Le PMSD, comme souvent, sans la présence de son leader,
Xavier-Luc Duval, ni non plus celles de Maurice Allet et Rama
Valayden, a consacré sa conférence hebdomadaire,
hier, presque entièrement à attaquer le leader des
mauves. Soit presque quarante-cinq minutes ! Le porte-parole du
parti a prétendu "ne rien savoir au sujet d'une éventuelle
alliance bleu-blanc-rouge" qui, pourtant, est le sujet de
toutes les conversations depuis le désormais fameux déjeuner
au Château du Réduit, lundi dernier.
La première charge des bleus contre le leader du MMM a
pris appui sur
l'absence de Paul Bérenger au télédon organisé
devant la mairie de Port- Louis pour lever des fonds en faveur
du peuple haïtien victime d'un terrible tremblement de terre.
Selon M. Panglose, "il y a eu dans ce pays des milliers
de morts, un drame humain qui a ému le monde entier. L'Alliance
sociale a décidé d'organiser un télédon
auquel les Mauriciens, fidèles à leurs valeurs essentielles
et au mauricianisme, ont répondu très généreusement".
Toujours, selon M. Panglose, "alors que la Terre entière
s'est solidarisée avec le peuple martyr de Haïti,
une seule personne au monde, en l'occurrence Paul Bérenger,
s'est isolée et a souverainement méprisé
ce peuple dans sa souffrance".
"Pourquoi Bérenger a choisi d'aller à Ebène?"
D'après M. Panglose, Bérenger avait été
invité à participer au télédon, mais
il a refusé cette invitation "sous prétexte
qu'il avait appris qu'il n'allait pas y prendre la parole et,
ensuite, parce que l'Attorney-General et secrétaire général
du PMSD, M. Rama Valayden devait y être présent".
Pour le porte-parole du PMSD, les deux raisons avancées
par Paul Bérenger ne tiennent pas la route parce que "Rama
Valayden avait obtenu que la parole soit aussi donnée à
Paul Bérenger". Ensuite, toujours selon M. Panglose,
"Bérenger a bien côtoyé Rama Valayden
le lendemain lors de la cérémonie du Cavadee à
Ebène. Pourquoi cette distinction ? Cette attitude est
terriblement choquante, surtout quand on la compare avec ce qu'a
fait, dans la conjoncture, l'Alliance sociale et son Premier ministre,
Navin Ramgoolam. Ce dernier et venu, avec sa famille, faire un
don au peuple haïtien", a soutenu M. Panglose. Et,
d'ajouter "qu'il est permis de se demander où se
trouve le sens d'humanisme ? Sûrement pas du côté
du MMM".
Le porte-parole du PMSD a, ensuite, soutenu que, avec l'aide de
l'Express et de Jean-Claude de l'Estrac, qui souhaite une
alliance du MMM avec le Parti travailliste, Paul Bérenger
cherche à déstabiliser l'Alliance sociale. D'après
M. Panglose, Paul Bérenger, acculé et déserté
par ses membres, "étale sa haine en insultant tout
le monde. Tantôt, il insulte Rama Valayden le traitant de
voyou, tantôt Rama Sithanen. Que n'a-t-il pas dit sur Madan
Dulloo qui, maintenant, s'assoit à côté de
lui. Après avoir traité des journalistes en Inde
de "Bullshit", il s'en prend maintenant à Pravin
Jugnauth".
Pour le porte-parole du PMSD, "Bérenger est un
homme esseulé et il panique. Personne ne croit plus en
lui. Son discours n'a plus de mordant. Tout le monde le quitte
et son parti souffre d'une hémorragie permanente. Et, au
fur et à mesure qu'il amorce sa descente aux enfers, ses
attaques contre ses adversaires et surtout contre le PMSD vont
devenir de plus en plus violentes, car il sait que, à chaque
fois que des gens le quittent, c'est, généralement,
pour se joindre au PMSD".
Des dossiers en préparation
M. Panglose a choisi la fin de la conférence pour remercier
le gouvernement de l'Alliance sociale d'avoir baptisé la
jetée pour les bateaux de croisière du nom de Christian
Decotter, un ancien leader du PMSD décédé
et ce après avoir aussi donné le nom de Da Patten
à un remorqueur du port. "C'est là un signe
que le gouvernement reconnaît que ces personnes qui ont
été aux PMSD étaient des patriotes",
a-t-il observé. Il a, mais, très brièvement,
annoncé que le PMSD a constitué des comités
de travail qui produiront, sous peu, des dossiers sur les problèmes
de la drogue, du logement, de l'Education, de l'égalité
des chances et de l'amélioration des salaires.
A l'heure des questions, à Week-End qui le rappelait
que, dans le sillage de la campagne électorale en vue des
élections générales de 2005, le PMSD avait
pris l'engagement que, durant le présent mandat, il veillera
pour qu'un salaire minimum vital en faveur des travailleurs soit
imposé dans le pays, M. Panglose a répliqué
que, "le PMSD se penche toujours sur la question".
A la remarque que cinq années toutefois cela fait un peu
long, M. Panglose a murmuré
"nous nous penchons
sérieusement et nous ne laisserons pas tomber".
Défections au MMM
Xavier Duval: "Toutes les semaines nous allons faire une
équipe démissionner"
Les démissions au sein du MMM n'ont rien d'étonnant.
D'ailleurs d'autres suivront, indique le vice Premier ministre
et ministre du Tourisme, Xavier Duval. Il s'est confié
à a presse, jeudi dernier, lors de la cérémonie
de dévoilement de la nouvelle identité Nestlé
Professional, au Suffren.
Selon Xavier Duval "chaque parti politique connaît
des hauts et des bas. Au MMM, le moment est arrivé. Car
les quatre ans et demi que le parti a passé au pouvoir,
avec un Premier ministre MMM à la barre, ont été
décevants pour la population". Aujourd'hui, indique-t-il,
nous ne pouvons pas oublier que l'Alliance sociale, depuis quatre
ans et demi qu'il est au pouvoir a effectué un bon travail.
"Dans tous les secteurs nous avons bien travaillé.
Nous n'avons pas tout fait, mais nous avons fait un parcours sans
faute", estime le VPM. C'est pourquoi, dit-il, l'Alliance
sociale réclame un autre mandat à la population
afin de continuer sur sa lancée. Et de confier qu'effectivement
le PMSD tire les ficelles derrière les défections
au sein du MMM. "Nous ne pouvons pas empêcher les
gens de démissionner. Et je dirai franchement qu'il y a
une longue liste de démission à prévoir.
Toutes les semaines, nous allons faire une équipe démissionner",
indique Xavier Duval. Le VPM explique que si ces personnes n'ont
pas démissionné avant, c'est parce qu'aujourd'hui
elles réalisent quel travail est en train d'être
abattu par l'Alliance sociale. "
Affaire Subutex, Église Chrétienne : "si
vremem ti ena enn zafer, ale donn enn deposisyon lapolis"
Abordant ses "absences" dans les fonctions officielles,
comme notées par certains, le VPM assure que tel n'est
pas le cas. Faisant ressortir qu'il n'est pas vrai de dire qu'il
évite les fonctions officielles, Xavier Duval rapelle que
"hier même (NDLR : mercredi soir), j'étais
dans une fonction officielle". Il soutient que "comme
l'a dit le Premier ministre, depuis quatre ans et demi que nous
sommes au pouvoir et douze ans que nous sommes en alliance avec
le Ptr, c'est avant tout une relation de confiance qui existe".
Le leader du PMSD affirme qu'il n'existe aucun froid entre son
parti et celui du Premier ministre. Quant aux dires de l'opposition
MMM que l'affaire Subutex et l'Eglise Chrétienne gêne
le PMSD, Xavier Duval déclare "si vremem ti ena
enn zafer, ale donn enn deposisyon lapolis".
Nando Bodha, secrétaire-général du MSM:
"C'est dans les habitudes de Bérenger d'humilier
ses adversaires du moment"
"Une véritable insulte!": c'est ainsi
que Nando Bodha, secrétaire-général du MSM
a qualifié la formule utilisée par le leader du
MMM, pour qualifier le leader de son parti, Pravind Jugnauth sur
les ondes d'une radio privée. "Nous sommes choqués,
blessés, révoltés et très en colère
de ces propos. Paul Bérenger a pour agenda de dénigrer
Pravind Jugnauth en vue de déstabiliser le MSM".
M. Bodha soutient que c'est dans les habitudes de M. Bérenger
"d'humilier" ses adversaires du moment. Or, dit-il,
"le temps de l'esclavage est révolu de même
que la mentalité de colon. Une mentalité que nous
dénonçons et qui refait surface, de temps en temps!"
Le secrétaire-général du MSM trouve que les
propos qu'il reproche à Paul Bérenger sont "indignes
d'un ancien Premier ministre et actuel leader de l'Opposition".
"Pour nous, il s'enfonce dans la bassesse et cela est triste
pour un ancien Premier ministre".
Nando Bodha trouve "évident" que ce "dérapage"
de Paul Bérenger s'explique par "la panique"
qui gagne le MMM; parti au sein duquel, selon lui, nombreux
sont ceux qui "refusent d'aller à l'abattoir"
et préfèrent "abandonner le navire".
Rappelant que le leader du MSM avait, en octobre de l'année
dernière, déclaré que Paul Bérenger
et le MMM seront les "adversaires directs" du
MSM, M. Bodha affirme que, plus que jamais, son parti entend combattre
le MMM "avec détermination" sans, néanmoins,
assure-t-il, "descendre dans la bassesse".
Le créole comme langue optionnelle à l'école
Paul Bérenger accueille favorablement la récente
prise de position de Ramgoolam
Paul Bérenger, leader de l'Opposition et du MMM accueille
favorablement la récente prise de position du Premier ministre
et leader du PTr, Navin Ramgoolam en faveur du créole comme
langue optionnelle à l'école. "Mieux vaut tard
que jamais", a-t-il commenté, hier, en souhaitant
que l'on rattrape "le temps perdu depuis 2005 par fanatisme
politique de l'Alliance sociale". En accueillant tout aussi
favorablement la décision du gouvernement de "rectifier
le tir" dans l'affaire de la subvention suspendue de l'Association
des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM), M. Bérenger
estime qu'il serait bon que le gouvernement corrige aussi le tir,
d'une part, pour ce qui est de la MBC, de l'autre, en ce qu'il
s'agit de la publicité gouvernementale.
Paul Bérenger salue, de nouveau, le "courage"
et la "détermination" de Jayen Chellum tout au
long de sa récente grève de la faim de même
que l'attitude "exemplaire" de l'épouse et des
enfants de ce dernier pendant ces moments "difficiles".
"Il est bon, dit-il, que le gouvernement ait corrigé
le tir dans cette affaire" qui, pour le leader de l'Opposition,
relevait d'un "principe démocratique" au delà
d'une simple question de sous. Dans la foulée, M. Bérenger
soutient que la station nationale de radio/télévision
est "pire que jamais" et agirait en "pire paillasson".
Il cite, à cet effet, l'exemple même de la grève
de la faim du secrétaire général de l'ACIM
quand, déclare le leader du MMM, la MBC n'aura, finalement,
décidé de "débarquer" qu'au moment
même où une solution aura été trouvée
au conflit. Il cite aussi les exemples de ce qu'il qualifie de
"fausses démissions" au sein de son parti largement
rapportées par la MBC/tv alors que, dit-il, la "presse
crédible et indépendante" n'en fait pas grand
cas.
Quant à la publicité gouvernementale, Paul Bérenger
cite les derniers chiffres disponibles qui, dit-il, laissent voir
que Le Matinal, que M. Bérenger qualifie "d'un autre
paillasson par écrit", a reçu de juillet à
décembre 2009 Rs 5 574 000 de publicité gouvernementale
alors que L'express, par exemple, n'aura obtenu que Rs 234 000.
Ce qui, dit-il, est "indécent" et constitue "un
viol de la démocratie". Le leader de l'Opposition
explique qu'en la matière, le "mauvais exemple"
du gouvernement est suivi par Mauritius Telecom (MT) qui, pour
la même période, a accordé Rs 3 millions au
Matinal et seulement Rs 27 000 à L'express.
En vue de "ne pas perdre la face", il serait bon, selon
Paul Bérenger, que le gouvernement nomme une "personnalité
indépendante" à l'exemple d'un ancien juge
en vue de déterminer les critères selon lesquels
la publicité gouvernementale serait allouée en vue
de donner "value for money" et ce, sans pour autant
pénaliser les journaux à petit tirage.
Le leader de l'Opposition accueille, d'autre part, favorablement
la prise de position du Premier ministre par rapport au créole
à l'école comme exprimée, lundi, à
la cérémonie de commémoration de l'abolition
de l'esclavage. "Mieux vaut tard que jamais", dit-il.
Tout en renouvelant son appel pour que cette question ne soit
"ni politisée, ni communalisée", M. Bérenger
rappelle que le créole est "la langue maternelle de
la quasi-totalité des Mauriciens de toutes les communautés".
Comité Hookoomsing et grafi larmoni
Le leader de l'Opposition souligne qu'il est mondialement reconnu
que la langue maternelle est le médium idéal pour
l'apprentissage d'autres matières dont d'autres langues.
Aussi, soutient-il, il est faux de penser, comme certains l'estiment,
que l'introduction du créole à l'école se
ferait au détriment d'autres langues telles l'anglais,
le français ou les langues orientales. C'est le contraire
qui est vrai, soutient-il. Concernant son parti, Paul Bérenger
indique que non seulement la promotion de la langue créole
a toujours fait partie du programme gouvernemental du MMM, au
pouvoir après 2000, mais que le ministre MMM de l'Education,
Steve Obeegadoo avait nommé un comité d'experts.
Présidé par le professeur Vinesh Hookoomsing de
l'Université de Maurice et comprenant des universitaires
et membres du Mauritius Institute of Education (MIE) dont M. Arnaud
Carpooran et Mme Daniella Police-Michel, ce comité avait
rédigé un rapport intitulé "Harmonised
Writing System for Mauritian Kreol", qui a donné naissance
à la codification de la grafi larmoni "unanimement
acceptée". Par la suite, explique M. Bérenger,
un projet-pilote d'introduction du créole à l'école
fut initié dans trois établissements primaires,
dont l'un à Roche-Bois et l'autre à Rodrigues.
Ce "grand pas en avant" devait, "malheureusement",
estime le leader du MMM, être remis en question après
2005 "par fanatisme politique" du nouveau gouvernement
de l'Alliance sociale. "Si, dit-il, on avait, alors, poursuivi
ce qui avait déjà été entrepris, l'on
serait arrivé très loin". Le Premier ministre
s'étant, finalement, prononcé pour, "mieux
vaut tard que jamais", met en avant Paul Bérenger,
soutenant par ailleurs qu'il est, désormais, nécessaire
de "rattraper le temps perdu depuis 2005".
La hausse au taux maximal du prix de l'essence, cette semaine,
soit par Rs 4.00 le litre "au moment même où
le prix dégringole par 5% sur le marché mondial"
est aussi commenté par le leader de l'Opposition. M. Bérenger
cite l'agence de presse, Reuters qui a parlé, cette semaine,
de "biggest drop since july" du prix du brut qui, explique
le leader du MMM, est descendu à US $ 71 après avoir
dépassé, en janvier, la barre des US $ 80. Il trouve
"choquant" que la population paye encore pour "les
gaffes passées" de la State Trading Corporation (STC),
particulièrement, dans l'affaire de "hedging".
Invité, par ailleurs, à commenter ce qu'il convient
d'appeler l'affaire Ah Fat, Paul Bérenger s'est, tout simplement,
contenté de dire que les "fracas" de ce dernier
à la STC sont "du domaine public". Il évoque,
notamment, le "fiasco du gros pois" de même que
"la farine qui n'est jamais arrivée à destination".
De manière ironique, le leader du MMM dit espérer
que le trésorier du PTr "ne gère pas les affaires
de son parti selon la même méthode de gestion à
la STC".
Par rapport au conflit opposant les syndicats de la Fonction publique
au secrétaire financier, M. Ali Mansoor, au sujet des recrutements
et des promotions au sein de la Fonction publique, le leader de
l'Opposition souhaite que le ministre des Finances, M. Rama Sithanen
vienne éclaircir la situation.
Achat de 20,000 tonnes de riz "ration" - "Perte
de Rs 140 millions", selon le leader de l'Opposition