m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010



  Incubateur d'artisanat - Revaloriser le secteur de l'artisanat
  Tulsi Ittoo-Sumboo - Taillée pour la réussite
  Concerts pédagogiques - Amener les enfants vers la musique
  L'humour en chanson - Le grain de folie de Mamie Kloune
  ARTS PLASTIQUES - Palmesh Cuttaree: Une version picturale des masques
  Théâtre - Bernadette S. de Lourdes
  Plus de deux siècles de cela... - Louis Bouton et les vertus des plantes médicinales de l'île Maurice
  Santé - Cheveux: Donner un coup de fouet à sa chevelure
  Un tour en France?


Incubateur d'artisanat

Revaloriser le secteur de l'artisanat

C'est avec le soutien financier du Programme de coopération décentralisée (DCP) de la Commission européenne qu'un incubateur d'artisanat de l'Ouest, à Pierrefonds, a été mis sur pied par la Fondation Médine Horizons (Médine) et la Fondation Espoir et Développement (Beachcomber). L'objectif étant d'encourager l'entreprenariat et d'aider à l'éradication de la pauvreté dans la région de l'ouest.

À l'atelier d'artisanat de Pierrefonds (village situé entre Beaux-Songes et Palma), les artisans viennent parfaire ou apprendre les techniques dans les métiers de l'artisanat. Ce projet d'intégration sociale, financé par la Commission européenne, vise à revaloriser le secteur de l'artisanat et à encourager l'entreprenariat chez les artisans de la côte ouest (de Petite-Rivière à Baie-du-cap) en mettant à leur disposition des méthodes innovantes pour une production semi-industrielle de qualité.

Inauguré vendredi dernier, l'atelier de Pierrefonds, qui accueille toutes les techniques d'artisanat confondus, a démarré en mars 2009 et a organisé des cycles de formation au bénéfice des artisans. Ces derniers ont appris à réaliser artisanalement des sculptures et d'autres objets fabriqués à partir du noix de coco, la poterie, le textile (décoration d'intérieur et confection de vêtements). Ils ont ainsi pu développer leur capacité à créer des produits de qualité et atteindre un standard hôtelier. Cette formation, qui dure 4 mois, propose des ateliers de formation à des artistes et artisans en devenir dans différentes disciplines une à deux fois par semaine. Plusieurs matériels et matières premières sont mis gratuitement à la disposition des artisans: machines industriels pour le coco, four à céramique pour la poterie, stock d'argile, des moules, des tours à bois pour le coco. Les ateliers sont répartis en trois salles. Depuis juin 2009, 50 femmes et 2 hommes ont reçu des formations à Pierrefonds et ont aussi acquis des bases de marketing et de gestion de micro entreprises.

La formation, qui s'articule autour de trois ateliers, est dispensée par trois enseignants: Gérard Fournier, (formation de coco), Ashveena Gajeelee de la School of Fashion and Design and Garment making (en décoration d'intérieur), Marie-Thérèse Utile (couture, confection de vêtements) et Elodie Lagesse (poterie). "Ce qui manquait à la plupart des artisans, c'était la technique", dit Elodie Lagesse de la Fondation Médine Horizons. Elle est elle-même artisane et coordinatrice du projet qui coordonne les formations et le travail sur les commandes. "À Maurice, les artisans connaissent beaucoup de contraintes dont les difficultés de commercialisation". Certains artisans recourent aux foires organisées par le ministère du Tourisme pour écouler leurs produits.

L'objectif de la mise en place de cet incubateur est d'aider les artisans mauriciens à se professionnaliser, pour faire commerce avec les hôtels, les Integrated Resort Schemes (IRS) et les boutiques, en leur fournissant des produits de qualité. Ainsi, dans peu de temps, tout produit de qualité deviendra réalisable sur commande. "La formation terminée, l'atelier passe à l'étape des commandes dans les hôtels", dit Elodie Lagesse.

Le financement du Programme de coopération décentralisée (DCP) de la Commission européenne a couvert les frais de formation, d'équipements utiles aux différents ateliers et des dépenses courantes.

Par ailleurs, un second incubateur est en cours de création à La Gaulette et accueillera une partie des artisans de l'atelier de Pierrefonds pour proposer uniquement des cours en poterie et textile. Quant à l'incubateur de Pierrefonds qui accueille les artisans de Petite-Rivière, Chebel, Canot, Flic-en-Flac, il poursuivra ses formations en sculpture de coco et textile.


Tulsi Ittoo-Sumboo

Taillée pour la réussite

Ceux qui la connaissent savent son humilité, ceux qui travaillent avec elle admirent son talent. Bardée de diplômes, la styliste en beauté, Tulsi Ittoo-Sumboo a eu un parcours qui surprend plus d'un. Maquilleuse de scène, esthéticienne-cosméticienne, auteur d'un ouvrage en maquillage, elle a plusieurs cordes à son arc.

Tulsi Ittoo-Sumboo est une femme débordante d'énergie. Le dynamisme, la disponibilité, une personnalité attachante, caractérisent cette femme qui s'est bâtie, au fil du temps, une solide réputation.

Artiste polyvalente, celle qui dirige depuis 1983 le salon Beauty Spot à Quatre-Bornes est constamment à la recherche de nouveaux défis créatifs. Dernière corde à son arc : le Garra Rufa ou fish manicure and pedicure. Le Garra Rufa est un petit poisson d'eau douce de la Turquie, aux multiples vertus. L'une de ses principales qualités est de gommer parfaitement la peau des cortex de vieillissement. Le "poisson docteur" ne possède pas de dent et se nourrit exclusivement des peaux mortes par un effet de délicate succion.

Ayant ce désir d'être à l'affût des tendances et nouveautés en matière d'esthétique ou de cosmétique, la styliste en beauté se rend régulièrement aux foires internationales. D'ailleurs, vendredi, elle a pris l'avion pour visiter un salon de cosmétique qui se tient à Hong-Kong. En mai prochain, l'artiste aux multiples facettes se rendra en Malaisie où se déroulera une Spa Exhibition.

Depuis son enfance, le monde artistique exerce une forte attraction sur Tulsi Ittoo-Sumboo. Destinée d'abord à une carrière dans la médecine, elle change de direction et opte pour des études en botanique à l'Université de Bombay. Son ambition de devenir maquilleuse, esthéticienne-cosméticienne lui fait suivre des formations en la matière. Tulsi Ittoo-Sumboo collectionne des diplômes des pays d'Europe, de l'Asie et de l'Afrique. Titulaire d'un diplôme de styliste en beauté de l'Institut Jean-Pierre Fleurimon (Paris), elle continue de parfaire ses connaissances. Ainsi, a-t-elle complété avec succès des cours en micro-dermabraison, spa therapy, laser dépigmentaire, bougies pour oreille, art des ongles, réparation des lobes d'oreilles déchirés, aromathérapie, science des cosmétiques, électrolyse et thermolyse, conseillère de beauté pour divers produits Vichy, traitements et soins à base de plantes, reiki, yoga laughter, entre autres. Curieuse de chaque nouveauté, elle a visité des salons de soins du visage, du corps, de la coiffure en Europe, Asie et Australie. De nombreuses personnalités, hommes politiques et acteurs bollywoodiens ont passé sous son pinceau.

Actuellement, celle qui s'est taillée une place enviable dans le monde artistique prépare une compilation sur des conseils en maquillage et soins et rédige un livre sur la cosmétologie naturelle.


Maquillage: Comment maquiller une peau acnéique

Avoir une peau lisse sans imperfection, c'est possible. Les maquillages couvrants et correcteurs sont souvent l'ultime recours pour ne pas complexer sur ses petites imperfections. Diksha s'est prêtée à une démonstration réalisée par Tulsi Ittoo-Sumboo.

Les conseils de la styliste en beauté: La peau doit être préalablement nettoyée avant d'en venir au maquillage. D'abord enlever les impuretés et l'excès de sébum avec un gel lavant, faire des gommages pour affiner le grain de peau et éliminer les cellules mortes qui bouchent les pores. Utiliser un patch pour enlever les points noirs sur le nez. Appliquer un "primer" - un sérum qui lisse la peau et qui empêche le maquillage de couler ou alors préparer un masque facial naturel: un oeuf battu en neige avec lequel on ajoute 2 gouttes de citron vert. Appliquer avec un pinceau en évitant le contour des yeux et des lèvres. Rincer à l'eau tiède.

Appliquer ensuite un masque à base d'aspirine(anti-inflammatoire) pour assécher les boutons (l'aspirine est écrasé et est ajouté au gel d'aloe vera ou au miel). Laisser poser 15 à 20 min puis rincer à l'eau tiède. Appliquer une crème hydratante avec un indice protection solaire.


Le maquillage

1ère étape : stick ou baton correcteur

Appliquez un correcteur de teinte jaune sur les imperfections et cicatrices. Tapoter sous les yeux. La technique de "buffing" (avec un pinceau en mouvements circulaires) aide à unifier le teint.

2ème étape : fond de teint en stick

Utilisez une éponge japonaise que vous mouillez et essorez avant de tapoter sous les yeux

Appliquez le stick en crème. Pour enlever les excès, enveloppez l'éponge dans une serviette hygiénique et tapotez.

3ème étape : poudre libre translucide

La poudre permet de fixer le teint et de garder le plus longtemps possible le maquillage.

4ème étape: blush

Appliquez le blush sur les pommettes en remontant vers le haut

5ème étape: les yeux (l'accent doit être mis soit sur les yeux ou sur les lèvres pour dévier l'attention sur les boutons ou autres imperfections)

D'abord crayonnez les sourcils pour donner du caractère. Pour les coins externes des paupières, optez pour les couleurs foncées et pâles pour les coins internes. Estompez. Pour l'arcade sourcilière, choisissez le blanc nacré ou argent. Appliquez le mascara puis l'eye-liner et tirez les cils avec un courbe-cils

6ème étape: les lèvres

Si vous accentuez le maquillage sur les yeux, optez pour un gloss transparent pour les lèvres


À retenir

En triturant les boutons, on forme de plus grosses inflammations tout en augmentant le risque de cicatrice. Préférez un masque à base d'aspirine qui se chargera de les assécher.

Choisissez des produits spécifiques peaux grasses et testés non comédogènes


Concerts pédagogiques

Amener les enfants vers la musique

S'ils aiment les jeux, les contes qui les rassemblent, les jeunes enfants ont une grande disponibilité pour rencontrer d'autres sons, d'autres rythmes. Les élèves des écoles Clavis et Le Bocage l'ont démontré lors d'une matinée scolaire mercredi où ils ont été initiés aux instruments à cordes par le chef d'orchestre australien Brad Cohen et l'orchestre français Prométhée dirigé par Pierre-Michel Durand. Des concerts pédagogiques organisés par la Fondation Spectacles et Culture qui ont privilégié l'écoute chez l'enfant.

La Fondation Spectacles et Cultures est sur tous les fronts de la diffusion musicale. Cette saison, il fait vivre un répertoire passionnant et propose de marquer l'année Schumann en trois temps : un grand concert, une bourse d'étude et des concerts pédagogiques. Ces concerts construisent un lien solide entre les artistes, musiciens et leurs publics. Un autre aspect de la Fondation : les interventions auprès des enfants.

Comment présenter les activités proposées aux enfants ? Brad Cohen a élaboré des projets musicaux autour d'une thématique en direction des jeunes publics. Ils s'adressent aux élèves des écoles primaires. Dans tous les cas, le contenu artistique est à l'initiative du compositeur. Il fait alterner cris et silence, demande aux enfants toute leur attention pour écouter le son acoustique des instruments à cordes. "We need to come to them", dit-il. La proximité entre les musiciens de l'orchestre Prométhée et les enfants - dans l'Auditorium de l'Institut Mahatma Gandhi - entraîne tout naturellement une participation physique : exploration des instruments, extériorisation des émotions par les rires, les cris. L'énergie musicale est très vite traduite en énergie corporelle.

Pour cette initiation à la musique classique et à la direction d'orchestre, Brad Cohen a fait jouer A Little Night Music de Mozart et des extraits de la Méditation du compositeur fançais Jules Massenet. Outre l'initiation aux oeuvres et aux techniques musicales, Brad Cohen a voulu privilégier l'écoute et demandé aux enfant "d'aller vers la musique". "Si vous accordez aux musiciens toute l'attention qu'il faut, vous leur permettez de s'épanouir", a-t-il ajouté.

L'essentiel des ces concerts pédagogiques est une progression dans la découverte des sonorités, des couleurs musicales, des émotions qui conduit au final à permettre aux enfants d'articuler leurs sensations.


Orchestre Prométhée : sous le signe de la jeunesse et du talent

Présenté comme orchestre tremplin pour les musiciens, révélateur de talents, l'Orchestre Prométhée s'inscrit dans une dynamique professionnelle. Il se produit aux côtés des plus grands interprètes (l'ensemble des solistes et la formation symphonique). Dans la recherche d'une véritable culture d'orchestre et de partage avec un vaste public, Prométhée fait escale à Maurice. C'est le jeune chef talentueux Pierre-Michel Durand, qui a récu des prix prestigieux et a été assistant à l'Opéra de Paris, qui a fondé l'Orchestre Prométhée en 2004. Il dirige une formation reconnue pour le talent, la passion et l'engagement des jeunes musiciens. Son intervention auprès des enfants a été des plus remarquables.


L'humour en chanson

Le grain de folie de Mamie Kloune

Après Badia - chanson qui se passe de présentation - Mo pé vinn folle, sera le prochain titre phare du nouvel album de Mamie Kloune. Elle y planche pour livrer un quatrième album de reprises en version kreol. Quant à Badia, ce succès de Mamie Kloune, sorti fin 2009, a conquis surtout les plus petits. Depuis le cercle de fans de la mamie s'est agrandi. Le reprise en version kreol d'un hit bollywoodien a fonctionné à merveille. L'histoire de la chanson Badia a été inspiré d'un fait. "Ce jour-là, j'avais approché un marchand de badia qui vendait ses gâteaux pas très loin de ma maison. Pendant qu'il me servait, je me suis mis à lui chanter "donne mwa 5 roupies badia" sur l'air d'une chanson de Bollywood et qui marchait fort. L'idée m'est venue de développer la chanson", raconte Mamie Kloune. Même si Badia cartonne toujours pour cette dernière, l'artiste n'hésite pas à confier son amertume concernant la vente de son dernier album qui comprend ce titre phare. Mamie Kloune est profondément "convaincue que plus de 1000 copies ont été écoulées par la maison de production Harbour Music!" Et pour se mêttre à l'abri de risque d'abus, Mamie Kloune a décidé de lancer son propre label. Avec deux partenaires, Linda Senassen et Jean-Mée Sandian, la mamie a créé le label Liromé Production, laquelle produira son quatrième album. "Je reprendrais des titres connus, comme Lambada, que j'interprèterais en kreol." La sortie de cet album est prévu pour mai prochain. Et en attendant que ce projet musical se concrétise, les fans de Mamie Kloune ne manqueront pas de se plonger dans ses 100 Pensées, son premier livre, sorti hier.


Mamie Kloune entourée de ses premiers fans, les enfants

Badia

(Int: Mamie kloune)

Koster manger, guetter la main briler, ala li la so so

badia mo larguer, ki oulé ti badia gro badia, manger mama

Donne mwa 5 roupies badia

Donne mwa 5 roupies badia

5 roupies Badia

Donne mwa 5 roupies badia

Mette so sa sa, mette so sa sa, mette so sa sa satini

(3X)

Mwa mo ti ale dan Port Louis, mone finn joine Jovani

li ti pe mange roti ek so madame ki appel Cindy.

Ti ena Dadie, ti ena mawsie, ti ena Chachi, ti ena Didie

Zotte tou finn reuni en famille

Donne mwa 5 roupies badia, (badia)

Donne mwa 5 roupies badia (donne mwa lotte la)

5 roupies badia (badia)

Donne mwa 5 roupies badia

Mette so sa sa, mette so sa sa, mette so sa sa satini

(3X)

Donne mwa 5 roupies badia,

Donne mwa 5 roupies badia

5 roupies badia

Donne mwa 5 roupies badia,

Mette so sa sa, mette so sa sa, mette so sa sa satini

(3X)

Sweety ki pe rode briani, Marie Claire ti pe envie mange mine bouilli.

So piti dir macaroni, pou lé cou bel bel dibruit

Ti ena Dadie, ti ena mawsie, ti ena Chachi, ti ena Didie

Zotte tou finn reuni en famille

Donne mwa 5 roupies badia, (badia)

Donne mwa 5 roupies badia (donne mwa lotte la)

5 roupies badia (badia)

Donne mwa 5 roupies badia,

Mette so sa sa, mette so sa sa, mette so sa sa satini

(3X)

(Aller guetter guetter guet mo la malle couma rempli mama prend,

ki ouler 2roupies, 5 roupies, tou modele ena papa,

satini rouge satini vert)

Mette so sa sa, mette so sa sa, mette so sa sa satini

(3X)

Partout dan quatre coin la rue va trouve marchand dhall pourri

Ici ti pe vand ti pourri, lotte coter ti pe vand channa pourri

Ti ena mamie, ti ena papi, ti ena piti, ti ena Charlie, ti ena Chungli

Mo dir tou viniiiiiiii

Donne mwa 5 roupies badia, (badia)

Donne mwa 5 roupies Badia (donne mwa lotte la)

5 roupies badia (badia)

Donne mwa 5 roupies badia,

Aller papi, aller mamie, aller dadie, aller mawsie, aller didi

Ala, la finn fini


Ne parlons pas de… Mamie Kloune

Romenço Juste, en matière de couleur êtes vous blanc ou noir?

Je suis plutôt noir. Je m'habille souvent en noir. Je trouve que c'est une couleur sexy. Même quand je suis invité à un mariage, je suis en veste, t-shirt et pantalon noirs.

En quoi est composé votre petit-déjeuner?

Di pen, diber, banann… Il m'arrive aussi de manger de la confiture, mais c'est très rare. Sinon, je prends du thé au lait. Mais pas de café. C'est surtout en week-end que j'ai l'occasion de prendre mon petit-déjeuner en famille.

Il y a-t-il une partie de votre corps que vous préférez?

(Il réfléchit, puis éclate de rire) Mo kontan tou.

Oops! La question qui devrait suivre tombe à l'eau! Elle concernait la partie de votre corps que vous n'appréciez pas.

Eh bien, il n'y en a aucune puisque j'aime tout en moi!

Vous est-il arrivé récemment d'écouter quelqu'un qui pense que vous êtes attentif à ce qu'il vous raconte, mais qu'au final, il ne s'est pas rendu compte que vous n'avez rien capté de ce qu'il a débité?

Ça arrive souvent! De manière générale, je croise des personnes qui passent beaucoup de temps à parler d'elles-mêmes. C'est un véritable cauchemar pour moi de les écouter. Elles sont tellement dans leur rôle d'égocentriques. Ça m'énerve. En plus, elles ne se rendent même pas compte que je n'ai pas compris leur discours!

Avez vous un chat?

Non! J'aime les chats quand ils sont petits. Ils sont tout mignons. Zot kokas. Mais quand ils grandissent et qu'ils vieillissent, je n'aime pas cette transformation. A la maison, il n'y a que mes filles qui aiment les chats. Mais nous n'en avons pas. En revanche, nous avons des poissons.

Quand avez-vous mangé des gâteaux piments pour la dernière fois?

C'était lundi dernier. J'étais à Quatre-Bornes et j'en avais acheté dix. De nos jours, les gâteaux piments sont petits, pas comme autrefois. On peut facilement en manger dix. Mais le gâteau "frire" que je préfère est le gâteau arouille.

Quand et à qui avez vous dit "je t'aime", la dernière fois?

Il y a quelques jours, j'avais reçu un message provenant du portable de ma femme. En fait, c'est ma fille aînée, Megane, qui m'avait écrit: "Je t'aime papa". Je lui ai répondu que je l'aimais aussi.


News

Albums: A nou santt Cassiya

Lin, Didier Clarel, Edouard Doyal, Clarel Armelle, Bruno Mooken, Nas-T Black et Renel Trapu seront réunis sur un CD, dont la sortie est annoncée pour le 20 mars. Cet album, comme son titre l'indique, comprend des morceaux de Cassiya qui seront réinterprétés par la palette d'artistes cités plus haut. A nou santt Cassiya portera le label de Geda Music. Et les titres qui y figureront sont entre autres, Le Morne (Lin), Debarkader (Renel Trapu), Profiter (Bruno Mooken).

Déjà dans les bacs: Simin Volcan, Marcelino Chaton

Installé depuis un an à la Réunion, Marcelino Chaton propose son dernier né, Simin Volcan (Zot Sa Music Production), sorti en fin de semaine. Le titre éponyme est d'ailleurs le seul inédit de cet album qui regroupe 8 chansons dont un pot-pourri. Simin Volcan, que le chanteur présente comme un séga festif, n'est autre qu'un clin d'oeil à la région où il vit avec son épouse d'origine réunionnaise. Bonzour Madame, Marinette, A nou ale lamer, Coq licou touni(sortie en 1980) sont là, la sélection du chanteur de 53 ans.

Concert solidarité le 10 avril à Goodlands: Des artistes se mobilisent pour Sarah-Jane Thomas

De nombreux artistes se mobilisent actuellement pour venir en aide à Sarah-Jane Thomas, mère de famille de 27 ans qui a besoin d'une transplantation des poumons. Alitée, la jeune femme ne peut respirer sans oxygène artificielle. Son opération s'avère vitale. Les proches de Sarah-Jane Thomas doivent trouver plus de Rs 2M pour lui permettre de se rendre très bientôt à l'étranger pour son intervention. Blakkayo, Gérard Louis, Trioco, Sandra Mayotte, Natty Jah, Monaster, Berty Fleury, System R, Steve Augustin, Nas T Black… donnent rendez-vous au public, le 10 avril au stade de Goodlands à partir de 19 heures pour un grand concert. Les billets, à Rs 100 l'unité, sont en vente chez Neptune (Port-Louis), les magasins Solid Gold et Otentik Paradize Burning. Des billets seront aussi en vente, sur place, le jour du concert. L'argent recueilli contribuera à financer les soins dont nécessite Sarah-Jane Thomas. Des dons peuvent être versés sur les comptes suivants: MCB, 09 2665993 et SBM, 01736200012732.


ARTS PLASTIQUES

Palmesh Cuttaree: Une version picturale des masques

En 2008, Palmesh Cuttaree avait dévoilé son arbre à masques (African Tulip tree) dont les fruits et l'écorce lui avaient ouvert la voie d'une nouvelle inventivité plastique. Masque Fantasme tropical, Masque Maha Kali, Masque d'une mariée hindoue, autant de figures traduites dans un style très personnel. L'artiste est aussi concepteur du musée des masques au Domaine Les Pailles. Depuis sa dernière série de masques, les formes se sont renouvelées et prennent en compte le lien directe entre notre identité culturelle et la fonction symbolique du masque. L'art de Palmesh est un langage construit avec l'alphabet de nos différentes cultures. Naissent des formes et des styles élaborés à partir de la résine. On a pu voir à la Galerie Malcolm de Chazal, à Curepipe, un éventail de compositions originales : Tropical Phantasm, Siddharta Buddha, Maha Shiva, Muruga Cavadee, Sea Nymph. C'est tout un ensemble d'une version picturale des masques et des thèmes inspirés de la culture locale et des rites traditionnels. Le profane et le sacré se côtoient. Les références au sacré, Palmesh nous dit que c'est tout ce qu'il a vécu dans son enfance. Il y a eu au départ un événement déterminant : une enfance marquée par le graphisme puissant des divinités hindoues. Le spirituel est là affirmant la puissance du lien entre le masque et la vie profane. Le côté narratif et symbolique des oeuvres que le public pourra retrouver au musée des masques : des symboles et des images qui touchent au monde local en le symbolisant. Le masque Siddharta Buddha, par exemple, évoque le symbolisme des couleurs. Pour Palmesh Cuttaree, le bleu représente l'infini, les tons orangés et jaunes sont synonymes de sérénité. Les boucles d'oreille rappellent les bijoux des grand-mères (Amaye). Le geste artistique (sculpter, assembler) est une action sur la société dans laquelle il vit.

Au-delà du sacré, le masque contribue à la valorisation d'un art local. Palmesh travaille à partir de divers matériaux : écorces d'arbre, pierres fines, de la résine et autres cordelettes utilisées à des fins picturales.

Palmesh Cuttaree a fait preuve de beaucoup d'inventivité dans la fabrication de huit masques et a montré la capacité d'un art qui dépasse ses limites culturelles pour voir plus loin.


Théâtre

Bernadette S. de Lourdes

Après une longue absence de la scène théâtrale, Tico Soupaya fait son retour en assurant la direction de 45 comédiens. L'Association "Les Amis de la Scène" présentera Il était une fois ... Bernadette S. de Lourdes en soirée de gala le 20 mars 2010 au Théâtre Serge Constantin, Vacoas.

Fondée par Tico Soupaya il y une quinzaine d'années autour des amoureux du théâtre, la troupe " Les Amis de la Scène " en est à sa douzième réalisation théâtrale majeure à l'Ile Maurice. Tico Soupaya sera confronté à un immense défi : celui de diriger 45 comédiens dans 57 rôles différents ainsi que 12 techniciens. Il signe, en outre, le scénario et l'écriture de la pièce ainsi que la mise en scène et la scénographie.

Grâce au mécénat et au soutien du couple franco-suisse Pigeon-Oeschger, il parvient à poursuivre ses recherches et s'imprégner du lieu sur lequel Bernadette a été témoin de ses apparitions : la grotte de Massabielle à Lourdes. De retour à Maurice, il se met aussitôt à l'écriture du scénario de l'histoire de cette fille qui " l'habite " depuis son enfance. Un véritable travail d'interprétation.

Le spectacle est placé sous l'Egide de la Fondation Spectacles et Culture et l'Atelier Haute Couture Cat Colomba. Outre la soirée de gala, d'autres représentations sont prévues du 21 au 31 mars. Billets et renseignements sur le rézo Otayo : 466 9999


Plus de deux siècles de cela...

Louis Bouton et les vertus des plantes médicinales de l'île Maurice

Des guérisseurs mauriciens savaient que

"l'huile qui ne fait pas rancir en vieillissant" se trouvait dans les gousses de la brède Mouroungue

Louis Bouton, botaniste mauricien du 19ème siècle, publia en décembre 1857, "Les Plantes Médicinales de l`Ile Maurice". Ce livre dévoilait quelques secrets de guérisseurs de l'époque et les vertus des tisanes de grands-mères. Bouton y racontait les difficultés qu'il avait rencontrées, pour arracher les secrets de ces "Medicine Men ", qu'on appelait aussi joliment "dokters sans souliers", pour soigner les maladies dites "incurables". Par exemple, cette feuille mystérieuse qui soulageait contre les piqûres du poisson Laffe ou, encore, l'Ayapana qui avait été volée du Brésil pour être introduite à Maurice et, surtout - et ça va sûrement intéresser beaucoup - "l'huile qui ne fait pas rancir en vieillissant", espèce d'aphrodisiaque, semblerait-il, aussi efficace qu'une certaine petite pilule bleue d'invention récente...

Le livre de Louis Bouton traite de quelques centaines de plantes médicinales qui se trouvent sur notre sol et décrit leurs origines, habitats, les vertus et usages et les remèdes efficaces confirmés par des expériences locales. Il mentionne aussi leurs noms scientifiques, français, anglais et indien.

Parmi les quelque 500 plantes qu'il mentionne, il y a des noms de plantes dont on n'entend plus parler ou presque. Nos aïeux utilisaient comme tisanes ces plantes et forçaient les enfants à en boire, certaines avaient un goûts bien amer. Ils en faisaient des cataplasmes et pommade. Afouche, embrevade, badamier, baobab, batatran, baume du Pérou, baume l'île Plate,bétel, bibasse, bigarade, bois campêche, bois colophane, bois d'oiseau, bois puant, bois tatamaca, bois zozo, brède malabar piquant, caca poule, calli, carambole, chicorée, citronelle, coquelicot, goyave blanche et rouge, herbe bouc, jamblon, jamalac, liane sans fin, lilas de Perse, lilas de l'Inde, manglier, mouroungue, pate de poule, poquepoque, saponaire, técoma, vavangue et verveine.

La liste de Louis Bouton ne fut pas exhaustive et on comprit que son ouvrage n'avait pas été conçu pour les hommes de science mais surtout pour être adressé à monsieur tout le monde. Mais au fil des années, après de multiples expériences dans les laboratoires prestigieux du monde entier, la plupart des extraits de ces plantes médicinales trouvèrent leur place sur les étagères des pharmacies.

Les secrets des guérisseurs

Les guérisseurs avaient le secret des vertus de quelques plantes. Des maladies rebelles au traitement éclairé de nos plus habiles docteurs cédaient comme par enchantement à l'aide de plantes administrées par ces hommes qualifiés de "vulgaires et sans instruction." Gassin, un de ces guérisseurs avait sauvé des malades atteints de diarrhées chroniques et que des médecins avaient condamnés à une mort certaine."

Bouton avait eu du mal à arracher "lambeaux par lambeaux de la bouche des praticiens créoles qui presque tous s'enveloppent d'ombre et de mystère, et dont l'habileté semble consister à ensevelir dans le plus profond secret, les recettes qu'ils possèdent. Quelque peine que nous ayons prise, nous n'avons pu obtenir d'eux une pleine et entière confession. C'était toujours à mots couverts qu'ils s'exprimaient, ou bien au moment de s'ouvrir, ils imposaient des conditions telles qu'à la divulgation de leurs secrets, qu'il fallait, bon gré mal gré, y renoncer. Et au milieu de tout cela perçait un mysticisme curieux ! ", écrit-il

A la sortie du livre, la "Commerciale Gazette "de l'époque confirma les recherches de Bouton en ces termes : "Nous savons tous qu'il existe certaines maladies locales qui sont incurables, ou du moins rebelles aux traitements employés par nos médecins. Les jeunes enfants particulièrement sont sujets à des affections qui laissent peu de chances de guérison lorsqu'on les met entre les mains de praticiens instruits, sans doute, mais ignorant souvent la nature d'un mal qui est tout local. Et que de fois n'avons-nous pas vu de pauvres petites créatures abandonnées de tous, renaître sous la médication d'un vieux créole dont les simples feuilles cueillies dans nos forêts, obtiennent de merveilleux résultats.

Malheureusement, les empiriques qui possèdent ces secrets, à bien peu d'exceptions près, sont plus ou moins fanatiques de leur découverte, y attachent, en quelque sorte, une idée religieuse, et à moins qu'on ne leur donne des sommes extravagantes, refusent de faire connaître les substances qu'ils emploient. Il en est d'autres qui pour tout l'or du monde ne voudraient vendre leur recette, et qui font l'objet d'un culte particulier, ou ne livrent qu'en partie leur secret qu'ils ont découvert ou qu'ils ont acquis par transmission."

Dialogues avec les guérisseurs

Louis Bouton essaye de faire parler un guérisseur qui possède un remède infaillible contre l'asthme. Qui le lui a fait connaître ce remède ?

"C'est Dieu", répond-il, "qui m'a inspiré". "J'étais moi-même atteint de ce mal terrible et, dans un moment de désespoir, j'allais en finir avec ma douloureuse existence, quand je fus conduit comme par la main vers une plante qui croissait sous mes pas. Une voix intérieure me dit que c'est elle qui doit calmer mes souffrances, et que j'eusse à la cueillir et à en faire immédiatement usage. Je le fis et je fus guéri. Je découvris plus tard qu'il fallait y ajouter six autres plantes, car il en faut 7 pour guérir l'asthme ; et avant d'administrer le remède, il y a certaines formalités à remplir".

-

Bouton : vous ne pouvez dire quelles sont ces plantes ?

- Non sans doute et je prends cent piastres par chaque personne que je traite.

- Et que vous guérissez ?

- Oui

- Ces plantes sont-elles du pays ?

- Oui

- Et votre remède ?

- Mon remède ? Qu'on me donne cinq mille piastres et je le fais connaître. "

Un autre guérisseur en demande autant pour communiquer la recette infaillible qu'il possède contre l'hydropisie. Un troisième souffrirait mille fois la question plutôt que d'articuler un seul mot; son secret est inviolable et mourra avec lui. Tout ce qu'il peut faire c'est de montrer des fragments de plantes réduites en poudre et impossibles à reconnaître. Ces poudres se composent ordinairement de trois ou de sept plantes différentes.

Une bonne femme, Olivette est son nom, jouissant parmi ses collègues d'une certaine réputation, fut la seule qui ne fit aucun mystère de son savoir. En peu d'instants, elle partagea ses connaissances en thérapeutique et en matière médicale. Il faut dix-sept plantes pour former le remède composé dont elle se sert dans le traitement du Tambave.

Origines, propriétés et usage de quelques plantes médicinales

Dès qu'on parle tisane, c'est l'ayapana qui, à ce jour encore vient en premier sur les lèvres. Deux siècles avant, le capitaine Augustin Baudin débarqua à l'île de France avec une plante d'ayapana qu'il avait volée à Rio de Janeiro, au Brésil.

Selon Louis Bouton, "le capitaine Augustin Baudin - frère de Nicolas Baudin (celui qui commandait une expédition autour du monde, apporta cette plante à Maurice en 1797) se trouvant à Rio de Janeiro et en entendant parler de l'ayapana comme d'une panacée que les Indiens d'Amazonie utilisait pour soigner les blessures provoquées par des flèches empoisonnées et des serpents, fit toutes les démarches possibles pour s'en procurer des boutures mais ne put réussir, même à prix d'argent. Il résolut alors d'enlever pendant la nuit une plante qui se trouvait sur un balcon d'un habitant de cette ville ; ce qui fut fait lestement à l'aide d'un matelot armé d'une perche. Et, le navire ayant mis à la voile à l'instant même, Augustin Baudin s'enfuit avec son trésor.

A peine arrivée à l'Ile de France, où s'était déjà répandue la merveilleuse renommée de l'ayapana, chaque malade se crut sauvé et voulut s'en procurer, et l'on s'adressa de toutes parts au directeur du Jardin de l'Etat, M. Céré, à qui la culture avait été confiée.

Ceux qui furent assez heureux pour pouvoir faire croître la plante en vendirent plus tard les feuilles qui s'achetaient au Bazar à raison de 3 sous pièce. "

Le succès de l'ayapana dura assez longtemps, mais quand s'opéra la réaction, on passa, suite assez ordinaire de l'engagement, d'un extrême à l'autre. Une fois que la plante eût été expérimentée et analysée à Paris, on voulut prouver qu'elle n'était dotée d'aucune propriété énergétique ". Mais on comprend Bouton, car à cette époque, les laboratoires n'étaient pas bien équipés.

L'ayapana n'en a pas moins continué d'occuper un rang éminent parmi nos plantes médicinales. Chacun sait le grand usage que l'on a fait pendant l'épidémie de choléra de 1854, et même sur ordonnance des médecins ".

Le Dr Gouly recommandait, dans le but de ranimer la circulation et de combattre les refroidissements qui survenaient dans cette affreuse maladie, la prescription suivante : 2 onces d'infusion d'ayapana., 1 cuillerée à café de sel de cuisine et 1 cuillerée à café d'eau de vie ou de rhum.

J. Delisse, botaniste et pharmacologue français, qui accompagnait Nicolas Baudin, resta à l'île de France souffrant du scorbut. Pour se faire soigner, il prit de l'infusion des feuilles d'ayapana et mangea même ces feuilles en salade. Il resta dans l'île et épousa une Mauricienne. Il ouvrit la première pharmacie dans l'île qu'il devait perdre dans le grand incendie de 1818.

Pendant un certain temps presque tout le monde devait posséder une plante d'ayapana. On l'utilisait principalement contre les problèmes de digestions comme la colique, le vomissement et la diarrhée, non seulement à Maurice, mais dans beaucoup de pays à travers le monde. Aux Philippines, on place ses feuilles sur son front pour soulager les maux de tête, en cataplasme sur des blessures, on mâche les feuilles amères contre la fièvre. Au Brésil, on se gargarise du jus des feuilles pour soulager les ulcères buccaux. En Argentine pour stimuler la menstruation. Au Trinidad contre la fièvre, pneumonie et la fièvre jaune.

(Ndlr ; La plupart des médicaments de nos jours, proviennent des extraits de plantes médicinales qui ont subi de nombreuses études et des multiples tests pour que soient déterminés les effets curatifs et surtout les effets contraires. C'est pour cela qu'il est strictement conseillé de demander l'avis de son médecin ou l'avis d'un spécialiste avant d'en faire usage contre n'importe quelle maladie. Cet avertissement s'applique aussi bien pour les autres cures mentionnées ci-dessus, comme l'ayapana qui contient de la coumarinne et qui a des propriétés anticoagulantes. Dans les cas d'hémorragies, il n'est pas conseillé d'en faire usage, il faut obligatoirement voir son médecin)

Mouroungue (horse radish tree)

Louis Bouton fut un des premiers à faire état des nombreuses vertus de la brède Mouroungue (aussi dit mouroum) que l'on retrouve encore dans presque toutes les cours de Port- Louis et d'autres endroits chauds de l'île et qui sert parfois de clôture aux cimetières.

D'après Bouton, Mouroungue vient du mot tamoul "Morunghi", " Arbrisseau originaire de l'Inde et d'Arabie, ses jeunes feuilles et ses gousses encore tendres sont fort recherchées des Indiens et des créoles qui en font usage sous forme de brèdes. S'il faut en croire Cossigny, "la décoction des feuilles est laxative et devient purgative si elle est plus concentrée. L'écorce sert à préparer des pilules anti -spasmodiques. Le suc extrait de la racine auquel on ajoute du poivre en poudre est aussi employé par les médecins indiens comme anti-spasmodique. Le suc ajouté en quantité égale à celui du gingembre frais apaise les douleurs de la goutte si on prend à jeun trois ou quatre cuillerées à bouche. "

Toujours d'après les secrets arrachés par Louis Bouton aux guérisseurs, " on sait que les graines de mouroungue donnent l'huile appelée huile de Ben qui a, dit-on, la propriété de ne point rancir en vieillissant ". Certains de nos aïeux nous apprennent que les graines des gousses du mouroungue sont effectives pour prolonger l'activité sexuelle chez les femmes (comme cela aurait été démontré à Agaléga) et chez les hommes elles sont utilisées pour les ennuis de la prostate, de la vessie et pour traiter les dysfonctionnements érectiles. Depuis des siècles, dans certains pays on se sert de cette huile de Ben pour adoucir la peau et comme entrants dans des produits cosmétiques.

Le cresson, un anti-scorbutique

C'est encore Louis Bouton qui révéla que le cresson, plus connu comme un aliment que pour ses propriétés médicinales, est un des meilleurs anti-scorbutiques qui existent.

Les cresson fut introduit à Maurice par un capitaine d'infanterie du nom de M. de Reine, mais, Fusée Aublet, qui séjourna dans l'île de 1753 à 1762 revendiqua également l'honneur de cette introduction. Toujours est-il que, une année après que M. De Reine eut confié quelques graines de la plante au petit père Andée, de la Mission aux Pamplemousses, les rivières et les ruisseaux de l'île de France ont été couverts de cresson...

L'antidote contre le poison de la "laffe" ou poisson - pierre

Tous les baigneurs en mer entretiennent la grande peur de, malencontreusement, marcher sur la "Laffe" ou poisson - pierre, dont les piqûres sont terriblement douloureuses et peuvent même être parfois mortelles. L'antidote d'après Bouton qui dit le détenir de plusieurs Créoles est la feuille de Mapou (C. Mappia Lam). "Vous prenez les feuilles du Mapou que vous pilez et écrasez, et vous y mêlez du sel de cuisine. Vous enveloppez le tout dans une feuille de banane ou de Palma Christi que vous placez sur des cendres chaudes. Vous appliquez ensuite ce mélange sur la blessure ayant soin de bien serrer au-dessus pour empêcher le venin de pénétrer plus loin. Au bout de vingt-quatre heures, vous imbibez le cataplasme avec de l'eau de Cologne, afin de calmer les douleurs qui deviennent beaucoup plus fortes et augmentent au moment où la marée va monter. Vous continuez ainsi jusqu'à guérison", avaient raconté lesdits Créoles à Bouton. Mais, précision utile qu'ils ne manquèrent pas de faire aussi : "il faut, en premier lieu et au plus vite, faire d'abord sucer le venin par un spécialiste..."

Biographie d'un illustre homme

D'après l'historien Auguste Toussaint, Louis Sulpice Bouton naquit à l'île de France le 22 nivôse An VIII (le 12 Janvier 1799), mais sur son épitaphe au cimetière de Pamplemousses, il est écrit 12 Janvier 1800. Fils de Louis Achille Bouton et de Jeanne Celeste Leblanc, dès son jeune âge, il s'est intéressé à l'étude des sciences naturelles, plus particulièrement dans la botanique. En 1820, il possède déjà une forte collection ayant trait à l'histoire naturelle de l'île Maurice

Bouton avec les scientifiques tels que Desjardins, Charles Telfair, Lislet Geoffroy et Bojer fondèrent La Société d'Histoire Naturelle sous le patronage du premier gouverneur anglais Farquhar. Le jour de l'inauguration de cette société, Bouton fit un vibrante exposé sur l'utilité de la botanique pour le développement de la colonie. Après le départ de Desjardins pour La France, il devient secrétaire de la société. Pendant 39 années à ce poste, il contribue très énergiquement au développement de la botanique, de la zoologie et de l'économie forestière du pays.

Il épouse au Port Louis, le 25 novembre 1824, Eliza Le Marchand, fille de Yves Le Marchand, officier de santé, et de Marie Gertrude Planche. En 1838, sous le Gouverneur Sir William Nicolay, Bouton présente un premier mémoire sur le décroissement des forêts à Maurice. Sa sonnette d'alarme de la destruction de nos forêts est entendue et débouche sur la promulgation de l`Ordonnance 30 de 1854 qui rétablit les réserves de rivières et les réserves de montagnes.

En 1845, il signale la présence de bois morts au Piton du Milieu et dans d'autres forêts, à la Savanne et sur le Plateau Central. Ces bois morts amassaient de l'eau stagnante aux pieds des arbres favorisant ainsi la prolifération des moustiques et la malaria qui faisait rage à cette époque. Gleadow, forestier venu de l`Inde, les fait alors enlever et les remplacent par les pins et l'êcalyptus dans les forêts de l'état. Plus tard on devait se rendre compte comment cette substitution devint bénéfique.

En 1876, la Société adopta un rapport de Louis Bouton sur l'intérêt de planter des arbres d'avenue.

Le 24 novembre 1878, presque jour pour jour, 54 ans après son mariage, Louis Bouton meurt à la Rivière des Calebasses aux Pamplemousses. La Société Royale en 1880 érigea une colonne de pierre en reconnaissance de son remarquable et long dévouement. Son nom est aussi gravé sur l'obélisque Liénard au Jardin des Pamplemousses, monument érigé en 1860 pour honorer ceux qui ont contribué à perfectionner l'agriculture de l'ile Maurice.

Le livre "Les plantes médicinales de l'île Maurice" de Bouton a servi d'outil de base à beaucoup de botanistes, pharmacologues, scientifiques et au commun des mortels qui sont passionnés de tisanes et autres décoctions de grands-mères. Malheureusement, on ne retrouve le nom de cet illustre scientifique nulle part sur le fronton d'un édifice public, mais, fort heureusement il reste néanmoins associé à notre emblème florale national, le Trochetia, lequel doit, en fait, s'écrire

"TROCHETIA BOUTONIANA"


Santé

Cheveux: Donner un coup de fouet à sa chevelure

Cheveux gras et raplapla, secs et ultra rêches, ou frisottis super fouillis... (pratiquement) aucune femme n'est épargnée par ce véritable casse-tête du quotidien. Certes, on rêve toutes d'une chevelure de sirène, des boucles soyeuses ou d'un lissage impeccable. Mais quand les petits désagréments du quotidien s'en mêlent, notre chevelure vire rapidement à la paille ou au casque luisant. Comme la peau et les ongles, nos cheveux n'échappent pas aux outrages du temps. La baisse progressive des hormones féminines entraînent chute et sécheresse. Et comme la peau, les cheveux réclament des soins spécifiques. Pas la peine de vous coupez les cheveux en quatre, des solutions existent! Suivez le guide :

Posez un diagnostic

Il faut savoir que pour un résultat à la hauteur des attentes, il faut des soins pertinents. Le manque d'éclat, la sécheresse, tout comme la chute des cheveux, peuvent avoir différentes origines. Le mieux est de savoir à quoi s'en tenir quant à l'état réel de notre chevelure en s'adressant à un salon de coiffure équipé d'un appareil de diagnostic. En général les grandes marques de soins capillaires disposent de moyens de diagnostic très élaborés, mais un dermatologue peut aussi donner un avis pertinent.

Bichonnez votre cuir chevelu

Un cuir chevelu en bonne santé, ce sont des cheveux plus denses, plus épais et plus brillants. Or, plus on approche de la cinquantaine, plus le cuir chevelu devient sec et la fibre capillaire en est, de fait, moins lubrifiée. Ce qui est la raison de l'aspect sec et terne de notre chevelure. La première étape des soins ciblés à mettre en place : des massages avec un produit régénérant en vue de revitaliser le cuir chevelu. Mais selon l'état du cuir chevelu (sec, très sec avec pellicules, gras…), le choix du produit de soin varie. Et cela d'autant plus si l'on souffre d'une chute de cheveux modérée ou importante. D'où l'importance du diagnostic préalable afin de bien choisir son soin.

Soignez vos cheveux de l'intérieur

Pour un cheveu brillant et dense, il faut un apport suffisant en nutriments essentiels. D'où la nécessité de programmer deux fois par an une cure de compléments alimentaires vitaminés, ciblant la masse capillaire et donc riches en Omégas 3 et 6, en zinc, en vitamines C et E).

Après-shampooing obligatoire

Les cheveux doivent être lavés deux à trois fois par semaine avec un shampooing densifiant et nourrissant, riche en dérivés de calcium, en vitamine F et en anti-oxydants. Après le shampooing, passage obligé à l'après-shampooing. Hélas, la majorité des femmes zappent trop souvent cette étape pourtant indispensable pour apporter de l'hydratation aux cheveux malmenés par la pollution mais aussi les coups de brosse, le passage du peigne et le souffle du séchoir sans oublier les techniques de coloration forcément agressives à terme pour la fibre capillaire. Tout comme le sel, le chlore et le soleil. Vous pouvez également appliquer un masque, surtout s'il est enrichi en acide hyaluronique, l'actif anti-âge par excellence qui hydratera le cheveu en profondeur et lui redonnera souplesse et brillance. A appliquer après chaque shampooing et à laisser agir selon les produits (et l'état de sécheresse des cheveux) entre deux à dix minutes avant un rinçage minutieux.

Abusez des soins embellisseurs

En attendant que les soins agissent en profondeur sur la nature des cheveux, il est possible d'utiliser au quotidien des produits trompe-l'œil, tel que les sérums anti-frizz qui lissent les pointes abîmées et leur apportent douceur et brillance. Ou des élixirs à base d'huile d'argan (riche en vitamine E et en acides gras essentiels), d'huile de lin (à la teneur en acides gras insaturés élevée) ou d'huile de Chypre (dont la forte concentration en tocophénol protège les cheveux contre les radicaux libres).


Bon dans l'assiette, bon pour le crâne

Petit abécédaire des aliments qui renforcent nos cheveux grâce à leur richesse en protéines, en vitamines A, B et E, en fer, en zinc et en sélénium.

En plat principal...

Oeuf : le jaune d'œuf est riche en vitamine B8 et contient aussi deux antioxydants, la lutéine et la zéaxanthine, issus de la famille des caroténoïdes (bêta-carotène).

Poisson : contient du zinc, du phosphore, du soufre et du vanadium, ce qui favorise la croissance et la réparation des tissus et également des cheveux.

Jambon : avec le foie de veau et le mouton, c'est l'aliment le plus riche en vitamine B6, notre meilleure alliée pour nous débarrasser des pellicules.

En accompagnement...

Carotte : la vitamine A et le bêta-carotène qu'elle contient permettent de rendre les cheveux plus souples et plus brillants.

Champignons : sur le chapitre de la vitamine B3 (santé de la peau et des cheveux), ils ne craignent personne. Ils sont aussi riches en fer, un nutriment qui permet une oxygénation des racines capillaires, en zinc et sont une des meilleures sources végétales en sélénium.

Haricots : ses apports en acides aminés soufrés, la cystine et la méthionine, sont indispensables pour fabriquer la kératine qui compose à 95% le cheveu.

Epinards : ils ne sont pas de couleur rouge ou orange mais ils sont pourtant très riches, eux aussi, en bêta-carotène.

Fruits secs : riches en magnésium (meilleur anti-stress qui soit), ils aident à nourrir notre chevelure, dont les vaisseaux, avec le stress, ont tendance à se resserrer. Si insuffisamment nourris, nos cheveux meurent plus vite.

Soja : des études ont montré que les protéines du soja renforcent le cheveu et augmentent sa poussée de 15%.

Et en assaisonnement...

Ail : favorise la circulation sanguine. Quand on connaît l'importance d'une bonne irrigation du cuir chevelu dans les traitements anti-chute capillaires, on ne s'en privera pas. De même, les substances soufrées qu'il contient lui confèrent ses vertus antioxydantes, renforcées par un taux non négligeable de sélénium.


Une pro à la maison

Votre salle de bain regorge de soins. Mais êtes-vous sûre d'avoir les produits qui correspondent réellement à votre problème de cheveux? Bien souvent on ne sait pas quel produit est le plus adapté à nos cheveux… Nous avons d'ailleurs très souvent tendance à choisir un produit plus qu'un autre car le parfum nous plaît ou parce que le packaging est plus séduisant! Et pourtant, il est essentiel d'utiliser des produits qui respectent la nature et les besoins spécifiques de nos cheveux…

Pour l'entretien parfait, choisissez d'abord votre shampooing en fonction de la nature et de la condition de vos cheveux : fins, bouclés, gras, secs, ternes etc… et en fonction de l'état de votre cuir chevelu: pelliculaire, normal, sec, sensibilisé…

Pour un shampoing au top : prenez une noisette de shampooing à répartir sur l'ensemble de son cuir chevelu. Massez ensuite délicatement quelques minutes (ne frottez pas énergiquement) puis procédez au rinçage. Renouvelez l'opération une deuxième fois. Si le premier shampoing est lavant, sachez que le deuxième est traitant!

Une fois votre shampooing terminé, pré-séchez légèrement vos cheveux à l'aide d'une serviette puis appliquez une noisette de soin sur les longueurs : évitez le cuir chevelu pour ne pas rendre vos racines grasses. Ensuite, laissez poser quelques minutes puis rincez abondamment. Le choix du soin à appliquer se fait en fonction de votre nature de cheveux bien entendu mais aussi de leur longueur.

Enfin, avant de procéder au séchage, lissage ou bouclage ou encore donner du volume à vos cheveux, appliquez un spray thermo protecteur sur l'ensemble de la chevelure en le répartissant mèche à mèche.

Pour être certaines de ne pas vous tromper dans le choix des produits que vous utilisez sur vos cheveux, rien ne vaut le conseil et l'expertise de votre coiffeur bien entendu. Il saura tout vous dire.


Petit plus

Utilisez des huiles naturelles (beurre de karité, huile de germe de blé, d'olive, de jojoba, de coco, ou d'argan) . Toutes ces huiles sont bonnes pour les cheveux. Elles nourrissent et adoucissent votre chevelure. Utilisez-les chaudes de préférence, cela facilitera la pénétration dans le cheveu. Mélangez-les dans votre shampooing ou après shampooing pour une meilleure efficacité lors du lavage ou du démêlage.


Un tour en France?

Cela vous dit, un petit tour au pays de la Tour Eiffel? Vous réfléchissez… parce qu'il y fait froid et que vous redoutez les procédures administratives! Pour cette destination, il ne sera pas nécessaire de sortir les pulls et documents. Mais vos casseroles et le tablier. Puisqu'il s'agit d'un voyage gustatif. Cette semaine, la France et ses saveurs gastronomiques ne sont pas loin. Précisément au restaurant Villa Garden, à Grand-Baie. Nos deux guides : le propriétaire des lieux, Ghi-Pham-Van et le chef Jean-Michel Sempé nous ont ouvert la porte de la cuisine du restaurant gastronomique, qui accueille ses clients depuis décembre dernier. Et de Villa Garden, Ghi-Pham-Van nous explique que c'est dans un décor zen et chic que les amateurs de la haute cuisine découvriront une carte : élaborée par le chef étoilé Gérald Garcia, qui décline des intitulés raffinés lesquels se délectent avec du vin… français, of course! Après avoir délaissé l'Hexagone pour Grand-Baie, Ghi-Pham-Van a désormais pour ambition de promouvoir la cuisine française sous les tropiques! Et pour vous, nos deux hôtes vous livrent deux recettes simples, faciles à réaliser et remplies de fraîcheur. Bon appétit!



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010