i n t e r v i e w WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010



  Dr Kevin Teeroovengadum : - "La santé publique est plus efficace qu'on ne le dit"
  Hôtellerie - Sanjiv Ramdanee: "Le Maradiva est un produit unique à Maurice"


Dr Kevin Teeroovengadum :

"La santé publique est plus efficace qu'on ne le dit"

En allant au rendez-vous avec le Dr Kevin Teeroovengadum vendredi dernier, on s'attendait à rencontrer un ancien assistant chef de clinique imposant. Finalement, c'est pratiquement un jeune collégien que l'on a découvert. Mais, en l'écoutant, on a rapidement réalisé que sous cet aspect juvénile et malgré son jeune âge - il n'a que 34 ans -, c'est un professionnel formé et sûr de lui et de ses opinions qu'on avait en face. Un jeune chirurgien pédiatre qui a choisi de quitter Paris pour venir travailler dans le service de santé public mauricien. Il explique les raisons de ce choix qui peut surprendre dans l'interview qui suit.Commençons, Dr Kevin Teeroovengadum, par résumer les étapes de votre parcours éducatif et professionnel…

Après mes études secondaires au collège Royal de Curepipe, j'ai obtenu une bourse pour aller faires des études de médecine en France, en 1994. J'ai toujours voulu faire médecine parce que je voulais exercer un beau métier qui me permettrait d'être utile. J'ai fait six années de médecine à Toulouse, puis de la chirurgie générale pendant trois ans avant de me spécialiser dans la chirurgie pédiatrique pendant cinq ans à Paris, où j'ai travaillé. Je suis rentré à Maurice, l'année dernière.

La chirurgie pédiatrique est, en tout cas à Maurice, un terme nouveau. Existe-t-elle depuis longtemps ?

Elle existe depuis une quarantaine d'années dans les pays développés alors qu'elle est pratiquée dans les autres pays par des chirurgiens généraux.

Soyons cynique. Est-ce une spécialité médicale pour enfants de pays riches ?

Avant, il y avait un médecin qui faisait tout : de l'accouchement au traitement du diabète en passant par les soins aux enfants. Aujourd'hui, on a la possibilité de faire appel à des gens formés pour faire mieux les choses et de façon plus pointue. Un chirurgien pédiatre est un chirurgien qui opère les enfants de 0 à 15 ans. Cette spécialité de la chirurgie est en train de se répandre dans le monde entier avec la démocratisation des soins.

Pourquoi avez-vous choisi cette spécialité ?

D'une part parce que je voulais travailler avec des enfants à qui on peut ouvrir l'avenir. Ensuite, parce qu'en chirurgie on est capable de régler un problème médical par une opération.

Ce n'est pas aussi valorisant de soigner quelqu'un qui a une partie de sa vie derrière lui qu'un bébé qui a l'avenir devant lui ?

Je me sens beaucoup plus à l'aise et plus utile en soignant les enfants qu'en le faisant avec des adultes.

Plus fondamentalement, n'est-ce pas le fait d'avoir affaire à des malades qui ne peuvent pas discuter, contester vos choix qui vous fait préférer les bébés ?

Les parents des bébés contestent les médecins à leur place et c'est d'ailleurs un des gros soucis de ce métier. Il faut pouvoir convaincre les parents de prendre la décision de faire opérer leur bébé et ce n'est pas évident. C'est plus difficile pour les parents de dire oui à une chirurgie sur un bébé que sur un adulte. Dans le cas d'un bébé, nous avons affaire à deux parents qui ne sont pas forcément sur la même longueur d'onde. Il faut donc discuter, convaincre. Je n'aime pas que le parent se décharge de sa responsabilité sur moi. Je préfère qu'il l'assume en connaissance de cause.

Faites-vous partie des médecins qui écoutent leurs patients, discutent avec eux ou de ceux qui affirment : je suis le docteur, j'ai fait sept ans de médecine, j'ai une longue pratique, je sais tout, point, à la ligne ?!

Cette manière de faire a déjà changé ailleurs et est en train de se faire à Maurice. Cela change parce que les gens, plus éduqués, comprennent mieux leurs maladies et posent des questions pertinentes aux médecins. Je pense qu'un professionnel qui sait ce qu'il fait devrait plus demander des questions - qui sont motivantes - à ses patients plutôt que de refuser d'y répondre. Il ne faut pas cacher des informations aux patients, même si les cas sont compliqués. La discussion, même si elle est contradictoire, est indispensable. Je pratique tellement la discussion que je passe entre dix et quinze minutes avec les parents de chaque enfant, ce qui fait qu'on dit de moi que je suis toujours en retard. Je discute même avec des parents qui ne demandent pas grand-chose car à Maurice on a une confiance un peu aveugle dans les médecins. Je fais l'effort d'impliquer les parents dans la prise en charge du bébé. Pour moi, c'est indispensable.

Pourquoi avez-vous quitté un poste d'assistant chef de clinique dans un grand hôpital pour enfants de Paris pour venir travailler à Maurice ?

Ce n'est pas une décision récente : je savais depuis longtemps que j'allais retourner à Maurice et j'attendais le moment de le faire, en fait. Je voulais pouvoir rentrer pour apporter quelque chose avec moi. Tout dans mon parcours professionnel était orienté vers ce retour qui a été préparé. J'ai été longtemps en contact avec le ministère de la Santé pour le tenir au courant de ce que je faisais dans mon parcours professionnel. Je dois dire que je n'ai pas eu que des encouragements pour revenir à Maurice à ce niveau.

Pour quelle raison ?

Parce qu'il existe encore à Maurice l'idée que les médecins doivent savoir tout faire et qu'on voulait que je fasse de la chirurgie générale. Moi, je crois que l'on fait bien ce que l'on fait souvent. Je ne me suis pas spécialisé pour aller pratiquer comme généraliste.

Pourquoi le public et pas le privé ? Vous auriez pu faire le même métier à Maurice en étant mieux rétribué…

Je ne dirai pas le même métier. Je n'aurais pas eu dans le privé la job satisfaction que j'ai dans le service public. Je ne crois pas que je me serais senti aussi utile que je le suis aujourd'hui, malgré les difficultés. J'ai eu des propositions intéressantes pour entrer dans un groupe privé, mais j'ai dit non. J'ai besoin de fonctionner au sein d'une équipe et on est en train de la constituer petit à petit, malgré les lenteurs. Seul, malgré toute mon expérience, je ne vaux rien. Pour être efficace, il ne suffit pas d'opérer si je n'ai pas un anesthésiste formé, si en post-opération je n'ai pas le matériel et les gens qui savent l'utiliser pour prendre soin du bébé. Les médecins qui ont créé et fait fonctionner le service néo-natal et formé le personnel ont créé les conditions idéales pour mon retour. Je tiens à les remercier. Je veux rester dans le service public où j'espère pouvoir contribuer à créer un hôpital ou un service spécialisé pour les enfants.

N'êtes-vous pas étonné que l'on parle plus souvent à Maurice de la création d'un hôpital pour chiens que d'un hôpital spécialisé pour les enfants ?

Je ne voudrais pas me prononcer sur le parallèle entre les deux types d'hôpitaux. Je suis étonné qu'il n'y ait pas encore un hôpital pour enfants à Maurice mais, en même temps, il faut dire que nous avons un vieux système de santé publique qui continue à fonctionner tant bien que mal. Pour créer un hôpital pédiatrique avec tous les services adéquats, il faut faire déplacer le personnel humain et les instruments et machines de tous les hôpitaux où ils se trouvent aujourd'hui. Ce n'est pas une mince affaire et cela doit être fait intelligemment.

Est-ce que l'enthousiasme avec lequel vous êtes revenu à Maurice est toujours aussi vivant un an après ?

Après une année, je peux dire, en pesant mes mots, que j'ai réussi à sauver plus d'une dizaine d'enfants. J'essaie de m'accrocher à ce résultat à chaque fois que je dois faire face à un problème, et cela arrive de temps à autre. Vous savez, la machine administrative est terrible à Maurice.

Elle est contre vous ou contre ce que vous représentez ?

Cette machine est contre le changement, contre la nouveauté. Quand je demande à faire quelque chose de nouveau, on me dit tout de suite - même avant que j'ai le temps de finir ma phrase - qu'on n'a jamais fait ça comme ça avant. Je savais avant de revenir qu'on n'allait pas me dérouler le tapis rouge. Je savais que ce serait difficile de convaincre l'administration de ne pas me faire faire de la chirurgie générale et utiliser mes compétences de spécialiste. Cela semble logique, mais j'ai dû me battre pour faire accepter tout cela.

Vous avez dû taper sur la table pour faire accepter cette revendication ?

Pratiquement. Mais même si c'est une administration lourde, il y a quand même des gens au ministère qui ont du bon sens et j'ai eu gain de cause.

Pourquoi faut-il se battre au sein du ministère de la Santé pour faire accepter ce qui est l'évidence même : utiliser les compétences d'un spécialiste au lieu de le faire fonctionner comme un généraliste ?

Je crois que c'est un peu lié à la taille du pays. Maurice est un petit pays et par extension un petit marché médical où il faut écraser son concurrent pour exister. Tout nouveau venu est soumis à cette règle. Il y a des querelles de personnalités ou des craintes de voir son pouvoir ou son importance diminuer. Le problème est que ce sont parfois les patients qui paient les pots cassés de cette situation. Il y a eu de la résistance et de la réticence au départ mais elles s'estompent avec le temps.

La résistance a diminué, êtes-vous plus accepté aujourd'hui ?

Oui, mais il faut faire ressortir qu'il y a eu quand même des points positifs dans tout ça. Il y a des gens qui voient que je suis motivé. L'autre jour, un jeune médecin m'a dit que je m'occupais d'un bébé avec tellement de soin que j'agissais comme si je travaillais dans une clinique privée. Je lui ai répondu que quel que soit l'endroit où il exerce, un hôpital public ou une clinique privée, un médecin doit traiter son patient avec la même attention. Ce n'est pas une phrase en l'air ou un slogan, c'est la manière de travailler dans laquelle je crois….

Vous n'êtes pas encore devenu un médecin fonctionnaire qui vient faire ses heures réglementaires…

Je ne l'ai jamais été et je ne le deviendrai jamais !

Qu'est-ce qui vous irrite le plus dans la machine administrative de l'hôpital ?

Les gens qui ne veulent pas changer. Ceux qui me disent d'emblée : c'est pas possible, on ne l'a jamais fait. Je réponds automatiquement : ce n'est pas parce que vous ne l'avez jamais fait que ce n'est pas possible ! Et puis je demande pourquoi ce n'est pas possible d'essayer de trouver une solution. Et après discussion, chose à laquelle tout le monde n'est pas habitué, on découvre qu'une solution au problème est possible.

Sans vouloir casser votre enthousiasme : ne craignez-vous pas de vous retrouver dans cinq ans en train de dire à un petit jeune qui vient tout juste d'intégrer l'hôpital : c'est pas possible on ne l'a jamais fait ?

J'espère que non. Je sais que le poids du système peut finir par peser sur les individus, très compétents professionnellement, et les pousser à faire comme tout le monde. Vous savez, c'est tellement facile d'aller dans le sens du courant. Mais, ma chance, c'est que j'ai été formé ailleurs, dans un autre système, que je suis jeune et que si jamais je me sentais glisser, je partirais. J'ai cette possibilité. Si après cinq ans passés à Maurice je n'ai pas réussi à faire quelque chose, je rentrerai en France.

Qu'est-ce qui manque le plus dans le système hospitalier mauricien selon vous ?

Je dirais un manque de perfectionnisme…

On pourrait dire que c'est une caractéristique mauricienne….

Vous êtes mieux placé que moi pour le dire. Disons qu'en général chacun se contente de ce qu'il doit faire, sans plus. Il ne fait pas ce petit effort supplémentaire qui ne lui est pas demandé mais qui pourrait parfaire le travail. Il me semble qu'on se contente de ce qui est dans son schedule of duties, pas plus. Si tout le monde, chacun à son niveau, donnait ce petit plus, beaucoup de choses pourraient changer positivement dans le service hospitalier. L'accumulation des petits plus peut tout faire changer. Comme le disait avec raison mon ancien patron, la chance c'est une constante attention aux détails. D'ailleurs, je vous dirai que les choses commencent à changer tout doucement dans mon équipe.

Maurice est-elle équipée pour prendre en charge les bébés au niveau de la chirurgie pédiatrique ?

C'est une question que je me suis souvent posée avant de revenir. Je craignais un manque de matériel, mais ce n'est pas le problème majeur qui est celui d'abord et avant tout un problème d'homme. Le problème c'est l'organisation et le facteur humain. C'est un problème de volonté, de vision et de motivation. Mais, cela dit, je m'empresse d'ajouter, avec sincérité, que la santé publique à Maurice est plus efficace qu'on ne le dit. Elle fonctionne bien mieux qu'on ne veut l'admettre. C'est pour cette raison que je pense, après observation de la situation, qu'il vaut mieux ne pas créer tout de suite un service pour enfants, qui va faire moins bien que ce qui est fait actuellement dans ce domaine. Je pense que la création d'un service va améliorer la qualité des soins pour les bébés, mais il ne faut pas d'un service à tout prix, tout de suite.

Y a-t-il beaucoup de petits enfants mauriciens qui doivent avoir recours à la chirurgie pédiatrique ?

En une année à Maurice, j'ai opéré plus de 200 patients bébés et enfants, dont cinquante nouveau-nés. Maurice est dans les normes des statistiques des malformations congénitales, qui sont de 3% des naissances.

Quelles sont les principales causes de ces malformations congénitales ?

Le plus souvent c'est la faute à pas de chance. Il arrive une ou des mutations pendant la grossesse qui font que l'enfant va avoir un problème à la naissance. C'est d'ailleurs ce que je dis souvent aux mamans qui ont tendance à se culpabiliser et c'est universel. J'essaie de leur faire comprendre que cette maladie n'est pas arrivée parce qu'elles ont ou n'ont pas mangé quelque chose pendant la grossesse, mais à une série de facteurs dont elles ne sont pas responsables.

Que dit le père dans ce genre de cas ?

Aussi curieux que cela puisse paraître, le père est souvent fataliste. Il dit que c'est le destin, alors que la mère a tendance à dire que c'est de sa faute. En général, le père accepte la maladie plus facilement que la mère, qui culpabilise et peut délaisser son mari pour son bébé. Et, malheureusement, il arrive que des couples se séparent sur cette question douloureuse pour des parents. En dehors de la faute à pas de chance, les maladies congénitales sont aussi dues à quelques anomalies chromosomiques que l'on pourrait améliorer grâce au diagnostic anténatal. C'est-à-dire découvrir les anomalies avant la naissance. On en est au balbutiement de cette technique à Maurice. La consultation anténatale n'est pas encore une chose courante à Maurice

Mais on fait des échographies à Maurice…

Il faut toutefois bien les faire. Il faut prendre le temps nécessaire pour faire une bonne échographie à la recherche d'anomalies. Ce qui permet de détecter à temps les éventuelles anomalies et de prendre les décisions nécessaires pour réparer les erreurs de la nature.

Tous les bébés souffrant de maladies congénitales doivent-ils être opérés ?

Pas du tout ! Je n'opère pas tous les enfants que l'on m'adresse. Cela fait partie de ma spécialité de déterminer dans quel cas il faut opérer et dans quel cas il faut laisser faire la nature. Il est parfois plus difficile de convaincre les parents de ne pas opérer leur enfant né avec une maladie congénitale et de donner le temps à la nature d'arranger les choses. J'ai également vu, ici et ailleurs, des enfants opérés pour des anomalies qui auraient régressé avec le temps. Certains parents disaient que je n'opérais pas assez rapidement leurs enfants, alors que moi je savais qu'il fallait laisser au temps faire son travail et la nature réparer ses erreurs. Selon une tradition bien mauricienne, que j'ai découvert à cette occasion, ces parents sont allés se plaindre au directeur de l'hôpital. Ils croyaient qu'en mettant un peu de pression ils allaient faire avancer les choses alors que, moi, j'avais des raisons pour ne pas opérer tout de suite. Au départ, cela m'énervait un peu, puis on a fini par dialoguer et nous nous sommes compris.

Finalement, que manque-t-il pour que l'on puisse procurer aux enfants souffrant de maladies congénitales les soins auxquels ils ont droit ?

Une bonne organisation, une unité de lieu avec un personnel médical - pédiatres, anesthésistes, infirmières - qui ne fait que ça avec le matériel adéquat. Il ne faut pas que le petit ciseau qui sert pour une opération sur un bébé soit par la suite utilisé pour couper un tendon d'adulte dans une autre opération, par exemple. Ce sont les petits moins qu'il faut changer en plus dont nous parlions tout à l'heure. Permettez-moi de souligner que les jeunes médecins et le personnel soignant du NICU de Candos sont extrêmement motivés et c'est grâce à eux que beaucoup de bébés ont été soignés et bien soignés. Ils font un travail remarquable avant, pendant et après une opération et il faut leur rendre hommage.

Autrement dit, il faut traiter le bébé souffrant de maladie congénitale comme un patient à part entière pour améliorer la qualité des soins auxquels il a droit…

Exactement. Parce que, et c'est la première chose qu'on apprend en pédiatrie : l'enfant n'est pas un petit adulte, n'est pas un adulte en miniature. Il est différent dans ses besoins et dans ses pathologies. Il faut le traiter comme il est, en respectant ses spécificités.

Dernière question : c'était un sacrifice de revenir à Maurice pour vous au niveau de la reconnaissance, des salaires ?

J'étais assistant chef de clinique en France, mais ce que je fais à Maurice, dans d'autres conditions, certes, me donne l'occasion de pratiquer mon métier comme je ne pourrais jamais le faire ailleurs. C'est inestimable !


Hôtellerie

Sanjiv Ramdanee: "Le Maradiva est un produit unique à Maurice"

Le Maradiva, anciennement Taj Exotica, vient de lancer une promotion comme hôtel haut de gamme. Son Executive Manager nous en donne les raisons.

Sanjiv Ramdanee, vous êtes le Chief Executive de Mauriplage Ltee, compagnie propriétaire de l'ancien Taj Exotica. Vous avez mis fin au contrat de gérance de cette hôtel par le prestigieux groupe indien Taj. Estimiez-vous que le Taj n'était pas suffisamment bon pour votre hôtel ?

Disons que c'est une décision qui a été prise entre le groupe Taj et Mauriplace à l'amiable…

On ne prend pas une décision stratégique de cette importance, à l'amiable ou pas, sans raison. Vous n'étiez pas satisfait de la gestion du groupe Taj ?

Je ne dirais pas que nous n'étions pas satisfaits. Mauriplage avait une vision de l'approche du management et du marketing différente de celle du Taj. Je vous le répète : nous nous sommes séparés à l'amiable et nous avons repris l'hôtel le premier mars de l'année dernière.

Avez-vous des partenaires pour la gestion de ce "nouvel" hôtel ?

Non, Mauriplage est un groupe familial. Il nous fallait quelqu'un qui puisse assurer l'opération de l'hôtel à un top niveau. Nous avons recruté Francis Longuege qui a été numéro deux du Crillon à Paris, directeur de l'hôtel de Paris à Monaco pendant sept ans et a fait trois ans à la Palmeraie de Marrakech.

Pourquoi avoir choisi comme nouveau nom le Maradiva ?

Il fallait un nouveau nom pour faire redémarrer l'hôtel. Nous avons pris contact avec une firme anglo-américaine spécialisée dans le branding. Elle a travaillé sur le nouveau concept et nous sommes tombés d'accord sur le nom. Notre stratégie est de consolider notre présence sur les principaux marchés touristiques haut de gamme qui sont essentiellement européens : La France, l'Angleterre, l'Allemagne, ensuite la Russie et le Moyen-Orient…

…pas le marché indien ?

Pour le moment, Maurice n'est pas perçu comme une destination haut de gamme en Inde. Donc, notre politique est de consolider notre présence dans les marchés européens haut de gamme.

Du coup, le Maradiva a pour concurrents directs à Maurice le Royal Palm, le Touessrok entre autres. Vous ne manquez pas d'ambition, en tout cas !

Nous sommes dans le créneau cinq étoiles plus, comme les hôtels que vous venez de mentionner qui sont excellents et ont une bonne réputation. Mais nous sommes différents et en fait il n'y a pas de produit similaire au Maradiva à Maurice.

Ah bon ! Quelle est la spécificité du Maradiva ?

Nous n'avons que 65 chambres disséminées sur un terrain de 27 arpents, ce qui nous donne la possibilité de personnaliser chacune de nos chambres et, partant, le séjour de chacun de nos invités. Nous sommes un produit unique à Maurice en termes d'espace.

Avec le Taj, Exotica vous étiez, géographiquement, du côté de Bollywood, votre nouvelle stratégie vous emmène aujourd'hui du côté de Hollywood. On a vous a beaucoup vu en photo à côté des vedettes de l'écran américainn ces jours-ci. S'il est facile pour un directeur d'hôtel de se faire photographier lors d'une manifestation à côté de vedettes, il est beaucoup plus difficile de faire venir ces mêmes vedettes à Maurice. Etes-vous en train de réussir ce nouveau positionnement ?

Je ne suis pas sûr que ce soit facile pour n'importe quel directeur d'hôtel de se faire inviter aux Golden Globes Awards. C'est vrai que faire venir ces vedettes à Maurice n'est pas facile mais nous sommes en train de travailler sur ce dossier.

La clientèle que vous ciblez tient beaucoup à préserver son intimité. La campagne de promotion que vous avez lancée ne risque-t-elle pas de jouer contre cet objectif ?

Pas vraiment. Une de nos priorités est de préserver l'intimité de nos clients. Nous avons déjà eu des vedettes invitées chez nous dans la plus totale discrétion. C'est également une différence entre nous et certains établissements mauriciens qui font la promotion à travers leurs clients. Ce que nous voulons assurer, c'est le bouche à oreille qui est la meilleure publicité au sein de cette communauté de célébrités que nous visons.

Mais si vous visez cette "communauté de célébrités" pourquoi l'actuelle campagne de promotion de Maradiva dans la presse mauricienne ?

C'est juste un positionnement pour expliquer les objectifs de notre hôtel aux Mauriciens. C'est juste une information qu'il nous semble utile de faire connaître, sans plus.

Comment le Chief Executive du cinq étoiles plus que vous êtes a pris le reportage de la chaîne de télévision française M6 sur le produit touristique mauricien qui brade ses prix ?

Nous continuons à faire la promotion de notre produit dans le marché haut de gamme. Mais c'est vrai qu'on nous parle de certains opérateurs qui bradent les prix à tort ou à raison, ce n'est pas le problème. Mais c'est vrai aussi que l'on peut voir dans Paris des affiches publicitaires vendant Maurice pour moins de mille euros par semaine tout compris. Mais ceci dit, la clientèle de Maradiva n'est pas concernée par ce genre de promotion, ce qui n'empêche pas que ce genre d'affiche et de campagne nuit a l'image de la destination.



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