On entend souvent parler des excès des "missié-là"
dans l'industrie sucrière, celle du privé du moins,
mais on évoque rarement la qualité ou du moins l'absence
de qualité de la gestion dans le public. L'établissement
sucrier d'Etat de Rose-Belle n'échappe pas à la
fatalité des corps para étatiques et pour ce que
racontent les employés de cette unité, elle a les
mêmes caractéristiques que les autres entités
du même genre, nominés politiques qui font la pluie
et le beau temps, bal des petits copains, abus, passe-droits et
décisions irrégulières.
A commencer par la représentation des travailleurs, du
staff et des planteurs sur le conseil d'administration. La loi
stipule que c'est par le mode électif que les travailleurs
sont désignés pour siéger au board, soit
par un processus on ne peut plus démocratique. Or, depuis
2005, se prévalant d'une lecture extrêmement imaginative
de la loi sur l'établissement et du Sugar Efficiency
Act, il a, d'un trait de plume, décidé que ce
sera au management de "pick and choose" ceux
qui seront appelés à participer aux délibérations
du conseil d'administration.
Pour les principaux concernés, travailleurs et cadres confondus,
c'est cet état de choses, soit l'absence de leurs représentants
élus au board et qui n'ont ainsi plus leur mot à
dire sur la gestion de Rose-Belle qui explique la lente, mais
sûre dérive de cet établissement.
Le plus cocasse dans toute cette histoire, c'est qu'un employé
avait été nommé pour siéger au board
sur la base de son patronyme qui sonne très travailliste,
son père ayant été un ministre de Ramgoolam
père. Il avait beau avoir un nom que l'on associe aux rouges,
mais il n'a pas été le paillasson que l'on espérait.
Honnête, il a commencé à jouer à l'inquisiteur
et à l'empêcheur de tourner en rond sur le conseil
d'administration en posant des questions les unes plus embarrassantes
que les autres sur certains dysfonctionnements au niveau du management.
Résultat, il a été débarqué
du board pour faire de la place à quelqu'un de bien plus
conciliant et docile dans ses rapports avec la direction de Rose
Belle Sugar Estate. Et les choses n'ont fait qu'empirer depuis,
affirment les employés. Et, il n'y a pas que leur représentation
sur le board qui préoccupe les travailleurs. Il y a, en
fait, toute la gestion de l'entreprise qui les interpelle.
Premier point de divergence : la décision du management
d'autoriser le Chairman, Oomajee Saccaram, d'utiliser une voiture
de la compagnie, ce qui, rappellent les employés, n'était
pas le cas de ses prédécesseurs. Il y a la résidence
du General Manager qui est restée inoccupée depuis
le départ du titulaire il y a plus de cinq ans. En sus
des réunions du conseil d'administration qui y sont organisées,
ce lieu tient aussi de "salle des fêtes"
destinée au grand public.
Il y a une personne qui s'en occupe et qui la loue à des
particuliers sans qu'il y ait le moindre contrôle sur les
recettes obtenues et aucun récépissé de l'argent
pris des locataires. Il y a d'ailleurs eu le cas récent
d'un habitant de la région de Rose-Belle qui aurait loué
la maison du General Manager pour une activité familiale
et qui avait déjà payé pour la location et
qui aurait eu la désagréable surprise de constater
le jour de l'événement que le lieu était
tout simplement cadenassé. C'est suite à ses protestations
que le responsable de la résidence a été
officiellement suspendu
pour être réintégré
sans conditions.
La gestion du personnel est précisément un autre
sujet de grief des employés qui parlent de ceux qui sont
protégés et qui font la pluie et le beau temps,
parce qu'ils sont dans les bons papiers du management ou qui ont
le bon piston politique.
Même avec le SIT, on aurait eu un meilleur deal
La vente de 28 arpents de terres que l'on qualifie de "stratégiques"
à Rose-Belle dans la mesure où elles se trouvent
tout près d'un rond-point est un autre sujet qui alimente
les conversations au sein du personnel de l'établissement.
Il est dommage que la question de Rajesh Bhagwan sur cette affaire
a été retirée à la dernière
séance parlementaire, l'auteur ayant eu à subir
une intervention chirurgicale.
Toujours est-il que, question ou pas question, les langues se
délient sur ce dossier et que certains n'hésitent
pas à parler "d'arnaque" et qu'ils pointent du
doigt un agent du No 5 proche d'un ministre et qui serait l'intermédiaire
dans cette transaction douteuse.
Une superficie de 28 arpents vendue à une firme étrangère
pour Rs 36 millions, c'est un cadeau, avancent les employés
de RBSE et ceux qui s'y connaissent en marché immobilier
n'hésitent pas à dire que c'est vraiment sur le
"low side" et que l'établissement aurait obtenu
un bien meilleur prix si ces terres avaient été
vendues au Sugar Investment Trust, soit aux employés,
laboureurs, artisans et planteurs de l'industrie sucrière.
Autre sujet qui préoccupe le personnel de RBSE, certaines
conditions liées à l'autorisation donnée
à un promoteur pour l'aménagement d'un centre commercial.
Est particulièrement mis en exergue le fait qu'il ait disposé
du toit de la construction principale qui avait été
entièrement refaite au coût de Rs 7 millions sans
qu'il ait reversé les recettes à l'établissement
sucrier. D'autres transactions financières du même
genre sont également dénoncées, comme la
gestion des chassés et autres propriétés
de Rose-Belle.
Le plus étonnant dans tout ce dossier et eu égard
surtout à la représentation des travailleurs sur
le conseil d'administration de l'établissement sucrier
d'état, c'est le silence assourdissant des syndicats de
ce secteur qui se font beaucoup entendre dès lors qu'il
a le moindre macadam sur la gestion des unités du privé
mais qui restent plongés dans une inexplicable léthargie
lorsqu'il s'agit d'une entité publique, financée
et souvent sauvée de la faillite avec l'argent des contribuables.
Quel exemple de bonnes relations industrielles et de bonne gestion
que le public donne ainsi au privé dans l'indifférence
syndicale ? La question mérite d'être posée.
Ex-planteurs de Riche-Terre
Réouverture des négociations en vue d'une juste
compensation
Les négociations entre les ex-planteurs de légumes
de Riche-Terre et le gouvernement en vue d'une juste compensation
après leur déplacement forcé pour permettre
l'implantation de la zone économique chinoise, Jinfei (ex-Tianli)
sont réouvertes. Les 23 planteurs concernés ont
eu une première discussion, vendredi, avec des responsables
du ministère de l'Agro-industrie et ces discussions devraient
se poursuivre dans les jours à venir.
Selon les informations de Week-End, le gouvernement est
disposé à ne plus considérer sa dernière
offre officielle de Rs 120 000 de compensation par planteur et
leur a demandé de reformuler leurs demandes en vue de nouvelles
négociations. Les ex-planteurs campent sur une compensation
de Rs 900 000 par planteur assortie d'une demande de 10 perches
de terrain chacun. Ils ont signifié leur intention de ne
plus s'adonner à la culture vivrière et souhaite,
plutôt, utiliser la terre demandée à des fins
résidentiels.
Les déplacés réclament, en sus, une "psychological
distrubance allowance". Globalement, font-ils ressortir,
leurs demandes représenteraient une somme totale de Rs
25 millions. Ce qui, disent-ils, se compare favorablement à
la compensation globale de Rs 54 millions accordée par
le gouvernement aux anciens planteurs de canne de Riche-Terre
qui ont dû, tout aussi, évacuer les lieux en vue
de permettre la réalisation du projet Jinfei.
"C'est un pas dans la bonne direction et nous espérons
que le gouvernement joue le jeu et trouve une solution rapide
dans la négociation. C'est, en tout cas, le souhait des
planteurs", laisse-t-on entendre du côté
du comité de soutien aux ex-planteurs de Riche-Terre. Lors
des négociations, la question des dettes de ces ex-planteurs
auprès de la Banque de Développement (DBM) sera
aussi abordée. Les ex-planteurs souhaitent qu'une solution
soit aussi trouvée à ce niveau.
Polémique autour des constructions et travaux de la
Beach Authority
Guerre ouverte entre la Beach Authority et la Plate-forme pour
sauver nos plages
Après avoir une première fois été
trouvée coupable de transformer illégalement des
toilettes publiques en restaurant sur la plage publique de Mon
Choisy, la Beach Authority (BA) a, la semaine dernière,
été sanctionnée une deuxième fois
pour récidive à Flic en Flac. La Plate-forme pour
sauver les plages publiques de l'île Maurice, dont le porte-parole
est Georges Ah Yan, est de nouveau montée au créneau
pour dénoncer les pratiques illégales de la BA.
Laquelle s'est vu sommée d'arrêter tous travaux à
Flic en Flac à la suite d'un stop order émis
par le ministère des Terres et du Logement. Un hearing
a eu lieu au siège du Conseil du District en ce sens, mercredi
dernier, pour entendre les objections formulées à
l'encontre des travaux entrepris par la BA. La Plate-forme n'est,
toutefois, pas au bout de ses peines. Pour cause, ces travaux
de rénovation et de conversion ne se limiteraient pas seulement
à Mon Chosiy et à Flic-en-Flac, mais s'étendraient
à Albion, La Preneuse, Blue-Bay et Bras d'Eau.
Après que la Plate-forme ait catégoriquement contesté
la demande d'application de la BA "for proposed use of
commercial premises" sur la plage de Mon Choisy, une
lettre datant du 23 août lui a été envoyée
stipulant que l'application ne sera dans l'immédiat pas
approuvée, puisque l'avis du ministère des Terres
et du Logement et Administrations Regionales est recherché.
Cette lettre soulève l'indignation de la Plate-forme, qui
se demande si le District Council de Pamplemousses/Rivière
du Rempart n'agirait pas de connivence avec la Beach Authority.
Elle se demande par ailleurs si le directeur général,
Subash Seeruthun, a consulté le board (composé
des représentants de divers ministères, dont celui
des Terres et du Logement), avant d'entreprendre tous ces travaux.
Sollicité, S. Seeruthun a maintenu que c'est le board
qui prend toutes les décisions et non lui seul. Propos
confirmé par le chairman du board, Bob Choolun.
"Toute cette histoire est regrettable. Je confirme que
le board était au courant de ces travaux. Je peux
vous assurer que tout s'est fait en toute transparence",
a-t-il indiqué à Week-End. Or, on se
demande comment de tels travaux ont bien pu avoir lieu alors que
le Beach Authority Act de 2002 ne prévoit rien en ce sens.
A quoi Bob Choolun répond: "Dans le passé,
nous avons entrepris de tels travaux à Belle-Mare, Blue-Bay
et La Cuvette. C'est pour cette raison qu'aucun membre siégeant
sur le board n'a réagi, pas même notre legal
adviser qui a donné toute son approbation".
Pour Subash Seerathun et Bob Choolun, la seule solution pour résoudre
ce litige consiste à revoir le Beach Authority Act. Argument
que conteste fortement la Plate-forme pour sauver les plages de
Maurice. "Si donn zot plis pouvoir, Beach Authority pou
fer pillage. Nou deman dissolution Beach Authority",
rétorque Georges Ah Yan. Par ailleurs, les membres de cette
Plate-forme qui reunit des professionnels ont toujours du mal
à comprendre comment les autorités, notamment le
ministère des Terres et de Logement, peuvent laisser durer
une telle situation alors que Maurice est signataire, depuis 2002,
des Petits Etats insulaires en développement, dont
le but est de préserver les ressources marines et côtières,
entre autres.
APEC
"Pour un Observatoire des Prix loin des lobbies"
L'Association for the Protection of the Environment and Consumers
(APEC) se prononce pour un Observatoire des Prix "loin
des lobbies". Selon son président, Suttyadeo Tengur,
il s'agit d'établir un répertoire des produits ciblés
de grande consommation, tels le riz, le pain à valeur ajoutée,
la viande, le poisson, l'huile, les grains secs, le lait ou les
boissons gazeuses; de mobiliser les moyens contre les lobbies
des grandes chaînes de production et de distribution et
de constituer un groupe de techniciens/professionnels compétents
capables d'appliquer les lois et les règlementations quand
cela s'avère nécessaire contre les "lobbies
récalcitrants".
Par ailleurs, par rapport aux problèmes d'approvisionnement
en eau potable en raison, notamment, de l'importance des fuites
sur le réseau, l'APEC appelle à des "initiatives
fermes". Cette association réclame, ainsi, une
meilleure coordination de la Central Water Authority (CWA) avec
la WasteWater Management Authority (WWMA), "principale
responsable de la destruction du réseau d'adduction d'eau
lors des travaux de tranchés pour la pose des tuyaux d'assainissement".
Pour l'APEC, un contrôle "plus efficace" sur ces
travaux protègerait, inévitablement, le réseau
de la CWA de "dépenses supplémentaires",
voire, "superflues".
Lors d'une parade jeudi
Le PM: "Amendements au Bail Act et adoption prochaine
d'un Victims' Act"
Le Premier ministre a annoncé des réformes prochaines
au Bail Act, au Police Act, ainsi que l'adoption d'un Victims'
Act et d'une Victims' Charter. Il intervenait lors d'une passing
out parade au Gymkhana à Vacoas, marquant l'entrée
officielle de 707 nouvelles recrues au sein de la force policière.
Lors de son intervention, Navin Ramgoolam a rappellé que
son gouvernement s'est embarqué dans un projet d'envergure
visant à moderniser la force policière et de la
restructurer afin qu'elle serve le pays aussi efficacement que
possible. Tout cela afin de garantir plus de sécurité
à chaque mauricien.
Le Premier ministre a fait ressortir que le gouvernement a consenti
à des investissements massifs de Rs 5,2 milliards cette
année, ce qui représente une augmentation des dotations
budgétaires de la police de 68% depuis 2004. Il a aussi
fait ressortir que durant son présent mandat, 5 000 nouveaux
policiers seront recrutés. Il a réitéré
ses avertissements sans frais à tous ceux qui ont l'idée
d'agresser un policier dans l'exercice de ses fonctions. "I
want every citizen of this country to respect the uniform of the
police. I will not tolerate any abuse", a-t-il déclaré
en substance.
Navin Ramgoolam a aussi réitéré sa confiance
dans la force policière et au commissaire de police, Dhun
Iswur Rampersad, qu'il a félicité pour le bon travail
abattu. À l'issue de la cérémonie, suivie
par plus de deux milliers de personnes en dépit d'une pluie
intermittente et d'un vent par moment violent, le Premier ministre
a posé en photo avec des enfants, ainsi que des parents
des policiers.
À l'issue de la parade de circonstance, il a récompensé
trois des nouvelles recrues, à savoir Marie Dienette François,
Kaviraj Soomaroo et Veeru Seeboruth. Après la cérémonie,
le Premier ministre, très relaxe, a posé en photo
avec des enfants, ainsi que des parents de policiers. Cependant,
à un moment donné, alors qu'il se dirigeait vers
l'assistance, il a eu une phrase sèche envers ses gardes
du corps qui le serraient de trop près à son goût.
"Mo bizin ale zwenn dimounn. Zot, zot pé bar mwa
!" devait-il lâcher en leur direction.
PWA Saga
Les procès-verbaux font des vagues
Alors que la Police Welfare Association (PWA) continue d'être
secouée comme un cocotier balayé par un vent de
cyclone classe 4, le président de l'association, Ranjit
Jokhoo, nie avoir utilisé son casting vote afin
de faire approuver la décision de poursuivre ceux qui ternissent
l'association. (NDLR : voir sa mise au point plus loin ainsi que
notre réponse). Parallèlement, lors de la toute
dernière réunion de l'exécutif, qui s'est
tenue jeudi, une majorité des membres a refusé d'approuver
les procès-verbaux de la précédente réunion,
en date du 19 août. La réunion de jeudi a été
mouvementée à souhait, car les membres de l'exécutif
ont appris, par le truchement du secrétaire, Rajabahadoor
Bheemah, qu'il avait envoyé le procès-verbal de
l'assemblée générale tenue le vendredi 6
août dernier alors que celle-ci s'était terminée
par un walk-out massif. Comment ce procès-verbal
a-t-il pu être approuvé et par qui ?
Plusieurs membres de la PWA dont ceux du comité exécutif
avaient averti le Registrar of Associations de ce "non event"
du 6 août tout en mettant en garde le Registrar des tentatives
de certains membres du comité de faire accroire que les
items à l'agenda ont été discutés
et approuvés. Or, jeudi, des membres de l'exécutif
sont tombés des nues en apprenant que le secrétaire
Bheemah avait déjà envoyé ledit procès-verbal
au Registrar. Sans qu'il soit approuvé, ni même lu,
ou consulté. Certains membres étaient alors hors
d'eux et ont demandé au secrétaire pourquoi il n'avait
pas cru utile de les informer du contenu de ce procès-verbal
avant de l'envoyer au Registrar.
Le sergent Satish Buljeeon a alors averti le secrétaire
qu'il avait déjà adressé une correspondance
au Registrar afin de l'informer des événements de
cette fameuse assemblée spéciale qui avait tourné
en eau de boudin et qu'aucun item n'avait été approuvé.
Le sergent Buljeeon s'est même prévalu de son droit
de consigner une déposition à la police pour faux
s'il s'avère que le procès-verbal adressé
au Registrar comporte des faussetés.
Alors que des membres persistaient à savoir du secrétaire
pourquoi il n'avait pas informé les membres avant d'adresser
la correspondance au Registrar, le caporal Veniagare Chedumbrum-Pillay
a déclaré aux membres que le secrétaire n'a
pas obligation de les informer. Et d'ajouter que si quelqu'un
voulait s'en procurer une copie, il devait en faire la demande
auprès du Registrar. Week-End a également
appris que, depuis une semaine, des officiers du Mauritius Audit
Bureau sont dans les locaux de la PWA pour leur enquête,
faisant suite aux réponses données par le Premier
ministre à l'assemblée nationale en réponse
à une question du député Veda Balamoody.
Contestation
Allégations de conflit d'intérêts dans
l'exposition numismatique au Musée de Mahébourg
Mis en cause, le président du Conseil d'administration
des musées nationaux, lui-même un exposant, nie et
se défend
Gorah Beebeejaun est le président du Conseil d'administration
des musées nationaux du pays et, en même temps, il
assure la direction du Mauritius Institute en tant qu'officer-in-charge
depuis la suspension du directeur-titulaire, Abdool Rahman. M.
Beebeejaun et M. Von Arhnim, qui siège sur le même
Conseil d'aministration, tous deux des numismates et collectionneurs
d'objets d'antiquité très connus, avaient-ils le
droit moral d'utiliser une activité dans le cadre de la
célébration de la Bataille du Grand Port (1810)
- dont ils avaient en partie la responsabilité d'organisation
- pour y exposer leurs propres collections? Ces questions font
débat au sein d'un petit cercle très remonté
de collectionneurs, surtout depuis que la collection de M. Beebeejaun
en particulier a bénéficié d'une large couverture
dans les médias. Certains, indignés, crient au conflit
d'intérêts. Les concernés nient
Les protestations ont effectivement fusé depuis lundi dernier
et d'aucuns, également collectionneurs et numismates passionnés,
n'ont pas manqué d'y voir encore un scandale dans le cadre
de la célébration de la fameuse bataille. Selon
les affirmations des protestataires, ils n'ont jamais été
tenus au courant qu'il était de l'intention des autorités
de profiter de la célébration de la Bataille du
Grand Port pour faire exposer au public des pièces de monnaie
datant de l'époque. Ces protestataires, qui tiennent à
rester dans l'anonymat, de crainte, disent-ils, d'être l'objet
de mesures de rétorsion à l'avenir, expriment l'avis
qu'il était du "devoir des organisateurs"
de l'exposition, actuellement au Musée historique de Mahébourg,
d'informer tout le monde de l'occasion offerte de faire connaître
les plus belles pièces de leurs collections existantes.
"Au lieu de jouer le jeu en toute transparence, le président
du Conseil d'administration des musées nationaux a préféré
s'en tenir à sa propre collection et à celle de
M. Arhnim, ce qui est très unfair. Ils se sont fait
une publicité gratuite dans le cadre d'une activité
financée par les deniers publics et il est évident
que si quelqu'un souhaite maintenant acquérir des pièces
de monnaie, authentiques ou reproduites, il sait à qui
s'adresser dorénavant", dit un numismate.
Interrogé par Week-End, le président du Conseil
d'administration des musées nationaux n'a pas démenti
qu'effectivement, il n'y a pas eu d'appel public susceptible d'attirer
un plus grand nombre d'exposants. Mais M. Beebeejaun récuse
toute accusation de conflit d'intérets et de mauvaise foi.
"Beaucoup de personnes savent, depuis très longtemps,
que je suis un numismate et collectionneur, et ce n'est pas parce
que M. Von Arhnim et moi siégeons sur le Conseil d'administration
des musées que nous devons être privés du
droit d'exposer nous aussi", réplique-t-il.
M. Beebeejaun décharge également quelque peu la
responsabilité sur le ministère des Arts et de la
Culture, qui a chapeauté l'organisation de la célébration
de la Bataille du Grand Port, en affirmant que "l'exposition
des pièces de monnaies, ainsi que de billets de banque
en circulation depuis la colonisation britannique jusqu'à
nos jours, a été une initiative du ministère
et ce dernier a donné son aval sur la façon de procéder
avec l'exposition".
M. Beebeejaun déclare "regretter que certains numismates
aient pu se sentir frustrés de n'avoir pu exposer leurs
collections", mais, selon lui, "cette situation
est due au fait que le temps a fait défaut". D'après
M. Beebeejaun, initialement, l'exposition avait été
prévue pour le mois de juin. "En prévision
de cette première écheance, le comité avait
réuni quelques collectionneurs et numismates pour solliciter
leur participation, mais la plupart d'entre eux ont décliné
en évoquant le trop court délai qui leur était
accordé pour s'y préparer. Ensuite, toujours selon
le président du Conseil d'administration des musées,
lorsque la tenue de l'exposition a été repoussée
au mois courant, pour des raisons qui ont échappé
à notre contrôle, les collectionneurs qui pouvaient
éventuellement collaborer n'ont pas été recontactés",
dit M. Beebeejaun. Il a, à ce stade, ajouté
qu'"il est possible qu'une exposition similaire soit réorganisée
l'année prochaine, peut-être à l'occasion
du Museum Day, et que, cette fois-là, tous les collectionneurs
qui le désireraient puissent participer".
Demeure, cependant, la question de conflit d'intérêt.
Et le président du Conseil d'administration et son membre
M. Von Arhnim répondent que "nous n'avons tiré
aucun profit pécunier dans l'exposition qui a lieu actuellement
au Musée de Mahébourg ni, non plus, ne nous sommes
mis en quelque situation controversable". Tous deux maintiennent
qu'ils n'avaient "ni sollicité, ni besoin de publicité
autour de nos collections" et qu'ils ont "tout
simplement voulu aider le ministère dans son entreprise".
Soulignons que d'autres interrogations ont également été
soulevées par certains protestataires. L'une d'elles porte
sur l'authenticité même de certaines pièces
de monnaie exposées, dont le très célèbre
Piastre Decaen ! Les organisateurs de l'expo ont-ils pris soin
de signaler au public que l'exemplaire de cette monnaie était
une reproduction et non d'origine? A cette question, le président
du Conseil d'administration des musées nationaux/numismate
n'a pas voulu confirmer, ni infirmer. Il s'est contenté
de dire: "Si quelqu'un peut affirmer que le Piastre n'est
pas d'origine, qu'il vienne le prouver! Il y va aussi, avant tout,
d'une question de sécurité. Je ne souhaiterais pas
que tout le monde soit au courant que j'ai ou non chez moi une
pièce rare qui vaut très gros!"
Renvoyés de la "cleaning unit" du Tourisme
Une centaine de travailleurs pris en charge par l'Intégration
Sociale
Le grand ménage continue au ministère du Tourisme.
La dernière décision en date est le renvoi d'une
centaine de travailleurs de la "cleaning unit" de la
Tourism Authority considérée comme inappropriée
et très éloignée de la mission de cet organisme.
Ce sont des travailleurs pour la plupart venant de la circonscription
de l'ancien ministre de tutelle, Belle Rose-Quatre Bornes, qui
sont concernés par ce grand coup de balai qui, lui-même,
suit les observations de l'audit quant aux abus relevés
dans le recrutement effectué par la Tourism Authority.
Les travailleurs licenciés n'ont pas caché leur
amertume devant la décision prise de ne pas renouveler
leur contrat et, excédés, ont révélé
avoir, durant la dernière campagne électorale,
"placé des banderoles et collé des affiches"
pour le compte du candidat Duval. Ce dernier n'est pas resté
insensible à leur sort. Bien qu'il ait dépêché
le maladroit Joël Rault auprès de ces travailleurs
pour un dialogue en vue d'une formation rémunérée
par la National Empowerment Foundation, les principaux concernés
étaient dans un premier temps réfractaires à
la solution de rechange proposée. Certains ont quand même
accepté de recevoir une formation rapide avant leur placement
dans diverses compagnies du privé.
Lasses d'attendre les travaux de construction de leurs maisons
Les familles sans logis de Dubreuil envisagent de manifester
leur colère
Après une conférence de presse, mercredi dernier,
pour dénoncer la lenteur des autorités, les familles
sans logis de Dubreuil ne comptent pas rester silencieuses. Si
le ministère de l'Intégration Sociale ne se manifeste
pas et ne met pas ses engagements en pratique, les familles ne
croiseront pas les bras. "Le ministère du logement
et des Terres a fait la part des choses. Il a trouvé un
terrain pour la construction des maisons. L'arpentage a été
fait. Maintenant, il incombe au ministère de l'Intégration
Sociale d'assumer ses responsabilités et démarrer
la construction des unités de logement, puisque c'est lui
qui en a la charge", s'insurge Ravi Bhayraw, porte-parole
des familles sans maisons de Dubreuil. "Il avait été
dit que les premiers coups de pioche n'auraient pas tarder et
que les maisons allaient être livrées un mois après
le relogement des familles dans l'usine. Mais il n'en est rien!
Cela fait près d'un mois depuis qu'elles vivent dans ce
vieux bâtiment désaffecté, que des enfants
et des femmes tombent régulièrement malade et doivent
être hospitalisés
De plus, nous soupçonnons
fortement la présence de l'amiante dans l'usine",
poursuit ce dernier. Selon lui, il n'y aurait pas de communication
entre le ministère de l'Intégration Sociale et les
familles. Cette absence de communication, dit-il, amplifie l'inquiétude
des familles. "A ce jour, le ministre de l'Intégration
Sociale, Xavier Duval, n'a même pas visité les familles.
Il les a rencontrées lorsqu'elles étaient sous la
tente, dans la cour du centre communautaire. Par contre, Abu Kasennally
s'est rendu à l'usine à quelques reprises."
Lors de la conférence de presse de mercredi dernier,
le ministère de la Sécurité Sociale avait
été aussi pointé du doigt par les intervenants.
Il lui a été reproché de n'avoir démontré
aucun intérêt à l'égard des familles.
D'autre part, les cinq familles de Chebel menacées d'expulsion
par les autorités pour occupation illégale, sont
toujours sur place. C'est le 16 août qu'elles avaient été
avisées qu'elles auraient à quitter les maisons
qu'elles occupent sur un terrain de l'Etat. Trois de ces maisons
avaient été construites par le Trust Fund for
the Social Integration of the Vulnerable Groups. Si, depuis,
les habitations précaires n'ont pas été démolies,
des représentants du ministère du Logement et des
Terres, de même que la police, se sont rendus à Chebel
au courant de cette semaine. Leur présence a suscité
la panique chez les occupants des maisons concernées.
Infotech 2010, à Pailles
La technologie informatique en fête
L'I-Pad vole la vedette
Véritable succès d'affluence depuis trois jours
au Centre Swami-Vivekananda à Pailles. Pour cause, la technologie
informatique tient son salon. À travers la 17e édition
d'Infotech, le National Computer Board (NCB) a voulu, une nouvelle
fois cette année, faire connaître les toutes dernières
avancées en matière technologique aux Mauriciens.
Ordinateurs portables 3-D, site internet à prix réduit,
home cinéma, écrans plats, téléphones
dernier cri, offres de forfaits innovants de téléphonie
mobile, logiciels, création de son propre site entre mille
,
Infotech 2010 vise depuis son ouverture mercredi dernier à
présenter des services et produits à en perdre le
fil
Plus d'une soixantaine de stands pour mettre à
portée des Mauriciens, les dernières innovations
en matière de technologie informatique. Outre les bonnes
affaires en termes de prix que les visiteurs apprécient,
parmi les attraits de ce salon - allant des téléphones
portables aux appareils de télécopie en passant
par les possibilités de création de son propre site
internet, d'installation de caméras et autres appareils
de sécurité et de système de téléphonie
- figure la télévision 3D-LED de 40 pouces avec
les lunettes adaptées.
Ce salon ne propose pas que des produits mais aussi des services.
Infotech 2010 accorde en effet une attention particulière
aux petites et moyennes entreprises, avec notamment des fournisseurs
de services qui présentent leurs solutions technologiques
à l'intention des PME. Les potentiels entrepreneurs et
intéressés en matière de création
d'entreprises visitant le salon ont par ailleurs l'occasion, grâce
à des mini-entretiens avec des professionnels du domaine,
de recevoir les conseils.
Les treize stands du secteur des TIC et du BPO dédiés
à l'ICT Career Fair, organisée avec la collaboration
de l'Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius
(OTAM) et la Mauritius IT Industry Association (MITIA), actuellement
en processus de recrutement, représentent une aubaine pour
les demandeurs d'emplois qui visitent le salon. Les organisations
spécialisées dans la formation de professionnels
dans le domaine informatique sont également présentes
à Infotech 2010.
Et la presse a aussi sa place à Infotech 2010. Outre les
radios privées et la MBC qui animent ce salon à
travers des émissions spéciales, certains groupes
de presse en profitent pour écouler gratuitement leurs
publications. On note également la présence de la
nouvelle publication sur le marché, le magazine Tech
Know - qui fait la part belle pour sa deuxième parution
à la technologie de l'information et aux gadgets.
Si certains estiment que le thème "Intelligent Mauritius"
ne colle pas nécessairement aux produits et services mis
en avant au cours de ce salon - d'ailleurs considérés
par beaucoup d'être beaucoup plus une grande foire avec
des exposants proposant des prix et des offres promotionnelles
- Infotech 2010 aura été l'occasion pour les Mauriciens
de découvrir et apprécier ces produits et services
d'une autre dimension. Et c'est sans doute la tablette numérique
conçue par Apple - l'Ipad - qui aura le plus conquis.
La tablette tactile d'Apple, très attendue et désormais
disponible à Maurice, demeure en effet l'attraction majeure
de l'Infotech. Orientée vers les médias, notamment
les livres, journaux, magazines, films, musiques, jeux, mais aussi
vers internet et l'accès aux courriers électroniques,
l'Ipad est une innovation d'Apple, à mi-chemin entre le
MacBook et l'iPhone. Présentée à l'occasion
de ce salon, le public a la possibilité de manier la tablette
d'Apple et de faire l'expérience de l'écran tactile.
Outre l'univers de la technologie informatique, la bonne nouvelle
avec la tenue de ce salon est l'annonce, lors de l'ouverture,
par le ministre de la Technologie informatique, Tassarajen Pillay
Chedumbrum, d'une baisse prochaine d'internet à la fin
de décembre. À noter que le salon reste ouvert jusqu'à
19h ce soir pour accueillir les nombreux visiteurs.
L'entrée y est libre et des navettes gratuites sont disponibles
de la gare Victoria et de Rose-Hill jusqu'au centre de conférences.
Pollution dénoncée à Rivière du
Rempart
Une solution bientôt
Il aura fallu un énième papier paru dans notre édition
de dimanche dernier, pour que le ministre de l'Environnement,
Deva Virahsawmy, qui, de surcroît, est député
à Rivière du Rempart, réagisse au problème
de pollution qui scandalise les habitants de cette région.
En effet, ce dernier n'est pas resté insensible aux doléances
de ses mandants. Une délégation importante de plusieurs
représentants de divers ministères a été
mobilisée en vue de faire un constat des lieux mercredi
dernier. Etaient présents des représentants du District
Council de Pamplemousses/Rivière du Rempart, Waste Water
Unit et le National Environment Laboratory (NEL) entre autres.
"Je suis, pour tout vous dire, extrêmement choqué
de constater l'ampleur de cette pollution. Zordi ki monn gagne
l'occasion constate condition sa la rivière la. Li napa
possib ki en 2010 dimoun pe bizin vivre dan bann conditions parey",
a-t-il déclaré à la presse.
Une visite de plus d'une heure où plusieurs habitants de
l'endroit ont expliqué au ministre les différents
inconvénients que comporte cette pollution. "Il
y a même des enfants qui rejettent", confiera une
représentante du District Council, qui habite également
ce village depuis 40 ans. L'arrivée du CEO Sucre, Joseph
Vaudin, n'est pas passée inaperçue. Il aura fallu
l'intervention du ministre pour calmer les esprits enflammés.
Joseph Vaudin niera d'abord l'implication de Mon-Loisir dans problème
de pollution, mais il finira par concéder qu'un tuyau défectueux,
juste au-dessus d'un pont, serait à l'origine de tout.
"On ne pollue pas exprès. Un accident s'est produit",
expliqua-t-il. Il s'est dit toutefois disposé à
collaborer pleinement avec les habitants et le ministère
pour trouver une solutions au plus vite. C'est ainsi que le ministre
devait affirmer : "Li pas pou servi narnien ki nou diskiter.
Bizin rode solution. Nou tou nou mett latet ensam pou combat sa
pollution la."
Un porte-parole du ministre nous a d'ailleurs affirmé qu'une
réunion a eu lieu, jeudi, dans les locaux du ministère
de l'Environnement pour discuter de la marche à suivre.
"La rivière sera nettoyée d'ici la fin de
la semaine prochaine", a-t-il indiqué.
Les habitants, quant à eux, considèrent la visite
du ministre de l'Environnement comme une petite victoire. Ils
attendent maintenant que le ministre Deva Virahsawmy honore ses
promesses.
48e anniversaire
La Labour Agent's Association ressuscitée ?
La Labour Agent's Association célèbre ce dimanche
le 48e anniversaire de sa fondation. Une fonction est prévue
à cette occasion à partir de 10h30 au siège
de l'association, soit le bureau du Parti travailliste, au Square
Guy-Rozemont à Port-Louis.
Fondée dans le but de soutenir l'action politique du Labour
auprès de la jeunesse mauricienne à l'époque
où le pays allait accéder au statut de nation indépendante,
la Labour Agent's Association (LAA) et son partenaire, la Mauritius
Young Labour League, dont les membres en vue furent James Burty
David et Biwant Sunkur, fut un mouvement très actif jusqu'à
1968, lorsqu'elles furent toutes deux débordées
sur la gauche par un Mouvement Militant Mauricien révolutionnaire
à sa naissance.
À partir de 1982, année de la chute du régime
travailliste de SSR, la LAA amorça une rapide descente
vers la marginalisation, au point de ne jouer pratiquement aucun
rôle, même dans les campagnes électorales qui
s'ensuivirent. Mais certains de ses anciens dirigeants, qui ne
sont évidemment plus young aujourd'hui, sembleraient
vouloir ressusciter le
mort.
Les employés de Ti Vegas réclament eux aussi
un "empowerment express"
Une pétition circule en ce moment pour dénoncer
la fermeture "brutale" de Ti Vegas à Quatre-Bornes
dont le résultat serait "un drame humain"
pour les 180 employés de cette maison de jeu. Dénonçant
les autorités, ils affirment que c'est avec l'aide des
élus que l'on est en train d'augmenter le nombre de chômeurs.
D'autres, plus perfides, en appellent au premier député
de la localité et ministre de l'Intégration Sociale
afin qu'ils bénéficient du même traitement
que les "colleurs d'affiches et de banderoles",
recrutés pour la "cleaning unit" du ministère
du Tourisme, qui ont été mis à pied et qui
vont bénéficier d'un "empowerment express".
Portrait - Mark Gold
Un expert comptable passionné
Mark Gold, le vice-président de l'Association of Certified
Chartered Accountants, vient d'effectuer une brève visite
à Maurice dans le cadre des activités de la branche
locale de cette association. Voici le portrait d'un expert comptable
qui se dit passionné par sa profession. Qui, il le souligne
avec force et à plusieurs reprises, ne peut bien se pratiquer
que dans le respect des lois.
Selon son site internet officiel, l'Association of Chertified
Chartered Accountants est la plus importante organisation d'experts
comptables de par le monde avec plus de 490 000 membres et étudiants
répartis dans plus de 170 pays. Elle constitue un réseau
qui opère 80 bureaux dans le monde. C'est en 1904 que huit
comptables britanniques forment la London Association of Accountants
pour mieux organiser la profession de comptables qui devait, au
fil des années, gagner en importance en regroupant les
différentes associations uvrant dans le même
but. C'est en 1996, après avoir obtenu une charte royale
en 1984, que l'association prit officiellement le nom d'Association
of Chartered Certified Accountants, dont le sigle est devenu un
label de qualité mondial et dont certains membres occupent
des postes de hautes responsabilités dans leurs pays respectifs
et dans des institutions internationales. Qu'est-ce que l'ACCA,
dont vous êtes actuellement le Vice président, un
club de gentlemen ou un puissant lobby planétaire ? "Ni
l'un ni l'autre. C'est une organisation professionnelle ouverte
à tous les experts comptables pour leur permettre de valoriser
la profession. En fin de compte, c'est plus qu'une simple association
professionnelle : c'est une famille dont les membres vivent et
propagent une série de valeurs à travers leur métier
et dans les secteurs où ils opèrent. Dans la mesure
où les finances jouent le rôle important que l'on
sait dans le mode moderne, nous avons des anciens élèves
qui occupent des postes de responsabilités dans les différentes
instances de leurs pays. Notre association les aide à mieux
exercer leur métier." Et quid de la partie de
la question sur un éventuel lobby planétaire des
experts comptables à travers l'ACCA ? "On pourrait
dire que nous sommes un lobby, mais dans le sens noble du terme,
c'est-à-dire que nous nous entraidons au sein de la profession
dans le respect de notre éthique et de nos valeurs."
Qu'est-ce que l'éthique et les valeurs pour un expert comptable
? "Ce sont les mêmes que pour toutes les autres
professions, celles de la société. C'est-à-dire
être honnête, ne pas pratiquer la corruption et faire
son métier le mieux possible pour faire avancer la société.
L'éthique, c'est un ensemble de valeurs dont le respect
et la mise en pratique fait avancer la société."
Mais est-ce que le travail de l'expert comptable n'est pas de
s'assurer que les comptes de ses clients soient faits de manière
à ce qu'ils soient profitables en utilisant les lois à
son avantage ? Est-ce que cette obligation ne se va pas, parfois,
jusqu'au contournement des lois ? "L'expert comptable
travaille dans le respect de la loi. Il aide et conseille son
client dans le cadre légal et lui évite d'aller
contre la loi." Mais il y a dans l'histoire de la profession
d'experts comptable une étape qui se situe en 2001 avec
l'éclatement aux États-Unis du scandale Enron qui
révèle au grand jour les pratiques de certaines
firmes d'experts comptables. "Ce scandale a mis à
jour les pratiques de certaines firmes d'experts comptables qui
ne respectaient pas les règles de la profession. Depuis
l'affaire Enron, les mécanismes de contrôles internes
et externes et ont été augmentées et mis
à jour et obligent les professionnels à travailler
dans la transparence. Enron est l'illustration de ce qu'il ne
faut pas faire et a obligé la profession à examiner
en profondeur ses méthodes de fonctionnement. La finalité
de la démarche reste plus que jamais la défense
des intérêts de nos clients dans le respect des lois
et dans la transparence. Ce sont les enseignements de base d'un
expert comptable. Ce sont des valeurs non négociables."
Son CV le souligne et cela s'entend dès les premières
minutes de la rencontre : Mark Gold est passionné par son
métier d'expert comptable. D'où lui vient cette
passion ? "De mon enfance et surtout de mes années
d'école primaire. Je sus devenu expert comptable parce
que j'avais à l'école primaire un excellent professeur
de mathématiques qui m'a transmis la passion des chiffres
et des affaires. J'ai eu, très jeune, l'ambition de devenir
comptable et j'ai tout fait au cours de mes années d'études,
du primaire à l'université, pour réaliser
cet objectif. Je crois que j'étais fait pour devenir expert
comptable, c'est un métier que je pratique avec une passion
dont l'intensité n'a jamais varié. Ce métier
me passionne parce que, de mon point de vue, ce n'est pas un métier
comme les autres." Sorti de l'université d'Essex
avec un degré en économie et en politique, Mark
Gold s'accorde une année sabbatique pour faire le tour
du monde. Il se joindra par la suite à Silver Levene, une
des grandes firmes de comptabilité de la Grande-Bretagne
dont il est aujourd'hui un des principaux partenaires. Silver
Levene est spécialisée dans les secteurs de l'entertainement,
où évolue, avec un bonheur manifeste, Mark Gold.
S'est-il spécialisé dans la gestion des affaires
des stars de l'entertainment parce qu'il y a plus d'argent dans
ce secteur que dans celui des affaires traditionnelles ? "Pas
forcément. Dans le concret, c'est le même job que
celui de l'expert comptable qui travaille pour une entreprise
ou une société familiale. Il s'agit de vérifier
les comptes toujours dans le respect des lois." Faisons
un peu de pipolerie : qui sont les clients de Mark Gold ? "Pour
des raisons d'éthique évidentes, je ne peux pas
vous révéler l'identité de mes clients, mais
je peux vous dire qu'ils évoluent dans les secteurs du
cinéma, de la chanson, de la télévision et
du football essentiellement britanniques et écossais."
Sont-ils plus faciles à gérer et à conseiller
que les clients "normaux" ? "Pas nécessairement.
La nature du travail reste la même, la différence
réside dans la personnalité des clients qui, de
par leur métier, sont beaucoup plus extrovertis."
Est-ce que les stars sont plus enclins à vouloir faire
de l'évasion fiscale que les autres ? "Pas plus
que tous ceux qui ont à payer des impôts. Ici, comme
ailleurs, le travail de l'expert comptable est d'aider son client
dans le respect des lois." C'est en tant que vice-président
de l'ACCA, poste qu'il occupe depuis quelques années, que
Mark Gold vient d'effectuer une visite à Maurice. Il a
eu des réunions avec les partenaires et membres de l'ACCA
et, après avoir rencontré diverses personnalités
du pays, il a été l'invité d'honneur de la
première ACCA Mauritius New Members Ceremony, organisée
par la branche locale de l'association. Une branche locale dont
le vice-président de l'ACCA se dit entièrement satisfait.
Nous avons terminé le portrait de cet expert comptable
britannique passionné par une question sur la situation
économique dans son pays. "En dépit des
erreurs du passé et de la situation actuelle, j'ai confiance
dans l'avenir économique de la Grande-Bretagne. J'ai appris
la leçon suivante il y a des années : l'économie
est soumise à intervalles réguliers à des
crises dues à des contractions du système provoquées
par des abus et puis cela repart. La crise économique actuelle
est sans doute une des plus sévères que le monde
ait connue, mais elle s'inscrit dans un cycle "normal."
L'économie mondiale a bien survécu à la grande
dépression américaine de la fin des années
20. La crise actuelle, qui est provoquée par le comportement
des banques, nous rappelle que le respect des règles de
l'éthique est indispensable pour permettre au système
de fonctionner. J'espère que les leçons nécessaires
seront tirées de la crise à tous les niveaux."