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Évasion fiscale internationale
Maurice est un paradis fiscal, selon la députée
européenne Eva Joly
L'île Maurice, un paradis fiscal pour des multinationales
et autres investisseurs douteux ? La suspicion - voire l'accusation
- n'est pas très nouvelle mais, force est de constater
qu'au lieu de s'atténuer, elle prend davantage d'ampleur
malgré toutes les mesures que les concepteurs du secteur
offshore mauricien ont toujours soutenu avoir prises pour prémunir
notre pays contre les évadeurs fiscaux internationaux.
Eva Joly exprime des doutes
Ce n'est pas la première
fois qu'elle associait le nom de Maurice aux paradis fiscaux mais,
dans l'édition du très sérieux magazine français
Le nouvel Observateur, Eva Joly, l'eurodéputée
d'Europe Écologie d'origine norvégienne, remet ça
en affirmant "qu'une firme multinationale qui exploite
du cuivre en Zambie est partie prenante d'un jeu de transfert
de prix immoral dont le mécanisme peut aussi être
considéré comme illégal lorsqu'il est manipulé."
Eva Joly préside à Bruxelles la commission du Développement
et elle s'est lancée dans une croisade contre les paradis
fiscaux depuis des années. À une question du Nouvel
Obs qui lui dit que "à écouter Nicolas
Sarkozy, le G 20 serait pratiquement arrivé à supprimer
les paradis fiscaux", Eva Joly réplique que
"c'est pour le moins inexact." "Notamment
parce que l'Organisation de coopération et de développement
économique (l'OCDE) ne retient pas, selon ses critères,
comme étant des paradis fiscaux l'île Maurice, les
îles Caïmans et... 70 autres territoires."
" Consultez Tax Justice Network !"
Selon la députée d'Europe Écologie, on trouverait
la "bonne liste" de ces paradis fiscaux sur le
site du Tax Justice Network de John Christensen (www.taxjustice.net).
Ce sont, dit-elle, "des territoires avec peu ou pas d'impôts
sur le capital et les bénéfices, des règles
de secret bancaire étendues, l'absence de registres de
société ou commerciaux, aucune obligation comptable,
d'audit ou de contrôle..." "On y verse une commission
à l'ouverture d'un compte puis quelques frais annuels,
et tout est fait pour protéger l'identité des propriétaires
de ces comptes. Ce qui attire évidemment l'argent secret,
l'argent du crime et de la drogue."
Sophie Fay et Dominique Nora, les interviewers du magazine, ayant
fait remarquer que les hommes politiques français parlent
beaucoup de l'évasion fiscale des particuliers, mais peu
de celles des entreprises, Eva Joly répond "qu'obtenir
de quelques pays la levée du secret bancaire sur les comptes
des particuliers ne suffit pas." Et d'expliquer que "les
conventions d'échange de données récemment
signées entre pays sont un petit progrès, à
condition qu'elles soient utiles." "Or, ces conventions
comptent souvent des clauses très limitatives. Et l'OCDE
se contente de la forme ; ce n'est pas parce que les îles
Caïmans signent une convention avec les Bermudes qu'elles
s'engagent à devenir transparentes ! De même, aucun
progrès n'a été fait sur l'opacité
des trusts et des fondations." Aucune de
ces initiatives n'est, en tout cas, de nature à réduire
de manière significative l'évasion fiscale des grandes
entreprises, qui est colossale.
Selon Eva Joly, un rapport a montré qu'aux États-Unis
un quart des plus grandes entreprises ont totalement échappé
à l'impôt entre 1998 et 2005
en ajoutant à
cela l'évasion fiscale des particuliers - $ 250 milliards
de manque à gagner par an au niveau mondial - on arrive
à environ $ 1 trillion de flux illicites annuels, selon
l'estimation du think tank américain Global Financial
Intergrity. Plus de la moitié de cette somme échappe
aux pays pauvres, soit dix fois plus que ce qu'ils reçoivent
en aide publique au développement.
Concrètement, comment ça marche ?
À cette question, Eva Joly soutient que les multinationales
utilisent notamment un jeu d'écritures retraçant
des échanges entre leurs filiales ; ces flux internes aux
grands groupes, ce qu'on appelle les "prix de transfert",
représenterait 60% du commerce mondial, selon l'estimation
de l'OCDE. "Prenons le cas d'une multinationale qui exploite
du cuivre en Zambie. Au lieu de commercialiser directement le
minerai à partir de ce pays, cette entreprise le cède
à un prix de transfert inférieur de 30% environ
au prix du marché mondial à une filiale commerciale
du même groupe basée, sur le papier, à l'île
Maurice. Or, Maurice, qui accorde des déductions forfaitaires
de 80% à qui la demande, est un paradis fiscal ne figurant
sur aucune liste officielle !"
Selon Eva Joly, "cette filiale mauricienne vend à
son tour le cuivre à son client final au prix du marché."
"Les bénéfices réalisés officiellement
à Maurice sont ensuite rapatriés, par exemple, dans
la holding du groupe aux Pays-Bas sous forme de dividendes
distribués aux actionnaires." Eva Joly dit "citer
les Pays-Bas à dessein." "Grâce à
leur régime favorable aux holdings, ils sont devenus le
deuxième investisseur direct au monde après les
États-Unis !"
Devoir de vérification
Pour la députée d'Europe Écologie, "ces
pratiques sont immorales puisqu'il s'agit d'une triple injustice
Nord-Sud, privé-public et multinationales-Petites et moyennes
entreprises (à titre indicatif, les multinationales en
France paient 23 fois moins que les PME, ce qui constitue une
distorsion de concurrence)." Mais, encore plus grave
selon Eva Joly, le mécanisme du "prix de transfert"
peut aussi être considéré comme illégal
lorsqu'il est manipulé. Ce prix est censé être
fixé de manière neutre, sans traitement préférentiel
entre filiales d'un même groupe.
Après les explications que les responsables de la régulation
financière mauricienne doivent fournir ces jours-ci à
l'Inde qui, elle aussi, pointe du doigt depuis longtemps vers
notre île, il semblerait qu'ils devront faire encore plus
pour démentir Eva Joly. On croit comprendre que personne
à Maurice ne souhaiterait polémiquer avec la redoutable
députée d'Europe Écologie mais, au moins
devraient-ils se soumettre au devoir de vérifier ces affirmations
au sujet de la firme zambienne qui fait le commerce de cuivre
et sa filiale locale
Aviation
Quatre nouvelles dessertes pour Emirates
Le secteur de l'aviation a repris du poil de la bête. C'est
du moins ce qu'on indique du côté d'Emirates Airlines
qui annonce l'introduction de plusieurs opérations pour
2010. Outre l'acquisition d'un nouvel appareil et le recrutement
du personnel naviguant, Emirates Airlines desservira à
compter du mois d'avril, quatre nouvelles destination. Il s'agit
en l'occurrence de Tokyo, Prague, Amsterdam et Madrid. Le premier
vol Tokyo est prévu le 1er avril.
L'annonce a été faite cette semaine par Oomar Ramtoola,
Country Manager d'Emirates Airlines à Maurice, au nouveau
siège de la compagnie, à Newton Tower. Après
l'impact de la crise économique, durement ressenti par
les opérateurs de ligne aérienne, une légère
reprise a été notée depuis fin décembre
dans le secteur rappelle Oomar Ramtoola. "Le trafic a
repris depuis décembre. A Emirates, nous avons eu un très
bon mois de janvier et nous pensons qu'il est temps de mettre
en uvre de nouvelles stratégies pour booster le secteur",
indique-t-il. D'où la décision de la compagnie aérienne
d'introduire de nouvelles destinations pour tous les voyageurs.
A compter du mois d'avril, la compagnie aérienne fera la
desserte Dubai-Tokyo, avec une fréquence de cinq vols par
semaine. Ces vols sont programmés les lundi, jeudi, vendredi,
samedis et dimanche. Tokyo devient ainsi la deuxième destination
au Japon après Osaka. Après Tokyo, Emirates Airlines
desservira Amsterdam, à partir du 1er mai 2010, avec un
vol quotidien. La compagnie aérienne desservira également
Prague avec un vol quotidien à partir du 1er juillet. Selon
Oomar Ramtoola la nouvelle desserte à Prague permettra
de booster le marché touristique, car plusieurs touristes
viennent de l'Espagne chaque année. "Nous remarquons
une demande grandissante en provenance d'Espagne. En introduisant
une nouvelle ligne vers cette destination, cela permettra de diversifier
le marché touristique et donnera la chance aux Mauriciens
d'aller vers de nouvelles destinations", explique le
Country Manager d'Emirates Airlines.
En vue d'établir des stratégies de promotions sur
cette desserte et les autres destinations émergentes, la
compagnie d'aviation a déjà entamé les pourparlers
avec la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), laisse-t-on
entendre. Oomar Ramtoola rappelle par ailleurs que les vols vers
Sydney et Jakarta ainsi que l'Inde ont été augmentés,
alors que les fréquences sur les Seychelles ont aussi connu
une hausse, passant de quatre à six vols. Toujours dans
le cadre d'une stratégie de renforcement sur le marché,
Emirates Airlines a fait l'acquisition d'un nouvel avion, l'A380,
la semaine dernière. Désormais, la flotte d'Emirates
s'élève à 8 appareils airbus. La compagnie
compte également agrandir son équipe du personnel
naviguant. Une session de recrutement de Mauriciens est prévue
le samedi 6 février à La Plantation Resort &
Spa, à Balaclava. Pour Oomar Ramtoola, "2009 a
été une année difficile. 2010 sera meilleure.
Pas aussi exceptionnelle que 2008, mais meilleure que 2009. C'est
pour cela que nous devons maximiser nos efforts pour que le secteur
de l'aviation et du tourisme continue de progresser".
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