a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 7 février 2010



  African Peer Mechanism Review - Corruption et "Coalition Politics" mises à l'index
  La visite de l'ancien président Joaquim Chissano - Des libertés prises avec le protocole
  Déjeuner "soi-disant privé" - Paul Bérenger: "L'ex-président Chissano ne pouvait imaginer une telle grossièreté de la part de la présidence"
  Fonction publique - Gel de promotions - Le FS Ali Mansoor sur du charbon ardent
  A Plaisance - Ramgoolam: "Il faut deux mandats consécutifs"
  En marge de la fête Maha Shivaratree - Frictions entre deux organisations socio-culturelles
  Philanthropie à rebours - Tracasseries pour le bienfaiteur de PAWS


African Peer Mechanism Review

Corruption et "Coalition Politics" mises à l'index

Les effets pervers de la corruption sur le tissu politique, économique et social, le risque de voir Maurice faire partie du groupe de pays qui sont sous le contrôle économique et politique de clan familial, l'urgence d'une réforme électorale pour une plus grande ouverture sur l'échiquier politique et la nécessité de revoir le traitement infligé à Rodrigues dans le cadre de l'autonomie constituent les principaux défis, qui se posent à Maurice dans la conjoncture. C'est ce qui ressort du dernier état des lieux dans le cadre de l'exercice entrepris sous l'"African Peer Review Mechanism" (APRM) avec le déplacement à Maurice en juillet de l'année dernière d'un "Panel of Eminent Personalities", comprenant Graça Machel, l'ancienne épouse du président Machel et actuelle épouse de Nelson Mandela, du Pr Abebayo Adadeji, du Pr Babès et de Domitille Mukantaganzwa. Les conclusions de cette analyse sont actuellement à l'étude à l'Hôtel du gouvernement dans le cadre des procédures établies sous le New Partnership for Africa's Development (NEPAD).

D'entrée de jeu, au chapitre de la corruption, le rapport soumis dans le cadre de l'APRM souligne que même si sur le plan international, Maurice est vue favorablement, au niveau local, la perception est différente. "There is broad consensus at the national level that corruption still affects a number of key democratic institutions (i. e. : political parties, Parliament, the Judiciary, the Executive) as well as key institutions in the socio-economic sectors", peut-on lire au paragraphe 1054 du rapport, qui ajoute que "the Prevention of Corruption Act's scope for intervention is very limited as regards corruption in the private sector".

La corruption est présentée comme étant l'un des plus importants et préoccupants fléaux affectant le pays, bien loin devant le chômage et la toxicomanie. La mise en garde dans le rapport de l'APRM est des plus explicites et implacables. "The corrupt practices that seem difficult to overcome within the political sphere and the administrative machinery, with the risk of becoming, if not fully addressed, a social and political virus that is eating away the system of governance, and this, in a context of relative impunity", souligne le document officiel de plus de 300 pages.

L'APRM passe également en revue les mesures prises avec pour objectif d'atténuer les risques de pratiques corruptrices lors de l'adjudication d'importants contrats par le gouvernement aux entreprises du privé. Mais l'une des principales zones d'ombre retenant l'attention des membres du "Panel of Eminent Personalities", dans le cadre de la lutte contre la corruption, concerne le financement des partis politiques.

"Generally, corruption in political finance takes many forms, ranking from vote buying and the use of illicit funds to the sale of appointments and the abuse of State resources", note le document officiel, qui met en exergue le rôle du secteur privé à ce niveau. "As the source of much of the money that funds political corruption, the corporate sector has a vital role to play in ending the abuse of power", s'insurgent les "Eminent Personalities" d'Afrique.

Le rapport s'appesantit sur la nécessité d'instituer un système en vue d'assurer un contrôle du financement des partis politiques avec notamment la publication des comptes des entités politiques, qui doivent impérativement se faire enregistrer. "The lack of an overall system to regulate political party financing was strongly expressed", notent les "Eminent Personalities".

Avec le fléau de la corruption, la faute ne revient pas seulement aux pouvoirs politiques ou économiques mais également à l'individu. "There is clearly a genuinely ambiguous attitude towards corruption as 85 per cent of respondents to a 2004 study declare that they do not tolerate corruption in general while at the same time a significant proportion confess that they would agree to sell their votes or other advantages in exchange for their support for a political candidate", concède le rapport, qui relève également les appréhensions évoquées par rapport aux problèmes suite à certaines dénonciations des actes de corruption.

De ce fait, l'"African Peer Review Mechanism" consacré à Maurice trouve que "the State alone cannot win the fight against corruption without the full engagement and involvement of all citizens. It is thus important that education and awareness raising programs be generalized to promote zero tolerance towards corruption" même si "one of the conclusions emerging from three studies is the general tolerance of corruption or favouritism among Mauritians when these practices are of benefit to the interviewee. People are quick to condemn corruption in general, but less so when it allows them to benefit directly from some kind of advantage".

Mais la démonstration de la détermination du gouvernement dans la lutte contre la corruption représente également un élément d'importance majeure. "In the case of Mauritius, there are allegations of high level political intervention to prevent prosecution and investigation of allegations of corruption, especially when these allegations are directed at senior officials and well-placed individuals. This perception undermines the credibility of the entire exercise, and the Government should take energetic efforts to eliminate it", recommandent les pairs africains au gouvernement.

Le rapport de l'APRM regrette l'absence de statistiques fiables en matière de corruption à Maurice en soutenant que "it is impossible to determine if the incidence of corruption has increased or decreased in recent years, or whether or not the forms of corruption and the institutions or groups most actively involved in corruption have changed".

Le rapport de l' "African Peer Review Mechanism" aborde également d'autres défis importants, auxquels sera confronté Maurice, comme la lutte contre la pauvreté, la prise en charge des groupes socio-ethniques, qui se retrouvent en marge du "mainstream" ou encore la nécessité de "Managing Diversity" et le problème de langues officielles.

En conclusion à cette première analyse de la société mauricienne, les membres du "Panel of Eminent Personalities" avancent que "the stakes and challenges confronting Mauritius of today call for a strong consensus around the most essential objective ; laying the foundations for a modern and solid economy and a conscious and responsible Mauritian and African citizenship".


Maurice et le risque d'une démocratie de clans

Les alliances électorales et les arrangements entre les trois principaux partis politiques retiennent l'attention du "Panel of Eminent Personalities" de l'APRM. Dans leur analyse, ils émettent un avertissement au sujet des conséquences de ce "club fermé" sur le plan politique et proposent des réformes au niveau électoral et du "Best Loser System" en vue de permettre l'adhésion de nouveaux membres sur l'échiquier.

Une des contraintes d'envergure de cette situation sur le plan politique reste la possibilité de voir Maurice se transformer en démocratie et économie claniques. "The chemistry between the political, ethnical and economic driving forces with a tendency to complicity, self-protection, and most importantly with a trend towards a few families-controlled democracy and economy", note le document, qui évoque également "a feeling of complicity and favouritism between leaders particularly in areas of poor governance, the lack of accountability and especially impunity".

Face à cette cartellisation du pouvoir politique, le "Panel of Eminent Personalities" d'Afrique se prononce en faveur d'une explosion du "club" des coalitions, avec pour partenaires à tour de rôle trois partis politiques, le MMM, le Parti travailliste et le PMSD mais sans aucune mention du MSM, qui a été dans des coalitions politiques au pouvoir de 1983 à 2005, sauf pour la période de 1995 à 2000. Cette nouvelle approche devrait favoriser l'émergence de nouveaux acteurs politiques.

"The Country Review Mission was informed in its consultations that coalitions were formed before elections, thus predetermining the outcomes of elections. More importantly coalition politics meant that only three main parties were able to dominate the political scene to the exclusion of emergence of parties. The political system is perceived by many as no longer serving the country. There is a feeling that a new dispensation is needed, which enables the opening up of democratic space beyond the long standing coalitions, seen by some a club, in which any party or individual outside the three parties is left out with no hope to get in", souligne le document rédigé à la fin de l'année dernière.

L'"ethnicisation and religionalisation" de la politique demeurent un des talons d'Achille de la démocratie à Maurice. Cette tendance est favorisée par le système électoral, qui n'attend qu'un toilettage pour écarter "the undesirable linkages between ethnicity and religion and politics". Le principal antidote contre ce cancer de la politique comprend une dose de proportionnelle dans le système électoral.

"Mauritius should review the current First Past The Post System with a view to introducing an element of proportional representation or mixed PR and First Past The Post as proposed by the Sachs report. In addition, Mauritius should review the Best Loser System and introduce an alternative system which shall ensure that minorities are adequately represented at the National Assembly", affirment les membres du "Panel of Eminent Personalities". Ils sont également en faveur d'une réforme du système politique favorisant une plus grande participation au-delà des partis traditionnels.

Le taux de participation des femmes dans le domaine de politique est une zone d'ombre au tableau. "Unfortunately, the reputation of Mauritius as a leading democratic country is somewhat tainted by the country's remarkably low levels of participation of women as candidates and decision-makers in politics," lit-on au paragraphe 142 du rapport, qui met en avant que l'on doit parcourir un long chemin pour atteindre les "50% female gender representation required by the 1997 SADC Declaration on Gender and Development".

En vue d'éliminer les possibilités de trafic d'influence lors des campagnes électorales, délit qui a débouché sur le fait qu'Ashock Jugnauth a été cassé en tant que parlementaire suite à une pétition électorale, l'APRM revient à la charge avec un code de conduite pour les candidats et partis à des élections. "There are general perceptions that previous elections in Mauritius have been affected by traffic d'influence and that a Code of Conduct must be implemented to prevent this occurrence", recommandent les pairs africains, qui regrettent de n'avoir pu avoir des échanges avec des membres de l'Electoral Supervisory Commission lors de leur séjour à Maurice en juillet de l'année dernière.


Rodrigues : des critiques sévères contre le GM

Les autorités mauriciennes ont essuyé de sévères critiques par rapport au traitement de "seconde classe" infligé à Rodrigues. Au chapitre de l'autonomie, l'African Peer Review Mechanism ne se gêne nullement pour réclamer que les dispositions du Rodrigues Regional Assembly Act de 2001 soient respectées et mises en œuvre à la lettre. Le problème de la pauvreté à Rodrigues préoccupe également les membres du "Panel of Eminent Personalities".

Tout en dénonçant l'absence dans l'île de toute une série d'institutions-clé comme une représentation de la Commission des Droits de l'Homme ou encore de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC), le rapport avance que le tribunal de Rodrigues dispose de la même jurisdiction que la Cour intermédiaire. Néanmoins, seul un magistrat siège au sein de ce tribunal avec de "numerous cases pending and there is a case backlog".

Le gouvernement est pointé du doigt au chapitre de la gestion des affaires publiques à Rodrigues. "The leadership of Rodrigues pointed out that the Constitutional provisions regarding the autonomy of Rodrigues should be adhered to, it has a higher status than the districts or municipalities of Mauritius and should enjoy fiscal autonomy as well", note le rapport de l'APRM, qui stigmatise le fait que "some projects that should be implemented are not met because the budget is cut by the Government and priorities are not met".

Le rapport cite le cas que durant la période de 2003 à 2006, le budget de développement de Rodrigues avait été réduit de Rs 450 millions à Rs 250 M. "In the last national budget speech, the biggest expenditure programme ; more than Rs 27 billion, is for building a new airport, and public infrastructure, yet allocates no funds for public infrastructure expenditures based in Rodrigues", ajoute-t-il.

Compte tenu des répercussions de l'absence d'autonomie opérationnelle et fiscale sur le potentiel de développement à Rodrigues, les membres du "Panel of Eminent Personalities" ont exprimé le souhait de voir les autorités à Maurice changer d'attitude et de politique, et plus précisément de "Mindset" à l'égard de Rodrigues. "It should be looked at particularly from the vantage point of the numerous advantages that could accrue to Mauritius from a developing and prosperous Rodrigues. It will entail some cost but the benefits will be worth it. The government and the policy makers in Mauritius should therefore see the challenge of tackling the daunting developmental challenges of Rodrigues as an overall challenge of development in Mauritius. It should not be seen as a zero sum game option", propose le rapport au chapitre de Rodrigues.

L'APRM appelle également à la responsabilisation

des Rodriguais par rapport au travail, à la moralité et à la "Self-Reliance". "Mauritians in Rodrigues, most of them of African origin must wake up to the harsh realities of the modern world. In this connection, they need to totally embrace education - whatever difficulties like having no lunch or scholastic materials - and family planning", recommande le rapport dans la conjoncture.


La visite de l'ancien président Joaquim Chissano

Des libertés prises avec le protocole

La visite de l'ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano comme Chief Guest aux célébrations marquant le 175ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage continue à faire couler beaucoup d'encre. Si l'affaire du déjeuner, officiel à la State House du mardi 2 février, rebaptisé privé après que le pot aux roses des invités très particuliers ait été révélé, a alimenté les conversations, d'autres libertés prises avec le protocole ont aussi été relevées.

On parle ainsi de la visite de courtoisie de Joaquim Chissano au seul ancien président de la République Karl Offmann alors que Cassam Uteem n'a pas eu cet honneur et de la présence de convives tout à fait inhabituels au dîner offert par le ministre de l'Éducation et de la Culture, Vasant Bunwaree au Maritim dans la soirée du 1er février.

L'affaire du déjeuner éclate lorsque Radio Plus, averti sur ce qui ressemblait à une plate-forme bleu-blanc-rouge qui avait eu lieu plus tôt à la State House, sollicite le leader de l'opposition dans l'après-midi du mardi 2 février pour un commentaire sur son absence de cette activité.

Paul Bérenger explique qu'il ne savait pas qu'il y avait un déjeuner et que, s'il a eu lieu, il n'a, en tout cas, pas été invité. Il déclare alors qu'il s'agit "d'une grossièreté" de la part de la présidence et, informé de l'identité des convives, évoque la présence du "petit crétin" Pravind Jugnauth.

Dans d'autres commentaires, le leader de l'opposition a aussi dit avoir trouvé assez singulier qu'il n'y ait pas eu de rencontres ou de visites de courtoisie pendant cette visite et n'avoir pas compris le sens de "on se voit demain" que lui lance Joaquim Chissano lorsqu'il le salue et prend congé après la cérémonie officielle au Morne le 1er février. Il croyait ainsi que "son bon ami de longue date" serait des invités du président de la République le lendemain.

En sus de l'invité d'honneur, ce sont donc le Premier ministre et son épouse Veena Ramgooam, M. et Mme Xavier Duval et le couple Pravind et Kobita Jugnauth qui sont, ce mardi 2 février, à la table de Sir Anerood Jugnauth et de Lady Jugnauth.

Pour toute explication après que le leader de l'opposition a dénoncé la "grossièreté" de la manœuvre, pas de communiqué officiel de la présidence comme celui, célèbre, envoyé à l'Express après que ce journal ait évoqué une possible réconciliation avec Ashok Jugnauth ou, celui, plus récent, émis pour se démarquer de la position de Cassam Uteem sur l'engagement politique, mais une déclaration du secretary to the president, M. Gunputh à Radio One qui décrète qu'il n'y a pas eu "d'impair diplomatique" puisque le déjeuner était "privé".

Le PM : "Je n'étais moi-même qu'un invité"

L'affaire prenant une certaine importance, le Premier ministre, lui-même, choisit de mettre quelque points sur les "i" dans Le Mauricien du mercredi 3 février. Selon notre confrère, ce n'est qu'une fois sur place que Navin Ramgoolam se serait rendu compte qu'il s'agissait d'un "déjeuner privé" ajoutant, comme pour prendre ses distances de l'initiative présidentielle, que, "je n'étais moi-même qu'un invité".

Or, le programme officiel que nous publions plus loin fait mention de "lunch hosted by the President of the Republic" et non pas de "private lunch for a few personal guests of the president". Une question qui revient dans les commentaires publics entendus sur les radios privées durant la semaine est, notamment, celle de savoir si ce sont les contribuables qui ont casqué pour ce déjeuner privé. Là aussi aucun éclairage. Le seul commentaire de Sir Anerood Jugnauth sur cette affaire alors qu'il était invité par Radio One, jeudi soir, à réagir aux propos du leader de l'opposition a été un jeu de mots laconique : "mo laisse li digère so banne propos".

Si le déjeuner controversé de la State House a polarisé l'attention, cette visite de l'ancien président du Mozambique, Joaquim Chissano, a également été émaillée d'autres bizarreries protocolaires. Une de celles-ci est la visite de courtoisie à l'ancien président de la République, Karl Offmann. Or, il n'y en a que deux dans l'histoire de notre République. Pourquoi Karl Offmann, président d'une année et pas Cassam Uteem, celui qui a exercé les fonctions pendant dix ans et certainement plus connu sur le continent africain ? C'est l'interrogation qui est sur toutes les lèvres.

Autres sujets de débat autour de cette visite, l'évincement allégué des colistiers de Vasant Bunwaree, Yatin Varma et Richard Duval à la cérémonie officielle de Pointe Canon le 1er février. Aussi commentée, la présence de certaines personnes au dîner officiel organisé par le ministre de l'Éducation et de la Culture au Maritim le soir de la fête de l'abolition de l'esclavage. On y a dénombré des convives inhabituels comme des recrues politiques et des agents de Vasant Bunwaree.

En fait, on a voulu faire de cette visite une opération politique en privilégiant certains et en évitant d'autres. La cerise sur le gâteau aura été ce déjeuner où le président avait invité tous les fils à papa pour une réunion politique autour d'un projet, celui de constituer une alliance bleu-blanc-rouge. Ce sont de tels comportements indignes d'une République moderne qui finissent quelques fois par des huées à la Place d'armes ! Et dire que l'on a fait tout un plat autour d'une simple annonce d'un ancien président de renouer avec la politique.


En ordre de préséance: Un ancien PM est en 6 ème position et, un simple député, à la 23 ème…

L'ordre de préséance des différentes fonctions avait été, pour la dernière fois, revu en 2004. Voir plus bas. Même s'il a pu être modifié avec l'arrivée des "vice Prime ministers", certains postes constitutionnels n'ont probablement pas été touchés.

On peut y constater que les anciens Premiers ministres et le leader de l'opposition (une double casquette qu'ont, tour à tour, porté Navin Ramgoolam et Paul Bérenger) arrivent bien avant les simples députés comme Pravind Jugnauth, qui sont classés 23 ème dans la hiérarchie. Ceux qui sont familiers avec le protocole avancent que le président peut inviter son fils à une fonction officielle mais qu'il doit d'abord veiller à ce que l'ordre normal de préséance soit respecté.

1. The President 2. The Prime Minister 3. The Vice President 4. Deputy Prime Minister 5. Former Presidents 6. Former Prime Ministers 7. Chief Justice 8. The Speaker of the National Assembly 9. The Leader of the Opposition 10. Ministers 11. Government Chief Whip 12. Former Vice Presidents 13. Parliamentary Private Secretaries/Chief Commissioner of Rodrigues 14. Secretary to Cabinet and Head of the Civil Service 15. Financial Secretary/Secretary for Home Affairs/Secretary for Foreign Affairs 16. Dean of Diplomatic Corps/Heads, Acting Heads of Diplomatic Missions/Representatives of International and Regional Organisations17. The Senior Puisne Judge 18. The Solicitor General/Puisne Judges/Senior Chief Executives/Director General, Ministry of Finance and Economic Development 19. Chief of Protocol20. Heads of Religious Bodies 21. Commissioner of Police 22. Permanent Secretaries/Ambassadors/Secretary to President 23. Deputy Speaker/Members of the National Assembly 24. Holders of GOSK and/or persons knighted by the Queen 25. Lord Mayor of Port Louis/Mayors/Chairpersons of District Councils 26. Consuls General/Honorary Consuls-General/Honorary Consuls


Déjeuner "soi-disant privé"

Paul Bérenger: "L'ex-président Chissano ne pouvait imaginer une telle grossièreté de la part de la présidence"

"Ne pouvant imaginer une telle grossièreté de la part de la présidence, je présume que l'ex-président mozambicain, Joachim Chissano a dû croire que je l'ai boudé": propos de Paul Bérenger à propos du déjeuner qu'il qualifie de "soi-disant privé" organisé à la State House auquel il n'a pas été invité et qui a réuni, entre autres convives, le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, le vice-Premier ministre, M. Xavier Duval et le leader du MSM et fils du président de la République, M. Pravind Jugnauth.

Un déjeuner "soi-disant privé" mais "aux frais des contribuables" et "prévu par le programme officiel", commente le leader de l'Opposition qui affirme que la présidence a "poussé la grossièreté jusqu'à déterminer où les convives devaient s'installer à table".

Interrogé quant à savoir s'il fallait donner quelque explication politique à cela, Paul Bérenger évite d'élaborer en détail mais répond avec le sourire: "Nous savons, tous, qui sont ceux qui se débrouillent le plus en vue d'une éventuelle alliance entre le MSM et le PTr!" Selon lui, le Premier ministre adjoint, le Dr Rashid Beebeejaun, absent du pays, se serait fait un devoir d'être au nombre des convives s'il était à Maurice et note, parallèlement, que le ministre des Finances, M. Rama Sithanen, aura, lui, "sans doute, apprécié de n'avoir pas été invité!"

Et quid d'une alliance PTr/MMM? "Au MMM, nous continuons, pour notre part, à compléter notre liste de candidats. De toute évidence, si j'ai à rencontrer quelqu'un pour parler politique, ce ne serait certainement pas au Réduit!", précise M. Bérenger. Quant à l'écart de langage que certains lui rapprochent d'avoir fait preuve quand il s'est exprimé sur le sujet à une radio privée, Paul Bérenger affirme qu'il n'y a "rien de communal" dans la formule "petit crétin" qu'il a employée.

Il explique que si la formule utilisée "traduit le fond de ma pensée", elle n'était pas, néanmoins, "destinée à être diffusée". "Toutes les vérités, dit-il, ne sont pas bonnes à dire sur les ondes!" Il assure qu'il fera, à l'avenir "plus attention" quand il s'agira de faire des déclarations à des radios en s'assurant de ce que l'on enregistre ou pas. "Je ferez en sorte que cela ne se répète pas".

Cela dit, le leader du MMM dit noter que, ces derniers temps, le MSM plane "dans la puanteur communale". Il en veut pour preuve l'allusion au colon faite par ce parti à son encontre avec, selon lui, "une visée raciste et communale". Or, assure-t-il, de son côté, il n'y a "rien de communal" dans le terme "petit crétin" qu'il a utilisé. Il rappelle qu'en 2005, le PTr avait, lui, fait référence "à Pinocchio".


Fonction publique - Gel de promotions

Le FS Ali Mansoor sur du charbon ardent

Le plan Mansoor visant à geler les recrutements et promotions au sein de la fonction publique dans une tentative de réduire les dépenses publiques a débouché sur une fronde unanime que ce soit au sein de la classe syndicale dans la fonction publique que parmi les ministres, et non pas des moindres, contre le secrétaire financier, Ali Mansoor. La pression syndicale et ministérielle était montée d'un cran en fin de semaine écoulée forçant le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, à monter au créneau dans un exercice de "Fire Fighting" par le truchement de contacts personnels avec des syndicalistes en vue de la fonction publique, dont Rashid Imrith, président de la Government General Services Union (GGSU), et Radhakrishna Sadien de la Government Employees Services Association (GSEA) dans une tentative de calmer le jeu à l'extérieur.

Les détails des "HR Guidelines" contenus dans la lettre-circulaire du ministère des Finances en date du 21 janvier 2010 avec la référence ESTB/7/208, publiés dans l'édition de Week-End de dimanche dernier, ont eu pour effets immédiats de susciter des remous et controverses parmi les fonctionnaires et l'irritation au plus haut niveau de la hiérarchie gouvernementale. D'ailleurs, dès le début de la semaine, le Prime Minister's Office (PMO) devait faire clairement comprendre, sous forme de rappel à l'ordre, au secrétaire financier qu'il avait outrepassé ses prérogatives. La première initiative du côté du Prime Minister's Office a été de tenter de rassurer les fonctionnaires que le plan-Mansoor n'a pas obtenu la bénédiction du gouvernement.

Mais ce fut en fin de semaine que les pressions seraient devenues quasi intenables pour le secrétaire financier avec des membres du gouvernement dénonçant en des termes à peine voilés cette décision dans une conjoncture électorale. Quand la question avait été abordée, certains des ministres, qui n'ont pas le secrétaire financier en odeur de sainteté, ont dénoncé de façon véhémente la manière de faire d'Ali Mansoor et l'embarras causé par ce faux pas.

"Ena dimunn blyé ki 2010 ène lannée électorale. Tuletan ine dire ki nou bann adverser truv parmi nou mêm dan guvernma mêm et non pas ailleurs", devaient lâcher certains membres du gouvernement visiblement déboussolés par les premières réactions des fonctionnaires à la remise en cause de leurs acquis sous forme de recommandations du Pay Research Bureau (PRB). A la fin de la semaine, le vice-Premier ministre et ministre et ministre de tutelle devait sentir le besoin de monter une défense pour le secrétaire financier.

Les recoupements d'informations confirment que Rama Sithanen devait prendre contact avec le président de la GGSU, Rashid Imrith, pour une rencontre à son domicile à Quatre-Bornes, hier matin. Cette invitation fut déclinée avec le syndicaliste n'acceptant de rencontrer le Grand Argentier qu'à son bureau à l'Hôtel du gouvernement en début de semaine. Un rendez-vous a également été pris avec Radhakrishna Sadien, qui avait, entre-temps, réclamé en fin de semaine que le contrat du secrétaire financier ne soit pas renouvelé par le gouvernement.

L'objectif du vice-Premier ministre et ministre des Finances était d'atténuer, ou mieux, de mettre en sourdine les attaques et récriminations syndicales contre le secrétaire financier concernant le gel des recrutements et promotions dans la Fonction publique. Mais l'intervention du secrétaire financier sur les ondes d'une des radios privées tentant de jouer le Ponce Pilate à l'effet que "c'est le ministère de la fonction publique qui va tout décider", n'a nullement aidé et a eu pour effet d'envenimer la situation.

Cette déclaration allait soulever un véritable tollé avec des représentants syndicaux dénonçant cet acte de "filouterie" et cette tentative de présenter le ministère de la Fonction publique comme un marchepied des Finances. "Le plan-Mansoor ne fait-il pas mention au paragraphe VII que "the Ministry of Finance and Economic Empowerment is responsible for working with each ministry to develop a strategic plan that spells out what the Ministry wants to achieve, how it proposes to pay for the strategy and what are the requirements to implement the strategy", souligne-t-on du côté du ministère de la Fonction publique face à cette mainmise des Finances sur la gestion des ministères (voir les principales propositions du plan-Mansoor plus loin).

Mais du côté des syndicats de la Fonction publique, l'on brandit volontiers des extraits des "Minutes of Proceedings" de réunions officielles pour confirmer le fait que sans l'autorisation du ministère des Finances, il ne peut y avoir de promotions ou de recrutements et cela malgré le soutien et toute la bonne volonté du ministère de la Fonction publique.

"The chairperson explained that vacancies in these grades (Clerical Officers) would be filled subject to availability of funds. He added that if the case was proved beyond reasonable doubt and it was fully justified that a certain number of posts needed to be filled, the Ministry of Civil Service and Administrative Reforms would support the request when submitting establishment proposals to the Ministry of Finance and Economic Empowerment bearing in mind that it would be up to the Ministry of Finance and Economic Empowerment to decide on the release of funds", peut-on lire dans des extraits du procès-verbal relatifs au chapitre de "Filling of vacancies for the post of Special Clerical Officer/Office Supervisor". Ces remarques sont considérées comme des réponses classiques offertes par le ministère de la Fonction publique à chaque demande de recrutement pour remplir des postes vacantes ou pour des exercices de promotion.

Et à Rashid Imrith et Radhakrishna Sadien d'enfoncer le clou quant à la responsabilité des Finances dans le gel de recrutements. "Nous citerons un cas parmi tant d'autres. Que s'est-il passé avec le recrutement de 87 sapeurs-pompiers pour remplir des postes vacants aux Government Fire Services ? Le ministère des Finances peut-il confirmer qu'il n'y a pas eu d'appel de candidatures parce qu'il n'y a pas eu de Release of Funds", reprennent ces deux syndicalistes presque à l'unisson.

En tout cas, le secrétaire financier est engagé dans une course contre la montre avec ses "HR Guidelines" avec en face de lui non seulement des syndicalistes, des fonctionnaires mais également des membres de la majorité gouvernementale extrêmement frileux en cette année électorale. L'expérience en tant qu'intermédiaire du vice-Premier ministre et ministre des Finances sera plus que nécessaire "to cross that bridge over troubled waters"...


Des extraits du plan Mansoor

Dans une tentative de se dédouanner de la politique pour un gel des recrutements et de promotions dans la Fonction publique sur la base des HR Guidelines, le secrétaire financier, Ali Mansoor, s'appuie sur la teneur du document du ministère des Finances en date du 21 janvier 2010.

Week-End publie ci-dessous des extraits de cette lettre-circulaire en vue d'éclairer le débat :


La promesse de Sithanen aux fonctionnaires

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, a, dans une déclaration à Week-End, hier matin, soutenu que tous les postes prévus dans le budget 2010 seront remplis. Il est d'avis que le secrétaire financier, Ali Mansoor, se retrouve au centre de cette controverse à la suite d'une cabale venant de ceux qui ne se retrouvent pas sur la même longueur d'ondes que celui-ci.

"Je confirme que tous les postes qui ont été programmés dans le Budget 2010 et votés par l'Assemblée nationale seront remplis que ce soit par voie de recrutement ou de promotion. Dois-je rappeler qu'une fois le Budget voté par l'Assemblée nationale, nous n'en avons aucun contrôle. Certes, il y a des procédures à suivre", soutient Rama Sithanen dans une tentative de calmer les appréhensions des fonctionnaires même si certains, soit 2 700 selon la Government General Sercives Union, attendent depuis novembre 2008 leur réajustement d'Increments, un maximum de trois, dans le sillage de la mise en application des recommandations du rapport du Pay Research Bureau (PRB).

Prenant la défense du secrétaire financier, le vice-Premier ministre et ministre des Finances maintient que "tout cela relève d'une cabale. Ceux qui ne se retrouvent pas dans la méthode de travail imposé ont vu dans la conjoncture une aubaine pour réclamer le départ d'Ali Mansoor, dont le contrat arrivera à échéance bientôt. Si je ne m'abuse, il y a un syndicaliste qui a déjà fait état du non-renouvellement du contrat du secrétaire financier"."


Ali Mansoor et le boulet du Merger Finances/Plan

Des syndicalistes de la Fonction publique soutiennent que si le ministère des Finances "means business" en matière de recrutements et de promotions, il devrait balayer devant sa porte. Pour cause, ils mettent en avant les multiples péripéties tracasseries autour du "Merger" en gestations depuis quatre and du ministère du Plan avec celui des Finances, un véritable boulet aux pieds du secrétaire financier, Ali Mansoor. Le litige déclaré le 15 mau 2008 par l'Union of Government Economists (UGE) contre le ministère des Finances au sujet du "Merger" demeure entier. Un rapport du président de la Commission for Conciliation and Mediation du ministère du Travail et des Relations industrielles, le Pr V. Torul, en date du 10 décembre de l'année dernière est resté jusqu'ici lettre morte.

Ainsi, l'Union of Government Economists a écrit officiellement en fin de semaine dernière pour solliciter l'intervention du Pr Torul dans une tentative de débloquer le deadlock face au mutisme des Finances. Le Pr Torul avait recommandé dans son rapport de décembre que le litige soit soumis à l'Employment Rights Tribunal pour un arbitrage volontaire.

"Given that the whole issue is now back to sqaure one and management (Finance) is not showing any response to your report and recommendation, the Union is appealing to you to consider the following options (i) intervene with management to respect your decision (ii) te Commission to directly refer the matter to the Employment Rights Tribunal", note le syndicat des économistes du gouvernement dans une correspondance.

Mais depuis ces derniers jours, des économistes anciennement affectés au ministère du Plan subissent des pressions pour prendre part à un Survey initié par les Finances dans une tentative de remettre le "Merger" sur les rails. Cette démarche est en contradiction avec les conclusions de la Commission for Conciliation and Mediation du ministère du Travail. Dans le cadre de ce Survey, les fonctionnaires concernés sont appelés à donner leurs avis sur trois points, notamment la possibilité du paiement d'une allocation aux Team Leaders, qui ne sont pas des Lead Analysts, le paiement d'un Increment aux "Analyst Cadres" dans une tentative de faire redémarrer le processus de "Merger et la publication des Schemes of Service et le report de tout "Open Recruitment" à janvier 2011 au lieu de janvier 2010.

L'Union of Government Economists dénonce les tactiques dilatoires adoptées par le ministère des Finances pour ne pas remplir des postes vacants malgré les garanties données depuis l'exercice financier 2006/07, soit bientôt quatre ans. "The Union of Government Economists wiews the non-filling of vacancies and consequential ones as a matter of serious concern. The industrial dispute relates to the failure on the part of the Financial Secretary to fill vacancies and consequential ones", dénonce le syndicat, qui ajoute que la question avait été soulevée avec le secrétaire financier à plusieurs reprises au cours de ces derniers quatre ans.

Ali Mansoor n'a daigné répondre aux sollicitations syndicales même après intervention du secrétaire au Cabinet et chef du service Civil. "A correspondence was also addressed to the Secretary to Cabinet and Head of Civil Service with a copy to the Financial Secretary on 3 July 2007. The Secretary to Cabinet referred the matter to the Financial Secretary on 13 December 2007. No concrete action was taken by Management", affirme le syndicat des économistes.

En tout cas, avec les coups essuyés par l'Union of Government Economists aux mains du secrétaire financier, les autres syndicats de la Fonction publique se disent avertis de ce qui les attend dans l'éventualité de l'adoption du plan-Mansoor et les "HR Guidelines" envisagées. Dans la conjoncture, les syndicalistes souhaitent voir une prise de position sans équivoque à ce sujet.


A Plaisance

Ramgoolam: "Il faut deux mandats consécutifs"

La cérémonie de la pose de la première pierre du nouveau Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport Terminal, mercredi dernier, a été l'occasion pour le Premier ministre et leader de l'Alliance sociale, Navin Ramgoolam, de déclarer ses fermes intentions par rapport aux prochaines élections générales. Il a réitéré sa demande à l'électorat pour un 2e mandat consécutif en vue de compléter l'Unfinished Business sur le plan des infrastructures. Avec l'étape de la semaine écoulée, les responsables de l'Airports of Mauritius Limited (AML), dont la présidence est assurée par Pazhany Rangasamy, annoncent que les travaux sur ce nouveau chantier, nécessitant des investissements de Rs 11 milliards, devront démarrer vers la fin du mois. La livraison du nouveau terminal à l'aéroport est prévue pour décembre 2012.

Au beau milieu de son intervention alors qu'il commentait les objections des conservateurs contre des projets initiés par le gouvernement et la durée des travaux, Navin Ramgoolam n'a pu s'empêcher de déborder sur la perspective des prochaines élections générales. "Les projets d'envergure ont besoin d'un suivi à long terme. C'est pourquoi je dis souvent qu'il faut deux mandats consécutifs… Sinon, vous savez comment cela se passe. Vous faites le travail et ce sont les autres qui viendront procéder aux inaugurations", devait-il faire ressortir.

Un peu plus tard, alors qu'il regagnait sa voiture à la fin de la cérémonie, le PM a été amené par la presse à faire des commentaires sur l'issue des prochaines élections générales. Il devait laisser entendre que rien n'est décidé à l'avance lors d'une joute électorale.

"Ce que vous dites n'existe pas! Il faut batailler du début à la fin", avait-il répondu à une question d'un membre de la presse, qui avait lancé: "pourquoi vous inquiétez-vous alors que vous dites que l'Alliance sociale est forte et qu'elle se dirige vers une victoire facile ?" Pour ce qui est du calendrier des principales échéances électorales, le chef du gouvernement devait réclamer de la patience. "C'est que 2010 sera une année électorale. Mais il faudra patienter, 2010 n'est pas encore terminée et nous ne sommes que le 3 février", devait-il répliquer à une autre question des journalistes présents lors de la cérémonie de pose de la première pierre.

D'autre part, le PM a tenu à saluer l'étroit partenariat entre Maurice et la République populaire de Chine, d'une part, et avec la France, d'autre part, dans la réalisation de ce plus important projet d'infrastructure à Maurice. Abordant le choix des partenaires pour la réalisation de ce projet, susceptible de devenir la vitrine de l'île Maurice de demain, le PM a évoqué non seulement les aspects techniques mais aussi la réputation des firmes. Il a fait état de la dimension politique et diplomatique. "Nous avons réussi à réunir deux de nos plus importants partenaires. Maurice sait reconnaître ceux qui ont toujours été à ses côtés", a-t-il soutenu.

Navin Ramgoolam a également retracé les principales étapes dans la formulation de ce projet, notamment la signature en avril 2008 d'un accord de partenariat avec la France, notamment les Aéroports de Paris et Airports of Mauritius Limited pour l'agrandissement du terminal au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport en vue d'accueillir entre 4 et 4,5 millions de passagers annuellement.

Le PM a fait état de sa participation au sommet Chine/Afrique où il avait présenté le projet du gouvernement mauricien à la partie chinoise, dont le président Hu Jintao, pour assurer le financement. Un prêt à des taux bonifiés a été négocié avec l'Exim Bank de Chine. Il a tenu à remercier chaleureusement ces deux pays pour leur cooopération.

La conception du nouveau terminal à Plaisance a été confiée aux spécialistes des Aéroports de Paris Ingénierie (ADPI) alors que le maître d'œuvre sera la China State Construction Enginering Corporation Ltd., présentée par l'Airport Terminal Operations Limited comme étant l'une des cinq premières entreprises mondiales de construction.

De son côté, Jean Marie Chevalier, le président de l'Aéroport de Paris Management (ADPM), qui a fait le déplacement de Paris à cette occasion, s'est appuyé sur le fait que "le processus a été long et semé d'obstacles, une coopération exemplaire avec l'administration mauricienne nous a permis de négocier ; ainsi, après avoir, avec l'aide de cabinets mauriciens et français, conseillé au gouvernement sur le meilleur montage du projet, nous l'avons assisté pour l'obtention d'un prêt à des conditions très favorables de l'Exim Bank of China."

Le président de l'Aéroport de Paris Management a terminé en déclarant qu'"avec le concours des collaborateurs mauriciens et français, nous saurons surmonter les difficultés propres à tous ces grands projets. Je vous donne donc rendez-vous ici-même avant fin 2012 pour constater l'achèvement et la mise en service de cette nouvelle porte d'entrée à Maurice."

Le président du conseil d'administration d'Airports of Mauritius a fait une présentation des principales caractéristiques du projet de terminal, couvrant une superficie de 56 000 mètres carrés, soit le double de celle d'aujourd'hui. Pour marquer les dix ans de son incorporation, Airports of Mauritius Limited a fait publier un livre retraçant en photos la carrière publique et politique de feu sir Seewoosagur Ramgoolam, pour son engagement dans le développement de Maurice. Les photos sont puisées de la Vele Kadaresen Collection, photographe de presse qui a cotôyé l'ancien PM presque quotidiennement.


Mauriciens à l'étranger - Phase délicate de la mission confiée à Me Lassémillante

La mission spéciale confiée par le PM Navin Ramgoolam à Me Hervé Lassémillante en vue de négocier avec les autorités congolaises la remise en liberté de deux ressortissants mauriciens, Iqbal Osman et Christian Li, aborde ces jours une phase délicate et cruciale. Ce dossier est suivi personnellement par le chef du gouvernement, qui a octroyé à son émissaire le mandat nécessaire pour mener à bien ces négociations.

Après un premier voyage au Congo pour obtenir au moins la remise en liberté provisoire de ces deux Mauriciens, employés par la firme internationale Chevron, Me Lassémillante est reparti hier matin à destination du Congo-Brazzaville. En principe, dès demain matin, l'envoyé spécial de Navin Ramgoolam devra être reçu par le président congolais, Denis Sassou Nguesso, pour des pourparlers sur ce délicat dossier.

La décision d'une seconde mission au Congo a été prise à la suite d'une série de contacts au plus haut niveau politique entre les deux pays en vue de trouver des moyens pour un dénouement dans le cas d'arrestation de ces deux Mauriciens. Elle servira également de suivi après la première étape menée avec succès pour la caution des deux Mauriciens. Dans certains milieux politiques et diplomatiques, l'on garde espoir qu'une solution pourra être trouvée à plus ou moins brève échéance.

Avec le rendez-vous de demain dans la capitale congolaise, Me Lassémillante présentera la version des faits des deux Mauriciens, qui ont été appréhendés parce qu'ils avaient découvert une fraude de l'ordre de 10 millions de USD lors de la prise en charge par le gouvernement du Congo d'une filiale de Chevron dans ce pays. Dans un premier temps, les deux Mauriciens avaient été jetés tout simplement en prison. Suite à l'intervention de Me Lassémillante, qui a bénéficié également d'appuis diplomatiques, ils furent libérés contre une caution de Rs 10 millions.

Les parents à Maurice d'Iqbal Osma, qui détient également la nationalité française, et de Christian Li, qui ont été informés des derniers développements, suivent avec attention cette nouvelle étape dans les négociations avec les autorités congolaises.


En marge de la fête Maha Shivaratree

Frictions entre deux organisations socio-culturelles

Deux organisations socio-culturelles, Kranti et la Voice of Hindu, s'affrontent en marge de la fête Maha Shivaratree qui sera célébrée le vendredi 12 février. Bilan de cet affrontement, une guerre de dépositions à la police et des panneaux de vitre de la résidence du président de Kranti, Ajit Gopal, et sa voiture endommagés. Une parenthèse est, certes, mise ces jours-ci en raison de la proximité de ce grand rendez-vous religieux, mais les deux parties ont promis de remettre ça juste après.

C'est Kranti, par la voix de son président, qui a déclenché les hostilités lors d'une rencontre avec la presse mercredi dernier en posant quelques questions pertinentes sur le rôle de la politique dans la religion. Il a carrément demandé qu'il n'y ait aucun discours de politicien à Ganga Talao à l'occasion des festivités marquant la fête Maha Shivaratree.

Il a aussi demandé que les panneaux installés par la Voice of Hindu à l'entrée de Grand Bassin soient immédiatement enlevés. Le porte-parole de Kranti a même affirmé avoir officiellement écrit à la Road Development Authority pour demander que ces panneaux aux couleurs de l'Inde et avec des épées tachées de sang qui, dit-il, n'ont pas leur place en ce lieu, soient enlevés.

Comme pour bien démontrer sa différence, Kranti s'est aussi prononcé pour l'utilisation de la langue kréol comme matière optionnelle à école. C'était une manière de prendre à contre-pied la plate-forme constituée par Krit Manohur et Somduth Dulthumun, qui s'était vivement exprimée contre lors d'une rencontre avec la presse la semaine dernière.

Craignant des représailles de la part de la VOH, après les critiques qu'il a formulées, Ajit Gopal avait, comme mesure de précaution, consigné une déposition à la police contre cette organisation que Kranti considère plus comme un parti politique que commevune organisation culturelle.

Or, dans cette même soirée de mercredi, Ajit Gopal affrime qu'une Mercedes aurait été aperçue près de chez lui à La Source, Quatre-Bornes, juste avant que des individus ne brisent des vitres de sa maison et ne fassent voler son pare-brise en éclats. La victime a évoqué des "méthodes terroristes d'Al Qaeda!"

Les dirigeants de la VOH ont très vite réagi à ces accusations et ont formellement nié toute implication dans les incidents de mercredi soir. Autant Krit Manohur que Nuvin Unoop ont souligné "l'étrange coïncidence" qui veut que le plaignant ait consigné une déposition avant les incidents. Ils ont repoussé les accusations de terrorisme et ont aussi mis en avant le fait que Kranti voulant dire "révolution", ce sont les animateurs de cette organsiation qui pratiquent la violence verbale. Ils ont, à leur tour, fait une entrée à la police contre Kranti.


Philanthropie à rebours

Tracasseries pour le bienfaiteur de PAWS

L'un des principaux bienfaiteurs de la Protection of Animals Welfare Society (PAWS), dont les principaux responsables sont des membres à part entière de l'Eglise Chrétienne du couple Miki et Audrey Hardy, fait face à des tracasseries avec les autorités de plusieurs pays, dont Maurice, l'Afrique du Sud, l'Allemagne et également avec Interpol. En effet, ces organismes ont prévu d'initier des enquêtes en vue de faire la lumière sur la provenance des fonds gérés au sein du Laureate Trust. D'autre part, dans le cadre de son offensive de charme et pour tenter de faire occulter les liens étroits avec l'Eglise Chrétienne, PAWS se réfugie derrière le slogan du Branding du ministère du Tourisme "C'est un plaisir... " pour sa campagne de billboards à travers le pays depuis la semaine écoulée.

Les indications, qui sont parvenues à Week-End au cours de la semaine font voir que des représentants du Laureate Trust, dont le ressortissant sud-africain, Deon Brand, qui détient également le statut de "Permanent Resident" à Maurice, feraient l'objet d'une série d'enquêtes de la part d'institutions internationales. PAWS avait bénéficié d'un financement, que l'on éviterait de qualifier d'occulte, d'un montant de Rs 30 millions venant des activités lucratives de Deon Brand dans le domaine de l'immobilier haut de gamme à Maurice avec des sociétés spécialisées gérées par des membres de l'Eglise Chrétienne.

Ainsi, il ne serait nullement étonnant de voir des transactions immobilières négociées sous l'égide des membres faisant partie du "Business Empire" de l'Eglise Chrétienne être intégrées au dossier à charge compilé conjointement par le Central CID et le ministère des Finances suite à une déposition consignée par Cader Sayed Hossen, président de la Commission pour la Démocratisation de l'Economie.

Ce premier volet de l'enquête porte sur un manque à gagner de Rs 1,2 milliard au niveau des recettes fiscales sur la vente d'une quarantaine de bungalows et d'appartements de luxe dans des régions "Posh" en contournant les dispositions de la loi. Les conclusions de cette partie de l'enquête devront être transmises au Bureau du Directeur des Poursuites publiques (DPP) dans un avenir pas très lointain. Les sources proches de ce dossier se gardent de confirmer la liste des cas identifiés ou encore de commenter les détails.

De leur côté, des représentants ou prête-nom de Deon Brand à Maurice pourraient être appelés à se justifier par rapport aux démarches entreprises dans l'exercice de leurs fonctions professionnelles. Ces prête-noms pourraient être appelés à collaborer avec les autorités mauriciennes pour faire la lumière sur les circonstances dans lesquelles Deon Brand s'est vu octroyer son "Permanent Resident Status", sur les OPA (offres publiques d'achat) des sociétés mauriciennes en 2007 et le montant de ces acquisitions et les propriétés immobilières, autres que celles d'Ebene Views" acquises au nom de Deon Brand alors un "Non-Citizen" avant 2005.

Un cas de faux et usage de faux sur un document officiel soumis au Registrar of Company, qui a déjà fait l'objet d'un procès en Cour suprême par le Registrar General pourrait être analysé sous de nouvelles perspectuves avec les éléments versés par les prête-nom au dossier.

D'autre part, deux organismes britanniques, dont la Financial Services Authority de Grande-Bretagne, le régulateur des services financiers en Grande-Bretagne, se penchent sur des possibilités de "Breach of Regulations, of Professional Conduct and Good Governance".

D'autres milieux avancent que la "National Prosecuting Authority d'Afrique du Sud s'intéresse de plus près aux finances et au business de Don Brand en Afrique du Sud et dans d'autres parties du monde, dont Maurice. La collaboration d'Interpol a été sollicitée à cet effet.

Les différentes opérations financières opérées sous le "Laureate Stiftung" en Allemagne, avec des transférts conséquents sur ces comptes pourraient également faire l'objet d'examens approfondis par la Staatsanwaltschaft, soit le Prosecutor's Office dans ce pays.

Au sujet de la gestion de PAWS, des questions surgissent par rapport à l'utilisation d'un don de l'ordre de Rs 2,3 millions (72 340 dollars américains) alloué par la World Society for Protection of Animals (WSPA) à PAWS avec des versements s'échelonnant entre 2007 et 2008. Avec ces différentes moyens de financement, des sources engagées dans la gestion financière de PAWS récusent la thèse défendue par le président Sam Naraina Poullé à l'effet que cette ONG serait endettée à hauteur de plusieurs millions.

Ces mêmes sources ajoutent avec regrets que "PAWS was once the pride and joy of WSPA in the region, hence the visits of senior directors over the years. WSPA was the major sponsor of PAWS until the arrival of Deon Brand. It was shocking to learn that WSPA had now been blacklisted PAWS". Compte des relations avec la WSPA, Roxane Marin, vice-présidente de PAWS et un des principaux lieutenants des Hardy au sein de l'Eglise Chrétienne, avait bénéficié du Sponsorship de WSPA pour participer tous frais payés à la conférence de cette association en juin 2006 à Londres.

Mais PAWS continuera à faire parler d'elle en ajoutant une dernière controverse à son palmarès. En vue de redorer son blason à Maurice, PAWS a démarré une campagne de "billboards" à Maurice. Les initiateurs de ce projet n'ont trouvé mieux que d'accaparer le slogan "C'est un plaisir" du ministère payé à coups de millions.

Peut-être une façon de confirmer les liens étroits entre PAWS et le Tourisme dans cette conjoncture quelque peu difficile. Y aura-t-il protestation de la part du ministère du Touristique pour non-respect des droits d'auteurs ? A ce stade, une question difficile à répondre.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 7 février 2010