f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 29 août 2010



  Enquêtes non élucidées - Le CP demande aux CID de traiter chaque cas
  Sécurité routière - Ces chiffres qui font frémir…
  Condamné en Angleterre à deux ans de prison - Le Mauricien Noor Ramjanally se cacherait à... Maurice


Enquêtes non élucidées

Le CP demande aux CID de traiter chaque cas

Les enquêtes non élucidées demeurent toujours une préoccupation de la police. Le commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, l'a rappelé depuis la semaine dernière à toutes les Criminal Investigation Divisions (CID) du pays, ainsi qu'à ses proches collaborateurs. Du reste, durant cette semaine, ces cas non résolus jusqu'ici ont fait l'objet d'une réunion aux Casernes centrales. "Aucune enquête qui n'a pas encore été élucidée n'est mise au placard tant qu'on n'a pas de résultats", a rappelé le commissaire à ses proches collaborateurs.

Selon les recoupements effectués par Week-End, il a été requis des différents responsables des CID du pays de soumettre un return concernant les enquêtes non élucidées dans leur division. À partir de ces returns, les Casernes centrales, via la Central Criminal Investigation Division (CCID) effectuera un suivi régulier, voire un close monitoring de ces enquêtes, ainsi que de leur progression. L'assistant-commissaire de police (ACP) "Crime" Pregassen Vuddamalay, n° 1 de la CCID, de même que ses collaborateurs, dont le surintendant Devanand Reekoye, seront ceux qui suivront de près la situation et tiendront le CP informé de tout développement relativement à ces affaires.

Parmi elles, bien entendu, des cas d'homicides fortement médiatisés. L'on relèvera entre autres l'agression mortelle de Vanessa Lagesse, survenue dans la nuit du 9 au 10 mars 2001, celui de Nadine Dantier en juin 2003, ainsi que ceux de Hansy Ittoo et de Tagoresing Sandooram à Bassin-Blanc le 11 novembre 2002. Quoi que dans ce dernier cas, en dépit des conclusions des autopsies effectuées par l'ancien responsable du département médico-légal de la police, le Dr Satish Boolell, qui avait conclu au foul play, la police avait choisi de privilégier la thèse du double suicide. On note aussi des disparitions troublantes qui n'ont jamais été percées. Notamment celles d'Ackmez Aumeer depuis le samedi 24 janvier 2003, ainsi que de Pinky Bhujun, depuis le 9 septembre 2005. On se rappellera dans le cas de Pinky, que son petit ami, Roshan Jeebodh, qui avait été arrêté en marge de cette affaire, s'était donné la mort par pendaison.

On se souviendra également que des suites d'une visite officielle du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en France, deux experts de la police française étaient venus à Maurice afin d'aider la police sur bon nombre de ces cas d'homicides non résolus. Si le CP Rampersad est fier du fait que depuis son arrivée à la tête de la police en 2008, il aura connu un taux de détection de 100% des murder cases, il a rappelé à ses proches collaborateurs que chaque cas non élucidé en est un de trop. Et que les enquêteurs doivent tout mettre en œuvre afin d'apporter des résultats dans ces affaires.

Il est également vrai de dire qu'avec les avancées technologiques, notamment en matière de tests ADN, de nouveaux indices pourraient s'avérér déterminants dans l'élucidation des cas non résolus. Mais afin d'obtenir ces nouveaux indices, la police se doit absolument de remettre l'ouvrage sur le métier…


Sécurité routière

Ces chiffres qui font frémir…

Alors que la police maintient son action dissuasive sur le terrain avec une multiplication des crackdown operations et autres contrôles inopinés, le Bureau central des statistiques vient de publier les toutes dernières données à sa disposition relativement à la circulation routière à Maurice. Les chiffres font tout simplement frémir. Parallèlement à ses opérations, la police continue ses campagnes de sensibilisation du grand public. Ainsi, à travers la Security Week qui se tient à Flacq à partir de demain, lundi, la police veut aussi faire comprendre aux jeunes et aux enfants l'importance d'un comportement exemplaire sur les routes. Selon l'inspecteur Bijaye Rambhursy, responsable de la Road Safety Unit (RSU), la police veut sensibiliser davantage la population relativement aux méfaits de l'utilisation du portable au volant ou sur la route.

Les tout derniers chiffres du BCS sont clairs comme de l'eau de roche : le parc automobile à Maurice continue de s'agrandir inexorablement. À la fin du mois de juin, l'on dénombrait au total 374 547 véhicules sur nos routes à Maurice et dûment enregistrés auprès de la National Transport Authority (NTA). Ce chiffre était de l'ordre de 366 520 à la fin de décembre de l'année dernière. Cette augmentation, de 2,2% en l'espace de six mois, veut dire, en clair, que 10 489 nouveaux véhicules ont été enregistrés durant le premier semestre, soit une moyenne de 1 748 nouveaux véhicules sur nos routes chaque mois. Durant ce même semestre, 2 462 véhicules ont été mis hors circulation.

Cette augmentation du parc automobile s'accompagne, selon les statistiques du BCS, avec une hausse dans le nombre d'accidents de la route. Durant le premier semestre cette année, 11 227 d'entre eux ont été recensés, contre 10 211 durant la même période l'année dernière, soit une augmentation de 10%. Ce qui donne la moyenne ahurissante de 62 accidents rapportés par jour. Ces accidents ont impliqué 20 050 véhicules depuis le début de l'année, soit une hasse de 0,8% en comparaison au premier semestre de 2009. Un rapide calcul donne la moyenne de 3 000 véhicules impliqués dans des accidents à Maurice chaque mois, ou 111 par jour. Entre janvier et fin juin 2009, 19 892 véhicules avaient été accidentés.

Par contre, une lueur positive dans cette grisaille : une diminution du nombre de blessés ; 1 821 pour le premier semestre cette année contre 1 862 l'année dernière. Il est également important de relever que 35% des blessés sont des motocyclistes, 18% d'entre eux des piétons et 14% des conducteurs.

Du côté de la police, sous l'impulsion du commissaire de police, Dhun Iswur Rampersad, l'on maintient la vigilance ainsi que la répression sur le terrain. Durant une crackdown operation qui s'est déroulée durant le week-end dernier (NDLR : voir notre information de dimanche dernier), la police a contrôlé 6 401 véhicules et a verbalisé 603 automobilistes pour différentes infractions au code de la route. Six d'entre eux se sont révélés positifs à l'alcoomètre.

Durant cette semaine, soit de lundi à vendredi, 1 574 automobilistes ont été épinglés pour excès de vitesse, tandis que 22 d'entre eux ont été positively alcotested. Il est aussi à noter que 461 automobilistes ont été verbalisés, toujours durant la même période, pour d'autres road traffic offences.

Le responsable de la RSU, l'inspecteur Bijaye Rambhursy, interrogé par Week-End, fait ressortir pour sa part que la police continuera ses contrôles inopinés de façon à bien faire comprendre à la population que tout contrevenant peut être épinglé à n'importe quel moment. Ce n'est qu'à ce prix, dit-il, que les automobilistes finiront par comprendre qu'ils ont intérêt à respecter scrupuleusement le code de la route.

Au-delà de l'aspect purement répressif, l'inspecteur Rambhursy insiste sur le rôle important que la police joue sur le plan de la sensibilisation. "Cette semaine, nous serons présents dans l'est durant la Security Week qui se tient à Flacq à partir de lundi. La RSU y tiendra un stand que le public est appelé à visiter en grand nombre. Durant la semaine, nous nous occuperons également, avec le ministère, d'un Traffic Children Playground, ce qui est a priori un espace de divertissement pour les enfants, mais où nous les mettrons en situation. Ils devront respecter les feux de signalisation, les passages pour piétons, etc., et nous leur donnerons beaucoup d'informations pratiques, ainsi qu'à leurs parents", a-t-il fait ressortir. La police a également prévu des projections de video clips, ainsi que des causeries axées sur la route, ses dangers, ainsi qu'aux précautions à prendre.

D'autre part, en ce qu'il s'agit des méfaits de l'utilisation du téléphone cellulaire au volant pour lire ou envoyer des messages textos, l'inspecteur Rambhursy a été catégorique : "C'est encore plus dangereux que de parler au téléphone en conduisant, puisque l'automobiliste a la tête baissée pour lire le message. Une fraction d'inattention et c'est la mort certaine !" Selon l'inspecteur Rambhursy, la police est consciente de ce grand danger. Du reste, par le truchement de la RSU, la police fera également circuler des brochures à ce sujet durant la Security Week. "Le portable au volant multiplie les risques d'accidents par quatre !" martèle l'inspecteur.

Par ailleurs, ce dernier tient à rappeler qu'en fonction des nouveaux règlements qui sont en vigueur, le kit "mains-libres" est désormais illégal. L'inspecteur Rambhursy rappelle qu'utiliser son portable au volant est une offence punissable sous le Road Traffic Act (RTA) par une amende de Rs 2 000, mais que celle-ci peut aller jusqu'à Rs 10 000 dépendant des facts and circumstances du délit, ainsi que des antécédents du contrevenant.


Condamné en Angleterre à deux ans de prison

Le Mauricien Noor Ramjanally se cacherait à... Maurice

Le Mauricien Noor Ramjanally, condamné à deux ans de prison au mois de juin dernier en cour de Chelmsford en Angleterre pour avoir "perverti" la justice, fait de nouveau parler de lui. Les autorités britanniques sont d'avis qu'il se cacherait... à Maurice. Selon la presse anglaise, peu avant la lecture du jugement, la police britannique avait reçu un e-mail du Mauricien rédigé en ces termes : "I am enjoying the sun." Ramjanally et son épouse Soulma Nusrally sont aussi soupçonnés de fraude au Royaume-Uni.

L'histoire de ce Mauricien continue de faire jaser en Angleterre. Malgré le fait que Noor Ramjanally, 36 ans, a déjà été condamné par une cour de justice, il demeure néanmoins introuvable et ne peut subséquemment pas purger sa peine d'emprisonnement. Ramjanally, très connu dans la région de Loughton puisqu'il y animait régulièrement des séances de prières, avait allégué qu'il avait été kidnappé par des membres du British National Party (BNP) et que ces derniers l'avaient menacé à l'arme blanche tout en tenant des propos racistes à son encontre. Mais sa version des faits de cet "incident" avait été complètement démolie en cour à cause d'enregistrements de caméras de surveillance placés juste à l'extérieur de l'immeuble où il habitait.

Les images des caméras ont clairement démontré qu'à l'heure précise de son enlèvement allégué, soit le 24 août 2009, Ramjanally quittait tranquillement son appartement. Quelques minutes après être sorti de son domicile, il a pris un taxi, dans lequel il est monté sans contrainte. Ce qui contredit totalement sa déposition à la police dans laquelle il affirme avoir été kidnappé par deux hommes qui l'avaient forcé à entrer dans le coffre de leur voiture. Par la suite, Ramjanally avait appelé le 999, en disant qu'il avait été enlevé sous la contrainte d'armes blanches, et qu'il avait été victime de menaces racistes. Les mois précédant son enlèvement allégué, il avait aussi affirmé qu'il était victime de menaces racistes par e-mail et que son domicile allait être incendié.

Alors qu'il devait être jugé pour avoir perverti le cours de la justice, Ramjanally disparaît. Il vivait, en compagnie de son épouse, en situation irrégulière. Leur visa "touriste", d'une durée de six mois, avait expiré. Quand les officiers de l'immigration avaient perquisitionné son appartement, ils devaient y découvrir de faux passeports ainsi que de fausses pièces d'identité. Mais par la suite, alors que son procès allait débuter, la police devait recevoir un e-mail de lui disant ceci : "I'm enjoying the sun."

Au mois de juin dernier, il est condamné à deux ans de prison par la juge Karen Walden-Smith. Énonçant la condamnation, elle fait ressortir qu'il est impossible de dire si Ramjanally avait fabriqué son histoire dans le but d'augmenter les tensions dans la région, ou par pure vanité, ou pour un mélange des deux raisons. Mais peu après sa condamnation, d'autres éléments d'informations troublantes font surface. Noor Ramjanally est fortement soupçonné d'avoir illégalement obtenu des bénéfices et d'avoir volé l'argent d'une mosquée de son quartier. Son épouse fait aussi l'objet d'enquêtes pour avoir fait une fausse déclaration à la sécu, à l'effet qu'elle serait une mère célibataire, dans le but d'empocher un income support et des housing benefits.

Déposant en cour, le Chief Superintendant de la police d'Essex, Simon Williams, a euceci à dire : "Il a rendu un très mauvais service à la communauté de Loughton en suggérant qu'il y avait des personnes de la région qui souhaitaient commettre des crimes au préjudice des minorités. Maintenant que ses mensonges ont été exposés au grand jour, j'espère que mes officiers pourront poursuivre leur excellent travail dans la région et redonner confiance aux habitants."

Il a été impossible pour Week-End d'en savoir davantage sur cette affaire du côté de la police mauricienne, ou de confirmer l'existence de contacts entre les polices britannique et locale relativement à une déportation éventuelle de Ramjanally, au cas où sa présence sur le territoire mauricien serait confirmée.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 29 août 2010