é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 29 août 2010



  Préparatifs budgétaires - GGSU : "Et les fonds spéciaux de Rs 8 milliards, M. Mansoor ?!"
  Préparatifs budgétaires - CSG-Solidarité : "La marge de manœuvre existe ! "


Préparatifs budgétaires

GGSU : "Et les fonds spéciaux de Rs 8 milliards, M. Mansoor ?!"

En attendant le coup d'envoi officiel des consultations prébudgétaires, le président de la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, qui avait combattu en début d'année les HR Guidelines du secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, est monté au créneau pour dénoncer la politique budgétaire "tayé razé" en gestation. Réagissant à l'attitude alarmiste dont fait preuve le secrétaire financier par rapport au budget 2011, il s'est appesanti sur les fonds spéciaux de l'ordre de Rs 8 milliards à la disposition du gouvernement pour soulager les difficultés de la population.

"Nous ne pensons pas que le secrétaire financier soit bien inspiré de poursuivre dans sa politique de crier au loup. La teneur de la lettre circulaire pour le budget représente soit une tentative d'induire la population en erreur, soit une tentative de management of public opinion. Le secrétaire financier a-t-il oublié les special funds disponibles, dont le montant s'élève à Rs 8 milliards ?" s'est demandé le président de la GGSU.

En effet, les informations recueillies de sources sûres indiquent que ces Rs 8 milliards sont constituées comme suit :

Rs 1 milliard au "Human Resource, Knowledge and Arts Development Fund" ;

Rs 900 millions au "Maurice Ile Durable Fund" ;

Rs 2,5 milliards au "Saving Jobs and Recovery Fund" ;

Rs 900 millions au "Local Infrastructure Fund" ;

Rs 25 millions au "Food Security Fund" ;

Rs 25 millions au "'Social Housing Fund" et

Rs 2,5 milliards au "Road Decongestion Programme Fund".

"À la GSSU, nous souhaitons voir le secrétaire financier ne pas raconter n'importe quoi car, avec ces fonds spéciaux, il se trouve avec le budget le plus facile à préparer. Avec le budget de 2011, le gouvernement dispose d'une occasion pour un nouveau départ avec un démarrage psychologique en faveur de la population, qui a consenti à des sacrifices énormes au cours de ces dernières années. Le budget devra proposer une forme d'amnistie en termes de repaiements pour les prêts-logements et aussi bien que la réintroduction des déductions fiscales en faveur des remboursements bancaires pour le logement et le financement des études tertiaires", ajoute Rashid Imrith, qui s'est déjà attelé à la tâche de préparer le mémoire à être soumis au vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth.

À ce stade, les dirigeants syndicaux définissent également leur stratégie en prévision des prochaines consultations sur la compensation salariale payable à partir du 1er janvier 2011. "Jusqu'ici, les ministres des Finances ont berné les salariés avec leur formule bidon de Full Compensation à ceux se trouvant au bas de l'échelle. Cette Full Compensation doit être appliquée sur les conclusions du Household Budget Survey, soit des salaires de Rs 10 000", s'appesantit le président de la GGSU, qui demeure sur ses gardes quant à la formule de négociations après la disparition du National Pay Council.

"La compensation salariale doit relever d'une instance regroupant les représentants des salariés, des employeurs du privé et du gouvernement. Il n'est pas question pour nous de voir cette question majeure être débattue au sein du National Tripartute Forum, avec des représentants des ONG. Le National Tripartite Forum doit être over and above du comité tripartite", a-t-il conclu.


Préparatifs budgétaires

CSG-Solidarité : "La marge de manœuvre existe ! "

La CSG-Solidarité et le groupement Rezistans ek Alternativ maintiennent que le gouvernement dispose de la marge de manœuvre voulue pour éviter "la prescription amère à la FMI" préconisée par le secrétaire financier, Ali Michael Mansoor, dans la lettre circulaire marquant le début des préparatifs pour le budget 2011. C'est ce qu'a déclaré à Week-End, hier après-midi, Ashok Subron en tant que porte-parole de ces deux organisations. Dans la conjoncture, il s'est permis de demander qui de Pravind Jugnauth et d'Ali Mansoor est le véritable ministre des Finances.

"Les directives du secrétaire financier constituent un véritable plan de privatisation massive des entreprises d'État par le truchement du Pubic Private Partnetship (PPP), d'augmentation des tarifs pour des services et utilités publics, un gel du recrutement dans la fonction publique et une réduction de l'importance des institutions en de vulgaires entités commerciales", déclare Ashok Subron.

"Nous nous demandons qui est le véritable ministre des Finances. Pravind Jugnauth ou Ali Mansoor ? Il est clair que si le gouvernement se cantonne dans une logique néo-libérale avec le Joint Economic Council embedded à l'hôtel du gouvernement, comme à l'époque de Rama Sithanen, la marge de manœuvre pour le budget fera défaut. Pourtant, il existe une véritable marge de manœuvre si le gouvernement a la conviction de vouloir sortir des sentiers battus", poursuit le porte-parole de Rezistans ek Alternative.

Parmi les propositions avancées en marge des préparatifs budgétaire, Ashok Subron préconise :

des amendements à l'Employment Rights Act pour éviter la menace des licenciements économiques en masse contre l'octroi des fonds publics aux entreprises ;

la restructuration de la Corporate Tax et des impôts sur les dividendes, avec notamment la taxe des compagnies de 15% remplacée par une taxe avec des différentiels ;

l'introduction d'une nouvelle taxe, comme la Currency Transaction Tax ou encore une taxe de 1% sur les transactions dans l'offshore ;

l'imposition d'une taxe sur les Independent Power Porducers utilisant le charbon pour produire de l'électricité ;

l'adoption d'une "Anti-Speculation Tax".

Rezistans ek Alternativ réclame des mesures d'urgence pour réduire le gaspillage des fonds publics et une révision complète de la politique de nominations politiques. "Dans un contexte où la majorité de la population subit déjà une détérioration de son niveau de vie, où le problème de l'endettement des ménages devient de plus en plus préoccupant, où les conditions de vie sont devenues encore plus précaires, Pravind Jugnauth commettra une grave erreur que d'amorcer ce prochain budget en portant des lunettes signées Mansoor et JEC", affirme Ashok Subron, qui ajoute que "la crise actuelle est une occasion pour faire émerger un nouveau modèle de développement basé sur la justice sociale et économique sur l'emploi décent et un nouveau partage".



é c o n o m i e WEEK-END --- dimanche 29 août 2010