Les enquêtes non élucidées demeurent toujours
une préoccupation de la police. Le commissaire de police,
Dhun Iswur Rampersad, l'a rappelé depuis la semaine dernière
à toutes les Criminal Investigation Divisions (CID) du
pays, ainsi qu'à ses proches collaborateurs. Du reste,
durant cette semaine, ces cas non résolus jusqu'ici ont
fait l'objet d'une réunion aux Casernes centrales. "Aucune
enquête qui n'a pas encore été élucidée
n'est mise au placard tant qu'on n'a pas de résultats",
a rappelé le commissaire à ses proches collaborateurs.
Selon les recoupements effectués par Week-End, il
a été requis des différents responsables
des CID du pays de soumettre un return concernant les enquêtes
non élucidées dans leur division. À partir
de ces returns, les Casernes centrales, via la Central
Criminal Investigation Division (CCID) effectuera un suivi régulier,
voire un close monitoring de ces enquêtes, ainsi
que de leur progression. L'assistant-commissaire de police (ACP)
"Crime" Pregassen Vuddamalay, n° 1 de la CCID,
de même que ses collaborateurs, dont le surintendant Devanand
Reekoye, seront ceux qui suivront de près la situation
et tiendront le CP informé de tout développement
relativement à ces affaires.
Parmi elles, bien entendu, des cas d'homicides fortement médiatisés.
L'on relèvera entre autres l'agression mortelle de Vanessa
Lagesse, survenue dans la nuit du 9 au 10 mars 2001, celui de
Nadine Dantier en juin 2003, ainsi que ceux de Hansy Ittoo et
de Tagoresing Sandooram à Bassin-Blanc le 11 novembre 2002.
Quoi que dans ce dernier cas, en dépit des conclusions
des autopsies effectuées par l'ancien responsable du département
médico-légal de la police, le Dr Satish Boolell,
qui avait conclu au foul play, la police avait choisi de
privilégier la thèse du double suicide. On note
aussi des disparitions troublantes qui n'ont jamais été
percées. Notamment celles d'Ackmez Aumeer depuis le samedi
24 janvier 2003, ainsi que de Pinky Bhujun, depuis le 9 septembre
2005. On se rappellera dans le cas de Pinky, que son petit ami,
Roshan Jeebodh, qui avait été arrêté
en marge de cette affaire, s'était donné la mort
par pendaison.
On se souviendra également que des suites d'une visite
officielle du Premier ministre, Navin Ramgoolam, en France, deux
experts de la police française étaient venus à
Maurice afin d'aider la police sur bon nombre de ces cas d'homicides
non résolus. Si le CP Rampersad est fier du fait que depuis
son arrivée à la tête de la police en 2008,
il aura connu un taux de détection de 100% des murder
cases, il a rappelé à ses proches collaborateurs
que chaque cas non élucidé en est un de trop. Et
que les enquêteurs doivent tout mettre en uvre afin
d'apporter des résultats dans ces affaires.
Il est également vrai de dire qu'avec les avancées
technologiques, notamment en matière de tests ADN, de nouveaux
indices pourraient s'avérér déterminants
dans l'élucidation des cas non résolus. Mais afin
d'obtenir ces nouveaux indices, la police se doit absolument de
remettre l'ouvrage sur le métier
Sécurité routière
Ces chiffres qui font frémir
Alors que la police maintient son action dissuasive sur le terrain
avec une multiplication des crackdown operations et autres
contrôles inopinés, le Bureau central des statistiques
vient de publier les toutes dernières données à
sa disposition relativement à la circulation routière
à Maurice. Les chiffres font tout simplement frémir.
Parallèlement à ses opérations, la police
continue ses campagnes de sensibilisation du grand public. Ainsi,
à travers la Security Week qui se tient à Flacq
à partir de demain, lundi, la police veut aussi faire comprendre
aux jeunes et aux enfants l'importance d'un comportement exemplaire
sur les routes. Selon l'inspecteur Bijaye Rambhursy, responsable
de la Road Safety Unit (RSU), la police veut sensibiliser davantage
la population relativement aux méfaits de l'utilisation
du portable au volant ou sur la route.
Les tout derniers chiffres du BCS sont clairs comme de l'eau de
roche : le parc automobile à Maurice continue de s'agrandir
inexorablement. À la fin du mois de juin, l'on dénombrait
au total 374 547 véhicules sur nos routes à Maurice
et dûment enregistrés auprès de la National
Transport Authority (NTA). Ce chiffre était de l'ordre
de 366 520 à la fin de décembre de l'année
dernière. Cette augmentation, de 2,2% en l'espace de six
mois, veut dire, en clair, que 10 489 nouveaux véhicules
ont été enregistrés durant le premier semestre,
soit une moyenne de 1 748 nouveaux véhicules sur nos routes
chaque mois. Durant ce même semestre, 2 462 véhicules
ont été mis hors circulation.
Cette augmentation du parc automobile s'accompagne, selon les
statistiques du BCS, avec une hausse dans le nombre d'accidents
de la route. Durant le premier semestre cette année, 11
227 d'entre eux ont été recensés, contre
10 211 durant la même période l'année dernière,
soit une augmentation de 10%. Ce qui donne la moyenne ahurissante
de 62 accidents rapportés par jour. Ces accidents ont impliqué
20 050 véhicules depuis le début de l'année,
soit une hasse de 0,8% en comparaison au premier semestre de 2009.
Un rapide calcul donne la moyenne de 3 000 véhicules impliqués
dans des accidents à Maurice chaque mois, ou 111 par jour.
Entre janvier et fin juin 2009, 19 892 véhicules avaient
été accidentés.
Par contre, une lueur positive dans cette grisaille : une diminution
du nombre de blessés ; 1 821 pour le premier semestre cette
année contre 1 862 l'année dernière. Il est
également important de relever que 35% des blessés
sont des motocyclistes, 18% d'entre eux des piétons et
14% des conducteurs.
Du côté de la police, sous l'impulsion du commissaire
de police, Dhun Iswur Rampersad, l'on maintient la vigilance ainsi
que la répression sur le terrain. Durant une crackdown
operation qui s'est déroulée durant le week-end
dernier (NDLR : voir notre information de dimanche dernier), la
police a contrôlé 6 401 véhicules et a verbalisé
603 automobilistes pour différentes infractions au code
de la route. Six d'entre eux se sont révélés
positifs à l'alcoomètre.
Durant cette semaine, soit de lundi à vendredi, 1 574 automobilistes
ont été épinglés pour excès
de vitesse, tandis que 22 d'entre eux ont été positively
alcotested. Il est aussi à noter que 461 automobilistes
ont été verbalisés, toujours durant la même
période, pour d'autres road traffic offences.
Le responsable de la RSU, l'inspecteur Bijaye Rambhursy, interrogé
par Week-End, fait ressortir pour sa part que la police
continuera ses contrôles inopinés de façon
à bien faire comprendre à la population que tout
contrevenant peut être épinglé à n'importe
quel moment. Ce n'est qu'à ce prix, dit-il, que les automobilistes
finiront par comprendre qu'ils ont intérêt à
respecter scrupuleusement le code de la route.
Au-delà de l'aspect purement répressif, l'inspecteur
Rambhursy insiste sur le rôle important que la police joue
sur le plan de la sensibilisation. "Cette semaine, nous
serons présents dans l'est durant la Security Week qui
se tient à Flacq à partir de lundi. La RSU y tiendra
un stand que le public est appelé à visiter en grand
nombre. Durant la semaine, nous nous occuperons également,
avec le ministère, d'un Traffic Children Playground, ce
qui est a priori un espace de divertissement pour les enfants,
mais où nous les mettrons en situation. Ils devront respecter
les feux de signalisation, les passages pour piétons, etc.,
et nous leur donnerons beaucoup d'informations pratiques, ainsi
qu'à leurs parents", a-t-il fait ressortir. La
police a également prévu des projections de video
clips, ainsi que des causeries axées sur la route, ses
dangers, ainsi qu'aux précautions à prendre.
D'autre part, en ce qu'il s'agit des méfaits de l'utilisation
du téléphone cellulaire au volant pour lire ou envoyer
des messages textos, l'inspecteur Rambhursy a été
catégorique : "C'est encore plus dangereux que
de parler au téléphone en conduisant, puisque l'automobiliste
a la tête baissée pour lire le message. Une fraction
d'inattention et c'est la mort certaine !" Selon l'inspecteur
Rambhursy, la police est consciente de ce grand danger. Du reste,
par le truchement de la RSU, la police fera également circuler
des brochures à ce sujet durant la Security Week. "Le
portable au volant multiplie les risques d'accidents par quatre
!" martèle l'inspecteur.
Par ailleurs, ce dernier tient à rappeler qu'en fonction
des nouveaux règlements qui sont en vigueur, le kit "mains-libres"
est désormais illégal. L'inspecteur Rambhursy rappelle
qu'utiliser son portable au volant est une offence punissable
sous le Road Traffic Act (RTA) par une amende de Rs 2 000, mais
que celle-ci peut aller jusqu'à Rs 10 000 dépendant
des facts and circumstances du délit, ainsi que
des antécédents du contrevenant.
Condamné en Angleterre à deux ans de prison
Le Mauricien Noor Ramjanally se cacherait à... Maurice
Le Mauricien Noor Ramjanally, condamné à deux ans
de prison au mois de juin dernier en cour de Chelmsford en Angleterre
pour avoir "perverti" la justice, fait de nouveau parler
de lui. Les autorités britanniques sont d'avis qu'il se
cacherait... à Maurice. Selon la presse anglaise, peu avant
la lecture du jugement, la police britannique avait reçu
un e-mail du Mauricien rédigé en ces termes :
"I am enjoying the sun." Ramjanally et son épouse
Soulma Nusrally sont aussi soupçonnés de fraude
au Royaume-Uni.
L'histoire de ce Mauricien continue de faire jaser en Angleterre.
Malgré le fait que Noor Ramjanally, 36 ans, a déjà
été condamné par une cour de justice, il
demeure néanmoins introuvable et ne peut subséquemment
pas purger sa peine d'emprisonnement. Ramjanally, très
connu dans la région de Loughton puisqu'il y animait régulièrement
des séances de prières, avait allégué
qu'il avait été kidnappé par des membres
du British National Party (BNP) et que ces derniers l'avaient
menacé à l'arme blanche tout en tenant des propos
racistes à son encontre. Mais sa version des faits de cet
"incident" avait été complètement
démolie en cour à cause d'enregistrements de caméras
de surveillance placés juste à l'extérieur
de l'immeuble où il habitait.
Les images des caméras ont clairement démontré
qu'à l'heure précise de son enlèvement allégué,
soit le 24 août 2009, Ramjanally quittait tranquillement
son appartement. Quelques minutes après être sorti
de son domicile, il a pris un taxi, dans lequel il est monté
sans contrainte. Ce qui contredit totalement sa déposition
à la police dans laquelle il affirme avoir été
kidnappé par deux hommes qui l'avaient forcé à
entrer dans le coffre de leur voiture. Par la suite, Ramjanally
avait appelé le 999, en disant qu'il avait été
enlevé sous la contrainte d'armes blanches, et qu'il avait
été victime de menaces racistes. Les mois précédant
son enlèvement allégué, il avait aussi affirmé
qu'il était victime de menaces racistes par e-mail et que
son domicile allait être incendié.
Alors qu'il devait être jugé pour avoir perverti
le cours de la justice, Ramjanally disparaît. Il vivait,
en compagnie de son épouse, en situation irrégulière.
Leur visa "touriste", d'une durée de six mois,
avait expiré. Quand les officiers de l'immigration avaient
perquisitionné son appartement, ils devaient y découvrir
de faux passeports ainsi que de fausses pièces d'identité.
Mais par la suite, alors que son procès allait débuter,
la police devait recevoir un e-mail de lui disant ceci : "I'm
enjoying the sun."
Au mois de juin dernier, il est condamné à deux
ans de prison par la juge Karen Walden-Smith. Énonçant
la condamnation, elle fait ressortir qu'il est impossible de dire
si Ramjanally avait fabriqué son histoire dans le but d'augmenter
les tensions dans la région, ou par pure vanité,
ou pour un mélange des deux raisons. Mais peu après
sa condamnation, d'autres éléments d'informations
troublantes font surface. Noor Ramjanally est fortement soupçonné
d'avoir illégalement obtenu des bénéfices
et d'avoir volé l'argent d'une mosquée de son quartier.
Son épouse fait aussi l'objet d'enquêtes pour avoir
fait une fausse déclaration à la sécu, à
l'effet qu'elle serait une mère célibataire, dans
le but d'empocher un income support et des housing benefits.
Déposant en cour, le Chief Superintendant de la police
d'Essex, Simon Williams, a euceci à dire : "Il
a rendu un très mauvais service à la communauté
de Loughton en suggérant qu'il y avait des personnes de
la région qui souhaitaient commettre des crimes au préjudice
des minorités. Maintenant que ses mensonges ont été
exposés au grand jour, j'espère que mes officiers
pourront poursuivre leur excellent travail dans la région
et redonner confiance aux habitants."
Il a été impossible pour Week-End d'en savoir
davantage sur cette affaire du côté de la police
mauricienne, ou de confirmer l'existence de contacts entre les
polices britannique et locale relativement à une déportation
éventuelle de Ramjanally, au cas où sa présence
sur le territoire mauricien serait confirmée.