Faits et effets…
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Mind your language…
Juste pour rire
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SAJ n'attend plus le train, il se fait lui-même chef de gare !
Faits et effets...
Mind your language
Il a beaucoup été question cette semaine de langue,
de langage et d'expression. Commençons par ce qui est positif.
On avance sur le front de la reconnaissance du kréol avec
l'annonce du Premier ministre que cette langue nationale pourra
être prise comme sujet optionnel à l'école.
La conversion est trop soudaine pour ne pas être un peu
suspecte. Et le jour où la décision a été
annoncée par Navin Ramgoolam, un 1er février, trop
symbolique pour ne pas relever du champ de l'opportunisme politique.
Il y a à peine deux semaines, le ministre de l'Éducation,
Vasant Bunwaree, disait que le gouvernement n'était pas
"convaincu". Il était resté dans
tellement de généralités que l'on avait même
cru qu'il remettait en question l'utilisation du kréol
comme médium d'enseignement. Le PM lui-même, en plein
débat sur cette question, avait laissé apparaître
une certaine réticence. D'autant que ses soutiens les plus
vocaux au niveau socio-culturel avaient fait une sortie en règle
contre le kréol en langue optionnelle à l'école.
Mais, voilà, on est à la veille des élections
et il n'est pas question d'ouvrir des foyers de tension surtout
lorsque les sujets concernés sont à fort contenu
émotionnel et symbolique. Et que des voix, ici aussi, bien
influentes se sont mises de la partie pour appuyer la demande.
Après le kréol, après l'ACIM, faut s'attendre
à tous les revirements possibles d'ici la date des élections
générales.
Venons-en maintenant au "petit crétin"
qui a été la vedette de la semaine. Le leader de
l'opposition, à qui on ne dira jamais assez "mind
your language", a eu une expression malheureuse et il
s'en est expliqué hier à sa conférence de
presse. Nul n'est à l'abri de la critique. Mais encore
faut-il qu'elle se fasse dans les limites de l'honnêteté
et de la mesure. Paul Bérenger aurait certainement pu faire
l'économie d'une telle expression vis-à-vis de Pravind
Jugnauth. Venir parler, comme l'a fait Nando Bodha, de "mentalité
colon", est excessif et, surtout, bourré de relents
racistes et communaux. S'il parle de "colon",
c'est uniquement parce que la peau du leader de l'opposition est
d'une certaine couleur. Lui aussi devrait "mind his language"
au lieu d'essayer d'attiser la division communale.
Ah bon, c'est avoir une mentalité de colon que de traiter
quelqu'un de "petit crétin", qui n'est,
en fait, rien d'autre qu'une version polie de "ti couillon"
ou "ti imbécile"? Nita Deerpalsing et
feu James Burty David doivent tomber dans la même catégorie
puisqu'ils ne se sont pas privés pour traiter, plus d'une
fois, le leader du MSM de "pinocchio" à
l'Assemblée Nationale. Que doit-on donc penser et conclure
de ceux qui, comme Sir Gaëtan Duval, avait parlé de
"malbar sauvage" après qu'il ait été
interpellé et incarcéré en 1989 suite aux
dénonciations du récidiviste Shumoogum à
La Caverne, à la résidence du PM d'alors, Sir Anerood
Jugnauth.
Sir Gaëtan Duval avait, il est vrai, eu le malheur d'appeler
à voter pour Ivan Collendavelloo à la partielle
du 13 juin 1989 à La Caverne/Phnix et cela avait
déplu aux Sheila Bappoo et autres Alain Laridon qui avaient
fait placarder "Qui a tué Azor Adelaide?"
dans tous les coins et recoins de la 15e circonscription. Et que
dire de Sir Anerood Jugnauth qui avait utilisé le mot "démon"
pour qualifier certaines personnes, ce qui avait provoqué
une onde de choc dans le pays en 95 et qui avait abouti au second
retentissant 60/0 de l'histoire du pays! Et quid de "ou
fine get li, so figir kouma enn poutou rasi" envoyé
par le même SAJ à l'endroit de Sheila Bappoo pendant
la campagne électorale de 2000 après sa participation
à un meeting travailliste à Chemin Grenier.
Puisqu'on en est au florilège des mots et des expressions
les plus originaux prononcés par les hommes politiques,
il est bon de souligner que personne n'avait pensé que
Pravind Jugnauth était communal lorsqu'il avait traité
Paul Bérenger de "serpent" ou qu'il ait
un trop grand souci castéiste lorsqu'il s'était
inquiété que Rajesh Jeetah et Balkissoon Hookoom,
tous deux de la même caste, puissent rester au No 7.
Faut-il retourner sur les "créoline" utilisés
par les travaillistes au No 11 par les adversaires de Pravind
Jugnauth en 2005 pour dénigrer les origines de son épouse
et les fleurs envoyées à Sir Anerood Jugnauth et
son épouse traités de "vendère"
sur tous les tons et sous tous les épithètes, les
uns plus insultants que les autres. Tant et si bien que Lady Jugnauth,
déjà épouse de président de la République,
s'était jetée dans la bataille au point où
la Electoral Supervisory Commission dut, pour la première
fois de son histoire, la rappeler à l'ordre.
Il est vrai que ce n'est pas parce que certains dérapent
que tout le monde doit en faire de même. Il faut constamment
se battre pour qu'il y ait un minimum de décorum pas seulement
dans les discours mais aussi dans les comportements et l'action
publique. Nous ne pouvons à cet effet que saluer quelqu'un
comme Reza Issack qui, sur Radio One, vendredi, loin d'emboîter
le pas à Nando Bodha, a temporisé sur le "petit
crétin" de Paul Bérenger, a relativisé
pour demander à savoir dans quelles conditions la déclaration
a été faite et finalement donner à l'incident
le caractère qu'il mérite, celui de la tempête
dans un verre d'eau. Le "petit crétin" avait,
en effet, éclipsé la vraie question du vrai-faux
déjeuner privé de la State House.
Reza Issack a choisi la correction du ton et du verbe peut-être
parce qu'il avait découvert, bien avant tous les intermédiaires
officiels et officieux, les vertus d'une alliance PTr/MMM, lui
qui a, secrètement d'abord et bien moins après,
rencontré Paul Bérenger lorsque sa vie de Lord-Maire
avait été mise à rude épreuve. Tout
n'est apparemment pas perdu lorsque certains politiciens sont
capables d'élégance.
Juste pour rire
SAJ n'attend plus le train, il se fait lui-même chef
de gare !
La démarche du Président de la République,
Sir Anerood Jugnauth, visant à réunir le Premier
ministre Navin Ramgolam (travailliste), Xavier-Luc Duval
(PMSD) et son fils Pravin (MSM) autour d'une même table
sous prétexte d'un "déjeuner privé"
en l'honneur de son ex-homologue mozambicain, Joaquim Chissano,
est, naturellement, interprétée comme le prélude
à une recomposition de l'Alliance bleue-blanc-rouge de
1983-1990. A la seule différence que, cette fois, ce sera
le Parti travailliste qui en serait la locomotive.
Si quelques-uns semblent s'offusquer d'une telle "grossièreté"
de la part du Président - eu égard à l'humiliation
historique que lui fit subir les mêmes travaillistes en
le forçant à faire assermenter les ministres du
présent gouvernement sur la place publique après
le "baté condiré" de juillet 2005 - d'autres,
par contre, préfèrent en sourire. Car, justement
en parlant de locomotive, c'est sur, après tout, que Sir
Anerood aime beaucoup les trains
Il faut, effectivement, se souvenir que, en inégalable
opportuniste qu'il a toujours été tout au long de
sa carrière d'homme public, l'actuel locataire du Réduit
- poste où il entend d'ailleurs jouer les prolongations
- a avoué dans le passé qu'il s'arrange toujours
pour être à l'heure quand passe le train électoral
!
C'était lors d'un meeting organisé à Rivière-des-Anguilles,
en 1990, à un moment critique où le MSM, détenteur
des leviers de commandes gouvernementaux mais sans, toutefois,
une réelle base populaire, était sur le point de
se faire abandonner sur le quai par une alliance PTr-PMSD menée
par le tandem d'enfer Navin, dit Le Lion, et feu Sir Gaëtan
Duval. A l'époque, c'était grâce à
la pression exercée, entre autres, par le duo Jean -Claude
de l'Estrac et Cassam Uteem (toujours eux!) que SAJ put conserver
son poste de Premier ministre pour un quatrième mandat
par le biais d'une réconciliation de la famille dite militante.
Facilitée aussi par les agwas magnifiques que furent Manick
Veerassamy et Gaëtan Pillay, l'alliance MSM-MMM ainsi reconstituée
fut qualifiée par Sir Anerood lui- même de train
de la dernière chance. Quand "train passé
mo pas pou ress lor lagar", avait -t-il lancé
à ce meeting non sans cynisme, lui qui venait juste, pendant
plus de huit années, de faire sauter Paul Bérenger
"couma enn ti bétang da lopposyon".
Comme Montesquieu, Si Anerood doit certainement savoir que la
République est un régime qui demande le plus de
vertus. Mais, allez faire comprendre ce qu'on appelle s'élever
au-dessus de la mêlée à un père, lui-même
bête politique, qui s'est assigné pour mission d'assurer
l'"avenir politique de son fils Trop de différences
ont séparé Sir Anerood Jugnauth du Parti travailliste
depuis les années 60 pour qu'on puisse le croire mû
par le seul intérêt de la Nation. Et, pour pas que
Jugnauth fils "ress lor lagar", SAJ n'attend plus que
passe le train. Son déjeuner privé a tout l'air
d'indiquer qu'il est lui-même le chef de gare qui assemble
locomotive et wagons. De là à suspecter qu'il pourrait
être en train de se faire conseiller par un auguste prédécesseur
qui, fort à propos, connaît les trains jusqu'au moindre
boulon, il y une gare de plus qu'on pourrait franchir. Teuf !
Teuf ! teuf !
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 7 février 2010
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