p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 16 mai 2010



  Les responsabilités ministérielles de Xavier Duval - Les multiples raisons d'une mutation…
  Georges Ah-Yan revendique le 8e siège de Best Loser - Le recours à une action légale envisagée
  Depuis mardi après-midi - Le nouveau gouvernement Navin Ramgoolam en poste
  Communalisme - Les élections finies, que fait-on du démon?
  Ethnic politics - Un système électoral pourri qui doit démantelé
  Conférence de presse MMSD - Eric Guimbeau: "J'assumerai mon rôle d'indépendant dans l'opposition"
  Le ministre Virahsawmy nie être lié au projet C. T Power
  Ça va se savoir
  Brèves syndicales


Les responsabilités ministérielles de Xavier Duval

Les multiples raisons d'une mutation…

Le nouveau gouvernement PTr/PMSD/MSM a failli connaître son premier couac avant même d'être constitué. C'est, en effet, le portefeuille attribué au leader du PMSD, Xavier Duval, qui était au centre d'un profond différend entre le Premier ministre et le clan des bleus au point où, comme l'a rapporté notre confrère Le Mauricien lundi dernier, Navin Ramgoolam devait lancer une mise en garde aux contestataires indiquant que "c'est à prendre ou à laisser".

Cette sévère mise en garde était devenue nécessaire parce qu'il fallait mettre un terme à une situation qui risquait de plomber le démarrage du nouveau gouvernement. Mécontent qu'en sus des Communications Extérieures, responsabilités qui couvrent les secteurs stratégiques du port et de l'aéroport, ce soit le ministère du Tourisme qui lui soit enlevé, Xavier Duval avait même envisagé de refuser tout ministère pour siéger en back bencher du gouvernement.

Lundi, les dirigeants du PMSD se sont même réunis en petit comité pour décider de la marche à suivre et ceux qui attendent des prébendes ont vite fait de persuader le leader d'accepter ce que le Premier ministre voudra bien lui offrir.

Xavier Duval, bien qu'estimant avoir été rétrogradé, a fini par accepter ce nouveau ministère de l'Intégration Sociale. Et il s'est efforcé, mardi, jour de la prestation de serment des nouveaux ministres, de feindre la sérénité et d'afficher le sourire entre deux expressions d'élu vraiment dépité.

Cette éviction du Tourisme à l'Intégration Sociale, qui a donné lieu à toutes les railleries publiques, sur des refrains allant des "châteaux aux ghettos" et de "l'île Plate aux squats" était, en fait, attendue dans les milieux travaillistes proches de Navin Ramgoolam. C'est du moins ce qui se disait avant même les élections. Dossiers et faits à l'appui.

Entre les fausses caméras de surveillance installées à Roche Bois sous prétexte qu'il fallait protéger quelques palmiers du vol - qui ne furent pas du tout du goût du ministre de l'Intérieur, qui n'a cessé de réaffirmer que cette responsabilité est du seul ressort de la police - et un certain "droit à l'excès" exercé au ministère du Tourisme, tout était réuni pour que l'empire monté par les bleus soit démantelé.

Les travaillistes n'ont ainsi pas apprécié que des nominés politiques bleus fassent la pluie et le beau temps dans certains organismes placés sous la tutelle du ministère du Tourisme. Ils citent l'affaire Pizza Hut, dans laquelle l'ancien président de la Tourism Authority, Joël Rault, s'était distingué en faisant fermer l'enseigne de Quatre-Bornes sous prétexte qu'elle n'avait pas daigné rechercher un permis auprès de l'organisme dont il a la charge.

Cette affaire avait provoqué un véritable tollé dans l'opinion publique et dans la circonscription du ministre lui-même, Belle-Rose/Quatre-Bornes qu'il n'eut d'autre choix que de rétablir Pizza Hut dans ses droits et de muter le président zélé de la Tourism Authority au poste de Senior Adviser du ministre Duval. La présidence de la TA allant à un autre bleu en la personne de Robert Pallamy.

Nouvelles entités pour gardes très rapprochées

En sus des organismes déjà existants qui tombent sous la tutelle du ministère du Tourisme comme la Mauritius Tourism Promotion Authority dont la présidence a également été confiée à un proche de XLD, Robert Desvaux, de nouvelles entités ont été créées. Toutes sous contrôle de la garde très rapprochée du leader du PMXD puis du PMSD. Cela, non plus, n'a pas été du goût des travaillistes.

Il y a d'abord eu Discover Mauritius créé en 2007 dont le président n'est autre que Robert Pallamy et le directeur général Thierry Henry, le cousin du ministre Xavier Duval et fils de Ghislaine Henry. C'est cette entité qui gère La Citadelle et l'île Plate, qui fut récemment au cœur du fameux reportage de Thalassa qui a fait beaucoup de bruit.

Quant à Events Mauritius, autre compagnie qui a vu le jour pour assurer l'événementiel et organiser le festival créole annuel, ce n'est autre qu'un certain Michael Sik Yuen que l'on retrouve à sa tête. Pour rappel, certaines des compagnies sus-mentionnées ont également fait parler d'elles lors de l'éclatement de l'affaire Église Chrétienne.

Dans le dossier à charge des détracteurs de la gestion de Xavier Duval au Tourisme, il y a aussi le fameux branding de la destination Mauritius, c'est un plaisir qui a coûté la bagatelle de Rs 40 millions aux contribuables mauriciens. Un exercice qui, aux dires des professionnels du secteur, loin d'avoir produit "résultats lors résultats" a été un "flop" total qui n'a nullement accroché. La preuve étant que la campagne annoncée en vue de populariser ce branding n'a tout simplement jamais eu lieu.

En voulant se projeter sous son meilleur jour sur le plan international, Xavier Duval s'est également fourvoyé. Comme en a témoigné le reportage sur M6 au début de l'année. Entre la révélation du déclassement de la destination du haut de gamme à celle du prix cassé, une image peu reluisante d'un ministre de la République que l'on voit en train de filtrer des demandeurs d'emploi dans les hôtels et une ultime image où il est avec ses compagnons d'un PMSD recomposé, Maurice Allet et Rama Valayden.

Un malheur ne venant jamais seul, deux autres projections internationales vont une nouvelle fois écorner l'image du tourisme mauricien. Le site de voyage du Routard publiait, en mars dernier, une lettre critiquant la destination Maurice avec moult commentaires négatifs d'internautes tant d'ici que d'ailleurs.

Et comme si le dossier des anti-Xavier au Tourisme n'était pas assez fourni, voilà que, quelques jours avant les élections, tombe l'émission Thalassa montrant un ministre du Tourisme au débit saccadé, qui n'a pas grand chose à dire et que l'on voit terminant son verre avant de se lancer dans un séga avec une jeune fille en compagnie de Patrick Fanchette et de Marcel Lindsay Noé, son ancien attaché de presse. L'émission, répercutée sur les châines satellitaires françaises, très négative pour l'image du pays, suggérait que l'on bradait l'environnement au profit de quelques promoteurs.

Ceux qui justifient la mutation du ministre Duval du Tourisme à l'Intégration Sociale évoquent aussi un courrier de l'Audit, en possession du chef du gouvernement, critiquant les agissements, entre autres, de la Tourism Authority au plan de l'octroi des permis mais aussi du recrutement et de l'achat de véhicules.

Le QG bleu de Sodnac

Certains avançent même que la situation serait similaire à la Mauritius Ports Authority et à la Cargo Handling Corporation. Un syndicat, la Mauritius Transport and Port Employees Union, a récemment dénoncé certains faits et gestes du président de la MPA, le nominé de XLD, Jocelyn Gracieuse.

Comme si tout cela n'était pas assez pour essayer d'accabler le leader du PMSD, la campagne et les résultats des dernières élections à Belle-Rose/Quatre-Bornes sont venus ajouter un peu plus à l'exaspéraiton des travaillistes.

Ces derniers reprochent au candidat du PMSD d'avoir fait cavalier seul et d'avoir surtout assuré qu'il passe au détriment de ses deux collègues du PTr, Nita Deerpalsing, élue de justesse à la 3e place devant le candidat du MMM Vijay Makhan, alors que caracolent en tête Xavier Duval suivi de très peu du mauve Kavi Ramano.

Certaines initiatives du clan PMSD au No 18 n'ont pas du tout plu aux travaillistes. Il y a eu cette banderole bleue placée à l'entrée de l'avenue des Tulipes près des Flats Bunjhun. Il y a aussi eu ce quartier général des bleus installé dans un lieu hautement résidentiel qu'est Sodnac, là où habitent un bon nombre de die hards rouges alors même que la base traditionnelle, à quelque mètres plus loin, de l'avenue des Orchidées près du supermarché, était bel et bien active comme ce fut le cas en 2005.

C'est la veuve de Vijay Kumar Beeharee - ancien conseiller municipal de Quatre-Bornes -, une fervente de l'ex-ministre du Tourisme, qui a cédé une partie de son magasin à l'avenue Hillcrest à Sodnac pour abriter ce point de rencontre qui a agi comme cellule de coordination du candidat Duval.

En sus de Roshan Seetohul, proche de XLD qui fut le président de Airports of Mauritius Ltd et qui fut débarqué en même temps que Dan Maraye de la direction de cet organisme, tous les animateurs de la campagne du leader du PMSD s'y retrouvaient les après-midis pour faire le point. Parmi ceux-là, l'attaché de presse du ministre, Thierry Chateau de Balyon, ou encore Coomaren Chetty, directeur du restaurant Le Capitaine à Grand Baie et propriétaire du journal Samedi Plus.

Ce n'est pas étonnant que les nerfs aient lâché le jour des résultats et que les travaillistes aient protesté contre le fait, qu'en plus, les agents du candidat Duval, portant des T-Shirts bleus, aient pu avoir accès aux salles de décompte à l'étage de la SSS Sodnac. La presse a, d'ailleurs, fait état de la tension qui régnait entre rouges et bleus dans la cour même de l'école du fait non seulement des résultats qui plaçaient XLD et le MMM Ramano avant la rouge Deerpalsing.

Pas surprenant, non plus, que les travaillistes aient promptement organisé une réunion post-mortem dès samedi dernier. Et la député Nita Deerpalsing, qui a l'oreille du Premier ministre, n'y est pas allée de main morte pour critiquer certains faits enregistrés non seulement pendant la campagne mais le jour même des élections, comme la fourniture de pains aux agents que devait assurer Roshan Seetohul et qui a été déficiente.

Au terme de cette réunion d'activistes à laquelle participait aussi le candidat battu Kadress Pillay, Nita Deerpalsing a parlé du No 18 comme d'un "bastion rouge" qui devrait le rester. Une affirmation lancée comme une mise en garde à ceux qui tentent de se l'approprier. Et, si le tourisme a aidé Xavier Duval à Belle-Rose/Quatre-Bornes, l'intégration sociale devrait l'en éloigner. C'est du moins ce que pensent ses détracteurs. Sa mutation a ainsi été bel et bien calculée…


Georges Ah-Yan revendique le 8e siège de Best Loser

Le recours à une action légale envisagée

Le leader du Forum des citoyens libres (FCL), Georges AhYan, crie à l'injustice. Il affirme que la Commission Électorale aurait dû lui attribuer le 8e siège de Best Loser. Selon ce candidat battu au No 12, la Commission Électorale en arrêtant ses recherches uniquement au Return Parties, soit le FSM et l'OPR, n'a pas tenu compte que sur la liste des candidats aux élections générales, des candidats sino-mauriciens y figuraient, parmi lesquels lui-même. D'ailleurs, dit-il, il a récolté 9,8 % des suffrages dans la circonscription Mahébourg/Plaine-Magnien sous la bannière du FCL. Dans une lettre adressée à l'Electoral Supervisory Commission (ESC), il fait état de sa revendication, réclamant que le 8e siège de Best Loser non désigné lui revienne du fait qu'il est enregistré comme membre de la communauté sino-mauricienne. N'ayant obtenu aucune réponse de la Commission Électorale jusqu'ici, Georges Ah Yan envisage d'entreprendre des actions légales. D'ailleurs, les représentants d'une douzaine d'associations sino-mauriciennes, dont, l'Akka, la Hua Lien Association, la Chinese Chamber of Commerce… entre autres, se rencontrent cet après-midi au Hua Lien, Trianon, pour décider de la marche à suivre.

Affirmant qu'il a brigué les suffrages en tant que membre de la communauté sino-mauricienne, Georges Ah Yan dénonce que malgré le fait que, "la communauté sino-mauricienne est sous-représentée à l'Assemblée nationale, l'ESC ne m'ait pas attribué ce siège. Cela même si j'ai recueilli 9, 8 % des suffrages". En début de semaine, il a adressé une correspondance à l'ESC pour réclamer que le 8e siège de Best Loser lui soit attribué. "Bizin ki tou communoté représenté dans Parlman. Nu pas compran ki fer commission pas pé alloué ça à enn communauté sous-représentée", dit-il. Il soutient que la Commission Électorale n'a pas appliqué ses recherches d'un candidat sino-mauricien sur la liste entière des candidats qui ont brigué les suffrages, mais uniquement autour des Return Parties. "Ce n'est pas juste, et je trouve étrange que la commission n'a pas continué ses recherches. Je ne comprend pas pourquoi", dit-il. Il fait ressortir qu'en 1995, Imman Beeharry, candidat battu, avait été nommé best loser. De même que Ravi Yerigadoo, en 2000, qui est même devenu ministre de la Jeunesse et des Sports. Dans sa lettre au Chairman de l'ESC, Yusuf Hassam Aboobaker, Georges Ah Yan soutient que, "there is a precedent unreturned candidate R. Yerrigadoo, during the Elections that took place in 2000. The Hindu Community was not under represented, even after allocation of additional seat to the most successful parties. Yet an additional seat was allocated by the Supreme Court, without any motivated judgement". Et d'ajouter : "Similarly for the 2010 General Election, the OPR Party in Rodrigues was unsuccessful but one unreturned candidate from that party was allocated an additional seat."

Pourquoi donc, ce huitième siège n'a pas été attribué à la communauté sino-mauricienne sous-représentée au Parlement, s'insurge Georges Ah Yan, qui se dit prêt en temps que sino-mauricien à être ce 8e best loser. Plusieurs partis et autres associations lui ont manifesté son soutien, indique Georges Ah Yan. Parmi lesquels, le député du MMSD, Éric Guimbeau ainsi que le député du FSM, Celh Meeah. D'autres organisations sino-mauriciennes se joignent également à cette démarche. D'ailleurs, cet après-midi, les représentants d'une douzaine d'associations sino-mauriciennes se rencontreront pour décider de la marche à suivre. La rencontre aura lieu au Hua Lien, à Trianon, et il sera question du recours légal auquel envisage Georges Ah Yan pour contester la décision de la Commission Électorale.


Depuis mardi après-midi

Le nouveau gouvernement Navin Ramgoolam en poste

Le nouveau gouvernement de Navin Ramgoolam, constitué après les élections générales du mercredi 5 mai, est entré en fonction depuis mardi après-midi avec la cérémonie de prestation des nouveaux ministres devant le président de la République, sir Anerood Jugnauth. Comme annoncé en exclusivité par Week-End dimanche dernier, le nouveau gouvernement comprend 25 ministres, dont l'Attorney General, Yatin Varma, nommé d'office.

Une petite ambiance familiale était dans l'air à la State House, mardi dernier, avec le fils Pravind Jugnauth prêtant serment en tant que vice-Premier ministre et ministre des Finances devant le père, président de la République. Il y a également le cas de Shakeel Mohamed, nouveau ministre du Travail et des Relations industrielles, établissant une nouvelle marque familiale au "Cabinet's Room" depuis au moins l'indépendance.

Shakeel Mohamed devient la troisième génération des Mohamed à siéger au conseil des ministres, après son grand-père, feu Abdool Razack Mohamed, leader du défunt CAM et aux côtés de sir Seewoosagur Ramgoolam pour l'accession de Maurice à l'indépendance et son père, Yusouf Mohamed, qui avait également été ministre du Travail et des Relations industrielles sous sir Seewoosagur Ramgoolam, après les élections générales de 1976.

À l'exception de l'ancien vice-président de la République, Raouf Bundhun, aucun des deux anciens présidents Cassam Uteem et Karl Offmann n'était présent à la State House pour la cérémonie de prestation de serment. Le fait notoire du nouveau gouvernement demeure que le vice-Premier ministre Xavier-Luc Duval a été dépossédé du portefeuille du Tourisme par le Premier ministre, qui lui a octroyé le nouveau ministère de l'Intégration sociale et de l'Economic Empowerment. Les raisons derrière cette mutation ouvrent la voie à des spéculations les plus diverses. Le leader du Mouvement Rodriguais, Nicolas Von Mally, a également fait son entrée en tant que ministre de Rodrigues et des Pêcheries.

Ainsi, le gouvernement est composé de 16 ministres travaillistes, de 6 ministres du MSM, de 2 ministres du PMSD et d'un ministre du MR avec la composition du nouveau gouvernement comme suit :

Navinchandra Ramgoolam, Premier ministre, ministre de la Défense, de l'Intérieur et des Communications extérieures

Rashid Beebeejaun, Premier ministre adjoint et ministre des Utilités publiques

Xavier-Luc Duval, vice-Premier ministre et ministre de l'Intégration sociale et de l'Economic Empowerment

Pravind Jugnauth, vice-Premier et ministre des Finances

Anil Baichoo, ministre des Infrastructures publiques, de la NDU et du Transport intérieur.

Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères

Abu Kasenally, ministre des Terres et du Logement

Sheila Bappoo, ministre de l'Égalité des Genres, du Développement de l'Enfant et du Bien-être familial

Nando Bodha, ministre du Tourisme et des Loisirs

Vasant Bunwaree, ministre de l'Éducation

Satish Faugoo, ministre de l'Agro-Industrie

Showkutally Soodhun, ministre de l'Industrie et du Commerce

Devanand Virahsawmy, ministre de l'Environnement et du Développement durable

Rajeshwar Jeetah, ministre de l'Éducation tertiaire et de la Recherche

Devanand Rittoo, ministre de la Jeunesse et des Sports

Leela Devi Dookun-Lutchoomun, ministre de la Sécurité sociale

Hervé Aimée, ministre des Collectivités locales

Santi Bai (Maya) Hanoomanjee, ministre de la Santé et de la Qualité de la vie

Mookhesswur Choonee, ministre des Arts et de la Culture

Tassarajen Pillay Chedumbrum, ministre des Technologies de l'Information et de la Communication

Nicolas Von Mally, ministre de Rodrigues et des Pêcheries

Ashit Gungah, ministre de la Fonction publique

Shakeel Mohamed, ministre du Travail et des Relations industrielles

Yatindra Varma, Attorney General

Michael Yeung Sik Yuen, ministre des Coopératives et de la Protection des consommateurs


Assemblée nationale - Prestation de serment des députés mardi

C'est mardi que s'ouvre la première session de la nouvelle assemblée nationale issue des élections générales du 5 mai. Ce sera une réunion protocolaire avec à l'agenda la prestation de serment des membres, l'élection du Speaker, Kailash Purryag devant être reconduit à son poste, celle du Deputy Speaker qui pourrait être le troisième député MSM de Flacq/Bon Accueil, Pradeep Roopun, puis celle du Deputy Chairman of Committees. S'il n'y aura pas de questions à cette séance, l'item déclaration figure, lui, à l'agenda.

Ce n'est qu'après la présentation du Discours-programme par le président prévu pour le 25 mai que les choses sérieuses devraient commencer. Il y aura une motion de remerciements au président suivie de débats sur le programme du gouvernement juste après.


Communalisme

Les élections finies, que fait-on du démon?

Le secrétariat d'Amnesty International (AI) recevra bientôt un rapport de sa branche mauricienne sur les observations faites sur le communalisme durant la dernière campagne électorale. Communalism Watch, d'Amnesty International de Maurice, s'est basé sur la Convention on the Elimination of all forms of Racial Discrimination (CERD)des Nations Unies et ratifié par Maurice, pour relever ses données. Visiblement, des politiques ont en connaissance de cause enfreint la CERD. Ce qui ne serait pas sans conséquences. Lindley Couronne, directeur d'Amnesty International (Maurice), explique que Maurice, qui n'a jamais eu de visibilité négative dans les précédents rapports d'AI, risque de faire tomber le mythe de la nation arc-en-ciel qu'elle incarne aux yeux du monde. Mais, maintenant que les politiques ont rangé leurs discours communaux, il est temps de s'intéresser aux stratégies à appliquer pour amputer les tentacules du démon communalisme.

Que faut-il faire pour combattre le réflexe communal? La campagne électorale, qui est désormais derrière nous, a malheureusement démontré que les politiques et autres prêcheurs mal inspirés, se sont, plus que jamais, empressés d'utiliser grossièrement le communalisme pour en faire une arme destructrice. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que l'impact des propos et des dérives communalistes ont, à l'instar des balles, heurté et blessé non seulement les cibles, mais aussi l'esprit des citoyens mauriciens qui n'adhèrent pas aux discours basés sur les origines de leurs semblables. Dénoncés avec force sur différentes plate-formes, par des voix connues et anonymes, les récents dérapages communaux ne seront pas si vite effacés de la mémoire. Donc, maintenant que la campagne électorale et ses enjeux sont finis, que doit-on faire, non pour panser le mal communal, mais pour le guérir? Et ce en intervenant à sa source même.

Sinon, il n'est nullement nécessaire d'être fin intellectuel pour deviner ce qu'il adviendra. La vie reprendra son cours normal avec ses défis et l'on adoptera la bonne vieille politique de l'autruche. On creusera un trou kilométrique pour se cacher la tête… disons dans ce cas pour se voiler la face pour oublier que le communalisme est ancré dans la société. Les politiques, les défenseurs de minorité, de majorité et autres moralisateurs d'associations à caractère communal s'évertueront bientôt à rappeler la richesse culturelle de Maurice avant de faire leur habituel plaidoyer pour l'unité de la nation arc-en-ciel. Ils sortiront les clichés du pays unique, véritable melting-pot où tous vivent en harmonie. Et cinq ans après, au moment de monter sur l'estrade populaire, ils mettront de côté ce discours politiquement correcte pour la vulgarité des propos communaux. Après avoir observé, diagnostiqué et dénoncé, il est temps pour tous ceux qui ont les compétences voulues - y compris les institutions étatiques - de se retrousser les manches pour combattre le communalisme. Car vue la résurgence inquiétante de la politique communale, il y a urgence.

Solutions: actions juridiques et éducation

Pour Lindley Couronne, directeur de la branche mauricienne d'Amnesty International, l'éducation, tant des citoyens qu'en milieu scolaire et l'arrivée de visionnaires en politique, sont sans doute des solutions au communalisme. La balle, laisse-t-il entendre, est dans le camp des politiques, lesquels ont le pouvoir de réformer le système électoral et réviser la Constitution. Quant à l'implémentation de l'éducation à la citoyenneté dans le cursus scolaire, Lindley Couronne ne cache, toutefois, pas son scepticisme. Il regrette le désintérêt que porte le ministère de l'Education à la question des droits humains. "Le ministère de l'Education fait semblant de ne pas comprendre ce que sont les droits humains", souligne-t-il. Ce dernier va plus loin en pointant du doigt l'université de Maurice qui, dit-il, "laisse un groupe d'extrême droite intégrer sa Student Union".

De son côté, Ashok Soubron, figure de proue de Resistans ek Alternativ, prône une "action qui repose sur un mouvement de désobéissance, couplée d'une action juridique". Le tout débouchant automatiquement sur une réforme électorale. Une fois le système de Best Loser amputé, le facteur communal ne sera plus un argument dans l'approche des politiques. C'est sur ce principe que se bat Resistans ek Alternativ, dit Ashok Soubron. Soit! Mais que faut-il faire dans l'immédiat? Sensibiliser les uns, y compris les décideurs et les opinion leaders? Enclencher une campagne nationale contre le communalisme? Sur la question de sensibilisation, Ashok Soubron est d'avis "qu'on ferait mieux de revaloriser tout ce qui n'est pas communal". Et d'ajouter: "Je pense qu'il faut relativiser la situation. Dans la réalité, au quotidien, le communalisme n'est pas un mode de vie. Des quelque 800 000 électeurs, tous ne se sont pas rendus aux meetings pour écouter et approuver les propos communaux des orateurs. Toutefois, je souhaite qu'il y ait davantage de prise de conscience anti-communale. D'autre part, je trouve que les 16% des 649 candidats qui ont mené une action de résistance, démontrent que ce chiffre est significatif."

Resistans ek Alternativ cherche support moral et financier

Pendant que Resistans ek Alternativ peaufine son action juridique, "pour s'attaquer au communalisme institutionnalisé", au siège d'Amnesty International (Maurice), les données recueillies par "Communalism Watch", institué durant la campagne électorale sont compilées pour être envoyées au secrétariat de l'organisation internationale. Ces observations, qui relèvent des dérives communalistes des deux Alliances, d'acteurs de différents bords, entre autres, devraient par la suite figurer dans un prochain rapport d'Amnesty International. Les retombées pour Maurice ne seront pas reluisantes. "Jusqu'ici, Maurice n'a jamais figurée dans un rapport d'Amnesty International. Il se peut que ce sera le cas bientôt", explique Lindley Couronne. Les critiques, si elles viennent d'ailleurs, pourrait-elle déclencher la réforme tant attendue du système électoral? Mais d'autre part, il y aurait avance encore Lindley Couronne, une attente communale de la part d'une frange de la population qui répond positivement à la politique sectaire. Changer cette mentalité reste un défi. "Nous voyons bien que le succès de Baraz, pièce qui dénonce le communalisme et que nous avons jouée à travers l'île, reste mitigé auprès des adultes."

Ashok Soubron regrette encore "ki pa kapav pas par lavwa klasik pou kas sistem la." Le recours au Privy Council est pour Resistans ek Alternativ une ultime option, juridique. Ce dernier lance d'ailleurs un appel à toutes les organisation non gouvernementales, mouvements et individus qui souhaiteraient soutenir, moralement et financièrement, la démarche de Resistans ek Alternativ. Pour contester les critères à caractère communal aux législatives, devant le Privy Council, la plate-forme aura à débourser près de Rs 1 M. "Notre action sera un catalyseur pour la réforme et nous allons attaquer la racine du mal communal", soutient encore Ashok Soubron.


Ethnic politics

Un système électoral pourri qui doit démantelé

Qu'est-ce qui peut bien pousser Navin Ramgoolam, brillant vainqueur des dernières élections générales, à se faire tout modeste et à se montrer si soucieux de faire, comme il l'affirme, de "l'unité nationale" sa "priorité du moment" ? Et qui, en même temps, peut bien forcer Paul Bérenger, d'habitude si pignailleur même dans la pire des défaites (ce qui n'est pas le cas cette fois), à tourner, aussi rapidement, la page pour préparer l'avenir de son parti, le MMM, les yeux, dorénavant, rivés sur les municipales ?

On a la nette impression que, à la différence de tous ses thuriféraires et autres cireurs de pompes encore dans l'ivresse de la victoire et dans l'attente de leur "boute", le souci majeur du leader de l'Alliance de l'Avenir et du Parti travailliste découle du fait qu'il n'est que trop conscient que les dernières consultations populaires, encore plus que les précédentes, ont davantage partitionné notre cher pays sur la base ethnique. Et il sait que pareille situation n'est guère soutenable ni pour son pouvoir, ni pour la stabilité du pays. Il faut, en effet, être d'un manichéisme étroit pour croire une seconde Navin Ramgoolam lorsque qu'il prétend que c'est parce que l'Alliance du Coeur de Bérenger avait eu pour "seule vision, la division" en menant campagne pour un regroupement des minorités, qu'il lui faut, urgemmment, se mettre à recoller les morceaux qui composent la mosaïque de la fameuse nation mauricienne arc-en-ciel.

Sur la base de ses fréquentations personnelles, de la composition de son cercle intime, Navin Ramgoolam n'est pas quelqu'un qu'on pourrait, sans être injuste, qualifier de communaliste dans le sens le plus dégoûtant que comporte ce terme. Preuve de poids s'il en fallait une, son conseiller politique le plus efficace, celui qui, a-t-il avoué, le guide sans jamais réclamer un sou en retour ou une seule toise de terre de l'Etat, celui qui le permet, à chaque fois, de gagner des élections, celui qui dresse son plan de campagne, place ses candidats et décortique les listes d'électeurs de chaque circonscription de façon mathématique afin de faciliter le porte-à-porte des agents rouges, est un blanc de Quatre-Bornes. C'est Christian Rivalland, fils de l'ancien chef juge, Michel Rivalland. Ce dernier fut lui-même derrière la victoire, arrachée à la dernière heure, de Seewoosagur Ramgoolam à Triolet, en septembre 1959, lorsque l'élection de ce dernier était dangereusement menacée par le candidat IFB, Beedaysee. Après le triomphe de son poulain, Xavier-Luc Duval, contre Françoise Labelle (MMM) lors de la partielle de Beau-Bassin-Petite Rivière, en septembre 1999, nous l'avions ici même concédé : Navin Ramgoolam veut être un rassembleur de toutes les communautés. Mais - et c'est légitime - à condition qu'il soit lui le no.1 et que les autres le suivent toujours. Qu'il soit vraiment rassembleur est une question de libre appréciation. Mais, force est de constater que, patiemment, depuis qu'il a fait son entrée en politique, en 1990, Navin Ramgoolam a mis en branle son plan. D'abord, pour s'assurer l'adhésion de la communauté créole catégorisée sous l'appellation Population Générale, il avait cru que Sir Gaëtan Duval et ce qui restait de supporters PMSD dans le pays feraient l'affaire. L'Alliance MSM-MMM de 1991 se chargea de le ramener à la cruelle réalité.

Recollage de l'électorat musulman

Sa stratégie n'ayant pas fonctionné, Navin Ramgoolam a su par la suite, très habilement, profiter de la défection de Rashid Beebeejaun du MMM en 1997, pour le récupérer et lui offrir le rôle que Sir Seewoosagur Ramgoolam voulut réserver à Sir Abdul Razack Mohamed au sein de la direction du Parti travailliste depuis 1959, soit le poste de Deputy Leader. Sir Abdul Razack Mohamed refusa ce rôle dans son entêtement à constituer son propre parti (le Comité d'action musulman). Il est vrai aussi que Veerasamy Ringadoo, principalement, s'opposa à la démarche de SSR parce que lui-même avait des visées sur ce poste de Deputy leader et ce malgré la présence de Guy Forget. Mais le père de Navin Ramgoolam sut contourner les objections de Veerasamy Ringadoo en offrant à Sir Abdul Razack Mohamed la représentativité politique exclusive de la communauté musulmane. Aux élections générales de 1959, le Labour de Sir Seewoosagur Ramgoolam (qui, soulignons-le, n'avait déjà presque rien à faire avec celui de Curé, Anquetil et Seeneevassen) ne présenta pas un seul candidat musulman et ouvrit un boulevard au C.A.M, son allié. Ensemble C.A.M, Travaillistes et syndicalistes apparentés travaillistes (Octave Lacaze et Augustin Moignac) raflèrent tous les sièges des sept circonscriptions que comptait à l'époque le district de Port-Louis. A travers les pays, divisé en 40 circonscriptions ce fut un raz-de-marée rouge-vert (couleur du C.A.M). Ces deux partis obtinrent ensemble 31 sièges sur 40. Six sièges allèrent à l'IFB de Sookdeo Bissoondoyal et seulement trois au Parti Mauricien de Jules Koenig. On put alors parler d'une véritable communion, d'une adhésion across ethnic borders, entre le principal parti au pouvoir et la population mauricienne d'autant que l'élite créole se retrouvait alors aussi aux avant-poste du Labour.

Dans sa mission de "rassembleur", Navin Ramgoolam avait réussi un grand coup en 2005. Effectivement, après une longue séparation avec le Parti travailliste - qui débuta en 1967 sous l'emprise de Gaëtan Duval et se poursuivit avec le MMM - le recollage de l'électorat musulman à l'attelage rouge en 2005 sous l'impulsion de Rashid Beebeejaun avait résolu une partie du problème du leader travailliste. A cet égard, les résultats des dernières élections ont confirmé que, malgré la réussite de Reza Uteem au no. 2 et d'Adeel Ameer Meeah au no. 3, plus nombreux ont été les électeurs musulmans qui ont renouvelé leur confiance au Parti travailliste que ceux qui l'ont abandonné.

Le rôle de l'abbé Grégoire

Mais, c'est du côté de l'électorat de la Population Générale - disons carrément créole malgré Michaël Sik Yuen - que les desseins de Navin Ramgoolam demeurent très contrariés. Il n'arrive pas à coller le domino. Navin Ramgoolam, prudent, s'abstient, lui, d'en parler publiquement, mais il laisse le soin aux dirigeants des organisations socioculturelles hindoues comme Somduth Dulthamun, Navin Unoop, Krit Manohur et à Gaëtan Jacquette du Rassemblement des Organisations Créoles et à Amédée Darga d'évoquer le rôle, soi-disant diviseur, de l'abbé Jocelyn Grégoire durant la campagne. Navin Ramgoolam, nous en sommes sûrs, a déjà relativisé le rôle de Grégoire lequel, à la fin de la pièce qu'il a prétendu vouloir jouer, n'a fini que par faire rire. Un peu jaune, soulignons-le, surtout à ceux qui gobaient tout ce qu'il a débité.

Examinons brièvement ce rôle : pour nous, dès le début de son incursion dans la vie des citoyens de ce pays, Jocelyn Grégoire a donné l'impression d'un homme qui voulut être roi à la place du Roi Créole décédé (Gaëtan Duval). Très peu de gens savent qu'en 1992, habitant de Batimarais, Grégoire avait voulu devenir conseiller de village et fut platement battu. Il est parti aux Etats-Unis où, en tant que prêtre, il a appris à maîtriser les techniques de communication de masse. Cette technique qui est très utilisée par les pasteurs télé-évangélistes et qui est capable de faire chanter, danser, rire, pleurer et rouler à terre tout un auditoire. Lors de ses fréquents séjours à Maurice, Jocelyn Grégoire, dénommé le Singing Priest s'etait constitué un power base personnel conséquent. D'abord, auprès des femmes catholiques (il mobilisa Mille femmes pour Jésus), puis auprès des jeunes et, ensuite auprès des personnes du 3ème âge. Puis, il commença par se poser comme fédérateur des causes créoles tout à fait justes, nous en convenons. Il s'est laissé entraîné sur le terrain politique surtout par les organisations et individus, comme Mario Flore, qui gravitent dans le giron du pouvoir travailliste. Il faut se souvenir qu'il avait adopté la rhétorique de ces organisations telle "créoles pas dépôt fixe", "créoles bizin vote avec l'intelligence", "créoles bizin éna so part dans direction péi". En principe, toutes ces sorties affaiblissaient la base électorale du MMM. A un certain moment, on disait Jocelyn Grégoire prêt à abandonner sa soutane. Mais, semble-t-il, au moment de franchir le Rubicon, il a manqué... de cœur ! Venir maintenant affirmer, comme le font ses propres coreligionnaires crypto-travaillistes et Dalthumun et consorts que c'est parce que Jocelyn Grégoire a dit "reste avec zotte leker, vote avec zotte léker" que le MMM a perdu les élections et que les circonscriptions rurales (comprenez les hindous) ont voté, par réaction, massivement contre Paul Bérenger et l'Alliance du Coeur est une manipulation énorme. Et, en plus, cet argument bancale octroi au MMM un monopole du coeur qu'il n'a pas... Et, pour ajouter de l'eau à leur moulin à palabre dangereux pour l'harmonie dans le pays, les détracteurs de Grégoire ont sciemment omis de dire aussi que son fidèle compagnon au sein de la Fédération Créoles Mauricienne, le très lisse Jean-Yves Violette, avait, quelques jours avant les élections dit dans une réunion que "la clé de l'avenir des créoles était entre leurs propres mains". Il en est, semble-t-il, des jeux de mots qui semble avoir des interprétations et des conséquences plus dramatiques que d'autres. En vérité, la posture finale de Grégoire enrage les proches du pouvoir parce que, en fin de compte, par sa maladresse, l'abbé les ont empêchés de tourner en rond.

Un schéma typique des anciennes colonies britanniques

Navin Ramgoolam, heureusement, n'en est lui-même pas dupe bien que, évidemment par cynisme politique, il a eu tout intérêt à laisser courir la rumeur en milieu rural que l'abbé Grégoire à donné un mot d'ordre en faveur du MMM. En réalité, le chef de l'Alliance de l'Avenir sait que, tout autant que le "Vote avec ou leker" de Grégoire, les messages qu'ont véhiculés ses propres agents socio-religieux hindoues les plus sectaires (messages style "choisir entre Navin ek Paul" et "Pas less pouvoir sappe dan nou lamé") ont causé un tort immense au pays. A l'opposé, face aux déploiements des forces animées par Dalthuman et autres, l'Alliance du Coeur de Bérenger, a lui aussi contribué à pourrir le débats avec son slogan "Nou pé ouver la porte à tout dimunn, à tous comminotés, pou capav vinn Premié minis enn jour !". D'où l'empressement de Bérenger à défalquer l'analyse de la défaite de son camp.

Mais, il faut également le reconnaître : on n'a pas inventé la poudre aux dernières élections à Maurice. Ce qui c'est passé est un schéma typique aux anciennes colonies britanniques composées de populations d'origines culturelles diverses. La représentation électorale dans toutes les ex-colonies britanniques, dont fait partie l'île Maurice, repose trop sur le tribalism et le communalisme. Depuis la Commission Donoughmore, qui enquêta chez nous en 1945 à la demande de la couronne britannique, les anglais eux-mêmes qui nous ont légué notre Constitution, avait conclu ce qui suit :

"Si la représentation communale au niveau législatif est inévitable à un stage initial de développement politique des pays pluri-culturels, elle tend ensuite à créer des divisions stéréotypées. We have come unhesitatingly to the conclusion that communal representation is, as it were, a canker on the body politic, esting deeper and deeper into the vital energies of the poeple, breeding self-interest, suspicion and animosity, poisoning the new growth of political conciousness and effectively preventing the development of a national and corporate spirit."

Navin Ramgoolam sait pertinemment que ce ne sont pas les deux ou trois députés Population Générale et musulmans que l'Alliance de l'Avenir a pu faire entrer à l'Assemblée nationale, le 5 mai dernier, qui réussira à ramener dans le pays "l'unité nationale" dont il dit rêver. Tout au plus, peut-être s'il réussit un jour à faire élire à Triolet-Pamplemousses un candidat non-hindou parviendra-t-il à atténuer un peu le cancer dont parlait la Commission Donoughmore. Mais, de toute façon, ce ne serait que symbolique. C'est tout un système de représentation pourri qui laisse l'ïle Maurice sur la braise après chaque élection qui doit être démantelé... Que le Premier ministre ouvre immédiatement un vrai débat sur la réforme électorale !


Conférence de presse MMSD

Eric Guimbeau: "J'assumerai mon rôle d'indépendant dans l'opposition"

Lors de sa première conférence de presse après les législatives, vendredi dernier, Eric Guimbeau, le leader du MMSD, a fait part de son intention de jouer un rôle d'indépendant au Parlement. "Malgré mo position dan l'opposition, mo pou amenn mo role indépendant. Mo pa lé ambaras oken dimoun. Sa li byen importan pou mo liberté d'action", a-t-il déclaré. Eric Guimbeau, qui s'avoue prêt pour la reprise parlementaire, veillera, dit-il, "à ce que tous les dossiers prioritaires soient pris en considération et traités. Nu pa pu enn loposition loyal envers gouvernment. Nou la pou poz questions, nu pou fer nu travay." Affirmant poursuivre son combat pour l'intégrité, la vérité et la transparence, il n'a pas manqué de critiquer l'Alliance de l'Avenir et d'exprimer son scepticisme quant à la stabilité du pays dans les cinq prochaines années. "Aujourd'hui, c'est la lune de miel mais, dans quelques mois, ce sera la lune de fiel. Il y aura des cassures au sein de cette alliance. Ramgoolam ti pe rod enn élection kler, mé ou pou trouvé li pu trouv zékler", lance le leader de MMSD. Et de poursuivre, "fodé pa blié lambition Pravind Jugnauth pu vinn prémier minis. Kuma nou dire, l'appétit vient en mangeant."

D'autre part, le leader du MMSD a déploré l'attitude du gouvernement fraîchement reconduit face à la presse, précisément le groupe Sentinelle. "On se croiirait au Zimbabwe !", dit-il. "Le gouvernement veut instaurer la dictature dans ce pays. Li enn mové signe…" Il soutient que l'opposition veillera à ce que la presse continue à exercer son travail sans aucune injustice.

Elu dans la circonscription Curepipe/Midlands, Eric Guimbeau a exprimé son souhait de se présenter aux prochaines élections municipales à Curepipe, où il vise un score de 24/0.

En attendant les prochaines municipales, le député, qui répondait à une question de Week-End, a affirmé qu'il s'assurera que marchands ambulants et chauffeurs de taxi travaillent dans un meilleur cadre.


Le ministre Virahsawmy nie être lié au projet C. T Power

Le nouveau ministre de l'Environnement et de l'île Maurice durable, M. Deva Virahsawmy, a apporté, hier soir, un démenti catégorique aux propos du leader de l'opposition, M. Paul Bérenger, à l'effet qu'il serait directement lié au projet d'implantation de l'usine de production d'électricité à charbon, C.T Power, à Albion. Paul Bérenger a effectivement déclaré lors de la conférence de presse hebdomadaire du MMM qu'il trouvait "indécent" que le ministre Virahsawmy aura à traiter de ce dossier C. T Power tout en étant lui-même un des promoteurs.

"Je tiens à préciser que je ne suis ni promoteur, ni directeur, ni actionnaire de C.T Power. Je ne suis ni directement, ni indirectement lié à C. T Power. Comme d'habitude, Paul Bérenger, toujours mauvais perdant, continue à jeter la boue sur ses adversaires et à porter atteinte à leur intégrité. Je sais qu'il avait donné des instructions pour qu'on me fasse tomber au no. 7, mais il n'a pas réussi et il tente maintenant de me salir. Dès lundi (demain) je vais, moi, donner des instructions à mon homme de loi pour qu'il poursuive Paul Bérenger pour diffamation. Il devra aller en cour de justice pour prouver ses affirmations. Je suis certain qu'il présentera des excuses, mais, cette fois, je n'accepterai pas d'excuses", a déclaré le ministre Virahsawmy.


Ça va se savoir

Un ADN politique confus

C'est le mystère du dernier scrutin. Le candidat du MSM, Yogida Sawminaden, ayant été éjecté du No 18 pour cause d'empressement de remplacer Rama Sithanen, il avait été remplacé par le travailliste Kadress Pillay, le siège manquant aux orange ayant, semble-t-il, été accordé au No 13. C'est ainsi que tout le monde croyait que le 18e candidat du MSM était Tassarajen Pillay Chedumbrum. Or, il a traîné tout au long de la campagne un ADN politique confus. C'est lors de la constitution du nouveau gouvernement cette semaine que l'on a appris que le ministre des TIC's est issu du PTr. Ce qui est intéressant dans toute cette histoire, c'est l'insistance des travaillistes à faire le compte du nombre d'élus et de ministres. Question d'affirmer leur suprématie.

Leela Devi Dookun-Luchoomun commence "home"

C'est au fameux Mohith Hall, à l'Avenir, St Pierre, haut lieu des rencontres politiques au No 8, que la nouvelle ministre de la Sécurité Sociale et de la Solidarité Nationale, Leela Devi Dookun-Luchoomun, lance demain matin, à 9h30, la campagne de vaccination anti-grippe 2010 destinée aux personnes âgées. Après sa circonscription, c'est à Triolet, Rose-Hill et Quatre-Bornes que la caravane anti-grippe se déplace en ce lundi. Le programme se poursuivra tous les jours et dans différentes localités jusqu'au jeudi 10 juin.


Brèves syndicales

La FSSC formule ses demandes post-électorales

La FSSC n'a pas tardé, juste après les élections à formuler ses demandes au gouvernement. Dans une lettre adressée au Premier ministre dès lundi dernier, son président Toolsyraj Benydin a, après avoir félicité Navin Ramgoolam pour son succès au dernier scrutin, exposé ses demandes comme suit: la révision et la réorganisation de la Public Service Commission pour plus de transparence, la décentralisation des départements gouvernementaux pour régler le problème de la congestion routière, le transfert des employés du Emmanuel Anquetil Building à un lieu plus sécurisé sur le plan environnemental, davantage de facilités pour que les employés puissent saisir le Public Bodies Appeal Tribunal et l'extension de la juridiction de cette institution aux organismes para-publics, la relance du "collective bargaining", la publication du rapport du PRB tous les trois ans, la création d'une Pensions Advisory Commission, l'introduction d'un Commissioner for Public Service Complaints, l'élimination de l'emploi précaire, un mécanisme rapide pour les conditions de service en vue remplir les postes vacants dans les meilleurs délais, l'amélioration du Public Officers' Welfare Council pour qu'il puisse gérer des cantines dans l'administration publique, la révision des lois du travail afin que les fonctionnaires puissent contester les recommandations du PRB, un increment annuel en janvier plutôt qu'en avril, la mise sur pied d'un National Tripartite Forum pour discuter de la compensation salariale et l'institution d'une Workers' Bank en vue d'améliorer les conditions des travailleurs.

La FTU rapporte Legends au ministre Shakeel Mohamed

Exaspérée que le département des ressources humaines de l'hôtel Legends et le Bureau du Travail de Goodlands n'aient donné aucune suite à ses doléances quant au comportement, qui aurait été abusif, du chef des services d'entretien de cet établissement hôtelier, la Fédération des Travailleurs Unis a, vendredi, adressé une lettre au nouveau ministre du Travail et de l'Emploi, Shakeel Mohamed l'invitant à intervenir d'urgence. Atma Shanto, négociateur de la fédération à laquelle est affiliée la Grand Gaube Hotel Staff Union fait état, dans sa correspondance en date du 14 mai, des représentations successives d'abus à l'encontre du chef d'entretien sans résultat. Il est également rappelé au ministre que sous la section 54 du Employment Rights Act de 2008 intitulée Violence at work, que (1) "no person shall (a) harass, sexually or othewise; (b) assault; (c) verbally abuse, swear at or insult; (d) express the intention to cause harm; (e) bully or use threatening behaviour towards; (f) use agressive gesture indicating intimidation, contempt or disdain towards; (g) by words or act, hinder, a worker, in the course of or as a result of his work"



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 16 mai 2010