s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 29 août 2010



  La gestion de Rose Belle Sugar Estate - Les employés dénoncent…
  Ex-planteurs de Riche-Terre - Réouverture des négociations en vue d'une juste compensation
  Polémique autour des constructions et travaux de la Beach Authority - Guerre ouverte entre la Beach Authority et la Plate-forme pour sauver nos plages
  APEC - "Pour un Observatoire des Prix loin des lobbies"
  Lors d'une parade jeudi - Le PM: "Amendements au Bail Act et adoption prochaine d'un Victims' Act"
  PWA Saga - Les procès-verbaux font des vagues
  Contestation - Allégations de conflit d'intérêts dans l'exposition numismatique au Musée de Mahébourg
  Renvoyés de la "cleaning unit" du Tourisme - Une centaine de travailleurs pris en charge par l'Intégration Sociale
  Lasses d'attendre les travaux de construction de leurs maisons - Les familles sans logis de Dubreuil envisagent de manifester leur colère
  Infotech 2010, à Pailles - La technologie informatique en fête : L'I-Pad vole la vedette
  Pollution dénoncée à Rivière du Rempart - Une solution bientôt
  48e anniversaire - La Labour Agent's Association ressuscitée ?
  Les employés de Ti Vegas réclament eux aussi un "empowerment express"
  Portrait — Mark Gold - Un expert comptable passionné


La gestion de Rose Belle Sugar Estate

Les employés dénoncent…

On entend souvent parler des excès des "missié-là" dans l'industrie sucrière, celle du privé du moins, mais on évoque rarement la qualité ou du moins l'absence de qualité de la gestion dans le public. L'établissement sucrier d'Etat de Rose-Belle n'échappe pas à la fatalité des corps para étatiques et pour ce que racontent les employés de cette unité, elle a les mêmes caractéristiques que les autres entités du même genre, nominés politiques qui font la pluie et le beau temps, bal des petits copains, abus, passe-droits et décisions irrégulières.

A commencer par la représentation des travailleurs, du staff et des planteurs sur le conseil d'administration. La loi stipule que c'est par le mode électif que les travailleurs sont désignés pour siéger au board, soit par un processus on ne peut plus démocratique. Or, depuis 2005, se prévalant d'une lecture extrêmement imaginative de la loi sur l'établissement et du Sugar Efficiency Act, il a, d'un trait de plume, décidé que ce sera au management de "pick and choose" ceux qui seront appelés à participer aux délibérations du conseil d'administration.

Pour les principaux concernés, travailleurs et cadres confondus, c'est cet état de choses, soit l'absence de leurs représentants élus au board et qui n'ont ainsi plus leur mot à dire sur la gestion de Rose-Belle qui explique la lente, mais sûre dérive de cet établissement.

Le plus cocasse dans toute cette histoire, c'est qu'un employé avait été nommé pour siéger au board sur la base de son patronyme qui sonne très travailliste, son père ayant été un ministre de Ramgoolam… père. Il avait beau avoir un nom que l'on associe aux rouges, mais il n'a pas été le paillasson que l'on espérait. Honnête, il a commencé à jouer à l'inquisiteur et à l'empêcheur de tourner en rond sur le conseil d'administration en posant des questions les unes plus embarrassantes que les autres sur certains dysfonctionnements au niveau du management.

Résultat, il a été débarqué du board pour faire de la place à quelqu'un de bien plus conciliant et docile dans ses rapports avec la direction de Rose Belle Sugar Estate. Et les choses n'ont fait qu'empirer depuis, affirment les employés. Et, il n'y a pas que leur représentation sur le board qui préoccupe les travailleurs. Il y a, en fait, toute la gestion de l'entreprise qui les interpelle.

Premier point de divergence : la décision du management d'autoriser le Chairman, Oomajee Saccaram, d'utiliser une voiture de la compagnie, ce qui, rappellent les employés, n'était pas le cas de ses prédécesseurs. Il y a la résidence du General Manager qui est restée inoccupée depuis le départ du titulaire il y a plus de cinq ans. En sus des réunions du conseil d'administration qui y sont organisées, ce lieu tient aussi de "salle des fêtes" destinée au grand public.

Il y a une personne qui s'en occupe et qui la loue à des particuliers sans qu'il y ait le moindre contrôle sur les recettes obtenues et aucun récépissé de l'argent pris des locataires. Il y a d'ailleurs eu le cas récent d'un habitant de la région de Rose-Belle qui aurait loué la maison du General Manager pour une activité familiale et qui avait déjà payé pour la location et qui aurait eu la désagréable surprise de constater le jour de l'événement que le lieu était tout simplement cadenassé. C'est suite à ses protestations que le responsable de la résidence a été officiellement suspendu… pour être réintégré sans conditions.

La gestion du personnel est précisément un autre sujet de grief des employés qui parlent de ceux qui sont protégés et qui font la pluie et le beau temps, parce qu'ils sont dans les bons papiers du management ou qui ont le bon piston politique.

Même avec le SIT, on aurait eu un meilleur deal…

La vente de 28 arpents de terres que l'on qualifie de "stratégiques" à Rose-Belle dans la mesure où elles se trouvent tout près d'un rond-point est un autre sujet qui alimente les conversations au sein du personnel de l'établissement. Il est dommage que la question de Rajesh Bhagwan sur cette affaire a été retirée à la dernière séance parlementaire, l'auteur ayant eu à subir une intervention chirurgicale.

Toujours est-il que, question ou pas question, les langues se délient sur ce dossier et que certains n'hésitent pas à parler "d'arnaque" et qu'ils pointent du doigt un agent du No 5 proche d'un ministre et qui serait l'intermédiaire dans cette transaction douteuse.

Une superficie de 28 arpents vendue à une firme étrangère pour Rs 36 millions, c'est un cadeau, avancent les employés de RBSE et ceux qui s'y connaissent en marché immobilier n'hésitent pas à dire que c'est vraiment sur le "low side" et que l'établissement aurait obtenu un bien meilleur prix si ces terres avaient été vendues au Sugar Investment Trust, soit aux employés, laboureurs, artisans et planteurs de l'industrie sucrière.

Autre sujet qui préoccupe le personnel de RBSE, certaines conditions liées à l'autorisation donnée à un promoteur pour l'aménagement d'un centre commercial. Est particulièrement mis en exergue le fait qu'il ait disposé du toit de la construction principale qui avait été entièrement refaite au coût de Rs 7 millions sans qu'il ait reversé les recettes à l'établissement sucrier. D'autres transactions financières du même genre sont également dénoncées, comme la gestion des chassés et autres propriétés de Rose-Belle.

Le plus étonnant dans tout ce dossier et eu égard surtout à la représentation des travailleurs sur le conseil d'administration de l'établissement sucrier d'état, c'est le silence assourdissant des syndicats de ce secteur qui se font beaucoup entendre dès lors qu'il a le moindre macadam sur la gestion des unités du privé mais qui restent plongés dans une inexplicable léthargie lorsqu'il s'agit d'une entité publique, financée et souvent sauvée de la faillite avec l'argent des contribuables. Quel exemple de bonnes relations industrielles et de bonne gestion que le public donne ainsi au privé dans l'indifférence syndicale ? La question mérite d'être posée.


Ex-planteurs de Riche-Terre

Réouverture des négociations en vue d'une juste compensation

Les négociations entre les ex-planteurs de légumes de Riche-Terre et le gouvernement en vue d'une juste compensation après leur déplacement forcé pour permettre l'implantation de la zone économique chinoise, Jinfei (ex-Tianli) sont réouvertes. Les 23 planteurs concernés ont eu une première discussion, vendredi, avec des responsables du ministère de l'Agro-industrie et ces discussions devraient se poursuivre dans les jours à venir.

Selon les informations de Week-End, le gouvernement est disposé à ne plus considérer sa dernière offre officielle de Rs 120 000 de compensation par planteur et leur a demandé de reformuler leurs demandes en vue de nouvelles négociations. Les ex-planteurs campent sur une compensation de Rs 900 000 par planteur assortie d'une demande de 10 perches de terrain chacun. Ils ont signifié leur intention de ne plus s'adonner à la culture vivrière et souhaite, plutôt, utiliser la terre demandée à des fins résidentiels.

Les déplacés réclament, en sus, une "psychological distrubance allowance". Globalement, font-ils ressortir, leurs demandes représenteraient une somme totale de Rs 25 millions. Ce qui, disent-ils, se compare favorablement à la compensation globale de Rs 54 millions accordée par le gouvernement aux anciens planteurs de canne de Riche-Terre qui ont dû, tout aussi, évacuer les lieux en vue de permettre la réalisation du projet Jinfei.

"C'est un pas dans la bonne direction et nous espérons que le gouvernement joue le jeu et trouve une solution rapide dans la négociation. C'est, en tout cas, le souhait des planteurs", laisse-t-on entendre du côté du comité de soutien aux ex-planteurs de Riche-Terre. Lors des négociations, la question des dettes de ces ex-planteurs auprès de la Banque de Développement (DBM) sera aussi abordée. Les ex-planteurs souhaitent qu'une solution soit aussi trouvée à ce niveau.


Polémique autour des constructions et travaux de la Beach Authority

Guerre ouverte entre la Beach Authority et la Plate-forme pour sauver nos plages

Après avoir une première fois été trouvée coupable de transformer illégalement des toilettes publiques en restaurant sur la plage publique de Mon Choisy, la Beach Authority (BA) a, la semaine dernière, été sanctionnée une deuxième fois pour récidive à Flic en Flac. La Plate-forme pour sauver les plages publiques de l'île Maurice, dont le porte-parole est Georges Ah Yan, est de nouveau montée au créneau pour dénoncer les pratiques illégales de la BA. Laquelle s'est vu sommée d'arrêter tous travaux à Flic en Flac à la suite d'un stop order émis par le ministère des Terres et du Logement. Un hearing a eu lieu au siège du Conseil du District en ce sens, mercredi dernier, pour entendre les objections formulées à l'encontre des travaux entrepris par la BA. La Plate-forme n'est, toutefois, pas au bout de ses peines. Pour cause, ces travaux de rénovation et de conversion ne se limiteraient pas seulement à Mon Chosiy et à Flic-en-Flac, mais s'étendraient à Albion, La Preneuse, Blue-Bay et Bras d'Eau.

Après que la Plate-forme ait catégoriquement contesté la demande d'application de la BA "for proposed use of commercial premises" sur la plage de Mon Choisy, une lettre datant du 23 août lui a été envoyée stipulant que l'application ne sera dans l'immédiat pas approuvée, puisque l'avis du ministère des Terres et du Logement et Administrations Regionales est recherché. Cette lettre soulève l'indignation de la Plate-forme, qui se demande si le District Council de Pamplemousses/Rivière du Rempart n'agirait pas de connivence avec la Beach Authority. Elle se demande par ailleurs si le directeur général, Subash Seeruthun, a consulté le board (composé des représentants de divers ministères, dont celui des Terres et du Logement), avant d'entreprendre tous ces travaux. Sollicité, S. Seeruthun a maintenu que c'est le board qui prend toutes les décisions et non lui seul. Propos confirmé par le chairman du board, Bob Choolun. "Toute cette histoire est regrettable. Je confirme que le board était au courant de ces travaux. Je peux vous assurer que tout s'est fait en toute transparence", a-t-il indiqué à Week-End. Or, on se demande comment de tels travaux ont bien pu avoir lieu alors que le Beach Authority Act de 2002 ne prévoit rien en ce sens. A quoi Bob Choolun répond: "Dans le passé, nous avons entrepris de tels travaux à Belle-Mare, Blue-Bay et La Cuvette. C'est pour cette raison qu'aucun membre siégeant sur le board n'a réagi, pas même notre legal adviser qui a donné toute son approbation".

Pour Subash Seerathun et Bob Choolun, la seule solution pour résoudre ce litige consiste à revoir le Beach Authority Act. Argument que conteste fortement la Plate-forme pour sauver les plages de Maurice. "Si donn zot plis pouvoir, Beach Authority pou fer pillage. Nou deman dissolution Beach Authority", rétorque Georges Ah Yan. Par ailleurs, les membres de cette Plate-forme qui reunit des professionnels ont toujours du mal à comprendre comment les autorités, notamment le ministère des Terres et de Logement, peuvent laisser durer une telle situation alors que Maurice est signataire, depuis 2002, des Petits Etats insulaires en développement, dont le but est de préserver les ressources marines et côtières, entre autres.


APEC

"Pour un Observatoire des Prix loin des lobbies"

L'Association for the Protection of the Environment and Consumers (APEC) se prononce pour un Observatoire des Prix "loin des lobbies". Selon son président, Suttyadeo Tengur, il s'agit d'établir un répertoire des produits ciblés de grande consommation, tels le riz, le pain à valeur ajoutée, la viande, le poisson, l'huile, les grains secs, le lait ou les boissons gazeuses; de mobiliser les moyens contre les lobbies des grandes chaînes de production et de distribution et de constituer un groupe de techniciens/professionnels compétents capables d'appliquer les lois et les règlementations quand cela s'avère nécessaire contre les "lobbies récalcitrants".

Par ailleurs, par rapport aux problèmes d'approvisionnement en eau potable en raison, notamment, de l'importance des fuites sur le réseau, l'APEC appelle à des "initiatives fermes". Cette association réclame, ainsi, une meilleure coordination de la Central Water Authority (CWA) avec la WasteWater Management Authority (WWMA), "principale responsable de la destruction du réseau d'adduction d'eau lors des travaux de tranchés pour la pose des tuyaux d'assainissement". Pour l'APEC, un contrôle "plus efficace" sur ces travaux protègerait, inévitablement, le réseau de la CWA de "dépenses supplémentaires", voire, "superflues".


Lors d'une parade jeudi

Le PM: "Amendements au Bail Act et adoption prochaine d'un Victims' Act"

Le Premier ministre a annoncé des réformes prochaines au Bail Act, au Police Act, ainsi que l'adoption d'un Victims' Act et d'une Victims' Charter. Il intervenait lors d'une passing out parade au Gymkhana à Vacoas, marquant l'entrée officielle de 707 nouvelles recrues au sein de la force policière.

Lors de son intervention, Navin Ramgoolam a rappellé que son gouvernement s'est embarqué dans un projet d'envergure visant à moderniser la force policière et de la restructurer afin qu'elle serve le pays aussi efficacement que possible. Tout cela afin de garantir plus de sécurité à chaque mauricien.

Le Premier ministre a fait ressortir que le gouvernement a consenti à des investissements massifs de Rs 5,2 milliards cette année, ce qui représente une augmentation des dotations budgétaires de la police de 68% depuis 2004. Il a aussi fait ressortir que durant son présent mandat, 5 000 nouveaux policiers seront recrutés. Il a réitéré ses avertissements sans frais à tous ceux qui ont l'idée d'agresser un policier dans l'exercice de ses fonctions. "I want every citizen of this country to respect the uniform of the police. I will not tolerate any abuse", a-t-il déclaré en substance.

Navin Ramgoolam a aussi réitéré sa confiance dans la force policière et au commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, qu'il a félicité pour le bon travail abattu. À l'issue de la cérémonie, suivie par plus de deux milliers de personnes en dépit d'une pluie intermittente et d'un vent par moment violent, le Premier ministre a posé en photo avec des enfants, ainsi que des parents des policiers.

À l'issue de la parade de circonstance, il a récompensé trois des nouvelles recrues, à savoir Marie Dienette François, Kaviraj Soomaroo et Veeru Seeboruth. Après la cérémonie, le Premier ministre, très relaxe, a posé en photo avec des enfants, ainsi que des parents de policiers. Cependant, à un moment donné, alors qu'il se dirigeait vers l'assistance, il a eu une phrase sèche envers ses gardes du corps qui le serraient de trop près à son goût. "Mo bizin ale zwenn dimounn. Zot, zot pé bar mwa !" devait-il lâcher en leur direction.


PWA Saga

Les procès-verbaux font des vagues

Alors que la Police Welfare Association (PWA) continue d'être secouée comme un cocotier balayé par un vent de cyclone classe 4, le président de l'association, Ranjit Jokhoo, nie avoir utilisé son casting vote afin de faire approuver la décision de poursuivre ceux qui ternissent l'association. (NDLR : voir sa mise au point plus loin ainsi que notre réponse). Parallèlement, lors de la toute dernière réunion de l'exécutif, qui s'est tenue jeudi, une majorité des membres a refusé d'approuver les procès-verbaux de la précédente réunion, en date du 19 août. La réunion de jeudi a été mouvementée à souhait, car les membres de l'exécutif ont appris, par le truchement du secrétaire, Rajabahadoor Bheemah, qu'il avait envoyé le procès-verbal de l'assemblée générale tenue le vendredi 6 août dernier alors que celle-ci s'était terminée par un walk-out massif. Comment ce procès-verbal a-t-il pu être approuvé et par qui ?

Plusieurs membres de la PWA dont ceux du comité exécutif avaient averti le Registrar of Associations de ce "non event" du 6 août tout en mettant en garde le Registrar des tentatives de certains membres du comité de faire accroire que les items à l'agenda ont été discutés et approuvés. Or, jeudi, des membres de l'exécutif sont tombés des nues en apprenant que le secrétaire Bheemah avait déjà envoyé ledit procès-verbal au Registrar. Sans qu'il soit approuvé, ni même lu, ou consulté. Certains membres étaient alors hors d'eux et ont demandé au secrétaire pourquoi il n'avait pas cru utile de les informer du contenu de ce procès-verbal avant de l'envoyer au Registrar.

Le sergent Satish Buljeeon a alors averti le secrétaire qu'il avait déjà adressé une correspondance au Registrar afin de l'informer des événements de cette fameuse assemblée spéciale qui avait tourné en eau de boudin et qu'aucun item n'avait été approuvé. Le sergent Buljeeon s'est même prévalu de son droit de consigner une déposition à la police pour faux s'il s'avère que le procès-verbal adressé au Registrar comporte des faussetés.

Alors que des membres persistaient à savoir du secrétaire pourquoi il n'avait pas informé les membres avant d'adresser la correspondance au Registrar, le caporal Veniagare Chedumbrum-Pillay a déclaré aux membres que le secrétaire n'a pas obligation de les informer. Et d'ajouter que si quelqu'un voulait s'en procurer une copie, il devait en faire la demande auprès du Registrar. Week-End a également appris que, depuis une semaine, des officiers du Mauritius Audit Bureau sont dans les locaux de la PWA pour leur enquête, faisant suite aux réponses données par le Premier ministre à l'assemblée nationale en réponse à une question du député Veda Balamoody.


Contestation

Allégations de conflit d'intérêts dans l'exposition numismatique au Musée de Mahébourg

Mis en cause, le président du Conseil d'administration des musées nationaux, lui-même un exposant, nie et se défend

Gorah Beebeejaun est le président du Conseil d'administration des musées nationaux du pays et, en même temps, il assure la direction du Mauritius Institute en tant qu'officer-in-charge depuis la suspension du directeur-titulaire, Abdool Rahman. M. Beebeejaun et M. Von Arhnim, qui siège sur le même Conseil d'aministration, tous deux des numismates et collectionneurs d'objets d'antiquité très connus, avaient-ils le droit moral d'utiliser une activité dans le cadre de la célébration de la Bataille du Grand Port (1810) - dont ils avaient en partie la responsabilité d'organisation - pour y exposer leurs propres collections? Ces questions font débat au sein d'un petit cercle très remonté de collectionneurs, surtout depuis que la collection de M. Beebeejaun en particulier a bénéficié d'une large couverture dans les médias. Certains, indignés, crient au conflit d'intérêts. Les concernés nient…

Les protestations ont effectivement fusé depuis lundi dernier et d'aucuns, également collectionneurs et numismates passionnés, n'ont pas manqué d'y voir encore un scandale dans le cadre de la célébration de la fameuse bataille. Selon les affirmations des protestataires, ils n'ont jamais été tenus au courant qu'il était de l'intention des autorités de profiter de la célébration de la Bataille du Grand Port pour faire exposer au public des pièces de monnaie datant de l'époque. Ces protestataires, qui tiennent à rester dans l'anonymat, de crainte, disent-ils, d'être l'objet de mesures de rétorsion à l'avenir, expriment l'avis qu'il était du "devoir des organisateurs" de l'exposition, actuellement au Musée historique de Mahébourg, d'informer tout le monde de l'occasion offerte de faire connaître les plus belles pièces de leurs collections existantes. "Au lieu de jouer le jeu en toute transparence, le président du Conseil d'administration des musées nationaux a préféré s'en tenir à sa propre collection et à celle de M. Arhnim, ce qui est très unfair. Ils se sont fait une publicité gratuite dans le cadre d'une activité financée par les deniers publics et il est évident que si quelqu'un souhaite maintenant acquérir des pièces de monnaie, authentiques ou reproduites, il sait à qui s'adresser dorénavant", dit un numismate.

Interrogé par Week-End, le président du Conseil d'administration des musées nationaux n'a pas démenti qu'effectivement, il n'y a pas eu d'appel public susceptible d'attirer un plus grand nombre d'exposants. Mais M. Beebeejaun récuse toute accusation de conflit d'intérets et de mauvaise foi. "Beaucoup de personnes savent, depuis très longtemps, que je suis un numismate et collectionneur, et ce n'est pas parce que M. Von Arhnim et moi siégeons sur le Conseil d'administration des musées que nous devons être privés du droit d'exposer nous aussi", réplique-t-il. M. Beebeejaun décharge également quelque peu la responsabilité sur le ministère des Arts et de la Culture, qui a chapeauté l'organisation de la célébration de la Bataille du Grand Port, en affirmant que "l'exposition des pièces de monnaies, ainsi que de billets de banque en circulation depuis la colonisation britannique jusqu'à nos jours, a été une initiative du ministère et ce dernier a donné son aval sur la façon de procéder avec l'exposition".

M. Beebeejaun déclare "regretter que certains numismates aient pu se sentir frustrés de n'avoir pu exposer leurs collections", mais, selon lui, "cette situation est due au fait que le temps a fait défaut". D'après M. Beebeejaun, initialement, l'exposition avait été prévue pour le mois de juin. "En prévision de cette première écheance, le comité avait réuni quelques collectionneurs et numismates pour solliciter leur participation, mais la plupart d'entre eux ont décliné en évoquant le trop court délai qui leur était accordé pour s'y préparer. Ensuite, toujours selon le président du Conseil d'administration des musées, lorsque la tenue de l'exposition a été repoussée au mois courant, pour des raisons qui ont échappé à notre contrôle, les collectionneurs qui pouvaient éventuellement collaborer n'ont pas été recontactés", dit M. Beebeejaun. Il a, à ce stade, ajouté qu'"il est possible qu'une exposition similaire soit réorganisée l'année prochaine, peut-être à l'occasion du Museum Day, et que, cette fois-là, tous les collectionneurs qui le désireraient puissent participer".

Demeure, cependant, la question de conflit d'intérêt. Et le président du Conseil d'administration et son membre M. Von Arhnim répondent que "nous n'avons tiré aucun profit pécunier dans l'exposition qui a lieu actuellement au Musée de Mahébourg ni, non plus, ne nous sommes mis en quelque situation controversable". Tous deux maintiennent qu'ils n'avaient "ni sollicité, ni besoin de publicité autour de nos collections" et qu'ils ont "tout simplement voulu aider le ministère dans son entreprise".

Soulignons que d'autres interrogations ont également été soulevées par certains protestataires. L'une d'elles porte sur l'authenticité même de certaines pièces de monnaie exposées, dont le très célèbre Piastre Decaen ! Les organisateurs de l'expo ont-ils pris soin de signaler au public que l'exemplaire de cette monnaie était une reproduction et non d'origine? A cette question, le président du Conseil d'administration des musées nationaux/numismate n'a pas voulu confirmer, ni infirmer. Il s'est contenté de dire: "Si quelqu'un peut affirmer que le Piastre n'est pas d'origine, qu'il vienne le prouver! Il y va aussi, avant tout, d'une question de sécurité. Je ne souhaiterais pas que tout le monde soit au courant que j'ai ou non chez moi une pièce rare qui vaut très gros!"


Renvoyés de la "cleaning unit" du Tourisme

Une centaine de travailleurs pris en charge par l'Intégration Sociale

Le grand ménage continue au ministère du Tourisme. La dernière décision en date est le renvoi d'une centaine de travailleurs de la "cleaning unit" de la Tourism Authority considérée comme inappropriée et très éloignée de la mission de cet organisme. Ce sont des travailleurs pour la plupart venant de la circonscription de l'ancien ministre de tutelle, Belle Rose-Quatre Bornes, qui sont concernés par ce grand coup de balai qui, lui-même, suit les observations de l'audit quant aux abus relevés dans le recrutement effectué par la Tourism Authority.

Les travailleurs licenciés n'ont pas caché leur amertume devant la décision prise de ne pas renouveler leur contrat et, excédés, ont révélé avoir, durant la dernière campagne électorale, "placé des banderoles et collé des affiches" pour le compte du candidat Duval. Ce dernier n'est pas resté insensible à leur sort. Bien qu'il ait dépêché le maladroit Joël Rault auprès de ces travailleurs pour un dialogue en vue d'une formation rémunérée par la National Empowerment Foundation, les principaux concernés étaient dans un premier temps réfractaires à la solution de rechange proposée. Certains ont quand même accepté de recevoir une formation rapide avant leur placement dans diverses compagnies du privé.


Lasses d'attendre les travaux de construction de leurs maisons

Les familles sans logis de Dubreuil envisagent de manifester leur colère

Après une conférence de presse, mercredi dernier, pour dénoncer la lenteur des autorités, les familles sans logis de Dubreuil ne comptent pas rester silencieuses. Si le ministère de l'Intégration Sociale ne se manifeste pas et ne met pas ses engagements en pratique, les familles ne croiseront pas les bras. "Le ministère du logement et des Terres a fait la part des choses. Il a trouvé un terrain pour la construction des maisons. L'arpentage a été fait. Maintenant, il incombe au ministère de l'Intégration Sociale d'assumer ses responsabilités et démarrer la construction des unités de logement, puisque c'est lui qui en a la charge", s'insurge Ravi Bhayraw, porte-parole des familles sans maisons de Dubreuil. "Il avait été dit que les premiers coups de pioche n'auraient pas tarder et que les maisons allaient être livrées un mois après le relogement des familles dans l'usine. Mais il n'en est rien! Cela fait près d'un mois depuis qu'elles vivent dans ce vieux bâtiment désaffecté, que des enfants et des femmes tombent régulièrement malade et doivent être hospitalisés… De plus, nous soupçonnons fortement la présence de l'amiante dans l'usine", poursuit ce dernier. Selon lui, il n'y aurait pas de communication entre le ministère de l'Intégration Sociale et les familles. Cette absence de communication, dit-il, amplifie l'inquiétude des familles. "A ce jour, le ministre de l'Intégration Sociale, Xavier Duval, n'a même pas visité les familles. Il les a rencontrées lorsqu'elles étaient sous la tente, dans la cour du centre communautaire. Par contre, Abu Kasennally s'est rendu à l'usine à quelques reprises." Lors de la conférence de presse de mercredi dernier, le ministère de la Sécurité Sociale avait été aussi pointé du doigt par les intervenants. Il lui a été reproché de n'avoir démontré aucun intérêt à l'égard des familles.

D'autre part, les cinq familles de Chebel menacées d'expulsion par les autorités pour occupation illégale, sont toujours sur place. C'est le 16 août qu'elles avaient été avisées qu'elles auraient à quitter les maisons qu'elles occupent sur un terrain de l'Etat. Trois de ces maisons avaient été construites par le Trust Fund for the Social Integration of the Vulnerable Groups. Si, depuis, les habitations précaires n'ont pas été démolies, des représentants du ministère du Logement et des Terres, de même que la police, se sont rendus à Chebel au courant de cette semaine. Leur présence a suscité la panique chez les occupants des maisons concernées.


Infotech 2010, à Pailles

La technologie informatique en fête

L'I-Pad vole la vedette

Véritable succès d'affluence depuis trois jours au Centre Swami-Vivekananda à Pailles. Pour cause, la technologie informatique tient son salon. À travers la 17e édition d'Infotech, le National Computer Board (NCB) a voulu, une nouvelle fois cette année, faire connaître les toutes dernières avancées en matière technologique aux Mauriciens.

Ordinateurs portables 3-D, site internet à prix réduit, home cinéma, écrans plats, téléphones dernier cri, offres de forfaits innovants de téléphonie mobile, logiciels, création de son propre site entre mille…, Infotech 2010 vise depuis son ouverture mercredi dernier à présenter des services et produits à en perdre le fil… Plus d'une soixantaine de stands pour mettre à portée des Mauriciens, les dernières innovations en matière de technologie informatique. Outre les bonnes affaires en termes de prix que les visiteurs apprécient, parmi les attraits de ce salon - allant des téléphones portables aux appareils de télécopie en passant par les possibilités de création de son propre site internet, d'installation de caméras et autres appareils de sécurité et de système de téléphonie - figure la télévision 3D-LED de 40 pouces avec les lunettes adaptées.

Ce salon ne propose pas que des produits mais aussi des services. Infotech 2010 accorde en effet une attention particulière aux petites et moyennes entreprises, avec notamment des fournisseurs de services qui présentent leurs solutions technologiques à l'intention des PME. Les potentiels entrepreneurs et intéressés en matière de création d'entreprises visitant le salon ont par ailleurs l'occasion, grâce à des mini-entretiens avec des professionnels du domaine, de recevoir les conseils.

Les treize stands du secteur des TIC et du BPO dédiés à l'ICT Career Fair, organisée avec la collaboration de l'Outsourcing and Telecommunications Association of Mauritius (OTAM) et la Mauritius IT Industry Association (MITIA), actuellement en processus de recrutement, représentent une aubaine pour les demandeurs d'emplois qui visitent le salon. Les organisations spécialisées dans la formation de professionnels dans le domaine informatique sont également présentes à Infotech 2010.

Et la presse a aussi sa place à Infotech 2010. Outre les radios privées et la MBC qui animent ce salon à travers des émissions spéciales, certains groupes de presse en profitent pour écouler gratuitement leurs publications. On note également la présence de la nouvelle publication sur le marché, le magazine Tech Know - qui fait la part belle pour sa deuxième parution à la technologie de l'information et aux gadgets.

Si certains estiment que le thème "Intelligent Mauritius" ne colle pas nécessairement aux produits et services mis en avant au cours de ce salon - d'ailleurs considérés par beaucoup d'être beaucoup plus une grande foire avec des exposants proposant des prix et des offres promotionnelles - Infotech 2010 aura été l'occasion pour les Mauriciens de découvrir et apprécier ces produits et services d'une autre dimension. Et c'est sans doute la tablette numérique conçue par Apple - l'Ipad - qui aura le plus conquis.

La tablette tactile d'Apple, très attendue et désormais disponible à Maurice, demeure en effet l'attraction majeure de l'Infotech. Orientée vers les médias, notamment les livres, journaux, magazines, films, musiques, jeux, mais aussi vers internet et l'accès aux courriers électroniques, l'Ipad est une innovation d'Apple, à mi-chemin entre le MacBook et l'iPhone. Présentée à l'occasion de ce salon, le public a la possibilité de manier la tablette d'Apple et de faire l'expérience de l'écran tactile.

Outre l'univers de la technologie informatique, la bonne nouvelle avec la tenue de ce salon est l'annonce, lors de l'ouverture, par le ministre de la Technologie informatique, Tassarajen Pillay Chedumbrum, d'une baisse prochaine d'internet à la fin de décembre. À noter que le salon reste ouvert jusqu'à 19h ce soir pour accueillir les nombreux visiteurs.

L'entrée y est libre et des navettes gratuites sont disponibles de la gare Victoria et de Rose-Hill jusqu'au centre de conférences.


Pollution dénoncée à Rivière du Rempart

Une solution bientôt

Il aura fallu un énième papier paru dans notre édition de dimanche dernier, pour que le ministre de l'Environnement, Deva Virahsawmy, qui, de surcroît, est député à Rivière du Rempart, réagisse au problème de pollution qui scandalise les habitants de cette région. En effet, ce dernier n'est pas resté insensible aux doléances de ses mandants. Une délégation importante de plusieurs représentants de divers ministères a été mobilisée en vue de faire un constat des lieux mercredi dernier. Etaient présents des représentants du District Council de Pamplemousses/Rivière du Rempart, Waste Water Unit et le National Environment Laboratory (NEL) entre autres. "Je suis, pour tout vous dire, extrêmement choqué de constater l'ampleur de cette pollution. Zordi ki monn gagne l'occasion constate condition sa la rivière la. Li napa possib ki en 2010 dimoun pe bizin vivre dan bann conditions parey", a-t-il déclaré à la presse.

Une visite de plus d'une heure où plusieurs habitants de l'endroit ont expliqué au ministre les différents inconvénients que comporte cette pollution. "Il y a même des enfants qui rejettent", confiera une représentante du District Council, qui habite également ce village depuis 40 ans. L'arrivée du CEO Sucre, Joseph Vaudin, n'est pas passée inaperçue. Il aura fallu l'intervention du ministre pour calmer les esprits enflammés. Joseph Vaudin niera d'abord l'implication de Mon-Loisir dans problème de pollution, mais il finira par concéder qu'un tuyau défectueux, juste au-dessus d'un pont, serait à l'origine de tout. "On ne pollue pas exprès. Un accident s'est produit", expliqua-t-il. Il s'est dit toutefois disposé à collaborer pleinement avec les habitants et le ministère pour trouver une solutions au plus vite. C'est ainsi que le ministre devait affirmer : "Li pas pou servi narnien ki nou diskiter. Bizin rode solution. Nou tou nou mett latet ensam pou combat sa pollution la."

Un porte-parole du ministre nous a d'ailleurs affirmé qu'une réunion a eu lieu, jeudi, dans les locaux du ministère de l'Environnement pour discuter de la marche à suivre. "La rivière sera nettoyée d'ici la fin de la semaine prochaine", a-t-il indiqué.

Les habitants, quant à eux, considèrent la visite du ministre de l'Environnement comme une petite victoire. Ils attendent maintenant que le ministre Deva Virahsawmy honore ses promesses.


48e anniversaire

La Labour Agent's Association ressuscitée ?

La Labour Agent's Association célèbre ce dimanche le 48e anniversaire de sa fondation. Une fonction est prévue à cette occasion à partir de 10h30 au siège de l'association, soit le bureau du Parti travailliste, au Square Guy-Rozemont à Port-Louis.

Fondée dans le but de soutenir l'action politique du Labour auprès de la jeunesse mauricienne à l'époque où le pays allait accéder au statut de nation indépendante, la Labour Agent's Association (LAA) et son partenaire, la Mauritius Young Labour League, dont les membres en vue furent James Burty David et Biwant Sunkur, fut un mouvement très actif jusqu'à 1968, lorsqu'elles furent toutes deux débordées sur la gauche par un Mouvement Militant Mauricien révolutionnaire à sa naissance.

À partir de 1982, année de la chute du régime travailliste de SSR, la LAA amorça une rapide descente vers la marginalisation, au point de ne jouer pratiquement aucun rôle, même dans les campagnes électorales qui s'ensuivirent. Mais certains de ses anciens dirigeants, qui ne sont évidemment plus young aujourd'hui, sembleraient vouloir ressusciter le

mort.


Les employés de Ti Vegas réclament eux aussi un "empowerment express"

Une pétition circule en ce moment pour dénoncer la fermeture "brutale" de Ti Vegas à Quatre-Bornes dont le résultat serait "un drame humain" pour les 180 employés de cette maison de jeu. Dénonçant les autorités, ils affirment que c'est avec l'aide des élus que l'on est en train d'augmenter le nombre de chômeurs. D'autres, plus perfides, en appellent au premier député de la localité et ministre de l'Intégration Sociale afin qu'ils bénéficient du même traitement que les "colleurs d'affiches et de banderoles", recrutés pour la "cleaning unit" du ministère du Tourisme, qui ont été mis à pied et qui vont bénéficier d'un "empowerment express".


Portrait - Mark Gold

Un expert comptable passionné

Mark Gold, le vice-président de l'Association of Certified Chartered Accountants, vient d'effectuer une brève visite à Maurice dans le cadre des activités de la branche locale de cette association. Voici le portrait d'un expert comptable qui se dit passionné par sa profession. Qui, il le souligne avec force et à plusieurs reprises, ne peut bien se pratiquer que dans le respect des lois.

Selon son site internet officiel, l'Association of Chertified Chartered Accountants est la plus importante organisation d'experts comptables de par le monde avec plus de 490 000 membres et étudiants répartis dans plus de 170 pays. Elle constitue un réseau qui opère 80 bureaux dans le monde. C'est en 1904 que huit comptables britanniques forment la London Association of Accountants pour mieux organiser la profession de comptables qui devait, au fil des années, gagner en importance en regroupant les différentes associations œuvrant dans le même but. C'est en 1996, après avoir obtenu une charte royale en 1984, que l'association prit officiellement le nom d'Association of Chartered Certified Accountants, dont le sigle est devenu un label de qualité mondial et dont certains membres occupent des postes de hautes responsabilités dans leurs pays respectifs et dans des institutions internationales. Qu'est-ce que l'ACCA, dont vous êtes actuellement le Vice président, un club de gentlemen ou un puissant lobby planétaire ? "Ni l'un ni l'autre. C'est une organisation professionnelle ouverte à tous les experts comptables pour leur permettre de valoriser la profession. En fin de compte, c'est plus qu'une simple association professionnelle : c'est une famille dont les membres vivent et propagent une série de valeurs à travers leur métier et dans les secteurs où ils opèrent. Dans la mesure où les finances jouent le rôle important que l'on sait dans le mode moderne, nous avons des anciens élèves qui occupent des postes de responsabilités dans les différentes instances de leurs pays. Notre association les aide à mieux exercer leur métier." Et quid de la partie de la question sur un éventuel lobby planétaire des experts comptables à travers l'ACCA ? "On pourrait dire que nous sommes un lobby, mais dans le sens noble du terme, c'est-à-dire que nous nous entraidons au sein de la profession dans le respect de notre éthique et de nos valeurs." Qu'est-ce que l'éthique et les valeurs pour un expert comptable ? "Ce sont les mêmes que pour toutes les autres professions, celles de la société. C'est-à-dire être honnête, ne pas pratiquer la corruption et faire son métier le mieux possible pour faire avancer la société. L'éthique, c'est un ensemble de valeurs dont le respect et la mise en pratique fait avancer la société." Mais est-ce que le travail de l'expert comptable n'est pas de s'assurer que les comptes de ses clients soient faits de manière à ce qu'ils soient profitables en utilisant les lois à son avantage ? Est-ce que cette obligation ne se va pas, parfois, jusqu'au contournement des lois ? "L'expert comptable travaille dans le respect de la loi. Il aide et conseille son client dans le cadre légal et lui évite d'aller contre la loi." Mais il y a dans l'histoire de la profession d'experts comptable une étape qui se situe en 2001 avec l'éclatement aux États-Unis du scandale Enron qui révèle au grand jour les pratiques de certaines firmes d'experts comptables. "Ce scandale a mis à jour les pratiques de certaines firmes d'experts comptables qui ne respectaient pas les règles de la profession. Depuis l'affaire Enron, les mécanismes de contrôles internes et externes et ont été augmentées et mis à jour et obligent les professionnels à travailler dans la transparence. Enron est l'illustration de ce qu'il ne faut pas faire et a obligé la profession à examiner en profondeur ses méthodes de fonctionnement. La finalité de la démarche reste plus que jamais la défense des intérêts de nos clients dans le respect des lois et dans la transparence. Ce sont les enseignements de base d'un expert comptable. Ce sont des valeurs non négociables."

Son CV le souligne et cela s'entend dès les premières minutes de la rencontre : Mark Gold est passionné par son métier d'expert comptable. D'où lui vient cette passion ? "De mon enfance et surtout de mes années d'école primaire. Je sus devenu expert comptable parce que j'avais à l'école primaire un excellent professeur de mathématiques qui m'a transmis la passion des chiffres et des affaires. J'ai eu, très jeune, l'ambition de devenir comptable et j'ai tout fait au cours de mes années d'études, du primaire à l'université, pour réaliser cet objectif. Je crois que j'étais fait pour devenir expert comptable, c'est un métier que je pratique avec une passion dont l'intensité n'a jamais varié. Ce métier me passionne parce que, de mon point de vue, ce n'est pas un métier comme les autres." Sorti de l'université d'Essex avec un degré en économie et en politique, Mark Gold s'accorde une année sabbatique pour faire le tour du monde. Il se joindra par la suite à Silver Levene, une des grandes firmes de comptabilité de la Grande-Bretagne dont il est aujourd'hui un des principaux partenaires. Silver Levene est spécialisée dans les secteurs de l'entertainement, où évolue, avec un bonheur manifeste, Mark Gold. S'est-il spécialisé dans la gestion des affaires des stars de l'entertainment parce qu'il y a plus d'argent dans ce secteur que dans celui des affaires traditionnelles ? "Pas forcément. Dans le concret, c'est le même job que celui de l'expert comptable qui travaille pour une entreprise ou une société familiale. Il s'agit de vérifier les comptes toujours dans le respect des lois." Faisons un peu de pipolerie : qui sont les clients de Mark Gold ? "Pour des raisons d'éthique évidentes, je ne peux pas vous révéler l'identité de mes clients, mais je peux vous dire qu'ils évoluent dans les secteurs du cinéma, de la chanson, de la télévision et du football essentiellement britanniques et écossais." Sont-ils plus faciles à gérer et à conseiller que les clients "normaux" ? "Pas nécessairement. La nature du travail reste la même, la différence réside dans la personnalité des clients qui, de par leur métier, sont beaucoup plus extrovertis." Est-ce que les stars sont plus enclins à vouloir faire de l'évasion fiscale que les autres ? "Pas plus que tous ceux qui ont à payer des impôts. Ici, comme ailleurs, le travail de l'expert comptable est d'aider son client dans le respect des lois." C'est en tant que vice-président de l'ACCA, poste qu'il occupe depuis quelques années, que Mark Gold vient d'effectuer une visite à Maurice. Il a eu des réunions avec les partenaires et membres de l'ACCA et, après avoir rencontré diverses personnalités du pays, il a été l'invité d'honneur de la première ACCA Mauritius New Members Ceremony, organisée par la branche locale de l'association. Une branche locale dont le vice-président de l'ACCA se dit entièrement satisfait.

Nous avons terminé le portrait de cet expert comptable britannique passionné par une question sur la situation économique dans son pays. "En dépit des erreurs du passé et de la situation actuelle, j'ai confiance dans l'avenir économique de la Grande-Bretagne. J'ai appris la leçon suivante il y a des années : l'économie est soumise à intervalles réguliers à des crises dues à des contractions du système provoquées par des abus et puis cela repart. La crise économique actuelle est sans doute une des plus sévères que le monde ait connue, mais elle s'inscrit dans un cycle "normal." L'économie mondiale a bien survécu à la grande dépression américaine de la fin des années 20. La crise actuelle, qui est provoquée par le comportement des banques, nous rappelle que le respect des règles de l'éthique est indispensable pour permettre au système de fonctionner. J'espère que les leçons nécessaires seront tirées de la crise à tous les niveaux."



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 29 août 2010