Paul Bérenger, leader de l'opposition et du MMM, réclame
le remplacement de tous les membres du Central Procurement
Board (CPB). Pour lui, cela s'impose dans la mesure où,
déclare le leader de l'opposition, "leur performance
est inacceptable". Il cite, notamment, le renversement,
cette semaine, de deux autres décisions de ce Conseil par
l'Independent Review Panel (IRP). M. Bérenger réclame,
en sus, des amendements au Public Procurement Act de 2006
"dès la rentrée parlementaire".
Abordant, par ailleurs, l'affaire Mauritius Duty-Free Paradise,
Paul Bérenger parle de "puanteur généralisée"
et dresse un parallèle avec, notamment, les "scandales"
à la Beach Authority et à la Tourism Authority.
M. Bérenger revient à la charge sur la question
des appels d'offres pour l'attribution des marchés publics.
Il rappelle que, cette semaine encore, deux décisions prises
par le Central Procurement Board (CPB) pour l'attribution
de deux contrats de Rs 43 millions et Rs 98 millions respectivement
ont été renversées par l'Independent Review
Panel (IRP). Il souligne qu'en réponse à sa récente
interpellation à l'Assemblée nationale, le ministre
des Finances, Pravind Jugnauth, avait concédé que
dans 45% des cas, les décisions du CPB sont renversées
par l'IRP. Le leader de l'opposition estime que, là encore,
dans beaucoup de cas, les soumissionnaires qui considèrent
leurs droits lésés ne font pas appel, craignant
"des représailles".
Paul Bérenger déplore que, selon lui, le ministre
des Finances n'ait pas joué la carte de la transparence
en dépit du préavis qu'il lui avait accordé
pour répondre à sa PNQ. "Pravind Jugnauth
n'a fourni des informations que par rapport aux exercices d'appels
d'offres qui ont été traités par le CPB".
Il souligne que, dans sa réponse, le ministre n'a fourni
que la valeur des contrats alloués et qu'il allait, par
la suite, révéler la valeur des estimations initiales
de chaque contrat alloué par les responsables des organismes
concernés. Or, dit-il, à ce jour, ces chiffres n'ont
pas encore été publiés.
Ce que M. Bérenger considère "encore plus
grave", c'est que le ministre n'a pas fourni de détails
par rapport aux contrats alloués qui ne sont pas passés
par le CPB et qu'il a refusé la nomination d'un Select
Committee pour se pencher sur toute la question des appels
d'offres publics. Il souligne aussi qu'à ce jour, les détails
de l'ensemble des contrats alloués à AJMC Colas
par la Road Development Authority (RDA) n'ont pas encore été
déposés à la bibliothèque de l'Assemblée
nationale en dépit d'une promesse en ce sens faite par
le ministre de tutelle, Anil Baichoo au parlement le 27 juillet
dernier.
Tout cela fait que le leader de l'opposition réclame, ni
plus ni moins, le remplacement de tous les membres du CPB dans
la mesure où, dit-il, "leur performance est inacceptable".
Il réclame, en sus, des amendements à la loi régissant
les appels d'offres publics "dès la rentrée
parlementaire".
Abordant, ensuite, l'affaire Mauritius Duty-Free Paradise, Paul
Bérenger le situe dans le cadre de ce qu'il qualifie de
"scandales" et de "punateur généralisée"
au sein d'autres organismes, à savoir, la Beach Authority,
la Tourism Authority. Il promet de revenir, à la rentrée
parlementaire, sur la Grand-Port Company Ltd où, dit-il,
"des millions de roupies" ont été
dépensées pour la commémoration du bicentenaire
de la Bataille de Grand-Port. Dans le cas spécifique de
l'affaire Mauritius Duty-Free Paradise, le leader de l'opposition
allègue qu'hormis l'aspect de "détournement
de produits" qu'elle comprend, selon lui, cette affaire
révèlera aussi, un jour, d'après lui, la
"liste de politiciens qui ont 'tap plin' depuis 2005".
"Justice à deux vitesses"
M. Bérenger parle de "Justice à deux vitesse"
à propos de cette même affaire en comparant le traitement
accordé à Joy Beharry, le président du Conseil
d'administration de l'organisme concerné, "arrêté
puis, tout de suite, relâché sous caution" à
celui infligé à un jeune prévenu, mineur
de 12 ans dans une autre affaire qui, cette semaine même,
"a dû passer trois nuits en prison". Ce
qui, dit-il, est "révoltant" et "éloquent".
Par ailleurs, le leader de l'opposition évoque le traitement,
ces jours-ci, de la revendication mauricienne devant le Comité
des Nations Unies pour les Limites du Plateau Continental. Il
rappelle qu'alors que Maurice et les Seychelles ont, conjointement,
déposé leur demande, les Maldives ont, de leur côté,
déposé la leur. M. Bérenger souligne, à
ce propos, que les Maldives ont un double litige; d'une part,
avec le Sri-Lanka, de l'autre, par rapport à la zone mesurée
à partir de Diego Garcia. Il explique que dans cette affaire,
ce qui est inquiétant, c'est que les Maldives ne reconnaissent
pas la souveraineté mauricienne sur les Chagos. Aussi,
Paul Bérenger estime-t-il urgent pour Maurice d'approcher
les Maldives en vue "d'éclaircir la situation"
et d'obtenir l'appui de ce pays quant à notre souveraineté
sur Diego Garcia.
Sur la question de la piraterie maritime dans l'océan Indien,
le leader de l'opposition accuse le Premier ministre d'avoir
"embarqué le pays sans réflexion ni discussion"
sur la question d'un tribunal devant juger les pirates somaliens.
Un sujet qui, dit-il, "comporte de gros risques".
Il rappelle qu'à sa PNQ quant à savoir si ces pirates
seraient jugés sur le sol mauricien "devant une
simple Cour de Justice" ou encore, éventuellement
emprisonné "dans une prison ordinaire",
le Premier ministre devait concéder qu'il fallait y réfléchir.
Il indique que mercredi, la question a été soulevée
devant le Conseil de Sécurité de l'ONU et qu'à
cette occasion, le secrétaire-général des
Nations Unies a cité 4 pays: le Kenya et les Seychelles,
qu'il a félicité, et la Tanzanie et Maurice qui
ont donné des indications d'être prêtes à
aider en vue de traduire en Justice les pirates concernés.
M. Bérenger, qui explique que les ambassadeurs kenyan,
seychellois et tanzanien étaient présents à
la réunion et sont intervenus, s'étonne que, selon
le compte-rendu des Nations unies, Maurice n'y figure pas. Pour
lui, si cela s'avère, Maurice ne pourrait être que
"la risée des gens".
Dénonçant, ainsi, ce "manque de sérieux",
le leader de l'opposition trouve qu'il est "du devoir"
du Premier ministre ou de son ministre des Affaires étrangères
de préciser si le pays était représenté
à cette réunion et, si oui, pourquoi son représentant
n'a pas pris la parole. "Notre prestige, dit-il, est en
jeu".
Le "near miss" de mardi dernier dans le ciel
aérien de l'océan Indien au Nord de Madagascar entre
un appareil de Yemenia Airways et un avion d'Air Austral fait
aussi l'objet de commentaires de Paul Bérenger. Il rappelle
le crash en mer, le 30 juin 2009, d'un avion de Yemenia dans les
eaux comoriennes. Crash qui avait fait 152 morts sur 153 passagers
et qui, explique-t-il, avait soulevé "un grand
tollé" et mis en cause la fiabilité des
appareils de Yemenia. Le leader de l'opposition indique qu'encore
une fois, les accusations pointent sur Yemenia, car la faute de
cet accident aérien manqué dans l'océan Indien
est imputée au pilote de cet avion.
Air Austral, compagnie aérienne régionale basée
à la Réunion, a protesté, souligne M. Bérenger.
"Cela aurait pu être Air Mauritius", dit
Paul Bérenger qui explique que, quand une telle information
est répercutée dans la presse internationale, cela
affecte l'image de la région. D'où, selon lui, la
nécessité pour les autorités aériennes
mauriciennes de prendre les devants, de concert avec France/Réunion,
Madagascar, les Comores et les Seychelles pour que le problème
de la sécurité aérienne dans la région
de l'océan Indien soit réglé "plutôt
que d'attendre qu'il y ait un accident".
D'autre part, si, selon lui, il est toujours bon d'envisager une
certaine diversification de nos marchés touristiques, notamment,
en prospectant les clientèles indienne et chinoise, le
leader de l'opposition se réjouit que le ministre du Tourisme,
Nando Bhoda ait, selon lui, "corrigé"
le ministre des Finances, Pravind Jugnauth dans la mesure où,
en substance, "nous aurons encore longtemps à dépendre
de nos marchés traditionnels".
Paul Bérenger se dit, enfin, "sur la même
longueur d'ondes" que le professeur Khalill Elahee de
l'Université de Maurice quant à la nécessité
de l'utilisation maximale des énergies renouvelables, notamment,
la bagasse mais trouve, quand même, que le professeur Elahee
est "beaucoup plus optimiste". Il réitère
que, jusqu'à un certain point, le pays est aussi condamné
à l'utilisation du charbon mais que, ce qui compte, c'est
la technologie de pointe appropriée et le recours à
des opérateurs "de renommée internationale".
Il concède qu'il faut, tout aussi, comme le suggère
Khalill Elahee, réguler, au maximum, la demande.
Affaire Rehana Ameer
"Calikhan a ridiculisé le ministre Mohamed"
Dans l'affaire de la suspension de Mme Rehana Ameer à la
MBC, Paul Bérenger, leader de l'opposition et du MMM, accuse
le directeur-général de la station de radio/télévision
nationale, Dan Calikhan, d'avoir "ridiculisé"
le ministre du Travail, Shakeel Mohamed après que ce dernier
l'ait convoqué. Ce qui, dit-il, est "du jamais
vu". Il souligne aussi le fait que, dans cette affaire,
"le ministre du Travail engage un procès contre
le bras droit du Premier ministre".
Paul Bérenger souligne qu'avant Mme Rehana Ameer, il y
a eu, à la MBC, la suspension d'un autre ancien président
du syndicat des employés, Nadarajen Pillay et souligne
que ce dernier n'a, toujours pas, été réintégré
même si l'affaire contre lui en Cour a été
rayée. Pour lui, cela démontre le "vrai
visage" du directeur-général de la MBC,
M. Dan Calikhan et "son arrogance". Il souligne
le fait que dans la présente affaire, "le ministre
du Travail engage un procès contre le bras droit du Premier
ministre et son ancien conseiller spécial".
Le leader de l'opposition trouve que le directeur-général
de la MBC a "ridiculisé" le ministre du Travail
après sa convocation, ce qui, pour lui, "est du
jamais vu". "Tout cela ne serait ridicule si ce n'était
choquant et dangereux", estime-t-il. Il souligne le fait
que cette affaire éclate au moment même où,
explique M. Bérenger, une loi est présentée,
cette semaine, en Inde en vue de "protéger les
'whistle blowers'" en prévoyant des "peines
sévères". Il explique que, déjà,
la loi prévoit, à Maurice, des peines contre les
accusations "frivoles" ou "infondées".
Selon Paul Bérenger, cette affaire doit aussi être
placée dans le cadre, selon lui, de l'attitude du Premier
ministre à l'encontre de toute critique, notamment, celles
de la presse.
Ça va se savoir
Les comptables se mobilisent
Ils ont profité du récent passage de Mark Gold,
le vice-président de l'association internationale des comptables,
pour le sensibiliser sur les problèmes que rencontre la
profession ici. Ils lui ont ainsi adressé une lettre au
visiteur pour attirer son attention sur les anomalies qui existent
entre le Companies Act de 2001 et le Financial Reporting Act de
2004. "Although we are equipped with the appropriate regulatory
framework to regulate the Accounting profession yet in practice,
there is a complete chaos in the Accounting profession in Mauritius",
écrivent les comptables qui entendent maintenir la
mobilisation pour un assainissement de la situation.
Port: une présence de pompiers qui dérange
Il y a une logique qui dépasse ceux qui ont été
étroitement associés à certaines installations
récentes dans le port. Ils ne cachent pas leur étonnement
quant à la décision d'affecter 3 pompiers dans le
port alors que la Mauritius Ports Authority (MPA) a décidé
avec la construction de son terminal pétrolier de s'équiper
de matériel anti-incendie dernier cri qui peut être
commandé à distance depuis un centre de contrôle.
Pour les guerriers du feu, le placement de ces 3 hommes constitue
un vrai danger pour eux et ils demandent instamment à la
MPA de remédier à cette situation au plus vite.
Tourisme: le contrat de Nanda Kistnen à la loupe
Ça ne s'arrête pas. Après toutes les révélations
sur ce qui se tramait au tourisme, les nouveaux arrivants dans
ce secteur s'interrogent maintenant sur le rôle de Nanda
Kistnen à la Mauritius Tourism Promotion Authority. Son
contrat en tant que conseiller légal de cet organisme est
actuellement passé à la loupe avant qu'une décision
ne soit prise quant au prolongement de ses services ou leur résiliation.
Les émissions de France Inter brouillées
Cela fait dix jours que ça dure
Il est impossible
de recevoir correctement les émissions de France Inter
passant toute la journée sur le canal 99.20. Le problème
étant que ce canal chevauche depuis peu avec un de ceux
de la MBC. On espère que Multi Carrier Mauritius Ltd n'a
pas trouvé un moyen d'imposer aux auditeurs l'écoute
des âneries de la MBC. Il y a une médiocrité
dont on doit pouvoir se passer. Surtout en ce moment.
Une ONG envahissante au ministère de l'Education
Le président d'une organisation non gouvernementale pour
la promotion de la santé serait un peu trop présent,
au goût des fonctionnaires, dans les locaux de la MITD House,
qui n'est autre que le siège du ministère de l'Éducation.
Ce n'est pas, uniquement, l'amitié qui lierait cette personne
et le ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree, qui explique
ses fréquentes visites à Phoenix. Mais avant tout
pour les besoins administratifs de son ONG. "Aurait-il
établi son secrétariat au ministère de l'Education?"
se demandent des employés du ministère qui sont
aussi disent-ils contraints de "subir la présence
encombrante et les dictats incessants de ce monsieur!"
En effet, le président de cette ONG s'offre, et ce au frais
de l'Etat, la logistique du ministère de l'Education pour
faire le travail de secrétariat de son organisme. Mais
ce qui agace encore plus les fonctionnaires témoins quasi-impuissants
des agissements de l'ami du ministre, c'est quand celui-ci sollicite
les services des membres du personnel qui doivent s'exécuter
sans broncher! Las du comportement abusif du président
de cette ONG, certains à la MITD House envisagent sérieusement
d'informer l'ICAC de la situation!