m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 7 février 2010



  Audrey Ferrière - Trente ans au service de la danse classique
  ARTS PLASTIQUES - Titane Laurent: Fulgurences charnelles
  Environnement - A l'ombre du figuier blanc : Enfin une découverte importante pour l'écosystème
  175e anniversaire de l'Abolition de l'esclavage - Commémoration sur fond de partage d'un patrimoine commun
  Ecrits
  Musique - Le Mythique Django Reinhardt aurait fêté ses 100 ans
  Peinture - Vincent raconte Van Gogh
  Au Star, Caudan - Alain Gordon-Gentil : La grande aventure de l'immigration chinoise à Maurice
  Cinéma — La semaine prochaine - My Name is Khan: Une histoire d'amour sur fond de terrorisme
  Saint-Valentin - Dites-le avec des fleurs
  Santé - Le cancer peut être évité
  Recette - Une envie de crêpes
  Brèves


Audrey Ferrière

Trente ans au service de la danse classique

L'Audrey Ferrière Dance Studio fête cette année son trentième anniversaire. À 52 ans, la fondatrice, Audrey Ferrière, dispense seule des cours au sein de son école qui se situe sur la route principale de Belle-Rose où elle accueille plus de 80 élèves de 5 à 18 ans.

Dans une salle spacieuse située au deuxième étage d'un bâtiment qui se trouve à côté du supermarché Super U de Belle-Rose, régnent une belle énergie spontanée de fillettes et de garçons qui avaient hâte de reprendre les cours après les vacances.

Chignon obligatoire, collant rose ou bleu pour les filles et noir pour les deux garçons en grade 2. Ils sont tous animés du désir d'apprendre et jettent des coup d'oeil impatients vers leur prof. Pendant que certains s'échauffent à la barre, d'autres exécutent des entrechats et des arabesques sous l'oeil attentif d'Audrey Ferrière. Ces élèves de la classe de mardi, qui ont entre 10 et 15 ans, ont tous un respect instinctif pour leur prof. Celle-ci, qui compte de nombreuses années d'expériences enseigne avec discipline, compétence et plaisir. "J'ai commencé dans un studio à Rose-Hill avec deux élèves seulement, puis j'ai enseigné au Centre Charles Baudelaire pendant dix ans avant de m'installer il y a cinq ans à Belle-Rose", dit-elle.

Depuis trente ans qu'elle enseigne, elle a vu croître d'année en année le nombre d'enfants et d'adolescents qui s'intéressent à la danse classique. On parle souvent du peu d'intérêt que les Mauriciens accordent à cette discipline. Audrey Ferrière vient infliger un démenti à ce préjugé qui a la vie dure. Car, constate-t-elle, un nombre de plus en plus croissant de parents encouragent leurs enfants à pratiquer la danse. Et beaucoup d'élèves de l'école y voient déjà une perspective de carrière futur : certains d'entre eux n'ambitionnent-ils pas de devenir ballerines ou prof de danse?

"J'aime beaucoup transmettre ma passion à des petites filles et garçons et leur donner envie de continuer la danse", dit Audrey.

L'école propose des cours toute la semaine. Une répartition des élèves, filles et garçons, dans des niveaux parfaitement adaptés à leur progression. L'école, affiliée à la Royal Academy of Dancing de l'Angleterre a connu l'année dernière un taux de réussite de 100% pour les examens. Chaque deux ans, la prestigieuse et royale académie d'Angleterre dépêche à Maurice une examinatrice de l'institution. Professionnelle de la danse, cette dernière vient juger et noté le progrès accompli par les élèves. "Depuis que l'école existe, nous ne connaissons que des distinctions et des mérites", dit fièrement Audrey Ferrière.

L'école de danse ne se limite pas à dispenser des cours, mais monte aussi des spectacles où évoluent ses élèves. Ainsi, après Étincelle, La Magie de Noël, Le bourgeois gentilhomme, qui ont rencontré un vif succès auprès du public mauricien, les élèves d'Audrey Ferrière préparent déjà pour nous un spectacle de fin d'année.

Ses premiers pas

Audrey Ferrière fait ses premiers pas de danse toute jeune dans l'Académie de danse de Mary David où elle suivra un entraînement de danse classique rigoureux. Déjà,pour elle, c'est une évidence : elle sera prof de danse! Avide d'apprendre et de s'améliorer, elle travaille avec la danseuse américaine Shea Gopaul. Elle touche également à la danse moderne avec Sylvio Chan.

À 22 ans, elle se sent prête de transmettre son savoir. Elle expérimente alors le métier d'enseignement de danse avec deux élèves seulement. Le premier horaire affichait un cours par semaine. Très vite, la qualité technique de ces cours suscitent l'engouement. Le bouche à oreilles opère, les élèves se multiplient, et l'horaire se développe. Motivée par l'augmentation du nombre des élèves, elle abandonne son emploi de secrétaire pour fonder sa propre école de danse à Rose-Hill. Aujourd'hui, ses élèves, dont certains devenus professionnels évoluent en France, et d'autres proffesurs de danse perpétuent l'héritage artistique acquis.

Un jour, elle passera le relais à ses jumelles Evelyne et Emmanuelle, toutes deux âgées de 8 ans et pratiquant la danse classique.


ARTS PLASTIQUES

Titane Laurent: Fulgurences charnelles

Titane Laurent est née au Maroc. Son œuvre picturale est sa terre d'exil. Ses peintures sont l'espace fantomatique sur lequel viennnet réfléchir ses visions. Des peintures qui traquent l'être : le couple, la famille, l'homme. Au creux des secrets de son art se joue le jeu lourd et aigu de la vie et de la mort, du double, de l'envers des choses, des souvenirs, de la relation entre les êtres. Ses images sont des mines loufoques et denses, répétées dans des séries. La source de sa peinture est graphique, ample ou acérée sur toile ou sur des emballages de pizzas. S'ajoutent à la matière brute les pigments, les collages. Ils sécrètent des espaces d'où surgissent des formes, des corps nus et denses, une figure lointaine obsessionnelle. Ainsi, s'organise la peinture de Titane. Elle est animée d'une grande spiritualité. Elle vit de la destruction des images consacrées (cette église où un couple fait l'amour). C'est aussi un art qui sait affronter le chaos et ne joue pas de la séduction facile. Chez Titane, le corps ne séduit pas, il étreint l'espace. Il dit les élans de la vie et les moments de nostalgie traversés par des grands espaces bleus (Souvenir). Ouvrant la voie sur un monde grotesque ou émouvant peuplé de petits personnages, Titane Laurent peint des visages arrachés à la nuit, qui broient du noir. Elle distord les images bibliques et les figures mythologiques, fait passer des forces naturelles dans les traits. Elle met en tension le couple, les figures superposées. On doit isoler des figures ocres (Ecole, Envie de partir, La Tendresse) pour les sentir vibrer. Titane offre avec ses séries The Pizza box et 2009 une descente au plus profond des émotions, au coeur d'une réalité vécue par elle seule. Dès lors, ses figures ont pour base l'intime et le ressenti (Les baisers, Souvenir, Le Voyage, Le mariage, Interdit, Ensemble). Elle donne des clefs à la compréhension d'un univers vaste et personnel. Son travail représente beaucoup plus un état répercuté sur la matière brute. Sa démarche est introspective. C'est une quête que l'artiste entreprend sans risque de dévoiler une part ignorée de son âme. Les peintures de Titane sont alors forcément habitées, nourries de l'intérieur. Les découvertes sont nombreuses et inattendues. A voir à la galerie Imaaya jusqu'au 20 février 2010.


Titane Laurent

Elle est née au Maroc, a grandi en Belgique. Elle a étudié la peinture et le dessin en Belgique et au Luxembourg. Elle est a beaucoup voyagé et séjourné en Australie, Nouvelle Zélande. Elle vit actuellement à Maurice. Titane est peintre et bédéiste. Elle a exposé en Nouvelle Zélande, Etats Unis, Brésil, Australie. Elle est à son premier solo à Maurice.


Timothy Edmunds

A voir en duo avec Titane Laurent, les oeuvres de Tim Edmunds. L'artiste interroge avec ses grandes sculptures des questions très personnelles. Ses oeuvres en bois prennent alors la forme de "mandalas". Nous reviendrons sur le travail très riche du sculpteur.


Le point de vue de la galériste

Charlie, responsable de la galerie Imaaya, nous dit qu'elle a décidé d'exposer les oeuvres de Titane et Tim ensemble parce qu'elle voit dans le travail de ces artistes un rapport dans les couleurs et la matière brute. Ce duo crée un dynamisme intéressant pour la galériste.


Environnement

A l'ombre du figuier blanc : Enfin une découverte importante pour l'écosystème

Un exemple d'un phénomène rare consistant en la persistance dans la nature d'une espèce peu connue, est signalé. Un figuier blanc a été découvert à Fuel. C'est la première fois qu'on fait une telle découverte dans cette partie du pays. Le pays comptait jusqu'à présent quatre plantes connues du côté de Curepipe et Henrietta. La cinquième plante a été trouvée par Kersley Pynee du Mauritius Sugar Industry Research Institute (MSIRI) grâce à la collaboration d'une équipe d'employés de Fuel. Une découverte importante pour la régénération des plantes et la régulation de l'écosystème à Maurice.

L'arbre est censé exister sur les hauts plateaux, pourtant une prospection récente a révélé sa présence dans une autre région de l'île. Le figuier blanc (F. laterifolia) découvert dans un terrain privé à Fuel est la cinquième plante des trois espèces de ficus endémiques de Maurice. L'arbre mesure 13 mètres de haut avec un diamètre de 1.6 m. Lors d'un "botanical survey", Kersley Pynee, senior technical assistant au MSIRI, a retrouvé un illustre représentant du ficus, de la famille des moracées. Voir un latanier blanc reste un événement aussi extraordinaire qu'exceptionnel non seulement pour les botanistes mais aussi pour les passionnés de plantes. Le latanier blanc de Fuel découvert en janvier 2010 a été localisé à côté de deux autres grands figuiers rares (F. mauritiana, figuier sauvage). L'équipe de scientifiques a procédé au nettoyage des plantes invasives dans les alentours. On procède à présent à la collecte des données au sujet de ce figuier pour alimenter les données de l'Herbier de Maurice au MSIRI. L'arbre est porteur de fruits en cette saison. On attend que ces fruits soient mûrs pour collecter des graines destinées à la propagation (travail entrepris par le service des forêts et la National Parks and Conservation Services).

Des efforts pour la redécouverte de cet arbre dans cette région (est) devraient se poursuivre. Il suffit d'admirer ce latanier blanc magnifique au moment de sa floraison pour comprendre l'importance de cette découverte en termes d'endémicité, de régénération et de floraison.

Il faut savoir qu'on compte 850 espèces de ficus dans le monde. On trouve deux espèces indigènes et trois espèces endémiques de la Réunion et Maurice dans la région : F. densifolia (grand affouche), F. mauritiana (figuier sauvage) et F. laterifolia (figuier blanc). Les figuiers jouent un grand rôle, on l'a dit, dans la régulation de l'écosystème. Ils servent à nourrir les chauve souris et autres oiseaux endémiques. Leur régénération est importante puisque les figuiers sont constamment par les mauvaises herbes. (fotos 1 &, 2)


Les figuiers en botanique

F. densifolia (grand affouche) : il n'existe que trois individus à Maurice du côté de Plaine Champagne. Selon la "International Union for Conservation of Nature" ces trois individus sont en danger critique. Le ficus densifolia considéré autrefois comme disparu a été retrouvé en 2006 à Plaine Champagne. Dans les travaux de Claudia Baider et Vincent Florens (2006), on peut lire : "Although found within the Black River Gorges National Park, the tree is not for as much safe since it grows a few metres from the ChamarePlaine Champagne road which is being enlarged at places. The threat of seeing the last known Mauritian individual of the species being chopped down for the third time is real..." ( foto 4)

F. laterifolia (figuier blanc) : On n'en connaissait que quatre individus à Maurice. Un cinquième vient d'être découvert à Fuel. Ces plantes poussent généralement au bord des rivières d'où l'importance de préserver ces habitats. (foto 5)

F. mauritiana (figuier sauvage) : La plante est très rare. On compte moins de mille individus à Maurice. Il poussent dans des endroits humides. (foto 6)

F. religiosa (Peepul) : On trouve cette espèce exotique dans presque tous les shivalas de Maurice à cause de sa valeur symbolique. Il faut savoir que les figuiers sont des symboles religieux très importants pour les hindous (le bouddha assis sous le figuier). (foto 7)


175e anniversaire de l'Abolition de l'esclavage

Commémoration sur fond de partage d'un patrimoine commun

Langue kreol, publications, activités culturelles : la commémoration du 175e anniversaire de l'abolition de l'esclavage au Morne a été contextuelle et politisée. La cérémonie s'est déroulée en présence de l'invité d'honneur, l'ex-président mozambicain, Joachim Chisanno, du président de la République, sir Aneerood Jugnauth et d'autres personnalités. Si Joachim Chisanno a axé son discours sur l'importance de se tourner vers l'avenir pour le bien du Mozambique et de Maurice, le Premier ministre Navin Ramgoolam a fait ressortir l'importance de la langue kreol comme langue unitaire : " La langue kreol appartient à nous tous. Il faut éviter de nous enfermer dans des ghettos linguistiques. Cette langue fait partie de notre patrimoine commun... Le bons sens demande que le kreol devienne une langue optionnelle de l'enseignement. " Au-delà des débats animés dans un contexte linguistique, le PM a fait ressortir la nécessité de ne pas tomber dans des clivages pour ce qui est des chapitres douloureux de l'histoire : "L'esclavage et l'engagisme font partie intégrante de notre patrimoine historique... Il est de notre responsabilité de refuser la fragmentation de notre patrimoine historique." Il s'est dit aussi confiant dans l'existence d'une société inclusive à travers différentes initiatives dont l'Equal Opportunies Act. La cérémonie du 1er février a aussi été marquée par le dévoilement d'une sculpture de l'artiste mozambicain J. Mungabe, par sir Aneerood Jugnauth. Des publications ont également été lancées dont Le Morne Cultural Landscape-History Symbolism and Traditions (le Morne Heritage Trust Fund) et Les Codes Noirs et autres documents concernants l'esclavage traduits par Marc Serge Rivière. Concernant le site du Morne, Stéphanie Anquetil, la présidente du Morne Heritage Trust Fund (MHTF) a parlé de développement compatible avec le site inscrit au patrimoine mondial.


De l'existence et la condamnation de l'esclavage

On peut se poser deux questions sur la nature des préjugés et l'existence de l'esclavage: ou bien chaque contexte est déterminant, c'est-à-dire qu'il est impossible de sortir de notre époque, des préjugés, des conditions et des perceptions sociales d'une époque déterminée; ou bien toutes les traces et les récits que nous avons d'esclaves, d'injustices vécues, de révoltes d'esclave, petites ou grandes, toutes ces formes d'esclavage montrent qu'il y avait des réactions contre ces injustices. Joseph Cardella, professeur de philosophie, fait ressortir que la condamnation de l'esclavage a sans doute toujours existé, mais elle était plus contextuelle, moins tisée et moins politisée. Cette condamnation a pris de plus en plus d'importance avec le temps pour ne devenir rien d'autre que le premier article de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948 : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité."

Dans une communication intitulée "Le philosophe-esclave", Cardella indique qu'on trouve des traces de l'esclavage aussi loin que l'on remonte dans l'histoire et qu'il semble qu'il n'existe aucune civilisation, aucun pays et aucune culture qui n'ait pas connu une forme ou une autre de d'esclavage. Il semble qu'il y ait plus de justification de l'esclavage que de dénonciation. L'esclavage est une institution sociale qui consiste en un droit de propriété sur des être humains et d'utilisation de leur service. Dans les anciens textes religieux et les textes de loi, il n'y a pas de condamnation claire et nette de l'esclavage. Même chez le philosophe Platon, épris de justice, il n'y a pas la dénonciation ou de condamnation de l'esclavage (La République).

A partir du 16ème siècle, depuis que les puissances européennes ont mis les pieds sur le continent américain, va s'ouvrir la période appelée la colonisation. Durant ces quatre derniers siècles, l'esclavage se développe avec la colonisation. C'est à partir de ce moment que va se cristalliser sur la couleur de la peau la traite négrière. Cette manière "raciale" d'envisager l'esclavage va voir le développement au 18ème et 19ème siècles, les discours raciaux en Europe et en Amérique et dans le reste du monde. La dénonciation de l'esclavage viendra avec les philosophes des Lumières (Montesquieu, l'abbé Raynal). Mais les dénonciations ne sont pas totalement radicales. L'esclavage traditionnel existe toujours, et les nouvelles formes d'esclavage semblent avoir de beaux jours devant elles.


"History could have been different"

Une exposition itinérante sur le thème de l'esclavage a été inaugurée le 1er février 2010 au Morne. Les oeuvres de plusieurs artistes mauriciens pourront être vus dans les écoles du pays. L'artiste Krishna Luchoomun propose à cette occasion une réflexion sur le thème "History could have been different", avec le renversement des rôles maître/esclave.

Zot ti Blan, nu ti Noir, saki sauvé li Maron!

Si nou sanz tou kuler, nu vir zistwar enba laho

Blan vinn noir, Noir vinn blanc

Tablo ti pou blan, la kre ti pou noir

Kanon boté ti pou eklaté

Madam ti pou servi lakrem noircissan

Gro lalev ti pou enn rev

Zot tou ti pou rod ennan sevé krepi

Ki ti pou arrivé ?

Blan ti pou ramass bezé, Noir ti pou kass paké

Nou pa pou kapav sanz listoir, me nek mazin enn kou !

ki sanla ti pou mové ?

ki sanla ti pou dan difé ?


Ecrits

De la lecture à la page

L'Atelier d'écriture, c'est lui. Il en a eu l'idée il y a trois ans. Le programme, les auteurs, les participants, la ligne éditoriale, les rééditions, l'animation, c'est lui aussi. L'atelier d'écriture serait autre sans l'écrivain Barlen Pyamootoo. Son genre : calme, pragmatique, certains disent qu'il leur promet le succès littéraire. Une déception sans doute de la part de quelques-uns. Mais l'atelier d'écriture, ça marche pour l'instant. Il est éclectique. Barlen Pyamootoo recadre son projet en répondant à nos questions.

L'atelier d'écriture réinvente-t-il l'écriture ?

B. P : L'atelier permet de découvrir de nouvelles écritures, de les soutenir en les portant le plus loin possible. C'est un long travail, nous avons commencé en novembre 2008, et je voudrais accompagner les auteurs sur plusieurs années, l'écriture d'un roman ou d'une nouvelle épouse un rythme lent, il faut donc être patient, c'est probablement le défaut majeur de nos nouveaux écrivains, ils sont pressés d'être publiés, alors que parfois la structure de leurs textes est bancale, l'écriture fragile et l'histoire banale. C'est l'apprentissage de l'humilité quand on veut vraiment écrire.

Quelle est la tonalité de l'atelier 2010 ? Préparer de futurs auteurs de fiction ou livrer de bons texte ?

B.P: L'année 2010 sera une excellente année littéraire, quelques écrivains jeunes et inconnus vont livrer leurs textes pour la première fois au public, et quelque chose de profond va se passer, une sorte de lame de fond qui accompagnera ces nouvelles écritures. C'est à la fois préparer quelques futurs auteurs de fiction, tout en publiant de bons textes, inédits et méconnus. L'année 2010 sera an quelque sorte l'année de la récolte, quelques écrivains qui fréquentent l'atelier depuis plus d'un an verront enfin leurs textes publiés, et cette écriture-là est véritablement une découverte, une vision du monde, de l'île singulière.

Est-ce qu'un écrivain qui anime un atelier d'écriture se nourrit de ses expériences ? Quelle est votre pratique personnelle de l'atelier ?

B.P: Quand j'anime l'atelier, je m'efface en tant qu'écrivain, je ne suis qu'animateur et éditeur, et quand je me retrouve seul je redeviens écrivain, ce sont deux mondes différents, et tant mieux pour les gens qui fréquentent l'atelier et pour moi. Je ne peux être juge et partie, voilà pourquoi je n'écrirai pas pour la revue, je ne peux m'éditer, ce serait ambigu comme situation.

Les plus beaux textes naissent du partage. Etes-vous d'accord avec cette affirmation ?

B.P : Oui, les plus beaux textes naissent aussi du partage, je pense à quelques grands écrivains qui lisaient leurs textes à des amis, à d'autres écrivains, sinon l'auteur risque de tourner en rond, et puis le texte littéraire a un rythme qui lui est propre, avec des pauses, des reprises, des déviations, des transformations, voilà pourquoi c'est important de sortir de son monde et de livrer son texte à d'autres regards pour le porter encore plus loin. C'est toujours le règne de l'humilité.

La revue littéraire du même nom accueille des textes qui révèlent souvent des différences ? Dans ce cas, quel est le statut des auteurs que vous réunissez?

B.P : Nous aimons, dans l'atelier, l'idée que le monde est vaste, que les opinions, les styles sont variés. Oui, nous tenons à cette diversité, la pensée unique est nuisible à tous, elle nous empêche d'avancer, d'explorer, nous condamnant à tourner en rond. Et comme disait un poète belge, dont j'ai oublié le nom, quand il parlait de son art : Je suis un vieux Peau-Rouge qui ne marchera jamais en file indienne. Il n'y a aucun clan au sein de l'atelier, aucune tribu, nous sommes pour un vrai partage, de nos différences aussi, nous demandons seulement que le texte soit de qualité littéraire, que l'écriture soit portée à son sommet, qu'il y ait un véritable projet d'écriture, et ce n'est pas une mince affaire.


L'Atelier d'écriture No.7 regroupe 6 textes. Différents registres s'amalgament. Des écritures dénivelées sont répercutées. Échappées lyriques, incises ironiques activent les textes. Avec ses ombres et ses lignes floues, Poème-fleuve pour un disparu de Catherine Boudet révèle la part de tension entre la réalité et l'imaginaire, peut-être. Celle, par exemple, d'une jeune fille qui évoque un vieil homme disparu. A mi-chemin entre le récit et le recueil de souvenirs, Cassam Uteem évoque le sort des îliens et analyse l'enjeu de la dépossession d'une terre dans Madame Lolo l'îloise. Avec Thomas Spear, le récit porte sur la mise en mots improbable d'une expérience sentimentale et sexuelle. Dans Le Scorpion, tout accélère le passage de l'acte au fantasme, de l'épreuve à la phobie. Son texte s'écrit sur cette ligne d'altération.


Extrait de Le Scorpion

J'aimerais te voir en face et te serrer, t'embrasser

et t'entendre banaliser la chose, nous aimer.

J'ai écrit aux copains. Je te l'avais dit...

Points de suspension.

Voilà la mise à jour du Scorpion d'aujourd'hui. Je lutte

contre le monothème "santé-sida-mort" qui m'obsède

et que je vis quotidiennement. Le sida gagne du terrain

malgré ton envie de vivre, malgré ton énergie et ta volonté.

La pensée et l'esprit aux aguets, mais

le corps ne suit pas.

J'ai l'impression que le monde traverse une horrible

période. Et qu'ils nous ont gagnés. Il ne nous reste

que la résistance déguisée en consentement,

parce qu'il ne faut pas trop montrer son jeu.

L'autre jour, une vieille m'arrête dans la rue pour me dire,

en signalant quelques basanés qui passaient à côté, que

"ces Noirs étaient de trop : on ne peut rien faire pour eux

et ils sont trop nombreux". je ne pouvais pas croire.

La droite se réaffirme. La gauche veut reprendre

de l'envergure, mais dégringole.

Bombes, drogue, SIDA : trois "fléaux" qui

leur permettent tout, tout !

Mais ils ne savent pas que je suis plus fort qu'eux.

Porteur sain ou sain baiseur, je ne fais pas leur jeu. Nous

sommes des populations "à risque"...

Tant de mots. Je suis VIVANT ! Et j'ai besoin de te savoir

là, mon ami, et ton corps et ton coeur et ta cervelle qui ne

capitulent pas devant toutes leurs tactiques de contrôle.

Ne flippe pas. Je ne cesse de penser à Thomas. Parfois je

me dis que je suis fou, parfois je me dis que seuls

les fous pouvons nous sauver.

Courir après l'amour, à sa recherche, récupérer

le temps perdu, et...

Et toi ? Raconte tes derniers rebondissements !

Et surtout bon anniversaire. Communiquons davantage !

Ecris-moi.

New York, le 2 janvier


La poésie au chevet de Haïti

Poètes pour Haïti, le tout premier livre humanitaire en ligne, est né. Il regroupe des textes de plusieurs poètes du monde.

Nous citerons quelques 50 contributeurs généreux qui ont livré des textes forts, emplis de chaleur et d'espérance

pour Haïti : Xavier Bordas, Arnaud Delcorte, Kenzy Dib, David Giannoni, José Lemoigne, Jean-Yves Loude, Alain Mabanckou, Paul N'Zo Mono, Ernest Pépin, Dana Shismanian, Julienne Salvat, Philippe Tancelin, Erkut Tokman, Khal Torabully, Farah Willem... Merci de participer, par le biais de la littérature, au secours et à la reconstruction de ce pays éprouvé.


Musique

Le Mythique Django Reinhardt aurait fêté ses 100 ans

Django Reinhardt, dont on fête un peu pppartout dans le monde cette semaine le centenaire de la naissance, demeure la seul star européenne du jazz, l'égal des Duke Ellington, Miles Davis, John Coltrane ou Louis Armstrong, et le premier à avoir marié les accords du jazz aux mélodies de la tradition tzigane.

Né à Liberchies (Belgique) le 23 janvier 1910 dans la roulotte familiale, Django est un enfant de la balle. Après des voyages en Italie, en Afrique du Nord et dans le sud de la France, la famille Reinhardt se fixe dans les faubourgs de Paris. Avant de se passionner pour le jazz, le jeune Django y fréquente le milieu du musette et du music hall puis accompagne au... banjo les grands accordéonistes des années vingt.

L'incendie de la roulotte familiale en 1928, qui faillit lui coûter la vie et nécessita une longue rééducation pour recouvrer l'usage de trois doigts de la main gauche, a entretenu sa légende.

Transcendant ce handicap, le musicien a acquis une technique d'exception, fruit d'une rigueur et d'une volonté qui contrastaient avec son image de personnage tout à la fois flambeur et rêveur.

Puis il découvre le jazz, une musique alors quasiment confidentielle en France, en 1931 à Toulon chez le peintre Emile Savitry qui lui fait connaître les microsillons de Louis Armstrong, Duke Ellington...

Sa carrière n'aurait sans doute pas pris une telle ampleur sans le Hot Club de France, créé par Charles Delaunay et Hugues Panassié fin 1933 dans le but de propager le jazz dans l'Hexagone. Pour diriger le Quintette du Hot Club, qui sera la vitrine de l'institution avant et après-guerre, leur choix se porte sur ce musicien bohème et le violoniste Stéphane Grappelli.

Audacieux et curieux, Django a su imposer son Quintette, composé uniquement d'instruments à cordes et sans batterie, ce qui était révolutionnaire dans les années 30, mais s'est aussi aventuré en 1940 à enregistrer avec un mini big-band à majorité de cuivres, a tenté de s'adapter à la "révolution" du bebop, n'a pas dédaigné de jouer de la guitare électrique dont il aimait les nouvelles sonorités.

Quelques semaines avant sa mort en 1953, il avait aussi enregistré avec la vague montante du bop en France (Maurice Vander, Martial Solal, Pierre Michelot...). "Anouman", l'une de ses ultimes compositions, semblait ouvrir de nouvelles perspectives.

"Je ne connais pas la musique, mais elle, elle me connaît", aurait affirmé un jour cet autodidacte, dont les compositions, sortes de rêveries musicales, figurent au rang des classiques, "Minor Swing", "Nuages", "Manoir de mes rêves", "Nuits de Saint-Germain-des-Prés".

Django Reinhardt a imposé un style unique, mêlant le lyrisme tzigane aux harmonies du jazz et en s'inspirant parfois de la musique classique, comme en témoignent ses improvisations sur des thèmes de Jean-Sébastien Bach, Debussy ou Ravel.

Parfois lunatique, il était capable de disparaître avant un concert pour aller contempler la lune ou jouer au billard à Belleville ou à "Ménilmuche".

Plus de 50 ans après sa mort, il continue de fasciner et domine toujours la scène du jazz manouche. A travers l'association des Django d'Or, l'Académie du Jazz qui remet chaque année au meilleur musicien français le "Prix Django Reinhardt", ou le festival "Django-Reinhardt" de Samois-sur-Seine, organisé chaque printemps dans cette ville où le guitariste est enterré.


Un album inédit de Jimi Hendrix, 40 ans après sa mort

A l'occasion des quarante ans de la mort du guitariste Jimi Hendrix, un album live de douze morceaux sortira en mars. Le premier depuis 1980.

Quarante ans après la mort de Jimi Hendrix, Sony Music annonce la sortie le 8 mars prochain d'un album inédit du guitariste de génie. En collaboration avec Experience Hendrix, la société qui gère les droits et l'image du musicien et chanteur, la maison de disques sortira un premier single extrait de cet album, Valleys of Neptune, dès le 2 février.

L'album, qui porte le nom de ce single, "offre 60 minutes de musique inédite, remixée pour l'occasion par Eddie Kramer, ingénieur du son et producteur qui avait travaillé avec Jimi dès 1967", précise le communiqué de la maison de disques. Les douze titres ont tous été enregistrés entre 1968 et 1970 en studio, mais jamais commercialisés. Le single Valley of Neptune a notamment été enregistré en mai 1970, à New York.

Il s'agira du 8e album posthume de ce musicien prolifique, mais du premier depuis 1980. Les derniers enregistrements de son trio "Jimi Hendrix Experience" et ses premières sessions avec le bassiste Billy Cox, ont notamment été insérés dans cet opus. On trouvera aussi deux reprises : Bleeding Heart d'Elmore James, et Sunshine of your love, de Cream.

D'autres évènements liés à Jimi Hendrix marqueront l'anniversaire de sa mort. Tête d'affiche du festival de Woodstock en 1969, il est décédé le 18 septembre 1970, à l'âge de 27 ans, vraisemblablement d'une overdose de barbituriques. Désigné meilleur guitariste de tous les temps par le magazine Rolling Stone, parmi une liste de 100 musiciens, il aura marqué l'histoire de la musique avec ses titres Voodoo Child ou Purple Haze, mais aussi avec sa célèbre reprise de l'hymne américain, interprétée en live à Woodstock. (source Europe 1)


Peinture

Vincent raconte Van Gogh

La Royal Academy of Arts de Londres éclaire l'œuvre du génial peintre en présentant en regard d'une centaine de toiles et de dessins un choix éloquent de lettres tirées de la correspondance du peintre.

L'Angleterre hisse haut les couleurs de Van Gogh. Voilà plus de quarante ans qu'elle se désespérait d'accueillir une exposition sur le "suicidé de la société" (Artaud), "un des peintres les plus chers du monde, avec Klimt, Picasso et Pollock". Un blockbuster absolu. Le génial rouquin fait la une de tous les médias en Angleterre comme une star de foot ou de rock. Son arène à lui est l'auguste Royal Academy of Arts : six couleurs, six périodes, six salles. Sans compter l'espace de lecture décoré de photos géantes résumant sa vie et où l'on peut consulter sa correspondance à partir d'une dizaine d'ordinateurs. Ici le parti pris est de décrypter son art à travers ses lettres. Vincent racontant Van Gogh ? Le peintre mythique commissaire de sa propre expo ? L'idée est si évidente qu'on se demande pourquoi personne n'y avait pensé plus tôt. L'artiste n'a en effet cessé d'écrire. Non pas par besoin pathologique, comme pourrait le faire croire un corpus de 819 lettres subsistantes. Mais pour faire le point avec Theo, son frère, son galeriste et principal soutien. Ou - dans une moindre mesure - affiner sa réflexion sur l'art, la nature et la littérature en débattant avec ses amis poètes et peintres (on croise par exemple Seurat et Signac).

Sur place, cela se traduit par un choix d'une quarantaine de missives rédigées en néerlandais ou dans un français limpide, souvent agrémentées de croquis ou d'annotations de couleurs. Elles éclairent trente dessins et soixante-cinq toiles placés en vis-à-vis, parmi lesquels des icônes absolues de l'année 1888 (celle de l'oreille coupée), tels Autoportrait comme peintre et La Maison jaune du Musée Van Gogh d'Amsterdam, ou encore L'Entrée du jardin public à Arles de la Phillips Collection de Washington.

Ce rapport du papier à l'huile révèle un travailleur acharné. "De nombreuses lettres montrent que Van Gogh faisait des préparations méticuleuses et dosait très précisément sa palette", résume Ann Dumas, conservatrice de la RA. "Ce n'est qu'ensuite qu'il peignait, très vite certes." On réalise alors qu'il est tout aussi faux de voir dans les toiles des épanchements inconsidérés que, dans les lettres, la logorrhée d'un malade. Les premières sont des compositions sophistiquées, les secondes de purs moments de littérature.

La première partie, sombre, rappelle le travail en Hollande. Quand, à 27 ans, le travail commence à être aussi intense que l'insatisfaction. La plume se fait fine et soignée pour les paysages. Tantôt hachures tantôt pointillés ou encore lignes contournées : les traits saturent l'espace. La mine ou la craie, elles, frisent la caricature dans les anguleux portraits de paysans ou de Sien, la pitoyable prostituée qui accepta de servir de modèle pour ne pas crever de faim. Les huiles sont pareillement rugueuses et morbides. Quant à la lithographie des Mangeurs de pommes de terre, elle possède un grain que le tableau n'a pas.

Des sculptures de virgules

Puis la couleur explose, intense. "Pas de bleu sans jaune et sans orange", affirme l'artiste. Il ne dérogera jamais à cette règle. Pas plus à Auvers, peu représenté à la RA, que dans les flamboyants et démesurés empâtements des Cyprès ou des champs de blé de Saint-Rémy. De véritables morceaux de peinture abstraite, saisissantes sculptures de virgules séchées qu'aucune reproduction ne saura jamais rendre.

Ainsi, jusqu'à sa mort, à l'âge de 37 ans, Van Gogh n'aura cessé de vouloir améliorer son art. C'est, avant les hallucinations et la paranoïa, sans doute cette frustration qui l'aura poussé à se suicider. En témoigne en fin de parcours sa dernière lettre, écrite en plein soleil, le 23 juillet 1890. Trouvée sur sa poitrine trouée, tachée peut-être de sang, elle n'a jamais été jamais postée. Elle remercie une fois de plus Theo pour son billet de 50 francs. Mais on y lit aussi cet aveu sur ses "efforts de pensée assidûment fixée pour chercher à faire aussi bien qu'on peut".


Vente aux enchères : Record mondial pour un Giacometti

Nouveau record dans le monde des enchères. La sculpture en bronze d'Alberto Giacometti, "L'Homme qui marche I", a été adjugée mercredi à Londres pour 65 millions de livres (environ 74,2 millions d'euros), a annoncé Sotheby's. Cette dernière assure qu'il n'a fallu que huit minutes pour adjuger l'oeuvre grandeur nature après une mise à prix de 12 millions de livres (13,7 millions d'euros). L'acquéreur, dont l'identité n'a pas été divulguée, a enchéri par téléphone.

Commission comprise, le bronze a donc été vendu pour un prix total de 104,32 millions de dollars. Le précédent record avait été atteint avec un tableau de Pablo Picasso, intitulé le "Garçon à la pipe", vendu pour 104,2 millions de dollars (58 millions de livres) en mai 2004 par Sotheby's, à New York. L'oeuvre du sculpteur et peintre suisse était vendue par la banque allemande Commerzbank. Elle faisait partie de la vente d'art moderne et impressionniste de la maison Sotheby's, à Londres.


Au Star, Caudan

Alain Gordon-Gentil : La grande aventure de l'immigration chinoise à Maurice

Le quatrième et dernier volet de la série Venus d'ailleurs, consacrée à la grande aventure de l'immigration chinoise à Maurice, a été présenté jeudi soir au cinéma Star (Caudan) en présence du Premier ministre, Navin Ramgoolam. Conçu et écrit par Alain Gordon-Gentil en collaboration avec David Constantin, ce documentaire évoque le sentiment des immigrants chinois alors contraints à quitter leur pays pour suppléer aux besoins de la main-d'œuvre à Maurice.

Pour Alain Gordon-Gentil, l'immigration chinoise est une aventure humaine emplie de véracité. Durant ces deux dernières années, et ce par l'entremise des documentaires sur l'immigration indienne, africaine et française, l'auteur avait déjà fait écho de la venue de nos ancêtres du Mozambique, de Madagascar, du Bihar et des falaises de Saint Malo. Témoignage vivant du souffle de nos ancêtres.

L'immigration forcée des Chinois s'opère à partir de la ville de Meixan, de la province de Guangdong, en 1760. C'est un moment douloureux de l'histoire où les immigrés chinois deviendront de précieux auxiliaires dans le développement de Maurice. Au 19e siècle, compte tenu de la difficulté de s'approvisionner en esclaves en Afrique et à Madagascar, les marchands d'esclaves se tournent vers le sud-est asiatique. L'industrie sucrière s'orientera vers la main-d'œuvre chinoise issue de Penang et de Singapour. Les ressortissants chinois recherchaient une vie meilleure car ils vivaient dans une pauvreté extrême ; et la famine faisait rage.

Peggy Lam Po Tang vivant actuellement au Canada, à Toronto, a fait une belle incursion dans le passé : un retour aux sources à Meixan pour visiter le village de ses ancêtres. Elle a pu y découvrir des bâtiments pittoresques, ces petites pièces où ils habitaient.

Les immigrants étaient âgés de 20 à 40 ans et avaient été dépêchés dans le quartier chinois où certains avaient choisi d'exercer le métier de coiffeur ou de restaurateur. Pour leur part, des membres de la famille Tang vinrent à Maurice en 1939, un voyage de trois semaines en passant par le Vietnam et l'Indonésie. Parmi les immigrants, des Hakkas et des Cantonais.

C'est le gouverneur Robert Farquhar qui favorise l'immigration chinoise et son régime ; des charpentiers entre autres débarquèrent dans l'île. Henry Loo, architecte et responsable du musée de l'immigration chinoise, indique que le musée comprend plusieurs objets ayant appartenu aux ancêtres.

Ng Cheng Hin, économiste, explique l'importance des boutiques ayant grandement contribué à la vie économique du pays en accordant des facilités de crédit aux démunis. Par ailleurs, on décèle dans la pratique religieuse des Chinois, le christianisme, le confucianisme, le bouddhisme et le taoïsme. Les immigrants mettaient aussi l'accent sur l'éducation, et les Chinois occupaient une place importante dans l'intelligentsia locale.

Les belles images de Mahen Bhujun nous rappellent les beaux moments de l'immigration chinoise à travers le Chinatown et aussi un triste épisode, celui de l'incendie du quartier chinois le 3 mars 1994.


Toujours à l'affiche

The box

Norma et son époux, Arthur Lewis, mènent une vie paisible dans une petite ville des Etats-Unis. Mais un beau jour, leur existence est bouleversée. Arthur voit ses chances lui filer sous le nez au travail quand il ne décroche pas la place qui devait lui revenir d'office. De plus, une succession d'infortunes amène le couple à devenir financièrement fragile. La jeune femme, voyant leur situation financière se détériorer, décide qu'ils doivent changer de maison. Leur quotidien devient de plus en plus lugubre, jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile.

Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Mr Arlington qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient un million de dollars, mais que cela entraînerait la mort d'un inconnu…

SAW 6

Film d'horreur de Kevin Grentert avec : Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell, Tenedra Howard, Shawnee Smith

Le détective Hoffman continue les plans du Jigsaw et de nouvelles victimes sont à dénombrer. Il reçoit la visite de Jill, femme de John Kramer, qui lui remet cinq enveloppes qui se trouvaient dans la boîte que son mari lui a léguée. Hoffman se charge alors d'exécuter les dernières volontés de John, qui concernent notamment William Easton, un assureur qui ne pense qu'à faire du chiffre et ne se soucie guère des personnes qu'il a en face de lui. Pendant ce temps, la police trouve de plus en plus d'indices qui risquent de mettre Hoffman en difficulté …

Le film commence avec le test de Simone et Eddie, deux prêteurs sur gages aux méthodes douteuses, qui ont 60 secondes pour sacrifier des morceaux de leur chair et faire pencher la balance de leur côté sous peine de…

Alors qu'Eddie n'hésite pas à entailler profondément son flanc droit, c'est Simone qui survit en se coupant l'avant-bras gauche avec un hachoir. De son côté, Mark Hoffman vient de se débarrasser de l'agent Strahm. Quand il est appelé sur la scène du crime d'Eddie, il retrouve l'agent Erikson, mais aussi l'agent Perez, prétendue morte dans SAW 5. Les deux agents du FBI remarquent quelques différences entre les crimes de John Kramer et deux datant d'après sa mort.

Le policier se rend alors secrètement dans la clinique de Hill Tuck, qui lui confie cinq enveloppes tirées de la boîte qu'elle a reçue en legs. Après son départ, Jill se remémore comment son mari lui a montré les résultats de sa méthode avec Amanda que Jill connaissait. Elle reçoit aussi la visite de Pamela Jenkins, une journaliste à sensation qui connaît bien l'affaire Jigsaw et qui laisse une feuille mystérieuse…

Les spectateurs seront en territoire connu et seront heureux de retrouver les personnages qu'ils affectionnent depuis le premier film. En tête de liste, on trouve bien évidemment John Kramer, notre tueur au puzzle préféré. Mort dans le troisième volet, les scénaristes rivalisent d'ingéniosité pour qu'il tienne toujours la tête d'affiche, comme l'excellente idée de SAW 4, qui se déroulait en même temps que SAW 3.


Cinéma - La semaine prochaine

My Name is Khan: Une histoire d'amour sur fond de terrorisme

My Name is Khan, le film le plus attendu de 2010 sortira la semaine prochaine à l'occasion de la Saint Valentin. Les fans du couple favori de Bollywood pourront voir Shah Rukh Khan et Kajol de nouveau ensemble après une absence de huit ans. Le studio Fox Star ainsi que Dharma Productions ont confirmé que le film sortira d'abord en Inde, puis dans 40 autres pays, y compris les USA, le Canada, la Grande-Bretagne, l'Australie et le Moyen-Orient. My Name is Khan sera aussi projeté au festival de films de Berlin avec d'autres grands films comme The Ghost Writer de Roman Polanski et Shutter Island de Martin Scorsese avec Leonardo Dicaprio.

La police de Mumbai a déjà pris des dispositions pour assurer la sécurité autour des salles de cinéma car les autorités policières craignent des débordements ainsi que des manifestations organisées par le mouvement Shiv Sena de Bal Thackeray lors de la sortie du film.

Karan Joher a eu beaucoup de mal à convaincre Kajol de jouer dans le film. Kajol a demandé à Karan Joher de lui donner plus de présence à l'écran et Karan a dû modifier le script à sa demande. Elle a ensuite refusé d'aller à Los Angeles sans sa fille Nysa, qui, au départ, ne pouvait pas voyager avec elle en raison d'un problème de visa.

Rizvan, Khan (Tanay Chheda) est un enfant musulman qui a grandi avec sa mère (Zarina Wahab) dans la banlieue nord-ouest de Mumbai et qui souffre du syndrome d'Aserger.

Devenu adulte, Rizvan (Shah Rukh Khan) tombe amoureux d'une coiffeuse, Mandira (Kajol) avec laquelle il se marie et le couple s'installe à San Francisco. Après les attentats du 11 septembre 2001, il est pris pour un terroriste car son handicap le rend suspect. A la suite de son arrestation, il essaie de rencontrer le président des Etats-Unis pour lui expliquer qu'il est en Amérique dans le seul but de rencontrer son amour de toujours. Son style unique, sa bonté et son humanité vont toucher les vies de beaucoup de personnes et vont aussi inspiré une nation.

Shah Rukh et Kajol avaient subjugué le public dès leur premier film ensemble Baazigar. Cette association devait s'avérer très fructueuse par la suite avec notamment les succès de Kuch Kuch Hota Hai, Dilwale Dulhania Lejayenge et Kabhi Kushi Kabhi Gham. Gageons que My Name is Khan va attirer la grande foule à Maurice dans le circuit de Cinewolrd Ltd dirigé par Eshan Chady.


Ciné/News

Filmfare Awards : verdict le 27 février

La cérémonie de remise des prix des Filmfare Awards cuvée 2009 aura lieu le 27 février. Des prix seront décernés dans 37 catégories différentes et 3 Idiots, super succès d'Aamir Khan s'est taillé la part du lion avec 11 nominations contre 8 à Kaminey. Love Aaj Kal et Paa ont obtenu 7 nominations. Le surprenant Rocket Sing - Saleman of the year, le seul échec de Ranbir Kapoor en 2009 a contre toutes attentes obtenu six nominations.

A.R. Rahman obtient deux Grammy Awards

Le maestro A.R. Rahman vient de recevoir deux Grammy Awards, récompenses qui sont décernées chaque année aux Etats-Unis par la Recording Academy : le premier pour la meilleur bande originale composée pour un film ; le second pour la meilleure chanson (Jai Ho). Dans cette catégorie, A.R. Rahman n'a ni plus ni moins battu le vieux loup du rock, Bruce Springsteen.

Priyanka Chopra et Ranbir Kapoor, impatients de rencontrer Sylvester Stallone

Priyanka Chopra et Ranbir Kapoor qui tournent actuellement Anjaana Anjaani sont très impatients de rencontrer Sylvester Stallone, la superstar de Rocky et de Rambo. Stallone qui a déjà joué dans le film du producteur Sajid Nadiadwala, Kambakkht Ishq, compte rencontrer les deux vedettes bollywoodiennes prochainement à New York. Ranbir est un grand fan de Sylvester Stallone. Il possède une impressionnante collection de t-shirts du film Rocky.


Saint-Valentin

Dites-le avec des fleurs

Dimanche prochain, tous les amoureux fêteront la Saint-Valentin. L'occasion de rappeler à sa tendre l'ardeur de ses sentiments. Et de s'échanger des cadeaux: chocolats, lingerie, parfum, bijoux… Mais la tradition veut que l'on offre aussi un joli bouquet de fleurs. Une délicate attention qui fera certainement plaisir à l'être aimé. Pour cela, des fleuristes redoublent d'ingéniosité et de créativité, proposant bouquets et compositions florales souvent à base de roses rouges, symbole éternel de l'amour passion.

Pour fêter les amoureux, Flower Avenue, Rose-Hill, a préparé de magnifiques bouquets composés de fleurs resplendissantes. Afin d'offrir un maximum de choix, la fleuriste et propriétaire de la boutique permet de choisir selon les goûts entre des bouquets ronds, des bouquets bulles, des "bunch" ou une composition florale. Des bouquets composés sur des bambous, sur le bois ou dans des vases - actuellement la tendance c'est tout ce qui est transparent. Outre d'utiliser principalement les roses rouges -le client a le choix des couleurs. La fleuriste compose des bouquets à offrir pour la Saint-Valentin avec d'autres fleurs comme des Gerbera. Impossible de dissocier la Saint-Valentin de tous ses emblèmes, qui font d'elle la fête de l'amour et des amoureux. Ainsi, elle y a ajouté des accessoires dont des cœurs, plumes (pour rappeler les messagers de l'amour) et papillons aux tons légers et tendres.

Les bouquets en vente à partir de Rs 350, peuvent être accompagnés d'autres cadeaux comme des accessoires tendances que vous trouverez par exemple chez Eclipse. Après tout, plus on est amoureux, plus on est généreux.


Santé

Le cancer peut être évité

Première cause de mortalité dans le monde, avec chaque année plus de 12 millions de nouveaux cas et 7,6 millions de décès, selon l'Union internationale contre le Cancer (UICC), "le cancer peut être évité". Le rapport du National Cancer Registry couvrant la période 2005 à 2008 relève, à Maurice, 3 280 cas de cancers chez les femmes contre 2 286 chez les hommes. C'est le cancer du sein, avec 300 à 350 nouveaux cas chaque année, qui est le plus répandu chez la femme, suivi par le cancer du col de l'utérus. L'association Link to life, œuvrant à soutenir les personnes souffrant de cancer et leurs proches, note que les cancers du colon, de l'estomac, mais également du poumon sont en hausse à Maurice. Une tendance attribuée au mode de vie des Mauriciens, dont de plus en plus de femmes et principalement des jeunes sont des fumeurs ainsi qu'à la consommation excessive d'alcool chez les hommes. Devant les chiffres alarmants, il est impératif de réagir afin de réduire les risques. D'ailleurs, le message lancé par l'Organisation mondiale de la santé et l'UICC lors de la journée mondiale contre le cancer, qui a été célébrée jeudi dernier portait sur le thème "Prévenir le cancer, c'est possible".

Un cancer est une pathologie caractérisée par la présence d'une (ou de plusieurs) tumeur(s) maligne(s) formée(s) à partir de la transformation par mutations et/ou instabilité génétique (anomalies cytogénétiques), d'une cellule initialement normale. La transformation d'une cellule normale en une cellule cancéreuse est un processus qui se déroule en plusieurs étapes, progressant le plus souvent d'une lésion précancéreuse à une tumeur maligne. Ces changements résultent de l'interaction entre des facteurs génétiques du sujet et des agents extérieurs pouvant être classés en trois catégories :

- les cancérogènes physiques, comme le rayonnement ultraviolet et les rayonnements ionisants ;

- les cancérogènes chimiques, comme l'amiante, les composants de la fumée du tabac, l'aflatoxine (contaminant des denrées alimentaires) ou l'arsenic (polluant de l'eau de boisson) ;

- les cancérogènes biologiques, comme des infections dues à certains virus, bactéries ou parasites. Parmi les exemples d'infections associées à certains cancers :

- Virus : hépatite B et cancer du foie, virus du papillome humain (HPV) et cancer du col, virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et sarcome de Kaposi;

- Bactéries: Helicobacter pylori et cancer de l'estomac;

- Parasites: schistosomiase et cancer de la vessie.

Le vieillissement est un autre facteur fondamental dans l'apparition du cancer. En effet, l'incidence du cancer augmente de façon spectaculaire avec l'âge, très vraisemblablement à cause de l'accumulation des risques tout au long de la vie, conjuguée au fait que les mécanismes de réparation cellulaire perdent généralement de leur efficacité avec l'âge. L'OMS indique que le tabagisme, la consommation d'alcool, la consommation insuffisante de fruits et de légumes et les infections chroniques liées aux virus de l'hépatite B (HBV), de l'hépatite C (HCV) et du papillome humain (HPV) sont les principaux facteurs de risque cancéreux dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire. Le cancer du col, provoqué par le HPV, est une cause majeure de mortalité cancéreuse chez les femmes des pays à faible revenu rappelle l'OMS. Certaines tumeurs primaires peuvent progresser vers un envahissement plus global de l'organisme par échappement de cellules tumorales issues de cette tumeur primaire : on parle alors de métastase. Il s'agit de la principale cause de décès par cancer.

Dépistage précoce

Le cancer touche chaque année dix millions de personnes dans le monde, mais avec des différences significatives d'un continent à un autre. Selon l'OMS, on pourrait réduire d'environ un tiers la charge du cancer par le dépistage et le traitement précoces des cas. Cette affirmation repose sur le constat que le traitement est plus efficace lorsque la maladie est décelée tôt. Le but est de repérer le cancer lorsqu'il est encore localisé, avant qu'il n'y ait des métastases. Un dépistage précoce comporte deux volets :

- Une action d'information pour aider tout un chacun à repérer les signes précoces de cancer tels que grosseurs, lésions, indigestion persistante, toux prolongée ou saignement par un orifice corporel et faire comprendre qu'en présence de ces symptômes, il faut consulter rapidement un médecin.

- Des programmes de dépistage pour repérer les stades précoces du cancer ou les stades précancéreux avant même l'apparition de signes reconnaissables: mammographie pour le cancer du sein, cytologie pour le cancer du col (frottis ).

Traitement et soins : 6 malades sur 10 guérissent

Se prémunir des cancers liés à des infections en se faisant vacciner est aussi primordial, souligne l'OMS, rappelant que 25 % des cancers diagnostiqués chaque année peuvent en effet être attribués à des infections virales ou bactériennes, comme celles provoquées par le papillomavirus, qui peut dégénérer en cancer du col de l'utérus, les virus de l'hépatite B ou C, qui peuvent mener au cancer du foie ou l'Helicobacter pylori, une bactérie en lien avec le cancer de l'estomac. Le traitement du cancer a pour but de guérir, de prolonger la vie et d'améliorer la qualité de vie des patients. Pour certains types de cancer parmi les plus fréquents comme le cancer du sein, du col de l'utérus et du colon et du rectum, le taux de guérison est élevé quand la maladie est décelée suffisamment tôt et soignée selon les meilleurs moyens disponibles. Les principales méthodes de traitement sont la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Il est capital pour l'issue du traitement de poser un diagnostic exact moyennant des examens faisant appel à des techniques d'imagerie (échographie, endoscopie, radiographie) et de laboratoire (anatomopathologie). Les soins palliatifs permettent de soulager la douleur et d'autres problèmes pour plus de 90% des malades du cancer.

Si aucune mesure n'est prise, l'OMS estime que le cancer aura fait 84 millions de morts entre 2005 et 2015. Cependant, 40% des cancers peuvent être évités par "des mesures simples". Dominique Maraninchi, président de l'Institut national du cancer est d'avis qu'"il faut absolument éviter les morts qui peuvent l'être". "Ce n'est pas un scoop et ce que je dis n'a rien de nouveau, mais changer nos habitudes permet d'éviter 40 % des cancers", indique Dominique Maraninchi. Toutefois, la prévention n'est pas une action d'un jour. C'est tout un mode de vie à adopter, notamment en modifiant nos comportements vis-à-vis du tabac, de l'alcool, de l'alimentation, du soleil, de l'exercice physique qui est essentielle. Par ailleurs, il ne faut pas attendre les symptômes pour réagir. De même, si le dépistage est important, plus tôt on le fait, moins le traitement sera lourd et les chances de guérison meilleures. "Si on le détecte tôt, il y a 90 % de chance de guérison", indiquent les médecins.


Principaux points

-Le cancer est une cause majeure de décès dans le monde à l'origine de 7,6 millions de décès annuellement, soit environ 14 % de la mortalité mondiale.

- Les cancers du poumon, de l'estomac, du foie, du colon et du sein sont chaque année les plus meurtriers.

- Les cancers les plus fréquents ne sont pas les mêmes chez l'homme et chez la femme.

- Environ 30% des décès par cancer pourraient être évités.

- Le tabagisme est le facteur de risque cancéreux le plus important.

- Le cancer survient à la suite de la modification d'une seule cellule. Cette modification peut être provoquée par des agents extérieurs ou des facteurs génétiques héréditaires.

- On estime que d'ici 2030, le nombre de décès par cancer devrait poursuivre sa progression et atteindre 12 millions de personnes.


Recette

Une envie de crêpes

Nous, Mauriciens, le savons tous. Qui dit tawa, dit faratha. Même si les deux mots riment et dans la pratique s'accordent parfaitement, nous allons transformer cette poésie culinaire, si vous le voulez bien. Nous ferons rimer tawa et crêpes! Aïe! Ça sonne mal. Oublions le tort causé à l'ouïe et passons à un autre sens, le goût. Trop bon! Les crêpes qu'a concoctées Mélissa sur cet ustensile typique donnent envie de les essayer. Comme quoi, il n'est pas nécessaire d'être équipée d'une poêle anti-adhésive ou d'une crêpière pour faire de bonnes crêpes. Tout comme il n'est pas nécessaire d'attendre la Chandleur- le 2 février - pour les essayer en version sucrée ou salée. Il reste encore de la farine dans le placard? Les œufs et le beurre sont au frigo? Vous avez du lait? Si l'envie de crêpes vous prend, il ne vous reste qu'à installer les ingrédients sur le plan de travail…


Crêpes au coco et au citron

Ingrédients. 3 tasses de farine, 6 c.à soupe de lait en poudre, 600 ml d'eau, 3 œufs, 2 c.à café d'essence de vanille et de l'huile pour graisser le tawa. Pour la garniture. 3-4 tranches de noix de coco, le zeste de 2 citrons, le jus d'une moitié de citron et du sucre.

Préparation. Mettez la farine, le lait, l'eau et les œufs dans le mixer. Versez la pâte dans un saladier, ajoutez l'essence de vanille et mélangez. Faites chauffer le tawa sur feu doux. Graissez avec un peu d'huile. Versez une c.à soupe de pâte à crêpe sur le tawa. Retournez la crêpe lorsque les bords auront pris des couleurs. Répétez l'opération avec le reste de la pâte.

Mélangez les tranches de noix de coco râpé, les zestes de citron et le sucre. Faites cuire à feu doux. Ajoutez le jus du citron pendant la cuisson.

Garnissez et servez chaud.


Idées garniture

Maintenant que vous avez la recette de base, vous pouvez fourrer vos crêpes avec un assortiment de garnitures sucrées, notamment des fruits : mangue, ananas, banane, pommes, poires… rissolés. Servez avec une sauce caramel ou chocolat. Accompagnez d'une boule de glace si souhaité. Autre idée à retenir, une confiture de goyave de chine faite maison ; la saison est proche, alors pourquoi s'en priver. Et pourquoi pas une marmelade d'agrume, également faite maison.

Les crêpes sont savoureuses aussi bien salées. La préparation de la pâte est la même, avec le sucre en moins. En matière de garniture le choix est tout aussi varié. Notamment, une sauce béchamel et des fruits de mer ou de poulet, des légumes coupés en dés sautés aux fines herbes et en sauce… Et rien ne vous empêche de gratiner vos crêpes avec du fromage râpé.


Trucs et astuces pour réussir vos crêpes

- Pour être sûr d'éviter des grumeaux vous pouvez soit réaliser votre pâte au blender, soit le filtrer à la passoire.

- Pour rendre vos crêpes plus légères, vous pouvez remplacer 1/3 de lait par de la bière. Vous pouvez aussi battre les blancs d'œufs en neige avant de les incorporer à la pâte.

- Il y a ceux qui aiment bien lasser reposer la pâte et d'autres qui n'y pensent même pas. Il n'est pas impératif de la laisser reposer, mais un temps de repos permet aux protéines contenues dans la farine de se développer. Ce qui donnera un peu plus de souplesse à votre crêpe.

- Pour que vos crêpes ne soient trop grasses à la cuisson, versez un peu d'huile dans un bol. Coupez une pomme de terre en deux et piquez-la sur une fourchette. Trempez-la dans l'huile et passez-la sur la poêle chaude.

- Retourner la crêpe s'avère être un exercice délicat et que l'on rate souvent. Laissez cuire votre crêpes quelques instants. Commencez par décoller les bords, lorsqu'ils auront pris des couleurs. Lorsque vous constaterez que la crêpe peut se décoller en entier, faites la sauter un coup sec. Si vous n'y parvenez pas, retournez-la avec une spatule.

- Pour maintenir vos crêpes au chaud, gardez-les dans une assiette dans le four préchauffé à une trentaine de degrés. Couvrez d'un papier aluminium pour ne pas qu'elles se dessèchent. Vous pouvez aussi garder l'assiette posée sur une casserole d'eau portée à frémissement.


Inscrivez-vous vite! - Réalisez la recette de votre choix avec un chef à la maison!

Vous auriez souhaité maîtriser la réalisation d'un dessert ou d'un plat? Vous auriez voulu apprendre une recette ou travailler avec un produit proposé ? Qui mieux d'autre qu'un chef d'expérience pour vous initier aux techniques? Pas besoin de vous déplacer, Cuisine Sunlights vous amène le chef chez vous, dans votre cuisine pour vous livrer les secrets de la recette que vous aurez choisie.

Pour participer à cette aventure culinaire, veuillez prendre connaissance des conditions suivantes:

- Accepter d'être photographié pour les besoins de la rubrique

- Disposer des ingrédients, ustensiles et appareils adéquats pour la réalisation de la recette

Un tirage au sort sera effectué pour désigner le lecteur hôte

Avant de sortir vos spatules et le tablier, contactez-nous par mail: cuisinesunlights@lemauricien.com (mentionnez votre adresse et coordonnées) ou par téléphone au 207 8286 ou 207 8200.

Proposition. Choisissez entre un gâteau: une génoise ou un produit: le poulet

La date limite pour vous inscrire est le vendredi 19 février.


Brèves

Prix Jean-Fanchette - L'édition 2010 consacrée aux textes de non-fiction

La neuvième édition du Prix Jean-Fanchette est lancée. L'édition 2010 est consacrée aux textes de non-fiction (essai critique, histoire, document, biographie, etc.). Des textes considérés comme peu nombreux dans la production littéraire de l'océan Indien. Le Prix est ouvert aux écrivains d'expression française de Maurice, de Rodrigues, des Seychelles, de la Réunion, de Madagascar, des Seychelles et des Comores. Les envois doivent être des manuscrits inédits ou des livres publiés entre janvier 2008 et janvier 2009, chaque écrivain ayant droit qu'à un envoi. Les textes devront être adressés à Issa Asgarally, coordinateur du Prix Jean-Fanchette, Mairie de Beau-Bassin-Rose Hill. La date limite est le 15 mars 2010. Le jury du prix sera présidé par J.M.G. Le Clézio, prix Nobel de littérature et comprendra deux autres personnalités du monde littéraire. Les règlements du concours peuvent être obtenus à la Mairie de Beau-Bassin -Rose Hill ou sur son site www.bbrh.org.

Parution - "Port-Louis, Ile Maurice" en deux versions

" Port-Louis, Ile Maurice ", qui est également sorti en version anglaise, est un beau livre-album, à dominante historique, que l'on doit au tandem Christian le Comte - Breejan Burrun, le premier nommé en assurant l'édition et le second le texte. La concision du texte qui dit l'essentiel sans fard et sans plus qu'il n'en faut, fait de la place à une iconographie intelligemment légendée.

Il a suffi d'un choix judicieux d'une vingtaine de thèmes et lieux emblématiques, présentés et illustrés avec art et rigueur, pour faire découvrir l'âme de Port-Louis, son passage sur les ailes du temps, tantôt glorieux, tantôt tumultueux. Lancé la semaine dernière à la mairie de Port-Louis, le livre est en vente en librairie à Rs600 l'exemplaire.



m a g a z i n e WEEK-END --- dimanche 7 février 2010