f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010



  Crime crapuleux à Caroline - Tej Kumar Hanzeraz, en liberté sous caution pour meurtre, récidive
  Accident de mer en Espagne - Vague meurtrière contre un navire de croisière sur lequel se trouvaient 67 Mauriciens
  Touristes attaqués à Pereybère - Un ventilateur volé permet d'arrêter trois braqueurs
  En dépit de l'avertissement sans frais du PM - Les agressions contre les policiers continuent
  Commission Justice et Vérité - Allégation d'expropriation illégale de 156 arpents de terre contre un groupe sucrier
  Brèves


Crime crapuleux à Caroline

Tej Kumar Hanzeraz, en liberté sous caution pour meurtre, récidive

Sexe, mensonges et alcool sont les principaux ingrédients du dernier cas d'homicide en date. Il s'agit de Kevin Kumar Ubhee, un jardinier de 24 ans, habitant Ecroignard. Ce dernier a été mortellement agressé dans la soirée de mardi dans le petit village de Caroline. Pourtant marié et père d'un enfant - son épouse en attend un deuxième - Kevin Kumar Ubhee s'était amouraché de Karishma Curpen, 18 ans. Mais cette dernière était également courtisée par Tej Kumar Hanzeraz, un habitant de la même localité que Kevin Kumar Ubhee. Les deux rivaux se connaissaient bien. Tej Kumar Hanzeraz était pourtant en liberté sous caution au moment du délit et attendait d'être jugé pour le meurtre du sergent de police Balkrishna Hamtohul, mortellement écrasé avec une pelleteuse en juin 2009. Quatre des cinq protagonistes de ce meurtre étaient sur les lieux du crime hier matin, pour les besoins d'une reconstitution des faits.

Kevin Kumar Ubhee ne verra pas naître son deuxième enfant, car sa fixation sur Karishma Curpen, 18 ans, lui aura coûté la vie. Il a été tabassé à mort dans la soirée de mardi, à Caroline, par un groupe de quatre personnes, emmené par Tej Kumar Hanzeraz. Selon la teneur de l'enquête policière menée conjointement par les éléments de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et la Criminal Investigation Division (CID) de Bel Air- Rivière Sèche, il ressort que Karishma Curpen, 18 ans, faisait tourner les têtes de beaucoup de garçons de la région, qu'ils soient célibataires ou mariés. Selon la teneur de l'enquête policière, elle entretenait une liaison amoureuse avec Kevin Kumar Ubhee, jardinier de son état à l'hôtel Touessrok. Mais depuis quelques temps, elle s'était mis à voir un autre homme, Tej Kumar Hanzeraz, qui pourtant, était en liberté sous caution pour meurtre.

Ce dernier s'était également amouraché de l'adolescente, et était jaloux à l'extrême. Elle, voulait terminer sa relation avec Kevin Kumar Ubhee, qui était marié de surcroît et allait devenir père pour la dernière fois. Mais Kevin Kumar Ubhee ne voulait rien entendre. C'est alors qu'un complot est ourdi afin de donner au mari infidèle une leçon qui l'obligerait à mettre un terme à sa relation avec la belle adolescente.

Traquenard

Selon la teneur de l'enquête policière, c'est Karishma Curpen elle-même qui devait prendre cette initiative et contacter Tej Kumar Hanzeraz afin qu'il se charge personnellement de la basse besogne. Ce dernier a accepté, trouvant, en la même occasion, l'opportunité de se débarrasser de son principal rival. Décision fut ainsi prise d'attirer Kevin Kumar Ubhee dans un traquenard, sous forme de rendez-vous. Karishma Curpen devait appeler Kevin Kumar Ubhee et l'inviter à la rejoindre, dans la soirée, à Caroline, à un endroit relativement peu habité et bordée par de nombreuses plantations de légûmes.

Lorsque Kevin Kumar Ubhee réceptionne l'appel de Karishma Curpen, il n'a pas la moindre idée qu'il a, en fait, rendez-vous avec la mort. Pensant sans doute que sa maîtresse était revenue à de meilleurs sentiments quant à leur relation, il devait emprunter la mobylette de son frère Sanjiv, une Panther, immatriculée 2042 N. Alors que Kevin Kumar Ubhee se dirige vers le lieu du rendez-vous, Tej Kumar Hanzeraz se trouve dans une boutique de Caroline, en compagnie de son frère âgé de 16 ans, d'un autre adolescent de 17 ans, et de Nitish Kumar Beepin, 21 ans. Tous sont de bons amis. La bière coule à flots.

Kevin Kumar Ubhee arrive au lieu fixé du rendez-vous, à côté d'une plantation de lalos et d'autres légûmes. Mais le supposé rendez-vous galant tourne rapidement au cauchemar, puisque c'est Tej Kumar Hanzeraz et sa bande d'amis qui s'y pointent. Les deux rivaux s'échangent des propos acariâtres, voire vitrioliques, avant d'en venir aux mains. Mais Kevin Kumar Ubhee sera rapidement défait, puisqu'il reçoit plusieurs coups de bouteilles de bières à la tête et au visage, de même qu'une multitude de coups de gourdins.

Dernier soupir

Ses quatre agresseurs devaient quitter rapidement les lieux, à la faveur de l'obscurité, le laissant sur place. C'est le lendemain matin, soit mercredi, qu'un sergent de police découvre Kevin Kumar Ubhee, à même le sol et saignant abondamment de ses multiples blessures. A côté de lui se trouvait la Panther qu'il avait utilisée pour se rendre au rendez-vous, un téléphone cellulaire, un t-shirt déchiré, de même que des documents personnels. Il était alors encore en vie. Mais alors qu'il était conduit à l'hôpital de Flacq, Kevin Kumar Ubhee devait pousser son dernier soupir.

L'autopsie pratiquée par le No. 2 du service médico-légal de la police, le Principal Police Medical Officer (PPMO), le Dr Sudesh Kumar Gungadin, devait attribuer le décès du jardinier à une hémorragie suivant un traumatisme cranien. Selon la teneur de l'examen Post Mortem, il ressort également que sa jambe droite et ses côtes avaient été fracturées, conséquence de la pluie de coups de gourdin et de bouteilles de bières qui s'est abattue sur lui. En vertu des conclusions implacables de l'autopsie, la mort de Kevin Kumar Ubhee ne pouvait être autre qu'un crime crapuleux.

Dès lors, les chefs inspecteurs Gérard et Virginie de la MCIT et de la CID de Bel-Air-Rivière-Sèche, placés sous les supervisions générales du surintendant Yousouf Sooopun, mentor de la MCIT et de Devanand Reekoye, directeur par intérim de la Central Criminal Investigation Division (CCID), se sont mis à reconstituer le puzzle, pièce par pièce, menant aux arrestations de quatre suspects, à savoir Tej Kumar Hanzeraz, des deux mineurs âgés de 16 et de 17 ans, ainsi que de Karishma Curpen. Un cinquième suspect, Nitish Kumar Beepin, 21 ans, fils d'un policier à la retraite, et ex-étudiant du collège Royal de Curepipe, devait se constituer prisonnier vendredi. Il était le seul des cinq suspects à n'avoir pas été conduit sur les lieux du crime hier.

Conspuer

Hier matin, les petits villages d'Ecroignard et Caroline bourdonnaient comme une ruche depuis la mâtinée. Pour cause: la nouvelle s'était répandue comme une traînée de poudre à l'effet que les principaux suspects allaient prendre part à une reconstitution des faits. Celle-ci s'est déroulée sous la supervision du surintendant Yousouf Soopun et du chef-inspecteur Ranjit Jokhoo, en présence d'un important déploiement d'effectifs policiers composés d'éléments de la Special Supporting Unit (SSU) armés de fusils, de ceux de la CID de Bel-Air/Rivière-Sèche et de la police régulière de la région. Plus de deux cents badauds s'étaient également regroupés pour suivre l'exercice et y allaient de leur commentaire au sujet de ce drame. Certains ne se sont pas privés pour conspuer les accusés alors que ceux-ci quittaient les lieux sous forte escorte.

Alors que le soleil dardait impitoyablement ses rayons sur la région, l'exercice d'hier a été particulièrement pénible pour Karishma Curpen. Conduite sous forte escorte sur les lieux de l'agression, cette dernière devait littéralement fondre en sanglots et défaillir. Elle n'a pu, en conséquence, participer à l'exercice. Tel n'a pas été le cas pour Tej Kumar Hanzeraz et des deux autres adolescents, qui ont indiqué aux enquêteurs les lieux où ils se trouvaient.

Par la suite, l'imposant défilé policier a fait halte à trois autres endroits, dans le village de Caroline, puis à Ecroignard, afin de constater de visu les lieux où les suspects avaient récupéré un gourdin, consommaient de la bière avant le meurtre, et s'étaient débarassés de cette arme ayant servi à tuer Tej Kumar Hanzeraz. Il est à noter la présence de Me Jean-Claude Bibi, homme de loi de Nitish Kumar Beepin, peu avant la fin de l'exercice. Les suspects, qui ont comparu en cour de Flacq sous des accusations provisoires de "Murder" sont maintenus en cellule policière.


Hanzeraz attend d'être jugé pour le meurtre d'un policier

"Bizin aret larg dimunn bonavini lor caution (...) Bizin aret donn caution bann dimunn ki finn gagne traper pu case Murder". Autant de commentaires entendus parmi les badauds qui ont assisté à la reconstitution des faits d'hier. Ces références faisaient directement allusion à Tej Kumar Hanzeraz, principal suspect dans le meurtre de Kevin Kumar Ubhee. Hanzeraz était encore en cellule il y a six mois. Il est accusé provisoirement de "Murder" de son oncle, le sergent de police Balkrishna Hamtohul. Hanzeraz a été remis en liberté et ce contre une caution de Rs 150 000. En juin 2009, et ce au volant d'une pelleteuse, Hanzeraz avait écrasé le policier, âgé de 34 ans, à l'aide d'une pelleteuse. Alors qu'il était en liberté sous caution pour un premier cas d'homicide, Hanzeraz se retrouve directement impliqué dans un second. Et à un quidam, commentant en même temps la décision du Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, de réintroduire la peine de mort prochainement, de dire à ce propos: "Ki pu fer ar sann là? (NDLR: Tej Kumar Hanzeraz). Pa pu kapav pendi li deux fois!"


Les deux maldonnes du Ubhee Case

Le démarrage de l'enquête relative au meurtre de Kevin Kumar Ubhee a été marquée par deux maldonnes qui restent à être éclaircis. Le premier est carrément une grosse entorse au Scene of Crime Protocol (SoCP) et l'autre concerne un élément d'information, une "peau de banane" subrepticement glissée sous les pattes des enquêteurs afin de les orienter dans une autre direction.

L'entorse au protocole régissant les Scene of Crime est des plus graves et s'est déjà produite dans un passé pas trop lointain. Selon les recoupements effectués par Week-End, il a été établi que le corps de Kevin Kumar Ubhee avait été déplacé du Locus avant même l'arrivée du médecin-légiste, en l'occurence le Principal Police Medical Officer (PPMO), le Dr Sudesh Kumar Gungadin. Selon nos informations, cet impair n'a pas manqué de déclencher l'ire de certains haut-gradés directement concernés par ce Murder Case. Le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad, n'aurait pas du tout également apprécié d'apprendre ce gros manquement. Une enquête discrète mais de haut niveau a été ouverte afin de situer les responsabilités de cette grosse lacune.

Autre macadam qui s'est glissé dans la machinerie policière: une peau de banane glissée sous les pieds des enquêteurs sous la forme d'une fausse information à l'effet qu'un dénommé Paul serait directement impliqué dans cette affaire de meurtre. Les enquêteurs méticuleux devaient aller au fond des choses et vérifier l'information. Et il s'est avéré que le dénommé Paul, un récidiviste, était... en prison. La perspicacité et l'expérience des limiers de la MCIT aidant, l'écheveau a été démêlé. Mais la question reste posée: qui avait donc intérêt à aiguiller les enquêteurs sur une fausse piste?


Accident de mer en Espagne

Vague meurtrière contre un navire de croisière sur lequel se trouvaient 67 Mauriciens

Deux personnes, un touriste italien et un touriste allemand, sont mortes, mercredi dernier à bord du Louis Majesty, un navire de croisière maltais, (dont la compagnie Renaissance Maritime en est l'agent à Maurice), qui sillonnait au large de la Catalogne, Espagne. À bord de ce paquebot qui transportait 1350 passagers au moment de l'accident, figuraient également 67 Mauriciens dont 16 femmes et 51 hommes, membres de l'équipage.

Selon les dernières informations que nous avons obtenues, les Mauriciens qui étaient à bord du paquebot sont sains et saufs. Certains parents, à l'instar de Lelio Quessy, dont la fille Diane figure parmi les Mauriciens à bord de ce bateau, indiquent avoir reçu les nouvelles de leurs enfants, qui ont assuré qu'ils se portaient bien. Ils sont toutefois, traumatisés, soulignent nos sources, indiquant que certains d'entre eux, ont été témoins de l'accident au moment même où le navire a été percuté par une grosse vague qui a brisé les vitres de la zone de son salon. Un des passagers a été décapité et l'autre victime a eu le ventre transpercé par un morceau de vitre, apprend-on. Une quinzaine de blessés ont été transportés à l'hôpital, lors de l'évacuation des passagers à Barcelone. A ce stade, il n'y a aucune information des autorités espagnoles concernant les morts à l'hôpital ou à terre.

Une des Mauriciennes à bord nous a raconté, hier, que le bateau traversait le golf du lion, en quittant l'Espagne en direction de l'Italie. "Ce mercredi-là, il y avait une tempête et nous étions en plein milieu. Les vagues ont cassé un panneau de vitrage à l'avant du bateau aux alentours de 15h20 (NDLR : 19h20 à Maurice). La première vague n'a pas fait de dégâts, mais l'eau montait avec pression", explique notre interlocutrice. Alors que tout le panneau vitré a éclaté, une deuxième vague, meurtrière, a entraîné les passagers qui se trouvaient sur le Pont 5. "Des serveuses, dont des Mauriciennes qui se trouvaient au bar à ce moment là et d'autres personnes qui travaillent dans les duty free shops non loin du bar, ont vu un des passagers être décapité et l'autre transpercé par les morceaux de vitres", raconte notre source. Ce membre de l'équipage indique que l'accident est survenu sur le Pont 5, mais l'eau a continué à descendre jusqu'aux ponts 4, 3 et 2. Les ponts 4 et 320 étaient complètement inondés et les passagers ont dû être évacués à terre.

Il y a également des court-circuits à bord et une odeur de fumée, explique notre interlocutrice. "Nous avons dû isoler les passagers dans les étages et complètement barricader les ponts 5,4 et 3", raconte-t-elle. Le paquebot ne se trouvant pas loin de l'Espagne, le capitaine a mis plein gaz sur Barcelone, indique-t-elle. Après quatre heures de navigation, le Louis Majesty est parvenu au port, où les passagers ont été secourus. A ce stade, le bateau est toujours au port de Barcelone où les réparations sont en cours. Outre les panneaux de vitres qui se sont envolés, le bateau a une fissure dans sa coque. Les membres de l'équipage, qui ont eu à travailler plus de 15h d'affilées pour assister les passagers sinistrées, sont épuisés. Les Mauriciens à bord sont traumatisés de cet accident qui a coûté la vie à deux hommes. Selon notre interlocutrice, beaucoup se demandent s'il est prudent de reprendre la route sur ce bateau. En effet, le navire était parti du port de Carthagène (sud-est de l'Espagne) pour une croisière de douze jours en Méditerranée et faisait route vers le port italien de Gênes. Après sa déroute vers Barcelone, où il est arrivé tard mercredi soir, suivant cet accident. Après les réparations, il devrait repartir pour Gênes le 12 mars.

La direction de Louis Cruises, dans un communiqué, a tenu à rassurer ses partenaires. Selon elle, "apart from the broken windows, Louis Majesty has sustained only minor interior damages". Elle fait ressortir qu'après la réparation du vitrage du pont 5, et des"cosmetic interior repairs" actuellement en cours, le paquebot sera opérationnel pour son départ prévu le 12 mars. Elle devrait entamer une autre croisière "l'Eastern Mediterranean Highlights", au départ de l'Italie. Elle s'excuse des inconvénients causés par cet accident qui relève "d'un phénomène naturel, imprévu et imprévisible", dit-elle. Mais à bord, la tension est palpable, indiquent nos sources, soulignant que les membres du personnel, traumatisés, redoutent de prendre la mer. "Nous avons vu un passager être décapité, et jusqu'ici il n'y a pas vraiment d'aide psychologique", explique un membre de l'équipage. Qui plus est, selon cette source, les salaires n'ont toujours pas été versés. La direction de Louis Cruises, craindrait des démissions en masse en raison de ce traumatisme, apprend-on.


Touristes attaqués à Pereybère

Un ventilateur volé permet d'arrêter trois braqueurs

Dans la nuit de mardi à mercredi, des touristes français habitant Beach Lane ont été braqués par deux malfrats encagoulés et armés de revolver et d'un cutter, qui se sont introduits dans leur bungalow. Les bandits les ont attachés avant de faire main basse sur un ordinateur portable, 600 euros, une chaîne en or, des billets d'avion, des chaussures, des vêtements, deux téléphones cellulaires et un ventilateur. C'est précisément ce ventilateur, retrouvé par la Special Squad de Grand-Baie, qui aura permis l'arrestation des voleurs.

Il est 2h10 mercredi quand les ressortissants français consignent leur déposition. Le montant total du butin emporté est alors chiffré aux alentours de 3 000 euros (Å Rs 120 000). Immédiatement, une équipe de la Special Squad de Grand-Baie, placée sous la supervision du sergent Jeetoo, s'élance sur la piste des malfaiteurs et passe au crible toutes les voitures suspectes qui circulent dans la région.

À un moment donné, les constables Jadoo et Beeharry ont aperçu une Toyota des plus louches, immatriculée 1099 ZK 96, avec trois occupants à bord. La voiture est alors passée au peigne fin et les policiers y retrouvent le ventilateur volé un peu plus tôt chez les touristes français. Un peu plus tard, des euros, de même que du cannabis devaient aussi être extraits du véhicule.

Le chauffeur du véhicule, Kanchanlall Moneea, 55 ans, habitant St-Francois, et les deux passagers, à savoir Guillaume Augustin 32 ans, agent de sécurité habitant Riche-Terre, et Josian Désiré Pierre Louis, 35 ans, furent alors arrêtés par les membres de la Special Squad et détenus. Par la suite, les suspects ont été confiés aux soins de la CID de Grand-Baie, emmenée par le chef inspecteur Beeharry. Lors de leur interrogatoire, les suspects avouèrent plusieurs vols, à Pointe-aux-Canonniers, Pereybère et Grand-Baie, entre autres.

Dans le sillage de l'enquête, deux autres suspects, Raj Jeewooth et Arun Khoobea, habitant respectivement Goodlands et Petit-Raffray, ont été appréhendés pour le recel d'une chaîne en or et d'une meuleuse (grinder). Ces derniers ont été remis en liberté sous caution. Les enquêteurs sont toujours à la recherche du revolver et du cutter utilisés lors du braquage chez les touristes français.


En dépit de l'avertissement sans frais du PM

Les agressions contre les policiers continuent

Le Premier ministre a été pourtant très ferme à ce sujet lors du lancement officiel du National Police Strategic Framework (NPSF) il y a une semaine. "I will strengthen the law against those who dare to think they can attack police officers. I will make the law very, very hard indeed. I cannot accept that somebody thinks he can abuse a police officer in public or wherever else", avait dit Navin Ramgoolam.

Or, durant cette semaine, cinq policiers ont été agressés dans l'exercice de leurs fonctions, et certains se sont même permis de faire du désordre au poste de police de Plaine-des-Papayes. Sept suspects ont été arrêtés. Pour le caporal Chedumbrum Pillay, de la Fédération de la Police, la déclaration du Premier ministre est "très encourageante" mais reste encore à être concrétisée.

Dans la soirée de samedi dernier, les constables Ramjan, Hureechurn, Bundhoo et Rama se sont rendus à la route Royale, Bois Mangue, Plaine-des-Papayes, suivant une requête. Sur place, ils constatent que deux hommes, à savoir François Monpley et Ajay Mangalia, sont en train d'agresser un habitant de la localité, Vikash Jhingree. Les policiers sont intervenus, mais ont été à leur tour agressés. Pis encore, les deux suspects, accompagnés de plusieurs autres personnes, se sont rendus au poste de police de Plaine-des-Papayes et y ont fait un foin de tous les diables, insultant à tour de bras les policiers, renversant des tables, jetant plusieurs dossiers, une radio de la police et des Diary Books à l'extérieur du poste de police, avant de prendre la fuite.

Les policiers blessés ont reçu des soins à l'hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam, Pamplemousses, tandis qu'un fort déploiement policier composé d'éléments de la Special Supporting Unit (SSU), de la Divisional Supporting Unit (DSU), de ceux de la Criminal Investigation Division (CID), de l'Emergency Response Service (ERS) et des Field Intelligence Officers (FIO) ont patrouillé le village et ont recherché les suspects. Un premier d'entre eux, Mervin Rangasamy, devait être appréhendé à l'hôpital, tandis que les autres, à savoir François Presley Monpley, 26 ans, Nishalsing Sungkur, 23 ans, Vijaysing Mangalia, 41 ans, et Louis Shirley Marie, 40 ans, ont été arrêtés et écroués.

Durant la même soirée, à Bois-des-Amourettes, le constable Antoinette fut également agressé. En compagnie de son collègue, le constable Clarisse, il avait, au préalable, arrêté une voiture qui zigzaguait sur la route. Au volant, Reesaul Aunacha, 28 ans, habitant le village, était sous influence d'alcool. À un moment donné, la mère de ce dernier, Nilanee Aunacha, gifla le constable Antoinette et lui déchirer son uniforme. Les deux personnes furent conduites au poste de police de Vieux Grand-Port et, là, Reesaul Aunacha refusa de se soumettre à un alcotest. Les deux personnes ont été verbalisées.

À Rivière-des-Anguilles, durant la semaine, c'est au tour de Mohamed Naadir Boodhoo, 25 ans, habitant ledit village, d'avoir été appréhendé pour avoir endommagé un véhicule de la Southern Divisional Support Unit, immatriculé 6 RM 07, à coups de pied.

Pour le secrétaire de la Fédération de la Police, le caporal Chedumbrum-Pillay, force est de constater qu'il n'y a pas que des officiers de police qui font l'objet d'agressions, mais aussi les membres du personnel hospitalier. "Avec les agressions dont font l'objet les policiers et les infirmiers, nous constatons un comportement qui n'est pas du tout sain pour notre société. Ces agressions envers ces personnes qui portent l'uniforme sont inexplicables et ces deux catégories d'employés ne méritent aucunement ce comportement agressif et répréhensible", a-t-il déclaré en substance.

Le caporal Chedumbrum-Pillay dit avoir apprécié "la prise de position ferme du Premier ministre au sujet des agressions contre les policiers, ce qui est une première depuis l'indépendance." "Cependant, force est de constater que, malgré cet avertissement bien clair, certains continuent. On dirait que le message n'a pas été bien reçu. Cependant, si ces malfrats pensent qu'ils sont soutenus quelque part, ils continueront. Il y va de la responsabilité de tout un chacun, y compris des décideurs. Il ne faut pas que le langage soit populiste et temporaire", a-t-il insisté.

Le secrétaire de la Fédération de la Police a aussi dit avoir constaté que les bouncers étaient plus "écoutés et respectés" que les policiers, et qu'une telle chose n'était pas normale. Et a eu ceci à dire en guise de conclusion : "Historiquement, il est un fait qu'il y a eu des miliciens à Maurice en 1810. Combien y en a-t-il actuellement ?"


Commission Justice et Vérité

Allégation d'expropriation illégale de 156 arpents de terre contre un groupe sucrier

La Commission Justice et Vérité, instance mise en place par la présente Assemblée nationale à l'instigation du gouvernement pour enquêter sur l'Esclavage et l'Engagisme et les doléances d'expropriation illégale de terres, a repris ses audiences, vendredi dernier, après un long arrêt occasionné par la démission de son ancien président, professeur Robert Schell.

Placée sous la nouvelle présidence d'Alex Boraine, haute personnalité sud-africaine qui a joué un rôle important au sein d'une institution du même type dans son pays, la commission a eu, pour cette reprise, une journée assez chargée passée à entendre, des réclamations de terrain dans quatre cas d'expropriations alléguées.

Chaque cas a été écouté avec la même attention par Alex Boraine et ses assesseurs présents, en l'occurrence la vice-Présidente Vijaya Teeluck, le Professeur Palma Veerapen et Lindsay Morvan. Mais, le plus gros morceau de la journée a été celui concernant une plainte déposée par la famille Dimba contre une propriété sucrière à laquelle il a été reproché d'occuper 156 arpents de terres qui ne lui appartiendraient pas dans le district de Rivière-Noire.

Selon les plaignants, le terrain revendiqué aurait été laissé en héritage à ses descendants par un esclave affranchi vers la fin du 18 ème siècle. Selon M. Roland Chellumbrum, le représentant de la famille Dimba, les héritiers dudit esclave affranchi descendraient de deux familles, certes parents, mais qui ne se fréquentent pas. Toujours, selon M. Chellumbrum, l'autre famille aurait intenté un procès en réclamation à la propriété sucrière concernée afin de récupérer le vaste terrain, mais, en dépit de multiples recherches entreprises dans ce sens, jamais personne n'a pu savoir quel avait été, finalement, l'aboutissement de cette action menée en justice.

Vendredi, devant la Commission Justice et Vérité, la famille Dimba - dont les membres s'étaient déplacés en grand nombre pour afficher leur solidarité - a demandé qu'Alex Boraine et ses assesseurs usent de leur pouvoir d'enquête pour obtenir tout document qui pourrait mettre au clair ce qui s'est réellement passé entre l'autre famille concernée et la propriété sucrière en question. Il y a-t-il eu un arrangement hors de la vue des juges entre les deux parties qui étaient censées s'affronter en cour de justice et cela au détriment des ayant-droits Dimba? Telle est la question que cette dernière famille a demandé à la Commission Justice et Vérité. La commission a pris l'engagement d'assister les plaignants dans cette direction mais sans pour autant de piétiner sur les plates-bandes d'une quelconque cour de justice, si toutefois il y aurait une affaire encore vivante y relative devant des instances judiciaires. La commission a semblé donné l'impression d'être encore plus enclin à porter assistance à la famille Dimba après que celle-ci s'est plainte d'avoir retenus, dans le passé, les services d'un avoué pour recouvrer ses droits, mais en vain.

Le groupe sucrier nie

Etant donné que le nom de la propriété sucrière a été cité devant la commission, Week-End a essayé d'obtenir son point de vue. Le Chief Executive Officer (CEO) de ce groupe sucrier (dont nous tairerons le nom en attendant qu'il soit officiellement convoqué pour s'expliquer devant la commission) a répliqué que, "le groupe X ne vole pas de terres. S'il y a quelqu'un qui peut affirmer qu'on a pris son bien, il doit pouvoir l'établir en nous montrant ses titres de propriétés et en nous désignant l'emplacement de son terrain". A la question: " Le groupe X s'est-il vu intenté un procès par la famille Y au sujet de l'occupation illégale d'un terrain situé dans le district de Rivière-Noire ? Le CEO a répondu : "Non ! Nous n'avons aucun procès venant de la part cette famille."

A la fin de l'audience de vendredi, Alex Boraine a déclaré que la Commission Justice et Vérité est "extrêmement reconnaissante que des gens aient eu le courage de venir exprimer leurs doléances. Cela n'a pas été facile pour ces gens. Certains ont eu à surmonter de très grosses difficultés pour aller se battre en cours de justice, pour obtenir les services d'hommes de loi afin de pouvoir y parvenir pour faire triompher leurs droits et, maintenant, c'est parce qu'ils ne savent plus à qui s'adresser, ils se tournent vers la Commission justice et Vérité. Leurs cas sont parfois très complexes, mais, tous les documents nécessaires seront vérifiés et nous étudierons chaque cas en profondeur. Nous allons d'abord tout faire pour découvrir la vérité dans chaque cas et si les faits sont véridiques et si des gens ont été effectivement dépossédés de leurs biens de manière illégale, alors la commission devra agir en toute justice", a poursuivi Alex Boraine.

Toutefois, ce dernier a prévenu que la commission va devoir prendre tout son temps pour étudier chaque dossier porté à sa connaissance. "Il y a eu jusqu'ici beaucoup de plaintes d'expropriation. Il faudra prendre en compte que la tâche de la commission n'est pas facile parce que, dans certains cas, des témoins qui doivent être entendus ne répondent pas aux appels téléphoniques et parfois ne répondent pas aux lettres qui leurs sont adressées et beaucoup d'efforts sont requis pour les retracer", a-t-il expliqué.

Selon Alex Boraine, "la commission Justice et Vérité aura probablement à solliciter du Premier ministre un prolongement de son mandat au-delà de 2011 en raison des très nombreux cas qu'il lui faudra traiter". Cependant, a-t-il rassuré, "la commission n'attendra pas 2011 pour commencer à rédiger un rapport. Nous avons déjà de nombreuses recommandations à faire aux autorités. Un rapport préliminaire sera soumis entre-temps et, d'ores et déjà, un des assesseurs de la commission soumettra dans les prochains jours une compréhensive summary de la séance de vendredi dernier".

Précisions du président de la commission

N'y a-t-il pas des risques que des gens qui revendiquent des terres se tournent vers la Commission Justice et Vérité mais après que leurs plaintes aient été déjà déboutées par une cour de justice provoquant ainsi une situation de conflit entre le judiciaire et la commission ? N'y a-t-il pas de risque que, dans de tels cas, la Commission Justice et Vérité soit, en quelque sorte appelée à revoir le bien-fondé de décisions judiciaires ? Alex Boraine a trouvé "très bonnes" ces questions de Week-End.

"La commission n'est certainement pas en opposition à la cour de justice. Nous ne sommes pas là pour duplicate les travaux d'une cour de justice. Mais, de nombreux témoins nous ont indiqué qu'il ont été en cour de justice, mais, qu'ensuite, ils n'ont pas été tenus au courant des jugements prononcés, ni ne savent-ils si jugements il y a eu. D'autres nous ont affirmés qu'ils avaient fait la demande d'être assistés par des arpenteurs

(Land Surveyors) mais que cette assistance leur avait été niée. C'est également notre travail d'enquêter sur ces affirmations et pour cela nous avons beaucoup de chercheurs qui aident la commission. S'il s'avère que la cour de justice a déjà tranché dans des affaires alors nous aurons à dire franchement aux plaignants que nous ne pourrons rien faire. Mais, s'il se trouvent aussi que des plaignants n'ont pu accéder à la cour, soit par manque de moyens, soit qu'ils n'ont pu avoir accès à des documents décisifs pour faire reconnaître leurs droits nous allons alors agir pour que triomphe la justice", a précisé Alex Boraine.

Il a aussi précisé qu'il est "improbable que la commission réclame des révisions judiciaires à moins qu'il y ait un cas exceptionnellement clair qu'il y a eu déni de justice (miscarriage of justice). Dans ce cas exceptionnel, la commission ne manquera pas d'assumer ses responsabilités".


Brèves

Rs 100 000 de lait volé, un technicien arrêté

Un technicien employé par la firme Innodis, Beeraj Bappoo, 28 ans, a été appréhendé par les éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de Phoenix. Il est soupçonné d'avoir, en compagnie d'autres employés, volé une importante quantité de lait Full Cream d'une valeur de Rs 100 000. Ce lait y était entreposé. L'enquête policière se poursuit.

Fédération de la police: "Que l'école de police puisse octroyer des brevets"

Suite à la publication du National Policing Strategic Framework (NPSF), la Fédération de la Police a pris bonne note du chapelet de nouvelles mesures qui régiront désormais ce département. Tout en accueillant favorablement le document, le secrétaire de la Fédération, le caporal Chedumbrum Pillay a formulé une demande importante auprès du commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad. Il estime que le statut de la Police Training School (PTS) doit être revalorisé et que la PTS doit être en mesure d'octroyer un brevet à ses stagiaires. Selon le caporal Chedumbrum Pillay, la PTS doit être affiliée à l'université de Maurice et la Mauritius Qualifications Authority (MQA). "Nous avons les moyens de move from a police force to a police service et dans cette optique, le brevet de la PTS devient indispensable," a déclaré le caporal Chedumbrum Pillay à Week-End. Selon nos informations, le commissaire de Police s'est montré très réceptif, voire enchanté de cette proposition louable.

Un demi million emporté à Baie du Tombeau vendredi

Un salesman habitant Port-Louis a été attaqué et délesté de Rs 500 000 alors qu'il se trouvait dans l'enceinte de New Goodwill Ltd, à Baie du Tombeau. Les bandits, deux hommes encagoulés et armés de sabres, ont emporté avec eux ce qui constituait les recettes de la journée. Il a été légèrement blessé, de même qu'un agent de sécurité qui s'est porté à son secours. La police a ouvert une enquête.

Une étudiante attaquée sur le fly-over de la rue Brabant

Une étudiante de 16 ans a été attaquée le 27 février dernier, vers 15h15alors qu'elle empruntait le fly-over de la rue Brabant, Port-Louis. Son agresseur, qui était a bicyclette, était armé d'un couteau. Il a fait main basse sur sa chaine en or, son téléphone portable et une somme de Rs 325. La police tente de retrouver son agresseur.

Enquête sur des affiches illégales à Rivière du Rempart

La police de Rivière du Rempart a ouvert une enquête sur une série de six affiches politiques illégales placardées dans la région. Ces affiches portent préjudice aux élus de la région, dont le ministre Mahen Gowressoo.

Six marins indonésiens arrêtés

Six marins Indonésiens, à savoir Sagsagat Charlie, 21 ans, Brian Reyes, 24 ans, Niyan Tamsuran, 23 ans, M. Kasnumi, 33 ans, Voemer Puendina, 26 ans et Eric Macadongdang, 22 ans ont été arrêtés par la police. Ils sont accusés d'avoir endommagé plusieurs lampadaires au Jardin de la Compagnie.

Il avoue cinq cas de vols avec violence

Les éléments de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Sud, placés sous la supervision de l'Assistant surintendant de Police (ASP) Yeshwant Kallee, ont procédé à l'arrestation d'un habitant de cité Valijee, Désiré Pillay, 30 ans. Il est accusé d'avoir emporté Rs 4000 d'une boutique de la localité, qu'il a braqué, couteau au poing, en début de semaine. Le suspect a également avoué quatre autres cas similaires commis à Pailles, Cassis et cité Valijee respectivement. Il a été maintenu en détention.

Il a la main sectionnée lors d'un accident de la route

Un motocycliste, Sanjeev Dassayne, 22 ans, habitant cité La Ferme, a eu la main sectionnée lors d'un accident de la route survenu en début de semaine. Il a été percuté par un véhicule qui doublait en sens inverse à Bambous. Le véhicule qui l'a percuté était conduit par un assistant resource manager de 29 ans et habitant Belle-Etoile. Grièvement blessé, Sanjeev Dassayne a été hospitalisé à l'Intensive Care unit. Son état est jugé sérieux.

600 mètres de câbles téléphoniques volés à Banane

La police de Rose-Belle enquête sur le vol de 600 mètres de câbles téléphoniques au préjudice de Mauritius Telecom. Ces câbles volés étaient placés le long de la route Royale, à Banane.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010