Faits et effets…
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Délire liberticide
Humeur
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Ça sent la banane…
Pris sur le vif
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Catalogue
Faits et effets...
Délire liberticide
Il y a des hommes dangereux qui nous gouvernent. Ici, nous en
savons quelque chose. Ils sévissent avec une intolérance
et une brutalité dignes des pires dictatures, un peu à
la manière de la junte birmane. Même pas peur! Ils
ne nous ont pas, pour autant, fait peur, ni hier, ni aujourd'hui
et, ni demain, c'est certain. Lorsqu'on est sûr de son honnêteté
professionnelle et de son intégrité personnelle
et lorsqu'on est porté par ses convictions, on a rien à
craindre, si ce n'est le délire liberticide de quelques
locataires du temple de la puissance. Pour ceux-là, la
référence en matière d'information, c'est
sûrement la MBC. C'est dire à longueur de soirées,
de jours et d'années que tout va bien dans le pays, qu'il
y a des magiciens au pouvoir qui peuvent tout régler d'un
coup de bâton magique. C'est peut être joli à
entendre pour ceux qui ne croient pas dans le débat contradictoire,
mais ça, ce n'est pas la démocratie.
Lorsque des titres, comme le nôtre, avaient injustement
subi les foudres de ceux qui se croient les propriétaires
de ce pays, certains avaient choisi de regarder dans l'autre direction
et de composer allègrement avec ceux qui nous boycottaient.
Ce n'est pas pour autant que l'on s'amuse aujourd'hui du fait
qu'ils soient, à leur tour, ostracisés. Lorsqu'il
s'agit de principes, il n'y a pas de quartier, on se met debout
et on dénonce. Et s'il faut aller plus loin, on est prêt.
Pas besoin de se faire prier.
Ici, on ne marchande pas. Ce n'est parce que nous avons été
bien seuls à dire notre fait à des gens de pouvoir
et à dénoncer leurs travers que nous allons profiter
pour régler quelques comptes. Non, nous ne pratiquons pas
une politique à courte vue. C'est ce qui explique que nous
nous sentons parfaitement à l'aise, non pas pour dire à
quelques confrères : "Bienvenue au club des exclus",
mais pour exprimer notre totale solidarité avec le groupe
La Sentinelle, objet de la vindicte renouvelée et étendue
d'un cartel de faux démocrates qui veulent faire taire
toutes les voix discordantes.
On aurait pu rire du procédé utilisé par
les services du nouveau ministre des Finances s'il ne revêtait
pas un caractère aussi grave. On a d'abord voulu interdire
l'accès de l'enceinte de l'Hôtel du gouvernement
au journaliste de Radio One. Les policiers au contrôle à
l'entrée revendiquaient avoir reçu des ordres dans
ce sens. Toujours est-il que, sur son insistance, le journaliste
a quand même pu accéder à la salle de conférence
du ministère des Finances pour s'entendre dire, cette fois,
par les policiers qui y sont affectés que c'est écrit
noir sur blanc que les titres du groupe La Sentinelle n'étaient
purement et simplement pas les bienvenus aux activités
du nouveau ministre. II ne reste plus qu'à espérer
qu'on ne lui fasse pas un procès pour avoir accédé
à un "restricted area" comme ce fut le cas pour
les journalistes du Groupe Le Défi qui avaient été
enquêtés sur les incidents entourant le Kalimaye
qui gênait la tranquillité d'un des deux plus fameux
habitants de River Walk, en l'occurrence le Premier ministre,
Navin Ramgoolam.
Pravind Jugnauth est bien placé, lui qui a la Mauritius
Revenue Authority sous la tutelle de son ministère, pour
savoir qu'il est payé des fonds publics. De l'argent des
contribuables. De tous les contribuables. Et ceux-ci ne se trouvent
pas uniquement dans les 50% qui ont voté pour le camp qui
gère les affaires du pays. Ils sont aussi dans les 43%;
et, ce n'est pas rien, qui n'ont pas voulu de l'équipe
et du programme du bleu-blanc-rouge le 5 mai dernier et qui sont
des lecteurs des journaux nationaux. Au Sun Trust, qui est sa
propriété personnelle, il peut faire ce qu'il veut
mais, au ministère des Finances, il ne peut imposer ses
diktats. Penser et agir autrement révèlent une conception
bien inquiétante de ce qu'il entend de ses responsabilités
et de ses devoirs d'Etat.
A quelques jours des élections, nous rappelions, ici même,
que pas moins de sept journalistes ont été arrêtés
ces dernières années. Certains Mauriciens ont pris
cela pour des faits anecdotiques. Ce sont une multitude de petites
anecdotes qui préfigurent l'histoire des grandes dictatures.
Nous, journalistes, n'avons pas à composer avec les puissants.
La finalité de la mission du journaliste n'est ni de se
faire "tenir en haute estime" par les hommes publics,
ni de saluer le "culte de l'amitié" des uns par
rapport aux autres. Le journaliste fait son travail d'informer;
il dénonce, parce que c'est ce qui permet d'avancer, émet
une opinion selon ses convictions personnelles et non en fonction
de ce qu'il obtient ou peut obtenir en retour. Ni poste de prestige,
ni ambassade
Ceux qui, dans certaines colonnes, avaient prévu, un changement
dans le paysage médiatique avant les dernières élections
ne s'y sont pas trompés. II y a tellement de traîtres
aujourd'hui dans cette noble profession. Elle est tellement divisée,
tellement traversée aussi par des intérêts
qui n'ont rien à voir avec ceux des créateurs des
titres dont la seule vocation était celle d'informer et
non servir de faire-valoir à des groupes financiers distincts.
On est loin de l'époque où les journalistes, du
Cernéen au Militant, pourtant aux antipodes
sur le plan idéologique, de Mauritius Times au Mag
en passant par le Mauricien et l'Express, descendaient
spontanément dans la rue au moindre piétinement
de la liberté d'expression. La presse libre est en danger.
Il incombe au plus grand nombre de le réaliser et de réagir.
Avant qu'il ne soit trop tard
Humeur
Ça sent la banane
Les relations pouvoir/presse n'ont jamais été au
beau fixe dans ce pays et c'est tant mieux pour la liberté
de l'information. Une trop grande proximité de la presse
avec le pouvoir peut parfois conduire à des formes de connivence,
pour ne pas dire de complicités, pouvant mener la première
nommée à jouer au faire-valoir du second. Cette
proximité, pour ne pas dire ce copinage, peut pousser les
moins regardants à arrondir les angles, ou carrément
raboter les aspérités des déclarations avant
de jouer carrément aux agents de propagande. C'est comme
ça que les politiques aiment que les journalistes soient
: des haut-parleurs, des diffuseurs de leurs propos, enjolivés
au passage. Ce désir de transformer la presse en corporation
aux ordres, en brosse à faire reluire ne date pas d'hier.
C'est parce qu'elle n'était pas suffisamment obéissante
et se permettait même, en plus, de critiquer le gouvernement
ou carrément de ne pas être d'accord avec sa politique
et ses décisions que la censure de la presse fut instaurée
au début des années soixante-dix. Ramgoolam et Duval
pères, avec la complicité de politiques, dont les
discours étaient truffés du mot démocratie,
obligèrent les journalistes à faire viser leurs
textes par la police en empruntant un escalier des Casernes Centrales.
Tout à fait en passant, il semblerait que ceux qui exploitaient
à mort l'évocation de ce souvenir ont aujourd'hui
un trou de mémoire bien commode.
Non, les relations presse/pouvoir n'ont jamais été
faciles à Maurice. Au début des années quatre-vingts,
quand Anerood Jugnauth se joignit au tandem Ramgoolam/Duval pères,
les Mauriciens eurent droit à une autre tentative de museler
la presse, cette fois-ci de manière économique.
La réaction unanime, solidaire et spontanée de la
presse, soutenue par l'opinion publique, fit reculer les apprentis
censeurs. D'autres tentatives de censure, d'autres déclarations
contre la presse, accusée de tous les maux, eurent lieux
par la suite et venant de tous les camps. A Maurice, les politiques
adorent la presse quand ils sont dans l'opposition et la détestent
quand ils arrivent enfin - même pour une courte période
- au pouvoir. Dans l'opposition, ils sont tous pour la liberté
totale de la presse, au pouvoir, ils veulent tous tenter de la
contrôler. De la brider même. Aucun politicien ne
déroge à cette règle comme le démontrent
certaines déclarations publiées et, depuis peu,
enregistrées. Mais il faut reconnaître que Navin
Ramgoolam est un des politiciens qui a eu - et a toujours - la
dent la plus dure contre la presse. A intervalles réguliers,
surtout dans les moments où il est en difficulté
politique, il menace et promet de s'occuper de la presse en temps
et lieu. Et il tient parole. Week End a été
longtemps l'objet de son "attention" et cela ne semblait
pas gêner grand monde dans la presse mauricienne qui a beaucoup
"évolué" depuis les années 80 et
remplacé certaines de ses valeurs, dont celle de la solidarité,
par d'autres considérations. Un peu plus commerciales pour
employer un terme poli.
Les critiques contre la presse se sont multipliées ces
temps derniers. Navin Ramgoolam qui ne ratait aucune occasion
pour le faire, et depuis quelque temps, plus précisément
contre l'Express, a été rejoint dans cette
tâche par Pravind Jugnauth. Des questions d'estimation de
foules à des meetings ont donné lieu à des
polémiques puis à une bruyante manifestation devant
les locaux de Radio One sous les caméras de la MBC. Même
excessives, les menaces proférées pendant la campagne
électorale faisaient partie du folklore et de ces relations
- toujours un peu conflictuelles - entre la presse et le pouvoir.
Mais leur répétition systématique a commencé
à inquiéter et le boycott institutionnalisé
- que Week-End subit en silence depuis des années
- a donné un ton nouveau à la relation pouvoir/presse.
Le gouvernement ne se contente plus de critiquer et de menacer,
il institue officiellement le boycott d'un titre de presse en
demandant à ses ministères et corps paraétatiques
de mettre fin à leurs abonnements. Le silence qui a suivi
l'annonce officielle du boycott fut assourdissant. C'est sans
doute cette absence de réaction qui a encouragé
le nouveau ministre des Finances à donner une nouvelle
dimension au boycott : interdire à des journaliste d'un
groupe précis l'accès à sa conférence
de presse. Il y a quelques années à peine la presse
unanime et solidaire boycotta une conférence de presse
du Commissaire de police qui avait fait emprisonner le rédacteurs
en chef et le rédacteur en chef adjoint du défunt
Le Mag pour diffusion de fausses nouvelles. Jeudi dernier,
l'interdiction des journalistes, du groupe la sentinelle, d'assister
à la conférence de presse du ministre des Finances
ne provoqua aucune réaction des journalistes présents.
Comme la nostalgie, les valeurs ne sont plus ce qu'elles étaient.
Vous ne trouvez pas que ça commence à sentir la
banane dans notre république sucrière ?
Pris sur le vif
Catalogue
- Eh ben, ma chère : tu as fini de faire ton shopping pour
la fête des mères ?
- Non, toi. Dis-toi que depuis plus d'une semaine je casse ma
tête même mais je ne trouve rien de potable pour elle,
je te dis.
- Comment ça, tu ne trouves rien de potable ? Avec toutes
ces soldes, ces braderies-là, il y a tout ce que tu veux,
toi. Mais comme toujours tu dois chercher de l'impossible en poudre,
toi.
- Hé toi, ne dis pas ça fort comme ça, les
gens vont penser que je suis une grande enquiquineuse. En plus
avec les soldes et les braderies on vend n'importe quoi pour te
faire acheter. Qu'est que tu vas donner à ta maman : des
chaussures orthopédiques, un téléphone digital
alors qu'elle ne voit pas bien ou une croisière en bateau
?
- Je suis sûre qu'elle aurait bien aimé faire une
promenade en bateau.
- Pas question, moi j'ai le mal de mer.
- Mais le cadeau c'est pour elle, pas pour toi.
- Elle ne voudra jamais aller seule sur un bateau. Même
si elle le voulait, je ne la laisserais pas. Taleur un bateau
de pirates arrive et la kidnappe toi. Bien sûr je plaisante
mais pas question d'envoyer maman en mer, d'autant plus qu'elle
pourrait attraper froid. Non, je dois trouver autre chose de plus
simple pour elle.
- Je suis sûre que ta maman aurait bien aimé un peu
de lingerie, non. Une femme aime toujours de la lingerie.
- En tout cas, pas ma maman. Elle cherche encore des soutien-gorge
avec des baleines, je te dis. Elle ne dit pas soutien-gorge mais
brassière, le corps robe toutes ces affaires qui n'existent
plus. Et puis les modèles de lingerie qu'on met en soldes
en ce moment-ci, tu trouves que ces modèles-là c'est
pour les mamans toi ? Où maman va cacher ses plis dans
ces quelques centimètres de tissu ? Tu vois ma maman avec
une nuisette en dentelle avec des trous, des rubans et des fendus
partout ? Si je lui donne ça, elle va me foutre une baise,
toi. Déjà, quand elle voit des femmes en bikini
sur la plage, elle dit que ce sont des personnes de mauvaise vie.
Non pas de lingerie. Je crois que ce catalogue-là il n'est
pas fait pour les mamans mais pour que les papas et les maris
puissent se rincer l'il.
- Ah, tu as eu le fameux catalogue ?
- Oui, ça oui, je l'ai vu le fameux catalogue, ma chère
mais pas autant que mon mari, figure-toi. Monsieur passe sa vie
à feuilleter cette affaire-là. Je ne l'ai jamais
vu lire quelque chose avec autant d'attention.
- Mais il n'y a rien à lire dans ce catalogue, toi. Éna
juste photos.
- Ça même je lui ai dit. Quand on a acheté
la télévision ou la machine à laver, il n'a
même pas ouvert le catalogue pour m'expliquer comment il
fallait utiliser la machine. Il n'avait pas le temps. Pour la
lingerie, il a toute sa vie. Ces hommes-là je te dis, tous
des cochons. Comme ils voient un petit bout de dentelle, ils sont
excités ça. Qu'est ce que je vais te dire
- Peut-être qu'il regarde bien dans le catalogue pour te
faire une surprise.
- Ça même que j'ai cru au début. Encore que
je ne vois pas comment je vais faire pour entrer dans ces modèles.
C'est vrai que je ne suis pas grosse, comme tu sais, mais il n'y
a pas beaucoup de tissu dans ces modèles. Enfin, au début
j'ai cru que mon bonhomme avait l'idée de me faire une
surprise. Une petite folie, quoi.
- Et alors ?
- Et alors, comme il ne disait rien même, l'autre soir je
lui ai posé la question.
- Directement comme ça ?
- Tu vas pas croire, toi-même. Non, j'ai abordé le
sujet de loin. Je lui ai demandé lequel des modèles
du catalogue est dans mon style.
- C'était un peu direct, quand même.
- Non, je n'ai pas dit donne moi ça en cadeau, mais quel
modèle irait bien sur moi. Tu vois, c'était indirect.
Comme dirait ma maman, j'ai fait un chemin contourné pour
arriver au même but, un chemin zépingle ek zaiguille,
comme elle dit.
- Ton mari a compris le message ?
- Ah ça ma chère, li fine recevoir mo message dix
sur cinq.
- Tant mieux. Et qu'est-ce qu'il t'a répondu ?
- Ah si je te dis ce qu'il m'a dit.
- Il a dit non carré-carré ?
- Pire que ça. J'aurais préféré qu'il
dise non.
- Ayo, toi. Qu'est ce qu'il a dit comme ça ?
- Tu sais ce qu'il osé me répondre, ce p'tit m
là ? Quand mo pense ça je sens ma tension
monté-descendre et je suis sur le point de faire une attaque.
- Mais ki li fine dire koumsa ?
- Tu sais ce qu'il a osé me dire ce gros feuille? Ce n'importe,
ce batchiara de la première génération-là
.
-
il a dû te dire une affaire terrible même
pour que tu sois encore en colère comme ça.
- Il a osé dire qu'il n'y avait pas mon style et surtout
mon size dans ce catalogue de lingerie-là.
- Ah bon
il a dit ça ? C'est sûrement un joke
Il voulait te taquiner, toi.
- Ça je ne sais pas. En tout cas, tu me connais, je ne
lui ai pas donné gagné. Mo napa fine kil so parade,
comme dit ma bonne. Moi quand tu marches sur mon pied, je ne me
laisse pas faire. Il a cherché avec moi et il a eu. Il
a bien eu même, je peux te dire.
- Ki to fine dire li komsa ?
- Je l'ai regardé droit dans les yeux et je lui ai dit
qu'à partir de maintenant quand il aura envie de faire
un gâté, surtout en hiver, de ne pas compter sur
moi mais d'emmener son catalogue sous la couette pour chercher
son style et son modèle !
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 30 mai 2010
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