Faits et effets...
Avec ces gens-là
Ce n'est pas encore pour quoi. C'est juste avec. Avec qui faire
alliance pour s'assurer d'un ticket gagnant pour la Government
House. C'est là toute la question qui occupe les esprits
ces jours-ci au sein de nos principales formations politiques.
Il y a ceux qui hésitent, qui ont un sursaut, ceux que
les principes n'ont pas totalement abandonnés, puis ceux
qui sont intéressés ou encore ceux qui savent qu'ils
ne pourront rien contre l'argent et aussi, peut-être plus
nombreux que ce que l'on devine, ceux qui sont fatigués,
usés et qui veulent terminer leur carrière sur une
victoire coûte que coûte. À n'importe quel
prix.
Et vous savez quoi, on peut ne pas être d'accord avec eux,
avec leur calcul froid, leur opportunisme et leur cynisme mais,
avant de les condamner sans appel, il faut aussi se poser la question
de savoir si c'est bien de la faute de nos politiciens si l'on
est un pays où on sacralise de plus en plus l'insignifiant
au lieu de consacrer le méritant. Où on s'accommode
du faux au lieu de célébrer le vrai. Où on
accepte un état partial au lieu de faire valoir l'équité
pour tous.
Où le peuple, jadis vraiment admirable et qui pouvait choisir,
pour Pamplemousses-Triolet, un Dev Virahsawmy, sans moyen, sans
rien plutôt qu'un Dr Nundllall et son armada étatique,
s'est laissé, au fil des années, corrompre avec
les tempos, les manuels scolaires, les promesses d'emplois et
de patentes en tous genres ou tout simplement les roupies sonnantes
et trébuchantes. Si l'on n'y prend pas garde, on deviendra
vraiment une nation veule et de rodère boute, à
l'image même de ce que nous nous plaisons à dénoncer
durant les émissions radiophoniques où c'est le
peuple qui prend la parole.
Ce qui est le plus écurant, dans tout ce remue-ménage
autour des alliances à contracter, c'est que toutes les
dérives, tous les abus qui ont existé et qui semblent
atteindre leur apogée en ce moment sont comme occultés,
mis sous le boisseau pour satisfaire des ambitions et une soif
d'accéder ou de rester au pouvoir. C'est avec ces gens-là
que l'on pactise, que l'on veut s'acoquiner. Avec ceux qui, comme
le soulignait un confrère, utilise les deniers de l'état,
de ses nombreux contribuables de toutes les couleurs, y compris,
politiques pour punir ceux qui ne marchent pas au pas et qui ne
courbent pas l'échine et pour récompenser les suiveurs
et les couards.
Il y avait la politique discriminatoire vis-à-vis de certains
titres trop indépendants du pouvoir, elle s'est étendue,
s'est propagée ailleurs et, aujourd'hui, c'est l'ACIM qui
en fait les frais. À qui le tour, qui est le prochain ?
Cette question, on devrait sérieusement se la poser. L'argent
de la Sécurité sociale, ces fonds publics auxquels
nous contribuons tous, n'appartient pas personnellement à
Sheila Bappoo. Elle devrait s'en souvenir un peu plus souvent
au lieu d'aller faire du mauvais show à la télévision
et parler du salaire de Jayen Chellum. Il touche Rs 21 000. And
so what ? On peut citer des dizaines d'exemples d'agents politiques,
de parfaits incompétents avec ça, qui pompent de
grosses sommes de l'argent des contribuables sans rien faire de
constructif pour la société. Il faut rétablir
les subventions de l'ACIM parce que cette organisation a démontré
son utilité sociale.
S'arranger avec qui, avec ces gens-là, avec ce shérif
folklorique de Port-Louis, plus rouge que nature, qui a été
déposé un paquet de Kentucky près de la tente
où Jayen Chellum est en plein double jeûne pour le
Cavadee ? Avec ces conseillers municipaux qui polluent les villes
? Entre celles qui se déplacent avec Rs 200 000 de bribe
dans leur cabas et ceux qui concèdent que la politique
d'octroi de permis est entachée d'irrégularités
ou encore ceux qui prennent les réunions de conseils municipaux
pour un ring ou un tatami, le choix n'est pas vaste.
S'allier à qui, à ceux qui ont le temps de recevoir
des pauvres diables d'un comité régional alors que
d'autres se plaignent de ne pas obtenir audience dans le meilleur
délai ? Faire bande avec qui, avec celui qui en sus d'un
petit "boute" de job de conseiller du dernier ministre
venu, va jusqu'à choisir de faire campagne, non pas dans
une circonscription où il a posé mais dans une circonscription
où son ex-femme est candidate ? À ceux qui se sont
étonnés qu'un Sanjit Teelock, renvoyé sèchement
de la présidence de la State Informatics Ltd par Étienne
Sinatambou et qui croyaient avoir affaire à un gentleman
puisse agir ainsi, certains ont eu cette réponse implacable
: "Non, ce n'est qu'un travailliste !"
Et puis, qu'on se le dise, il y a des gens qui sont faits pour
s'entendre. Ceux qui croient qu'être "fils de"
leur confèrent plus de droits qu'à d'autres partagent
forcément la même conception de la justice et de
la méritocratie et n'ont que faire de la notion des chances
égales pour tous. Ceux qui prennent des libertés
avec la démocratie vont forcément bien avec ceux
qui ne supportent pas une voix différente. Ceux qui croient
que détenir le pouvoir, même si c'est pendant quelques
années, signifie avoir droit de vie et de mort sur les
autres ne peuvent qu'être d'accord avec ceux qui étouffent
toutes les voix contestataires.
Et lorsqu'on entend ce Maurice Allet, qui détient le triste
record de deux allées et venues au pouvoir dans un même
mandat, parler de bleu-blanc-rouge, hier, avec sir Anerood Jugnauth,
sir Seewoosagur Ramgoolam et sir Gaëtan Duval et, aujourd'hui,
avec Navin Ramgoolam, Pravind Jugnauth et Xavier Duval comme d'un
grand happening républicain ou qu'il désigne Éric
Guimbeau "comme le cousin de Paul Bérenger"
avec ce que cela suggère comme sous-entendu, on ne peut
que désespérer de la classe politique. Chacun choisit
ses cousins là où ils peuvent les trouver. Pour
certains, c'est chez les trafiquants ou les passeuses de Subutex,
pour d'autres, c'est chez l'Église chrétienne ou
plus terre à terre, dans les écuries d'Augias. C'est
à qui de voir
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o p i n i o n
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WEEK-END --- dimanche 31 janvier 2010
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