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Communalisme
Les élections finies, que fait-on du démon?
Le secrétariat d'Amnesty International (AI) recevra bientôt
un rapport de sa branche mauricienne sur les observations faites
sur le communalisme durant la dernière campagne électorale.
Communalism Watch, d'Amnesty International de Maurice,
s'est basé sur la Convention on the Elimination of
all forms of Racial Discrimination (CERD)des Nations Unies
et ratifié par Maurice, pour relever ses données.
Visiblement, des politiques ont en connaissance de cause enfreint
la CERD. Ce qui ne serait pas sans conséquences.
Lindley Couronne, directeur d'Amnesty International (Maurice),
explique que Maurice, qui n'a jamais eu de visibilité négative
dans les précédents rapports d'AI, risque de faire
tomber le mythe de la nation arc-en-ciel qu'elle incarne aux yeux
du monde. Mais, maintenant que les politiques ont rangé
leurs discours communaux, il est temps de s'intéresser
aux stratégies à appliquer pour amputer les tentacules
du démon communalisme.
Que faut-il faire pour combattre le réflexe communal? La
campagne électorale, qui est désormais derrière
nous, a malheureusement démontré que les politiques
et autres prêcheurs mal inspirés, se sont, plus que
jamais, empressés d'utiliser grossièrement le communalisme
pour en faire une arme destructrice. Et le moins qu'on puisse
dire, c'est que l'impact des propos et des dérives communalistes
ont, à l'instar des balles, heurté et blessé
non seulement les cibles, mais aussi l'esprit des citoyens mauriciens
qui n'adhèrent pas aux discours basés sur les origines
de leurs semblables. Dénoncés avec force sur différentes
plate-formes, par des voix connues et anonymes, les récents
dérapages communaux ne seront pas si vite effacés
de la mémoire. Donc, maintenant que la campagne électorale
et ses enjeux sont finis, que doit-on faire, non pour panser le
mal communal, mais pour le guérir? Et ce en intervenant
à sa source même.
Sinon, il n'est nullement nécessaire d'être fin intellectuel
pour deviner ce qu'il adviendra. La vie reprendra son cours normal
avec ses défis et l'on adoptera la bonne vieille politique
de l'autruche. On creusera un trou kilométrique pour se
cacher la tête
disons dans ce cas pour se voiler la
face pour oublier que le communalisme est ancré dans la
société. Les politiques, les défenseurs de
minorité, de majorité et autres moralisateurs d'associations
à caractère communal s'évertueront bientôt
à rappeler la richesse culturelle de Maurice avant de faire
leur habituel plaidoyer pour l'unité de la nation arc-en-ciel.
Ils sortiront les clichés du pays unique, véritable
melting-pot où tous vivent en harmonie. Et cinq ans après,
au moment de monter sur l'estrade populaire, ils mettront de côté
ce discours politiquement correcte pour la vulgarité des
propos communaux. Après avoir observé, diagnostiqué
et dénoncé, il est temps pour tous ceux qui ont
les compétences voulues - y compris les institutions étatiques
- de se retrousser les manches pour combattre le communalisme.
Car vue la résurgence inquiétante de la politique
communale, il y a urgence.
Solutions: actions juridiques et éducation
Pour Lindley Couronne, directeur de la branche mauricienne d'Amnesty
International, l'éducation, tant des citoyens qu'en milieu
scolaire et l'arrivée de visionnaires en politique, sont
sans doute des solutions au communalisme. La balle, laisse-t-il
entendre, est dans le camp des politiques, lesquels ont le pouvoir
de réformer le système électoral et réviser
la Constitution. Quant à l'implémentation de l'éducation
à la citoyenneté dans le cursus scolaire, Lindley
Couronne ne cache, toutefois, pas son scepticisme. Il regrette
le désintérêt que porte le ministère
de l'Education à la question des droits humains. "Le
ministère de l'Education fait semblant de ne pas comprendre
ce que sont les droits humains", souligne-t-il. Ce dernier
va plus loin en pointant du doigt l'université de Maurice
qui, dit-il, "laisse un groupe d'extrême droite
intégrer sa Student Union".
De son côté, Ashok Soubron, figure de proue de Resistans
ek Alternativ, prône une "action qui repose sur
un mouvement de désobéissance, couplée d'une
action juridique". Le tout débouchant automatiquement
sur une réforme électorale. Une fois le système
de Best Loser amputé, le facteur communal ne sera
plus un argument dans l'approche des politiques. C'est sur ce
principe que se bat Resistans ek Alternativ, dit Ashok Soubron.
Soit! Mais que faut-il faire dans l'immédiat? Sensibiliser
les uns, y compris les décideurs et les opinion leaders?
Enclencher une campagne nationale contre le communalisme? Sur
la question de sensibilisation, Ashok Soubron est d'avis "qu'on
ferait mieux de revaloriser tout ce qui n'est pas communal".
Et d'ajouter: "Je pense qu'il faut relativiser la situation.
Dans la réalité, au quotidien, le communalisme n'est
pas un mode de vie. Des quelque 800 000 électeurs, tous
ne se sont pas rendus aux meetings pour écouter et approuver
les propos communaux des orateurs. Toutefois, je souhaite qu'il
y ait davantage de prise de conscience anti-communale. D'autre
part, je trouve que les 16% des 649 candidats qui ont mené
une action de résistance, démontrent que ce chiffre
est significatif."
Resistans ek Alternativ cherche support moral
et financier
Pendant que Resistans ek Alternativ peaufine son action juridique,
"pour s'attaquer au communalisme institutionnalisé",
au siège d'Amnesty International (Maurice), les données
recueillies par "Communalism Watch", institué
durant la campagne électorale sont compilées pour
être envoyées au secrétariat de l'organisation
internationale. Ces observations, qui relèvent des dérives
communalistes des deux Alliances, d'acteurs de différents
bords, entre autres, devraient par la suite figurer dans un prochain
rapport d'Amnesty International. Les retombées pour Maurice
ne seront pas reluisantes. "Jusqu'ici, Maurice n'a jamais
figurée dans un rapport d'Amnesty International. Il se
peut que ce sera le cas bientôt", explique Lindley
Couronne. Les critiques, si elles viennent d'ailleurs, pourrait-elle
déclencher la réforme tant attendue du système
électoral? Mais d'autre part, il y aurait avance encore
Lindley Couronne, une attente communale de la part d'une frange
de la population qui répond positivement à la politique
sectaire. Changer cette mentalité reste un défi.
"Nous voyons bien que le succès de Baraz, pièce
qui dénonce le communalisme et que nous avons jouée
à travers l'île, reste mitigé auprès
des adultes."
Ashok Soubron regrette encore "ki pa kapav pas par lavwa
klasik pou kas sistem la." Le recours au Privy Council
est pour Resistans ek Alternativ une ultime option, juridique.
Ce dernier lance d'ailleurs un appel à toutes les organisation
non gouvernementales, mouvements et individus qui souhaiteraient
soutenir, moralement et financièrement, la démarche
de Resistans ek Alternativ. Pour contester les critères
à caractère communal aux législatives, devant
le Privy Council, la plate-forme aura à débourser
près de Rs 1 M. "Notre action sera un catalyseur
pour la réforme et nous allons attaquer la racine du mal
communal", soutient encore Ashok Soubron.
Ethnic politics
Un système électoral pourri qui doit démantelé
Qu'est-ce qui peut bien pousser Navin Ramgoolam, brillant vainqueur
des dernières élections générales,
à se faire tout modeste et à se montrer si soucieux
de faire, comme il l'affirme, de "l'unité nationale"
sa "priorité du moment" ? Et qui, en même
temps, peut bien forcer Paul Bérenger, d'habitude si pignailleur
même dans la pire des défaites (ce qui n'est pas
le cas cette fois), à tourner, aussi rapidement, la page
pour préparer l'avenir de son parti, le MMM, les yeux,
dorénavant, rivés sur les municipales ?
On a la nette impression que, à la différence de
tous ses thuriféraires et autres cireurs de pompes encore
dans l'ivresse de la victoire et dans l'attente de leur "boute",
le souci majeur du leader de l'Alliance de l'Avenir et du Parti
travailliste découle du fait qu'il n'est que trop conscient
que les dernières consultations populaires, encore plus
que les précédentes, ont davantage partitionné
notre cher pays sur la base ethnique. Et il sait que pareille
situation n'est guère soutenable ni pour son pouvoir, ni
pour la stabilité du pays. Il faut, en effet, être
d'un manichéisme étroit pour croire une seconde
Navin Ramgoolam lorsque qu'il prétend que c'est parce que
l'Alliance du Coeur de Bérenger avait eu pour "seule
vision, la division" en menant campagne pour un regroupement
des minorités, qu'il lui faut, urgemmment, se mettre à
recoller les morceaux qui composent la mosaïque de la fameuse
nation mauricienne arc-en-ciel.
Sur la base de ses fréquentations personnelles, de la composition
de son cercle intime, Navin Ramgoolam n'est pas quelqu'un qu'on
pourrait, sans être injuste, qualifier de communaliste dans
le sens le plus dégoûtant que comporte ce terme.
Preuve de poids s'il en fallait une, son conseiller politique
le plus efficace, celui qui, a-t-il avoué, le guide sans
jamais réclamer un sou en retour ou une seule toise de
terre de l'Etat, celui qui le permet, à chaque fois, de
gagner des élections, celui qui dresse son plan de campagne,
place ses candidats et décortique les listes d'électeurs
de chaque circonscription de façon mathématique
afin de faciliter le porte-à-porte des agents rouges, est
un blanc de Quatre-Bornes. C'est Christian Rivalland, fils de
l'ancien chef juge, Michel Rivalland. Ce dernier fut lui-même
derrière la victoire, arrachée à la dernière
heure, de Seewoosagur Ramgoolam à Triolet, en septembre
1959, lorsque l'élection de ce dernier était dangereusement
menacée par le candidat IFB, Beedaysee. Après le
triomphe de son poulain, Xavier-Luc Duval, contre Françoise
Labelle (MMM) lors de la partielle de Beau-Bassin-Petite Rivière,
en septembre 1999, nous l'avions ici même concédé
: Navin Ramgoolam veut être un rassembleur de toutes les
communautés. Mais - et c'est légitime - à
condition qu'il soit lui le no.1 et que les autres le suivent
toujours. Qu'il soit vraiment rassembleur est une question de
libre appréciation. Mais, force est de constater que, patiemment,
depuis qu'il a fait son entrée en politique, en 1990, Navin
Ramgoolam a mis en branle son plan. D'abord, pour s'assurer l'adhésion
de la communauté créole catégorisée
sous l'appellation Population Générale, il avait
cru que Sir Gaëtan Duval et ce qui restait de supporters
PMSD dans le pays feraient l'affaire. L'Alliance MSM-MMM de 1991
se chargea de le ramener à la cruelle réalité.
Recollage de l'électorat musulman
Sa stratégie n'ayant pas fonctionné, Navin Ramgoolam
a su par la suite, très habilement, profiter de la défection
de Rashid Beebeejaun du MMM en 1997, pour le récupérer
et lui offrir le rôle que Sir Seewoosagur Ramgoolam voulut
réserver à Sir Abdul Razack Mohamed au sein de la
direction du Parti travailliste depuis 1959, soit le poste de
Deputy Leader. Sir Abdul Razack Mohamed refusa ce rôle dans
son entêtement à constituer son propre parti (le
Comité d'action musulman). Il est vrai aussi que Veerasamy
Ringadoo, principalement, s'opposa à la démarche
de SSR parce que lui-même avait des visées sur ce
poste de Deputy leader et ce malgré la présence
de Guy Forget. Mais le père de Navin Ramgoolam sut contourner
les objections de Veerasamy Ringadoo en offrant à Sir Abdul
Razack Mohamed la représentativité politique exclusive
de la communauté musulmane. Aux élections générales
de 1959, le Labour de Sir Seewoosagur Ramgoolam (qui, soulignons-le,
n'avait déjà presque rien à faire avec celui
de Curé, Anquetil et Seeneevassen) ne présenta pas
un seul candidat musulman et ouvrit un boulevard au C.A.M, son
allié. Ensemble C.A.M, Travaillistes et syndicalistes apparentés
travaillistes (Octave Lacaze et Augustin Moignac) raflèrent
tous les sièges des sept circonscriptions que comptait
à l'époque le district de Port-Louis. A travers
les pays, divisé en 40 circonscriptions ce fut un raz-de-marée
rouge-vert (couleur du C.A.M). Ces deux partis obtinrent ensemble
31 sièges sur 40. Six sièges allèrent à
l'IFB de Sookdeo Bissoondoyal et seulement trois au Parti Mauricien
de Jules Koenig. On put alors parler d'une véritable communion,
d'une adhésion across ethnic borders, entre le principal
parti au pouvoir et la population mauricienne d'autant que l'élite
créole se retrouvait alors aussi aux avant-poste du Labour.
Dans sa mission de "rassembleur", Navin Ramgoolam avait
réussi un grand coup en 2005. Effectivement, après
une longue séparation avec le Parti travailliste - qui
débuta en 1967 sous l'emprise de Gaëtan Duval et se
poursuivit avec le MMM - le recollage de l'électorat musulman
à l'attelage rouge en 2005 sous l'impulsion de Rashid Beebeejaun
avait résolu une partie du problème du leader travailliste.
A cet égard, les résultats des dernières
élections ont confirmé que, malgré la réussite
de Reza Uteem au no. 2 et d'Adeel Ameer Meeah au no. 3, plus nombreux
ont été les électeurs musulmans qui ont renouvelé
leur confiance au Parti travailliste que ceux qui l'ont abandonné.
Le rôle de l'abbé Grégoire
Mais, c'est du côté de l'électorat de la Population
Générale - disons carrément créole
malgré Michaël Sik Yuen - que les desseins de Navin
Ramgoolam demeurent très contrariés. Il n'arrive
pas à coller le domino. Navin Ramgoolam, prudent, s'abstient,
lui, d'en parler publiquement, mais il laisse le soin aux dirigeants
des organisations socioculturelles hindoues comme Somduth Dulthamun,
Navin Unoop, Krit Manohur et à Gaëtan Jacquette du
Rassemblement des Organisations Créoles et à Amédée
Darga d'évoquer le rôle, soi-disant diviseur, de
l'abbé Jocelyn Grégoire durant la campagne. Navin
Ramgoolam, nous en sommes sûrs, a déjà relativisé
le rôle de Grégoire lequel, à la fin de la
pièce qu'il a prétendu vouloir jouer, n'a fini que
par faire rire. Un peu jaune, soulignons-le, surtout à
ceux qui gobaient tout ce qu'il a débité.
Examinons brièvement ce rôle : pour nous, dès
le début de son incursion dans la vie des citoyens de ce
pays, Jocelyn Grégoire a donné l'impression d'un
homme qui voulut être roi à la place du Roi Créole
décédé (Gaëtan Duval). Très peu
de gens savent qu'en 1992, habitant de Batimarais, Grégoire
avait voulu devenir conseiller de village et fut platement battu.
Il est parti aux Etats-Unis où, en tant que prêtre,
il a appris à maîtriser les techniques de communication
de masse. Cette technique qui est très utilisée
par les pasteurs télé-évangélistes
et qui est capable de faire chanter, danser, rire, pleurer et
rouler à terre tout un auditoire. Lors de ses fréquents
séjours à Maurice, Jocelyn Grégoire, dénommé
le Singing Priest s'etait constitué un power base personnel
conséquent. D'abord, auprès des femmes catholiques
(il mobilisa Mille femmes pour Jésus), puis auprès
des jeunes et, ensuite auprès des personnes du 3ème
âge. Puis, il commença par se poser comme fédérateur
des causes créoles tout à fait justes, nous en convenons.
Il s'est laissé entraîné sur le terrain politique
surtout par les organisations et individus, comme Mario Flore,
qui gravitent dans le giron du pouvoir travailliste. Il faut se
souvenir qu'il avait adopté la rhétorique de ces
organisations telle "créoles pas dépôt
fixe", "créoles bizin vote avec l'intelligence",
"créoles bizin éna so part dans direction péi".
En principe, toutes ces sorties affaiblissaient la base électorale
du MMM. A un certain moment, on disait Jocelyn Grégoire
prêt à abandonner sa soutane. Mais, semble-t-il,
au moment de franchir le Rubicon, il a manqué... de cur
! Venir maintenant affirmer, comme le font ses propres coreligionnaires
crypto-travaillistes et Dalthumun et consorts que c'est parce
que Jocelyn Grégoire a dit "reste avec zotte leker,
vote avec zotte léker" que le MMM a perdu les élections
et que les circonscriptions rurales (comprenez les hindous) ont
voté, par réaction, massivement contre Paul Bérenger
et l'Alliance du Coeur est une manipulation énorme. Et,
en plus, cet argument bancale octroi au MMM un monopole du coeur
qu'il n'a pas... Et, pour ajouter de l'eau à leur moulin
à palabre dangereux pour l'harmonie dans le pays, les détracteurs
de Grégoire ont sciemment omis de dire aussi que son fidèle
compagnon au sein de la Fédération Créoles
Mauricienne, le très lisse Jean-Yves Violette, avait, quelques
jours avant les élections dit dans une réunion que
"la clé de l'avenir des créoles était
entre leurs propres mains". Il en est, semble-t-il, des jeux
de mots qui semble avoir des interprétations et des conséquences
plus dramatiques que d'autres. En vérité, la posture
finale de Grégoire enrage les proches du pouvoir parce
que, en fin de compte, par sa maladresse, l'abbé les ont
empêchés de tourner en rond.
Un schéma typique des anciennes colonies britanniques
Navin Ramgoolam, heureusement, n'en est lui-même pas dupe
bien que, évidemment par cynisme politique, il a eu tout
intérêt à laisser courir la rumeur en milieu
rural que l'abbé Grégoire à donné
un mot d'ordre en faveur du MMM. En réalité, le
chef de l'Alliance de l'Avenir sait que, tout autant que le "Vote
avec ou leker" de Grégoire, les messages qu'ont véhiculés
ses propres agents socio-religieux hindoues les plus sectaires
(messages style "choisir entre Navin ek Paul" et "Pas
less pouvoir sappe dan nou lamé") ont causé
un tort immense au pays. A l'opposé, face aux déploiements
des forces animées par Dalthuman et autres, l'Alliance
du Coeur de Bérenger, a lui aussi contribué à
pourrir le débats avec son slogan "Nou pé ouver
la porte à tout dimunn, à tous comminotés,
pou capav vinn Premié minis enn jour !". D'où
l'empressement de Bérenger à défalquer l'analyse
de la défaite de son camp.
Mais, il faut également le reconnaître : on n'a pas
inventé la poudre aux dernières élections
à Maurice. Ce qui c'est passé est un schéma
typique aux anciennes colonies britanniques composées de
populations d'origines culturelles diverses. La représentation
électorale dans toutes les ex-colonies britanniques, dont
fait partie l'île Maurice, repose trop sur le tribalism
et le communalisme. Depuis la Commission Donoughmore, qui
enquêta chez nous en 1945 à la demande de la couronne
britannique, les anglais eux-mêmes qui nous ont légué
notre Constitution, avait conclu ce qui suit :
"Si la représentation communale au niveau législatif
est inévitable à un stage initial de développement
politique des pays pluri-culturels, elle tend ensuite à
créer des divisions stéréotypées.
We have come unhesitatingly to the conclusion that communal representation
is, as it were, a canker on the body politic, esting deeper and
deeper into the vital energies of the poeple, breeding self-interest,
suspicion and animosity, poisoning the new growth of political
conciousness and effectively preventing the development of a national
and corporate spirit."
Navin Ramgoolam sait pertinemment que ce ne sont pas les deux
ou trois députés Population Générale
et musulmans que l'Alliance de l'Avenir a pu faire entrer à
l'Assemblée nationale, le 5 mai dernier, qui réussira
à ramener dans le pays "l'unité nationale"
dont il dit rêver. Tout au plus, peut-être s'il réussit
un jour à faire élire à Triolet-Pamplemousses
un candidat non-hindou parviendra-t-il à atténuer
un peu le cancer dont parlait la Commission Donoughmore. Mais,
de toute façon, ce ne serait que symbolique. C'est tout
un système de représentation pourri qui laisse l'ïle
Maurice sur la braise après chaque élection qui
doit être démantelé... Que le Premier ministre
ouvre immédiatement un vrai débat sur la réforme
électorale !
Conférence de presse MMSD
Eric Guimbeau: "J'assumerai mon rôle d'indépendant
dans l'opposition"
Lors de sa première conférence de presse après
les législatives, vendredi dernier, Eric Guimbeau, le leader
du MMSD, a fait part de son intention de jouer un rôle d'indépendant
au Parlement. "Malgré mo position dan l'opposition,
mo pou amenn mo role indépendant. Mo pa lé ambaras
oken dimoun. Sa li byen importan pou mo liberté d'action",
a-t-il déclaré. Eric Guimbeau, qui s'avoue prêt
pour la reprise parlementaire, veillera, dit-il, "à
ce que tous les dossiers prioritaires soient pris en considération
et traités. Nu pa pu enn loposition loyal envers gouvernment.
Nou la pou poz questions, nu pou fer nu travay." Affirmant
poursuivre son combat pour l'intégrité, la vérité
et la transparence, il n'a pas manqué de critiquer l'Alliance
de l'Avenir et d'exprimer son scepticisme quant à la stabilité
du pays dans les cinq prochaines années. "Aujourd'hui,
c'est la lune de miel mais, dans quelques mois, ce sera la lune
de fiel. Il y aura des cassures au sein de cette alliance. Ramgoolam
ti pe rod enn élection kler, mé ou pou trouvé
li pu trouv zékler", lance le leader de MMSD.
Et de poursuivre, "fodé pa blié lambition
Pravind Jugnauth pu vinn prémier minis. Kuma nou dire,
l'appétit vient en mangeant."
D'autre part, le leader du MMSD a déploré l'attitude
du gouvernement fraîchement reconduit face à la presse,
précisément le groupe Sentinelle. "On se
croiirait au Zimbabwe !", dit-il. "Le gouvernement
veut instaurer la dictature dans ce pays. Li enn mové signe
"
Il soutient que l'opposition veillera à ce que la presse
continue à exercer son travail sans aucune injustice.
Elu dans la circonscription Curepipe/Midlands, Eric Guimbeau a
exprimé son souhait de se présenter aux prochaines
élections municipales à Curepipe, où il vise
un score de 24/0.
En attendant les prochaines municipales, le député,
qui répondait à une question de Week-End,
a affirmé qu'il s'assurera que marchands ambulants et chauffeurs
de taxi travaillent dans un meilleur cadre.
Le ministre Virahsawmy nie être lié au projet
C. T Power
Le nouveau ministre de l'Environnement et de l'île Maurice
durable, M. Deva Virahsawmy, a apporté, hier soir, un démenti
catégorique aux propos du leader de l'opposition, M. Paul
Bérenger, à l'effet qu'il serait directement lié
au projet d'implantation de l'usine de production d'électricité
à charbon, C.T Power, à Albion. Paul Bérenger
a effectivement déclaré lors de la conférence
de presse hebdomadaire du MMM qu'il trouvait "indécent"
que le ministre Virahsawmy aura à traiter de ce dossier
C. T Power tout en étant lui-même un des promoteurs.
"Je tiens à préciser que je ne suis ni promoteur,
ni directeur, ni actionnaire de C.T Power. Je ne suis ni directement,
ni indirectement lié à C. T Power. Comme d'habitude,
Paul Bérenger, toujours mauvais perdant, continue à
jeter la boue sur ses adversaires et à porter atteinte
à leur intégrité. Je sais qu'il avait donné
des instructions pour qu'on me fasse tomber au no. 7, mais il
n'a pas réussi et il tente maintenant de me salir. Dès
lundi (demain) je vais, moi, donner des instructions à
mon homme de loi pour qu'il poursuive Paul Bérenger pour
diffamation. Il devra aller en cour de justice pour prouver ses
affirmations. Je suis certain qu'il présentera des excuses,
mais, cette fois, je n'accepterai pas d'excuses", a déclaré
le ministre Virahsawmy.
Ça va se savoir
Un ADN politique confus
C'est le mystère du dernier scrutin. Le candidat du MSM,
Yogida Sawminaden, ayant été éjecté
du No 18 pour cause d'empressement de remplacer Rama Sithanen,
il avait été remplacé par le travailliste
Kadress Pillay, le siège manquant aux orange ayant, semble-t-il,
été accordé au No 13. C'est ainsi que tout
le monde croyait que le 18e candidat du MSM était Tassarajen
Pillay Chedumbrum. Or, il a traîné tout au long de
la campagne un ADN politique confus. C'est lors de la constitution
du nouveau gouvernement cette semaine que l'on a appris que le
ministre des TIC's est issu du PTr. Ce qui est intéressant
dans toute cette histoire, c'est l'insistance des travaillistes
à faire le compte du nombre d'élus et de ministres.
Question d'affirmer leur suprématie.
Leela Devi Dookun-Luchoomun commence "home"
C'est au fameux Mohith Hall, à l'Avenir, St Pierre, haut
lieu des rencontres politiques au No 8, que la nouvelle ministre
de la Sécurité Sociale et de la Solidarité
Nationale, Leela Devi Dookun-Luchoomun, lance demain matin, à
9h30, la campagne de vaccination anti-grippe 2010 destinée
aux personnes âgées. Après sa circonscription,
c'est à Triolet, Rose-Hill et Quatre-Bornes que la caravane
anti-grippe se déplace en ce lundi. Le programme se poursuivra
tous les jours et dans différentes localités jusqu'au
jeudi 10 juin.
Brèves syndicales
La FSSC formule ses demandes post-électorales
La FSSC n'a pas tardé, juste après les élections
à formuler ses demandes au gouvernement. Dans une lettre
adressée au Premier ministre dès lundi dernier,
son président Toolsyraj Benydin a, après avoir félicité
Navin Ramgoolam pour son succès au dernier scrutin, exposé
ses demandes comme suit: la révision et la réorganisation
de la Public Service Commission pour plus de transparence,
la décentralisation des départements gouvernementaux
pour régler le problème de la congestion routière,
le transfert des employés du Emmanuel Anquetil Building
à un lieu plus sécurisé sur le plan environnemental,
davantage de facilités pour que les employés puissent
saisir le Public Bodies Appeal Tribunal et l'extension
de la juridiction de cette institution aux organismes para-publics,
la relance du "collective bargaining", la publication
du rapport du PRB tous les trois ans, la création d'une
Pensions Advisory Commission, l'introduction d'un Commissioner
for Public Service Complaints, l'élimination de l'emploi
précaire, un mécanisme rapide pour les conditions
de service en vue remplir les postes vacants dans les meilleurs
délais, l'amélioration du Public Officers' Welfare
Council pour qu'il puisse gérer des cantines dans l'administration
publique, la révision des lois du travail afin que les
fonctionnaires puissent contester les recommandations du PRB,
un increment annuel en janvier plutôt qu'en avril,
la mise sur pied d'un National Tripartite Forum pour discuter
de la compensation salariale et l'institution d'une Workers'
Bank en vue d'améliorer les conditions des travailleurs.
La FTU rapporte Legends au ministre Shakeel Mohamed
Exaspérée que le département des ressources
humaines de l'hôtel Legends et le Bureau du Travail de Goodlands
n'aient donné aucune suite à ses doléances
quant au comportement, qui aurait été abusif, du
chef des services d'entretien de cet établissement hôtelier,
la Fédération des Travailleurs Unis a, vendredi,
adressé une lettre au nouveau ministre du Travail et de
l'Emploi, Shakeel Mohamed l'invitant à intervenir d'urgence.
Atma Shanto, négociateur de la fédération
à laquelle est affiliée la Grand Gaube Hotel Staff
Union fait état, dans sa correspondance en date du 14 mai,
des représentations successives d'abus à l'encontre
du chef d'entretien sans résultat. Il est également
rappelé au ministre que sous la section 54 du Employment
Rights Act de 2008 intitulée Violence at work, que (1)
"no person shall (a) harass, sexually or othewise; (b)
assault; (c) verbally abuse, swear at or insult; (d) express the
intention to cause harm; (e) bully or use threatening behaviour
towards; (f) use agressive gesture indicating intimidation, contempt
or disdain towards; (g) by words or act, hinder, a worker, in
the course of or as a result of his work"
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