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Sécurité des non-voyants et malvoyants
Inclure le respect de la canne blanche dans le code de la route
"De nombreux malvoyants ou aveugles redoutent de sortir
dans les rues en raison de l'insécurité routière".
C'est le constat effectué par plusieurs accompagnateurs
travaillant avec les non-voyants et malvoyants. "Ces personnes
avec des difficultés visuelles craignent autant les automobilistes
que les piétons", note Sharmila Dusoyea, Outreach
Officer depuis une quinzaine d'années au Centre Loïs
Lagesse. À l'occasion de la journée mondiale de
la canne blanche, célébrée le 15 octobre,
qui sera d'ailleurs marquée par une journée d'activités
au centre demain, en la présence de la ministre de la Sécurité
sociale, Leela Devi Dookun-Lutchoomun, les responsables du Centre
Loïs Lagesse appellent au savoir-vivre des Mauriciens. Dans
leur message, placé sous le thème "la sécurité
des personnes malvoyantes et non-voyantes dans les lieux publics",
ils appellent au respect des personnes vivant avec des difficultés
visuelles. Ils profitent de cette occasion pour demander aux autorités,
entre autres suggestions, d'envisager la possibilité d'inclure
le respect de la canne blanche dans le code de la route.
"Le respect de la canne blanche" : une règle
de vie. Mais souvent, les citoyens mauriciens n'en tiennent pas
compte. "Nous recevons beaucoup de témoignages
des aveugles et de malvoyants qui se disent victimes de l'incivilité
des Mauriciens face à eux. Ena boucou vinn rode enn lot
canne blanche parski motocyclette ou bien loto finn roule lor
zot canne", raconte Sharmila Dusoyea. C'est en raison
de l'insécurité sur nos routes que de nombreuses
personnes avec des difficultés visuelles craignent de plus
en plus de sortir. "Certains préfèrent rester
cloîtrés chez eux parce qu'ils ont peur de faire
un accident ou d'être maltraités par les piétons
ou automobilistes", indique notre interlocutrice.
Afin de faciliter la mobilité des aveugles, le centre Loïs
Lagesse suggère aux autorités d'inclure le respect
de la canne blanche dans le code de la route. "Si le respect
de la canne blanche est un devoir de citoyen, l'inclure dans le
code de la route pourrait amener plus de considération
envers les aveugles et les malvoyants. Les automobilistes seront
ainsi, dès le départ, consentis de l'attitude à
adopter lorsqu'ils croisent la route d'un aveugle ou d'un malvoyant",
estime Dulsing Roy, General Manager du centre.
Une campagne de sensibilisation devrait aussi être menée
auprès des chauffeurs d'autobus car le transport en commun
est également un des problèmes majeurs que rencontrent
bon nombre de personnes non-voyantes et malvoyantes. "Ena
rest lor bistop pendant pliziers ler d'tan akoz bis pa arété
kan trouv zot tou sel lor bistop", raconte Sharmila Dusoyea.
Et souvent, ces malvoyants ou aveugles qui se rendent à
leur travail accusent des retards et risquent des ennuis à
leur poste. "Parski bannla pa payé dan bis, sofer
pa arété pou ramass zot. Ou soi, kan desan zot,
kit zot loin are bistop ou soi ek trottoir. Souvent, bann sofer
péna considération pou bann aveugles",
ajoute-t-elle.
Appel au secteur privé
Par ailleurs, si au niveau des infrastructures publiques petit
à petit les aménagements sont faits afin de faciliter
la circulation des personnes malvoyantes et non-voyantes, il est
aussi important, estiment les responsables du centre Loïs
Lagesse, que le secteur privé face un effort en ce sens.
Idem en ce qu'il s'agit du recrutement des personnes avec des
difficultés visuelles. "Employer une personne aveugle
ou malvoyante nécessite un gros investissement. Les compagnies
ne sont pas prêtes à faire ce genre de dépenses
car, non seulement il faut des programmes spéciaux par
exemple pour les postes de téléphones, mais aussi
aujourd'hui, les patrons recherchent des gens polyvalents",
explique Dulsing Roy.
Si dans le passé, poursuit Sharmila Dusoyea, les travaux
de vannerie étaient une reconnaissance du travail des aveugles
et que l'artisanat était un domaine où ils pouvaient
gagner leur vie, aujourd'hui, dit-elle, tout le monde fait de
la vannerie. "C'est devenu difficile pour les personnes
aveugles ou malvoyantes de gagner leur vie. Là encore,
nous laçons un appel aux entreprises afin de considérer
le recrutement des personnes avec un handicap", explique
notre interlocutrice. Elle fait par ailleurs ressortir que demain,
dans le cadre des activités organisées au Centre
Loïs Lagesse pour marquer la journée mondiale de la
cane blanche, sept personnes avec des difficultés visuelles
recevront leurs certificats, pour avoir suivi une formation en
vannerie mise en place par la SMEDA.
L'éducation : une priorité pour le développement
"Nous préconisons l'autonomie et l'indépendance
des personnes aveugles ou malvoyantes. Ce genre de formation les
aide à se prendre en charge. Demain, ils pourront peut-être
avoir une petite affaire à leur nom", explique
Dulsing Roy. Il fait ressortir que l'accès à l'éducation
est indispensable. D'où l'appel lancé également
aux parents ayant des enfants vivant avec un handicap visuel.
"Souvent, les parents tardent avant d'inscrire un enfant
dans nos écoles. Ils préfèrent les envoyer
dans une école primaire ou alors les garder à la
maison. Mais il faut savoir que le plus tôt que l'éducation
de ces enfants est prise en charge de manière professionnelle,
avec tout l'encadrement nécessaire, plus grandes sont les
chances de progrès dans la vie sont", indique
Sharmila Dusoyea.
Elle profite de l'occasion pour proposer aux autorités
de plancher sur la possibilité, comme avec l'introduction
de l'école des parents, de mettre sur pied un programme
d'encadrement pour les parents qui ont un enfant avec un handicap
visuel. À l'occasion de la journée mondiale de la
canne blanche, le Centre Loïs Lagesse espère sensibiliser
la population mauricienne sur le respect des personnes malvoyantes
et non-voyantes et compte sur les autorités pour respecter
leur engagement suivant la ratification des recommandations des
Nations unies pour le respect des droits des personnes handicapées.
Dubreuil: un mois après la naissance de leur bébé
Les deux mères sans logis appréhendent leur retour
dans la vieille usine
Sweety Seeram et Asha Ladenath étaient enceintes de huit
mois quand elles ont été évacuées
en juillet dernier du terrain de l'Etat qu'elles occupaient illégalement
à Dubreuil. En septembre, après avoir passé
les derniers moments de leur grossesse dans l'ancienne usine de
thé du village, elles ont accouché par césarienne.
Asha Ladenath a donné naissance à son deuxième
enfant une petite fille prénommée Manjushri. Sweety
Seeram est aussi devenue mère pour la deuxième fois
avec l'arrivée du petit Yaadveer. Hébergées
chacune chez des proches le temps des rituels religieux marquant
la naissance des enfants, les deux jeunes mères devront
partir dans les jours à venir. Elles auront à trouver
un autre logement confortable et surtout propre pour leur bébé.
Sinon, elles n'auront d'autre choix que de retourner à
l'usine où toutes les familles dorment dans la même
salle. Elles appréhendent cette éventualité.
"Kot mo pou alé ar mo ti bébé?"
Sweety Seeram, 28 ans, pousse un profond soupir. Elle n'a pas
de réponse à cette question. Et à chaque
fois qu'elle abordera l'avenir proche, la jeune femme laissera
transparaître son inquiétude. Il y a un mois, elle
a accouché d'un petit garçon par césarienne.
Jusqu'au dernier moment de sa grossesse, elle est restée
à l'usine. Après avoir passé quelques jours
à l'hôpital Victoria où elle a mis au monde
son fils Yaadveer le 14 septembre, elle a été ensuite
accueillie chez sa belle-mère à Dubreuil. "Res
ankor enn dernié sistem pou fer pou mo ti bébé,
apré mo pou bizin alé. Mo pa koné ki koté",
confie la jeune maman. "Je ne veux pas retourner à
l'usine avec mon bébé. Sa place n'est pas là-bas!",
dit-elle quasi désespérée. "Moi,
je demande au ministre Xavier-Luc Duval de se rendre à
l'usine pour constater de visu dans quelles conditions nous sommes
obligés de vivre", lance de son côté
Asha Ladenath. La jeune femme, d'une vingtaine d'année
également, tient dans ses bras Manjushri, une petite fille
née il y a aujourd'hui 40 jours. Comme Sweety, Asha a été
hébergée chez des proches. Elle vit temporairement
à Curepipe le temps de se remettre de son accouchement,
par césarienne. Dans cette vieille usine désaffectée,
il n'y a pas seulement la présence soupçonnée
de l'amiante qui rebute les deux mamans. La promiscuité
qui y règne est leur hantise. Elles ne conçoivent
pas l'idée d'allaiter leur bébé dans cette
aile; occupée par une vingtaine de couples et leurs enfants,
sans séparation, sans aucune intimité
"Est-ce que je peux emmener un bébé vivre
là-bas?"
"Mo latet fatigé", lâche Vikesh
Seeram, l'époux de Sweety, à peine rentré
de son travail. Ce dernier vient d'être embauché
par une compagnie privée. Après un regard rapide
sur Yaadveer, blotti dans les bras de son épouse, Vikesh
Seeram nous explique qu'il fait le va et vient entre l'usine et
la maison de sa mère. C'est cette dernière qui héberge
la petite famille de Vikesh Seeram. "Si mo madam pa ti
gayn tibaba nou pa ti pou vinn res la", dit-il."Quand
nous sommes arrivés, ma belle-soeur nous a cédé
sa chambre", raconte Sweety Seeram. Yaadveer n'a pas
de berceau. Il dort à côté de sa mère
et de sa soeur, âgée de 6 ans. "Mo misié
dormi lor matla anba", confie Sweety. Toutefois, dit-elle,
son époux passe la plupart de ses nuits à l'usine.
Et de poursuivre, "nous n'avons pas de toit et il est
important qu'il soit présent à l'usine pour rappeler
que nous aussi nous attendons la construction de notre maison.
Mais, quand il termine très tard dans la soirée,
pour des raisons évidentes, il ne peut rentrer à
l'usine. Il lui arrive de finir son travail à une heure
du matin." Récemment, Sweety Seeram s'est rendue
dans l'ancienne usine de thé. "Pour nettoyer l'espace
que nous occupons", dit-elle. "Mais là-bas,
je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. Est-ce que
je peux emmener un bébé vivre là-bas? Il
n'y a pas d'hygiène. Li pa bon pou lasanté",
confie la jeune femme. Après avoir passé un mois
chez des proches, Sweety Seeram ne sait toujours pas où
aller. Faute d'alternative, l'usine serait alors la prochaine
destination de son bébé. Quant à la location
d'une maison en attendant d'emménager dans celle qui leur
a été promise par le gouvernement, cette option,
selon les Seeram, ne serait pas une solution. "Nous n'avons
pas les moyens", explique la mère de famille.
Vikesh Seeram, le seul à subvenir aux besoins de sa famille,
vient tout juste de trouver de l'emploi et toute dépense
conséquente n'est pas envisageable.
Un bébé dans le dortoir corserait la cohabitation
avec les autres familles
A Curepipe où nous avons rencontré Asha et Rakesh
Ladenath, les questionnements se mêlaient à l'incompréhension.
"Pourquoi est-ce que le ministère de l'Intégration
Sociale ne commence pas la construction de nos maisons? Nous,
les familles qui se trouvent à l'usine, sommes finalement
des délaissés. On nous a délaissés!"
dit Rakesh Ladenath, d'une voix posée. Malgré le
calme qu'il affiche, le jeune père de famille se dit en
colère. Depuis que sa femme, Asha, a donné naissance
à leur deuxième enfant, il n'a vu son bébé
que trois fois. La famille de Rakesh Ladenath n'a pu faire de
la place que pour la nouvelle maman, son fils Jay, 6 ans et le
bébé. "Aujourd'hui (ndlr:mercredi dernier)
je suis passé la voir parce qu'elle a fait son premier
vaccin. Je travaille dans un champs et je ne peux pas venir les
voir tous les jours. Le soir je reste à l'usine",
confie Rakesh Ladenath. "Cette situation n'est pas évidente",
se désole Asha Ladenath.
Trois mois se sont écoulés depuis que le couple
Ladenath et les autres familles sans logis de Dubreuil ont été
relogés dans l'usine de thé du village. "Depuis
trois mois qu'on nous a dit qu'on allait construire nos maisons
rapidement. On ne voit rien venir. On n'entend rien. Il n'y a
aucun signe pour nous encourager dans cette attente. J'étais
même sur le point de prendre des feuilles de tôle
et du bois pour construire une maison sur le terrain que le ministère
du Logement nous a donné", explique Rakesh Ladenath.
Bénéficiaire du lot 47, Rakesh s'est ravisé.
"Les hommes, dit-il, sont même disposés
à mettre la main à la pâte pour la construction
des maisons. Si le ministère de l'Intégration Sociale
nous le demande, nous serions prêts à le faire pour
faire avancer les travaux." Entretemps, Rakesh Ladenath
remue ciel et terre pour trouver un hébergement pour sa
femme et ses enfants. Il reste très peu de jours avant
que la période qui leur a été accordée
ne prenne fin. Comme le couple Seeram, les Ladenath ne pourront,
disent-ils, louer une maison. "Mo gayn zis Rs 700 par
semen. Ki mo pou kapav fer ar sa? Pou kous mem li pa asé.
Mo pé travay zis pou asté manzé!"
explique Rakesh Ladenath. Et chaque jour qu'il passe à
l'usine, le jeune homme se dit de plus en plus convaincu que la
venue de son bébé dans le dortoir corserait la cohabitation
avec les autres familles. "Enn ti bébé,
li éna so ler répo, so ler kot li lévé
aswar li pléré. Apré dan lisinn éna
lapousyer, li pa pou bon pou so lasanté", dit
le père de Manjushri.
Dans l'ex-usine de thé - Les conditions de vie des familles
se dégradent
Près de trois mois après le relogement des 24 familles
sans logis de Dubreuil dans l'ancienne usine de thé du
village, les conditions de vie dans la vieille bâtisse ne
se sont pas pour autant améliorées. Pas étonnant
que des problèmes d'infrastructure ont surgi entretemps.
D'ailleurs, désaffectée en toute urgence, cette
usine devait accueillir les anciens squatteurs pour un mois seulement.
C'est ce qu'avait promis les autorités aux familles en
détresse. "Enn mwa inn vinn trwa mwa! Ou pou truvé
la, nou pou fer Divali, Nwel ek lané tou isi mem",
disent ironiquement les femmes rencontrées dans la pièce
transformée en cuisine. Le freezer, qui leur avait été
offert a disparu. "On s'en est débarrassé.
Il ne marchait plus." La télé? "Elle
n'a joué qu'un jour apré linn brilé",
disent-elles. Mais la télé n'est qu'un détail
insignifiant comparé aux coupures d'eau: "les dimanches
nous allons à la rivière pour faire la lessive et
la vaisselle", aux toilettes mobiles obstruées
Les familles se plaignent du système d'éclairage
défectueux, de la poussière, de la prolifération
des moustiques avec l'arrivée de l'été, de
la mauvaise aération dans le dortoir
Quant aux enfants
scolarisés dont une collégienne, ils doivent composer
avec le bruit du dortoir pour faire leur devoir ou réviser
en cette période d'examens. Et que dire du couloir crasseux
qui mène vers la cuisine et le dortoir? "Nous ne
voulons pas et ni pouvons rester encore plus longtemps là",
avancent les résidents de l'usine. Depuis qu'ils ont été
relogés dans ce vieux bâtiment en décrépitude,
les familles regrettent que le ministre de l'Intégration
Sociale, Xavier-Luc Duval, ne les a pas rendus visite.
A quelques pas de l'usine, le terrain qui a été
alloué aux familles par le gouvernement est encore à
l'état sauvage. "En donnant un terrain aux familles,
le ministère du Logement et des Terres a fait son devoir.
Mais nous nous demandons toujours pourquoi celui de l'Intégration
Sociale ne se manifeste pas? La construction des maisons lui revient.
Depuis que cette tâche lui a été attribuée
par le gouvernement, ce ministère n'a montré aucun
signe et ni communiqué avec les familles!" scande
Ravi Bayraw, porte-parole des familles relogées à
l'usine de Dubreuil. Dans une lettre que ce dernier a envoyé
à Xavier-Luc Duval, ministre de l'Intégration Sociale,
il lui réclame un rendez-vous pour être fixé
sur le sort des anciens squatters. "Jusqu'ici toute tentative
de communication avec le ministère a été
vaine." affirme Ravi Bayraw. Ce dernier dit ne pas comprendre
pourquoi le démarrage de la construction des 24 maisons
tarde. "Si c'est une question de budget, nous pensons
que le ministère pourrait se faire aider par le Trust
Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups, lequel
opère désormais sous sa tutelle. Cette fondation
dispose d'un budget de près de Rs 400 M pour les familles
en détresse et chaque année, la moitié de
cet argent retourne dans la caisse. Quand on sait que chaque maison
devrait coûter Rs 236 000, le financement ne devrait pas
poser de problème", note le porte-parole des familles.
Le ministère de l'Intégration Sociale et de l'Autonomisation
Economique qui s'est vu attribué la construction des 24
maisons destinées aux familles sans-logis, à Dubreuil,
n'a jusqu'ici laissé entrevoir aucune indication quant
au démarrage des travaux. Contacté à plusieurs
reprises dans le cadre de ce reportage, le responsable de communication
et porte-parole de ce ministère, qui aurait pris connaissance
de notre requête a laissé planer le silence.
Nouveaux horaires dans les dispensaires
Les décisions unilatérales de Maya Hanoomanjee
dérangent
C'est la guerre ouverte entre les syndicats et la ministre de
la Santé, Maya Hanoomanjee. Nul ne veut céder. Les
propos sont clairs d'un côté comme de l'autre. Début
de semaine dernière, la Nursing Association (NA) depose
une mise en demeure contre le ministère de la Santé.
Fin de semaine, au tour de la Nurses' Union (NU) d'annoncer des
actions syndicales fermes. Maya Hanoomajee reste ferme : "Zot
gagn drwa fer seki zot envi, mwa oci mo pou fer seki mo ena pou
fer", lance-t-elle vendredi dernier lors d'une conférence
de presse. Les deux parties assurent agir dans l'intérêt
des patients. Maya Hanoomajee ne mâche pas ses mots. Depuis
son arrivée à ce ministère, elle prend le
taureau par les cornes et implémente divers changements.
Ses décisions, qualifiées "d'unilatérales"
par les syndicats, dérangent.
"I will not take you on board then". Ce serait
les propos de la ministre de la Santé aux syndicats lors
des dernières réunions tenues avec les représentants
de la NU et de la NA. Pour cause, leur désaccord sur les
nouveaux horaires dans les dispensaires le jour de prise de sang.
Nouveaux horaires instaurés depuis le 15 octobre au niveau
de tous les Area Health Centres (AHC) et Community Health Centres
(CHC).
En vue d'alléger le mal des patients, principalement des
personnes âgées se rendant dans les dispensaires,
le ministère a décidé que le jour de prise
de sang - en raison des patients s'y rendant à jeûn
-, les AHC et CHC ouvriront à partir de 6h45 et le travail
démarrera à 7h du matin. Une décision qu'elle
avait indiqué avoir été prise "en
consultation avec la Government Servants Association (GSA), la
NU et la NA, les syndicats représentant les employés
affectés dans les dispensaires". Or, les présidents
de la NA et de la NU sont montés au créneau pour
dénoncer cette décision de la ministre de la Santé
qui, selon eux, "pas finn diskit ar nou, mais finn impoz
nou so lordre". Une attitude déplorée depuis
une semaine par ces deux syndicats, qui estiment que "drwa
infirmiers, nurses pa finn pran en considération".
Si au premier jour de l'entrée en vigueur des nouveaux
horaires dans les dispensaires, le jour de prise sanguine s'est
déroulé à la satisfaction du ministère,
vendredi dernier, selon la ministre elle-même, reste que
ces nouveaux horaires dans les dispensaires sont source de discorde
entre syndicats et ministère. La NA a, depuis lundi dernier,
suivant l'annonce de cette décision, logé une mise
en demeure contre le ministère, lui reprochant de ne pas
avoir tenu compte des doléances de son syndicat à
ce propos, pour contester cette décision. "Nous
ne sommes pas contre le fait d'ouvrir les dispensaires à
7h, mais il faut tenir compte de ce que cela implique pour les
infirmiers et nurses. Nous avons soulevé certains points
lors des dernières rencontres que nous avons eues avec
la ministre, mais nos propos n'ont pas été pris
en considération", dit Bajooanuth Kalloa, président
de la NA. Mêmes propos au sein de la NU. Le syndicaliste
Cassam Kurreeman, président de la NU, a soutenu, lors d'un
point de presse vendredi dernier, que "pa finn ena discussion,
pa finn ena negociation".
Mais Maya Hanoomanjee insiste : "J'ai eu deux rencontres
avec les syndicats, une le 13 septembre et une le 27 septembre.
D'ailleurs, les syndicalites m'ont assuré ki zot pa
pou mett baton dan larou". Ces deux rencontres, la
NU et la NA ne les nient pas, "mais c'était pour
nous informer de sa décision d'instaurer les nouveaux horaires
dans les dispensaires et réclamer notre collaboration",
dit B. Kalloa. C. Kureeman, lui, dit que les syndicats n'ont à
aucun moment refusé de travailler dans l'intérêt
des patients. "C'est notre main concern et nous
comprenons parfaitement les difficultés des malades de
devoir attendre longtemps à jeun pour une prise de sang.
Nous sommes d'accord pour l'amélioration du système,
mais pensons qu'avant toute décision, il était nécessaire
de discuter avec les infirmiers", dit le président
de la NU.
Comme B. Kalloa, Cassam Kureeman fait ressortir que les syndicats
ont eu deux rencontres avec la ministre, durant lesquelles ce
sujet a été abordé. "Me nou finn
dire ki nu pa dakor", insiste-t-il. Rejoignant les arguments
de la NA, la NU fait ressortir les nombreuses implications de
cette mesure prise "en rupture avec les conditions de
service des infirmiers". Selon leur contrat de travail,
les infirmiers devraient commencer leur journée à
8h et finir à 16h. "Pa kapav kass contrat sans
discussion", souligne C. Kureeman, ajoutant que dans
ce cas, "c'est un cas flagrant de rupture de conditions
de service des infirmiers que nous ne tolérerons pas".
"Nous sommes guidés par la Public Service Commission",
rappelle-t-il, soutenant que "si, toutefois, les infirmiers
effectuent des heures supplémentaires entre 16h et 18h,
il s'agit d'une condition négociée au préalable
avec les syndicats".
La NU fait ressortir que la ministre se trompe lorsqu'elle vient
dire qu'il faudrait faire des aménagements d'emploi du
temps uniquement le jour de prise de sang. "Cela varie
d'un dispensaire à l'autre. Il y a des AHC ou CHC où
les prises de sang se font sur un jour seulement, d'autre deux,
d'autres trois ou encore d'autres cinq", explique-t-il.
B. Kalloa souligne également qu'à travers cette
nouvelle mesure, qui stipule qu'une infirmière disposant
de son time off le jour de prise de sang pourrait rentrer
chez elle plus tôt, "Maya Hanoomanjee pe expose
nou à de gros risk".
Selon les syndicats, la présence de deux infirmiers des
deux sexes est requise dans les dispensaires. "Comment
gèrerons-nous les patients ou patientes qui refusent de
se laisser, par exemple, faire un pansement par un infirmier/une
infirmière car il/elle serait du sexe opposé?",
demande le président de la NA. Outre le fait que cette
nouvelle mesure des horaires dans les dispensaires alourdira le
travail de l'infirmier qui restera en fonction le jour où
son collègue prendra son time off et lui causera
plusieurs complications au niveau de certains examens effectués,
la NA souligne que le ministère n'a pas tenu compte des
implications sociales de cette mesure. B. Kallooa fait ainsi ressortir
que les infirmiers n'habitent pas toujours à côté
de leur lieu de travail et qu'il y a des changements au niveau
social qu'il faut considérer. De même, souligne le
syndicaliste, il aurait fallu que la ministre tienne compte qu'un
patient doit être à jeûn pendant 12 à
14 heures avant de subir une "bonne" prise de
sang. "Si les horaires de prise de sang changent, les
patients devront dîner la veille entre 16 h et 18 h, et
ne plus rien manger jusqu'à ce que la prise de sang soit
effectuée", estime-t-il. "Est-ce vraiment
dans l'intérêt des patients ?", demande
Bajooanuth Kalloa.
Le président de la NA soutient que le ministère
ne cesse d'augmenter le volume de travail des infirmiers. Un point
relevé également par la NU, qui fait ressortir que,
selon le Scheme of Service, "les prises de sang doivent
être effectuées sous supervision médicale."
"Avant, nous effectuions le travail dès 8h, tenant
compte que les premiers patients arrivaient vers 8h15-8h30 et
qu'une trentaine de minutes plus tard, le médecin serait
là, ce qui nous couvrait en cas de problème. Avec
le nouvel horaire de 7h, il faudrait compter deux heures avant
que n'arrive le médecin. Que ferons-nous s'il y a un souci
entre temps?", demandent B. Kalloa et C. Kureeman.
Si les syndicalistes soutiennent qu'ils ne sont pas contre la
mise en place de cette nouvelle mesure, bien qu'il faille également
tenir compte des droits des infirmiers, le président de
la NA souiigne que Maya Hanoomanjee a qualifié leur requête
d'allocation, en marge de ces heures de travail supplémentaires,
de "pécuniaire". "Maya Hanoomanjee
ne veut pas entendre parler d'augmentation de salaires des infirmiers
Tout travail mérite compensation!", lance le président
de NA. Par ailleurs, B. Kalloa demande si revendiquer un droit
légitime des infirmiers veut dire, comme l'a mentionné
la ministre Hanoomanjee, "mett baton dan larou ?"
"Maya Hanoomanjee mal entourée"
C. Kureeman soutient que la NU a, depuis que la ministre a pris
ses fonctions, toujours encouragé ses actions dans l'intérêt
des patients. "Mais ces derniers mois, nous constatons
que la ministre est mal avisée dans ses prises de décisions",
dit-il. "Nous l'avions mise en garde contre ces très
mauvais advisors qui, selon nous, l'auraient mise tôt
ou tard en mauvaise posture. Mais la ministre n'a pas tenu compte
et agit aujourd'hui sur de mauvais conseils", dit le
Président de la NU. Pour les syndicats, les décisions
de la ministre sont "unilatérales". La
NA fait notamment référence à la décision
de Maya Hanoomanjee que les vaccins pour la grippe A (H1N1) -
qui nécessite, selon l'association, l'intervention d'infirmiers
spécialisés en vaccination - soient effectués
par tous les infirmiers. L'association cite également les
inconvénients causés par la décision de la
ministre d'affecter les Community Health Carers Officers
à la distribution des mètres, laissant ainsi tout
le travail administratif aux infirmiers. Autre décision
de Maya Hanoomanjee qualifiée d'unilatérale par
la NA : celle d'accorder une allocation aux infirmiers pour des
"minor work or repairs" dans les dispensaires,
alors que ce travail relève des Health Services Administrators.
La liste des décisions "unilatérales"
de Maya Hanoomanjee semble longue. La NU en avance plusieurs elle
aussi. A l'instar du fait que depuis 3 mois, il existe une circulaire
dans les hôpitaux indiquant qu'aucune absence lors des night
shifts n'est tolérée et que le night bonus
correspondant sera annulé. "Selon nos conditions
de travail, un infirmier devrait effectuer 4 nuits par mois. En
raison du manque de personnel, nous avons été amenés,
après discussions, à en faire 5. Mais depuis quelque
temps, nous sommes contraints à en faire 6, 7, 8. Cela
n'est pas possible", dit C. Kureeman. "Il ne
faut pas nous prendre pour des robots". "Avec
cette circulaire, plus personne n'a le droit d'être malade,
d'avoir une mortalité ou un mariage dans la famille",
dit le syndicaliste. Pire, "en raison de cette circulaire
qui nous impose des contraintes, dorénavant, si un infirmier
doit s'absenter une nuit, comme il ne bénéficiera
pas de son night bonus, cela l'encouragera à s'absenter
d'autres nuits", dit le président de la NU. Et
le ministère devra alors, pour rétribuer un remplacement,
débourser Rs 2500 à Rs 3000 par nuit. "Voilà
les conséquences des décisions irréfléchies
du ministère !", lance C. Kureeman.
Manque de lits dans les hôpitaux
Ce syndicat déplore également le problème
de manque de lits dans les hôpitaux, surtout durant les
week-end. "C'est vraiment pitoyable ce qui se passe dans
nos hôpitaux ! Les patients qui sont admis sont contraints
de dormir dans des low beds à même le sol",
dit Cassam Kureeman. Tout malade a droit à un lit, rappellent
les syndicalistes, choqués des décisions prises
par le ministère pour pallier le manque de lits. "Qui
plus est, le ministère nous demande, à nous infirmiers,
d'expliquer aux malades la situation et de demander à ceux
qui vont mieux de céder leurs grands lits aux plus mal
lotis", indique le président de la NU. "Le
ministère ne tient pas compte des problèmes que
nous rencontrons, il ne réfléchit pas aux répercussions.
Trop, c'est trop, il est temps d'agir", estiment les
syndicats.
"Aret pran infirmiers pou dump", martèle
C. Kureeman. "Nous allons répliquer".
Dans cette optique, en marge des doléances contre les nouveaux
horaires dans les dispensaires, la NU compte étudier la
situation cette semaine dans les AHC et le CHC et appellera une
assemblée générale le 15 novembre. D'autres
actions syndicales suivront, assure le président de la
NU. A l'exemple de la ministre qui n'a pas pris la peine de consulter
les syndicats, la NU de même n'alertera aucune instance
avant d'enclencher une action.
De son côté, la NA, qui a logé une mise en
demeure contre le ministère de la Santé et fait
une demande d'injonction contre cette mesure (demande toutefois
rejetée), attend la décision du juge prévu
le 27 octobre. Entre temps, les syndicalistes, qui se sont rencontrés
hier au cours d'une réunion des délégués,
n'ont décidé d'aucun mot d'ordre pour bloquer le
travail dans les dispensaires le jour de prises sanguines. Il
a été décidé qu'une campagne de sensibilisation
et d'information en vue d'apporter des éclaircissements
sur ce dossier et autres décisions de Maya Hanoomanjee
sera effectuée auprès des membres de la NA. Les
deux syndicats penchent pour un front commun contre "la
répression". Une rencontre entre les représentants
de la NA et de la NU devrait avoir lieu cette semaine. Entre temps,
au niveau des dispensaires, les prises de sang s'effectueront
à partir de 7h, comme l'a décidé la ministre
Hanoomanjee.
Maya Hanoomanjee : "Si vrai mem zot ena vocation infirmier,
zot bizin guet lintéré piblik"
Maya Hanoomnajee indique avoir reçu une lettre de contestation
de la NA durant la semaine écoulée. "Je
dispose des notes of meetings de mes deux dernières
réunions avec la NA et la NU ainsi qu'avec les représentants
de la GSA. C'est faux de dire que je n'ai pas consulté
les syndicats". Ainsi, la ministre se dit choquée
et ne pas comprendre les motivations de la NA de geler cette nouvelle
mesure. Les raisons avancées, dit-elle, ne tiennent pas
la route. Elle cite en exemple la NA qui réclame la présence
dès 7h des médecins dans les dispensaires. "Auparavant,
bien que c'est mentionné dans leur scheme of work
que toute prise sanguine doit être faite sous la supervision
d'un médecin, les infirmiers effectuaient cette tâche
dès 8h, en attendant l'arrivée du médecin
à 9h. Pourquoi aujourd'hui la présence du médecin
serait nécessaire ?", demande Maya Hanoomanjee.
De même, dit-elle, en ce qu'il s'agit de l'allocation réclamée
par les syndicats pour ces heures supplémentaires effectuées,
"j'ai un bill énorme des overtime
au ministère ; je ne peux pas permettre que cette facture
augmente encore".
La ministre soutient qu'elle a agi "dans l'intérêt
de la population". "Qui plus est, j'ai établi
un équilibre et tenu compte des employés en leur
accordant - pour les 75 minutes de travail effectuées en
plus - 90 minutes de time off, donc, 15 minutes de bonus.
Mais la NA insiste pour une allocation financière. Je laisse
à la population le soin de juger les motivations de ce
syndicat". D'autant, ajoute-t-elle, que les infirmiers
bénéficient d'une allocation pour les heures supplémentaires
lorsqu'ils travaillent de 16h à 18h, le dimanche et les
jours fériés. Contrairement à leurs collègues
qui font 40 heures dans les hôpitaux, dit la ministre, les
infirmiers postés dans les dispensaires n'ont, eux, pas
à faire de night shift.
"Pa bizin ki pou tou kikzoz ki nou fer, nou moneye sa"
Maya Hannomanjee assure qu'elle n'est pas restée insensible
aux demandes des syndicalistes. Elle soutient qu'elle a également
pris en considération les craintes d'allégations
d'attouchements sexuels ou de conflits avancés si un seul
infirmier est opérationnel dans l'après-midi, alors
que la présence d'infirmiers des deux sexes est requise.
"Dans ces cas-là, afin d'éviter des problèmes,
j'ai indiqué que l'infirmière qui est de service
ce jour-là doit rester et qu'il lui serait permis de cumuler
son time off. De ce fait, il y aura un remplacement le
jour où la nurse devra prendre son congé",
dit la ministre.
Insistant sur sa bonne volonté pour que les choses fonctionnent
normalement avec cette nouvelle mesure, Maya Hanoomanjee lance
un appel à la NA. "Pa bizin ki pou tou kikzoz ki
nou fer, nou moneye sa", dit-elle. Et de souligner que
"si vrai mem zot ena vocation infirmier, zot bizin guet
lintéré piblik". Elle admet que les syndicats
peuvent "ne pas être d'accord. Moi mon devoir est
de voir dans quelle mesure je peux assurer la satisfaction de
la population".
Si les syndicats des infirmiers souhaitent entreprendre des actions
de contestation, la ministre dit qu'elle campera sur sa position
: "Zot gagn draw fer seki zot envi, mwa oci mo pou fer
seki mo ena pou fer !" Et de conclure, "si demain
mo aret sa service-là, ki sann-là pou reponn population
?"
Santé publique : Chik, dengue, malaria
Le ministère réclame la coopération du
public pour éviter toute prolifération de ces maladies
Si entre le 1er septembre et le 5 octobre, le ministère
de la Santé avait enregistré deux cas de chikungunya,
quatre cas de malaria et trois cas de dengue, au 15 octobre le
pays comptait officiellement quatre cas de chikungunya, quatre
autres de malaria et trois de dengue. Soit deux cas de chikungunya
de plus en 10 jours. Mais il s'agit de cas importés, notamment
de passagers en provenance de l'Inde et du Ghana, soutient la
ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee qui a tenu une conférence
de presse vendredi pour faire un bilan de la situation. Le système
de surveillance au niveau du port et de l'aéroport a été
renforcé assure le ministère, qui appelle néanmoins
la population à la vigilance. Outre les actions entreprises
sur le territoire mauricien par les autorités pour éviter
la prolifération de ces maladies transmises par les moustiques,
Maya Hanoomanjee demande au public de prendre les précautions
d'usage en vue de réduire tout risque de contamination
par ces moustiques.
Nekraj Boodhun, 13 ans, candidat au CPE
Les examens à la maison
Il y a encore un mois, Nekraj Boodhun, 13 ans, allait à
l'école et se préparait pour les prochains examens
de Certificate of Primary Education (CPE). Tombé subitement
malade, il est atteint du syndrome Guillain-Barré, qui
lui a paralysé les membres inférieurs. Mardi, c'est
chez lui à Vacoas qu'il prendra part aux épreuves.
Comme la vingtaine de milliers de candidats en Std VI, Nekraj
Boodhun prendra part aux examens de CPE cette semaine. Il ne lui
reste que deux jours pour se préparer avant le début
des épreuves, mardi. Nekraj ne stresse pas. À la
veille des examens nationaux, il affiche une bonne mine et un
beau sourire. "J'aimerais avoir un collège",
dit-il. Lequel ? Un établissement star de sa zone ? Un
collège national ? Nekraj hausse les épaules et
répond : "J'sais pas. Un collège."
Ses parents Vishwaree et Proosatum Boodhun esquissent eux
aussi un sourire en écoutant leur fils. La course au meilleur
collège ne les intéressent pas non plus. "Honnêtement,
nous n'y pensons pas ! Ce n'est pas notre priorité. C'est
sa santé qui est le plus important", confie Vishwaree
Boodhun, la mère de Nekraj. Atteint du syndrome Guillain-Barré,
le garçon de 13 ans ne peut plus marcher. La maladie a
réduit considérablement son autonomie. Pour cette
raison, mardi et les trois jours suivant, c'est chez lui à
Vacoas qu'il prendra part aux examens du CPE.
Vie scolaire interrompue
Il y a un peu plus d'un mois, la vie de la famille Boodhun bascule.
En se réveillant le matin, Nekraj pensait pouvoir faire
les mêmes gestes du quotidien avant de se rendre à
l'école. Alors que son frère jumeau, Neman, saute
du lit, lui, il a du mal à bouger ses membres inférieurs.
Sa température a grimpé et il a des douleurs. Ses
parents le transportent rapidement à l'hôpital. Le
diagnostique tombe. Nekraj présente le syndrome Guillain-Barré,
une maladie rare et qui a attaqué les nerfs de son organisme.
Les Boodhun sont sous le choc. Paralysé, Nekraj ne pourra
pas marcher pendant un certain temps : entre 6 et 12 mois. Après
un traitement assez lourd à l'hôpital, il lui faudra
suivre une physiothérapie. Dans son cas, la rééducation
est vitale.
La vie scolaire du jeune garçon est alors interrompue.
"Il a passé trois jours aux soins intensifs. Il
a fait plusieurs examens et passé des moments difficiles.
Mais malgré tout cela et la souffrance, notre fils a toujours
gardé le moral. Il a fait preuve d'une force extraordinaire.
Le premier jour de son hospitalisation, il nous a demandé
de prier pour lui", se souvient sa mère, émue.
De retour chez lui après son hospitalisation, Nekraj ne
se déplace plus sans l'aide de ses parents. Le déambulateur
lui est aussi d'un support indispensable. Mais Nekraj ne peut
s'asseoir ou se mettre debout pendant trop longtemps. Il se fatigue
très vite. Malgré son moral qui surprend son entourage,
il lui arrive, confie sa mère, "d'être triste
parce qu'il ne peut aller dans le potager familial, laver le véhicule
de son papa ou encore marcher pour se rendre à la prière."
Et quand il se ressaisit, Nekraj explique qu'il veut retrouver
l'usage de ses pieds "pour jouer au football."
"Plus facile de repasser les notes à la maison"
Sa déscolarisation forcée n'a pas handicapé
le candidat au CPE dans sa préparation. Nekraj, qui prendra
part aux examens pour la deuxième fois, connaît le
curriculum. Alors, sous le regard admiratif de sa famille, le
jeune garçon nous explique qu'il a lui-même élaboré
un plan de travail. "Je me réveille tous les jours
à 8 heures et je commence à réviser à
10 heures. Je prends 30 minutes pour repasser chaque matière.
À midi, je déjeune, puis je me repose avant de reprendre
la révision à 14 heures pour finir vers 15h30."
Selon sa mère, les fois où Nekraj ne peut quitter
son lit, son sac et ses livres ne sont jamais loin. Et quand son
frère jumeau rentre de l'école, il s'intéresse
toujours aux devoirs de celui-ci, question de garder le rythme.
"J'aime bien les maths, le français et les sciences",
concède Nekraj. Ce dernier confie qu'il espère améliorer
sa performance cette année et ne vise que le grade A. Aussi,
réviser à la maison, confie le jeune candidat, a
un avantage qu'il a dû apprécier. "C'est
plus facile de repasser les notes à la maison parce que
c'est plus tranquille. J'ai plus de temps. À l'école,
il y a beaucoup d'élèves et Monsieur doit s'occuper
de tout le monde. Et si je ne comprends pas quelque chose, je
demande à maman."
Les Boodhun ont commencé à aménager leur
salon pour mardi prochain. Ils déplaceront les fauteuils
et installeront un bureau dans un coin pour Nekraj. Il fera face
à un mur. Cet agencement a été approuvé
par des officiers du Mauritius Examinations Syndicate qui se sont
rendus chez les Boodhun. "On nous avait proposé
que Nekraj prenne part aux examens à l'école. On
lui aurait donné un fauteuil roulant. Mais je sais que
cela n'aurait pas été possible, parce qu'il a besoin
de prendre ses médicaments selon les horaires prescrits,
de se rendre aux toilettes avec mon aide
", explique
Vishwaree Boodhun.
Comme pour tous les candidats qui présentent un handicap
ou une maladie, le MES a alloué du temps additionnel à
Nekraj. Durant les jours d'examens, un policier et des surveillants
seront en poste chez les Boodhun.
Mesures spéciales pour 5 candidats
Cette année, cinq candidats prendront part aux examens
de CPE en dehors des écoles (examination centers). Deux
d'entre eux participeront aux épreuves à domicile,
tandis que les trois autres seront à l'hôpital. Le
Mauritius Examinations Syndicate a pris les dispositions qui s'imposent
à cet effet. Des policiers et des surveillants seront sur
place. Par ailleurs, 10 candidats présentant des troubles
de la vue seront aussi en lice aux prochains examens. Ils auront
droit à des questionnaires aux caractères grossis.
Aussi, 300 surveillants additionnels ont été mobilisés
pour renforcer le pool existant.
Centres de correction : 6 écoles mobilisées
Contrairement aux précédentes années, les
papiers d'Histoire/Géographie et des Sciences ne seront
pas corrigés à la SSS de Terre-Rouge. La Government
Teachers' Union se dit satisfaite de ce changement. Ses négociations
auprès du Mauritius Examinations Syndicate ont porté
leurs fruits. Le centre de correction du Nord, selon le syndicat,
présentait des inconvénients pratiques dus à
sa situation géographique. La correction des papiers d'Histoire/Géographie
se fera donc à l'école Baichoo Madhoo GS à
Quatre-Bornes et ceux des Sciences à la Phnix GS
à Phnix. Les papiers de maths seront corrigés
à la N. Saddul GS à Vacoas, ceux d'anglais à
la Mrs Émilienne Rochecouste GS à Quatre-Bornes,
de français à la Louis Nellan GS à Quatre-Bornes.
Quant aux papiers de langues orientales et d'arabe, ils seront
corrigés à la Rémy Ollier GS A&B à
Quatre-Bornes.
Fonction public
Le PS Phooker veut reprendre sa lettre de démission
Les "affaires" se suivent et ne se ressemblent pas au
ministère de la Culture. Après l'affaire Gaston
Valayden et le discours devant la Vaish Welfare Association, le
ministère dirigé par Mukeshwar Choonee est secoué
depuis deux semaines par l'affaire Phooker. En effet, après
avoir démissionné suite à une lettre anonyme
l'accusant de harcèlement sexuel, liaison avec une subordonnée
et détournement de fonds, l'ex-PS du ministre a demandé
à reprendre sa lettre.
Selon certaines informations, la source de cette curieuse affaire
aurait pour origine un conflit entre quelques employés
du ministère de la Culture et le Secrétaire Permanent.
Déja stressé par les mésaventures (mal) vécues
par son ministre dans l'affaire Gaston Valayden et le discours
de d'Epinay, le PS Jugdish Dev Phooker aurait fait enclencher
les procédures pour traduire 3 employés du ministère
devant une instance disciplinaire. 2 de ces employés auraient
été surprises en train de se faire appliquer du
mehendi pendant les heures de bureau, tandis que le 3e
avait mal rempli un formulaire pour le déplacement à
l'étranger d'une artiste. Quelques jours après,
une lettre anonyme a fait son apparition au ministère,
accusant le PS de pratiquer du harcèlement sexuel ; d'entretenir
une liaison amoureuse avec une de ses subordonnées et d'avoir
procédé à un détournement de fonds
dans le cadre de l'exposition sur la commémoration de la
bataille de Grand Port. Après réception de la fameuse
lettre, le Secrétaire Permanent est convoqué par
ses supérieurs qui lui demandent des explications sur le
contenu de la lettre. Selon des sources proches de son entourage,
le PS aurait répondu et démenti point par point
les 3 accusations de la lettre anonyme. A la suite de ses explications,
ses supérieurs lui auraient demandé de prendre une
retraite prématurée ou de se préparer à
faire face à une enquête administrative. Après
avoir demandé quelques jours de réflexion, Jugdish
Dev Phooker a opté pour un "early retirement"
et envoyé une lettre dans ce sens au secrétaire
du Cabinet, à la fin de la semaine dernière. Il
devait changer d'avis cette semaine après ce qui devait
être sa dernière réunion avec son staff. Après
avoir discuté avec ses collegues et ses proches, Jugdish
Dev Phooker a décidé de faire annuler sa lettre
de démission et de se préparer à faire face
à une commission d'enquête. Il a envoyé une
lettre cette semaine au sécretaire du Cabinet pour annoncer
son intention de reprendre sa lettre de démission. La question
est de savoir si sa requête sera acceptée. Selon
des sources ministérielles, les provisions pour "the
withrawal of a resignation letter of an officer" n'existent
pas dans les règlements du Service Civil.
Se disant harcelés par la Beach Authority
Manifestation des beach hawkers prévue dans 10 jours
La plateforme pour sauver les plages publiques de Maurice, de
concert avec l'Association des Beach Hawkers, se disant "persécutée"
par la direction de la Beach Authority, menace de descendre dans
la rue. Ils auraient reçu l'ordre, depuis deux semaines,
d'évacuer les lieux avant d'être relogés,
abandonnant leurs tricycles pour louer des "échoppes
modernes". Mécontents, ils lancent un ultimatum
de 10 jours à la BA pour revoir sa décision "arbitraire".
"Ou paye patante, fitness, asirans pou roul enn van, aster
bizin laisse tou pou ale louer echoppe ?", s'insurgent
les beach hawkers. "Nous ne demandons pas l'impossible",
poursuivent-ils. Selon Georges Ah Yan, cette démarche de
la BA s'expliquerait par les dénonciations incéssantes
des beach hawkers quant aux constructions illégales de
cet organisme sur nos plages publiques.
"Le ministre des Terres et du Logement a démontré
qu'aucune construction ne peut être effectuée sans
qu'il n'y ait au préalable eu un deproclaimation.
La demande faite auprès du conseil de district en vue de
continuer ses travaux n'a pas abouti. Et aujourd'hui, la Beach
Authority s'acharne sur ces pères de familles qui ont plus
de 25 ans de métier", explique Georges Ah Yan.
Mécontents, les beach hawkers demandent que justice leur
soit rendue. "Nou zis demandé ki nou kapav travay
dans tranquilité, dan enn place accessib ek pique niquers
et non dan bord lari."
La plateforme prévoit une marche pacifique devant les locaux
de la Beach Authority. "Suivant cette manifestation, si
rien n'est fait pour considérer nos demandes, nous lancerons
une série de meetings, débutant à Belle-Mare
pour ratisser toute l'île", explique George Ah
Yan. "Si après notre série de meetings,
nos doléances tombent toujours dans l'oubli, nous n'aurons
aucune autre issue que de faire une grève de la faim."
Pour la plateforme, la BA n'a plus sa place au sein de notre pays.
"Nous réclamons la démission du directeur
Subash Seeruthun et la dissolution de cet organisme",
tempêtent les membres. George Ah Yan rappelle que feu James
Burty David était offusqué de la gestion de la Beach
Authority. "Il avait dénoncé ses abus. S'il
était encore là, il aurait trouvé que c'est
la goutte d'eau de trop dans le vase", insiste-t-il.
Ce dernier insiste que le rôle de la BA se limite à
la gestion et au bon fonctionnement des plages sans toutefois
entreprendre des travaux, qui de surcroît sont illégaux.
Contacté, le directeur Subash Seeruthun s'est refusé
à tout commentaire, nous invitant à son bureau la
semaine prochaine
Au Domaine des 7 vallées
Repeuplement des bois, forêts et cours d'eau
Depuis quelques mois, un travail intense se déroule sur
les hauts plateaux entre Nouvelle France et la Mare aux Vacoas.
Les dizaines d'hectares de bois, forêts et cours d'eau qui
composent le Domaine des sept vallées sont en train d'être
repeuplés au niveau de la flore et de la faune.
Après avoir lancé le premier projet écotouristique
de l'île, le Domaine du Chasseur, il y plus d'une décennie,
Alain O'Reilly avait pris des années pour le faire fonctionner
et accepter par les Mauriciens. Quand le domaine était
devenu le lieu incontournable de l'écotourisme local,
des contraintes financières avaient contraint le propriétaire
a le vendre. Avec la somme obtenue, et une fois les dettes honorées,
Alain O'Reilly s'est mis en tête de recréer un autre
domaine. Pour ce faire il a racheté sept chassés
entre Nouvelle France et la Mare aux Vacoas pour les réunir
en faire le domaine des sept vallées. Mais il ne suffit
pas simplement d'acheter sept chassés, d'enlever les barrières
en fil de fer qui les séparaient pour créer un domaine
eco friendly. Pour transformer des terres de l'état de
paturages pour élevage de cerfs pour la chasse à
celui d'un endroit protégé pour les animaux évoluant
librement dans leur éléments naturel, il y a eu
du travail. Une centaine d'hommes y ont été employés
pendant des mois. Pour aider la nature à reprendre ses
droits, il a fallu tout d'abord se débarrasser de plantes
nusibles sous lesquelles la forêt commençait à
disparaître. Dans un premier temps, des tonnes de lianes
et autres arbustes sauvages ont été déracinés
pour permettre aux arbres -parfois des espèces indigènes-
de recommencer à respirer pour mieux se développer.
Les sentiers permettant de circuler à travers le domaine
ont été refaits, de nouveaux crées, les ponts
réparés et les points et cours d'eau ainsi que les
sources nettoyées des algues qui les étouffaient.
Après le grand nettoyage et avant de penser à repeupler
les bois il a fallu se débarrasser de deux de leurs principaux
ennemis: les mangoustes, qui se nourrissent d'oiseaux indigènes
et de leurs oeufs et les mouches qui harcèlent les hardes
de cerfs, surtout en été. Des pièges à
mangoustes et à mouches ont permis d'éliminer une
bonne partie de ces nuisances. Des centaines de mangoustes et
des tonnes de mouches ont été capturées et
détruites et cette " chasse" continue. Après
le nettoyage est venu le temps du reboisement: des hectares d'herbes
ont été plantés ainsi que des centaines d'arbres
endémiques. Les espèces rares existantes -comme
les ébéniers et les tambalacoques- ont été
cloturées pour leur protection. Le but est à terme
de recréer les forêts endémiques qui à
l'origine recouvraient les hauts plateaux de l'île Maurice.
Ces forêts étaient remplies d'une faune qui a disparu
victime des prédateurs naturels, des chasseurs et autres
braconniers. Un effort spécial est actuellement entrepris
au domaine des sept vallées où des cailles, perdrix
et pintandes couvées et élevées en captivité
sont ensuite lâchées dans les bois. Des espèces
d'oiseaux plus rares, comme la crécerelle et le pigeon
des mares refont également partie du programme de repeuplement
des fôrets du domaine. Des canards et des poules d'eau ont
été réintroduits et le résultat commence
à être visible sur les cours d'eau du Domaine. Un
programme de repeuplement des mêmes cours d'eau a été
lancé avec des larves de poissons, de camaron et écrevisses
qui à l'origine remplissaient les rivières mauriciennes.
Un potager a été crée pour produire dans
un premier temps les légumes et fruits nécessaire
au domaine avant de se spécialiser, dans un proche avenir,
dans la production de produits bios.
Le travail entrepris depuis des mois commence à donner
des résultats et les visiteurs peuvent désormais
non seulement le constater de visu en se promenant dans le domaine
mais également en goûtant à certains plats
à la carte de son restaurant. Petit à petit, le
Domaine des sept vallées est en train de devenir la nouvelle
étape obligée de l'écoutourisme mauricien.
Une étape avec des propositions pour une large gamme d'activités.
Chasse au cerf ou au sanglier avec bivouac ou roulotte pour la
nuit pour les amateurs de chasse -surtout les touristes. Promenades
en quad pour les aventureux ou simples ballades à pied
dans un environnement où la nature n'est pas seulement
respectée mais protégée.
Construction d'un nouvel hôtel à Balaclava
Des pêcheurs inquiets tirent la sonnette d'alarme
"L'écosystème marin à Balaclava est
menacé. Il faut à tout prix protéger notre
environnement marin, détérioré par tant de
développements hôteliers" : c'est ce que
maintiennent une vingtaine de pêcheurs opérant dans
la région de Baie du Tombeau et Roche Bois. Ces derneirs
tirent la sonnette d'alarme quant à la construction d'un
hôtel aux abords de la plage à le Goulet, Baie du
Tombeau.
La construction de ce nouvel hôtel dans la région
leue fait craindre des dégâts irréversibles
dans le lagon, déjà esquinté depuis les travaux
des hôtels avoisinants, dont Intercontinental. Ces
pêcheurs, qui craignent pour leur survie, soutiennent que
les travaux de construction de cet hôtel représente
une menace pour leur survie. La direction de l'hôtel, disent-ils,
les aurait auparavant approchés, leur proposant une compensation
en vue des prochains travaux de dragage. Or, sur 145 pêcheurs
professionnels, seulement une vingtaine aurait décliné
cette offre.
Considéré comme une aubaine par certains, d'autres,
en revanche, maintiennent que le lagon, lieu incourtournable de
leur gagne-pain de tout temps, ne peut être vendu pour des
sommes dérisoires. "Kot pe rode fouillé
la, se enn plas rempli ek lacaz ourites ek crustacés. Nou
na pa lé arriv mem zafer kine arrivé kan Intercontinental
ti constrire", maintiennent-ils.
Aujourd'hui, disent-ils, en raison des dégâts irréversibles
quant au dragage face à Intercontinental, ce lieu qui regorgeait
de homards et autres fruits de mer, n'est que désolation.
"Nous, les hommes de la mer, souhaitons par dessus tout
protéger notre environnement marin. Ne sommes-nous pas
suffisamment envahis par des développements hôteliers?
Quand est-ce que les autorités réaliseront l'importance
de toute vie marine? Faut-il qu'un jour, nous l'apprenions à
nos dépens. Na pa zoué avec la natir
",
disent-ils inquiets.
Concernés, ces pêcheurs lancent un appel aux autorités
concernées, pour que cette affaire soit traitée
avec urgence : "Souvan, gouvernma pas considère
nou. Me aster-la ki nou ena enn ministre la pess, nou espéré
ki li pou consider sa zafer-la. Non selman pou nou, mai par respect
pou la mer ki nourri nou et contribié à leconomie
nou pays".
Contacté à ce propos en vue d'éclaircissements,
le directeur de la compagnie effectuant les travaux est resté
injoignable. Dans un premier temps, le réceptionniste nous
avança qu'il était pris dans une réunion,
nous demandant de rappeler 20 minutes après. Lorsque nous
avons appelé à l'heure convenue, il était
déjà en ligne et n'a pas daigné répondre
à notre 3e appel.
Loto - 50e tirage
Prochaine cagnotte à Rs 10 millions
Pour ne pas déroger à la tradition selon laquelle
la cagnotte de Rs 5 millions ne porte pas chance, le 50e tirage
du Loto d'hier soir n'a pas produit de gagnant. Aucune grille
avec les 6 bons numéros n'avait été validée
avec pour effet que le rollover s'appliquant, le prochain jackpot
sera de l'ordre Rs 10 millions.
Les numéros gagnants sont : 10 - 12 - 19 - 25 - 26 - 35
Le tirage a fait 35 979 gagnants se partageant un peu plus de
Rs 6 millions comme suit :
6 bons numéros : aucun gagnant
5 bons numéros : 49 gagnants qui remportent la somme de
Rs 11 348 chacun, soit Rs 556 502
4 bons numéros : 2 301 gagnants qui remportent la somme
de Rs 498 chacun, soit Rs 1,1 million
3 bons numéros : 33 629 gagnants qui remportent la somme
de Rs 100 chacun, soit Rs
3,4 millions
Semaine Internationale Créole
Calendrier d'activités
Chaque année, depuis 1983, le 28 octobre est une occasion
de célébrer la langue et la culture créoles
à travers les pays et communautés ayant le Créole
en partage, soit plus de 10 millions de personnes à travers
le monde. Placé sous le thème Kreol morisien
lor sime standardizasion, le département de français
de l'Université de Maurice (UoM) organise, jeudi 21 octobre,
une journée d'activités, de 9h30 à 15h, à
l'ampiththéâtre LT 1, UoM.
9h30-15h30 : exposition : proverbes, sirandanes, mots-croisés,
travaux d'étudiants, ouvrages édités en et/ou
sur le créole.
9h30-12h : exposé et discussion sur l'histoire de l'écriture
des langues créoles en général et du kreol
morisien en particulier.
13h00-15h30 : animation + ateliers d'écriture (mots-croisés,
poèmes, contes)
Autre événement à prévoir : l'édition
2010 LALANG PENA LEZO ! Le groupe Scope-Ste Croix, Fraternité
Nord Sud, en collaboration avec le centre culturel Nelson Mandela
organise le vendredi 22 octobre des soirées de jeux de
mots, et des sirandanes, des mots-croisés, et des
ateliers d'écriture en créole au centre Fraternité
Nord Sud, à Sainte Croix, de 17h à 21h.
17h à 19h : Exposition, dictée, atelier d'écriture
et mots-croisés
19h à 21h : Animation
Le public est cordialement invité.
Brèves
Activités autour de la journée du refus de la
misère aujourd'hui : L'Intégration sociale à
Anse-la-Raie
Le ministère de l'Intégration sociale et de l'autonomisation
économique organise ce matin, à partir de 11 heures,
un grand rassemblement familial au centre de jeunesse d'Anse-la-Raie.
Le ministre de tutelle, Xavier-Luc Duval, lancera officiellement
les activités au programme, dont une cérémonie
interreligieuse. Un déjeuner sera offert par les hôtels
de la région.
Le Comité du 17 octobre à Port-Louis et Riambel
Comme chaque année, le Comité du 17 octobre, qui
marquera aujourd'hui la journée du refus de la misère,
sera présent au Port-Louis Waterfront. Le comité,
qui est présidé par Cassam Uteem, ancien président
de la République, se réunira devant la stèle
dressée en mémoire des victimes de la pauvreté
à partir de midi. Les membres du Comité du 17 octobre
seront ensuite au stade de Riambel à partir de 15 heures
où à l'issue de prières interreligieuses
les habitants des régions du sud pourront participer à
des activités prévues à cette occasion.
Jameel Peerally expose à Mahébourg
Le thème de la pauvreté n'a pas laissé le
réalisateur et photographe Jameel Peerally insensible.
Il exposera les photos qu'il a réalisées dans des
poches d'exclusion de Maurice aujourd'hui dans l'enceinte de London
Way à Mahébourg avec le concours des SOS Children's
Village (Mauritius). L'exposition, qui dévoilera les différentes
facettes de la pauvreté, sera ouverte au public à
partir de 10 heures et se tiendra jusqu'à 13 heures.
MAD : grand rassemblement à Rose-Hill ce samedi
Cela fait plusieurs mois déjà depuis que le Mouvement
Anti-Drogue (MAD) mène une campagne de sensibilisation
sur les conséquences du trafic de drogue. Après
une trentaine de réunions d'information dans différentes
régions auprès des résidents et aussi dans
des collèges, MAD organisera un grand rassemblement sur
la place Jean Margéot, à Rose-Hill, samedi prochain
à partir de midi. Le but de ce rendez-vous est de poursuivre
la sensibilisation sur les retombées du trafic d'opiacés
et d'interpeller le gouvernement pour qu'il prenne des actions
plus durables, efficaces et sincères.
Centre de Solidarité : quête annuelle les 28,
29 et 30 prochain
C'est sous le thème "Done se kontribye pou enn meyer
la sante" que le Centre de Solidarité pour une Nouvelle
Vie démarrera sa quête annuelle le 28 prochain. L'organisation
non-gouvernementale, qui agit pour le traitement et la réhabilitation
des toxicomanes et alcooliques, poursuivra cette activité
auprès du public les 29 et 30 du mois. Les fonds récoltés
serviront à financer les programmes du centre.
Journée Mondiale de l'Alimentation - "Un milliard
d'affamés dans le Monde"
Hier samedi 16 octobre, l'on commémorait la Journée
Mondiale de l'Alimentation. Cette année, la FAO (Organisation
des Nations Unies pour l'Agriculture et l'Alimentation) a retenu
comme thème "un milliard d'affamés dans
le monde". Selon le dernier rapport mondial sur la faim,
sur 122 pays considérés, 25 font face à un
problème alarmant d'alimentation et quatre pays africains
ont atteint un niveau très alarmant. Le pire cas de malnutrition
dans le monde, selon ce rapport, se trouve être celui de
la République démocratique du Congo. La pauvreté,
les conflits armés et l'instabilité politique sont
au nombre des principaux facteurs qui font qu'un être humain
sur six meurt de faim dans le monde, dont une grande majorité
d'enfants.
Même si, fort heureusement pour nous, l'on ne meurt pas
de famine à Maurice, le fait que le pays importe la grande
majorité de son alimentation a est préoccupant.
Le pays n'est, en effet, que pleinement autosuffisant qu'en matière
de production de légumes et de poulet. Encore que, dans
le dernier cas, les matières premières entrant dans
la production sont importées. Cette année, pour
marquer l'événement au plan national, le ministère
de l'Agro-industrie a, notamment, organisé une exposition
de même qu'une conférence au Jardin botanique des
Pamplemousses.
Pour l'amélioration des prestations - Une étude
sur les dépenses de santé des ménages
Etablir ce que dépensent les ménages en matière
de soins de santé: c'est ce que vise une étude du
ministère de tutelle qui va démarrer bientôt.
Les résultats de cette étude sur le Household Out-of-Pocket
Payment for Health aideront à obtenir des données
pour le National Health Accounts 2010. Le but ultime, selon le
ministère de la Santé, est d'identifier et de développer
des interventions financières en vue d'améliorer
des prestations des soins de santé. Pour cette étude,
le ministère compte sur la collaboration du public.
Syndicat des sucres - M. Gansam Boodram élu nouveau
président
C'est M. Gansam Boodram qui vient d'être élu nouveau
président du Syndicat des Sucres. Agé de 46 ans,
M. Boodram est un spécialiste de la science agricole formé
en Israël, aux Etats-Unis et en Inde. Vice-président
sortant du syndicat, il a, notamment, été membre
du comité de direction de la sucrerie de Médine
et membre du "board" du Bulk Sugar Terminal. Outre ses
activités dans la culture de la canne à Maurice
ainsi qu'au Mozambique et en Ethiopie, il est aussi engagé
dans la culture hydroponique et la culture sous serre. M. Boodram
a M. Jacques Marrier d'Unienville pour vice-président au
Syndicat des Sucres.
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