m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 29 août 2010



  Comité organisateur de Miss Mauritius - Magalie Antoo, une coach pour les Miss
  Festival Opera Mauritius 2010
  Architecture d'intérieur - Pour un univers très tendance
  Carrefour - Ziskakan sur le toit du monde
  Album, Lévé Dansé - Alain Ramanisum, le séga peut compter sur lui
  Cuisine - La mer dans votre assiette
  VIENT DE PARAÎTRE - Jo les grands bois
  Les varices - Préservez votre capital veineux
  Sur la mauricianité - 1810 : Le symbole d'un tournant
  Soutien aux artistes
  Arts et scènes - "The Crossing"
  Festival du Rire de l'Ile Maurice - Comicus ininterruptus
  Revues littéraires - Carnavalesques 4 et Point d'orgue


Comité organisateur de Miss Mauritius

Magalie Antoo, une coach pour les Miss

Depuis qu'elle a été élue Miss Mauritius en 2004, Magalie Antoo chapeaute chaque année les Miss avant l'élection, aux côtés d'autres membres du comité d'organisation. Très investie, elle prépare actuellement les candidates pour le concours Miss Talent qui se tiendra le vendredi 17 septembre prochain.

Peux-tu nous décrire ton rôle au sein du comité Miss Mauritius?

Mon expérience en tant qu'ancienne Miss et mon expérience sur le déroulement du concours me permettent d'aider les filles. J'apporte mon aide par exemple sur le maintien, la démarche. Bien sûr, c'est un travail d'équipe. Il y a aussi au sein du comité, la Miss 2008 Anaïs Veerapatren, Vanessa Obeegadoo, Thierry Mozaïque qui est le conseiller en nutrition et coach sportif.

Quand et pourquoi t'es-tu associée au comité organisateur?

Je me suis intégrée au comité après avoir remis la couronne... à ma soeur. J'aime partager ce que j'ai vécu et puis c'est par amour, je me plais dans ce milieu.

Au niveau de l'organisation, que peut-on améliorer?

Tous les ans, il y a des améliorations. J'ai côtoyé des Miss de plusieurs pays et on ne peux pas dire qu'on ne dispose pas de moyens ici. Les filles bénéficient d'un encadrement qui parfois, ailleurs, n'existe pas. Je ne peux pas dire que c'est parfait et je ne peux pas dire que ce n'est pas bien non plus. There's still room for improvement. Je suis incapable de dire s'il y a une défaillance quelque part, car je travaille avec les filles et pas au niveau technique et je sais que les membres s'investissent beaucoup.

Pourquoi l'organisation est-elle parfois décriée dans la presse?

La critique est facile pour ceux qui ignorent comment cela se passe. Toutes les Miss n'ont pas la même chance que d'autres, car chaque année n'est pas pareille. Pour ma part, je ne peux pas me plaindre, j'ai eu beaucoup de soutien pour les trois concours internationaux auxquels j'ai participé. J'ai réussi à me mettre dans la compétition. Et puis, il y a parfois des caractères qui ne sont pas compatibles avec celui de Mme Obeegadoo. Parfois, il faut accepter les critiques pour s'améliorer. Moi, j'entretiens d'excellentes relations avec elle. Si je n'avais pas le soutien du comité, je n'aurais pas pu soutenir les autres.

Peux-tu donner tes impressions sur les concurrentes à l'élection 2010?

Les filles sont pas mal, elles sont polies, gentilles, intelligentes.

Tes meilleurs souvenirs.

Miss Univers qui s'est tenu en Thaïlande.


14 candidates à l'élection 2010

C'est à la Maison Eurêka, Moka que le comité organisateur Miss Mauritius, nous présentait, samedi dernier, les candidates sélectionnées pour le concours national qui se tiendra le 25 septembre à l'hôtel Movenpick Resort & Spa, Bel-Ombre. Parmi elles, Miss Rodrigues 2010 et sa dauphine. Voici le nom des 15 candidates à l'election 2010 :

Gloriana Joseph - Camp du Roi, Rodrigues

Vania Ramjan - Beau-Bassin

Marie Albert - Baie aux huîtres, Rodrigues

Joëlle Nagapen - St-Pierre

Clothilde Chowrimootoo - Rose-Hill

Priyanka Sahai - Goodlands

Stéphanie Louise - Quatre-Bornes

Laeticia Darche - Flic-en-Flac

Emily Philips - Rose-Hill

Gwendolyne Pierney - Rose-Hill

Aurellie Agathe - Chemin Grenier

Ashana Joomun - Grand-Baie

Shaheen Madarbocus - Tamarin

Anabelle Nadal - Palmar


Miss Univers 2010 - Une Mexicaine sacrée Miss Univers

C'est la Miss Mexique, Jimena Navarrete, âgée de 22 ans, qui a remporté le titre de Miss Univers 2010 qui s'est tenu lundi dernier à Las Vegas. Ses dauphines sont Miss Jamaïque, Yendi Phillipps, et Miss Australie, Jesinta Campbelle. L'île Maurice était représentée par Dalysha Doorga.


Lexique de la mode- Le Rockabilly, courant esthétique

Le rockabilly est caractérisé par une coiffure en banane et se décline au féminin dans les couleurs propres au rock, au gothique et au punk, c'est-à-dire le noir, le rouge, le blanc et le bleu. Les formes sont moulantes, tant pour les tops que pour les pantalons, et ces tenues sexy portées avec des talons ou des chaussures aux semelles compensées se complètent par l'indispensable blouson en cuir noir.

Le rockabilly est à l'origine un terme qui désigne un courant musical né dans les années 50 dans le Sud-Est des Etats-Unis, mêlant rock, blues, gospel, et "Hillibilly music". Mais avec Elvis Presley, le Rockabilly devient également un courant esthétique, dont les emblèmes sont le mythique blouson de cuir noir et la banane gominée. Des chanteuses comme Rihanna arborent aussi fièrement une banane gominée.


Festival Opera Mauritius 2010

Lévée de rideau dans deux semaines sur la deuxième édition du Festival d'opéra 2010, du 10 au 19 septembre. Pour cette deuxième édition, Maurice devient le carrefour du théâtre mondial avec des artistes, metteurs en scène, chef d'orchestre internationaux aux côtés des Mauriciens. Quels sujets aborde ce théâtre lyrique, quels hommes et femmes lui donnent son âme ? Voici quelques visages de ce paysage : la soprano Natacha Constantin, le ténor Kevin Connors et la basse Andreas Kohn, qui, outre l'opéra Carmen, donneront leurs récitals respectifs.

Natacha Constantin - L'esprit libertaire de Carmen

Artiste lyrique depuis 2001 lorsqu'elle interprète sur scène le rôle de Judita Triumphans de Vivaldi à l'Opéra Comique de Montpellier, Natacha Constantin a été nourrie par une formation qui va du Conservatoire National de Région de Toulouse et du Centre d'Etudes Supérieures de Musique et de Danse de Toulouse à l'Atelier lyrique de l'Opéra National de Paris. Elle a obtenu plusieurs prix à des concours (2ème Prix au Concours de Voix Nouvelles en 2002), suivi des cours de perfectionnement avant d'être rompue aux scènes dans des ouvrages d'Opéra de niveaux national et international (Inès dans Le Trouvère (Verdi), Mélissande dans Pelléas et Mélissande (Claude Debussy), Donna Elvira dans le Don Giovanni de Mozart et mis en scène par Mickael Haneke ou encore Camille dans Louise de Charpentier. Grande voix de soprano qu'elle qualifie d'assez large (lyrique, dramatique coloratura), Natacha ne peut faire l'économie de deux mots : "Je chante du grand lyrique et du dramatique..." Elle a une préférence pour la période romantique même si elle a touché au répertoire contemporain avec Olivier Messian. Grâce à une tessiture généreuse, elle aborde le rôle de Frasquita dans Carmen de Bizet en essayant de respecter l'esprit libéré et libertaire de l'oeuvre originale du compositeur. Il faut dire qu'à l'Atelier lyrique de l'Opéra National de Paris, elle a été au contact des plus grands qui lui ont permis d'être une artiste comblée, notamment Janine Reiss (la coach de La Callas). Cette dernière lui a fait travailler l'interprétation et la musique: construire un personnage, regarder attentivement des partitions et les respecter. "On peut se mettre en difficulté en s'écartant de la partition d'un compositeur", nous dit Natacha. Des connaissances techniques et musicales qui lui permettent aujourd'hui d'aborder le rôle de Frasquita avec une certaine autonomie. D'abord, Natacha Constantin parle de la grandeur et de l'importance du festival d'opéra. Dans Carmen, elle est curieuse de l'esprit gitan de l'héroïne et de ses amies. "Je vis le rôle de Frasquita comme une deuxième Carmen, femme assez sauvage en soif de liberté.... les personnages féminins sont assez proches de la nature...", dit Natacha. Quand on lui parle de la part accordée au jeu d'acteurs autant qu'au chant, la soprano nous répond que les deux sont intimement imbriqués. La ligne musicale correspond aux caractères. Voilà une soprano qui peut nous laisser sans voix.

Récital

Avec le pianiste Paul Wilmot, Natacha Constantin donnera un récital au Conservatoire de Musique François Mitterrand à Quatre-Bornes le 11 septembre à 20H. Ce récital comprendra de nombreux airs d'opéras (des extraits de Madame Butterfly, de La Bohème) et des airs moins connus du public mauricien. L'idée est de mélanger des airs connus populaires à des airs moins connus. Ce récital, nous dit Natacha, est un plaisir et une difficulté supplémentaires.

Kevin Conners et Andreas Kohn

Coup de blues

Histoire d'amour pour la musique lyrique et d'amitié entre mélomanes de toutes formations, de volonté généreuse de combiner la musique classique et le jazz, Kevin Conners (ténor) et Andreas Kohn (basse profonde) proposent un formidable projet au cours de cette saison musicale. "Jazzic", c'est le titre de leur concert qui aura lieu à l'Alliance Française de Bell Village, le mercredi 15 septembre (20h). L'originalité de ce projet est de chanter en duo des airs d'opéra, du jazz et des chansons connues de Frank Sinatra ou de Charles Trenet ("La Mer"). "The idea is to introduce how crossover music can happen through multicultural heritage, italian, american, popular ", nous explique Kevin Conners. Dans Carmen, Kevin Conners sera le Remendo et Andreas Kohn, Zuniga. "We need to present the original work of Bizet... people should be exposed more and more to the arts..." Pour le plus grand bonheur des amateurs d'art.

Ô Carmen

Carmen, bohémienne dangereuse et séductrice. L'opéra des opéras, celui que tout le monde connaît sera joué au J&J Auditorium, Phoenix, une nouvelle salle avec une fosse d'orchestre. La mezzo-soprano, Ann-Katrin Naidu, tiendra l'un des rôles les plus fascinants du répertoire de l'opéra par la richesse de la personnalité et l'étendue des interventions musicales et parlées.

Programmation : Carmen, les 10 (20h), 12 (15h), 14 (20h), 18 (20h) et 19 (15h) septembre au J&J Auditorium, Phoenix.


Architecture d'intérieur

Pour un univers très tendance

Décor minimaliste, cuisine américaine et moderne, salle de bains colorée... Divers styles d'agencement sont proposés par des designers ou architectes d'interieur pour sublimer l'intérieur et offrir un cadre de vie agréable pour les contemporains, pour tous les goûts. En voici des propositions de John Allen Commins, directeur et designer du Evolve Group et de Ian Buckhorilall de Cuisines Schmidt qui peuvent inspirer et guider dans les choix.

Less is more

Très tendance, le minimalisme est un style décoratif de choix pour embellir le décor intérieur. "De nos jours, tout le monde cherche à maximaliser l'espace de leur intérieur. La déco minimaliste est la tendance qui privilégie l'espace. Par ailleurs, elle facilite aussi le rangement et l'entretien. On retourne à l'essentiel en éliminant les accessoires superflus qui n'ont aucune utilité. Moins de choses équivaut à moins de désordre", dit John Allen Commins qui est à la tête du groupe Evolve.

Le design d'intérieur s'appuie aussi sur les jeux de couleurs. Ainsi, pour redynamiser une pièce et créer une ambiance plus aérée, le designer suggère des couleurs claires, tels que le blanc, le beige ou encore le gris clair. "La pièce peut ensuite être rehaussée par des objets aux couleurs vives, comme le rouge. L'orange, le bleu ou le violet qui distillent aussi de la bonne humeur", dit-il.

La chambre à coucher est aussi une pièce de choix pour la mise en valeur de la décoration minimaliste. Avec un minimum de mobilier et d'objets décoratifs. En revanche, la pièce doit être bien éclairée. "En plus du rideau, l'utilisation de voilage procure un effet plus frais et aéré". Le designer préconise aussi des lampes murales, lampes sur table ou sur pieds qui diffusent elles aussi beaucoup de lumière. "Nous sommes avant tout des créateurs d'ambiances", dit le directeur et designer du Evolve Group. "Beaucoup de gens recherchent un intérieur à leur image et n'arrivent pas toujours à le faire. C'est là que nous intervenons. Nous leur créons un espace où il fait bon vivre. Nous jouons avec les matières, les couleurs, les accessoires et la lumière pour leur offrir cet univers", dit-il.

Pour un look raffiné

À Floréal, chez Maison Déco Ltée - membre du réseau Cuisines Schmidt, l'une des principales enseignes de cuisine de France -, le client est accueilli par un concepteur qui modélise en 3D sa future cuisine avant même l'achat de celle-ci. De la conception à l'installation globale de la cuisine, les cuisinistes prennent en charge les diverses étapes de la réalisation du projet.

L'enseigne cuisiniste Schmidt est présente à Maurice depuis 2007. La cuisine ouverte, appelée aussi cuisine américaine, s'impose actuellement comme la tendance. "Les cuisines cloisonnées tendent petit à petit à disparaître. 90% de nos clients se présentent avec des cuisines ouvertes", dit Valérie Verchin-Buckhoreelall, directrice de Maison Déco. Par rapport à la cuisine classique, la cuisine ouverte donne directement sur le living. Avec cette tendance, la cuisine n'est pas une juxtaposition du living. Elle est en fait son prolongement. Les deux espaces se fondent pour n'en faire qu'une. Quant aux matières, "la tendance générale n'est plus en bois massif, les cuisines d'aujourd'hui favorisent des gammes plus contemporaines telle que la laque, l'effet verre, l'acrylique et le stratifié brillant, entre autres", explique l'architecte d'intérieur Ian Buckhoreelall.

Le style moderne allie aménagement et équipements technologiques, dont l'éclairage. Celui-ci doit être totalement dissocié selon chaque activité. "Les besoins de lumière en cuisine ne sont pas les mêmes que ceux nécessaires à la prise des repas. Pour l'espace salle à manger, optez pour une lumière douce et une lumière franche et bien orientée pour l'espace cuisine. Le plan cuisson peut être éclairé directement par sa hotte avec des leds intégrés. L'évier et le plan de travail doivent avoir leur propre lumière", dit-il.

La cuisine d'aujourd'hui, c'est une cuisine pratique, ergonomique et esthétique. L'harmonie des façades, des poignées parfaitement alignés, lignes épurées et des effets visuels horizontals sont privilégiés avec rangements centralisés dans des meubles bas qui permettent de libérer les espaces en hauteur. "L'architecture compacte et électroménager intégré donnent un esprit tendance et un bel effet décoratif assuré", dit le designer.


Carrefour

Ziskakan sur le toit du monde

Une des formations phares de la musique réunionnaise, loin du mainstream, Ziskakan, mené par Gilbert Pounia, est un chasseur de sons qui suit les pistes indiennes, gitanes et malgaches pour composer sa musique en quête des origines réunionnaises. Après la publication de son dernier disque Madagascar, le groupe a enregistré son nouveau DVD lors du Sakifo Muzik Festival.

Ce fut le moment fort de la dernière édition du festival Sakifo, cette année, à St-Pierre, La Réunion. Ziskakan, ce mythique groupe mené par Gilbert Pounia depuis 31 ans, a en effet choisi Sakifo pour enregistrer son concert live, qui va faire l'objet d'un nouveau DVD du groupe, bientôt. Avec des invités surprises qui ont apporté leur talent à ce festival métissé. Leur folk rock maloya, teinté de loin en loin de sonorités indiennes a donné un souffle et une nouvelle dimension à la musique réunionnaise.

Si on connaît les anciens opus de Ziskakan (4 ti mo, Rimayer, Soley Glasé, Bato-Fou), ainsi que le nouveau, Madagascar (2009), cet opus live s'annonce comme une vraie surprise. Gérard Clara, Pascal Manglou, Gilbert Pounia, Mishko M'Ba et Ruben Savariaye, qui ont peaufiné leurs partitions à Saint-Philippe, ont explosé Salahin (St-Pierre), le 7 août dernier. "C'est un nouveau passeport pour le groupe. Cette année, au Salahin, l'idée est venue de faire un DVD et un CD live avec un bonus. L'idée a germé comme ça et cela a trouvé un écho favorable auprès du groupe", confiait Gilbert Pounia, avant le concert.

D'un simple DVD, qui est passé à l'inclusion d'un disque et de son bonus, ce projet est devenu "une affaire Sakifo-Ziskakan". Le groupe voulait "marquer le coup". Le produit final devrait ainsi renfermer l'enregistrement vidéo du concert, accompagné d'un CD, d'un livret et d'un bonus. Un documentaire de 52 minutes sur le parcours et l'histoire du groupe suivra d'ici la fin de l'année avec des traductions en tamoule, hindi, chinois... Pour universaliser cette histoire et porter plus haut, plus loin, les rythmes éclectiques de Ziskakan. Toujours en quête de nouvelles sensations, Gilbert Pounia est un homme qui "à 57 ans, continue à chercher, à se poser des questions et trouver des nouvelles réponses allant vers plus d'ouverture". Et ce qu'il a démontré lors de ce concert, devant un Salahin noir de monde, il pousse encore plus loin les limites de son expédition musicale.

Sur scène, c'était la grande fête. Ziskakan a montré avec puissance et énergie qu'il est une bête de scène. Conviant à cette prestation la révélation locale du maloya rap, Alex (Prix Alain Peters 2009) ainsi que la grosse pointure de cette édition du Sakifo, l'artiste français M. pour une fin de concert explosive. Le public ne pouvait rêver mieux. C'était Sakifo, car la rencontre entre Ziskakan et M, la Réunion aime. Les amateurs n'attendent que le DVD pour refaire le concert une nouvelle fois...

Sur la route de Mada...

Après la piste indienne et celle des gitans (explorée dans les deux derniers albums de Ziskakan), la formation a investi les vastes terres de Madagascar, la Grande-Ile. Un album marquant l'anniversaire d'un combo devenu une véritable institution musicale réunionnaise. Ziskakan avait toujours formé le souhait d'opérer un "rapprochement avec la Grande-Île, située à moins d'un millier de kilomètres des côtes réunionnaises". Et cela s'est concrétisé en la rencontre avec Serge Urlentin, qui lui a montré quelques-uns de ses écrits. Ancien collaborateur du groupe sur l'album Banjara, il "ouvre une nouvelle voie dans la poésie créole en l'enrichissant de vocabulaire malgache, appris durant sa jeunesse". Dans le travail de Serge Urlentin, les mots renvoient à l'image à fleur de peau. Pour Gilbert Pounia, cette nouvelle aventure a éveillé de vieux souvenirs, notamment ses attaches avec Madagascar.

La presse réunionnaise fait état de ce retour en arrière : "En plongeant dans son passé, Gilbert Pounia a aussi retrouvé d'autres personnages qu'il évoque dans ses propres textes. Lui qui fut éducateur tient à redonner un nom à deux sans domicile fixe souvent croisés dans le Saint-Denis des années 1960 : Léone Claire et Augustin Mourougapin. Il se rappelle aussi d'Henry Madoré (Moin mi domand pardon), un chanteur de rue d'origine mauricienne, qui avait un jour tendu sa guitare au jeune Gilbert en lui disant : "Joue, mon garçon."

Sur chaque titre, l'équipe de musiciens est partie du texte pour structurer la musique. À l'origine, le chanteur avait imaginé un disque entièrement acoustique. La collaboration avec le réalisateur Erick Benzi, qui a travaillé avec Yannick Noah et Jean-Jacques Goldman, a grandement contribué sur le disque, livrant un ensemble efficace et surprenant. Et si le maloya de Ziskakan est toujours imbibé en profondeur par l'esprit folk, les guitares sont prêtes à se durcir comme du rock, donnant des ailes à ces sonorités ouvertes sur le monde. Ziskakan un samedi soir sur la terre, c'est du bonheur plein les oreilles.


Album, Lévé Dansé

Alain Ramanisum, le séga peut compter sur lui

Lévé Dansé, le dernier album d'Alain Ramanisum ne peut que signer avec le succès. Le CD est le prolongement des précédentes oeuvres, mais le dernier-né a quelque chose en plus… Festif, certes, Lévé Dansé renferme quand même des textes profonds: Donne li so chance, Métier en danger… Alain Ramanisum, qui poursuit sa riche carrière, confirme, encore une fois, que son public - mauricien et réunionnais-, peut compter toujours sur sa présence dans le secteur. Au fil des années, après sa séparation d'avec Cassiya, Alain Ramanisum est devenu une voix incontournable du séga mauricien. Celui-ci peut aussi compter sur lui pour défendre ses couleurs

Avec une discographie qui ne cesse de se rallonger, depuis ces dernières années, Alain Ramanisum reste un des artistes les plus présents dans le circuit du séga. "C'est grâce au soutien du public que je suis toujours là. Je lui dois cet album", dit-il, en parlant de Lévé Dansé, un énième album. Avec ce dernier-né, il poursuit la voie qu'il a tracée ou qui lui a été tracée par le destin il y a de longues années de cela. "Cet album est un peu plus spécial que les précédents", confie le chanteur en parlant de Lévé Dansé. Celui-ci est particulier, non seulement à cause de son contenu, mais surtout pour le temps qu'aura pris sa réalisation. "J'ai pris beaucoup de temps pour écrire les textes. Monn ékrir, réékrir… (rires). Ce sont des chansons qui me touchent beaucoup et qui ont, pour la plupart, été inspirées par des faits. D'ailleurs si Ena èn simé est ma préférée sur l'album, c'est parce qu'elle évoque une expérience par laquelle je suis passé. De manière générale, je me suis beaucoup attardé sur l'arrangement musical de l'album pour qu'au final il y ait une richesse sur ce plan. Je voudrais aussi que tous ceux qui écoutent Lévé Dansé prennent conscience des problèmes de la vie de tous les jours, même si les messages sont diffusés sur un tempo rythmé." Car, c'est aussi ça Alain Ramanisum, il aime dire les choses, aussi vraies et difficiles quelles soient sur un air qui évoque l'ambiance, la fête…

Zereyom, hommage à Jocelyn Perraud

Avec Lévé Dansé, il propose 11 titres dont une reprise: Zereyom et un immanquable clin d'oeil à la Réunion avec le morceau Ladi Lafé. Chez nos voisins, Alain Ramanisum est un nom, une référence… Il n'y a qu'à voir les concerts enregistrés dans l'île soeur pour constater l'effervescence qu'il soulève quand il prend le micro. Lévé Dansé, qui est sorti là-bas depuis deux mois, y a été en grande partie conçue. L'album reste fidèle au séga made by Alain Ramanisum. Et la présence de Zereyom n'est pas un hasard.

Comme sur son précédent album où figurait Viré Viré, Alain Ramanisum revient avec un autre succès, Zereyom, de Jocelyn Perraud, le plus Seychellois des Mauriciens. "Il est à mes yeux un grand ségatier. Il m'a toujours inspiré. J'apprécie sa façon de chanter de même que sa musique. Avec cette chanson, j'ai voulu rendre hommage à ce grand chanteur", poursuit Alain Ramanisum. En reprenant Zereyom, avec un arrangement musical enrichi, il donne du punch à ce séga populaire des années 70 tout en respectant l'oeuvre originale… y compris ses paroles équivoques. Alain Ramanisum dispose sans aucun doute la voix idéale pour réinterpréter Jocelyn Perraud.

Alain Ramanisum sera au Godfather le 11 septembre pour le lancement de son album. Il y sera avec son groupe Ravana et Laura Beg. En octobre la petite troupe s'envolera pour l'Australie avant de mettre le cap sur l'Europe en novembre.


Ena en simé

(Aut/Com/Int. Alain Ramanisum)

Zour an zour lané alé

mo finn apran

Zeness viéyes adolesan ek zenfan

Dan tou obstak ki zot pasé

dan zot lavi

ena enn simé

Pran la sazes

samem défans to lavi

Ouver to lizié

get kat koté avan soté

na pa présé to pou arivé

Dan la vie éna enn simé

Mem la porte fermé dan to koté

Mem lobskirité lor to simé

Lévé dibouté pa tombé

Wi éna enn simé

Mem divan tanpet li pou souflé

Mem lapli loraz li pou kriyé

Lévé dibouté pa tombé

Ena enn simé

Si to rékilé ena kamarad pou éré

Si to arivé ena ki pou maléré

Donn to confians séki kontan to boner

Ena enn simé

Finn arivé mo finn blésé

dan la vie

Monn gayn lafors patians

kouraz dibouté

Mo finn kombat latet lao

Mo pann kilé

Ena enn simé

Mem la porte fermé dan to koté

Mem lobskirité lor to simé

Lévé dibouté pa tombé

Wi éna enn simé

Mem divan tanpet li pou souflé

Mem lapli loraz li pou kriyé

Lévé dibouté pa tombé

Ena enn simé


Concert - Répétitions pour les artistes de Nostalgie 80-90

Les grandes répétitions du concert Nostalgie 80-90 commencent bientôt. Les dix artistes: Denis Azor, Babalé, Marie-Josée Couronne, Ino Nakeed, Balik Taroo, Dario Malcolm, Sylvio Louise, Carino, Marcelino Chaton et Clarel Betsy, se réunissent à partir du 15 septembre pour mettre en place l'ordre de leur passage et reprendre les titres qu'ils interprèteront le 9 octobre au MGI. Chaque chanteur devrait, ce soir-là reprendre deux morceaux phares de leur répertoire, pour le public. La réalisation d'un DVD pour immortaliser les grands moments du concert est aussi prévue par Geda Music, organisateur de l'évènement. Les billets Rs 500 (première), Rs 400 (seconde) et Rs 250 (latérale) sont en vente chez Rézo Otayo et au MGI, à la porte, le jour du concert.


Cuisine

La mer dans votre assiette

Crustacé de choix pour les gourmets, le camaron peut être préparé le plus simplement, grillé - le relever ensuite par un filet de jus de citron - ou de manière un peu plus élaborée en l'accommodant avec des sauces. Notamment provençale et vindaye, comme le démontrent les deux recettes du chef Vinaegon Nursimooloo du restaurant Rêve d'R. C'est dans ce cadre paisible et bucolique de Petit-Raffray que les frères Indiren et Galen Parasuraman ont ouvert ce nouveau rendez-vous de la gastronomie mauricienne. Rêve d'R, ce restaurant de 80 couverts, est aussi le prolongement d'une entreprise familiale, implantée depuis une quarantaine d'année et fondée par Rajoo Parasuraman. La compagnie est spécialisée dans l'importation et la distribution de poissons et de fruits de mer. A Cap Malheureux, la maison familiale, nous raconte Galen Parasuraman, directeur de Rêve d'R, était aussi devenue une halte pour des clients et autres amateurs de produits de mer. "Ils nous demandaient de préparer leur poisson. Nous le faisions, mais nous ne disposions pas de cuisine professionnelle. C'est comme cela que nous avons pensé à un restaurant. D'autant que notre père rêvait d'avoir le sien un jour", confie encore notre hôte. En avril dernier, le rêve de Rajoo Parasuraman - d'où le nom du restaurant - devient une réalité. Planté dans un décor naturel et apaisant, le Rêve d'R devient plus qu'un restaurant, un concept. Les Parasuraman ont intégré leur usine, pour la transformation des produits et leur poissonnerie, pour la vente, dans le projet. "Les clients qui achètent du poisson ou les autres fruits de mer à la poissonnerie peuvent nous les confier en cuisine et nous faisons le reste selon leur commande", précise Galen Parasuraman. Autre particularité de Rêve d'R est sa piscine à débordement. Celle-ci est mise à la disposition de la clientèle de midi à 17 heures. La piscine est une option gratuite. Le restaurant propose également un service de baby-sitting pour les familles accompagnées de très jeunes enfants. Traitement VIP pour ceux qui passent par le Rêve d'R pour prendre le temps d'apprécier ses spécialités, aime dire Galen Parasuraman. A la carte : les fruits de mer et les poissons de tous genres ont une place de choix. Les amateurs de viandes et de volailles ne sont pas pour autant en reste. La carte des desserts sera bientôt révisée. L'arrivée d'un chef-pâtissier devrait y apporter une touche de fraîcheur et de nouveauté. Ceux installés au restaurant pourront le voir à l'oeuvre, puisqu'une baie vitrée sépare la salle de la cuisine.

Si les pinces du camaron ne vous font pas peur, il ne vous reste qu'à trouver les ingrédients nécessaires à la préparation des deux recettes que nous livre le chef Vinaegon Nursimooloo. Sortez les casseroles et les épices…

Camaron à la sauce provençale

Faites sauter 500 g de camaron décortiqué dans un peu de beurre (demi-sel) 1-2 minute chaque côté. Réservez. Préparez la sauce en commençant par faire revenir 100 g de tomates coupées en petits dés et 100 g d'oignon émincé dans un filet d'huile d'olive. Ajoutez du thym et du persil. Déglacez avec un demi-verre de vin blanc doux. Poursuivez la cuisson jusqu'à réduction. Terminez la préparation avec 2 c. à soupe de crème liquide. Salez et poivrez. Ajoutez le camaron et laissez mijoter pendant 5 minutes.

Notre avis. L'excellente cuisson de la chair du camaron a préservé la saveur et la qualité du produit. Assaisonnée avec parcimonie, la sauce provençale (peu relevée) s'accorde bien avec le camaron sans prendre le dessus sur le crustacé.

Vindaye de fruits de mer

Faites sauter 40 g de calamar, 40 g de poisson coupé en cubes, 40 g de crevettes décortiquées et 80 g de camaron décortiqué dans un peu de beurre et un filet d'huile d'olive. Réservez. Dans l'huile qui a servi dans l'étape précédente, faites revenir 100 g d'oignon émincé, une c. à café de purée d'ail et de gingembre,75 g de feuilles de coriandre, une c. à soupe de safran (curcuma), 2 c. à soupe de moutarde à l'ancienne et une c. à soupe de crème de moutarde. Salez. Incorporez plus ou moins une c. à soupe de yaourt nature sucré. Rectifiez selon la consistance. Le yaourt, ici, adoucit la préparation épicée. Vous pouvez aussi ajouter du piment à celle-ci si vous le souhaitez. Mélangez les fruits de mer à la sauce vindaye. Servez avec du riz ou des appalams, accompagnés de chutney.

Notre avis. Dosé comme il faut, les épices n'agressent pas les papilles. Cette subtilité; malgré l'absence de l'apport piquant du vinaigre, s'apprécie puisqu'elle permet aux saveurs brutes des fruits de mer de se développer en bouche.

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VIENT DE PARAÎTRE

Jo les grands bois

Un phénomène intéressant se produit depuis quelque temps à Maurice dans le domaine de l'édition. En dépit du fait que les Mauriciens lisent de moins en moins de livres, des auteurs et des éditeurs mauriciens courageux continuent à écrire et à publier des ouvrages de qualité. Le dernier exemple en date est le bel album d'Adolphe Vallet joliment illustré par Françoise Grange : Jo les grands bois, aux Editions du Corsaire.

Selon l'éditeur et la préfacière de Jo les grands bois Adolphe Vallet, l'auteur du texte de cet album, est un sportif, un homme d'affaires et surtout "un grand chasseur devant l'éternel". Avec un tel profil on aurait pu croire que l'album n'était une ode de plus à la chasse, que ses pratiquants qualifient de "sport des rois" en oubliant que bien souvent à Maurice, il ne s'agit que d'un abattage de troupeaux d'élevage organisé dans des chasses bien entretenues. Mais tel n'est pas le cas de Jo les grands bois qui propose une balade à travers le temps dans une île Maurice en voie de disparition - ou hélas déjà disparue - vue à travers le regard d'un cerf. D'ailleurs, dès le départ, l'auteur donne le ton de son album en citant des vers de Victor Hugo :

"Oui, l'homme est responsable et rendra compte un jour,

Sur cette terre où l'ombre et l'aurore ont leur tour,

Sois l'intendant de Dieu, mais l'intendant honnête,

Tremble de tout abus de pouvoir sur la bête"

A travers un texte simple mais bien travaillé qui oscille entre le conte, la fable et l'essai écologique - plus poétique que scientifique ou militant - Adolphe Vallet propose au lecteur une bien jolie balade. Son texte est superbement mis en valeur par les illustrations de Françoise Grange qui a su trouver les traits et les couleurs appropriées pour donner vie aux aventures de Jo les grands bois. Un cerf intelligent qui, toutes proportions gardées, fait penser aux personnages de Jean de la Fontaine. Cette réussite de l'édition mauricienne est en vente à la librairie du Trèfle à Curepipe.


Initiatives artistiques à Anahita

ARTinteraction

L'exposition "Landing of the Dodos" se déplace de Grand-Port pour aller à la "Anahita World Class Sanctuary", Deep-River/Beau-Champs, sur la côte est de l'île du 1er au 21 septembre 2010. Le public pourra accéder à cet événement chaque jour de 10h à 18h.

Arts Initiatives Ltée a reçu jusqu'ici le soutien public et privé. Anahita World Class Sanctuary vient s'ajouter aux initiatives privées. Le samedi 4 septembre, Anahita organise différentes activités dont une séance d'interaction entre amateurs et œuvres d'art.


Les varices

Préservez votre capital veineux

Près d'une femme sur deux est confrontée à une insuffisance veineuse. Cela se révèle par une gêne fonctionnelle en fin de journée, en période prémenstruelle, quand il fait chaud, en position debout prolongée. Outre la sensation de jambes lourdes, la manifestation la plus fréquente est l'apparition des varices. Mais que sont réellement les varices? Sont-elles réservées à la gent féminine? Quelles peuvent être les complications? Comment les prévenir?... Explications. En latin, le terme "varix" signifie tordu. Rien d'étonnant donc si celui de "varices" désigne des veines déformées et anormalement dilatées. Inesthétiques, les varices se traduisent par des veines visibles à la surface de la peau. Situées dans l'immense majorité des cas au niveau des membres inférieurs, soient les jambes et les cuisses, les varices découlent d'une insuffisance veineuse. En fait, le retour du sang des pieds vers le cœur se fait à l'intérieur de veines, qui sont dotées de valvules de façon à éviter le reflux de sang lié à la pesanteur. Lorsque ces valvules sont altérées et n'exercent plus leur fonction de clapet, la circulation se ralentit et les veines, qui ont naturellement une paroi assez lâche, se distendent. D'où l'apparition de varices. La réduction de la tonicité de la paroi veineuse participe également au développement de varices.

Facteurs de risques

Se traduisant par un cordon bleu, visible à la surface de la peau, qui est plus saillant en position debout, les varices ne donnent en général pas de symptômes particulier. Néanmoins, la stagnation du sang sur les membres inférieurs, résultant du mauvais fonctionnement veineux, peut favoriser l'apparition de complications. Entre et 10 et 20 % de la population présente une forme ou une autre de varice. Elles surviennent entre l'âge de 30 ans et 70 ans. Elles s'aggravent généralement de façon progressive avec l'âge. On estime que 50 % des personnes ayant des varices ont des antécédents familiaux de varices. La sédentarité et le manque d'exercice sont parmi les pires ennemis de nos jambes. Toutefois, les principaux facteurs de risque des varices sont représentés par l'appartenance au sexe féminin, une prédisposition familiale, le surpoids, l'exposition à la chaleur, le port de chaussures trop hautes ou trop plates ou de vêtements trop serrés. Les professions qui exigent de travailler longtemps en position debout (vendeuses, coiffeuses, infirmières, hôtesses de l'air...) augmentent aussi la probabilité de développer des varices. De même, le risque de varice augmente avec l'age. Si cette maladie veineuse touche plus souvent les femmes-des données d'enquêtes épidémiologiques laissent penser qu'une femme sur deux développera des varices au cours de sa vie, contre un homme sur quatre-il faut savoir que certains hommes aussi en souffrent. Mais sa plus haute occurrence chez les femmes s'explique par l'influence qu'exercent à ce niveau les hormones féminins comme les estrogènes et la progestérone. Qui plus est, la tonicité de la paroi veineuse est globalement moins bonne chez les femmes que chez les hommes. Certaines circonstances de la vie féminine favorisent ainsi l'apparition d'une insuffisance veineuse qui pourra conduire à terme au développement de varices. Il s'agit notamment de la période précédant les règles, la prise de contraception hormonale, la ménopause, les grossesses répétées...

Symptômes

Les varices elles-mêmes sont peu dangereuses pour la santé, car elles touchent des veines superficielles des jambes. La présence d'un grand nombre de varices visibles n'entraîne pas nécessairement beaucoup de douleurs. Des veines soulevées peuvent prendre la forme d'une toile d'araignée qui recouvre la majeure partie de la jambe sans que cela soit douloureux. Il peut y avoir par contre une seule veine variqueuse qui crée un inconfort important. Les plaintes les plus courantes sont des douleurs sourdes et persistantes, l'apparition de crampes la nuit et une sensation de gonflement dans les veines. Ces symptômes s'aggravent avant les menstruations ou après une longue période passée en position debout.

La majorité des gens qui présentent des varices ne souffrent pas de complications. Il est néanmoins possible que des ulcérations surviennent à proximité des veines touchées ou que les veines subissent une hémorragie (saignement interne), plus particulièrement chez les personnes âgées dont la peau est très mince. De l'eczéma et une décoloration de la peau à proximité des veines variqueuses peuvent également survenir.

Diagnostics

Les varices sont généralement diagnostiquées par le patient, qui peut les observer directement ou les palper lorsqu'elles forment une protrusion sous la peau. Leur ampleur réelle ne peut cependant être évaluée correctement que par le médecin, qui peut palper les veines de la jambe en position debout. Si les varices sont très visibles, elles sont probablement apparues depuis un certain temps. Un gonflement des chevilles peut également indiquer que des veines situées plus en profondeur dans la jambe ne fonctionnent pas correctement. Afin de déterminer si les veines profondes de la jambe fonctionnent comme elles le devraient et s'il y a un caillot, le médecin peut demander certains examens, notamment une ultrasonographie Doppler ou des radiographies.

Traitement et Prévention

Le traitement en cas de varices vise principalement à soulager la douleur et à réduire les complications. Les personnes dont les veines forment des toiles d'araignée évidentes peuvent également souhaiter un traitement cosmétique. Le port d'un bas de compression léger peut éliminer complètement les douleurs provoquées par les petites veines légèrement variqueuses. Les patients qui présentent des varices avancées peuvent également porter un bas élastique de soutien plus épais, qui va jusqu'au genou ou à la cuisse. La sclérothérapie est une intervention qui consiste à injecter une solution saline ou une solution chimique concentrée dans les veines variqueuses. La solution sclérosante (durcissante) entraîne la fermeture ou l'affaissement de la veine, qui se transforme en tissu cicatriciel. Le sang ne circule plus alors que dans les veines non variqueuses. Il est possible d'injecter simultanément plusieurs veines. Un certain nombre de séances d'injection sont généralement nécessaires pour refermer efficacement les veines, et on doit compter quelques semaines pour permettre la cicatrisation après chaque injection.

La sclérothérapie est réalisée par un dermatologue ou un spécialiste et n'entraîne qu'un léger inconfort. Les réactions allergiques à la sclérothérapie sont rares. Une scarification peut survenir et provoquer l'apparition d'une tache brune sur la peau, qui en général disparaît, mais peut dans certains cas être permanente.

Certaines varices superficielles peuvent être traitées au laser. Une nouvelle technique appelée microsclérothérapie constitue une autre façon d'éliminer les varices. On utilise des solutions et des méthodes d'injection améliorées. Aucune anesthésie n'est requise pour effectuer une sclérothérapie ou une microsclérothérapie. Les varices peuvent également être traitées par chirurgie. Le médecin peut conseiller une chirurgie (au laser, à l'aide d'un cathéter, ou une phlebectomie ambulatoire) si :

-vos varices sont très visibles ;

-vous observez une modification de votre peau ;

-vous souffrez énormément et que vos veines sont constamment gonflées (phlébite récurrente ou thrombophlébite).

Le médecin qui recommande une chirurgie étendue pourra "éveiner" les veines plus profondes de la jambe et extraire le plus grand nombre possible de veines variqueuses tuméfiées et tordues. Quelques varices isolées pourront continuer à être gênantes après la chirurgie, mais elles peuvent généralement être traitées à l'aide d'injections.


Certaines mesures qui peuvent contribuer à prévenir l'apparition des varices.:

-faire de l'exercice. La marche est une bonne façon d'accroître la circulation sanguine dans les jambes.

-perdre du poids. Le fait de perdre quelques livres en trop réduit la pression inutile imposée aux veines des jambes.

-porter des bas de compression.

-éviter les talons hauts. Les chaussures à talons bas font davantage travailler les muscles du mollet, ce qui est préférable pour les veines.

-élever les jambes. Il est conseillé de prendre tous les jours 3 ou 4 pauses de 10 à 15 minutes et d'élever les jambes au-dessus du niveau du cœur (par ex. en se couchant et en plaçant les jambes sur 3 ou 4 oreillers)

-éviter de rester longtemps assis ou debout. Il est préférable de changer fréquemment de position afin de favoriser la circulation sanguine.


Sur la mauricianité

1810 : Le symbole d'un tournant

L'Histoire d'un pays ne doit pas être attribuée à telle ou telle communauté. Les différentes polémiques autour de la commémoration de Grand-Port peuvent s'avérer vaines. Cette bataille n'est qu'un "épiphénomène" de l'année 1810, nous dit Emmanuel Richon, conservateur du Blue Penny Museum. Ce qui est important, c'est la mémoire commune. Cette date est importante pour toute notre mauricianité, poursuit Emmanuel Richon. 1810 est une année charnière et décisive puisque "sans cette date, francophonie et anglophonie ne se seraient sans doute pas côtoyées dans une mosaïque linguistique dont nous pouvons désormais légitimement nous déclarer fiers. Toutes les décisions prises durant cette année fondent le paysage linguistique pluriel de l'île", déclare Richon.

Au quotidien donc, cette date nous fait en partie ce que le pays est devenu. Il est même possible d'affirmer que, par-delà les dizaines d'années de combats fratricides et meurtriers, 1810 demeurera dans notre esprit le symbole d'un tournant beaucoup plus qu'une rupture, façonnant en partie ce que nous sommes aujourd'hui et inaugurant plutôt une longue période de paix entre deux pays dont l'entente exemplaire et bien plus que simplement "cordiale", semble s'être définitivement scellée dans la dignité des vaincus et la tolérance des vainqueurs.

L'exposition que vient de nous proposer le Blue Penny Museum (1810: Mauritius) revendique la présentation au public de portraits et documents originaux auxquels le public n'est pas habitué.

Cette exposition ne se veut pas exclusivement représentative d'un événement particulier ayant effectivement eu lieu en 1810, mais plutôt de présenter de manière équitable l'importance de cette année.

Il est également prévu le lancement d'un album Mauritius 1810, contenant des articles inédits d'historiens et connaisseurs.

Nous vous proposons trois images de cette exposition : le dernier étendard français à avoir flotté à Maurice provenant d'une collection privée, des piastres de Decaen appartenant au Blue Penny, les seules frappées et conçues à Maurice et la lettre de Napoléon envoyée aux bataillons d'élite à l'isle de France (acquisition de Philippe Giraud).


Soutien aux artistes

A partir du 1er août, un nouveau dispositif global s'est mis en place : le Fonds de Solidarité aux artistes. Des actions et aides professionnelles et sociales aux auteurs-compositeurs, entre autres. Gérard Louise, le directeur de la Mauritius Society of Authors (MASA), nous éclaire sur ce fonds.

Le Fonds de Solidarité aux Artistes (MASS), est-ce que c'est une stratégie de soutien aux artistes et en même temps un dispositif à l'aide sociale et professionnelle?

G. L : Le plan de revenu de solidarité artistique de la Mauritius Society of Authors (MASA) est un plan d'aide aux artistes et est destiné aux artistes ayant atteint l'âge de la retraite selon l'échéancier prévu par la loi. Tout en agissant comme un plan de couverture sociale aux artistes, il a pour but d'encadrer les artistes de différentes manières afin de leur permettre de bénéficier d'une prestation mensuelle non-contributive, payable à ceux qui atteignent 60 ans.

Comment est géré le Fonds et qui sont les prestataires ?

Le Fond de Solidarité est géré par un Comité institué par le Conseil d'administration de la MASA comprenant des professionnels. Les bénéficiaires sont les membres de la MASA qui ont mené une carrière soutenu dans le domaine musical.

Il faudrait, à ce niveau, bien comprendre que le plan de revenu encadre l'artiste à partir de 60 ans, car c'est la loi qui définit 60 ans comme l'âge de la retraite. Certains artistes ont demandé pourquoi le plan ne s'applique pas aux jeunes. Dans ce cas, ils ne pourront jouir de leur contribution à la retraite. Nous viendrons avec un autre plan pour cela. Toutefois, ceux âgés de 50 ans et plus, intègre le plan de solidarité mais n'est éligible aux revenus qu'à l'âge de 60 ans.

Est-ce que cette stratégie de soutien de la MASA a un caractère social, éducatif et culturel ?

Le plan de revenu solidarité aux artistes va de pair avec la responsabilité sociale de l'artiste dans le sens qu'il faut accorder à l'artiste toute la reconnaissance qu'il mérite pour jouir d'une retraite confortable. Après des décennies de contribution à la vie culturelle de Maurice, les artistes méritent d'être encadrés quand ils seront plus capables de maintenir le rythme de la production. Surtout à un moment où le métier d'artiste à temps plein, à Maurice, comporte plus de doute que de certitude. Parallèlement, la MASA a des projets culturels et différentes aides aux enfants des artistes.

Est-ce que le fond de pension est une manière de revoir la situation de l'artiste à Maurice et à renforcer la sécurisation de son parcours ?

Effectivement. En instituant le Fonds de Solidarité aux artistes, la MASA a voulu rassurer les artistes qu'ils préserveront leur dignité en fin de carrière et ne seront pas dépourvus financièrement. Nous sommes le deuxième pays, après l'Afrique du Sud, à mettre sur pied un plan de revenu solidarité artistique et le premier dans l'océan Indien. Tout en mettant l'accent sur la professionnalisation dans le domaine de l'art, nous voulons garantir le parcours de l'artiste à travers ce plan de solidarité artistique.

Vous allez dans le futur solliciter l'aide de l'Etat dans cette politique de soutien aux artistes ?

Le Premier Ministre a lui-même fait état du soutien du gouvernement lors du lancement du plan de solidarité. L'Etat a certainement un rôle capital à jouer dans l'encadrement des artistes. Le Corporate Social Responsibility (CSR) pourra certainement aider à renforcer le fond de solidarité aux artistes.


Arts et scènes

"The Crossing"

Une réalité transfrontalière

La saison culturelle a repris depuis dimanche dernier avec "The Crossing", la version anglaise de la pièce de Henri Favory "Nu Traversé", présentée actuellement en Afrique du Sud. Une pièce intense sur la scène du Théâtre Serge Constantin, à Vacaos, dans un décor on ne peut plus minimaliste. Le spectacle est soutenu par SOS Femmes et la branche locale de Amnesty International. Le sujet étant un fait social qu'on retrouve dans toutes les cultures : la violence faite aux femmes. Mais ce ne sont pas seulement les féministes et autres acteurs engagés du pays qui portent une parole sur la violence envers les femmes, sa transmission, sa légitimation sociale. La mise en scène de Favory démontre l'universalité de ce problème et pointe ses causes pour l'éradiquer. "The Crossing" condamne le patriarcat, l'exploitation, la discrimination, le viol, les agressions tolérées ou encouragées par le silence.

En jupe noire, sur un immense plateau noir, sept femmes tournent à l'unisson, engagées dans un combat contre la violence. Sur le papier, il s'agit d'une enquête menée par la comédienne Marie-France Favory avant la première représentation de la pièce en 1997. Car "Nu traversée" a eu plusieurs vies dans ses différentes représentations à Maurice. Mais pour cette version 2010, la satire sociale est mise en avant par de jeunes interprètes qui soulignent la créativité dramatique. On mentionnera, entre autres, la dynamique Gaëlle Tossé et Chloë Mayotte qui fait des débuts très prometteurs. Sur scène, les comédiennes attribuent un nouveau statut aux mots prononcés en fonction d'un thème revisité. Les mots incarnent une situation dramatique, une parole dérisoire entrecoupée de chants et de gestuels. C'est d'abord une expression vaine marquée par des postures figées. On se cache, on se dérobe derrière le cercle de la "vann' (arme et bouclier). Ensuite, on s'organise. Ce sont des sœurs ou un personnage à faces multiples dans les mouvements de groupe. Elles sont chargées d'exprimer par des mots et des gestes cette problématique de la violence dans l'alternance textes et chansons. "The crossing" insiste sur la gestuelle des personnages. La "vann" fonctionne comme masque et arme ou des codes autorisant toutes sortes de mutations : désir, haine, passion qui s'incarnent dans l'excès. Les mouvements du corps débouchent sur l'ostentation de danses, tantôt macabres, tantôt brillantes qui exhibent le spectacle dans le spectacle. La créativité dramatique de la pièce de Favory est aussi soulignée par le jeu des comédiennes de grande sensibilité (Marie-France Favory, Tonia Pénélope, Mélanie Peres, Aurélie Antoinette). Qu'elle s'adresse à des convaincus, des attentistes ou simples spectateurs amusés, "The Crossing" a eu des effets pour le moins énergisants.


Festival du Rire de l'Ile Maurice

Comicus ininterruptus

Comment transformer des comédies drolissimes du répertoire de Komiko en festival ? Pour célébrer les 15 ans de Komiko, Miselaine Duval, directrice de Karavann Events avec le Festival du Rire de l'Ile Maurice (du 1er au 5 septembre), prend le pari de dire que le rire en soi n'est jamais dupe. Aussi, elle s'offre le luxe de réunir pendant 5 jours des "professionnels" de l'humour de la région. Le rire se moque, le rire dénonce, le rire résiste. L'objectif du festival est d'emmener ce rire partout à travers l'île. Conjuguant allègrement truculence et excès en tout genre, le grand spectacle comprend des pièces de théâtre, des one-man show avec Midi Ryé, par exemple. On nous annonce aussi du tam-tam avec le Carnaval.

Le Festival du Rire aura pour marraine la comédienne française Dominique de Lacoste que le public a connu dans le fameux duo Les Vamps.

Dominique de Lacoste proposera "En coup de Vamp", une performance dans laquelle elle reprend le personnage de Gisèle Rouleau.

Côté sketchs, les humoristes mauriciens, Lindsay Mootien, Mamie Kloune, Trioco seront de la partie. La troupe Theatralis, elle, présentra "Monsieur Nounou" de Feydeau. Les humoristes proposeront des créations inédites. Ce seront les moments-phares du festival. A noter que Rodrigues sera représenté par Steve Albert, nouveau talent découvert par Karavann Events tandis que Joseph Sinon présentera l'humour des Seychelles.

Une occasion pour le public de découvrir le Kafe Te@t Komiko dans les anciens locaux. Tout d'abord, le public découvrira le Kafe T@t Komiko dans les anciens locaux du cinéma ABC de Rose-Hill. En retour Komiko propose de l'imagination, de l'interprétation et des surprises. Le Festival s'ouvrira par le Spectacle Cocktail du rire sous le chapiteau du Caudan le 1er septembre. Il se poursuivra le 2 septembre à 20H au Kafe T@t Komiko. Billets et renseignements au Kafe teat Komiko sur le 4651616 et au Caudan Waterfront sur le 2341077.


Revues littéraires

Carnavalesques 4 et Point d'orgue

Ce qui fonde les œuvres indianocéaniques

Les productions francophones et créolophones manifestent leur dynamisme, leur créativité et une certaine nécessité dans les revues de découvertes contemporaines. Il y a dans l'espace indianocéanique (Madagascar, Les Comores, La Réunion et Maurice, Les Seychelles) une manière de rêver, de témoigner de la part des écrivains. L'île étant à la fois texte et matrice, inspirant le discours de ses enfants. Ainsi, Caranvalesques 4 (éditions ASPECT) nous propose de découvrir la poésie du sud-ouest de l'océan Indien avec des textes inédits dans un numéro spécial coordonné par Frédérique Hélias et Stéphane Hoarau. Point d'orgue, elle, publication biannuelle est bilingue (créole réunionnais-français) est une revue créole de l'océan Indien aux Editions KA avec des portraits, textes inédits, entretiens, illustrations. D'une île à l'autre, il y a au-delà des mythologies, de l'Histoire, des similitudes : la quête d'une identité dans une population cosmopolite, des quêtes métaphysiques, spirituelles aussi, des recherches culturelles dans des oeuvres traversées de doutes et de dissensions. Outre les motifs qui ont longtemps fondé les oeuvres indianocéaniques, il y a dans les productions de la jeune génération d'écrivains les enjeux de la mémoire. Dans les deux revues que nous présentons, Caranvalesques 4 et Point d'orgue, nous nous sommes intéressés aux productions littéraires malgaches, en particulier celles de Raharimanana. La densité et les fulgurances de ses textes, ses réflexions quant à la mémoire, les identités, l'exil sont d'une grande pertinence pour qui veut réfléchir sur les mondes créoles. L'auteur malgache, Jean-Luc Raharimanana, se signale par son inspiration et son style vibrants. On connaît ses textes parus en recueil aux éditions du Serpent à Plumes (Rêves sous le linceul, 1998, Nour 1947, 2001). Raharimanana s'inspire d'un événement fondateur dans l'histoire moderne malgache : l'insurrection de 1947, pour témoigner et dénoncer. Avec Obscena, c'est un texte infiniment complexe comme le prouvent ces conflits sur la terre, des retournements de situation, de la violence. Le texte se présente comme une fouille, une reconstruction, un véritable voyage au plus profond de la matrice. L'Ecriture devient alors un enjeu : le lieu de la déstructuration de la société avec la déstructuration de la langue mais aussi le lieu de l'un et du multiple. Chaque fragment de texte lutte à sa manière contre la violence de l'Histoire. Chaque fragment de texte fait violence à la violence, sans pour autant l'occulter mais usant d'une langue qui cherche la voie véritable. L'extrait que nous vous proposons obéit à une précipitation de la parole. Cette parole dramatisée conserve néanmoins son souffle. La ponctuation particulière et l'agencement de phrases matérialisent la tension qui entoure le récit. Il faut lire Raharimanana.


Extrait choisi

Obscena

II. Sous décombres d'écho, sur un air de me fendre le cul, sous les gravats de cris et d'écrits, mes lèvres ouvertes sur léchouille qui ne vient pas, mes cuisses ouvertes, mes désirs, mes râles ouverts, et ma gorge qui s'engage sur nul sens, un rien de dit et de cru, de sensé et de velu, un poil de sens, je veux, une toison où me poser, je, un rien sans nudité, et les clameurs sans vent qui tombent et s'en vont, qui tombent et s'en vont, croulent s'écroulent les mots de toutes les fumisteries, coloris des riens de rien, artefacts usés jusqu'au gris des gris, ruines de paroles, vignes de paroles fanées, ivresse vraie des cordes pendardes qui ne balancent que leurs vides, je me fends le cul et je m'ouvre où tu veux.

VI. Plus loin sur l'île caillou, une autre elle dans le vide, jetée, sa chevelure blanche écume, dos de grès ou de lave froide, qu'importe, enclume qui n'a de caresse que la soie qui sourd des profondeurs, elle autre, la face tournée dans la terre, hanches étales, tendues sous désir, est broyée en silence, jetée, blanche écume, blanche, face tournée dans la terre, hanches immobiles sur lesquelles je passe, je en restes de ma mémoire, épais limons sur la bouche, elle, jetée que je fouille, je ne désire rien, je ne désire rien, je ne désire rien.

XIII. Puisqu'il n'est plus possible de passer par l'île caillou, sous quelques algues flottant vers les récifs, j'irai t'effranger un de ces jours l'haleine poisseuse où se lassent nos amours. Puisqu'il n'est plus possible de se fendre par les falaises, sous quelques ailes flottant dans les nues, je te prendrais l'un de ces jours tissés, l'un de ces jours cousus, le temps de t'éfaufiler l'haleine poisseuse où se lassent nos amours. Puisqu'il n'est plus possible qu'un pas soit devant l'autre à travers les horizons, j'irai t'effiler nos espérances et fils ainsi lancés, fils qui traînent et s'envolent, nous irons emmailloter la lune et la ravir cocon d'amour. Ainsi, nous ferons puisqu'il n'est plus possible que les terres se ramassent et ne soient plus que des noms...


Jean-Luc Raharimanana est né en 1967 à Antananarivo. Il a vécu longtemps dans un pays miné par la violence et la misère. Il s'exile en France avant de regagner Madagascar en 2002 dans un désastre total. Dans Point d'orgue no. 3, il intervient sur l'esthétique de l'engagement, articulé autour du triptyque mémoire-Histoire-identité. Nous vous proposons un extrait de son texte sur l'exil. A la recherche d'un nouvel espace de création, Point d'orgue est constitué d'un ensemble de textes critiques, d'interventions, d'entretiens, de textes inédits qui peuvent se lire comme autant d'exposés pour un voyage dans le réel de la langue et pour questionner la société.

EXIL

Une question que l'on m'a posée quand je suis arrivé en France, et que l'on me pose toujours près de vingt-ans après. Mon projet d'écriture fait que je ne suis pas en exil. C'est lorsque je n'écris plus que je me sens "sans endroit". L'exil, c'est paradoxalement cet endroit qui m'accueille, un pays où je peux m'exprimer. C'est surtout une période où mon pays natal m'a poussé à partir car l'expression y était contrainte.

Un pays natal qui a changé à tel point que le rêve de le retrouver semble impossible. Est-ce que je me sentirai seulement "chez moi"? Peut-être que le fait d'avoir construit un univers littéraire m'a exilé ? Mais beaucoup de lecteurs se retrouvent dans ce que j'écris, car dans l'espace de la littérature, chacun se construit un monde où il peut/veut vivre. Ce territoire littéraire est mental, et la question de l'exil se pose en dehors des contraintes que la société impose. De mon côté, cette question de l'exil a pris corps à la fin des années 1980 : ma pièce Le prophète et le président a été interdite à Madagascar. J'ai reçu des menaces physiques, mais avant cette censure, je n'avais plus ma place dans l'Île. Littérairement, j'étais trop à l'étroit, incapable de m'y exprimer pleinement, j'étais déjà en exil...

International Book Fair Mauritius

Dans le contexte des célébrations de la Journée mondiale du livre 2010, la Bibliothèque Nationale, en collaboration avec Books &Business Co. Ltée, organisent une foire internationale du livre du 25 au 29 août 2010. Cette manifestation à la Cybercité (Cyber Tower 1) d'Ebène accueille des éditeurs de l'étranger, des distributeurs et fournisseurs ainsi que des participants locaux. Parmi les invités de marque, Alena Jezkova écrivain tchèque, journaliste et éditrice.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 29 août 2010