Pas de développement dans les tractations d'alliance cette
semaine alors que certains protagonistes, et non des moindres,
pensaient que les choses allaient très vite se décanter.
Le Premier ministre a, en fait, décidé de se donner
un temps de réflexion avant de poursuivre plus en avant
ses démarches en vue de la plate-forme qu'il constituera
aux prochaines élections générales.
Ce long week-end de Cavadee marqué par la poursuite de
la grève de la faim de Jayen Chellum et les festivités
marquant le 175e anniversaire de l'abolition de l'esclavage avec,
en plus, l'arrivée d'un visiteur de marque, l'ancien président
du Mozambique Joaquim Chissano, a finalement été
jugé propice par les uns et les autres pour une sérieuse
réflexion sur la suite à donner aux événements.
Cela ne veut pas pour autant dire que les signes envoyés
ici et là n'ont pas été répertoriés
et que les propos tenus de part et d'autre n'ont pas été
analysés et interprétés.
Après les deux longues rencontres entre Navin Ramgoolam
et Jayen Cuttaree, les lundi 18 et mardi 19 janvier qui, selon
les plus informés, évoluaient dans la bonne direction,
un partage de 35/25 ayant même été mentionné
avec le poste d'Attorney General accordé aux mauves.
Il y a eu l'annonce de la nomination d'Hervé Aimée
comme ministre mercredi, sa prestation de serment et,, les événements
de vendredi surtout, et les efforts exceptionnels entrepris par
le Premier ministre pour rassurer son partenaire le PMSD et démentir
tout froid avec Xavier Duval. Un empressement qui a laissé
plus d'un perplexe, personne ne croyant vraiment l'annonce d'un
coup d'éclat à la réunion du PMSD de ce même
vendredi soir crédible. Mais, toujours est-il que le Premier
ministre a préféré calmer le jeu avec son
partenaire au lieu de laisser dégénérer une
situation déjà pas très saine.
Absences remarquées
Du côté du MMM, après la conférence
de presse du samedi, il y a eu l'assemblée des délégués
de dimanche où Paul Bérenger réaffirmait
sa préférence pour une lutte à trois, tout
en ne fermant pas la porte à une éventuelle alliance
avec le PTr. Même si, lors de deux sorties cette semaine,
Paul Bérenger a visiblement choisi de ne pas se montrer
en compagnie des membres du gouvernement.
Il a ainsi refusé de participer personnellement mercredi
au télédon pour Haïti, même si ses collègues
et lui y ont remis leur contribution, l'affaire ayant été
complètement politisée sur une base partisane. Son
entourage avance qu'il était particulièrement remonté
que l'on agisse d'une telle manière sur le dos du malheur
d'un peuple. Il a aussi déploré l'absence de toute
organisation protocolaire pour cet événement, personne
ne sachant à l'avance qui aurait droit ou pas à
la parole et également la présence au premier plan
des ministres Valayden et Dulull.
Vendredi, lors du lancement du livre sur Sir Robin Ghurburrun,
écrit par son épouse, Lady Padma Ghurburrun, à
l'Hôtel Intercontinental, à Balaclava, le Premier
ministre et le leader de l'opposition étaient, certes,
tous deux présents, mais ils ne se sont en fait jamais
croisés. Et pour cause, arrivé avant Navin Ramgoolam,
Paul Bérenger était déjà assis à
sa place et après la projection d'un film sur la vie de
Sir Robin et le lancement du livre par le Premier ministre, il
s'est éclipsé et n'a pas participé au cocktail
où trônaient pourtant ses bons amis farouchement
en faveur d'une alliance avec le PTr, Cassam Uteem et Jean-Claude
de l'Estrac. Ces derniers, de même que Manou Bheenick -
en attente du renouvellement de son contrat comme gouverneur de
la Banque de Maurice - se sont d'ailleurs longuement entretenus
avec le Premier ministre.
Ce n'est qu'hier, aux célébrations officielles de
Cavadee au Kaylasson de Port-Louis, que l'on a vu le Premier ministre
et le leader de l'opposition se serrer la main. Cette poignée
de mains a paru bien amicale, mais elle ne fut pas très
chaude, comme on peut le voir sur le document plus loin. Les discussions
étaient par contre nettement plus amicales plus tôt
à la Rivière Ébène entre Paul Bérenger
et Rama Sithanen, toujours pour la célébration de
Cavadee.
Au Kaylasson de Port-Louis toujours, les discussions animées
et avec force gestes de la main entre le président de la
république, sir Anerood Jugnauth, et le Premier ministre
étaient suivies avec attention par les politiciens de tous
bords présents à cette cérémonie et
par Pravind Jugnauth surtout, qui était assis dans deux
rangées derrière.
Quoi qu'il en soit, des signes et des symboles, le MMM a, semble-t-il,
décidé de poursuivre ses activités comme
s'il allait seul ou presque, soit avec ses partenaires acquis,
l'Union nationale et le MMSD d'Éric Guimbeau. Le leader
du MMM, qui rencontre régulièrement Ashock Jugnauth
et Éric Guimbeau, s'est, une nouvelle fois, entretenu avec
eux pour passer en revue la situation et discuter programme surtout.
"Aucun problème", ont déclaré
tous ceux interrogés sur l'état des relations entre
les trois formations, alliance ou pas.
Dinesh Ramjuttun recueille de plus en plus de faveurs
Paul Bérenger était aussi dans la circonscription
de Navin Ramgoolam jeudi, où il a animé une réunion
de routine au N°5. Rien de bien probant n'est sorti de cette
réunion, bien qu'une éventuelle candidature de Dinesh
Ramjuttun a été évoqué. Ce qu'il ressort
des discussions au MMM, c'est qu'ils sont de plus en plus nombreux
ceux qui sont en faveur de sa candidature à Pamplemousses-Triolet,
bien que la direction ne soit pas pressée de l'avaliser
officiellement.
Le MMM peaufine ailleurs aussi sa liste de candidats. Au N°3,
où il se dit très satisfait de la prestation d'Adil
Ameer Meah, les noms de ses deux autres colistiers pourraient
être annoncés dans un proche avenir. Si tout se passe
bien dans cette circonscription, tel n'est pas le cas pour le
N°9. Les mauves sont, ici, confrontés, dit-on, à
un trop-plein de candidats.
Il y avait déjà, bien installé depuis quelque
temps, l'avocat Navin Ramchurn avant que ne soit désignée
sa collègue du barreau Gaytree Dayal. Un candidat de l'Union
nationale, l'avoué M. Chukooa, serait aligné tandis
qu'un outsider pourrait venir jouer le trouble-fête. Il
s'agit d'un planteur de la cinquantaine qui présente le
même profil qu'Anil Baichoo. Et il s'appelle
Ramgoolam
! Le MMM est donc devant un dilemme, choisir entre ce qu'il considère
être la "très bonne candidate" Gaytree
Dayal et ce nouveau candidat au patronyme si résonant.
Si le MMM avance avec ses préparatifs en vue des prochaines
élections générales, d'autres ne sont pas
en reste. Il en est ainsi du PMSD qui, de plus en plus méfiant
et craignant de subir un coup fourré de dernière
minute et d'être laissé sur la touche, s'organise.
Il prend quelques initiatives et a déjà préparé
une liste de candidats bleus. En sus des élus Xavier Duval,
Richard Duval et Maurice Allet, le nom de Michael Sik Yuen a été
cité pour briguer les suffrages à Curepipe-Midlands.
Même si cela ne risque pas de faire particulièrement
plaisir à ceux qui prétendent que c'est la seule
prérogative du Premier ministre que d'annoncer les candidatures.
Au MSM, pour ne pas changer, on attend. Pas de rencontre entre
Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth. Dans le cercle intime du
leader du PTr, il est dit que les discussions ont lieu ailleurs,
même si c'est un fait que le remuant Showkutally Soodhun
multiplie les contacts avec certains, tant au PTr qu'au PMSD.
On en est visiblement encore aux agitations et cela risque de
perdurer un petit moment, et tant que Navin Ramgoolam n'aura pas
tranché de manière définitive. Peut-être
pendant la visite de Joaquim Chissano, s'il lui prend de jouer
les Michel Debré, ou après son départ. C'est
à voir
Gestion des municipalités
De plus en plus foireuse
On avait cru avoir tout vu dans les administrations régionales
sous gestion d'édiles de l'alliance sociale, la condamnation
d'un adjoint au lord-maire pour corruption d'agent de l'ordre,
l'agression de la secrétaire de l'ancien lord-maire qui
avait osé interdire les marchands ambulants à la
rue Desforges, un maire qui fait la quête auprès
de Gamma Civic pour arrondir le paiement de son billet d'avion,
les frictions communales et les conseillers agressant le personnel
municipal. Mais non, chaque jour qui passe offre son lot de spectacle
affligeant dans les municipalités. Ce qui est certain aujourd'hui,
c'est que la gestion des villes est de plus en plus
foireuse.
Dans les conseils de districts, c'est également la pagaille,
le dernier exemple en date étant l'affaire des maraîchers
de Rivière du Rempart qui furent interdits d'accès
à l'emplacement forain pour des raisons qui n'ont pas été
explicitées jusqu'ici. C'est sur l'intervention du nouveau
ministre des Administrations régionales, Hervé Aimée,
qui veut agressivement montrer sa marque, que les opérateurs
ont pu reprendre leurs activités.
La coïncidence a, par ailleurs, voulu que quatre des cinq
municipalités ont tenu leur réunion trimestrielle
cette semaine et la palme du meilleur spectacle revient sans conteste
à Beau Bassin-Rose Hill. Ce qui à partir de 1977
fut un fleuron et une référence même en matière
de gestion saine et avant-gardiste est, depuis 2005, une véritable
catastrophe. Chaque séance trimestrielle du conseil municipal
est un cirque avec affrontements entre conseillers.
Jeudi dernier, c'est suite à l'intervention de la police
durant une suspension de séance que le conseiller Jean
Maurice Jean-Pierre, expulsé par Daniel Emilien - qu'il
a invité à "vine tire moi to même"
- a accepté de quitter la salle du conseil. Il avait estimé
ne pas avoir mérité une telle sanction. C'est donc
encore une fois sous haute tension que s'est déroulée
une réunion de ce conseil municipal.
Chacun en est à sa propre version sur ce qui a contribué
à la dégradation du climat jeudi dernier. Jean Maurice
Jean-Pierre et Dean Teeroovengadum soutiennent qu'il y a eu des
bouncers dans l'enceinte municipale avant le début de la
réunion du conseil et certains soutiennent même qu'ils
ont eu accès au secrétariat, ce qui a quelque peu
empoisonné le climat déjà. La police présente,
consciente que cela pouvait dégénérer, avait
d'ailleurs pris la précaution de faire venir du renfort.
Autre grief formulé, le fait que des réponses écrites
étaient déjà en circulation avant même
que les interpellations ne soient posées. Ce n'est que
sur l'intervention de la conseillère Lovena Sowkhee, avocate,
qui a argué, à juste titre, que c'était contraire
aux standing orders, que les réponses ont été
reprises.
Accusation de cover-up
Le fond du problème est que le conseiller Jean Maurice
Jean-Pierre avait déposé une interpellation réclamant
des détails sur le contrat du service de voirie à
la foire de Plaisance et qu'elle a été rejetée
par le maire Daniel Émilien. Pour justifier sa décision,
il a expliqué que l'Independent Commission against Corruption
(ICAC) a été saisie de cette affaire et qu'il ne
pouvait permettre qu'un débat soit engagé sur ce
dossier. Ce n'est que lorsque l'ICAC aura bouclé son enquête
que la municipalité sera en mesure de donner de plus amples
détails sur ce dossier, a-t-il expliqué. Toujours
est-il que Jean Maurice Jean-Pierre a parlé de "cover-up"
et qu'il a accusé le maire de dissimuler des informations.
Les détracteurs du conseiller lui reprochent son "ton
agressif et insultant" à l'endroit du maire et
les attaques personnelles proférées. Malgré
les rappels à l'ordre successifs de Daniel Émilien,
Jean Maurice Jean-Pierre n'en démordra pas.
Quant à son interpellation sur le cas de l'employé
municipal Jean-Marie Laviolette, pour lequel il a réclamé
le même traitement que le chef inspecteur municipal Kailash
Bhagoban, à savoir que la municipalité lui fournisse
une assistance légale, elle n'a pas été prise.
Comme on le sait, suite à un accrochage avec le conseiller
Dean Teeroovengadum après qu'il a verbalisé un marchant
ambulant, Kailash Bhagoban avait porté plainte. La municipalité
avait décidé de soutenir son employé contre
le conseiller en lui assurant les services de conseil légal.
Ce sont Richard Rault, avocat et Jean Christophe Bellepeau, avoué,
les représentants légaux de la mairie qui défendront
donc l'employé. Jean-Marie Laviolette qui a, lui, eu des
démêlés avec le conseiller Varen Andee a voulu
obtenir le même traitement, mais aucune décision
semble avoir été arrêtée dans son cas.
Autre vedette de la dernière séance, Dean Teeroovengadum.
Ce dernier voulait savoir pour quelles raisons l'ancien maire
Rajkumar Aubeeluck avait organisé un dîner au coût
de Rs 32 000 alors qu'il avait été décidé
que, pour des raisons de coupe budgétaire, il n'y aurait
pas de fête de fin d'année. Le même conseiller
a voulu déposer une motion pour qu'il y ait une enquête
sur certains paiements relatifs à la location des étals,
mais sa demande a été rejetée pour cause
de mauvaise formulation de la motion.
À Quatre-Bornes, où l'affaire d'aménagement
d'un centre communautaire à Sodnac sur un espace vert qui
jouxte le poste de police que personne n'a demandé fait
toujours des vagues, ce n'est guère mieux. Les hostilités,
lors de la réunion trimestrielle du conseil municipal de
jeudi dernier, ont porté sur le sujet sensible des permis
et des maisons de jeu dans la ville, d'autant plus que les incidents
se sont multipliés autour de ces lieux, le dernier en date
étant le meurtre du jeune Bernie Évariste dans les
premiers jours de 2010, vis-à-vis de la municipalité.
QB : le maire reconnaît des irrégularités
Depuis ce qui a été appelé le "permis
express" octroyé aux promoteurs de Bagatelle Shopping
Mall sous l'administration d'Idriss Sakabuth l'année dernière,
certains conseillers restent très frileux sur ce dossier.
C'est ainsi que sous la pression de Reshad Lotun, qui a relevé
un cas flagrant de favoritisme, un permis ayant été
refusé puis accordé pour le même emplacement,
le maire Anand Rajkoomar n'a eu d'autre alternative que de reconnaître
qu'il y a eu des "irrégularités".
Une promesse de référer certains dossiers à
l'ICAC a bien été faite, mais il reste à
savoir si une suite sera effectivement donnée à
cette affaire.
Plus cocasse, il a été établi, après
des questions pressantes de Dev Badree et de Jean François
Battour, que la compagnie Stevenhills, qui organise des paris
sur les rencontres de football à l'étranger, opère
depuis mai 2008 sans permis. Il a fallu toute la diplomatie de
Suren Appadu pour que les choses rentrent dans l'ordre. Et c'est
contre une promesse que le promoteur Stevenhills sera verbalisé
le lendemain que les conseillers contestataires se sont calmés.
Cela est ridicule, mais c'est comme ça. Un opérateur
opère sans permis, ce qui est parfaitement illégal.
Il y a des protestations et comme consolation les décideurs
de la ville acceptent qu'il ne soit que pris en contravention.
C'est, paraît-il, une nouvelle méthode de gestion.
À Curepipe, il règne aussi une certaine tension.
Clency Lajoie, qui avait mis en lumière les aides douteuses
de la mairie aux organisations socioculturelles, a effectué
un walk-out en début de semaine pour protester contre une
entorse aux standing orders. Ailleurs, ce n'est pas mieux
non plus et c'est parce que chaque jour amène son lot d'excès
et de passe-droits que la chose a fini par se banaliser
Frictions PTr/PMSD
Le malaise à Beau Bassin-Rose Hill est plus profond dans
la mesure où il se décline sur le mode de la fracture
politique au sein même de l'alliance sociale. Ce sont les
travaillistes qui sont montés au créneau jeudi dernier
pour défendre Rajkumar Aubeeluck pendant que Dean Teeroovengadum,
campaign manager de Rama Valayden à Stanley lors
des élections de 2005 et passé, comme tous les membres
du MR, au PMSD, donnait la charge contre l'ancien maire dans l'affaire
du dîner à Rs 32 000.
Un froid s'est installé parmi les conseillers des villes
surs depuis que Rajkumar Aubeeluck avait ouvertement critiqué
Rama Valayden après ses propos selon lesquels ce sont les
membres de la population générale qui sont surtout
victimes de brutalité policière.
Après les sanctions - "Varen Andee kan ti PMSD
ça ?"
Jean Maurice Jean-Pierre a été le premier à
réagir après l'annonce, dès vendredi matin,
de sa suspension du PMSD. Ce conseiller de l'ancien PMXD était
très remonté après la décision prise
à son encontre, d'autant plus que c'est l'ancien maire
MR Varen Andee qui s'est, dit-il, arrogé le rôle
de procureur contre lui et son collègue, Dean Teeroovengadum,
également objet d'une suspension.
"Varen Andee kan ti PMSD ça ?" s'est-il demandé
non sans avoir rappelé le parcours de son collègue
conseiller, commencé au MMM pour finir au PMSD en passant
par le MR. Il semble, en tout cas, que certains, issus du PMXD
et du MR, ont quelques difficultés à se retrouver
dans le grand bleu
du PMSD.
Quelques déboires de le communauté créole
Durant l'année 2009, on a beaucoup parlé de la communauté
créole à Maurice. Il a été question
de ses droits, ses revendications, sa langue, sa culture, son
folklore, son patrimoine, etc. Les grands rassemblements n'ont
suscité que de grandes controverses et polémiques
au sein même de cette communauté. Pourtant, le "Malaise
Créole " dont le père Roger Cerveaux fut le
premier à en parler existe toujours; le message de Rémy
Ollier à la population de couleur "Instruisez-vous
" devrait résonner aux oreilles de chaque membre
de la communauté créole.
Ouvrons ici une parenthèse pour exprimer notre appréciation
de la nouvelle politique réaliste du ministre de l'éducation,
Vasant Bunwaree. Cette politique de réforme permettrait
aux enfants créoles des familles défavorisées
de Roche Bois, Ste. Croix, La Cure, Tranquebar, Cassis, Richelieu,
Barkly, Camp Levieux, Petite Rivière et tout le long des
côtes de la Rivière Noire à voir un brin de
lumière au bout du tunnel. A mon sens, ni l'Église,
ni aucun membre de la communauté créole n'ont le
droit moral de vouloir enfermer les enfants créoles dans
un ghetto culturel. J'y reviendrai. Car si je me tais, "
les pierres mêmes crieront " en faveur de cette communauté,
comme nous dit le Christ.
Qui suis-je?
Qui suis-je? Suis-je un rancunier? Suis-je un revanchard? Suis-je
amer? Suis-je un pessimiste, un fataliste? NON. Je suis tout
simplement réaliste et pragmatique. Est-ce que je me considère
comme un créole? "Mama créole, papa créole;
moi aussi, mo bizin créole", nous dit la chanson de
Serge Lebrasse.
Est-ce que je suis un chrétien? Je crois en la mort et
la résurrection du Christ. Suis-je un descendant d'esclave?
Je sens couler dans mes veines un mélange de sang malgache,
africain, indien et européen.
Suis-je un communaliste? Je laisse répondre tous mes ex-élèves,
surtout ceux du SC, HSC et GCE.
Est-ce que je suis un raciste? Un "GRAND NON" diront
les tamouls de Mont Roches, les hindous de Maingard et de Petite
Rivière, les musulmans de Martindale et du centre de Beau-Bassin
ainsi que tous ceux que j'ai eu le privilège et la joie
de représenter comme député et ministre de
1967-1982.
N'empêche, j'ai toujours ressenti le besoin de réclamer
une part du Gâteau National pour la communauté créole.
Depuis décembre 1994, MAM mène campagne en faveur
de tous les créoles à Maurice et à Rodrigues.
Je me bats contre les injustices. Je me bats surtout en faveur
des familles les plus démunies, les plus défavorisées
de la société mauricienne; des familles créoles.
Et dans cet ordre d'idées, je me permettrais d'analyser
quelques déboires de la communauté créole.
Gaëtan Duval Leader PMSD.
La contribution de Sir Gaëtan Duval dans le développement
économique de l'Ile Maurice après l'indépendance
a été d'une valeur inestimable. Il a très
bien travaillé dans beaucoup d'autres domaines. Cependant,
il n'est pas moins vrai de dire qu'il a causé deux torts
immenses à la communauté créole, durant la
période pré-indépendance:
Primo: Gaëtan Duval avait incité les créoles
à retirer leur argent de leurs comptes d'épargne
(toutes leurs économies) qui se trouvaient dans les bureaux
de poste. Avec quel résultat!...
Secundo: Lors du procès Duval v/s Mohamed en 1962, l'avocat
de la défense posa la question:-
Me. Moollan: Est-ce qu'un membre de la population hindoue qui
serait en même temps un excellent homme d'État et
membre du Parti Mauricien n'aurait pas l'appui de la population
générale et des autres minorités?
Duval: Il l'aurait définitivement, mais M. Mohamed a toujours
maintenu le contraire. C'est donc en regard des déclarations
successives de M. Mohamed à l'effet que la population générale
ne vote pas les hindous et les musulmans... Cette croyance de
M. Mohamed est dénuée de tout fondement. Nous en
avons eu la preuve dimanche à Curepipe (L'élection
de Cassam Coowar comme conseiller municipal.)
Gaëtan Duval voulait faire du PMSD un parti national avant
les élections de 1967 - une très belle et noble
initiative! Ce fut aussi une démarche très louable
de sa part. Mais à quel prix? Au détriment de quelle
communauté? Qui devait en payer les pots cassés
si ce n'était pas la population générale
(les créoles en particulier.) Gaëtan préféra
me sacrifier, (le candidat le plus côté à
cette époque) au No. 1 pour Monaf Fakira.
Il sacrifia Jules Koenig, (le candidat favori et ex-député
de Beau-Bassin) au No. 20 pour Sham Panchoo. Il envoya Jules Koenig
à l'abattoir au No. 15 alors qu'il plaça Krishna
Ramlagun au No. 17.
Bien entendu, Fakira, Panchoo et Ramlagun furent élus,
alors que Jules Koenig mordit la poussière. Gaëtan
avait relevé le défi de Me. Moollan: il avait gagné
son pari. Comme toujours, contre les intérêts politiques
de la population générale. Cela se passa aux élections
de l'indépendance à un moment où la population
générale (les créoles) était à
99.9% derrière le PMSD de Gaëtan Duval. L'ironie du
sort ici et que la communauté créole n'obtint pas
son quota de députés élus à ces élections;
elle a dû avoir recours au système de Best Loser.
Et, la grande question qu'on peut se poser est ceci : si les
membres de la population générale n'arrivent pas
à se faire élire comme députés dans
les régions urbaines où ils sont en majorité,
où pourront-ils le faire? A Plaine Verte? A triolet?
La Compensation aux Descendants d'Esclaves.
Sans vouloir paraître dogmatique ou rancunier; sans même
vouloir critiquer ou faire la leçon à quiconque,
je dirais que Sylvio Michel n'aurait jamais dû accepter
un amendement à la motion d'Armance. Il existait un monde
de différence entre 'Esclaves' et 'Travailleurs Engagés'
quoique ces derniers aient eux aussi connu des périodes
très difficiles. Ils ont certes beaucoup souffert mais
pas comme les esclaves. Ils étaient arrivés à
Maurice libres comme l'air tandis que nos ancêtres, les
esclaves, avaient été chassés, capturés,
et déracinés de l'Afrique et de Madagascar. Pire
que des bestiaux, ils débarquèrent avec des chaînes
autour du cou, des chaînes autour des reins et avec des
chaînes aux mains et aux pieds.
Voici un extrait d'un article que j'avais écrit en 2008
à ce propos :
"Les esclaves furent les pionniers de notre industrie
sucrière. A coup de fouets, ils étaient contraints
à défricher les forêts et planter la canne
à sucre. Ils étaient donc les premiers à
travailler dans les champs de canne. Ils étaient tous des
esclaves; hommes, femmes, filles et enfants, mais non pas des
travailleurs engagés. Ils ont été torturés,
violés, tués et massacrés. MAM n'a nullement
l'intention de prôner une politique de haine ou de vengeance
contre quiconque lors de ses revendications pour une compensation
aux descendants d'esclaves. Au contraire, MAM réclame justice
pour ce qui est dû à une section de la population
mauricienne."
Lors du grand rassemblement de MAM/LES VERTS FRATERNELS à
Mont Choisi, le dimanche de Quasimodo en l'an 2000, j'avais proposé,
entre autres, une action de revendication et de réparation,
à travers l'ONU, pour que les pays qui avaient profité
de la Traite des nègres tels la Grande- Bretagne, la France,
le Portugal, l'Espagne, les Pays Arabes etc, y souscrivent financièrement.
J'avais aussi déclaré que cette action auprès
de l'ONU devrait être soutenue par le gouvernement mauricien,
le secteur privé, les propriétés sucrières
et les banques à Maurice.
Il n'avait jamais été question alors du gouvernement
mauricien ou du secteur privé, qui devraient payer la compensation.
Il n'avait jamais été question, non plus, d'organiser
des manifestations devant certaines banques ou certains bureaux
à Port Louis, ni même de proférer des menaces
contre une section de la population mauricienne, qu'elle soit
blanche, rousse, noire, jaune ou verte. Notre action devait être
menée, non sur une base de dénonciation et de conflit
mais plutôt sur la concertation et la réconciliation.
Si seulement Sylvio Michel avait poursuivi la lutte dans cette
direction, la communauté créole aurait peut-être
bénéficié d'une partie de ces 2000 arpents
de terre que le secteur privé a donnés au gouvernement.
(Sans rancune!)
EBC et découpage électoral.
Comme je l'ai déclaré précédemment,
MAM rejette 'In toto' le rapport de l'EBC sur le nouveau découpage
électoral. Malgré tout le respect que j'ai pour
le président de l'EBC, Me. Yusuf Aboobakar et les membres
de la commission, je dirais que le travail est resté inachevé,
incomplet, ressemblant plutôt à une opération
cosmétique. La grande disparité du nombre d'électeurs
dans certaines circonscriptions est demeurée presque inchangée.
MAM pense, à juste titre, que les recommandations que
contient ce rapport vont totalement à l'encontre des intérêts
de la communauté créole. Les créoles éprouveront
beaucoup de difficulté pour faire élire deux de
leurs représentants dans la circonscription No. 4 et celle
du No. 20. Si toutefois, Paul Bérenger, le leader du MMM,
espère obtenir un avantage à court terme, pour son
élection au No. 19 et celle de trois musulmans au No. 2
avec le nouveau découpage électoral, il ferait un
tort immense à toute la communauté créole,
tout comme Gaëtan Duval en 1967. Le découpage électoral
doit être un travail global mais non fragmentaire. Donc,
MAM suggère que le rapport, dans son ensemble, soit mis
au frigo pour être revu, retravaillé, après
l'élection du prochain gouvernement.
Commission Justice et Vérité.
Dès le début, la Commission Justice et Vérité
a pris une allure de Mickey Mouse. Elle ressemble plutôt
à un mort-né, ou à un film comique dont l'acteur
principal ne s'est jamais présenté en scène.
Un peu comme ces fantômes dont on parle souvent mais que
personne ne voit jamais. Un nouveau déboire pour la communauté
créole. Et, je me croyais dormir debout l'autre jour, en
lisant un compte rendu du journal Le Mauricien intitulé
" Justice et Vérité - Reprise des travaux.
" Je cite :
"Selon Vijaya Teelock, qui présidait les travaux
de la commission depuis son institution en l'absence de l'ancien
président Robert Shell, l'organisation de cette session
en plein air s'inscrit dans une politique de décentralisation
des activités de la commission."
Je me permets de poser au moins trois questions à qui de
droit.
1 Est-ce que la présidence de la commission par Mme. Vijaya
Teelock répond aux aspirations de la communauté
créole, et à celles des descendants d'esclaves,
en particulier? (Rien de communal)
2 Si oui, pourquoi avoir cherché un oiseau rare en la personne
de Robert Shell ou celle de Alex Boraine? (Je perds mon latin.)
3 Dans toutes les instances internationales de l'ONU, la traduction
en différentes langues se fait simultanément et
instantanément, est-ce que la Commission Justice et Vérité
a pris les dispositions nécessaires pour que le nouveau
président désigné, Alex Boraine puisse suivre
et comprendre les dépositions des descendants d'esclaves
de la communauté créole, venant du Morne et d'ailleurs?
If not? Why not? (Une simple question de Justice et Vérité.)
Finalement, est-ce que c'est le gouvernement de Navin Ramgoolam
qui refuse de reconnaître le droit de la communauté
créole à un jour de congé public pour le
lundi Pâques? J'y reviendrai dans un prochain article.
Eliézer François
22 janvier 2010.
Politique
Eric Guimbeau : "L'idéal serait une lutte à
trois mais une alliance PTr/MMM redressera le pays"
Le leader du Mouvement Mauricien Social Démocrate (MMSD),
Eric Guimbeau, lors d'un point de presse, vendredi, s'est prononcé
pour une alliance PTr/MMM, qui, selon lui, épurera le pays
du phénomène alarmant de la drogue et de la prolifération
des maisons de jeux. Toutefois, l'idéal, dit-il, demeure
une lutte à trois "mais il y a l'idéal et
réalité en politique".
Selon Eric Guimbeau, une alliance entre les deux grands partis
politiques (PTr/MMM), "nettoiera le pays de fond en comble
de la drogue et de la prolifération des maisons de jeux".
Toutefois, argue-t-il, Paul Bérenger doit tenir la place
qui lui revient, car c'est un homme qui, durant sa carrière
politique, a démontré ses capacités. Ainsi,
dit-il, l'heure n'est plus aux affronts mais à un consensus
mutuel pour "le redressement" de l'île
Maurice. "La inn arriv ler pou aret bann confrontations,
tomb dan enn concensis lor vision pu developman pei ek popilation",
dit-il.
Justifiant un éventuel accord électoral entre le
PTr et le MMM, Eric Guimbeau a affirmé que tout deal
entre les rouges et le MSM de Pravind Jugnauth serait mal perçu
de tous. "Kifer Navin Ramgoolam pu donn serum Pravind
Jugnauth alor ki li pe aspire vinn Prémié minis?",
ajoute-t-il. Sollicité quant à ses positions
antérieures très critiques par rapport au Premier
ministre, Eric Guimbeau devait dire que ce dernier est mal conseillé.
"Je reconnais dans le passé avoir accusé
Navin Ramgoolam de tenir des propos communaux mais je soutiens
qu'il a été mal conseillé étant donné
qu'il est entouré de têtes brulées".
Concernant le PMSD, il déclare que ses dirigeants font
des négociations avec le MSM à l'insu du PM, Navin
Ramgoolam. Pour lui, "PMSD pe perdi so role bequille,
li pe vinn enn épine. Travailliste pou larg PMSD tot ou
tard". En ce qu'il s'agit de son accord avec le MMM,
Eric Guimbeau a assuré que tout est presque finalisé.
Il se dit entièrement d'accord avec le "programme"
du MMM. "Mone finn zwenn Paul Bérenger ek Ashock
Jugnauth plisier fois. Ek zot d'akor avek mo vision ek mo program
notamment konstrir 20 000 lacaz pu bann seki ékonomikman
feb", a-t-il affirmé. Il a également affirmé
que les élections municipales ont été abordées
et a insisté sur la nécessité de trouver
des candidats valables pour les collectivités locales.
Par ailleurs, Eric Guimbeau s'est dit chagriné que les
réservations des chambres d'hôtels à l'occasion
de la Coupe du Monde ont été annulées. Selon
lui, cela démontre bien les conséquences de l'insécurité
à Maurice. "Slogan résiltats lor résiltas
gété kot noune arrivé", s'insurge-t-il.
Par ailleurs, le leader du MMSD s'est dit en faveur de l'introduction
de la langue créole dans les écoles. "Nu
le nu pas le, nou tou morisiens nou tou coz créole, ne
pas reconnaitre le créole est une insulte voire meme du
mépris envers la langue créole. Nu bizin rekonet
li ek donn li so valer", dit-il. De plus, selon lui,
il est temps qu'après l'Anglais et le Français,
le Créole aussi soit officialisé. Eric Guimbeau
se dit également solidaire avec Jayen Chellum de l'ACIM.
Il se dit pour la démocratie, la liberté d'expression
et la liberté de pensée. Enfin, il se dit fier de
la recette recueillie pour le télédon d'Haïti,
mais déplore toutefois "ki politiciens marse lor
cadavres lezot pu fer politik". "Ti bizin ena au moins
enn minimum de retenue. Pas ti ler pu fer tamtam",conclut-il.
Politique
Harish Boodhoo pour une lutte à trois aux prochaines
élections générales
Harish Boodhoo s'est, cette semaine, invité dans le débat
en cours sur les alliances électorales, sujet qui a agité
le landerneau politique depuis le début de l'année.
Lors de ses différentes sorties cette semaine, il s'est
farouchement prononcé pour une lutte à trois, PTr,
MMM, MSM allant séparément aux prochaines élections
générales.
Pour lui, qu'elles que soient les alliances, PTr/MMM ou PTr/MSM/PMSD,
elle seront porteuses d'instabilité. C'est mieux pour la
population et c'est plus démocratique que chacun aille
de son côté et présente son propre programme
au choix de l'électeur.
Il n'a pas été tendre envers le Premier ministre
qui se "déclare éléphant mais qui
en même temps court après des moustiques pour essayer
de conclure des alliances électorales". Il l'a
même traité de "capon" pour avoir opté
de ne pas se présenter seul aux prochaines échéances
alors que lui- même et ses thuriféraires le présentent
comme "fort et imbattable".
Les parrains qui roulent pour que l'une ou l'autre alliance se
concrétise en ont aussi pris pour leur grade. Harish Boodhoo
accuse les "franc-maçons d'être derrière
les manoeuvres tendant à faire aboutir une alliance et
de n'être motivés que par la défense de leurs
propres intérêts personnels".
Il a aussi fait une sortie contre le projet Jing Fei, qualifié
de "pire que Diego Garcia", et estime que ce dossier
est suspect dans la mesure où les contrats passés
avec la partie chinoise sont gardés secrets. Sur un aspect
plus géopolitique, Harish Boodhoo a aussi mis en garde
contre l'éventualité que Maurice ne se retrouve
au coeur d'un conflit entre l'Inde et la Chine.
L'évolution des médias a aussi été
l'objet de commentaires de la part d'Harish Boodhoo qui s'est
élevé contre la décision de l'ancien gouvernement
MSM/MMM d'autoriser des étrangers de venir s'implanter.
Il a nommément cité Le Matinal, journal qui,
aujourd'hui, bénéficie, en plus, des faveurs publicitaires
du gouvernement.
Les agissements de la Voice of Hindu de même que ceux des
bouncers augurent d'une campagne à haute tension communale,
a aussi prévu Harish Boodhoo qui a invité les uns
et les autres à tout faire pour qu'il n'y ait aucun dérapage
communal en marge des prochaines élections générales.
Raj Dayal veut se mesurer au PM
Raj Dayal avait, non sans raison, observé, à la
fin de l'année dernière, que le Premier ministre
avait "anesthésié l'opposition". Lors
d'une rencontre avec la presse, durant la semaine écoulée,
le leader du Mouvement Démocratique National a dit sa détermination
de se mesurer au Premier ministre. Il a, en effet, réclamé
un face à face télévisé avec Navin
Ramgoolam pour discuter de plusieurs problèmes auxquels
le pays est confronté.
Les sujets qu'il a en tête sont l'ordre et la sécurité
publique, le transport gratuit, la congestion routière,
la dette publique, le gaspillage dans les entreprises d'Etat,
l'agriculture et même la corruption.
S'agissant des alliances, Raj Dayal a dit qu'elles doivent avant
tout oeuvrer pour l'avancement du pays. Il a estimé, à
cet effet, que les anciennes plate-formes bleu-blanc-rouge, sous
le leadership de Sir Anerood Jugnauth ont eu l'occasion de faire
leurs preuves.
Echanges d'opinions avec M. François
M. Elièzer François, ancien syndicaliste qui a connu
ses heures de gloire dans le secteur du Port dans les années
60, ancien conseiller municipal, député correctif
travailliste puis élu de Beau-Bassin/Petite Rivière
(de 1967 à 1982), dirigeant, puis dissident, du PMSD et
un des meneurs du Parti de l'Alliance nationale (PAN) de Sir Seewoosagur
Ramgoolam aux élections de 1982 avant sa mise à
l'écart de la scène a le privilège d'être
un des rares politiciens encore vivants qui a activement participé
aux affaires publiques durant la période pré et
post-indépendance et, également, à le mérite
de pouvoir en parler avec une certaine authenticité.
Week-End ne partage évidemment pas l'intégralité
de son analyse, mais nous reconnaissons à M. Francois qu'on
a, effectivement, beaucoup trop parlé de la communauté
créole à Maurice ces derniers temps pour ne pas
deviner que l'adhésion de cette communauté aux prochaines
élections sera un enjeu majeur et pour le régime
en place et pour l'opposition.
Ainsi, malgré toute notre aversion des débats qui
portent sur le communalisme ou le communautarisme - même
sous ses aspects les plus soft -, on ne pourra pas, dans la campagne
électorale qui vient, systématiquement évacuer
ce genre d'exercice. D'autant que M. Elièzer François
semble inviter à réfléchir si Gaëtan
Duval avait eu raison de transformer son PMSD, un parti national
en 1967 ? Initialement sectaire et fondé, en 1955, que
sur le regroupement des minorités, le PMSD devint un parti
ouvert à toutes les composantes de la nation au sortir
des bagarres communales de 1965 qui avaient vu une confrontation,
heureusement très vite oubliée, entre créoles
et hindous dans des régions sud... En fait - et ce qui
nous donne l'occasion de dire à M. François notre
désaccord avec lui - il n'est du tout vrai d'affirmer que
" 99.9 % de la population générale était
derrière le PMSD aux élections de 1967 qui mènent
à l'Indépendance du pays".
Si tel avait été le cas, un Raymond Rault à
Port-Louis/Nord-Montagne Longue, un Marcel Mason à Vacoas-Phoenix,
un Harold Walter à Mahébourg-Plaine Magnien et leurs
colistiers non créoles n'auraient jamais été
élus députés sous la bannière travailliste
dans ces circonscriptions où l'apport du vote de la population
générale avait été décisif.
Et, même si le vote de cette communauté créole
valait cinq sous, il fut ce qui avait arrondi la roupie de l'élection
de MM. Rault et consorts comme dirait l'autre. Donc, il faut,
une fois pour toutes, tordre le cou à ce genre d'analyse
réductrice tenace qui, depuis plus de quarante ans, n'a
fait que de continuer à faire accroire que la lutte pour
l'Indépendance (encore faut-t-il qu'il y ait véritablement
eu lutte contre l'Angleterre qui, à l'époque, lâchait
alors ses colonies?) n'a été que le fait d'une communauté
majoritaire (comme s'interrogeait, justement, à ce sujet
Kher Jagasingh) il existerait réellement une quelconque
communauté majoritaire à l'île Maurice.
En 1967, le Parti travailliste était une force de progrès
qui regroupait aussi une élite créole
Il faudra, manifestement, encore beaucoup d'effort de la part
de vrais historiens pour, enfin, faire comprendre aux gens de
ce pays que, lorsque le peuple, à plus de 52%, se prononça
pour l'Indépendance, en 1967, le Parti travailliste était
une force de progrès qui regroupait aussi une élite
créole et une très conséquente frange de
la classe laborieuse de cette communauté encore très
attachées aux combats des pères fondateurs du Labour
mauricien. Qui sait ? Peut-être que, si le Parti travailliste
de Sir Seewoosagur n'avait pas, lui-même, de manière
cynique, choisi d'envoyer à l'abattoir électoral
cette élite composée, entre autres, de Guy Forget,
Régis Chaperon, Michaël Leal, Willy Dupré,
Guy Balancy et Elièzer François lui-même au
lieu de les positionner judicieusement dans quelques circonscriptions
sûrs pour les travaillistes sûrs, au contraire de
ce que Gaëtan Duval avait fait avec Ramlagun, Fakira et Panchoo,
le malaise créole - du moins sous son aspect allégué
de sous-représentation politique - n'aurait pas eu de raison
d'être aujourd'hui. Et, pourtant, ce fut le Parti travailliste
même qui avait fait imposer un système électoral
de 20 circonscriptions à sièges multiples qui était
censé être destiné à neutraliser le
communanalisme. A la place de M. Elièzer François,
au lieu de reprocher à Gaëtan Duval d'avoir ouvert
les circonscriptions à prédominance population générale,
nous aurions plutôt réclamer au leader du Parti travailliste
d'émuler Gaëtan Duval en jetant tout son poids, par
exemple pour commercer, pour faire élire un candidat non-hindou
à Triolet- Pamplemousses. Et, avec ce qui parait être
les certitudes du moment nous ne sommes pas du tout certains que
l'électorat éclairé du no. 5 dirait non à
son bien-aimé Navin Ramgoolam... Notre option demeure,
certainement, que la noble démarche de Rézistans
ek Alternativ auprès des Nations unies aboutisse afin de
metre hors la loi les pratiques électorales communalistes
à Maurice. Mais, si jamais cette démarche échouait,
pourquoi ne pas exiger que les leaders politiques envoient un
signal fort à la population que n'importe quel citoyen
Mauricien peut être élu n'importe ou à Maurice
qu'importe sa religion ou son soi-disant appartenance ethnique
?
Ça va se savoir
Silence, on tourne
Ce n'est pas silence, on prie, mais silence, on tourne. Et on ne
finira probablement jamais de s'étonner des méthodes
utilisées par l'Église chrétienne et ses
organisations satellites. La dernière illustration de cette
propension à avoir un comportement bien singulier a été
notée à la rencontre avec la presse organisée
par les dirigeants de cette église vendredi dernier à
Port-Louis. Un cameraman, à sa solde ne s'est pas contenté
de filmer Micky Hardy et ses adeptes, mais aussi les journalistes
venus couvrir leur activité. À quel usage cet enregistrement
? Là est toute la question. C'est peut-être pour
voir si les membres de la presse présents ont le bon profil
pour adhérer à l'Église chrétienne.
De la CNT à la CWA
La valse des directeurs-nominés politiques d'un organisme
para étatique à un autre semble devenue une caractéristique
de la gestion de l'Alliance sociale. Après le débarquement,
sans raison officielle, de Robin Soonarane de la Wastewater Authority,
dont la gestion des contrats fut critiquée par le bailleur
de fonds européen et son atterrissage en quatrième
vitesse à la Corporation nationale de transport, un cadre
de la CNT qui jouit d'une protection politique en haut lieu annonce
à qui veut l'entendre que sa place de manager à
la CWA est déjà réservée. Et dire
qu'après avoir placé agents et colleurs d'affiches,
avec ou sans qualification, ici et là, le gouvernement
procédera à la promulgation du Equal Opportunity
Act à la veille des élections, juste pour jeter
de la poudre aux yeux de la population.
Un dossier sur Raj Ringadoo
Il semble que les malheurs rencontrés par Raj Ringadoo
avec le personnel d'Air Mauritius par le candidat battu aux générales
de 2005 et écarté de la partielle du N°8 au
profit de Pravind Jugnauth ont inspiré certains de ses
détracteurs. Des employés de BDM veulent que l'on
s'intéresse au rôle qu'il a joué dans la réalisation
du projet de Hawkers Palace, devenu Garden Tower, qui a été
l'objet de vives critiques de la part du conseiller municipal
port-louisien travailliste, sous caution dans l'affaire Boskalis,
Bashir Nazeer, lundi dernier. Ceux de la State Investment Corporation
souhaitent, pour leur part, que soient éclaircis certains
aspects du dossier de RS Denim, usine montée par Ram Mardaymootoo,
de celui des Éditions de l'Océan Indien, de la Ring
Road qui favorise une compagnie en particulier, laquelle a pris
une sérieuse option pour l'achat du Domaine les Pailles
après les prochaines élections. La conclusion d'une
transaction dans ce sens avant cette échéance devant
confirmer les accusations de favoritisme qui pleuvent déjà
a donc été repoussée.