p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 7 février 2010



  Politique - Le PMSD consacre une conférence entière à descendre Bérenger
  Défections au MMM - Xavier Duval: "Toutes les semaines nous allons faire une équipe démissionner"
  Nando Bodha, secrétaire-général du MSM: - "C'est dans les habitudes de Bérenger d'humilier ses adversaires du moment"
  Le créole comme langue optionnelle à l'école - Paul Bérenger accueille favorablement la récente prise de position de Ramgoolam
  Comores - L'opposant Said Larifou en tournée
  Michel Hardy, grand-prêtre de l'Église Chrétienne - "Nous avons des relations cordiales avec XLD"
  Ça va se savoir


Politique

Le PMSD consacre une conférence entière à descendre Bérenger

Le PMSD, comme souvent, sans la présence de son leader, Xavier-Luc Duval, ni non plus celles de Maurice Allet et Rama Valayden, a consacré sa conférence hebdomadaire, hier, presque entièrement à attaquer le leader des mauves. Soit presque quarante-cinq minutes ! Le porte-parole du parti a prétendu "ne rien savoir au sujet d'une éventuelle alliance bleu-blanc-rouge" qui, pourtant, est le sujet de toutes les conversations depuis le désormais fameux déjeuner au Château du Réduit, lundi dernier.

La première charge des bleus contre le leader du MMM a pris appui sur

l'absence de Paul Bérenger au télédon organisé devant la mairie de Port- Louis pour lever des fonds en faveur du peuple haïtien victime d'un terrible tremblement de terre. Selon M. Panglose, "il y a eu dans ce pays des milliers de morts, un drame humain qui a ému le monde entier. L'Alliance sociale a décidé d'organiser un télédon auquel les Mauriciens, fidèles à leurs valeurs essentielles et au mauricianisme, ont répondu très généreusement". Toujours, selon M. Panglose, "alors que la Terre entière s'est solidarisée avec le peuple martyr de Haïti, une seule personne au monde, en l'occurrence Paul Bérenger, s'est isolée et a souverainement méprisé ce peuple dans sa souffrance".

"Pourquoi Bérenger a choisi d'aller à Ebène?"

D'après M. Panglose, Bérenger avait été invité à participer au télédon, mais il a refusé cette invitation "sous prétexte qu'il avait appris qu'il n'allait pas y prendre la parole et, ensuite, parce que l'Attorney-General et secrétaire général du PMSD, M. Rama Valayden devait y être présent". Pour le porte-parole du PMSD, les deux raisons avancées par Paul Bérenger ne tiennent pas la route parce que "Rama Valayden avait obtenu que la parole soit aussi donnée à Paul Bérenger". Ensuite, toujours selon M. Panglose, "Bérenger a bien côtoyé Rama Valayden le lendemain lors de la cérémonie du Cavadee à Ebène. Pourquoi cette distinction ? Cette attitude est terriblement choquante, surtout quand on la compare avec ce qu'a fait, dans la conjoncture, l'Alliance sociale et son Premier ministre, Navin Ramgoolam. Ce dernier et venu, avec sa famille, faire un don au peuple haïtien", a soutenu M. Panglose. Et, d'ajouter "qu'il est permis de se demander où se trouve le sens d'humanisme ? Sûrement pas du côté du MMM".

Le porte-parole du PMSD a, ensuite, soutenu que, avec l'aide de l'Express et de Jean-Claude de l'Estrac, qui souhaite une alliance du MMM avec le Parti travailliste, Paul Bérenger cherche à déstabiliser l'Alliance sociale. D'après M. Panglose, Paul Bérenger, acculé et déserté par ses membres, "étale sa haine en insultant tout le monde. Tantôt, il insulte Rama Valayden le traitant de voyou, tantôt Rama Sithanen. Que n'a-t-il pas dit sur Madan Dulloo qui, maintenant, s'assoit à côté de lui. Après avoir traité des journalistes en Inde de "Bullshit", il s'en prend maintenant à Pravin Jugnauth".

Pour le porte-parole du PMSD, "Bérenger est un homme esseulé et il panique. Personne ne croit plus en lui. Son discours n'a plus de mordant. Tout le monde le quitte et son parti souffre d'une hémorragie permanente. Et, au fur et à mesure qu'il amorce sa descente aux enfers, ses attaques contre ses adversaires et surtout contre le PMSD vont devenir de plus en plus violentes, car il sait que, à chaque fois que des gens le quittent, c'est, généralement, pour se joindre au PMSD".

Des dossiers en préparation

M. Panglose a choisi la fin de la conférence pour remercier le gouvernement de l'Alliance sociale d'avoir baptisé la jetée pour les bateaux de croisière du nom de Christian Decotter, un ancien leader du PMSD décédé et ce après avoir aussi donné le nom de Da Patten à un remorqueur du port. "C'est là un signe que le gouvernement reconnaît que ces personnes qui ont été aux PMSD étaient des patriotes", a-t-il observé. Il a, mais, très brièvement, annoncé que le PMSD a constitué des comités de travail qui produiront, sous peu, des dossiers sur les problèmes de la drogue, du logement, de l'Education, de l'égalité des chances et de l'amélioration des salaires.

A l'heure des questions, à Week-End qui le rappelait que, dans le sillage de la campagne électorale en vue des élections générales de 2005, le PMSD avait pris l'engagement que, durant le présent mandat, il veillera pour qu'un salaire minimum vital en faveur des travailleurs soit imposé dans le pays, M. Panglose a répliqué que, "le PMSD se penche toujours sur la question". A la remarque que cinq années toutefois cela fait un peu long, M. Panglose a murmuré … "nous nous penchons sérieusement et nous ne laisserons pas tomber".


Défections au MMM

Xavier Duval: "Toutes les semaines nous allons faire une équipe démissionner"

Les démissions au sein du MMM n'ont rien d'étonnant. D'ailleurs d'autres suivront, indique le vice Premier ministre et ministre du Tourisme, Xavier Duval. Il s'est confié à a presse, jeudi dernier, lors de la cérémonie de dévoilement de la nouvelle identité Nestlé Professional, au Suffren.

Selon Xavier Duval "chaque parti politique connaît des hauts et des bas. Au MMM, le moment est arrivé. Car les quatre ans et demi que le parti a passé au pouvoir, avec un Premier ministre MMM à la barre, ont été décevants pour la population". Aujourd'hui, indique-t-il, nous ne pouvons pas oublier que l'Alliance sociale, depuis quatre ans et demi qu'il est au pouvoir a effectué un bon travail. "Dans tous les secteurs nous avons bien travaillé. Nous n'avons pas tout fait, mais nous avons fait un parcours sans faute", estime le VPM. C'est pourquoi, dit-il, l'Alliance sociale réclame un autre mandat à la population afin de continuer sur sa lancée. Et de confier qu'effectivement le PMSD tire les ficelles derrière les défections au sein du MMM. "Nous ne pouvons pas empêcher les gens de démissionner. Et je dirai franchement qu'il y a une longue liste de démission à prévoir. Toutes les semaines, nous allons faire une équipe démissionner", indique Xavier Duval. Le VPM explique que si ces personnes n'ont pas démissionné avant, c'est parce qu'aujourd'hui elles réalisent quel travail est en train d'être abattu par l'Alliance sociale. "

Affaire Subutex, Église Chrétienne : "si vremem ti ena enn zafer, ale donn enn deposisyon lapolis"

Abordant ses "absences" dans les fonctions officielles, comme notées par certains, le VPM assure que tel n'est pas le cas. Faisant ressortir qu'il n'est pas vrai de dire qu'il évite les fonctions officielles, Xavier Duval rapelle que "hier même (NDLR : mercredi soir), j'étais dans une fonction officielle". Il soutient que "comme l'a dit le Premier ministre, depuis quatre ans et demi que nous sommes au pouvoir et douze ans que nous sommes en alliance avec le Ptr, c'est avant tout une relation de confiance qui existe". Le leader du PMSD affirme qu'il n'existe aucun froid entre son parti et celui du Premier ministre. Quant aux dires de l'opposition MMM que l'affaire Subutex et l'Eglise Chrétienne gêne le PMSD, Xavier Duval déclare "si vremem ti ena enn zafer, ale donn enn deposisyon lapolis".


Nando Bodha, secrétaire-général du MSM:

"C'est dans les habitudes de Bérenger d'humilier ses adversaires du moment"

"Une véritable insulte!": c'est ainsi que Nando Bodha, secrétaire-général du MSM a qualifié la formule utilisée par le leader du MMM, pour qualifier le leader de son parti, Pravind Jugnauth sur les ondes d'une radio privée. "Nous sommes choqués, blessés, révoltés et très en colère de ces propos. Paul Bérenger a pour agenda de dénigrer Pravind Jugnauth en vue de déstabiliser le MSM".

M. Bodha soutient que c'est dans les habitudes de M. Bérenger "d'humilier" ses adversaires du moment. Or, dit-il, "le temps de l'esclavage est révolu de même que la mentalité de colon. Une mentalité que nous dénonçons et qui refait surface, de temps en temps!" Le secrétaire-général du MSM trouve que les propos qu'il reproche à Paul Bérenger sont "indignes d'un ancien Premier ministre et actuel leader de l'Opposition". "Pour nous, il s'enfonce dans la bassesse et cela est triste pour un ancien Premier ministre".

Nando Bodha trouve "évident" que ce "dérapage" de Paul Bérenger s'explique par "la panique" qui gagne le MMM; parti au sein duquel, selon lui, nombreux sont ceux qui "refusent d'aller à l'abattoir" et préfèrent "abandonner le navire". Rappelant que le leader du MSM avait, en octobre de l'année dernière, déclaré que Paul Bérenger et le MMM seront les "adversaires directs" du MSM, M. Bodha affirme que, plus que jamais, son parti entend combattre le MMM "avec détermination" sans, néanmoins, assure-t-il, "descendre dans la bassesse".


Le créole comme langue optionnelle à l'école

Paul Bérenger accueille favorablement la récente prise de position de Ramgoolam

Paul Bérenger, leader de l'Opposition et du MMM accueille favorablement la récente prise de position du Premier ministre et leader du PTr, Navin Ramgoolam en faveur du créole comme langue optionnelle à l'école. "Mieux vaut tard que jamais", a-t-il commenté, hier, en souhaitant que l'on rattrape "le temps perdu depuis 2005 par fanatisme politique de l'Alliance sociale". En accueillant tout aussi favorablement la décision du gouvernement de "rectifier le tir" dans l'affaire de la subvention suspendue de l'Association des Consommateurs de l'île Maurice (ACIM), M. Bérenger estime qu'il serait bon que le gouvernement corrige aussi le tir, d'une part, pour ce qui est de la MBC, de l'autre, en ce qu'il s'agit de la publicité gouvernementale.

Paul Bérenger salue, de nouveau, le "courage" et la "détermination" de Jayen Chellum tout au long de sa récente grève de la faim de même que l'attitude "exemplaire" de l'épouse et des enfants de ce dernier pendant ces moments "difficiles". "Il est bon, dit-il, que le gouvernement ait corrigé le tir dans cette affaire" qui, pour le leader de l'Opposition, relevait d'un "principe démocratique" au delà d'une simple question de sous. Dans la foulée, M. Bérenger soutient que la station nationale de radio/télévision est "pire que jamais" et agirait en "pire paillasson". Il cite, à cet effet, l'exemple même de la grève de la faim du secrétaire général de l'ACIM quand, déclare le leader du MMM, la MBC n'aura, finalement, décidé de "débarquer" qu'au moment même où une solution aura été trouvée au conflit. Il cite aussi les exemples de ce qu'il qualifie de "fausses démissions" au sein de son parti largement rapportées par la MBC/tv alors que, dit-il, la "presse crédible et indépendante" n'en fait pas grand cas.

Quant à la publicité gouvernementale, Paul Bérenger cite les derniers chiffres disponibles qui, dit-il, laissent voir que Le Matinal, que M. Bérenger qualifie "d'un autre paillasson par écrit", a reçu de juillet à décembre 2009 Rs 5 574 000 de publicité gouvernementale alors que L'express, par exemple, n'aura obtenu que Rs 234 000. Ce qui, dit-il, est "indécent" et constitue "un viol de la démocratie". Le leader de l'Opposition explique qu'en la matière, le "mauvais exemple" du gouvernement est suivi par Mauritius Telecom (MT) qui, pour la même période, a accordé Rs 3 millions au Matinal et seulement Rs 27 000 à L'express.

En vue de "ne pas perdre la face", il serait bon, selon Paul Bérenger, que le gouvernement nomme une "personnalité indépendante" à l'exemple d'un ancien juge en vue de déterminer les critères selon lesquels la publicité gouvernementale serait allouée en vue de donner "value for money" et ce, sans pour autant pénaliser les journaux à petit tirage.

Le leader de l'Opposition accueille, d'autre part, favorablement la prise de position du Premier ministre par rapport au créole à l'école comme exprimée, lundi, à la cérémonie de commémoration de l'abolition de l'esclavage. "Mieux vaut tard que jamais", dit-il. Tout en renouvelant son appel pour que cette question ne soit "ni politisée, ni communalisée", M. Bérenger rappelle que le créole est "la langue maternelle de la quasi-totalité des Mauriciens de toutes les communautés".

Comité Hookoomsing et grafi larmoni

Le leader de l'Opposition souligne qu'il est mondialement reconnu que la langue maternelle est le médium idéal pour l'apprentissage d'autres matières dont d'autres langues. Aussi, soutient-il, il est faux de penser, comme certains l'estiment, que l'introduction du créole à l'école se ferait au détriment d'autres langues telles l'anglais, le français ou les langues orientales. C'est le contraire qui est vrai, soutient-il. Concernant son parti, Paul Bérenger indique que non seulement la promotion de la langue créole a toujours fait partie du programme gouvernemental du MMM, au pouvoir après 2000, mais que le ministre MMM de l'Education, Steve Obeegadoo avait nommé un comité d'experts.

Présidé par le professeur Vinesh Hookoomsing de l'Université de Maurice et comprenant des universitaires et membres du Mauritius Institute of Education (MIE) dont M. Arnaud Carpooran et Mme Daniella Police-Michel, ce comité avait rédigé un rapport intitulé "Harmonised Writing System for Mauritian Kreol", qui a donné naissance à la codification de la grafi larmoni "unanimement acceptée". Par la suite, explique M. Bérenger, un projet-pilote d'introduction du créole à l'école fut initié dans trois établissements primaires, dont l'un à Roche-Bois et l'autre à Rodrigues.

Ce "grand pas en avant" devait, "malheureusement", estime le leader du MMM, être remis en question après 2005 "par fanatisme politique" du nouveau gouvernement de l'Alliance sociale. "Si, dit-il, on avait, alors, poursuivi ce qui avait déjà été entrepris, l'on serait arrivé très loin". Le Premier ministre s'étant, finalement, prononcé pour, "mieux vaut tard que jamais", met en avant Paul Bérenger, soutenant par ailleurs qu'il est, désormais, nécessaire de "rattraper le temps perdu depuis 2005".

La hausse au taux maximal du prix de l'essence, cette semaine, soit par Rs 4.00 le litre "au moment même où le prix dégringole par 5% sur le marché mondial" est aussi commenté par le leader de l'Opposition. M. Bérenger cite l'agence de presse, Reuters qui a parlé, cette semaine, de "biggest drop since july" du prix du brut qui, explique le leader du MMM, est descendu à US $ 71 après avoir dépassé, en janvier, la barre des US $ 80. Il trouve "choquant" que la population paye encore pour "les gaffes passées" de la State Trading Corporation (STC), particulièrement, dans l'affaire de "hedging".

Invité, par ailleurs, à commenter ce qu'il convient d'appeler l'affaire Ah Fat, Paul Bérenger s'est, tout simplement, contenté de dire que les "fracas" de ce dernier à la STC sont "du domaine public". Il évoque, notamment, le "fiasco du gros pois" de même que "la farine qui n'est jamais arrivée à destination". De manière ironique, le leader du MMM dit espérer que le trésorier du PTr "ne gère pas les affaires de son parti selon la même méthode de gestion à la STC".

Par rapport au conflit opposant les syndicats de la Fonction publique au secrétaire financier, M. Ali Mansoor, au sujet des recrutements et des promotions au sein de la Fonction publique, le leader de l'Opposition souhaite que le ministre des Finances, M. Rama Sithanen vienne éclaircir la situation.


Achat de 20,000 tonnes de riz "ration" - "Perte de Rs 140 millions", selon le leader de l'Opposition

Paul Bérenger accuse la State Trading Corporation (STC) d'avoir, "de nouveau fané" lors de l'achat d'une cargaison de 20,000 tonnes de riz "ration". Il assure qu'après avoir, lors d'un premier exercice d'appel d'offres, obtenu pour plus faible cotation une offre de US $ 383 la tonne, un exercice renouvelé "par suite de cafouillage" a fait que la meilleure offre ait été de US $ 607 la tonne.

"Ainsi, pour l'achat de 20,000 tonnes de riz, le pays aura perdu Rs 140 millions. Enough is enough!", s'insurge le leader de l'Opposition. Selon lui, si , pour quelque raison, l'offre la plus basse lors du premier exercice d'appel d'offres ne pouvait être acceptée, il aurait fallu opter pour le "next best". Or, selon M. Bérenger, l'on aurait choisi d'avoir recours à un nouvel exercice d'appel d'offres avec, pour conséquence, qu'entre-temps, le prix du riz sur le marché mondial a pris l'ascenseur. "Par la faute de la STC, l'on aura à dépenser davantage", affirme le leader de l'Opposition.


Comores

L'opposant Said Larifou en tournée

Le principal opposant au régime de Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, l'actuel président des Comores, l'avocat Said Larifou était en début de semaine en visite à Maurice dans le cadre d'une tournée dans la région visant à sensibiliser les dirigeants politiques concernés à la situation qui prévaut dans l'archipel. Il s'est également rendu à Madagascar, en Tanzanie, en Afrique du sud et à Addis Abeba, au siège de l'Union africaine.

Lors de son court séjour chez nous, Said Larifou a tour à tour rencontré l'Attorney General, Rama Valayden, une connaissance de longue date de même que le leader de l'opposition Paul Bérenger, qui, selon le visiteur, "connaît très bien les Comores, l'Afrique et les pays de la zone". Il n'a pu rencontrer le Premier ministre, Navin Ramgoolam et d'autres ministres étant donné la brièveté de son séjour et l'agenda chargé des dirigeants du gouvernement pris dans les célébrations du 175e anniversaire de l'abolition de l'esclavage.

Avec ses interlocuteurs mauriciens, Said Larifou a surtout évoqué les velléités du président en exercice Sambi de se maintenir au pouvoir au delà de la date limite de son mandat : le 26 mai 2010. Il veut d'ailleurs que les présidentielles se tiennent dans les délais prévus.

L'Union des Comores a, comme on le sait, adopté, en décembre 2001, une Constitution qui prévoit une présidence tournante pour l'archipel. Après que la Grande Comore a désigné le Colonel Azzali, à Anjouan, le président Sambi, c'est au tour de l'île Moheli de choisir son représentant en mai prochain.

Les partis d'opposition des Comores se sont fixés un grand rendez-vous juste avant l'expiration du mandat du président Sambi, l'organisation d'une grande conférence dont le thème est "convergence pour la tournante en 2010". Les objectifs de ses assises sont, en sus de faire respecter la Constitution, la consolidation des partis et organisations de la société civile.

Le départ dans les délais par le président Sambi est d'autant plus réclamé que l'opposition soutient que son mandat a été marqué par un recul sur le plan économique avec une croissance en baisse, un déficit commercial en hausse, une expansion de la masse salariale, un chômage grandissant parmi les jeunes, la montée des conflits communautaires, la dégradation des mœurs et l'appauvrissement de la population.

Sont aussi mises à l'index la gestion des sociétés d'Etat, celle des finances publiques et l'absence de transparence dans l'utilisation de l'aide étrangère.


Michel Hardy, grand-prêtre de l'Église Chrétienne

"Nous avons des relations cordiales avec XLD"

Nouvelle rencontre de l'Église Chrétienne avec la presse ce vendredi. Si, la semaine dernière, ce sont les seconds couteaux qui étaient montés au front pour annoncer la tenue d'une journée portes ouvertes, avant-hier, c'est le grand-prêtre lui-même, Michel Hardy dit MIK, qui est monté au créneau pour saluer le succès de la journée portes ouvertes et pour dire que l'Église Chrétienne ne se mêle pas de politique.

Il a néanmoins reconnu "entretenir des relations cordiales avec Xavier Duval", que son épouse Audrey Bax-Hardy était déjà une amie de Sir Gaëtan Duval et la relation avec le fils de l'ancien leader du PMSD est donc ancienne. Michel Hardy a tenu à préciser que sa famille a aussi des amis dans d'autres partis politiques. Il ne les a, toutefois, pas cités nommément, comme il l'a fait pour XLD.

Autre précision apportée: que l'Église Chrétienne ne force pas le mariage entre ses jeunes adeptes, comme cela avait été denoncé dans plusieurs cas, comme celui de Hayley Goddard.

"Jésus a été élevé à son plus haut niveau"

C'était, par ailleurs, Jésus à toutes les sauces dimanche dernier pour la journée portes ouvertes de l'Église Chrétienne à Trianon. "Nous proclamons Jésus et nous proclamons qu'il est ressuscité" : cette phrase a défilé tout au long de la journée.

Au programme, toute une panoplie d'activités pour présenter l'EC et, par-là même, "dissiper les doutes et les incompréhensions." A travers des sketchs et des mimes, les acteurs - jeunes et moins jeunes, n'ont pas manqué de proclamer les louanges du Seigneur en jonglant avec divers thèmes notamment la cellule familliale.

Si certains témoignages avaient l'air sincère, pour d'autres, on voyait clairement que la joie qu'ils disaient ressentir ne se reflétait nullement dans leurs propos. On doit aussi souligner que pour une association qui dit dépendre entièrement de la générosité des chrétiens pour des dons, l'EC est à la pointe de la technologie!


Ça va se savoir

Dan Callikan et son "jimmy jib"

Il n'y a pas que l'affaire Ah Fat Lan Hing Choy qui agite la MBC et son directeur en ce moment. Une autre est venue s'y greffer. Il s'agit d'un équipement sophistiqué pour des prises de vue dans les foules connu sous le nom de "jimmy jib" , acheté à Rs 1,5 millions mais resté depuis plus d'une année au garage, que le directeur veut absolument utiliser pour filmer le Premier ministre lors de ses déplacements à Ganga Talao la semaine prochaine et éventuellement lors de la prochaine campagne électorale. Il était question de faire venir un Sud-Africain pour le maniement de l'appareil qui demande un formation assez pointue, mais l'idée a été abandonnée en raison de son budget élevé. Dan Callikan a donc décidé que ce sont les cameramen en poste et sans formation qui utiliseront le "jimmy jib". Lors d'une réunion de chefs de départements cette semaine, le chef de la section production a bien tenté de faire entendre raison au directeur en soulignant que cela implique des aspects de "health and safety" qu'il ne faut pas négliger, mais il s'est fait rabrouer.

Ah Fat Lan Hing Choy menace puis se ravise

Le trésorier du PTr, Ah Fat Lan Hing Choy, n'a finalement pas donné de suite à la menace de démission qu'il a brandie jeudi. Le controversé conseiller qui gravite dans le giron de Rajesh Jeetah, où qu'il aille, du Commerce à la Santé, a décidé de ne pas claquer la porte après deux longs tête à têtes, jeudi et vendredi, avec le leader de son parti, Navin Ramgoolam. Il en avait ras-le-bol de l'attitude du directeur de la MBC, vis à vis de sa fille Nicole. Dan Callikan voulait la muter de la production à la présentation des bulletins en langue anglaise. Aussi, le trésorier rouge n'a-t-il pas manqué, comme beaucoup d'autres au sein du PTr, de fustiger les transfuges qui ont accaparé le parti et qui dictent leur loi. On ne sait pas si le Premier ministre imposera à Dan Callikan le statu quo pour Nicole Lan Hing Choy, mais il semble qu'il ait eu des arguments suffisamment convaincants pour retenir Ah Fat. Encore un épisode de "lettre démission dans poche", diront les plus ironiques.

La suspension de Gérard Grivon et de Jairaj Babajee - Elle est maintenue jusqu'au prochain comité central

La suspension de Gérard Grivon et de Jairaj Babajee, décidée par le bureau politique du MMM à sa réunion de mardi dernier a fait l'objet de discussions hier à la réunion du comité central de ce parti. Comme les deux dirigeants, Steve Obeegadoo et Jean-Claude Barbier, qui ont été mandatés par le MMM pour entendre leurs explications sur la rencontre qu'ils ont eue avec le Premier ministre le mercredi 27 janvier n'ont pu les joindre, le comité central a décidé de maintenir leur suspension jusqu'à la prochaine réunion de cette instance dans quinze jours. Ils devraient, d'ici là, avoir eu l'occasion de s'expliquer. Ce n'est qu'après avoir entendu leurs explications que le MMM prendra une décision définitive à leur sujet.



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