s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 31 janvier 2010



  Plan d'urgence - Les ourites de Rodrigues menacées de disparition
  Manque de main-d'oeuvre dans la construction - La CTSP réclame l'embauche de Rodriguais plutôt que de travailleurs étrangers
  Toxicomanie: échange de seringues - Rencontre avec quatre femmes formidables
  Santé - La clientèle privée des médecins étrangers dérange
  13e tirage - Loto : aucun gagnant pour la cagnotte de Rs 5 M
  Ne voulant pas laisser son "bus pass" - Eden College : résultats refusés à une candidate
  5 ans après avoir démarré - 100% de réussite au School Certificate pour le collège Sainte-Marie
  School Certificate - Quelque 40 cas de résultats "pending" pour tricherie soupçonnée
  Enhancement Programme - Implémentation, à prévoir, au forceps
  Unité des chrétiens à Maurice - Les Eglises traditionnelles étendent le dialogue à des communautés évangéliques et pentecôtistes
  Demain, en l'Eglise St François-Xavier, L'Escalier - Messe du 1er février autour de l'inclusion du kréol à l'école
  Égaux dans la naissance, égaux dans le succès - Deux jumeaux décrochent 7 unités aux examens de SC
  Restrictions des cantines scolaires - Cantiniers et écoliers : "Rann nu nu lacantine"
  Manque à gagner des cantiniers - Le cas des marchands ambulants référé à l'ICAC
  Pollution à Bambous-Virieux - La CTSP réclame l'embauche de Rodriguais plutôt que de travailleurs étrangers
  60e anniversaire de la République indienne - Pratibha Patil insiste sur le maintien des valeurs indiennes
  Religion - Le Thaipoosam Cavadee célébré hier
  Malversations alléguées - Les forces vives de Dubreuil n'en démordent pas
  Club Service - La Round Table Mauritius remet Rs 225 000 à l'école complémentaire de Barkly


Plan d'urgence

Les ourites de Rodrigues menacées de disparition

La pression de plus en plus grandissante sur la faune et la flore marines, notée depuis ces dernières années, font que les ourites de Rodrigues sont menacées de disparition vu que leur population a complètement régressé au cours de ces dernières années. Ce constat a été dressé lors d'une récente étude scientifique entreprise, qui a conclu à un véritable état d'urgence pour l'"Octopus Fishery" dans l'île. Les auteurs de ce rapport, dont les conclusions ont été étudiées au niveau du Conseil Exécutif de l'Assemblée Régionale à Rodrigues, préconisent une série de mesures à court et à long termes pour sauvegarder la présence des ourites dans les eaux de l'île. L'une des principales mesures proposées est l'interdiction de 'piquer et de vendre des ourites" pendant au moins trois mois annuellement à partir de cette année. Un plan de reconversion est également prévu en faveur des "piqueurs et piqueuses d'ourites" de Rodrigues dans la conjoncture.

L'urgence de la situation est mise en exergue par les spécialistes dans une communication officielle. "Firstly, it is necessary to recognise, at the highest political level, that the octopus industry is in crisis, and immediate intervention is required to halt the decline and rebuild stocks", souligne le document officiel. Pour faire face à la situation et redresser la barre, un "Octopus Management Plan" basé sur le modèle, qui a été adopté en Tasmanie par le gouvernement australien, a été élaboré et attend d'être adopté.

Mais dans l'immédiat, le Conseil Exécutif de Rodrigues est appelé à mettre en application une série de mesures, dont le gel des permis pour l'exploitation des ourites, la mise en place d'une "National Closed Season" de trois mois annuellement à partir de 2010 et une limitation sur la taille et le poids des ourites, soit un minimum de 350 grammes à être mises en vente sur le marché local. L'interdiction de toute activité professionnelle dans ce secteur devrait se faire avec un minimum de "Social Disruption" mais des doutes exprimés dans certains milieux quant à la pertinence de cette proposition en une année électorale.

Néanmoins, l'interdiction "de piquer et de vendre" des ourites pendant trois mois doit être précédée et accompagnée de mesures comme une campagne de communication et de sensibilisation des membres de la communauté des pêcheurs, la possibilité de transformer le paiement de la "Bad Weather Allowance" aux pêcheurs en une "No Fishing Allowance" pendant la période de saison close aux professionnels, l'imposition d'un "Levy" sur les trois plus gros acheteurs d'ourites à Rodrigues pour compléter le versement de la "No-Fishing Allowance" et des "Voluntary Retirement Packages" pour les "piqueurs et piqueuses" d'ourites de plus de 50 ans et aussi ceux de moins de 50 ans intéressés à se reconvertir vers d'autres activités économiques.

Des projets de conservation sont également envisagés, comme la "Rivière Banane Marine Reserve" consacré aux ourites, la limitation d'un "Recreational/Subsistence Bag" maximal de deux ourites par personne et par jour. En vue d'assurer un meilleur contrôle, deux autres mesures sont proposées, en l'occurrence "a comprehensive and practical plan to combat illegal fishing with available expertise in the region and no imports of octopus be allowed during the closed season, and no octopus may be sold for consumption".

"Marine reserves remain crucial to the long term management of the resource, and a key objective must be the complete protection of at least 30% of octopus habitat within the lagoon," affirme le rapport, qui souligne l'importance de la mission entreprise par SHOALS Rodrigues en matière de conservation et de sensibilisation.

Le succès de la régénération de l'Octopus Fishery" à Rodrigues dépend également dans une grande mesure des recherches scientifiques approfondies et d'une meilleure éducation de la population de Rodrigues. "Additional research should be conducted to assess key aspects of octopus biology and density in different habitats and regions, including peak spawning periods, and migration patterns, both offshore and longshore", ajoute le rapport.

Tout en rappelant l'importance de la nécessité de réduire le nombre de "piqueurs et de piqueuses" d'ourites, les autorités à Rodrigues devront élaborer un programme avec pour objectif d'"improve education of fishers, both to ensure understanding the life cycle of octopus and the time scale of the effects of detrimental (and beneficial) practices and to impart a sense of resource owenrship to promote community enforcement of protection measures".

En attendant ces mesures, les "piqueuses d'ourites" continuent à se battre contre vents et marées pour subvenir à leurs besoins les plus élémentaires car les ourites sont de plus en plus rares dans le lagon de l'île...


La RGEA dénonce la main-mise politique sur l'administration

La Rodrigues Government Employees Association (RGEA) est montée en première ligne en fin de semaine pour dénoncer principalement une tentative de main-mise des commissaires, membres du Conseil Exécutif de l'Assembmée Régionale de Rodrigues sur l'administration centrale avec la complicité des "Departmental Heads". Le président de la RGEA, Alain Tolbize, s'est appesanti sur un récent cas de harcèlement et d'intimidation contre une " Administrative Officer " pour mieux expliciter ce qu'il présente comme " une véritable dérive ". Il s'est également élevé contre le nombre de postes vacants au sein de l'administration et a lancé un appel pour que le nécessaire soit fait en vue d'améliorer le niveau de services. A ce jour, il a relevé quelque 1 500 postes vacants à différents niveaux.

S'adressant à la presse à Port-Mathurin, vendredi, le président de la RGEA a évoqué un malaise grandissant au sein de la fonction publique ®° Rodrigues. Il a fait état d'une mainmise politique dans la gestion du service public dans l'île. Il a exprimé le souhait que l'Island Chief Executive de l'Assemblée Regionale cesse de joue ®° cache_cache et assume pleinement ses responsabilités pour mettre un frein ®° cette dérive dangereuse. Dans la conjoncture, il regrette le fait que l'Acting Island Chief Executive ne se contente que "d'agir en tant que marionnette entre les mains des politiciens ".

Pour étayer ses dires à ce chapitre, Alain Tolbize évoque le récent cas de victimisation contre une "Administrative Officer ", qui n'a fait que suivre les procédures établies dans l'exercice de ses fonctions. L'incident concerne une réservation de tables dans un restaurant pour un déjeuner offert par un des commissaires de l'Assemblée Régionale à des membres d'une délégation venant de Maurice.

Dans la circonstances, le fonctionnaire concerné avait fait comprendre que la filière prévoit que d'abord et avant-tout le feu vert de son supérieur hiérarchique soit obtenu avant toute autre démarche. Elle avait réclamé cette autorisation avant de faire les réservations. Mais le commissaire de l'Assemblée Régionale, qui avait fait la demande directement sans tenir compte des réglès, n'était nullement satisfait de la réaction.

Depuis, cette "Administrative Officer " doit affronter une série d'inconvénients, dont l'annulation d'un congé dument autorisé antérieurement aussi bien qu'une lettre de l'Acting Island Chief Executive avec des menaces de sanctions pour insubordination. Elle a été déplacée de son bureau et placée dans un coin sans ordinateur et sans téléphone, ses outils de travail.

Le président de la RGEA critique l'Acting Island Chief Executive pour sa " complaisance à l'égard de la classe politique " et le commissaire de l'Assemblée Régionale de Rodrigues pour ingérence dans la gestion des affaires publiques vu qu'il n'est même pas l'Accounting Officer de cette commission. La RGEA compte mobiliser ses membres lors d'un rassemblement prévu pour la fin de mars ou le début d'avril en vue de protester contre les ingérences politiques dans l'administration ou encore le comportement complaisant des " Departmental Heads " envers les politiciens de Rodrigues.

Dans un autre ordre d'idées, Alain Tolbize a relevé qu'actuellement, quelque 1 500 postes sont vacants au sein de l'administration de Rodrigues, dont 500 postes de laboureur. Il a fait un appel pour que le recrutement intervienne dans les meilleurs délais vu le taux élevé du chômage à Rodrigues et l'exode des Rodriguais vers Maurice. Il a exprimé le souhait de voir une accélération du programme d'embauches sous le " National Empowerment Programme".

Le président de la RGEA conteste également le projet de démantèlement de la Water Unit dans l'île et son remplacement par la Rodrigues Water Company dans le cadre du projet de faire les Rodriguais payer pour leur consommation d'eau.


En fin de semaine - Johnson Roussety entendu par l'ICAC à Port-Mathurin

Le chef commissaire de l'Assemblée Régionale de Rodrigues, Johnson Roussety, a été entendu en fin de semaine dans son bureau de Port-Mathurin, par deux officiers de l'Independent Commission Against Corruption (ICAC). Cette audition fait suite à une dénonciation par l'Island Chief Executive, Jean-Claude Pierre-Louis, à cette institution au sujet du recrutement de 243 laboureurs à Rodrigues. Il était assisté de son homme de loi, Me Jacques Panglose?

Les limiers de l'ICAC sont actuellement encore à l'étape en vue de recueillir des données de base en vue de constituer le dossier. Ils ont essuyé une fin de non-recevoir de la part du chef commissaire, qui a soutenu que les délibérations de l'Executive Council de l'Assemblée Régionale de Rodrigues sont régies par l'Official Secrets Act. De ce fait, il n'est pas en mesure d'ouvrir ces mêmes dossiers pour les besoins d'enquête.

L'Island Chief Executive de Rodrigues, Jean-Claude Pierre-Louis, qui est ne congé suite à des problèmes avec le chef commissaire, avait fait état de menaces proférées à son égard par celui-ci.


Manque de main-d'oeuvre dans la construction

La CTSP réclame l'embauche de Rodriguais plutôt que de travailleurs étrangers

Dans une lettre au ministre du Travail, M. Jean-François Chaumière, la Confédération des travailleurs du Secteur Privé (CTSP) demande que priorité soit accordée à l'embauche des Rodriguais dans le secteur de la construction plutôt que de permettre à des employeurs d'avoir recours à de la main-d'œuvre de pays étrangers.

Dans sa lettre au ministre Chaumière, la CTSP rappelle que le secteur de la construction connaît, actuellement, une croissance positive avec, pour conséquence, un manque de main-d'œuvre et le recrutement, par les grandes entreprises, de la main-d'œuvre étrangère. A Rodrigues où le secteur de la construction n'est pas aussi florissant, note la confédération, il existe une main-d'œuvre qualifiée prête à travailler.

Selon la CTSP, les employeurs préfèrent la main-d'oeuvre étrangère à celle disponible à Rodrigues qui fait partie de la République de Maurice en raison du fait que les procédures pour leur embauche sont "claires et précises". L'employeur, dans le cas de la main-d'oeuvre étrangère, est responsable des coûts du voyage, de l'hebergement et de la nourriture alors que dans le cas des Rodriguais et des autres îles éparses de la République, les conditions sont sujettes à des négociations et un accord entre employeur et employés.

"We firmly believe that the State should give priority to its citizens rather than opting for foreign labour where the skills are comparable", estime la confédération qui appelle, dans ce contexte, le ministre à convoquer une réunion tripartite où toutes les parties concernées s'accorderaient à donner priorité aux travailleurs des îles en termes de coûts du voyage, de l'hébergement et de la nourriture.

Selon la CTSP, cela devrait, au final, coûter moins cher aux employeurs en toutes circonstances dans la mesure où le coût du voyage de Rodrigues est moins cher, qu'il n'y a pas lieu de pourvoir pour des traducteurs ou des cuisiniers particulier ni même assurer les frais de visas, notamment. la confédération se dit confiante que le ministre comprendra cette urgence d'autant que le taux du chômage à Rodrigues est bien supérieur qu'à Maurice et que les possibilités d'embauche y sont très minces.


Toxicomanie: échange de seringues

Rencontre avec quatre femmes formidables

Christiane, Janik, Juliana et Lina aiment leur cité. Mais elles n'aiment pas les ravages qu'y fait la drogue. A Caroline, ces quatre femmes au foyer, mères de famille et de condition modeste ont retroussé leurs manches pour faciliter l'implémentation du programme d'échange de seringues du Collectif Urgence Toxida. Le programme qui vise à réduire les risques de propagation du VIH/Sida, a démarré,mercredi dernier, dans la cité. En 2009, au moment où l'appel à été lancé aux résidents de Caroline pour la mise en place du programme, les hommes ont choisi de rester dans l'ombre. L'engagement de ces quatre femme, en zone rurale, est à mettre en relief. Elles ne sont, certes, pas les seules à s'être engagées dans le cadre de la stratégie d'échange de seringues, à travers l'île. Mais avec leurs "collègues"de Baie-du-Tombeau, elles font exception. Ailleurs, à Batterie-Cassée ou encore à Barkly, d'autres s'y sont impliquées, mais aux côtés des hommes. La volonté des quatre résidentes de Caroline de contribuer à la réduction des risques de contamination par des seringues usagées et de sensibiliser contre la toxicomanie dans un univers essentiellement masculin, font d'elles des femmes formidables.

A la cité de Caroline, quatre femmes ont décidé de faire la guerre. Leur ennemi a pour nom "la drogue". Elles ont pour arme, leur détermination. Leur terrain de combat se trouve dans leur cité. La lutte sera longue et cela, elles le savent déjà! Mais préparées, prêtes et décidées, elles ne s'avoueront pas vaincues de si tôt. Ces quatre femmes ont pour nom Christiane et Janik Calice, Juliana Agathe et Lina Lacharmante. C'est naturellement que la première est désignée figure de proue du groupe. Pourquoi? Parce qu'elle est la plus âgée. Christiane a 55 ans. Mais encore? Parce que de tous les habitants, elle a été la première a s'être intéressée et engagée dans des mobilisations lorsque l'urgence de la sensibilisation et la prévention s'est faite sentir dans la région. Aux yeux des trois jeunes femmes, Christiane impose le respect. La toxicomanie est pour elle, plus qu'un fléau, elle relève d'une histoire personnelle et familiale. Elle ne s'y attarde pas, mais l'on comprend vite que la drogue avait piégé l'un des siens et que la croix de Christiane fut lourde. "C'est cette expérience qui m'a donné du courage pour m'engager dans le programme d'échange de seringues", confie-t-elle.

La toxicomanie, un fléau encombrant dans l'Est

Il y a deux ans, lorsque le département social du groupe hôtelier Anahita procède à une étude pour cerner les besoins spécifiques des habitants dans les régions de Caroline, Bel-Air et Olivia , les données ramenaient à un fait. "Nous avons relevé que la toxicomanie, dont l'alcool, est un problème récurent dans ces régions. Entretemps, trois décès liés à une overdose, avaient survenu. Cela nous a interpelé et nous avons alors sollicité le soutien et l'expertise du Centre de Solidarité pour une Nouvelle Vie, du Centre d'Accueil de Terre Rouge et plus tard le Collectif Urgence Toxida pour mettre sur pied une stratégie d'intervention ", explique le Social Coordinator d'Anahita, Steve Apollon. L'année dernière un appel est lancé à l'intention des habitants, dont des travailleurs sociaux, des villages respectifs. Ils sont invités à participer à une séance d'information sur la toxicomanie. Les rencontres entre les habitants, Steve Apollon et les organisations non-gouvernementales s'enchaînent et débouchent sur des sessions de formation dans le cadre du programme d'échange de seringues. Mais, à cette étape du projet d'implémentation à Caroline, les femmes sont les seules ressources sur lesquelles le Collectif Urgence Toxida-qui a la charge de la mise en pratique du programme peut compter.

Volontariat : les hommes ont préféré rester dans l'ombre

Et les hommes alors? D'ailleurs, dans la région il se trouve que la plupart des toxicomanes sont des hommes. Avant de répondre à cette question, les quatre femmes rencontrées esquissent un sourire. "Des hommes avaient eux aussi participé aux différentes causeries et autres rencontres sur la toxicomanie. Mais quand il a fallu passer aux choses sérieuses, ils ont fait profil bas. Si les femmes ont répondu à l'affirmative, c'est parce qu'elles ont sans doute plus de compassion à l'égard des toxicomanes. Leur sensibilité fait qu'en général elles ne jugent pas les victimes de la drogue. C'est une attitude très importante lorsqu'on décide d'accompagner les toxicomanes ou de militer contre la consommation de drogues. Le toxicomane y est aussi sensible. Si mo pa ti pass par ene leksperians mo pa tipou kompran sa bann dimoun la", explique Christiane. Comme pour soutenir son analyse, elle raconte sans se départir de son sourire : "Quand je parle d'un toxicomane à mon époux et que je lui dis que je prends le temps d'écouter les toxicomanes qui m'abordent, je lui explique toujours pourquoi je le fais. Mon époux me dit alors : twa to tro koné twa. Mais il ne s'est pas interposé lorsque je lui ai fait part de mon intention de mener le programme d'échange de seringues. Dayer kan mone met ene zafer dan mo letet,pa kapav tir li!"

Enceinte de 8 mois, Janik descend sur le terrain

A 26 ans, Janik attend son deuxième enfant et elle est à son huitième mois de grossesse. Elle n'est autre que la belle-fille de Christiane. Janik, laisse comprendre que sa belle-mère est certes beaucoup dans son engagement ; comme elle, la jeune femme a vu la toxicomanie étendre ses tentacules dans son foyer. Mais ses rencontres et discussions avec des toxicomanes de sa région et d'ailleurs , l'ont aussi poussée à consacrer une partie de son temps au programme d'échange de seringues. "La communication avec des toxicomanes de la cité s'est établie graduellement. Ils ont développé une relation de confiance avec moi et au fur et à mesure, j'ai appris à leur parler avec les mots qui leurs sont familiers. Quand ils voient qu'ils peuvent me confier leurs soucis ou tout simplement me parler , ils cultivent du respect à mon égard. Ce qui me permet de passer des messages de sensibilisation et d'information, plus facilement. Il n'y a pas longtemps, j'ai eu l'occasion d'accompagner quelques toxicomanes qui voulaient laisser tomber la drogue. Je les ai soutenus durant leur réhabilitation. J'avais fait cela bien avant de prendre la décision de commencer le programme d'échange de seringues. Donc, participer à la prévention dans mon quartier de façon active, était tout à fait naturel", explique Janik. Après son accouchement, elle fera une pause d'un mois. "Pas question que je lâche le programme pendant trop longtemps", dit-elle. Il a fallu de peu de temps pour que Lina: la meilleure amie de Janik, lui emboîte le pas. Lina, 32 ans et mère au foyer raconte qu'elle connaît plusieurs toxicomanes et se dit témoin des conséquences de la drogue sur leurs cellules familiales. Jeune mère au foyer, Juliana, 26 ans, se dit aussi interpelée par les ravages de la drogue. Un de ses proches, confie-t-elle, en est victime.

"Nos maris nous ont quand même recommandé la prudence"

A la veille du lancement du programme, le quatuor, vérifie le matériel déjà en place. Seringues neuves et cachetées (1 000 au total), compresses alcoolisées, préservatifs: masculins et féminins, galons, gants, fiches… tout a été bien gardé et tout est là. "Dans l'après-midi, c'est moi qui irai déposer les seringues usagées à l'hôpital de Flacq", explique Janik. De la responsabilité que leur a confié CUT, les femmes de Caroline se disent fières. "C'est pour le bien de la société, kan mo tan dir sa kantité toksikomane ki éna aster, mon santi mo bizin azir", dit Christiane.

Deux fois (mercredi et samedi) par semaine, les quatre femmes s'installeront sur un terrain, plus ou moins broussailleux, non loin de leur cité et qui sert de point d'échange. Visiblement heureuses de démarrer cette nouvelle expérience, elles disent avoir hâte de passer à la pratique. "Nous aimerions voir la réaction des gens, que ce soit les toxicomanes ou l'ensemble de la communauté", disent les plus jeunes. Janik, évoque alors leur passage à Barkly, le temps d'une initiation sur le terrain: "nous avons vu des toxicomanes de tous les milieux, de tous les âges, venus à pieds ou en 4x4. C'était une véritable expérience. Mais c'est à Roche-Bois que nous aurions souhaité nous rendre. On nous a raconté tellement de choses et d'anecdotes aussi…" Quant au regard des autres, les quatre femmes concèdent qu'elle n'ont pas d'appréhension. "Nos maris qui ne se sont pas opposés à notre engagement, nous ont quand même recommandé la prudence", dit Juliana. Mais, en réalisant que ces mêmes hommes ont décidé de se mettre en retrait, cette dernière et ses amies ne se sont pas retenues pour esclaffer de rire.


Le jour du lancement à Caroline 15 seringues échangées

Après Baie-du Tombeau- où le programme d'échange de seringues a été initié pour la première fois en 2006- Batterie Cassée, Roche-Bois, Barkly, Plaisance et plus récemment Bel-Ombre, c'est au tour du village de Caroline, dans l'Est d'accueillir le programme d'échange de seringues. Pour aboutir à l'implémentation de ce projet dans la région, plusieurs organisations non-gouvernementales militant contre la toxicomanie, menant aussi des actions préventives et le groupe Anahita ont conjugué leurs efforts. Steve Apollon, coordonnateur social auprès d'Anahita, explique que le groupe contribue financièrement à la concrétisation du programme. Par ailleurs, lors du lancement des échanges de seringues, mercredi dernier, une quinzaine de matériel usagé a été récupéré. Joëlle Rabot, field coordinator pour le compte du Collectif Urgence Toxida, présente sur place, note que les toxicomanes qui se sont présentés ont entre 18 ans et la trentaine. "Il n'y avait pas de femmes parmi eux. Ils ont bien accueilli le programme et nous comptons sur eux pour qu'ils parlent de celui-ci dans des régions avoisinantes pour que nous puissions toucher davantage de toxicomanes", explique Janik Calice.


De 2006 à 2009 -500 toxicomanes, dont 10% de femmes, ont bénéficié du programme

En 3 ans, c'est-à-dire de 2006 à 2009, 275 000 seringues usagées ont été recueillies et détruites. En contrepartie 320 000 seringues neuves ont été remises aux toxicomanes. Nathalie Rose, responsable de la coordination du programme d'échange de seringues au Collectif Urgence Toxida (CUT) fait ressortir: "nous ne distribuons pas de seringues, mais les échangeons!" Actuellement, le programme de CUT, touche quelque 500 toxicomanes, dont 10% sont des femmes. "Rare sont les femmes qui se présentent dans nos différents points d'échange. La stigmatisation des femmes toxicomanes est encore vive. Ce sont leurs compagnons qui récupèrent des seringues pour elles. Celles qui se présentent, sont des travailleuses du sexe. Elles viennent chercher des préservatifs", explique Nathalie Rose. C'est la région de Batterie Cassée qui comprend le plus grand nombre de clients. Soit 150. Si CUT a noté une baisse dans le nombre de nouveaux cas, chez les toxicomanes, l'organisme n'attribue pas pour autant cela, uniquement, à son programme. Depuis peu CUT distribue aussi des compresses alcoolisées à ses clients. "Et avec l'apport de matériel, telles des marquises ou encore des t-shirts pour nos ressources sur place, nous essayons de consolider notre identité visuelle. D'un galon et d'un file en 2006, nous faisons de notre mieux pour renforcer notre service." Un des défis de CUT, poursuit cette dernière, sera d'implémenter le programme dans des zones rurales.

Pour mener à bien le programme d'échange de seringues, Nathalie Rose souhaite que des membres de la police, surtout ceux de l'Anti Drug Smuggling Unit, fasse preuve de plus de compréhension à l'égard des clients qui se rendent sur les sites, voire des travailleurs sociaux engagés auprès de CUT. Cette dernière dénonce l'intimidation des clients et les fouilles aux abords des sites, tandis que la police est au courant de la tenue du programme. "Cette pratique décourage les toxicomanes à se rendre aux points d'échanges. Nous rencontrons ce problème fréquemment à Plaisance. Il y a quelques semaines, un de nos travailleurs sociaux a même été bousculé par un membre de la police alors qu'il s'apprêtait à faire son travail! Je dois rappeler que le programme de prévention et de réductions de risques de contamination est inclus dans le HIV Act de 2006. Et que l'ADSU était représenté dans le comité mis sur pied pour la préparation du programme. Dans cette optique, la police doit changer son attitude."


Santé

La clientèle privée des médecins étrangers dérange

Depuis quelque temps, les médecins privés mauriciens observent plusieurs irrégularités au niveau de certains de leus confrères étrangers qui opèrent également dans des cabinets privés, voire d'autres cliniques ou même des compagnies fictives alors qu'ils ne disposent pas de cette prérogative étant sous contrat avec un établissement en particulier qui les auraient employés. D'autres généralistes étrangers opéreraient également dans le privé. Ces pratiques sur le territoire mauricien suscitent le mécontentement. Face à cette concurrence, qu'elle estime déloyale envers les médecins privés, la Private Medical Pratitionners Association (PMPA) tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme. Dénonçant ces présences, non nécessaires sur le sol mauricien - car il ne s'agit pas de combler le manque de médecins dans certains scarcity areas - les médecins privés souhaitent une réglementation de ce secteur. Ils ont sollicité l'appui du Medical Council, afin que les autorités soient mises au courant de ces irrégularités et que le ministère de la Santé soit consulté avant que le Board of Investment (BOI) octroie un Work Occupation Permit à un quelconque médecin étranger.

En effet, selon les procédures, tout étranger souhaitant opérer à Maurice doit en faire la demande auprès du BOI en présentant le contrat d'avec l'établissement mauricien par lequel il a été employé. Si tous les critères établis par le BOI - soit la preuve que le médecin étranger qui en fait la demande dispose d'un contrat de travail et d'une garantie de générer au minimum Rs 30 000 mensuellement - sont remplis, l'organisme soumet l'application au Passport & Immigration Office qui octroie le permis d'opérer à Maurice. Toutefois, ce permis ne donne pas le droit au médecin de travailler. Il est impératif qu'il soit enregistré au Medical Council, qui donne son aval si le médecin dispose de toutes les qualifications et autres enregistrements nécessaires pour exercer en tant que médecin.

Selon l'article 26 du Medical Council Act, si un médecin dispose de toutes les qualifications nécessaires et d'un permis de travail, il n'y a aucune objection à ce qu'il opère à Maurice. Le Medical Council doit obligatoirement lui donner son aval. Pour les médecins privés mauriciens, cette pratique n'est pas normaleIls jugent inacceptable qu'il faille "chercher une autorisation administrative, puis celle auprès du conseil des médecins qui, souvent, accepte de facto leur demande." "C'est une anomalie", estime la PMPA.

Les médecins privés indiquent que cela est contraire à ce qui se fait à l'étranger. "A Maurice, il se trouve que le médecin étranger doit avoir un permis de travail, et une fois que cela est fait, le MC se retrouve presque dans l'obligation de l'inscrire comme médecin privé. Ce n'est pas normal, cela aurait dû être le contraire", déplorent les médecins. Affirmant que certains spécialistes et généralistes étrangers - également ceux travaillant dans des cliniques - gèrent leur propre clientèle, alors ils n'ont pas le droit de pratiquer dans le privé, la PMPA fait ressortir qu'il n'existe aucun contrôle sur les confrères étrangers travaillant à Maurice. D'autant plus que certains généralistes étrangers qui obtiennent un Work Occupation Permit du BOI travailleraient également dans le privé.

"C'est de la concurrence déloyale", déplore la PMPA. Nous ne sommes pas contre les investisseurs étrangers, précise-t-elle toutefois. Mais il faut qu'il y ait des paramètres stricts pour l'embauche des médecins." La PMPA ajoute que les médecins étrangers ne devraient être employés que dans les secteurs où il existe des manques. Si la PMPA reconnaît qu'à une époque tel était le cas dans certains domaines, elle affirme que la situation a été rétablie. À ce jour, beaucoup de médecins étrangers opèrent dans des secteurs où, déjà, le nombre de professionnels est quasi suffisant, si ce n'est en surnombre, indique la PMPA.

Le gouvernement doit revoir sa copie

"Pourquoi recruter davantage de médecins étrangers ? Il devrait en être ainsi uniquement dans le cas des scarcity areas", estime la PMPA. Pour le syndicat, le gouvernement doit revoir sa copie. Un médecin du privé fait ressortir que les Mauriciens ne peuvent pas, du jour au lendemain, aller travailler à l'étranger. Il faut d'abord se faire embaucher par une institution de santé et, là encore, la pratique privée est interdite, poursuit-il.

Mécontents de la situation, les médecins privés ont sollicité l'appui du Medical Council, qui note également que les demandes de médecins généralistes étrangers vont grandissantes. Lors d'une rencontre la semaine dernière, la question a été évoquée. Face à la situation alarmante pour les Mauriciens, l'Ordre des médecins a décidé d'en appeler au BOI. "Nous allons envoyer une lettre à la BOI pour solliciter une rencontre et expliquer le problème. Comme c'est la pratique dans les autres pays, il revient au Medical Council d'avoir the last say. Mais, actuellement, le Medical Council est obligé de se plier à la loi. Nous en avons discuté avec les membres de la PMPA et nous allons entamer le dialogue avec le BOI", indique le Dr Kandhayalall Boodhoo.

La PMPA estime qu'un amendement de la loi est nécessaire. Si cette option n'est pas négligeable, fait ressortir le président du Medical Council, il faut néanmoins veiller qu'elle ne va pas à l'encontre des paramètres pour le recrutement des médecins étrangers dans les scarcity areas. "Nous allons devons trouver un consensus sur la question", conclut le Dr Boodhoo.


13e tirage

Loto : aucun gagnant pour la cagnotte de Rs 5 M

Le prochain jackpot pour le 14e tirage du Loto samedi prochain est estimé à Rs 10 millions, vu que le 13e n'a pas produit de gagnant avec les six bons numéros. L'invité d'honneur, hier soir, de la Loterie Nationale, était le champion national en athlétisme, le sprinter Stephan Buckland.

Les numéros tirés dans l'ordre sont une boule verte : 38 ; une jaune : 25, une bleue : 17, une jaune : 23, une bleue : 13 et une rouge : 8. Le tirage a fait 52 676 gagnants se partageant la somme de Rs 6,3 millions, soit comme suit :

six bons numéros : aucun gagnant du jackpot de Rs 5 millions

cinq bons numéros : 81 gagnants qui remportent la somme de Rs 5 763 chacun, soit un total de Rs 466 803

quatre bons numéros : 3 793 gagnants qui remportent la somme de Rs 254 chacun, soit Rs 963 422

trois bons numéros : 48 802 gagnants qui remportent la somme de Rs 100 chacun, soit Rs 4 880 200.


Ne voulant pas laisser son "bus pass"

Eden College : résultats refusés à une candidate

Henna Rengony, 17 ans, n'a pas pris connaissance de ses résultats de School Certificate (SC) le même jour que ses camarades du collège Eden de Rose-Hill, la jeune fille ayant dû attendre un jour de plus. "J'ai passé une nuit difficile, mouvementée… C'était une nuit d'angoisse de trop !" confie-t-elle. Pour cause, le collège aurait, dans la journée de jeudi dernier, refusé de lui remettre ses résultats parce que son père, Bashir Rengony, qui l'accompagnait, n'était pas disposé à se soumettre à ce qu'il décrit être "un chantage du collège." C'est-à-dire, que les élèves ayant pris part aux examens de Cambridge présentent et ensuite laisser leur bus pass à l'administration pour récupérer leurs résultats. Sans cette carte, les élèves ne peuvent donc bénéficier du transport gratuit.

C'est donc vendredi vers 11 heures qu'Henna a pu prendre connaissance de ses résultats. Elle apprendra qu'elle a réussi ses examens et obtenu 25 unités. Mais Henna reste perturbée par l'attitude du collège qu'elle a fréquenté depuis des années. Son père est hors de lui. Ce "chantage" exercé par le collège de Rose-Hill, dit-il, est illégal et va à l'encontre des principes moraux qu'un établissement scolaire se doit de respecter. Bashir Rengony explique qu'il n'a pas voulu céder à ce "règlement" qui était, dit-il, en vigueur l'année dernière. Cependant, en 2009 après la proclamation des résultats de SC, la police serait intervenue et demandé au collège de ne pas réquisitionner le bus pass des étudiantes.

"J'ai voulu savoir pourquoi le collège insistait pour que ma fille quitte sa carte. Mais je n'ai pas eu de réponse. J'ai préféré manifester mon indignation et nous avons quitté les lieux sans les résultats." Bashir Rengony s'est rendu à la Private Secondary School Authority (PSSA) où il a fait une doléance, avant de consigner une déposition à la police de Rose-Hill. Il a aussi écrit au ministre de l'Éducation, Vasant Bunwaree, pour l'informer de la situation. Plus tard toutefois, afin de ne pas priver sa fille d'une place en Lower Six, il n'a pas eu d'autre choix que de se soumettre aux directives du collège. Mais, dit-il, après cette expérience, ce n'est pas au collège Eden que la jeune fille poursuivra ses études.

Suite aux doléances de Bashir Rengony, la PSSA, que Week-End a contactée, a ouvert une enquête. Contactées également pour donner sa version, la directrice et la rectrice de l'établissement ne se sont pas exprimées sur la pratique que leur reproche le père de leur élève. Par ailleurs, Tejnarain Chumroo, de la Fédération des managers des collèges privés, ne cache pas son étonnement à ce sujet. "Par mesure de sécurité, il est compréhensible qu'un collège puisse vouloir vérifier l'identité du candidat. Mais un collège n'a pas le droit de retenir la carte de l'élève. Elle appartient à ce dernier", précise-t-il.

Ailleurs, dans d'autres institutions responsables de l'éducation, cette affaire est déplorée. "Il est possible que le collège veuille s'assurer que ses élèves confirment leurs places en HSC avant de leur rendre leur carte quand les classes reprendront normalement", commente-t-on. Le collège Eden de Rose-Hill a obtenu un pourcentage de réussite de 100% aux examens de SC…


5 ans après avoir démarré

100% de réussite au School Certificate pour le collège Sainte-Marie

Les 31 élèves du collège catholique Sainte-Marie qui avaient pris part aux derniers examens de School Certificate de Cambrige ont tous décroché leur certificat. Du coup, grâce à cette première cuvée pour l'établissement qui a cinq ans d'existance, Sainte-Marie enregistre un pourcentage de réussite de 100%. De plus les deux candidats: Tracey Ramburn et Sameerah Aumjaud qui ont obtenu 6 unités respectivement, soit les meilleurs résultats du collège n'ont pas pris de leçons particulières. Marine Ng Tat Mew et Loïc Bienvenu, se distinguent avec 8 et 9 unités respectivement. Commentant la performance du collège, sa rectrice, Janine Provençale dit "accueillir ce succès avec soulagement." Si elle se dit soulagée, c'est parce que les examens de SC étaient pour le collège-la seule institution payante gérée par le Bureau de l'Education catholique-un défi qu'il se devait de relever. "Maintenant, avec de tels résultats nous savons que nous allons dans la bonne direction", confie Janine Provençale, heureuse. Plusieurs candidats qui ont opté pour des matières variées ont obtenu des aggregate de 13, 15 et 18. "Nous avons placé la barre haut et désormais nous visons les 100% de réussite chaque année", ajoute-t-elle. La plupart des 31 élèves du collège poursuivront la Lower Six dans l'établissement, lequel dispose 20 places additionnelles dans cette classe.


School Certificate

Quelque 40 cas de résultats "pending" pour tricherie soupçonnée

Ils ont été, en 2009, un peu plus nombreux (17 498) que l'année précédente (17 227), à avoir pris part aux examens de School Certificate, de Cambridge. Et à l'annonce des résultats, jeudi dernier, 13 586 ont réussi leurs examens. Ce qui donne un pourcentage légèrement supérieur à 2008, soit 77.64% de réussite pour les candidats de Maurice et de Rodrigues. S'agissant des candidat de Maurice, 16 952 ont participé aux examens. 77.77% d'entre eux ont décroché leur certificat. A Rodrigues, 403 des 546 candidats ont aussi connu le succès aux derniers examens de Cambridge. Maintenant que les résultats sont officiels, l'exercice d'admission et de transfert en Lower Six a démarré vendredi dernier et se poursuivra encore pendant quelques jours cette semaine. A ce sujet, le ministère de l'Education démarre cet exercice dans ses établissements à partir de mardi. Des places sont disponibles pour des élèves éligibles, dans les collèges d'Etat, Mahatma Gandhi Secondary Schools et Rabindranath Tagore Institute. Les élèves des collèges d'Etat souhaitant un transfert doivent remplir le formulaire publié à cet effet. Ceux d'ailleurs doivent s'inscrire dans les bureaux suivants: Ministère de l'Education, Rue Edith Cavell, Port-Loius et Droopnath Ramphul SSS, Calebasses (Zone 1); Queen Elizabeth College, Rose-Hill, Rajkumar Gujadhur SSS, Flacq (Zone 2); Collège Royal de Curepipe, Sookdeo Bissondoyal SSS, Rose-Belle (Zone 3) et Dr Maurice Curé SSS, Vacoas, Swami Sivananda SSS, Bambous (Zone 4). D'autre part, la liste des écoles, les criètères, les combinaisons de matière… sont disponibles sur le site du ministère de l'Education: http://ministry-education.gov.mu.

Révision des papiers, les demandes doivent être soumises au MES avant le 11 février

Les résultats de SC sont arrivés presque en fin de semaine. Et, à vendredi, le Mauritius Examinations Syndicate (MES), n'avait pas enregistré de doléances, voire autres représentations des candidats. "Il est encore trop tôt!", indique Lucien Finette, directeur du MES. Toutefois, les candidats qui ne sont pas satisfaits avec les résultats obtenus dans certains papiers, ont jusqu'au jeudi 11 février pour soumettre leur demande pour une enquête ou une révision. Lucien Finette apporte ici une précision. Il explique que les candidats ont, pour la première fois, la possibilité de formuler la requête pour une révision du/des papier/s (components) indépendamment du syllabus. Ce qui n'était pas le cas jusqu'ici, puisque c'était l'ensemble des papiers selon la matière concernée qui était sujet à la révision, suivant la demande du candidat. Par ailleurs, il y a plusieurs cas de "pending" - les résultats ne sont pas émis par Cambridge - qui font toujours l'objet d'enquête par Cambridge. Une quarantaine de candidats en sont concernés. Quinze d'entre eux ont été surpris avec leur téléphone portable dans la salle d'examens. Pour rappel, le portable, même éteint, est strictement interdit pendant la tenue des examens. Vingt-cinq candidats ayant pris part au course work en informatique n'ont pas convaincu Cambridge. Le travail soumis par ces candidats présentait des similarités. D'autres candidats sont soupçonnés de tricherie pendant les épreuves. Concernant ce type de cas, Lucien Finette explique que Cambridge dispose d'un sitting plan des candidats et qu'il prend en compte durant l'exercice de correction. Ainsi, les correcteurs peuvent se référer à ce sitting plan s'ils notent des similitudes: à différents niveaux, y compris les erreurs, dans les papiers des candidats. C'est le Malpractice Committee qui se charge d'examiner les cas soupçonnés de tricherie et qui livre ses réserves. Les candidats concernés sont ensuite convoqués par le responsable de son collège pour donner sa version et justifier l'authenticité de son travail. Cambridge est ensuite informé avant de livrer sa conclusion.

D'autre part, s'agissant des résultats de Higher School Certificate, ils sont attendus entre le 8 et le 10 février. Et pour ce qui est du paiement des frais d'examens, le MES enverra une circulaire à cet effet dans les collèges peu après les résultats de HSC. La date limite pour le paiement est fixé à fin avril 2009.


Enhancement Programme

Implémentation, à prévoir, au forceps

Si le ministère de l'Education maintient l'implémentation du Enhancement Programme, dans les classes de Std IV, dans la deuxième semaine de février, le projet risque de prendre naissance dans la précipitation. La quasi-totalité des enseignants a rejeté l'allocation de Rs 2 600 proposée par le ministère et n'a pas donné leur accord de participation au programme. Par ailleurs, le principal syndicat des enseignants, la Governement Teachers' Union de même que la General Purpose Teachers' Union, demandent le renvoi du projet. Le timing disent les présidents respectifs n'est pas approprié. Jusqu'ici réfractaire au programme, la GTU demande aussi son introduction aux Stds I, II et III. Cette semaine, des négociations auront lieu au ministère de l'Education.

Est-ce que c'est au forceps que le Enhancement Programme finira par voir le jour? A une semaine avant l'implémentation du Enhancement Programme dans les classes de Std IV, il semblerait que la machine peine à démarrer! Malgré la pertinence et les objectifs -justes- de ce programme, le temps pourrait jouer contre sa mise en place. Et l'implémenter dans la hâte est loin d'être idéal. Un tâtonnement dans un contexte où les conditions ne sont pas encore réunies pour sa mise en oeuvre pourrait aussi encourager les leçons privées en dehors de l'école. Par ailleurs, en prenant la ferme décision d'abolir les leçons particulières en Std IV et en faisant cavalier seul pour définir les modalités du programme alternatif, le ministère de l'Education a choisi d'enfanter son projet dans la douleur. En effet, si les discussions et les négociations avaient été menées dans le dialogue avec les syndicalistes, et autres partenaires, si le contenu du programme n'était pas maintenu dans l'opacité, il va de soi que le ministère de l'Education aurait été plus crédible dans sa démarche. Car, le Enhancement Programme a sa raison d'être.

Le ministre de l'Education, Vasant Bunwaree, avait annoncé l'introduction de ce programme alternatif aux leçons particulières dans la deuxième semaine de février. Mais à peu de jours avant que celui-ci ne se concrétise dans les salles de classe, il demeure que le ministère de l'Education aura à mettre les bouchées double pour mener son projet à bon port. En peu de temps, il aura à: présenter le curriculum (lequel absorbera les trois-quarts du temps alloué au programme) aux enseignants, s'assurer de la formation des éducateurs, relancer le recrutement des enseignants, négocier l'allocation de ceux-ci avec leurs syndicats, voir comment les 50 minutes de pédagogie ne déborderont pas sur les 25 minutes consacrées aux activités-curriculaires, pourvoir ou sinon renforcer les aptitudes des enseignants qui animeront la partie artistique de programme entre autres.

L'application du programme au lower primary

A ce jour, selon Vinod Seegum, président du principal syndicat des enseignants, la Governement Teachers' Union, "très peu d'enseignants ont signé le formulaire de participation qui leur a été remis. Formulaire qui leur demande aussi leur accord pour une allocation de Rs 2 600". Si tel est la cas, il sera impossible pour le ministère de démarrer son programme. L'allocation des enseignants sera discutée au cours des négociations prévues cette semaine entre les techniciens de l'Education et les syndicats d'enseignants et des maîtres d'école. La GTU proposera un montant oscillant entre Rs 7000 et Rs 8 000. "Le ministre m'a dit que le financement du programme n'est pas un problème!", soutient le syndicaliste qui a eu un tête à tête avec Vasant Bunwaree, mardi dernier. Rs 20 millions ont été débloquées que pour la mise en pratique de ce projet de renforcement. La General Purpose Teachers' Union (GPTU), quant à elle affirme que ses membres n'ont pas signé le formulaire soumis par l'Education. Et si la GPTU ne pourra être représentée à la table des négociations, toutefois, elle souhaite une rencontre au plus vite avec le ministre pour lui dire que l'intégration de Rs 5 000 ou plus dans le salaire des enseignants, garantirait la participation des éducateurs au programme.

Un consensus sur le montant de l'allocation des enseignants accélèrerait l'introduction du projet. Mais paradoxalement, le timing avancent la GTU aussi bien la GPTU n'est pas approprié. Dans les trois propositions que la GTU compte mettre sur la table, le renvoi du programme à 2011 figure en première position. Ardent défenseur des leçons particulières, Vinod Seegum, demande le maintien de celles-ci pour cette année et l'introduction du Enhancement Programme en janvier prochain. La GPTU propose un délai plus proche, soit la mise en application du projet au cours du prochain trimestre. Dans les deux cas, le programme ne pourrait qu'être une éventualité et serait tributaire des changements qu'imposeraient les prochaines élections. Autre point sur lequel les deux syndicats se rejoignent, est l'application du programme au lower primary. La GTU vise les Stds I, II et III. "Sinon, nous proposerons les classes de seconde et troisième", précise Vinod Seegum. Sunil Jughroo, président de la GPTU, demande le même programme pour les classes de Std III.

C'est aussi au cours de la prochaine rencontre entre le ministère de l'Education et les syndicalistes que la GTU demandera "des précisions sur la participation des enseignants de langues orientales, Deputy Head Teachers et des enseignants de la Zone d'Education Prioritaire". De son côté la Governement Hindi Teachers Union propose que le gouvernement institue un comité technique présidé par l'ancien chef juge, Sir Victor Glover "pour étudier et faire des recommandations", sur le choix d'implémenter le Enhancement Programme.


Unité des chrétiens à Maurice

Les Eglises traditionnelles étendent le dialogue à des communautés évangéliques et pentecôtistes

Les Eglises traditionnelles de Maurice - catholique, anglican et presbytérienne - étendent le dialogue œcuménique à des communautés évangéliques et pentecôtistes. En effet, dimanche dernier, 24 janvier, date de clôture de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens célébrée dans le monde entier, une Charte de Bonne entente a été signée par les responsables de cinq communautés; d'une part, l'évêque Maurice Piat pour l'Eglise catholique, l'évêque Ian Ernest pour la Communion anglicane et le pasteur David White pour l'Eglise presbytérienne; d'autre part, par lar le pasteur Lindsay Blacburn de l'Assemblée de Dieu et le révèrent Mario Li Hing, président de l'Eglise évangélique protestante.

"Le monde a changé. L'heure n'est plus à combattre entre églises mais à faire front commun face aux nouveaux défis qu'auront à relever les générations futures. Tout en respectant les autres religions, l'Eglise composée de différentes communautés ecclésiales, veut pleinement jouer son rôle et briller comme une lumière dans ce monde et faire connaître à tous l'amour du Christ qui a donné sa vie pour le rachat de nos péchés", indique, à cet effet, un communiqué annonçant la signature de cette Charte de Bonne entente.

"Poussés par l'Esprit Saint qui veut ce que Dieu veut, nous prenons l'engagement de travailler à l'avènement de l'unité du Corps du Christ. Reconnaissant ce qui nous unit - la foi dans le Père, le Fils et l'Esprit Saint - et ce sur quoi nous ne nous sommes pas encore accordés, nous voulons avec enthousiasme et patience nous mettre en route vers une unité qui sera totale dans le Royaume qui vient. C'est ainsi que nous voulons être pèlerins sur cette terre", explique encore le communiqué.

Qualifiée "d'historique", la rencontre de dimanche dernier entre les responsables de ces cinq communautés ecclésiales qui a débouché sur la signature de la Charte de Bonne entente constitue, en effet, un pas important sur la route du dialogue œcuménique à Maurice. "Nous voulons (…) tous tourner la page et établir entre Eglises de nouvelles relations tout en gardant, chacune, sa spécificité", affirme le communiqué. Jusqu'ici, à Maurice, le dialogue oeucuménique se limitait à des échanges entre les trois seules Eglises traditionnelle - l'Eglise catholique, la Communion anglicane et l'Eglise presbytérienne. C'est, donc, la première fois que ce dialogue s'étend à des communautés évangéliques et pentecôtistes.


Demain, en l'Eglise St François-Xavier, L'Escalier

Messe du 1er février autour de l'inclusion du kréol à l'école

L'utilité de l'inclusion de la langue Kréol comme matière optionnelle dans le curriculum du primaire "au même titre que les langues orientales" sera l'une des questions abordées, demain lundi à la messe du 1er février célébrant le 175e anniversaire de l'abolition de l'esclavage qui sera dite en l'église St François-Xavier à L'Escalier à 9h30. C'est le père Alain Romaine qui prononcera l'homélie lors de cette messe qui sera présidée par l'évêque de Port-Louis, Mgr Maurice Piat.

Pour le Comité diocésain 1er février, le lieu le plus important en vue de la libération des créoles; descendants d'esclaves, c'est l'école. "Or, cette école, aujourd'hui, en ne reconnaissant pas la culture créole exclut bon nombre d'enfants créoles d'un développement intégral". Pour le comité, l'inclusion de la langue Kréol comme matière optionnelle dans le curriculum du primaire "au même titre que les langues orientales" est "un moyen pour combattre l'échec scolaire" qui, constate-t-il, "frappe en majorité les créoles descendants d'esclaves".

"Cette mesure serait aussi pour la nation mauricienne l'occasion de donner à la culture créole la place qui lui revient tout en lui donnant les moyens de son épanouissement dans l'arc-en-ciel mauricien", estime aussi le Comité 1er février. D'où la reprise de ce thème à la messe du 1er février "en cette année d'élections générales où la nation toute entière devrait se mobiliser autour de ses racines fondatrices". Notons que, comme chaque année, les autorités civiles du pays ont été invités par le diocèse de Port-Louis à assister à cette messe.


Égaux dans la naissance, égaux dans le succès

Deux jumeaux décrochent 7 unités aux examens de SC

Deux frères, David et Damien Cousinery, font la fierté du collège New Eton, la vieille institution secondaire de Rose -Hill, depuis la proclamation des résultats de SC, jeudi dernier. David et Damien, deux jumeaux (16 ans chacun) ont réalisé l'égalité parfaite en obtenant chacun 7 unités, soit les meilleurs résultats possibles selon leurs combinaisons de sujets respectives.

D'origine modeste (père soudeur, mère couturière) et habitants Camp Levieux, les deux frères ont toujours impressionné pour leur assiduité dans leurs études, bien que leurs profs éprouvaient, parfois, des difficultés à les identifier à coup sur. Ils ont fini par les distinguer par leur trait de caractère : un serait plus contestataire tandis que l'autre serait plutôt réservé.

Damien et David Cousinery ont toujours cheminé ensemble, mais ils avouent qu'ils se livraient également à une saine compétition. Intéressés par les sciences, ils contemplent une carrière de médecin. Ils ont voulu faire une surprise à leurs parents qui découvriront leurs photos dans Week-End ce matin.


Restrictions des cantines scolaires

Cantiniers et écoliers : "Rann nu nu lacantine"

Le bras de fer continue entre les gérants de cantines scolaires et le ministère de la Santé. Malgré la bonne volonté affichée ces derniers jours à travers un "semblant de dialogue" aucune des deux parties ne veut céder. Des propositions faites par l'association des cantiniers, le ministère n'aura retenu que quatre produits, soit le pita bread, le panini, la pizza, et le riz-curry. Toutefois, ce dernier aliment cité ne pourra être vendu que par les cantines équipées de cuisine. Le ministère a en effet décidé de catégoriser les cantines en trois genres, notamment, celui des écoles privées dotées souvent de cafétéria ; celui des écoles pourvues de cuisine et les écoles sans cuisine. Si les nouvelles mesures annoncées n'entreront en vigueur qu'une fois la loi amendée, la décision du ministère est vivement contestée par la Canteen Operators Union (COU). D'une part, l'association estime que la nouvelle liste d'aliments ne correspond pas aux besoins spécifiques d'enfants de différentes cultures. D'autre part, ajoute Bernard Betsy, président de la COU, outre les frais d'opération, les cantiniers ne trouvent pas sur le marché certains aliments autorisés. Les nouvelles mesures qu'a prises la Santé menace la survie des cantiniers. Ces derniers déplorent par ailleurs la présence de plusieurs marchands ambulants dans l'enceinte ou aux abords des écoles. Protestant contre les "delaying tactics" du ministère de la Santé, la COU affirme qu'entre- temps, "zenfan pe fer business gato dan lekol…"

A 10h, midi, ou 14h, les conversations dans les cours d'écoles sont les mêmes. "Rien à manger dans cette cantine." Devant les vitrines quasiment vides des cantines, les étudiants et enseignants font triste mine. Les réactions pleuvent sur Facebook où les élèves racontent le cauchemar qu'ils vivent depuis la rentrée scolaire. "Rann nu nu lacantine", crient-ils. Des propos qui rejoignent ceux des cantiniers qui peinent depuis le depuis de l'année, avec l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions du Food & Regulations Act, à trouver client pour les aliments qu'ils vendent. La COU, qui milite depuis août 2009 contre la liste de produits permise à la vente par le ministère de la Santé s'insurge que depuis un mois, malgré les diverses réunions tenues avec les autorités, aucune décision conséquente n'a été prise. Si au départ, la Santé a affiché sa volonté d'allonger la liste initiale, en y ajoutant quelques-unes des propositions faites par les gérants de cantines, à ce jour, selon nos informations, le ministère n'a agrée qu'à l'ajout de quatre aliments. il s'agit de pita bread, panini, pizza et riz-curry. La décision a été communiquée aux cantiniers lors d'une dernière réunion le 26 janvier. Toutefois, il faudra que la loi soit amendée avant de pouvoir mettre en vente ces quatre autres produits. Qui plus est, en ce qui concerne le riz-curry, seules les cantines équipées de cuisine pourront commercialiser ce plat.

Catégorisation des cantines

En effet, selon les dernières informations, le ministère a décidé de catégoriser les cantines scolaires. Dépendant des établissements, certains auront des cafétérias, des cantines avec cuisine, ou des cantines sans cuisine. Pour Bernard Betsy, cette décision est injuste. La majorité des écoles, dit-il, dont principalement les écoles gouvernementales, ne sont pas équipées de cuisine. "En attendant que le ministère de l'Éducation donne son aval et nous aide quant aux infrastructures pour mettre en place une cuisine, que feront les cantiniers? Nous allons à notre perte!", soutient le président de la COU. Pour l'association, le ministère de la Santé persiste dans la mauvaise direction. Qui plus est, s'indignent les membres, les propositions soumises par la COU et d'autres cantiniers n'ont pas été prises en considération. Appanah Andianah, le secrétaire de la COU rappelle qu'outre une liste dressée par la diététicienne Shameen Fatehmamode, les gérants de cantines ont également soumis plusieurs propositions parmi lesquelles figuraient du jus, des boulettes de poissons, des nouilles, du halim, des bonbons à la menthe, du thé/café, des pâtisseries, du riz avec du curry, des glaces, mais également des laitages. "Mais le ministère n'a retenu que quatre produits. Cela nous ramène à 20 produits autorisés. Comment allons-nous travailler avec cette liste restrictives. D'autant que ces aliments n'intéressent pas les enfants. Encore faut-il en trouver sur le marché avant de pouvoir les vendre", soupire Bernard Betsy. Selon les cantiniers, il est extrêmement rare de trouver du manioc, maïs et arouille sur le marché.

Toujours pas de laitage parmi les aliments autorisés

Le président de la COU fait également ressortir que la liste des aliments retenue par la Santé comprend uniquement des aliments destinés "qu'à une partie de la population et ne tient pas compte du fait que chacun a ses habitudes alimentaires". D'ailleurs, notent les cantiniers, cette liste ne comporte aucune variété répondant aux besoins spécifiques d'enfants de différentes cultures. En ce qui concerne les produits laitiers, la COU s'indigne que le ministère n'a toujours pas compris l'importance de ces produits pour les enfants. Selon Bernard Betsy, la Santé fait preuve de mauvaise foi. "Au départ, ils nous ont dit qu'il revenait aux parents de donner à leurs enfants des produits laitiers avant de venir à l'école. Ensuite, il ont trouvé que les cantines n'étaient pas équipées de cuisine. La dernière trouvaille du ministère, c'est qu'il n'y a pas suffisamment de lactose dans nos yaourts. Le ministère est inconstant dans ses propos. Il fait preuve de mauvaise volonté", s'insurge le porte-parole de la COU.

De même, soutient-il, si le ministère a concédé à ajouter du panini sur la liste, reste que dans les régions rurales, ce type de produits n'est pas forcément disponible. "Quelle alternative pour les enfants de ces régions?", demande la COU. Et de faire ressortir que le prix de ces aliments n'est pas accessible à toutes les bourses. Pour le porte-parole des cantiniers, c'est une décision qui fait plus de mal que de bien. "Notre demande d'allonger la liste n'est pas anodine. Nous tenons compte des besoins des enfants. Ils ont un besoin d'énergie que nous pouvons leur donner dans certains aliments. C'est pourquoi nous avons soumis une liste non exhaustive au ministère de la Santé. Afin que les élèves aient un choix. Mais entre 16 ou 20 produits, pratiquement similaires, quel choix peuvent faire les enfants, si ce n'est se rabattre sur les dholl puri ou chez le marchand ambulant à la porte de l'école", s'indignent le secrétaire et le président de la COU.

Cette situation créée des businessmen parmi les étudiants

Pour l'association, depuis le début des dialogues, le ministère de la Santé emploie des "delaying tactics" avant de prendre une décision. Déplorant "la longue attente" que les cantiniers doivent subir même après leurs multiples réunions avec le ministère de tutelle pour la proposition d'une nouvelle liste d'aliments, Bernard Betsy soutient qu'à chaque fois, les autorités repoussent les négociations pour gagner du temps. "Ce que nous leur proposons n'est pas tenu en compte. Nous parlons pendant des heures, depuis des mois, mais quelle décision a été prise pour nos enfants aujourd'hui? Quelle décision a été prise pour l'avenir des cantines?", demande-t-il. Entre-temps, affirme notre interlocuteur, les enfants usent de ruses pour s'approvisionner. "C'est une situation inquiétante car les enfants deviennent des businessmen à l'école. Ils achètent et vendent des gâteaux qui ont été interdits aux cantiniers de mettre en vente", déplore le président de la COU.

Les négociations n'aboutissant pas, l'association des cantiniers envisage une marche de protestation le 6 février. Elle a déjà écrit une lettre au Commissaire de Police pour demander l'autorisation de tenir un rassemblement devant le ministère de la Santé suivant sa marche pacifique qui démarrera à partir de 10h, de la Cure de l'Immaculée Conception à Port-Louis à la mairie de la capitale. Quelques 200 cantiniers de l'île participeront à cette manifestation. Après la marche, le président et le secrétaire de la COU comptent faire une grève de la faim pour protester contre "la façon de faire du ministère de la Santé". L'association étudie également la possibilité de porter cette affaire en justice.


Manque à gagner des cantiniers

Le cas des marchands ambulants référé à l'ICAC

Le ministère de la Santé a décidé de mener les cantiniers à leur perte. Pour la COU, les nouvelles mesures forçant les cantiniers à vendre une liste restreinte de 16 produits aux enfants sont une menace pour leur survie. Excédée du non-aboutissement des négociations, la COU dénonce également la présence des marchands ambulants dans l'enceinte de certains établissements scolaires et aux abords des écoles. Outre les tabagies et snacks qui pullulent dans chaque coin de rue, les cantiniers évoquent le manque à gagner de leur commerce face aux marchands ambulants qui, eux, profitent de la situation et continuent par ailleurs à vendre des produits interdits, sans craindre les sanctions des autorités. Les autorités fermant les yeux sur cette pratique, l'association compte référer ce cas à l'ICAC.

Si les enfants ont commencé à vendre eux-mêmes des produits interdits dans les cantines, dont les boissons gazeuses et des friandises, à leurs camarades à l'école, développant un marché noir dans les écoles, la COU attire également l'attention sur la présence de plusieurs marchands ambulants dans l'enceinte ou aux abords des écoles. Certes, les marchands ambulants ont toujours opéré malgré les cantines scolaires, mais là où le bât blesse, indique le président de la COU, "c'est que nous sommes interdits de vendre des produits que ces marchands n'hésitent pas à présenter aux enfants."

Cette situation n'est pas normale, estime Bernard Betsy, d'autant plus que, selon lui, les opérations du genre s'effectuent souvent avec la complicité des enseignants ou maîtres d'écoles. Il cite en exemple le cas d'une école primaire à Lallmatie, où, selon ses informations, les marchands ambulants offriraient des sommes d'argent aux enseignants pour opérer aux abords de l'école. "Nous allons signaler ce cas à l'ICAC", indique le président de la COU, qui s'insurge que le ministère de la Santé n'a jusqu'ici pris aucune décision pour sanctionner ces marchands.

Les cantiniers rappellent par ailleurs qu'ils doivent annuellement s'acquitter du Trade Licence Fee au même prix que les gérants des tabagies. "Nous devons payer ces mêmes frais alors nous ne travaillons que 165 jours par an contrairement aux tabagies qui travaillent, elles, toute l'année et ce, toute la journée", font-ils ressortir. Face à leur situation qui devient précaire, selon eux, en raison de la restriction de la liste des aliments autorisés à la vente, ils demandent aux autorités de considérer leur sort.

"Avant la mise en application des nouvelles mesures, nous vendions 98 % de nos articles. Aujourd'hui, sur une liste de 16 produits, nous ne pouvons mettre en vente que 6 à 7 produits, car d'autres ne sont pas disponibles sur le marché. Parmi ces 7 produits, nous ne vendons pratiquement rien", expliquent les cantiniers. Mais les frais de location demeurent les mêmes, indiquent-ils, ajoutant que ces frais ne sont toutefois pas uniformes dans toutes les écoles.

Dans cette optique, la COU compte demander au ministère de l'Éducation d'uniformiser les frais et de considérer une option gratuite pour les cantiniers des écoles ZEP. La COU sollicitera également le ministère de l'Éducation en ce qui concerne les infrastructures dont devraient se doter les cantines scolaires pour mettre en vente les aliments chauds.


Pollution à Bambous-Virieux

La CTSP réclame l'embauche de Rodriguais plutôt que de travailleurs étrangers

Les pêcheurs : "Kuma eski bann officiers fisheries envi truv sacs si zot pas plongé?"

Un haut cadre du Fisheries Division du ministère de l'Agroindustrie, nous a confirmé en fin de semaine que des officiers ont été dépêchés à Bambous-Virieux pour constater de visu la pollution alléguée par des pêcheurs de la région. Rappellons que des pêcheurs de la région ont, la semaine dernière, accusé la Ferme Marine de Mahébourg de polluer le lagon en y jetant des sacs vides de 20 kg. Ces sacs servent à conserver des aliments pour poissons. Toutefois, selon nos informations les officiers se sont contentés de chercher des sacs à l'oeil nu sans pour autant plonger. Sollicité pour un commentaire, un pêcheur indigné nous a déclaré : "Bann sacs la ale pose enbas lor corail gingembre. Be si zot pas plongé kuma zot pu trouvé? D'abord eski zot inn amen enn peser ek zot?". Le haut cadre du Fisheries Division nous a déclaré, pour sa part, qu'une autre équipe, composée de plongeurs sera cette fois-ci dépêchée sur les lieux pour un constat approfondi de la situation.


60e anniversaire de la République indienne

Pratibha Patil insiste sur le maintien des valeurs indiennes

Le 60e anniversaire de la République indienne a été célébré mardi au centre culturel Indira Gandhi à Phoenix en présence des officiers de l'armée indienne et des ressortissants indiens travaillant à Maurice.

Le haut commissaire de l'Inde, Madhusudan Ganapathi, a hissé le drapeau indien et a ensuite lu le message de la présidente de la République indienne, Pratibha Devisingh Patil.

La présidente indienne a lancé un appel aux citoyens indiens pour le maintient des valeurs indiennes et les principes démocratiques où chacun doit agir d'une manière responsable pour favoriser l'harmonie et la tolérance qui constituent les valeurs intrinsèques de la nation indienne. La société indienne, a-t-elle poursuivi, "épouse les grands principes de diversité des langues, de la religion et de la culture pour créer l'unité dans la diversité. L'Inde est le pays où les gens de différentes confessions religieuses ont vécus en harmonie depuis des années et il est nécessaire de maintenir la cohésion sociale".

Shrimati Devisingh Patil a aussi parlé de la nécessité d'accorder plus de facilités aux pauvres, avant d'exprimer, à la fin de la cérémonie, satisfaction d'avoir constaté que les ressortissants indiens sont bien traités à Maurice.


Religion

Le Thaipoosam Cavadee célébré hier

Le Thaipoosam Cavadee a été célébré avec ferveur et dévotion hier par les Mauriciens de foi tamoule. Les dévots de Port-Louis se sont dirigés vers le temple Sockalingum Meenatchee Amen de la route Nicolay pour des prières. Une importante déviation routière, à cet effet, était en vigueur. Cette fête met fin à dix jours de jeûne et a débuté avec le Koddi Ettram (le lever du pavillon). Durant ces dix jours de sacrifice, les fidèles se rendent tous les jours dans les kovils pour assister à des prières dites en honneur à Muruga et d'autres divinités.

Les dévots portant des cavadees colorés sur les épaules se sont rendus en grand nombre, hier matin, au bord de la rivière pour le bain sacré. Quelques minutes avant que la procession ne quitte la rivière, les dévots apportent leurs offrandes pour les mettre dans leur sombous. L'offrande peut être du lait, jus de limon ou d'orange, du lait caillé, du miel, etc. Les deux sombous sont attachés aux extrémités du cavadee.

Une fois arrivé au Kovil, les dévots déposent leur cavadees pour détacher les deux sombous qui continnent l'offrande avant de se diriger vers le prêtre. Ce dernier prend l'offrande et la verse sur le murthi pour le remettre aux dévots. Ces derniers en boivent quelques gouttes pour purifier leur corps et âme.

Selon le swami Govindarajen Palaniandy du kovil d'Ebène, des offrandes sont offertes au dieu Muruga chaque jour durant la cérémonie d'abhisegum. Ce rituel permet au dévot de se débarrasser des énergies négatives et des stress de la vie et apporte l'équilibre et la stabilité. Ce rituel apaise le dévot et contribue à son bien-être mental et spirituel. Il se sent transformé par l'amour de Muruga, déclare le prêtre.


Malversations alléguées

Les forces vives de Dubreuil n'en démordent pas

Face à ce qu'elles estiment être "l'inaction" du ministre des Finances de régler le problème de malversations alléguées autour d'un projet du Trust Fund for the Social Integration of Vulnerable Groups au profit des démunis dans leur localité, les forces vives de Dubreuil menées par M. Sooriadev Bhayraw n'en démordent pas. Elles annoncent la tenue d'une nouvelle conférence de presse pour mardi.

M. Bhayraw et ses amis ont, de nouveau, manifesté devant l'Assemblée nationale durant la semaine. A cette occasion, des personnes d'un autre village, en l'occurrence, Riambel, devait aussi faire des allégations au sujet d'un autre projet du Trust Fund en faveur de démunis dans leur village. Notons que Sooriadev Bhayraw et ses amis disent ne pas avoir abandonné l'idée de reprendre la grève de la faim qu'ils avaient organisé il y a quelques temps au Jardin de la Compagnie et qui avait pris fin, prématurément, à la suite de l'intervention de la police.


Club Service

La Round Table Mauritius remet Rs 225 000 à l'école complémentaire de Barkly

La Mauritius Round Table 3 a, mercredi 27 janvier, remis une somme de Rs 225 000 à l'école complémentaire de Barkly. Cette contribution se situe dans le cadre d'un engagement pris par cette section du club service de venir en aide - à hauteur de Rs 600 000 - à cette école pour couvrir les frais de fonctionnement de ce dernier durant une période de deux ans.

Le Round Table est une organisation internationale qui regroupe plus de 40 000 jeunes professionnels dans le monde. Ses membres ont comme objectifs les loisirs et le service communautaire. Chaque pays membre compte plusieurs clubs opérant sous la bannière d'une association nationale. Ainsi, dans l'île, l'association nationale Round Table Mauritius réunit plus de 65 tableurs répartis dans quatre clubs différents.

Le MRT3 a été particulièrement actif ces derniers temps. Il a ainsi activement participé à des projets comme la rénovation d'une maison d'accueil au village des enfants SOS et les aides apportées pour la reconstruction d'une école au Sri Lanka suivant le tsunami qui avait ravagé ce pays, la création d'une bibliothèque à Grande Rivière Sud-Est, un don de Rs 200 000 à l'Association Alphabétisation de Fatima et le soutien à la rénovation du centre Chrysalide.

Dans son œuvre sociale, la table ronde mauricienne entend, d'une manière générale, faire sien le credo de Victor Hugo qui est "ouvrir une école, c'est fermer une prison !" .



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 31 janvier 2010