hâtive à la veille des élections sur l'introduction du métro léger ou du monorail. D'ailleurs, le comité ministériel n'a pu conclure ses travaux avant les élections générales de décembre 1995.

En 1996, le projet de métro léger est mis dans un tiroir et le gouvernement tend à fixer son choix sur le monorail. Une étude de faisabilité à ce propos est entreprise alors même que le dossier du métro léger est une nouvelle fois soumis aux discussions du Conseil des ministres en août 1996. Si initialement il était envisagé que le financement de ce projet soit assuré selon la formule BOT (Build, Operate and Transfer), après une préétude, il fut convenu que la formule la plus appropriée serait plutôt la BOO (Build, Operate Own). Ce qui permettrait au gouvernement une participation au capital. Dès janvier 1997, une vingtaine de firmes étrangères se montrent intéressées par le projet de métro léger à Maurice. De même, la Banque nationale de Paris se dit vivement intéressée à participer au financement de projets d'infrastructures publiques sous le concept du BOT, plus particulièrement à celui du métro léger. C'est ainsi que le ministère des Transports internes demanda aux deux consultants SOFRETU et IBERINSA de remettre à jour leur étude de faisabilité.

Comité, sous-comité, High Powered Committee

Les deux consultants soumirent leur rapport au Cabinet en juillet 1997. IBERINSA recommanda le busway alors que SOFRETU/SYSTRA préconise le métro léger. Si une décision imminente est attendue du gouvernement, un front commun regroupant les syndicats des travailleurs du secteur des transports fut formé pour contester le métro léger. Une menace de grève est lancée. Un conseil des ministres spécial est même requis d'urgence à Clarisse House. Le gouvernement met de côté l'option de busway mais ne prend aucune décision en ce qu'il s'agit du métro léger. Un mois plus tard, un nouveau conseil des ministres spécial s'attarde à trancher entre le monorail, le métro léger et le tramway cette fois. La Banque mondiale recommande alors un Traffic Management Plan.

Pour militer contre le métro léger, un nouveau front commun des syndicats représentants des employés du transport en commun et les propriétaires de taxis voit le jour début 1998. Ce front commun est lui en faveur du buslane. Le ministre des Infrastructures publiques d'alors, Rashid Beebeejaun, fait savoir que le projet de métro léger ne pourra voir le jour avant quelques années. Il indique qu'un consultant étranger sera chargé d'étudier les aspects techniques et les propositions des firmes intéressées à soumissionner pour le métro léger. C'est ainsi qu'en février 1998, le Cabinet entérine le choix du métro léger, alors même que le PMSD conteste la fiabilité du rapport SOFRETU/SYSTRA. Mais les documents pour les appels d'offres sont déjà en préparation et le ministre Beebeejaun annonce que d'ici à deux ans le métro léger sera une réalité à Maurice.

Appel d'offres

En février 1999, l'arrivée à Maurice de William Tate, expert britannique en matière de Mass Transit System, afin de conseiller le gouvernement sur ce mode de transport alternatif qui sera introduit à Maurice en 2002 est annoncée. Les autorités indiquent également qu'un livre blanc regroupant les points de vue de toutes les parties concernées par le projet de métro léger sera publié d'ici mai 1999 par le ministère des Transports intérieurs. En octobre 1999, le Select Committee de la Concession Division du ministère des Finances indique qu'il a porté son choix sur trois des onze soumissionnaires pour le projet métro léger sur le trajet Curepipe-Abercrombie. Les firmes Mercedes Benz (Gamma-Civic), Bombardier Bouygues et le groupe Alsthom attendues dans un délai de 300 jours à soumettre leurs offres chiffrées. Le projet, indiquent les autorités, dont le coût global se situe dans la fourchette de Rs 6 à Rs 8 milliards, devrait être réalisé selon la formule BOT.

Et le gouvernement explique qu'il compte sur l'expérience singapourienne pour voir aboutir ce projet. Le gouvernement souhaite adopter la formule de financement en vigueur à Singapour et souligne que la mise à exécution probable du projet de métro léger à Maurice se fera après les élections générales. L'exercice d'appel d'offres est reporté en avril 2000 et en novembre de la même année, l'État laisse entendre que l'investissement, qui s'élèverait alors entre Rs 10 à Rs 12 milliards, pèse lourd dans la balance. Du coup, les décisions restent en suspens, indique le ministre Anil Baichoo. Et fin 2000, il ressort que le gouvernement compte faire appel à la Banque mondiale pour une seconde opinion à ce sujet.

C'est ainsi que début 2001, une étude supplémentaire est commanditée auprès de Halcrow Fox et la Banque mondiale fait savoir que le projet de métro léger est inévitable à Maurice. En août 2001, le gouvernement MMM-MSM donne son accord de principe sur le sujet. Les consultants de Halcrow Fox prévoient d'ailleurs une desserte Curepipe - Port-Louis pour 2006 au plus tôt. Le ministre Anil Baichoo annonce dès lors une étude de faisabilité avec l'assistance technique de la Banque mondiale. L'instance donne d'ailleurs son feu vert à ce projet en 2002, ajoutant néanmoins une clause : "Il est indispensable d'introduire parallèlement le système de péage sur nos routes." Face à cela, le ministre Baichoo devait souligner que le métro léger n'est pas pour demain.

Fin 2003, le gouvernement MMM-MSM revient sur le sujet. Un High Powered Policy Committee, présidé par le Premier ministre d'alors, Paul Bérenger, est institué pour l'évaluation et la réalisation du projet de métro léger. Dès les premiers mois de 2004, les autorités indiquent que six firmes qui s'étaient montrées intéressées par la gestion globale du programme dans la mise sur pied du projet de métro léger ont été retenues par le Central Tender Board. Et une Project Management Team est constituée. Une nouvelle étude de faisabilité financée par la Banque mondiale est enclenchée. La Banque mondiale recommande également la création d'un secrétariat aux attributions multidisciplinaires, alors que les appels à candidatures pour le poste de Project Management Tram sont lancés.

Parallèlement à ces développements, il existe un "forcing" de Mtrans en vue du projet de monorail. C'est ainsi qu'en septembre 2005, le groupe malaisien - qui avait d'ailleurs fait une tentative initiale au cours de la seconde moitié des années '90 - effectuait une nouvelle présentation de son projet de monorail pour Maurice. Alors même que fin septembre les autorités attendaient une mission de la Banque mondiale pour passer en revue l'évolution du dossier du métro léger.

De 2005 à 2010, le projet de métro léger n'a pas évolué. Il a été remis sur les rails en août 2010. Lors d'une question parlementaire, le ministre Anil Baichoo a ainsi indiqué la décision du gouvernement de revoir le projet de métro léger, visant à trouver des solutions globales pour le problème de congestion routière à travers l'île en général. Cela, alors même que, comme l'a fait remarquer le leader de l'opposition en 2009 à une précédente PNQ, le ministre s'était catégoriquement opposé au métro léger. Les raisons avancées étaient que le projet de métro léger allait coûter trois fois plus cher pour la réalisation et qu'il fallait au moins 15 000 passagers à l'heure pour que le projet soit rentable à Maurice.

Nouveau gouvernement, nouvelles idées

Toutefois, sept mois plus tard, le gouvernement, qui, selon Anil Baichoo est "un nouveau gouvernement avec de nouvelles idées, et qu'il est important de faire preuve de flexibilité", a changé d'avis sur la question. Pour l'actuel gouvernement, avec les nouveaux développements prévus, en l'occurrence la Neo Town aux Salines, le projet de Bagatelle, la nouvelle ville de Phœnix-Highlands, sans oublier l'intention, comme l'a rappelé le Premier ministre, de transformer le pays en une duty-free island, de nouveaux besoins dans le domaine du transport en commun s'impose. D'où l'intérêt pour le métro léger. Cela, même si, comme l'a souligné le ministre Baichoo en 2006, le gouvernement, suite à des consultations avec tous les partenaires de l'industrie du transport en commun, était arrivé à la conclusion que l'option préférée était le Bus Transit System.

Aujourd'hui le projet de métro est à nouveau sur les rails et le ministère des Finances est chargé de se pencher sur les différentes options financières que cela implique. Le même corridor Curepipe - Port-Louis, soit 23 km, a été retenu, a affirmé Anil Baichoo. Si en août 2005 le coût du projet de métro léger s'élevait à Rs 8 milliards, alors qu'en 2001 le chiffre était de Rs 6,1 milliards, les dernières informations financières sur ce projet indiquent que les coûts aujourd'hui se situeraient dans la fourchette de Rs 10 à 15 milliards. Il faudra tenir compte de nouvelles études, ou réactualisation des précédentes études, sans compter la valeur des ressources ainsi gaspillées et difficile à évaluer depuis la première allusion à ce mode de transport en 1981. Le Premier ministre est catégorique : nous adopterons le modèle singapourien. D'ici à quelques jours, un expert en la matière sera à Maurice pour guider le gouvernement sur cette voie. En attendant, on en aura fait du chemin…


Le métro léger mauricien envisagé

D'après les informations disponibles sur le site internet du ministère des Infrastructures publiques, le trajet du métro léger préconisé pour le pays s'étale sur une longueur d'environ 25km, avec treize stations, situées pour la plupart le long des routes des centres villes qui comptent déjà des gares. Des feeder buses assureront le relais pour accéder à ces stations de métro. Le trajet d'un point de départ à l'autre devrait durée une trentaine de minutes. La fréquence du métro variera en fonction des heures de la journée. Aux heures de pointe, le temps d'attente serait de cinq minutes. En vue du confort des passagers, il est prévu que les rames du métro soient climatisées.


Les caractéristiques techniques du systeme LRT :

Longueur du trajet - 24.9 km

Vitesse moyenne - 55 - 75 km/h

Temps d'arrêt aux stations - 20 seconds

Nombre de stations - 13 stations

Durée du trajet aller - 32 minutes

Durée du trajet aller-retour - 70 minutes

Vitesse commerciale - 43 km/h

Nombre de metros - 12 par heure

Capacité de passagers - 500 per métro

% de Places assises - 25 - 30%

Nb. de passagers aux heures de pointe - 6000/ heure dans chaque direction

Nombre de voyageurs total par jour - 93,000 voyageurs

Nombre de metros - 14 trains de deux unités


Sécurité des non-voyants et malvoyants

Inclure le respect de la canne blanche dans le code de la route

"De nombreux malvoyants ou aveugles redoutent de sortir dans les rues en raison de l'insécurité routière". C'est le constat effectué par plusieurs accompagnateurs travaillant avec les non-voyants et malvoyants. "Ces personnes avec des difficultés visuelles craignent autant les automobilistes que les piétons", note Sharmila Dusoyea, Outreach Officer depuis une quinzaine d'années au Centre Loïs Lagesse. À l'occasion de la journée mondiale de la canne blanche, célébrée le 15 octobre, qui sera d'ailleurs marquée par une journée d'activités au centre demain, en la présence de la ministre de la Sécurité sociale, Leela Devi Dookun-Lutchoomun, les responsables du Centre Loïs Lagesse appellent au savoir-vivre des Mauriciens. Dans leur message, placé sous le thème "la sécurité des personnes malvoyantes et non-voyantes dans les lieux publics", ils appellent au respect des personnes vivant avec des difficultés visuelles. Ils profitent de cette occasion pour demander aux autorités, entre autres suggestions, d'envisager la possibilité d'inclure le respect de la canne blanche dans le code de la route.

"Le respect de la canne blanche" : une règle de vie. Mais souvent, les citoyens mauriciens n'en tiennent pas compte. "Nous recevons beaucoup de témoignages des aveugles et de malvoyants qui se disent victimes de l'incivilité des Mauriciens face à eux. Ena boucou vinn rode enn lot canne blanche parski motocyclette ou bien loto finn roule lor zot canne", raconte Sharmila Dusoyea. C'est en raison de l'insécurité sur nos routes que de nombreuses personnes avec des difficultés visuelles craignent de plus en plus de sortir. "Certains préfèrent rester cloîtrés chez eux parce qu'ils ont peur de faire un accident ou d'être maltraités par les piétons ou automobilistes", indique notre interlocutrice.

Afin de faciliter la mobilité des aveugles, le centre Loïs Lagesse suggère aux autorités d'inclure le respect de la canne blanche dans le code de la route. "Si le respect de la canne blanche est un devoir de citoyen, l'inclure dans le code de la route pourrait amener plus de considération envers les aveugles et les malvoyants. Les automobilistes seront ainsi, dès le départ, consentis de l'attitude à adopter lorsqu'ils croisent la route d'un aveugle ou d'un malvoyant", estime Dulsing Roy, General Manager du centre.

Une campagne de sensibilisation devrait aussi être menée auprès des chauffeurs d'autobus car le transport en commun est également un des problèmes majeurs que rencontrent bon nombre de personnes non-voyantes et malvoyantes. "Ena rest lor bistop pendant pliziers ler d'tan akoz bis pa arété kan trouv zot tou sel lor bistop", raconte Sharmila Dusoyea. Et souvent, ces malvoyants ou aveugles qui se rendent à leur travail accusent des retards et risquent des ennuis à leur poste. "Parski bannla pa payé dan bis, sofer pa arété pou ramass zot. Ou soi, kan desan zot, kit zot loin are bistop ou soi ek trottoir. Souvent, bann sofer péna considération pou bann aveugles", ajoute-t-elle.

Appel au secteur privé

Par ailleurs, si au niveau des infrastructures publiques petit à petit les aménagements sont faits afin de faciliter la circulation des personnes malvoyantes et non-voyantes, il est aussi important, estiment les responsables du centre Loïs Lagesse, que le secteur privé face un effort en ce sens. Idem en ce qu'il s'agit du recrutement des personnes avec des difficultés visuelles. "Employer une personne aveugle ou malvoyante nécessite un gros investissement. Les compagnies ne sont pas prêtes à faire ce genre de dépenses car, non seulement il faut des programmes spéciaux par exemple pour les postes de téléphones, mais aussi aujourd'hui, les patrons recherchent des gens polyvalents", explique Dulsing Roy.

Si dans le passé, poursuit Sharmila Dusoyea, les travaux de vannerie étaient une reconnaissance du travail des aveugles et que l'artisanat était un domaine où ils pouvaient gagner leur vie, aujourd'hui, dit-elle, tout le monde fait de la vannerie. "C'est devenu difficile pour les personnes aveugles ou malvoyantes de gagner leur vie. Là encore, nous laçons un appel aux entreprises afin de considérer le recrutement des personnes avec un handicap", explique notre interlocutrice. Elle fait par ailleurs ressortir que demain, dans le cadre des activités organisées au Centre Loïs Lagesse pour marquer la journée mondiale de la cane blanche, sept personnes avec des difficultés visuelles recevront leurs certificats, pour avoir suivi une formation en vannerie mise en place par la SMEDA.

L'éducation : une priorité pour le développement

"Nous préconisons l'autonomie et l'indépendance des personnes aveugles ou malvoyantes. Ce genre de formation les aide à se prendre en charge. Demain, ils pourront peut-être avoir une petite affaire à leur nom", explique Dulsing Roy. Il fait ressortir que l'accès à l'éducation est indispensable. D'où l'appel lancé également aux parents ayant des enfants vivant avec un handicap visuel. "Souvent, les parents tardent avant d'inscrire un enfant dans nos écoles. Ils préfèrent les envoyer dans une école primaire ou alors les garder à la maison. Mais il faut savoir que le plus tôt que l'éducation de ces enfants est prise en charge de manière professionnelle, avec tout l'encadrement nécessaire, plus grandes sont les chances de progrès dans la vie sont", indique Sharmila Dusoyea.

Elle profite de l'occasion pour proposer aux autorités de plancher sur la possibilité, comme avec l'introduction de l'école des parents, de mettre sur pied un programme d'encadrement pour les parents qui ont un enfant avec un handicap visuel. À l'occasion de la journée mondiale de la canne blanche, le Centre Loïs Lagesse espère sensibiliser la population mauricienne sur le respect des personnes malvoyantes et non-voyantes et compte sur les autorités pour respecter leur engagement suivant la ratification des recommandations des Nations unies pour le respect des droits des personnes handicapées.


Dubreuil: un mois après la naissance de leur bébé

Les deux mères sans logis appréhendent leur retour dans la vieille usine

Sweety Seeram et Asha Ladenath étaient enceintes de huit mois quand elles ont été évacuées en juillet dernier du terrain de l'Etat qu'elles occupaient illégalement à Dubreuil. En septembre, après avoir passé les derniers moments de leur grossesse dans l'ancienne usine de thé du village, elles ont accouché par césarienne. Asha Ladenath a donné naissance à son deuxième enfant une petite fille prénommée Manjushri. Sweety Seeram est aussi devenue mère pour la deuxième fois avec l'arrivée du petit Yaadveer. Hébergées chacune chez des proches le temps des rituels religieux marquant la naissance des enfants, les deux jeunes mères devront partir dans les jours à venir. Elles auront à trouver un autre logement confortable et surtout propre pour leur bébé. Sinon, elles n'auront d'autre choix que de retourner à l'usine où toutes les familles dorment dans la même salle. Elles appréhendent cette éventualité.

"Kot mo pou alé ar mo ti bébé?" Sweety Seeram, 28 ans, pousse un profond soupir. Elle n'a pas de réponse à cette question. Et à chaque fois qu'elle abordera l'avenir proche, la jeune femme laissera transparaître son inquiétude. Il y a un mois, elle a accouché d'un petit garçon par césarienne. Jusqu'au dernier moment de sa grossesse, elle est restée à l'usine. Après avoir passé quelques jours à l'hôpital Victoria où elle a mis au monde son fils Yaadveer le 14 septembre, elle a été ensuite accueillie chez sa belle-mère à Dubreuil. "Res ankor enn dernié sistem pou fer pou mo ti bébé, apré mo pou bizin alé. Mo pa koné ki koté", confie la jeune maman. "Je ne veux pas retourner à l'usine avec mon bébé. Sa place n'est pas là-bas!", dit-elle quasi désespérée. "Moi, je demande au ministre Xavier-Luc Duval de se rendre à l'usine pour constater de visu dans quelles conditions nous sommes obligés de vivre", lance de son côté Asha Ladenath. La jeune femme, d'une vingtaine d'année également, tient dans ses bras Manjushri, une petite fille née il y a aujourd'hui 40 jours. Comme Sweety, Asha a été hébergée chez des proches. Elle vit temporairement à Curepipe le temps de se remettre de son accouchement, par césarienne. Dans cette vieille usine désaffectée, il n'y a pas seulement la présence soupçonnée de l'amiante qui rebute les deux mamans. La promiscuité qui y règne est leur hantise. Elles ne conçoivent pas l'idée d'allaiter leur bébé dans cette aile; occupée par une vingtaine de couples et leurs enfants, sans séparation, sans aucune intimité…

"Est-ce que je peux emmener un bébé vivre là-bas?"

"Mo latet fatigé", lâche Vikesh Seeram, l'époux de Sweety, à peine rentré de son travail. Ce dernier vient d'être embauché par une compagnie privée. Après un regard rapide sur Yaadveer, blotti dans les bras de son épouse, Vikesh Seeram nous explique qu'il fait le va et vient entre l'usine et la maison de sa mère. C'est cette dernière qui héberge la petite famille de Vikesh Seeram. "Si mo madam pa ti gayn tibaba nou pa ti pou vinn res la", dit-il."Quand nous sommes arrivés, ma belle-soeur nous a cédé sa chambre", raconte Sweety Seeram. Yaadveer n'a pas de berceau. Il dort à côté de sa mère et de sa soeur, âgée de 6 ans. "Mo misié dormi lor matla anba", confie Sweety. Toutefois, dit-elle, son époux passe la plupart de ses nuits à l'usine. Et de poursuivre, "nous n'avons pas de toit et il est important qu'il soit présent à l'usine pour rappeler que nous aussi nous attendons la construction de notre maison. Mais, quand il termine très tard dans la soirée, pour des raisons évidentes, il ne peut rentrer à l'usine. Il lui arrive de finir son travail à une heure du matin." Récemment, Sweety Seeram s'est rendue dans l'ancienne usine de thé. "Pour nettoyer l'espace que nous occupons", dit-elle. "Mais là-bas, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. Est-ce que je peux emmener un bébé vivre là-bas? Il n'y a pas d'hygiène. Li pa bon pou lasanté", confie la jeune femme. Après avoir passé un mois chez des proches, Sweety Seeram ne sait toujours pas où aller. Faute d'alternative, l'usine serait alors la prochaine destination de son bébé. Quant à la location d'une maison en attendant d'emménager dans celle qui leur a été promise par le gouvernement, cette option, selon les Seeram, ne serait pas une solution. "Nous n'avons pas les moyens", explique la mère de famille. Vikesh Seeram, le seul à subvenir aux besoins de sa famille, vient tout juste de trouver de l'emploi et toute dépense conséquente n'est pas envisageable.

Un bébé dans le dortoir corserait la cohabitation avec les autres familles

A Curepipe où nous avons rencontré Asha et Rakesh Ladenath, les questionnements se mêlaient à l'incompréhension. "Pourquoi est-ce que le ministère de l'Intégration Sociale ne commence pas la construction de nos maisons? Nous, les familles qui se trouvent à l'usine, sommes finalement des délaissés. On nous a délaissés!" dit Rakesh Ladenath, d'une voix posée. Malgré le calme qu'il affiche, le jeune père de famille se dit en colère. Depuis que sa femme, Asha, a donné naissance à leur deuxième enfant, il n'a vu son bébé que trois fois. La famille de Rakesh Ladenath n'a pu faire de la place que pour la nouvelle maman, son fils Jay, 6 ans et le bébé. "Aujourd'hui (ndlr:mercredi dernier) je suis passé la voir parce qu'elle a fait son premier vaccin. Je travaille dans un champs et je ne peux pas venir les voir tous les jours. Le soir je reste à l'usine", confie Rakesh Ladenath. "Cette situation n'est pas évidente", se désole Asha Ladenath.

Trois mois se sont écoulés depuis que le couple Ladenath et les autres familles sans logis de Dubreuil ont été relogés dans l'usine de thé du village. "Depuis trois mois qu'on nous a dit qu'on allait construire nos maisons rapidement. On ne voit rien venir. On n'entend rien. Il n'y a aucun signe pour nous encourager dans cette attente. J'étais même sur le point de prendre des feuilles de tôle et du bois pour construire une maison sur le terrain que le ministère du Logement nous a donné", explique Rakesh Ladenath. Bénéficiaire du lot 47, Rakesh s'est ravisé. "Les hommes, dit-il, sont même disposés à mettre la main à la pâte pour la construction des maisons. Si le ministère de l'Intégration Sociale nous le demande, nous serions prêts à le faire pour faire avancer les travaux." Entretemps, Rakesh Ladenath remue ciel et terre pour trouver un hébergement pour sa femme et ses enfants. Il reste très peu de jours avant que la période qui leur a été accordée ne prenne fin. Comme le couple Seeram, les Ladenath ne pourront, disent-ils, louer une maison. "Mo gayn zis Rs 700 par semen. Ki mo pou kapav fer ar sa? Pou kous mem li pa asé. Mo pé travay zis pou asté manzé!" explique Rakesh Ladenath. Et chaque jour qu'il passe à l'usine, le jeune homme se dit de plus en plus convaincu que la venue de son bébé dans le dortoir corserait la cohabitation avec les autres familles. "Enn ti bébé, li éna so ler répo, so ler kot li lévé aswar li pléré. Apré dan lisinn éna lapousyer, li pa pou bon pou so lasanté", dit le père de Manjushri.


Dans l'ex-usine de thé - Les conditions de vie des familles se dégradent

Près de trois mois après le relogement des 24 familles sans logis de Dubreuil dans l'ancienne usine de thé du village, les conditions de vie dans la vieille bâtisse ne se sont pas pour autant améliorées. Pas étonnant que des problèmes d'infrastructure ont surgi entretemps. D'ailleurs, désaffectée en toute urgence, cette usine devait accueillir les anciens squatteurs pour un mois seulement. C'est ce qu'avait promis les autorités aux familles en détresse. "Enn mwa inn vinn trwa mwa! Ou pou truvé la, nou pou fer Divali, Nwel ek lané tou isi mem", disent ironiquement les femmes rencontrées dans la pièce transformée en cuisine. Le freezer, qui leur avait été offert a disparu. "On s'en est débarrassé. Il ne marchait plus." La télé? "Elle n'a joué qu'un jour apré linn brilé", disent-elles. Mais la télé n'est qu'un détail insignifiant comparé aux coupures d'eau: "les dimanches nous allons à la rivière pour faire la lessive et la vaisselle", aux toilettes mobiles obstruées… Les familles se plaignent du système d'éclairage défectueux, de la poussière, de la prolifération des moustiques avec l'arrivée de l'été, de la mauvaise aération dans le dortoir… Quant aux enfants scolarisés dont une collégienne, ils doivent composer avec le bruit du dortoir pour faire leur devoir ou réviser en cette période d'examens. Et que dire du couloir crasseux qui mène vers la cuisine et le dortoir? "Nous ne voulons pas et ni pouvons rester encore plus longtemps là", avancent les résidents de l'usine. Depuis qu'ils ont été relogés dans ce vieux bâtiment en décrépitude, les familles regrettent que le ministre de l'Intégration Sociale, Xavier-Luc Duval, ne les a pas rendus visite.

A quelques pas de l'usine, le terrain qui a été alloué aux familles par le gouvernement est encore à l'état sauvage. "En donnant un terrain aux familles, le ministère du Logement et des Terres a fait son devoir. Mais nous nous demandons toujours pourquoi celui de l'Intégration Sociale ne se manifeste pas? La construction des maisons lui revient. Depuis que cette tâche lui a été attribuée par le gouvernement, ce ministère n'a montré aucun signe et ni communiqué avec les familles!" scande Ravi Bayraw, porte-parole des familles relogées à l'usine de Dubreuil. Dans une lettre que ce dernier a envoyé à Xavier-Luc Duval, ministre de l'Intégration Sociale, il lui réclame un rendez-vous pour être fixé sur le sort des anciens squatters. "Jusqu'ici toute tentative de communication avec le ministère a été vaine." affirme Ravi Bayraw. Ce dernier dit ne pas comprendre pourquoi le démarrage de la construction des 24 maisons tarde. "Si c'est une question de budget, nous pensons que le ministère pourrait se faire aider par le Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, lequel opère désormais sous sa tutelle. Cette fondation dispose d'un budget de près de Rs 400 M pour les familles en détresse et chaque année, la moitié de cet argent retourne dans la caisse. Quand on sait que chaque maison devrait coûter Rs 236 000, le financement ne devrait pas poser de problème", note le porte-parole des familles.

Le ministère de l'Intégration Sociale et de l'Autonomisation Economique qui s'est vu attribué la construction des 24 maisons destinées aux familles sans-logis, à Dubreuil, n'a jusqu'ici laissé entrevoir aucune indication quant au démarrage des travaux. Contacté à plusieurs reprises dans le cadre de ce reportage, le responsable de communication et porte-parole de ce ministère, qui aurait pris connaissance de notre requête a laissé planer le silence.


Nouveaux horaires dans les dispensaires

Les décisions unilatérales de Maya Hanoomanjee dérangent

C'est la guerre ouverte entre les syndicats et la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee. Nul ne veut céder. Les propos sont clairs d'un côté comme de l'autre. Début de semaine dernière, la Nursing Association (NA) depose une mise en demeure contre le ministère de la Santé. Fin de semaine, au tour de la Nurses' Union (NU) d'annoncer des actions syndicales fermes. Maya Hanoomajee reste ferme : "Zot gagn drwa fer seki zot envi, mwa oci mo pou fer seki mo ena pou fer", lance-t-elle vendredi dernier lors d'une conférence de presse. Les deux parties assurent agir dans l'intérêt des patients. Maya Hanoomajee ne mâche pas ses mots. Depuis son arrivée à ce ministère, elle prend le taureau par les cornes et implémente divers changements. Ses décisions, qualifiées "d'unilatérales" par les syndicats, dérangent.

"I will not take you on board then". Ce serait les propos de la ministre de la Santé aux syndicats lors des dernières réunions tenues avec les représentants de la NU et de la NA. Pour cause, leur désaccord sur les nouveaux horaires dans les dispensaires le jour de prise de sang. Nouveaux horaires instaurés depuis le 15 octobre au niveau de tous les Area Health Centres (AHC) et Community Health Centres (CHC).

En vue d'alléger le mal des patients, principalement des personnes âgées se rendant dans les dispensaires, le ministère a décidé que le jour de prise de sang - en raison des patients s'y rendant à jeûn -, les AHC et CHC ouvriront à partir de 6h45 et le travail démarrera à 7h du matin. Une décision qu'elle avait indiqué avoir été prise "en consultation avec la Government Servants Association (GSA), la NU et la NA, les syndicats représentant les employés affectés dans les dispensaires". Or, les présidents de la NA et de la NU sont montés au créneau pour dénoncer cette décision de la ministre de la Santé qui, selon eux, "pas finn diskit ar nou, mais finn impoz nou so lordre". Une attitude déplorée depuis une semaine par ces deux syndicats, qui estiment que "drwa infirmiers, nurses pa finn pran en considération".

Si au premier jour de l'entrée en vigueur des nouveaux horaires dans les dispensaires, le jour de prise sanguine s'est déroulé à la satisfaction du ministère, vendredi dernier, selon la ministre elle-même, reste que ces nouveaux horaires dans les dispensaires sont source de discorde entre syndicats et ministère. La NA a, depuis lundi dernier, suivant l'annonce de cette décision, logé une mise en demeure contre le ministère, lui reprochant de ne pas avoir tenu compte des doléances de son syndicat à ce propos, pour contester cette décision. "Nous ne sommes pas contre le fait d'ouvrir les dispensaires à 7h, mais il faut tenir compte de ce que cela implique pour les infirmiers et nurses. Nous avons soulevé certains points lors des dernières rencontres que nous avons eues avec la ministre, mais nos propos n'ont pas été pris en considération", dit Bajooanuth Kalloa, président de la NA. Mêmes propos au sein de la NU. Le syndicaliste Cassam Kurreeman, président de la NU, a soutenu, lors d'un point de presse vendredi dernier, que "pa finn ena discussion, pa finn ena negociation".

Mais Maya Hanoomanjee insiste : "J'ai eu deux rencontres avec les syndicats, une le 13 septembre et une le 27 septembre. D'ailleurs, les syndicalites m'ont assuré ki zot pa pou mett baton dan larou". Ces deux rencontres, la NU et la NA ne les nient pas, "mais c'était pour nous informer de sa décision d'instaurer les nouveaux horaires dans les dispensaires et réclamer notre collaboration", dit B. Kalloa. C. Kureeman, lui, dit que les syndicats n'ont à aucun moment refusé de travailler dans l'intérêt des patients. "C'est notre main concern et nous comprenons parfaitement les difficultés des malades de devoir attendre longtemps à jeun pour une prise de sang. Nous sommes d'accord pour l'amélioration du système, mais pensons qu'avant toute décision, il était nécessaire de discuter avec les infirmiers", dit le président de la NU.

Comme B. Kalloa, Cassam Kureeman fait ressortir que les syndicats ont eu deux rencontres avec la ministre, durant lesquelles ce sujet a été abordé. "Me nou finn dire ki nu pa dakor", insiste-t-il. Rejoignant les arguments de la NA, la NU fait ressortir les nombreuses implications de cette mesure prise "en rupture avec les conditions de service des infirmiers". Selon leur contrat de travail, les infirmiers devraient commencer leur journée à 8h et finir à 16h. "Pa kapav kass contrat sans discussion", souligne C. Kureeman, ajoutant que dans ce cas, "c'est un cas flagrant de rupture de conditions de service des infirmiers que nous ne tolérerons pas". "Nous sommes guidés par la Public Service Commission", rappelle-t-il, soutenant que "si, toutefois, les infirmiers effectuent des heures supplémentaires entre 16h et 18h, il s'agit d'une condition négociée au préalable avec les syndicats".

La NU fait ressortir que la ministre se trompe lorsqu'elle vient dire qu'il faudrait faire des aménagements d'emploi du temps uniquement le jour de prise de sang. "Cela varie d'un dispensaire à l'autre. Il y a des AHC ou CHC où les prises de sang se font sur un jour seulement, d'autre deux, d'autres trois ou encore d'autres cinq", explique-t-il. B. Kalloa souligne également qu'à travers cette nouvelle mesure, qui stipule qu'une infirmière disposant de son time off le jour de prise de sang pourrait rentrer chez elle plus tôt, "Maya Hanoomanjee pe expose nou à de gros risk".

Selon les syndicats, la présence de deux infirmiers des deux sexes est requise dans les dispensaires. "Comment gèrerons-nous les patients ou patientes qui refusent de se laisser, par exemple, faire un pansement par un infirmier/une infirmière car il/elle serait du sexe opposé?", demande le président de la NA. Outre le fait que cette nouvelle mesure des horaires dans les dispensaires alourdira le travail de l'infirmier qui restera en fonction le jour où son collègue prendra son time off et lui causera plusieurs complications au niveau de certains examens effectués, la NA souligne que le ministère n'a pas tenu compte des implications sociales de cette mesure. B. Kallooa fait ainsi ressortir que les infirmiers n'habitent pas toujours à côté de leur lieu de travail et qu'il y a des changements au niveau social qu'il faut considérer. De même, souligne le syndicaliste, il aurait fallu que la ministre tienne compte qu'un patient doit être à jeûn pendant 12 à 14 heures avant de subir une "bonne" prise de sang. "Si les horaires de prise de sang changent, les patients devront dîner la veille entre 16 h et 18 h, et ne plus rien manger jusqu'à ce que la prise de sang soit effectuée", estime-t-il. "Est-ce vraiment dans l'intérêt des patients ?", demande Bajooanuth Kalloa.

Le président de la NA soutient que le ministère ne cesse d'augmenter le volume de travail des infirmiers. Un point relevé également par la NU, qui fait ressortir que, selon le Scheme of Service, "les prises de sang doivent être effectuées sous supervision médicale." "Avant, nous effectuions le travail dès 8h, tenant compte que les premiers patients arrivaient vers 8h15-8h30 et qu'une trentaine de minutes plus tard, le médecin serait là, ce qui nous couvrait en cas de problème. Avec le nouvel horaire de 7h, il faudrait compter deux heures avant que n'arrive le médecin. Que ferons-nous s'il y a un souci entre temps?", demandent B. Kalloa et C. Kureeman.

Si les syndicalistes soutiennent qu'ils ne sont pas contre la mise en place de cette nouvelle mesure, bien qu'il faille également tenir compte des droits des infirmiers, le président de la NA souiigne que Maya Hanoomanjee a qualifié leur requête d'allocation, en marge de ces heures de travail supplémentaires, de "pécuniaire". "Maya Hanoomanjee ne veut pas entendre parler d'augmentation de salaires des infirmiers… Tout travail mérite compensation!", lance le président de NA. Par ailleurs, B. Kalloa demande si revendiquer un droit légitime des infirmiers veut dire, comme l'a mentionné la ministre Hanoomanjee, "mett baton dan larou ?"

"Maya Hanoomanjee mal entourée"

C. Kureeman soutient que la NU a, depuis que la ministre a pris ses fonctions, toujours encouragé ses actions dans l'intérêt des patients. "Mais ces derniers mois, nous constatons que la ministre est mal avisée dans ses prises de décisions", dit-il. "Nous l'avions mise en garde contre ces très mauvais advisors qui, selon nous, l'auraient mise tôt ou tard en mauvaise posture. Mais la ministre n'a pas tenu compte et agit aujourd'hui sur de mauvais conseils", dit le Président de la NU. Pour les syndicats, les décisions de la ministre sont "unilatérales". La NA fait notamment référence à la décision de Maya Hanoomanjee que les vaccins pour la grippe A (H1N1) - qui nécessite, selon l'association, l'intervention d'infirmiers spécialisés en vaccination - soient effectués par tous les infirmiers. L'association cite également les inconvénients causés par la décision de la ministre d'affecter les Community Health Carers Officers à la distribution des mètres, laissant ainsi tout le travail administratif aux infirmiers. Autre décision de Maya Hanoomanjee qualifiée d'unilatérale par la NA : celle d'accorder une allocation aux infirmiers pour des "minor work or repairs" dans les dispensaires, alors que ce travail relève des Health Services Administrators.

La liste des décisions "unilatérales" de Maya Hanoomanjee semble longue. La NU en avance plusieurs elle aussi. A l'instar du fait que depuis 3 mois, il existe une circulaire dans les hôpitaux indiquant qu'aucune absence lors des night shifts n'est tolérée et que le night bonus correspondant sera annulé. "Selon nos conditions de travail, un infirmier devrait effectuer 4 nuits par mois. En raison du manque de personnel, nous avons été amenés, après discussions, à en faire 5. Mais depuis quelque temps, nous sommes contraints à en faire 6, 7, 8. Cela n'est pas possible", dit C. Kureeman. "Il ne faut pas nous prendre pour des robots". "Avec cette circulaire, plus personne n'a le droit d'être malade, d'avoir une mortalité ou un mariage dans la famille", dit le syndicaliste. Pire, "en raison de cette circulaire qui nous impose des contraintes, dorénavant, si un infirmier doit s'absenter une nuit, comme il ne bénéficiera pas de son night bonus, cela l'encouragera à s'absenter d'autres nuits", dit le président de la NU. Et le ministère devra alors, pour rétribuer un remplacement, débourser Rs 2500 à Rs 3000 par nuit. "Voilà les conséquences des décisions irréfléchies du ministère !", lance C. Kureeman.

Manque de lits dans les hôpitaux

Ce syndicat déplore également le problème de manque de lits dans les hôpitaux, surtout durant les week-end. "C'est vraiment pitoyable ce qui se passe dans nos hôpitaux ! Les patients qui sont admis sont contraints de dormir dans des low beds à même le sol", dit Cassam Kureeman. Tout malade a droit à un lit, rappellent les syndicalistes, choqués des décisions prises par le ministère pour pallier le manque de lits. "Qui plus est, le ministère nous demande, à nous infirmiers, d'expliquer aux malades la situation et de demander à ceux qui vont mieux de céder leurs grands lits aux plus mal lotis", indique le président de la NU. "Le ministère ne tient pas compte des problèmes que nous rencontrons, il ne réfléchit pas aux répercussions. Trop, c'est trop, il est temps d'agir", estiment les syndicats.

"Aret pran infirmiers pou dump", martèle C. Kureeman. "Nous allons répliquer". Dans cette optique, en marge des doléances contre les nouveaux horaires dans les dispensaires, la NU compte étudier la situation cette semaine dans les AHC et le CHC et appellera une assemblée générale le 15 novembre. D'autres actions syndicales suivront, assure le président de la NU. A l'exemple de la ministre qui n'a pas pris la peine de consulter les syndicats, la NU de même n'alertera aucune instance avant d'enclencher une action.

De son côté, la NA, qui a logé une mise en demeure contre le ministère de la Santé et fait une demande d'injonction contre cette mesure (demande toutefois rejetée), attend la décision du juge prévu le 27 octobre. Entre temps, les syndicalistes, qui se sont rencontrés hier au cours d'une réunion des délégués, n'ont décidé d'aucun mot d'ordre pour bloquer le travail dans les dispensaires le jour de prises sanguines. Il a été décidé qu'une campagne de sensibilisation et d'information en vue d'apporter des éclaircissements sur ce dossier et autres décisions de Maya Hanoomanjee sera effectuée auprès des membres de la NA. Les deux syndicats penchent pour un front commun contre "la répression". Une rencontre entre les représentants de la NA et de la NU devrait avoir lieu cette semaine. Entre temps, au niveau des dispensaires, les prises de sang s'effectueront à partir de 7h, comme l'a décidé la ministre Hanoomanjee.


Maya Hanoomanjee : "Si vrai mem zot ena vocation infirmier, zot bizin guet lintéré piblik"

Maya Hanoomnajee indique avoir reçu une lettre de contestation de la NA durant la semaine écoulée. "Je dispose des notes of meetings de mes deux dernières réunions avec la NA et la NU ainsi qu'avec les représentants de la GSA. C'est faux de dire que je n'ai pas consulté les syndicats". Ainsi, la ministre se dit choquée et ne pas comprendre les motivations de la NA de geler cette nouvelle mesure. Les raisons avancées, dit-elle, ne tiennent pas la route. Elle cite en exemple la NA qui réclame la présence dès 7h des médecins dans les dispensaires. "Auparavant, bien que c'est mentionné dans leur scheme of work que toute prise sanguine doit être faite sous la supervision d'un médecin, les infirmiers effectuaient cette tâche dès 8h, en attendant l'arrivée du médecin à 9h. Pourquoi aujourd'hui la présence du médecin serait nécessaire ?", demande Maya Hanoomanjee. De même, dit-elle, en ce qu'il s'agit de l'allocation réclamée par les syndicats pour ces heures supplémentaires effectuées, "j'ai un bill énorme des overtime au ministère ; je ne peux pas permettre que cette facture augmente encore".

La ministre soutient qu'elle a agi "dans l'intérêt de la population". "Qui plus est, j'ai établi un équilibre et tenu compte des employés en leur accordant - pour les 75 minutes de travail effectuées en plus - 90 minutes de time off, donc, 15 minutes de bonus. Mais la NA insiste pour une allocation financière. Je laisse à la population le soin de juger les motivations de ce syndicat". D'autant, ajoute-t-elle, que les infirmiers bénéficient d'une allocation pour les heures supplémentaires lorsqu'ils travaillent de 16h à 18h, le dimanche et les jours fériés. Contrairement à leurs collègues qui font 40 heures dans les hôpitaux, dit la ministre, les infirmiers postés dans les dispensaires n'ont, eux, pas à faire de night shift.

"Pa bizin ki pou tou kikzoz ki nou fer, nou moneye sa"

Maya Hannomanjee assure qu'elle n'est pas restée insensible aux demandes des syndicalistes. Elle soutient qu'elle a également pris en considération les craintes d'allégations d'attouchements sexuels ou de conflits avancés si un seul infirmier est opérationnel dans l'après-midi, alors que la présence d'infirmiers des deux sexes est requise. "Dans ces cas-là, afin d'éviter des problèmes, j'ai indiqué que l'infirmière qui est de service ce jour-là doit rester et qu'il lui serait permis de cumuler son time off. De ce fait, il y aura un remplacement le jour où la nurse devra prendre son congé", dit la ministre.

Insistant sur sa bonne volonté pour que les choses fonctionnent normalement avec cette nouvelle mesure, Maya Hanoomanjee lance un appel à la NA. "Pa bizin ki pou tou kikzoz ki nou fer, nou moneye sa", dit-elle. Et de souligner que "si vrai mem zot ena vocation infirmier, zot bizin guet lintéré piblik". Elle admet que les syndicats peuvent "ne pas être d'accord. Moi mon devoir est de voir dans quelle mesure je peux assurer la satisfaction de la population".

Si les syndicats des infirmiers souhaitent entreprendre des actions de contestation, la ministre dit qu'elle campera sur sa position : "Zot gagn draw fer seki zot envi, mwa oci mo pou fer seki mo ena pou fer !" Et de conclure, "si demain mo aret sa service-là, ki sann-là pou reponn population ?"


Santé publique : Chik, dengue, malaria

Le ministère réclame la coopération du public pour éviter toute prolifération de ces maladies

Si entre le 1er septembre et le 5 octobre, le ministère de la Santé avait enregistré deux cas de chikungunya, quatre cas de malaria et trois cas de dengue, au 15 octobre le pays comptait officiellement quatre cas de chikungunya, quatre autres de malaria et trois de dengue. Soit deux cas de chikungunya de plus en 10 jours. Mais il s'agit de cas importés, notamment de passagers en provenance de l'Inde et du Ghana, soutient la ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee qui a tenu une conférence de presse vendredi pour faire un bilan de la situation. Le système de surveillance au niveau du port et de l'aéroport a été renforcé assure le ministère, qui appelle néanmoins la population à la vigilance. Outre les actions entreprises sur le territoire mauricien par les autorités pour éviter la prolifération de ces maladies transmises par les moustiques, Maya Hanoomanjee demande au public de prendre les précautions d'usage en vue de réduire tout risque de contamination par ces moustiques.


Nekraj Boodhun, 13 ans, candidat au CPE

Les examens à la maison

Il y a encore un mois, Nekraj Boodhun, 13 ans, allait à l'école et se préparait pour les prochains examens de Certificate of Primary Education (CPE). Tombé subitement malade, il est atteint du syndrome Guillain-Barré, qui lui a paralysé les membres inférieurs. Mardi, c'est chez lui à Vacoas qu'il prendra part aux épreuves.

Comme la vingtaine de milliers de candidats en Std VI, Nekraj Boodhun prendra part aux examens de CPE cette semaine. Il ne lui reste que deux jours pour se préparer avant le début des épreuves, mardi. Nekraj ne stresse pas. À la veille des examens nationaux, il affiche une bonne mine et un beau sourire. "J'aimerais avoir un collège", dit-il. Lequel ? Un établissement star de sa zone ? Un collège national ? Nekraj hausse les épaules et répond : "J'sais pas. Un collège." Ses parents Vishwaree et Proosatum Boodhun esquissent eux aussi un sourire en écoutant leur fils. La course au meilleur collège ne les intéressent pas non plus. "Honnêtement, nous n'y pensons pas ! Ce n'est pas notre priorité. C'est sa santé qui est le plus important", confie Vishwaree Boodhun, la mère de Nekraj. Atteint du syndrome Guillain-Barré, le garçon de 13 ans ne peut plus marcher. La maladie a réduit considérablement son autonomie. Pour cette raison, mardi et les trois jours suivant, c'est chez lui à Vacoas qu'il prendra part aux examens du CPE.

Vie scolaire interrompue

Il y a un peu plus d'un mois, la vie de la famille Boodhun bascule. En se réveillant le matin, Nekraj pensait pouvoir faire les mêmes gestes du quotidien avant de se rendre à l'école. Alors que son frère jumeau, Neman, saute du lit, lui, il a du mal à bouger ses membres inférieurs. Sa température a grimpé et il a des douleurs. Ses parents le transportent rapidement à l'hôpital. Le diagnostique tombe. Nekraj présente le syndrome Guillain-Barré, une maladie rare et qui a attaqué les nerfs de son organisme. Les Boodhun sont sous le choc. Paralysé, Nekraj ne pourra pas marcher pendant un certain temps : entre 6 et 12 mois. Après un traitement assez lourd à l'hôpital, il lui faudra suivre une physiothérapie. Dans son cas, la rééducation est vitale.

La vie scolaire du jeune garçon est alors interrompue. "Il a passé trois jours aux soins intensifs. Il a fait plusieurs examens et passé des moments difficiles. Mais malgré tout cela et la souffrance, notre fils a toujours gardé le moral. Il a fait preuve d'une force extraordinaire. Le premier jour de son hospitalisation, il nous a demandé de prier pour lui", se souvient sa mère, émue.

De retour chez lui après son hospitalisation, Nekraj ne se déplace plus sans l'aide de ses parents. Le déambulateur lui est aussi d'un support indispensable. Mais Nekraj ne peut s'asseoir ou se mettre debout pendant trop longtemps. Il se fatigue très vite. Malgré son moral qui surprend son entourage, il lui arrive, confie sa mère, "d'être triste parce qu'il ne peut aller dans le potager familial, laver le véhicule de son papa ou encore marcher pour se rendre à la prière." Et quand il se ressaisit, Nekraj explique qu'il veut retrouver l'usage de ses pieds "pour jouer au football."

"Plus facile de repasser les notes à la maison"

Sa déscolarisation forcée n'a pas handicapé le candidat au CPE dans sa préparation. Nekraj, qui prendra part aux examens pour la deuxième fois, connaît le curriculum. Alors, sous le regard admiratif de sa famille, le jeune garçon nous explique qu'il a lui-même élaboré un plan de travail. "Je me réveille tous les jours à 8 heures et je commence à réviser à 10 heures. Je prends 30 minutes pour repasser chaque matière. À midi, je déjeune, puis je me repose avant de reprendre la révision à 14 heures pour finir vers 15h30." Selon sa mère, les fois où Nekraj ne peut quitter son lit, son sac et ses livres ne sont jamais loin. Et quand son frère jumeau rentre de l'école, il s'intéresse toujours aux devoirs de celui-ci, question de garder le rythme.

"J'aime bien les maths, le français et les sciences", concède Nekraj. Ce dernier confie qu'il espère améliorer sa performance cette année et ne vise que le grade A. Aussi, réviser à la maison, confie le jeune candidat, a un avantage qu'il a dû apprécier. "C'est plus facile de repasser les notes à la maison parce que c'est plus tranquille. J'ai plus de temps. À l'école, il y a beaucoup d'élèves et Monsieur doit s'occuper de tout le monde. Et si je ne comprends pas quelque chose, je demande à maman."

Les Boodhun ont commencé à aménager leur salon pour mardi prochain. Ils déplaceront les fauteuils et installeront un bureau dans un coin pour Nekraj. Il fera face à un mur. Cet agencement a été approuvé par des officiers du Mauritius Examinations Syndicate qui se sont rendus chez les Boodhun. "On nous avait proposé que Nekraj prenne part aux examens à l'école. On lui aurait donné un fauteuil roulant. Mais je sais que cela n'aurait pas été possible, parce qu'il a besoin de prendre ses médicaments selon les horaires prescrits, de se rendre aux toilettes avec mon aide… ", explique Vishwaree Boodhun.

Comme pour tous les candidats qui présentent un handicap ou une maladie, le MES a alloué du temps additionnel à Nekraj. Durant les jours d'examens, un policier et des surveillants seront en poste chez les Boodhun.


Mesures spéciales pour 5 candidats

Cette année, cinq candidats prendront part aux examens de CPE en dehors des écoles (examination centers). Deux d'entre eux participeront aux épreuves à domicile, tandis que les trois autres seront à l'hôpital. Le Mauritius Examinations Syndicate a pris les dispositions qui s'imposent à cet effet. Des policiers et des surveillants seront sur place. Par ailleurs, 10 candidats présentant des troubles de la vue seront aussi en lice aux prochains examens. Ils auront droit à des questionnaires aux caractères grossis. Aussi, 300 surveillants additionnels ont été mobilisés pour renforcer le pool existant.


Centres de correction : 6 écoles mobilisées

Contrairement aux précédentes années, les papiers d'Histoire/Géographie et des Sciences ne seront pas corrigés à la SSS de Terre-Rouge. La Government Teachers' Union se dit satisfaite de ce changement. Ses négociations auprès du Mauritius Examinations Syndicate ont porté leurs fruits. Le centre de correction du Nord, selon le syndicat, présentait des inconvénients pratiques dus à sa situation géographique. La correction des papiers d'Histoire/Géographie se fera donc à l'école Baichoo Madhoo GS à Quatre-Bornes et ceux des Sciences à la Phœnix GS à Phœnix. Les papiers de maths seront corrigés à la N. Saddul GS à Vacoas, ceux d'anglais à la Mrs Émilienne Rochecouste GS à Quatre-Bornes, de français à la Louis Nellan GS à Quatre-Bornes. Quant aux papiers de langues orientales et d'arabe, ils seront corrigés à la Rémy Ollier GS A&B à Quatre-Bornes.


Fonction public

Le PS Phooker veut reprendre sa lettre de démission

Les "affaires" se suivent et ne se ressemblent pas au ministère de la Culture. Après l'affaire Gaston Valayden et le discours devant la Vaish Welfare Association, le ministère dirigé par Mukeshwar Choonee est secoué depuis deux semaines par l'affaire Phooker. En effet, après avoir démissionné suite à une lettre anonyme l'accusant de harcèlement sexuel, liaison avec une subordonnée et détournement de fonds, l'ex-PS du ministre a demandé à reprendre sa lettre.

Selon certaines informations, la source de cette curieuse affaire aurait pour origine un conflit entre quelques employés du ministère de la Culture et le Secrétaire Permanent. Déja stressé par les mésaventures (mal) vécues par son ministre dans l'affaire Gaston Valayden et le discours de d'Epinay, le PS Jugdish Dev Phooker aurait fait enclencher les procédures pour traduire 3 employés du ministère devant une instance disciplinaire. 2 de ces employés auraient été surprises en train de se faire appliquer du mehendi pendant les heures de bureau, tandis que le 3e avait mal rempli un formulaire pour le déplacement à l'étranger d'une artiste. Quelques jours après, une lettre anonyme a fait son apparition au ministère, accusant le PS de pratiquer du harcèlement sexuel ; d'entretenir une liaison amoureuse avec une de ses subordonnées et d'avoir procédé à un détournement de fonds dans le cadre de l'exposition sur la commémoration de la bataille de Grand Port. Après réception de la fameuse lettre, le Secrétaire Permanent est convoqué par ses supérieurs qui lui demandent des explications sur le contenu de la lettre. Selon des sources proches de son entourage, le PS aurait répondu et démenti point par point les 3 accusations de la lettre anonyme. A la suite de ses explications, ses supérieurs lui auraient demandé de prendre une retraite prématurée ou de se préparer à faire face à une enquête administrative. Après avoir demandé quelques jours de réflexion, Jugdish Dev Phooker a opté pour un "early retirement" et envoyé une lettre dans ce sens au secrétaire du Cabinet, à la fin de la semaine dernière. Il devait changer d'avis cette semaine après ce qui devait être sa dernière réunion avec son staff. Après avoir discuté avec ses collegues et ses proches, Jugdish Dev Phooker a décidé de faire annuler sa lettre de démission et de se préparer à faire face à une commission d'enquête. Il a envoyé une lettre cette semaine au sécretaire du Cabinet pour annoncer son intention de reprendre sa lettre de démission. La question est de savoir si sa requête sera acceptée. Selon des sources ministérielles, les provisions pour "the withrawal of a resignation letter of an officer" n'existent pas dans les règlements du Service Civil.


Se disant harcelés par la Beach Authority

Manifestation des beach hawkers prévue dans 10 jours

La plateforme pour sauver les plages publiques de Maurice, de concert avec l'Association des Beach Hawkers, se disant "persécutée" par la direction de la Beach Authority, menace de descendre dans la rue. Ils auraient reçu l'ordre, depuis deux semaines, d'évacuer les lieux avant d'être relogés, abandonnant leurs tricycles pour louer des "échoppes modernes". Mécontents, ils lancent un ultimatum de 10 jours à la BA pour revoir sa décision "arbitraire".

"Ou paye patante, fitness, asirans pou roul enn van, aster bizin laisse tou pou ale louer echoppe ?", s'insurgent les beach hawkers. "Nous ne demandons pas l'impossible", poursuivent-ils. Selon Georges Ah Yan, cette démarche de la BA s'expliquerait par les dénonciations incéssantes des beach hawkers quant aux constructions illégales de cet organisme sur nos plages publiques.

"Le ministre des Terres et du Logement a démontré qu'aucune construction ne peut être effectuée sans qu'il n'y ait au préalable eu un deproclaimation. La demande faite auprès du conseil de district en vue de continuer ses travaux n'a pas abouti. Et aujourd'hui, la Beach Authority s'acharne sur ces pères de familles qui ont plus de 25 ans de métier", explique Georges Ah Yan.

Mécontents, les beach hawkers demandent que justice leur soit rendue. "Nou zis demandé ki nou kapav travay dans tranquilité, dan enn place accessib ek pique niquers et non dan bord lari."

La plateforme prévoit une marche pacifique devant les locaux de la Beach Authority. "Suivant cette manifestation, si rien n'est fait pour considérer nos demandes, nous lancerons une série de meetings, débutant à Belle-Mare pour ratisser toute l'île", explique George Ah Yan. "Si après notre série de meetings, nos doléances tombent toujours dans l'oubli, nous n'aurons aucune autre issue que de faire une grève de la faim."

Pour la plateforme, la BA n'a plus sa place au sein de notre pays. "Nous réclamons la démission du directeur Subash Seeruthun et la dissolution de cet organisme", tempêtent les membres. George Ah Yan rappelle que feu James Burty David était offusqué de la gestion de la Beach Authority. "Il avait dénoncé ses abus. S'il était encore là, il aurait trouvé que c'est la goutte d'eau de trop dans le vase", insiste-t-il. Ce dernier insiste que le rôle de la BA se limite à la gestion et au bon fonctionnement des plages sans toutefois entreprendre des travaux, qui de surcroît sont illégaux.

Contacté, le directeur Subash Seeruthun s'est refusé à tout commentaire, nous invitant à son bureau la semaine prochaine…


Au Domaine des 7 vallées

Repeuplement des bois, forêts et cours d'eau

Depuis quelques mois, un travail intense se déroule sur les hauts plateaux entre Nouvelle France et la Mare aux Vacoas. Les dizaines d'hectares de bois, forêts et cours d'eau qui composent le Domaine des sept vallées sont en train d'être repeuplés au niveau de la flore et de la faune.

Après avoir lancé le premier projet écotouristique de l'île, le Domaine du Chasseur, il y plus d'une décennie, Alain O'Reilly avait pris des années pour le faire fonctionner et accepter par les Mauriciens. Quand le domaine était devenu le lieu incontournable de l'écotourisme local, des contraintes financières avaient contraint le propriétaire a le vendre. Avec la somme obtenue, et une fois les dettes honorées, Alain O'Reilly s'est mis en tête de recréer un autre domaine. Pour ce faire il a racheté sept chassés entre Nouvelle France et la Mare aux Vacoas pour les réunir en faire le domaine des sept vallées. Mais il ne suffit pas simplement d'acheter sept chassés, d'enlever les barrières en fil de fer qui les séparaient pour créer un domaine eco friendly. Pour transformer des terres de l'état de paturages pour élevage de cerfs pour la chasse à celui d'un endroit protégé pour les animaux évoluant librement dans leur éléments naturel, il y a eu du travail. Une centaine d'hommes y ont été employés pendant des mois. Pour aider la nature à reprendre ses droits, il a fallu tout d'abord se débarrasser de plantes nusibles sous lesquelles la forêt commençait à disparaître. Dans un premier temps, des tonnes de lianes et autres arbustes sauvages ont été déracinés pour permettre aux arbres -parfois des espèces indigènes- de recommencer à respirer pour mieux se développer. Les sentiers permettant de circuler à travers le domaine ont été refaits, de nouveaux crées, les ponts réparés et les points et cours d'eau ainsi que les sources nettoyées des algues qui les étouffaient. Après le grand nettoyage et avant de penser à repeupler les bois il a fallu se débarrasser de deux de leurs principaux ennemis: les mangoustes, qui se nourrissent d'oiseaux indigènes et de leurs oeufs et les mouches qui harcèlent les hardes de cerfs, surtout en été. Des pièges à mangoustes et à mouches ont permis d'éliminer une bonne partie de ces nuisances. Des centaines de mangoustes et des tonnes de mouches ont été capturées et détruites et cette " chasse" continue. Après le nettoyage est venu le temps du reboisement: des hectares d'herbes ont été plantés ainsi que des centaines d'arbres endémiques. Les espèces rares existantes -comme les ébéniers et les tambalacoques- ont été cloturées pour leur protection. Le but est à terme de recréer les forêts endémiques qui à l'origine recouvraient les hauts plateaux de l'île Maurice. Ces forêts étaient remplies d'une faune qui a disparu victime des prédateurs naturels, des chasseurs et autres braconniers. Un effort spécial est actuellement entrepris au domaine des sept vallées où des cailles, perdrix et pintandes couvées et élevées en captivité sont ensuite lâchées dans les bois. Des espèces d'oiseaux plus rares, comme la crécerelle et le pigeon des mares refont également partie du programme de repeuplement des fôrets du domaine. Des canards et des poules d'eau ont été réintroduits et le résultat commence à être visible sur les cours d'eau du Domaine. Un programme de repeuplement des mêmes cours d'eau a été lancé avec des larves de poissons, de camaron et écrevisses qui à l'origine remplissaient les rivières mauriciennes. Un potager a été crée pour produire dans un premier temps les légumes et fruits nécessaire au domaine avant de se spécialiser, dans un proche avenir, dans la production de produits bios.

Le travail entrepris depuis des mois commence à donner des résultats et les visiteurs peuvent désormais non seulement le constater de visu en se promenant dans le domaine mais également en goûtant à certains plats à la carte de son restaurant. Petit à petit, le Domaine des sept vallées est en train de devenir la nouvelle étape obligée de l'écoutourisme mauricien. Une étape avec des propositions pour une large gamme d'activités. Chasse au cerf ou au sanglier avec bivouac ou roulotte pour la nuit pour les amateurs de chasse -surtout les touristes. Promenades en quad pour les aventureux ou simples ballades à pied dans un environnement où la nature n'est pas seulement respectée mais protégée.


Construction d'un nouvel hôtel à Balaclava

Des pêcheurs inquiets tirent la sonnette d'alarme

"L'écosystème marin à Balaclava est menacé. Il faut à tout prix protéger notre environnement marin, détérioré par tant de développements hôteliers" : c'est ce que maintiennent une vingtaine de pêcheurs opérant dans la région de Baie du Tombeau et Roche Bois. Ces derneirs tirent la sonnette d'alarme quant à la construction d'un hôtel aux abords de la plage à le Goulet, Baie du Tombeau.

La construction de ce nouvel hôtel dans la région leue fait craindre des dégâts irréversibles dans le lagon, déjà esquinté depuis les travaux des hôtels avoisinants, dont Intercontinental. Ces pêcheurs, qui craignent pour leur survie, soutiennent que les travaux de construction de cet hôtel représente une menace pour leur survie. La direction de l'hôtel, disent-ils, les aurait auparavant approchés, leur proposant une compensation en vue des prochains travaux de dragage. Or, sur 145 pêcheurs professionnels, seulement une vingtaine aurait décliné cette offre.

Considéré comme une aubaine par certains, d'autres, en revanche, maintiennent que le lagon, lieu incourtournable de leur gagne-pain de tout temps, ne peut être vendu pour des sommes dérisoires. "Kot pe rode fouillé la, se enn plas rempli ek lacaz ourites ek crustacés. Nou na pa lé arriv mem zafer kine arrivé kan Intercontinental ti constrire", maintiennent-ils.

Aujourd'hui, disent-ils, en raison des dégâts irréversibles quant au dragage face à Intercontinental, ce lieu qui regorgeait de homards et autres fruits de mer, n'est que désolation. "Nous, les hommes de la mer, souhaitons par dessus tout protéger notre environnement marin. Ne sommes-nous pas suffisamment envahis par des développements hôteliers? Quand est-ce que les autorités réaliseront l'importance de toute vie marine? Faut-il qu'un jour, nous l'apprenions à nos dépens. Na pa zoué avec la natir…", disent-ils inquiets.

Concernés, ces pêcheurs lancent un appel aux autorités concernées, pour que cette affaire soit traitée avec urgence : "Souvan, gouvernma pas considère nou. Me aster-la ki nou ena enn ministre la pess, nou espéré ki li pou consider sa zafer-la. Non selman pou nou, mai par respect pou la mer ki nourri nou et contribié à leconomie nou pays".

Contacté à ce propos en vue d'éclaircissements, le directeur de la compagnie effectuant les travaux est resté injoignable. Dans un premier temps, le réceptionniste nous avança qu'il était pris dans une réunion, nous demandant de rappeler 20 minutes après. Lorsque nous avons appelé à l'heure convenue, il était déjà en ligne et n'a pas daigné répondre à notre 3e appel.


Loto - 50e tirage

Prochaine cagnotte à Rs 10 millions

Pour ne pas déroger à la tradition selon laquelle la cagnotte de Rs 5 millions ne porte pas chance, le 50e tirage du Loto d'hier soir n'a pas produit de gagnant. Aucune grille avec les 6 bons numéros n'avait été validée avec pour effet que le rollover s'appliquant, le prochain jackpot sera de l'ordre Rs 10 millions.

Les numéros gagnants sont : 10 - 12 - 19 - 25 - 26 - 35

Le tirage a fait 35 979 gagnants se partageant un peu plus de Rs 6 millions comme suit :

6 bons numéros : aucun gagnant

5 bons numéros : 49 gagnants qui remportent la somme de Rs 11 348 chacun, soit Rs 556 502

4 bons numéros : 2 301 gagnants qui remportent la somme de Rs 498 chacun, soit Rs 1,1 million

3 bons numéros : 33 629 gagnants qui remportent la somme de Rs 100 chacun, soit Rs

3,4 millions


Semaine Internationale Créole

Calendrier d'activités

Chaque année, depuis 1983, le 28 octobre est une occasion de célébrer la langue et la culture créoles à travers les pays et communautés ayant le Créole en partage, soit plus de 10 millions de personnes à travers le monde. Placé sous le thème Kreol morisien lor sime standardizasion, le département de français de l'Université de Maurice (UoM) organise, jeudi 21 octobre, une journée d'activités, de 9h30 à 15h, à l'ampiththéâtre LT 1, UoM.

9h30-15h30 : exposition : proverbes, sirandanes, mots-croisés, travaux d'étudiants, ouvrages édités en et/ou sur le créole.

9h30-12h : exposé et discussion sur l'histoire de l'écriture des langues créoles en général et du kreol morisien en particulier.

13h00-15h30 : animation + ateliers d'écriture (mots-croisés, poèmes, contes)

Autre événement à prévoir : l'édition 2010 LALANG PENA LEZO ! Le groupe Scope-Ste Croix, Fraternité Nord Sud, en collaboration avec le centre culturel Nelson Mandela organise le vendredi 22 octobre des soirées de jeux de mots, et des sirandanes, des mots-croisés, et des ateliers d'écriture en créole au centre Fraternité Nord Sud, à Sainte Croix, de 17h à 21h.

17h à 19h : Exposition, dictée, atelier d'écriture et mots-croisés

19h à 21h : Animation

Le public est cordialement invité.


Brèves

Activités autour de la journée du refus de la misère aujourd'hui : L'Intégration sociale à Anse-la-Raie

Le ministère de l'Intégration sociale et de l'autonomisation économique organise ce matin, à partir de 11 heures, un grand rassemblement familial au centre de jeunesse d'Anse-la-Raie. Le ministre de tutelle, Xavier-Luc Duval, lancera officiellement les activités au programme, dont une cérémonie interreligieuse. Un déjeuner sera offert par les hôtels de la région.

Le Comité du 17 octobre à Port-Louis et Riambel

Comme chaque année, le Comité du 17 octobre, qui marquera aujourd'hui la journée du refus de la misère, sera présent au Port-Louis Waterfront. Le comité, qui est présidé par Cassam Uteem, ancien président de la République, se réunira devant la stèle dressée en mémoire des victimes de la pauvreté à partir de midi. Les membres du Comité du 17 octobre seront ensuite au stade de Riambel à partir de 15 heures où à l'issue de prières interreligieuses les habitants des régions du sud pourront participer à des activités prévues à cette occasion.

Jameel Peerally expose à Mahébourg

Le thème de la pauvreté n'a pas laissé le réalisateur et photographe Jameel Peerally insensible. Il exposera les photos qu'il a réalisées dans des poches d'exclusion de Maurice aujourd'hui dans l'enceinte de London Way à Mahébourg avec le concours des SOS Children's Village (Mauritius). L'exposition, qui dévoilera les différentes facettes de la pauvreté, sera ouverte au public à partir de 10 heures et se tiendra jusqu'à 13 heures.

MAD : grand rassemblement à Rose-Hill ce samedi

Cela fait plusieurs mois déjà depuis que le Mouvement Anti-Drogue (MAD) mène une campagne de sensibilisation sur les conséquences du trafic de drogue. Après une trentaine de réunions d'information dans différentes régions auprès des résidents et aussi dans des collèges, MAD organisera un grand rassemblement sur la place Jean Margéot, à Rose-Hill, samedi prochain à partir de midi. Le but de ce rendez-vous est de poursuivre la sensibilisation sur les retombées du trafic d'opiacés et d'interpeller le gouvernement pour qu'il prenne des actions plus durables, efficaces et sincères.

Centre de Solidarité : quête annuelle les 28, 29 et 30 prochain

C'est sous le thème "Done se kontribye pou enn meyer la sante" que le Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie démarrera sa quête annuelle le 28 prochain. L'organisation non-gouvernementale, qui agit pour le traitement et la réhabilitation des toxicomanes et alcooliques, poursuivra cette activité auprès du public les 29 et 30 du mois. Les fonds récoltés serviront à financer les programmes du centre.

Journée Mondiale de l'Alimentation - "Un milliard d'affamés dans le Monde"

Hier samedi 16 octobre, l'on commémorait la Journée Mondiale de l'Alimentation. Cette année, la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation) a retenu comme thème "un milliard d'affamés dans le monde". Selon le dernier rapport mondial sur la faim, sur 122 pays considérés, 25 font face à un problème alarmant d'alimentation et quatre pays africains ont atteint un niveau très alarmant. Le pire cas de malnutrition dans le monde, selon ce rapport, se trouve être celui de la République démocratique du Congo. La pauvreté, les conflits armés et l'instabilité politique sont au nombre des principaux facteurs qui font qu'un être humain sur six meurt de faim dans le monde, dont une grande majorité d'enfants.

Même si, fort heureusement pour nous, l'on ne meurt pas de famine à Maurice, le fait que le pays importe la grande majorité de son alimentation a est préoccupant. Le pays n'est, en effet, que pleinement autosuffisant qu'en matière de production de légumes et de poulet. Encore que, dans le dernier cas, les matières premières entrant dans la production sont importées. Cette année, pour marquer l'événement au plan national, le ministère de l'Agro-industrie a, notamment, organisé une exposition de même qu'une conférence au Jardin botanique des Pamplemousses.

Pour l'amélioration des prestations - Une étude sur les dépenses de santé des ménages

Etablir ce que dépensent les ménages en matière de soins de santé: c'est ce que vise une étude du ministère de tutelle qui va démarrer bientôt. Les résultats de cette étude sur le Household Out-of-Pocket Payment for Health aideront à obtenir des données pour le National Health Accounts 2010. Le but ultime, selon le ministère de la Santé, est d'identifier et de développer des interventions financières en vue d'améliorer des prestations des soins de santé. Pour cette étude, le ministère compte sur la collaboration du public.

Syndicat des sucres - M. Gansam Boodram élu nouveau président

C'est M. Gansam Boodram qui vient d'être élu nouveau président du Syndicat des Sucres. Agé de 46 ans, M. Boodram est un spécialiste de la science agricole formé en Israël, aux Etats-Unis et en Inde. Vice-président sortant du syndicat, il a, notamment, été membre du comité de direction de la sucrerie de Médine et membre du "board" du Bulk Sugar Terminal. Outre ses activités dans la culture de la canne à Maurice ainsi qu'au Mozambique et en Ethiopie, il est aussi engagé dans la culture hydroponique et la culture sous serre. M. Boodram a M. Jacques Marrier d'Unienville pour vice-président au Syndicat des Sucres.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 17 octobre 2010