En attendant le coup d'envoi officiel des consultations prébudgétaires,
le président de la Government General Services Union (GGSU),
Rashid Imrith, qui avait combattu en début d'année
les HR Guidelines du secrétaire financier, Ali Michael
Mansoor, est monté au créneau pour dénoncer
la politique budgétaire "tayé razé"
en gestation. Réagissant à l'attitude alarmiste
dont fait preuve le secrétaire financier par rapport au
budget 2011, il s'est appesanti sur les fonds spéciaux
de l'ordre de Rs 8 milliards à la disposition du gouvernement
pour soulager les difficultés de la population.
"Nous ne pensons pas que le secrétaire financier
soit bien inspiré de poursuivre dans sa politique de crier
au loup. La teneur de la lettre circulaire pour le budget représente
soit une tentative d'induire la population en erreur, soit une
tentative de management of public opinion. Le secrétaire
financier a-t-il oublié les special funds disponibles,
dont le montant s'élève à Rs 8 milliards
?" s'est demandé le président de la GGSU.
En effet, les informations recueillies de sources sûres
indiquent que ces Rs 8 milliards sont constituées comme
suit :
Rs 1 milliard au "Human Resource, Knowledge and Arts Development
Fund" ;
Rs 900 millions au "Maurice Ile Durable Fund" ;
Rs 2,5 milliards au "Saving Jobs and Recovery Fund"
;
Rs 900 millions au "Local Infrastructure Fund" ;
Rs 25 millions au "Food Security Fund" ;
Rs 25 millions au "'Social Housing Fund" et
Rs 2,5 milliards au "Road Decongestion Programme Fund".
"À la GSSU, nous souhaitons voir le secrétaire
financier ne pas raconter n'importe quoi car, avec ces fonds spéciaux,
il se trouve avec le budget le plus facile à préparer.
Avec le budget de 2011, le gouvernement dispose d'une occasion
pour un nouveau départ avec un démarrage psychologique
en faveur de la population, qui a consenti à des sacrifices
énormes au cours de ces dernières années.
Le budget devra proposer une forme d'amnistie en termes de repaiements
pour les prêts-logements et aussi bien que la réintroduction
des déductions fiscales en faveur des remboursements bancaires
pour le logement et le financement des études tertiaires",
ajoute Rashid Imrith, qui s'est déjà attelé
à la tâche de préparer le mémoire à
être soumis au vice-Premier ministre et ministre des Finances,
Pravind Jugnauth.
À ce stade, les dirigeants syndicaux définissent
également leur stratégie en prévision des
prochaines consultations sur la compensation salariale payable
à partir du 1er janvier 2011. "Jusqu'ici, les ministres
des Finances ont berné les salariés avec leur formule
bidon de Full Compensation à ceux se trouvant au
bas de l'échelle. Cette Full Compensation doit être
appliquée sur les conclusions du Household Budget Survey,
soit des salaires de Rs 10 000", s'appesantit le président
de la GGSU, qui demeure sur ses gardes quant à la formule
de négociations après la disparition du National
Pay Council.
"La compensation salariale doit relever d'une instance
regroupant les représentants des salariés, des employeurs
du privé et du gouvernement. Il n'est pas question pour
nous de voir cette question majeure être débattue
au sein du National Tripartute Forum, avec des représentants
des ONG. Le National Tripartite Forum doit être over
and above du comité tripartite", a-t-il conclu.
Préparatifs budgétaires
CSG-Solidarité : "La marge de manuvre existe
! "
La CSG-Solidarité et le groupement Rezistans ek Alternativ
maintiennent que le gouvernement dispose de la marge de manuvre
voulue pour éviter "la prescription amère
à la FMI" préconisée par le secrétaire
financier, Ali Michael Mansoor, dans la lettre circulaire marquant
le début des préparatifs pour le budget 2011. C'est
ce qu'a déclaré à Week-End, hier après-midi,
Ashok Subron en tant que porte-parole de ces deux organisations.
Dans la conjoncture, il s'est permis de demander qui de Pravind
Jugnauth et d'Ali Mansoor est le véritable ministre des
Finances.
"Les directives du secrétaire financier constituent
un véritable plan de privatisation massive des entreprises
d'État par le truchement du Pubic Private Partnetship (PPP),
d'augmentation des tarifs pour des services et utilités
publics, un gel du recrutement dans la fonction publique et une
réduction de l'importance des institutions en de vulgaires
entités commerciales", déclare Ashok Subron.
"Nous nous demandons qui est le véritable ministre
des Finances. Pravind Jugnauth ou Ali Mansoor ? Il est clair que
si le gouvernement se cantonne dans une logique néo-libérale
avec le Joint Economic Council embedded à l'hôtel
du gouvernement, comme à l'époque de Rama Sithanen,
la marge de manuvre pour le budget fera défaut. Pourtant,
il existe une véritable marge de manuvre si le
gouvernement a la conviction de vouloir sortir des sentiers battus",
poursuit le porte-parole de Rezistans ek Alternative.
Parmi les propositions avancées en marge des préparatifs
budgétaire, Ashok Subron préconise :
des amendements à l'Employment Rights Act pour éviter
la menace des licenciements économiques en masse contre
l'octroi des fonds publics aux entreprises ;
la restructuration de la Corporate Tax et des impôts sur
les dividendes, avec notamment la taxe des compagnies de 15% remplacée
par une taxe avec des différentiels ;
l'introduction d'une nouvelle taxe, comme la Currency Transaction
Tax ou encore une taxe de 1% sur les transactions dans l'offshore
;
l'imposition d'une taxe sur les Independent Power Porducers utilisant
le charbon pour produire de l'électricité ;
l'adoption d'une "Anti-Speculation Tax".
Rezistans ek Alternativ réclame des mesures d'urgence pour
réduire le gaspillage des fonds publics et une révision
complète de la politique de nominations politiques. "Dans
un contexte où la majorité de la population subit
déjà une détérioration de son niveau
de vie, où le problème de l'endettement des ménages
devient de plus en plus préoccupant, où les conditions
de vie sont devenues encore plus précaires, Pravind Jugnauth
commettra une grave erreur que d'amorcer ce prochain budget en
portant des lunettes signées Mansoor et JEC",
affirme Ashok Subron, qui ajoute que "la crise actuelle
est une occasion pour faire émerger un nouveau modèle
de développement basé sur la justice sociale et
économique sur l'emploi décent et un nouveau partage".