a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010



  Echiquier politique - Tractations d'alliance: la guerre des nerfs!
  Loto — 19e tirage - Jackpot de Rs 20 M pour l'« Independence Day »
  Souveraineté territoriale - Chagos: Maurice dit "tiombo la-mem!"
  Diego-Garcia - Mutisme sur des "fuites radioactives"
  Nouvelle pièce au dossier Chagos versée par le leader de l'opposition - Des documents à Navin Ramgoolam et Arvin Boolell dès demain
  Hôtellerie - Trou-aux-Biches : embauche de 450 employés en cours


Echiquier politique

Tractations d'alliance: la guerre des nerfs!

Les jours passent et le suspense demeure toujours de mise quant à une éventuelle conclusion des tractations en vue d'une alliance électorale entre le parti Travailliste et le MMM pour le prochain scrutin et avec subséquemment l'éclatement de l'Alliance Sociale au pouvoir depuis juillet 2005. Sur l'échiquier politique, les principaux protagonistes et antagonistes se livrent à une véritable guerre de nerfs avec tantôt une valse d'hésitations et de tergiversations tantôt des déclarations. Les premiers effets se font déjà davantage sentir au sein de la majorité gouvernementale où dans la conjoncture, le PMSD, jusqu'ici principal allié du Parti travailliste, a cru nécessaire de monter au créneau pour s'évertuer de marquer sa différence avec l'interlocuteur de l'heure du leader de l'Alliance sociale, Navin Ramgoolam. Alors que le Premier ministre a cru nécessaire d'annoncer, mercredi dernier, que les élections générales à Maurice se dérouleront après celles prévues en Grande-Bretagne et données par la presse britannique comme étant le jeudi 6 mai, les observateurs politiques à Maurice trouvent que la situation devrait nettement se décanter au cours de la période entre le 12 et le 23 mars.

En effet, dans les coulisses des états-majors politiques, l'on s'accorde à faire comprendre que la semaine menant aux célébrations pour la fête nationale du 12 mars ne serait nullement propice à des développements conséquents sur le plan politique. D'ailleurs, la semaine démarrera avec un calendrier chargé dans le sillage de la visite officielle d'Anne Marie Idrac, Secrétaire d'Etat chargée du Commerce extérieur de la France. Puis, les préparatifs pour les événements autour du 12 mars pour le 42e anniversaire de l'indépendance prendront le relais.

"Néanmoins, ces événements représenteront autant d'occasions pour les leaders des deux partis politiques de se côtoyer publiquement et de taquiner ceux qui font preuve d'allergie aux Body Language et autres Personal Chemistry. Mais de là à espérer voir un Breakthrough dans les derniers détails sur la table des négociations au cours de cette semaine serait un peu trop", indiquent des sources rompues à ce genre d'exercices.

Par contre, même si certains se rappelleront encore de cette fameuse expression de Shakespeare dans la pièce Jules César: "Beware the Ides of March", tout indique que la semaine du 15 mars devrait se révéler déterminante pour la suite des tractations en vue de conclure une éventuelle alliance PTr/MMM. Les nouveaux contacts entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, intervenant entre les 15 et 20 mars, devront constituer de sujets majeurs d'échanges et de délibérations lors de la prochaine réunion du comité central du MMM prévue pour ce même samedi 20 mars. Un rendez-vous incontournable pour les militants.

Une autre date-butoir dans les étapes vers les prochaines élections générales demeure le mardi 23 mars, jour de la reprise des travaux à l'Assemblée nationale. A ce stade, un premier "Unknown" consiste en la composition du "Frontbench" ou encore la configuration politique à l'intérieur de l'hémicycle. En cas de confirmation en prélude à une annonce programmée d'une alliance PTr/MMM, la question qui se pose est si le MMM siègera dans les travées de l'opposition ou si ce parti cédera le rôle d'opposition officielle au MSM. Mieux encore si le PMSD se sentira toujours en confiance pour maintenir sa présence au sein du gouvernement de l'Alliance Sociale. Aucune indication n'est disponible pour confirmer dans un sens comme dans un autre.

Une alternative à cette situation pourrait être que l'Assemblée nationale soit appelée à siéger avec un minimum de séances, notamment le mardi 23 ou encore le vendredi 26 mars, le temps de Despatch Urgent Government Business. En attendant, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, aura confirmé le scrutin du jeudi 6 mai en Grande-Bretagne. Si ce ne sera pas chose faite avant.

Avec un tel scénario, la dissolution de l'Assemblée nationale pourrait intervenir au cours de la première quinzaine d'avril, soit après le 23 mars comme annoncé par le Premier ministre lors du récent congrès pour l'anniversaire du parti Travailliste. Fidèle à son habitude en faveur des campagnes électorales avec un minimum de délai, le chef du gouvernement pourrait se retrouver avec le choix de rappeler les urnes entre le dimanche 9 mai, soit le dimanche le plus proche après le 6 mai, et le vendredi 11 juin prochain, date de l'ouverture de la prochaine Coupe du Monde en Afrique du Sud pour ne pas mettra à dos les amateurs de ballon rond avec des réunions privées et meetings en cette période de grand'messe footballistique planétaire.

Mis à part, la déclaration du Premier ministre à Pointe-aux-Sables à l'effet que "kuma leader de l'opposition finn dire pou éna deé éleksyon là. Moi mo pou dire après. Là ou fine konne ène topé parski mo fine dire oui au leader de l'opposition. Nou eleksyon pou vine apré Langleter. Vey date éleksyon Langleter pou zotte konné", le calendrier électoral reste encore la prérogative du Premier ministre, qui le dévoilera en temps et lieu.

Néanmoins, ce qui est devenu de plus en plus concret au fil de ces derniers jours est la nervosité dans les rangs du PMSD, signe des premières lézardes dans la cuirasse de l'Alliance Sociale. Le "Body Language" du leader du PMSD, Xavier-Luc Duval, arrive difficilement à convaincre ses partisans de la sérénité apparente affichée au sein du gouvernement. La confirmation à l'effet que Navin Ramgoolam avait prévu d'accorder une investiture rouge au leader des bleus dans une alliance rouge/mauve pourrait rendre la posture de Xavier Luc Duval encore plus inconfortable au point où une initiative de sa part pourrait donner un coup d'accélérateur aux tractations politiques en cours.

Entre-temps, les dirigeants du PMSD ont pris la décision d'organiser une série de réunions politiques sur le terrain pour le "Marketing de leurs contributions politiques au sein de l'Alliance Sociale". Jusqu'ici, les principaux ténors prennent pour cible le MMM tout en se gardant de se lancer dans des attaques frontales contre le Premier ministre, principal interlocuteur du leader du MMM dans ces discussions.

La question qui se pose à la veille de la prochaine rentrée parlementaire est jusqu'à quand le PMSD pourra tenir face à la nouvelle attitude du Premier ministre à son égard et l'offensive du MMM?


Loto - 19e tirage

Jackpot de Rs 20 M pour l'" Independence Day "

Le prochain tirage du samedi 13 mars aura un attrait particulier. Il sera effectué le lendemain de la fête nationale avec un bonus spécial de Rs 10 millions prévu par la Loterie nationale. Ces Rs 10 millions viendront s'ajouter aux Rs 10 millions de mise avec le rollover de cette semaine, car aucun des parieurs n'a validé les six bons numéros tirés hier soir.

Certes, il n'est pas donné de pouvoir aligner six gros numéros comme ceux d'hier, avec seules les boules de couleur verte et jaune trouvant le passage au détriment des boules rouges et bleues. Annick Thomas Leung Kye, femme-entrepreneur, a tiré dans l'ordre une boule verte (35), une nouvelle verte (32), une jaune (23), une verte (40), une nouvelle verte (31) et pour terminer une jaune (29).

Il n'empêche que le 18e tirage a fait 42 442 gagnants se partageant une somme globale de Rs 6,3 millions, répartie comme suit :

six bons numéros : aucun gagnant

cinq bons numéros : 67 gagnants qui remportent la somme de Rs 11 235 chacun, soit Rs 752 745 ;

quatre bons numéros : 2 722 gagnants qui remportent la somme de Rs 572 chacun, soit Rs 1,6 million et ;

trois bons numéros : 39 653 gagnants qui remportent la somme de Rs 100 chacun, soit environ Rs 4 millions.

D'autre part, Moorghen Veeramootoo, directeur général adjoint de Lottotech, opérateur de la Loterie nationale, a soutenu que "le tirage du 13 mars 2010 sera spécial." "Ce sera une première dans la récente histoire du Loto à Maurice. Nous allons effectivement ajouter Rs 10 millions à la cagnotte mise en jeu."

Au terme du règlement du Loto, 3,5% sont prélevés du taux de remise chaque semaine. Ce pourcentage correspond au Fonds de réserve, destiné à enrichir la cagnotte pour des occasions exceptionnelles. "C'est une pratique fréquente dans le fonctionnement des sociétés de loterie du monde entier. La fête de l'indépendance célébrée le 12 mars est un événement important et fédérateur à Maurice. Nous avons souhaité marquer cette date comme il se doit en proposant un jackpot inhabituel", soutient le directeur général adjoint de la Loterie nationale.

La cagnotte de Rs 20 millions de la semaine prochaine devra susciter un nouvel engouement chez les parieurs dans la mesure où elle se situe après les deux jackpots de plus de Rs 30 millions jusqu'ici.


Souveraineté territoriale

Chagos: Maurice dit "tiombo la-mem!"

La fin du "Consultation Process" initié par la partie britannique sur le projet de "Marine Protected Area" aux Chagos a été marquée par une sortie unanime du gouvernement et de l'opposition demandant à Londres de geler ce dossier en attendant les prochaines élections à Maurice et en Grande-Bretagne. C'était à l'occasion de l'inauguration du centre de ressources et de formation du Groupement des Réfugiés des Chagos (GRC) à Pointe-aux-Sables en présence du Haut-Commissaire britannique, John Murton. Le principal message réitéré par les personnalités politiques, dont Navin Ramgoolam, est que la souveraineté de Maurice sur les Chagos et le droit de retour des Chagossiens dans leur archipel natal sont inséparables. Mais c'est mal connaître les Britanniques que de croire qu'ils allaient porter un iota d'attention à cette proposition mauricienne dans une telle conjoncture politique. A peine 24 heures après la déclaration de Pointe-aux-Sables, "le plus faucon des faucons" au sein du gouvernement britannique, le Foreign Secretary, David Milliband, sortait l'arme de "Divide and Rule". Profitant de la complaisance des membres de la "Diego Garcian Society" à Londres, il s'y est rendu pour prendre connaissance du projet des animateurs de ce groupe, qui affirme ne pas reconnaître la souveraineté de Maurice sur les Chagos et qui travaille sur l'éventualité d'une "Administration-in-Waiting"

D'entrée de jeu, lors de son intervention à Pointe-aux-Sables, le Premier ministre a maintenu que "question souveraineté ek drwa retur dan Chagos li inséparab. Nu pe amène ène meme konbat". Il a réitéré le fait que dans la conjoncture, il n'est pas question pour Maurice de participer aux consultations avec les Britanniques sur le projet de Marine Protected Area aux Chagos. "Nous ne discuterons des Chagos nulle part ailleurs que dans le cadre bilatéral. Les consultations en cours doivent être stoppées", devait-il faire comprendre en substance.

Commentant le projet de Marine Protected Area, le Premier ministre n'a pu s'empêcher de commenter l'échelle des valeurs pratiquées par les Britanniques. "The Marine Protected Area is a false pretense. It's an incredible reversal of values. Zotte rode protez koray ek pwason mais zotte blyé dimunn", devait-il lancer à l'assistance. Il a ajouté que ce projet de Marine Protected Area est un moyen détourné pour interdire tout retour des Chagossiens dans leur archipel natal.

"Bann Britannik pe perpétué ene fausseté parey kuma zot ti rode fer kwar ki Chagos pa ti habité, pa ti éna dimunn laba. Zamé ki apel zamé oken guvernma pa pu aksepté. Nu bizin koz meme langaz. To ou tar, pou éna ène zistis. Nou pou regagn nou souveraineté et zot zot drwa retourne Chagos", a poursuivi le Premier ministre, qui s'est félicité de l'unité retrouvée entre les leaders des deux groupements des Chagossiens, Olivier Bancoult et Fernand Mandarin.

Navin Ramgoolam n'a pas manqué de saluer les initiatives du GRC avec le projet de Centre de ressources et de formation. "Sa prozé là li enn epreuve de saki zot kapav fer et de saki zot pou fer aux Chagos. Zotte éna la kapasité ek la persévérans", a-t-il souligné.

Il n'y a qu'une solution

De son côté, le leader de l'opposition a soutenu qu'en ce qui concerne le projet de Marine Protected Area aux Chagos, il n'y a qu'une solution: "Tiombo lamem! pena pou alle pli divan". Il a avancé qu'avec les deux pays engagés dans des campagnes électorales, il serait préférable d'attendre la constitution de nouveaux gouvernements pour un nouveau départ dans les consultations.

Paul Bérenger, qui s'est gardé d'étaler en public les manquements du gouvernement dans le "Handling" de certains aspects du dossier des Chagos, a exprimé le souhait que dans un avenir proche le Premier ministre britannique, Gordon Brown, soit appelé à présenter ses excuses aux Chagossiens pour le traitement qui leur a été infligé jusqu'ici comme tel a été le cas récemment pour les 130 000 enfants déportés vers les "Dominions" entre 1930 et 1970.

Le leader de l'opposition a souligné qu'au lendemain des prochaines élections, le nouveau gouvernement devra engager des initiatives diplomatiques sur cette question. "Mo konné qui guvernma ek opposition pu fer blok dans le dialogue avek Londres lor souveraineté ek le drwa au retur des Sagosyens dan larsipel."

Pour sa part, le leader du GRC, Olivier Bancoult, a lancé un appel au gouvernement pour qu'un représentant des Chagossiens soit désigné pour faire partie des consultations officielles. Il a également situé l'importance de ce Centre de ressources et de formation pour l'épanouissement et aussi pour la préservation de la culture des Chagossiens. Il a fait comprendre que sur les quelque 2 500 Chagossiens déracinés, il ne reste aujourd'hui que 711.

L'ancien président de la République, Cassam Uteem, s'est également adressé à l'assistance alors que le Haut-commissaire britannique a surpris plus d'un avec une intervention en créole.


Diego Garcian Society: la dissidence confirmée!

La Diego Garcian Society, avec pour principal animateur Allen Vincatassin, est en dissidence avec la prise de position du gouvernement et des deux autres groupes représentant les intérêts des Chagossiens. Cette position a été confirmée avec la visite effectuée, jeudi, par le Foreign Secretary, David Milliband, au siège de ce groupement chagossien à Crawley en Grande-Bretagne.

Le "Website" de la Diego Garcian Society, faisant état de cet événement avec photos à l'appui, évoque la présentation par Allen Vincatassin d'un rapport intitulé "Diego Garcia, the way forward" à David Milliband. Lors de son intervention, le représentant des Chagossiens affirme ne pas reconnaître la souveraineté de Maurice sur les Chagos.

"Mr Vincatassin has explained to David Milliband about the wish of the Diego Garcian people to get into democratic process, to form an administration-in-waiting, that will work hand in hand with the government of the British Indian Ocean territory and the government of the United Kingdom, to work in partnership on various projects, the rights and future of the Diego Garcians", fait ressortir le website à l'item des "Breaking News".

Le Foreign Secretary ne s'est pas fait prier pour tenter de récolter les dividendes de cette division au sein de la communauté chagossienne. "You need to speak for yourself. The visits we are organising are not to be a pretense, but are a real act of goodwill on behalf of the (British) government", devait faire comprendre David Milliband en encourageant les membres de la Diego Garcian Society de s'engager dans le "Democratic Process" envisagé.

La Diego Garcian Society semble constituer une donne hors du contrôle de Maurice et répondant davantage à la logique de "Divide and Rule" du temps révolu des colonies...


Diego-Garcia

Mutisme sur des "fuites radioactives"

En parallèle à l'entêtement affiché par le Foreign Secretary, David Milliband, au sujet du projet de créer un Marine Protected Area dans l'archipel des Chagos, tout en excluant la base militaire américaine de Diego-Garcia, le gouvernement britannique a été pris en fin de semaine à contre-pied par la Haute-Cour de Londres pour sa politique de "Cover-Up" et d'opacité relative au Chagos. Londres s'est retrouvé acculé dans le scandale de l'utilisation de la base de Diego Garcia concernant le programme de torture des présumés membres d'Al-Qaida. Et ce, dans le cadre de la lutte antiterroriste des Américains. Le mutisme du gouvernement britannique est encore plus prononcé en ce qui concerne les éventuels cas de fuites radioactives à partir des "Nuclear-Powered Vessels" et des "Oil Spills" dans le port à Diego-Garcia. D'autre part, à la décharge des pundits de Greenpeace ou encore d'autres Ong dans le domaine de l'Environnement, un spécialiste international de la protection des barrières coralliennes, le Dr Mark Spalding, intervenant dans les colonnes de l'édition d'hier du quotidien britannique, The Times, s'interroge encore sur l'empressement du Foreign and Commonwealth Office pour le projet de Marine Protected Area aux Chagos d'autant plus que les Britanniques doivent se rendre aux urnes au plus tard le 3 juin prochain et que la Cour européenne des Droits de l'Homme de Strasbourg sera appelée à se prononcer d'ici octobre sur le droit de retour des Chagossiens dans leur archipel natal.

Cas de torture présumés

Le mur en acier érigé par les Britanniques et les Américains autour des informations sur ce qui se produit sur la base militaire de Diego-Garcia a été secoué en fin de semaine avec des développements intervenus devant la Haute Cour de Londres réclamant la publication de documents officiels portant sur des cas de torture de présumés terroristes internationaux. Mohammed Saad Iqbal Madbi, détenant la double nationalité pakistanaise et égyptienne, appréhendé en Indonésie en janvier 2002 et incarcéré à Guantanamo Bay pendant au moins sept ans, accuse la Grande-Bretagne de complicité avec les Etats-Unis "in the rendition of terror suspects that involved torture flights from UK territory". Dans le cas précis, le territoire sous contrôle des Britanniques n'est autre que la base militaire de Diego-Garcia. Il avait été soupçonné d'être un des principaux complices du "Shoe Bomber", Richard Reid, terroriste arrêté et condamné.

Lors de la séance de la Haute Cour de Londres, jeudi, les conseils légaux de cet ancien détenu de Guantanamo Bay ont soutenu une demande que "the High Court in London to force the British Government to hand over all the information it might have about the flight, including the names of the US personnel Reprieve claims were aboard. They contend that documents held by the British Government could provide evidence that the UK authorities knew of the rendition flight and turned a blind eye".

Jusqu'ici, le gouvernement britannique a fait la sourde oreille à ces demandes d'informations en allant jusqu'à affirmer que des documents cataloguant le mouvement des avions à Diego-Garcia n'existent pas. Mais, il semblerait que les commentaires des juges de la Haute Cour de Londres suscitent de véritables embarras pour le gouvernement britannique avec la possibilité que la pression pour révéler des informations devienne de plus en plus insoutenable.

Faisant état des débats devant les juges, le quotidien britannique, The Times, dans son édition de vendredi, rapportait que "Nathalie Lieven QC, for Madni, said that after weeks of insisting they could locate no files relevant to the case, government lawyers emailed at 5.20pm yesterday - less than 18 hours before the hearing - to say they did possess documents which have a bearing (to use a neutral phrase) on whether any British or American authorities were mixed up in wrongdoing against the claimant."

Cette déclaration du gouvernement britannique a été accueillie favorablement dans le camp de Mohammed Saad Iqbal Madni et aussi au sein de Reprieve, une ONG internationale luttant en faveur des victimes de torture dans le monde. "There is now no real possibility of the case being completed before a general election. There has nonetheless been significant progress. After months of denials the government has finally conceded that it has discovered documents relevant to the rendition to torture of Mr Madni," soutient Reprieve dans une déclaration officielle en fin de semaine dernière.

Dans cette perspective, un "Special Advocate", soit un "Security-Cleared Lawyer", a été nommé par la Haute Cour en vue d'étudier les documents soumis par le gouvernement après de longs mois d'objections formelles au nom de la sécurité de Londres et de Washington.

Réagissant dans la conjoncture, un porte-parole du Foreign Office devait tenter de justifier cette nouvelle démarche en soulignant que "far from being a cover-up, our approach shows the importance we attach both to ensuring the court has the material it needs, but also to ensuring that classified material remains classified".

Mais le mutisme et le "Cover Up" sont encore de mise quant à la préservation de l'environnement aux Chagos et plus particulièrement à Diego-Garcia malgré le projet grandiloquent de "Marine Protected Area" du Foreign Secretary britannique. Les spécialistes de l'environnement, initialement séduits par le projet consacré aux Chagos, commencent à se raviser à ce sujet.

Faisant état de ce mouvement, le Times de Londres dans son édition, avance que "perhaps the most compelling case against the plan, however, is made by the swelling cadre of environmentalists opposing the project in the belief that - far from protecting this pristine paradise - it could hasten its destruction." Pour étayer ces arguments, le Times de Londres s'appuie sur des commentaires du Dr Mark Spalding, considéré comme une autorité en matière de protection de barrière corallienne au monde.

"Even if I didn't care about human rights, I would say this is a terrible mistake. The world of conservation is littered with failures where the people involved were not consulted. If the Chagossians win the right to return, why should they want to co-operate with the conservation groups running roughshod over them?", souligne le Dr Spalding.

Ce spécialiste de l'environnement laisse entendre qu'en cas d'un jugement de la Cour européenne des Droits de l'Homme restituant le droit de retour des Chagossiens dans leur archipel natal, Londres devra revoir son projet. "The Government's proposal acknowledges that the entire plan may have to be scrapped if the Chagossians are allowed to return. That would make it the shortest-lived protection area in the world. So you have to ask: what's the rush to get this done before [the Strasbourg ruling and] a general election?", se demande-t-il encore.

Eloigner le plus possible les chagossiens

L'exclusion de la base militaire de Diego-Garcia et celle des activités militaires connexes dans la région constituent la preuve d'un véritable dessein des Britanniques : tout simplement éloigner le plus possible des Chagossiens ou encore tout œil indiscret. Pour preuves, le Times de Londres cite les enquêtes effectuées par Peter Sand de l'Institute of International Law de l'Université de Munich et "Environmental Lawyer" de réputation. Le principal objectif de ces enquêtes consiste à évaluer l'impact de la base américaine de Diego-Garcia sur l'environnement aux Chagos.

A ce jour, Peter Sand a recensé quatre "Oil Spills" majeurs dans le port de Diego Garcia, soit avec le déversement de plus de 1,3 million de litres d'huile lourde. Il a essayé en vain d'obtenir confirmation officielle auprès des autorités compétentes de fuites radioactives dans la région compte tenu de la présence régulière de "Nuclear-Powered Vessels" dans les eaux des Chagos. La situation est appelée à se détériorer dans les mois à venir avec la décision de Washington de transformer Diego-Garcia en une base pour des sous-marins équipés de lance-missiles nucléaires.

"Peter Sand has lobbied unsuccessfully for information on radiation leakage from nuclear-powered vessels there. To say that a small group of Chagossians could have a greater impact than the base is just crazy," affirme le Dr Spalding en rappelant qu'actuellement la base de Diego Garcia abrite 1 500 membres de la US Marine, 1 700 personnes employées par des contracteurs et une cinquantaine de marins britanniques.


Nouvelle pièce au dossier Chagos versée par le leader de l'opposition

Des documents à Navin Ramgoolam et Arvin Boolell dès demain

Une nouvelle pièce au dossier Chagos a été versée hier par le leader de l'opposition. Il s'agit d'un article faisant état des relations étroites qui se sont développées entre la communauté chagossienne de Crawley menée par Allen Vincatassin et le gouvernement britannique et les affirmations de ces chagossiens à l'effet qu'ils ne reconnaissent pas la souveraineté de Maurice sur leur île natale, qu'il sont, d'une manière unilatérale, pour le projet de parc marin, qu'ils entendent constituer un "administration in waiting" pour travailler main dans la main avec le BIOT et que cela a même été annoncé à David Miliband, le Foreign Secretary qui leur a rendu visite le 4 mars dernier à Crawley.

Ces documents, a indiqué, Paul Bérenger, hier, seront, dès demain, communiqués tant au Premier ministre Navin Ramgoolam qu'au ministre des Affaires Étrangères, Arvin Boolell. Il les a invité à agir très vite pour faire face à une situation qui se révèle dangereuse. Paul Bérenger a d'abord fait état d'un article paru dans le Times de Londres, hier, dans lequel est posée la question de la précipitation à faire ce Marine Protected Area avant le jugement de la Cour Européenne des Droits de l'Homme dans l'affaire entrée par les chagossiens et avant le prochain scrutin en Grande Bretagne.

"Jet fuel spills et radiation leakage of nuclear-powered vessels" à Diego Garcia

Dans le contexte des consultations qui devaient redémarrer le 5 mars dernier autour de ce projet de Marine Protected Area, le leader de l'opposition a aussi mentionné les propos de Peter Sand, un avocat expert en loi environnementale, qui a évoqué tant du "jet fuel spills" que du "radiation leakage of nuclear-powered vessels" à Diego Garcia pour souligner à quel point est contestable la précipitation des britanniques à aller de l'avant avec le MPA sur les Chagos sauf à Diégo Garcia alors même que de tels problèmes environnementaux se posent à Diégo garcia précisément.

Après avoir souhaité que les négociations reprennent entre Londres et Port Louis après les élections, Paul Bérenger s'est appesanti sur l'article faisant état des dernières démarches du petit groupe de chagossiens installés à Crawley et regroupés au sein du Diegogarcian Society, qu'il a qualifié de "very disturbing" et qui sont "clairement manipulés" par le gouvernement britannique. Il a aussi évoqué les informations indiquant qu'il y eu une visite de Allen Vincatassin et de cinq autres chagossiens aux Chagos organisée par les britanniques le 20 janvier dernier et qu'il y a aussi une précédente visite le 22 février de l'année dernière. Le leader de l'opposition a qualifié toute cette situation de "très grave" et de "manipulation dangereuse d'un petit groupe de chagossiens" et a invité le gouvernement à réagir promptement.


Hôtellerie

Trou-aux-Biches : embauche de 450 employés en cours

Avec la progression du travail sur le chantier du Trou-aux-Biches Resort & Spa au coût de Rs 3,5 milliards d'investissements, un calendrier de travail serré en matière de recrutements et de stages de perfectionnement a été élaboré. Ainsi, d'ici au 4 avril prochain, les jeunes ou encore les initiés aux métiers de l'hôtellerie peuvent faire acte de candidature pour se joindre à l'équipe (en voie d'être reconstituée) pour reprendre l'aventure au Trou-aux-Biches Resort & Spa.

Pour les besoins de ce recrutement, la New Mauritius Hotels Limited ne lésine pas sur les moyens, avec notamment des actes de candidature en ligne en accédant à l'adresse suivante sur internet, trouauxbichesjob.mu, ou encore en se rendant au desk spécialement aménagé à l'hôtel Trou-aux-Biches. Les responsables de ce groupe hôtelier misent sur l'embauche de 450 nouveaux employés en sus des membres du personnel existant et redéployés entretemps dans d'autres établissements du groupe.

Avec le " processing " des demandes d'emploi et le choix des candidats, les programmes de formation et de perfectionnement, qui s'étaleront sur au moins quatre mois, devront démarrer en juin prochain.

Des possibilités de carrière existent dans les différents corps de métier de l'hôtellerie en l'occurrence, les départements de Food & Beverage (F&B), de maintenance, d'accueil, d'hébergement, du Spa et autres activités sportives et de loisirs. En marge de la réouverture du nouvel établissement hôtelier, le groupe Beachcomber a déjà enclenché des programmes de formation professionnelle dans ce secteur avec également le démarrage d'un programme d'apprentissage sous l'égide de la Beachcomber Training Academy depuis juillet dernier ; avec à la clé la possibilité pour les stagiaires de postuler pour faire partie du personnel du Trou-aux-Biches Resort & Spa.

Pour étoffer son personnel, le groupe Beachcomber pourra s'appuyer sur les programmes de formation qu'a initiés la Fondation Espoir et Développement, qui a touché quelque 300 jeunes habitant le nord de l'île. Ce cours est entièrement financé par la Fondation Espoir et Développement, avec la participation d'animateurs venant de la Beachcomber Training Academy et du Projet Employabilité Jeunes (PEJ). Ceux qui compléteront avec succès le programme seront éventuellement recrutés par le Trou-aux-Biches Resort & Spa.

Le site web du groupe Beachcomber consacré au programme de recrutement pour le " Trou-aux-Biches nouveau " fait un survol des conditions d'emploi, dont des avantages avec système de participation aux profits, d'un fonds de pension, des facilités de prêt logement et d'une assurance-maladie. " Introduit en 1997, le système de participation aux profits permet aux employés de bénéficier de la croissance et des profits de la compagnie. En décembre 2009, les employés des hôtels Beachcomber ont reçu dans le cadre du Profit Sharing Scheme, un boni de productivité équivalant à 1,9 mois de leur salaire de base mensuel, en plus du treizième mois prescrit par l'Etat ", lit-on sur le site internet du groupe.

Un des points d'orgue du Trou-aux-Biches Resort & Spa, demeure le HR Centre, le centre de ressources humaines moderne et spacieux doté d'infrastructures et d'un matériel dernier cri et présenté comme " le premier complexe du genre à Maurice dans le secteur hôtelier ". Le HR Centre devra être opérationnel à compter du mois d'août prochain.

Le centre, couvrant une superficie de plus de 4 000 m2, comprendra un restaurant pour le personnel, une cuisine, des vestiaires pour hommes et dames, un espace pour les uniformes, une zone multimédia, une salle de détente, un jardin intérieur et une réception.

Survol de ce nouveau Centre de ressources humaines.

Les employés pourront prendre avantage des facilités de détente et de loisirs dans la zone multimédia, qui sera dotée d'une dizaine d'ordinateurs avec des facilités d'accès à l'Internet, d'un poste de télévision et d'un coin de lecture. Les jeux de société y sont également prévus.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 7 mars 2010