C'est avec un Cassam Uteem en forme et assez provocant que
nous entamons la nouvelle année. L'ancien président
de la République fait un bilan de la situation sociale
en 2009 avant d'aborder le volet politique de 2010. Il relance
sa proposition d'une alliance PTr/MMM qui, selon son analyse,
serait une garantie pour la démocratie et l'avancement
du pays. Des propos qui vont susciter de mutiples réactions
dans tous les états-majors politiques du pays et parmi
nos lecteurs.
Peut-on dire que 2009 aura été une année
moins mauvaise que prévu?
-- Les avis, surtout ceux des économistes, sont partagés
sur la question. Certains affirment que la crise économique
a été jugulée, d'autres - une majorité
- avancent qu'il ne faudrait pas crier victoire trop tôt.
Les gouvernements ont investi massivement pour sauver les banques
et les grosses entreprises du système, ce qui fait qu'il
reste moins d'argent pour les pauvres. Ces fonds ont été
investis pas pour créer l'emploi mais pour le préserver,
comme le fameux stimulus package mauricien
qui, selon les petits entrepreneurs, a plus bénéficié
à certaines grosses entreprises en difficulté qu'à
l'ensemble du secteur.
-- Ils ont parfaitement raison de le dire. Dans une des lettres
restées sans réponse que j'avais envoyée
au ministre des Finances à travers le Secrétaire
financier
vous ne recevez toujours pas de réponse du ministère
des Finances?
-- Je ne reçois même pas un accusé de réception!
J'avais suggéré la création d'un package
de sauvetage pour les gens pauvres, qui continuent à s'appauvrir
et essayent tant bien que mal de survivre. Il y a plus de 100,000
familles mauriciennes qui vivent en dessous du minimum vital dont
le montant n'a jamais été défini.
En fin de compte, les mesures ont été surtout
prises pour sauver le système.
-- Protéger un système injuste: c'était le
but de la démarche. Il fallait sauver le système
pour permettre aux grands banquiers et chefs d'entreprises de
continuer à bien vivre. Car, même en temps de crise,
les patrons continuent à déguster du caviar tandis
que les pauvres n'ont plus les moyens de manger deux fois par
jour. Le monde continue à être à l'envers.
2009 aura été marquée à Maurice
par une augmentation inquiétante de différentes
formes de violence. A quoi faut-il attribuer cette montée
de la violence?
-- C'est la troisième fois en moins d'une année
que je demande la nomination urgente d'un comité interdisciplinaire
pour se pencher sur cette question. Quand une société
est gravement malade, comme c'est le cas de la nôtre, il
faut l'avis des spécialistes pour l'étudier et proposer
des solutions. Il n'y a pas que l'augmentation de la violence,
il y a également la nature de cette violence, de véritables
actes de sadisme. Il faut comprendre les raisons de ce comportement
social pour pouvoir proposer des remèdes. Je pense pour
ma part que notre système d'éducation - qui est
à la base de pas mal de nos problèmes - est à
revoir. Ce système exclut non seulement les 10,000 élèves
qui échouent au CPE tous les ans, mais également
les élèves de certaines communautés minoritaires
des collèges d'Etat
Je ne comprends pas ce que vous voulez dire
--
on m'a fait voir la liste des élèves admis
dans les collèges d'Etat. On peut y relever une autre forme
d'exclusion concernant les minorités de ce pays. Voilà
où conduit l'élitisme: à exclure les minorités
des collèges de la République! Ce n'est pas possible.
L'école n'a pas été créé pour
exclure, mais pour rassembler, pour former, pour faire des élèves
les citoyens de demain. Il faut leur apprendre le respect de l'autre,
le civisme, le sens du partage.
Vous pensez que ces valeurs ont encore un sens, une résonance
en 2010?
-- Si les enfants ne sont pas exposés à ces valeurs,
s'ils n'apprennent pas à acquérir le sens de la
discipline et du respect de l'autre, alors il ne reste plus qu'à
tirer l'échelle. On ne peut accepter cet état de
choses.
Est-ce qu'il n'y a pas une démission généralisée
du Mauricien face à ces problèmes?
-- Le Mauricien devient de plus en plus égoïste, adepte
du chacun pour soi. Cela marche aussi longtemps que ni lui, ni
un de ses proches n'est victime des maux sociaux dont nous parlons.
Mais il faut réaliser que personne n'est protégé,
personne n'est totalement à l'abri. Autrefois, ces maux
relevaient de la marge de la société mauricienne
; aujourd'hui, ils font partie du main stream, c'est la
norme.
J'ai été surpris en venant chez vous à
Beau-Bassin par le nombre de murs de maisons surmontés
de rouleaux de fils barbelés.
-- Je vais vous dire une bonne chose: les barbelés et les
gardes de sécurité ne suffisent plus à vous
protéger. En tant qu'ancien président de la République,
je dispose d'une équipe de la police pour assurer ma protection.
Malgré cela, des voleurs sont parvenus à entrer
dans ma cour et à voler. Tout cela découle de raisons
objectives: hier, c'était la drogue ; aujourd'hui, c'est
la drogue et le jeu avec la mentalité zougadère.
Hier, les délinquants volaient pour s'approvisionner en
drogues. Aujourd'hui, ils volent pour se droguer et pour jouer.
Les maisons de jeu et les jeux de hasard ont envahi notre vie
et sont devenus une véritable drogue.
Mais il paraît qu'une partie des recettes des taxes
sur le jeu va servir à aider les plus pauvres.
-- Oui, il paraît qu'on va se servir de l'argent du jeu
pour créer la solidarité! On va donc associer cette
valeur noble qu'est la solidarité à l'argent sale
du jeu. C'est comme ça qu'on va transmettre la valeur de
solidarité à nos enfants?! Est-ce que ces maisons
de jeu où l'on apprend à miser, à gratter
et où on développe la mentalité de zougadère
ont remplacé les écoles à Maurice?
Il n'y a eu rien de bon en 2009?
-- Il y a eu de bonnes choses qui ont surtout résulté
des efforts de tout un chacun. Mais je ne pense pas qu'il y a
eu de bonnes choses transcendantes en 2009.
Que pensez-vous de la saga des marchands ambulants qui a connu,
comme chaque année, son peak en novembre-décembre?
-- Comme dit mon fils, soit on donne un travail aux marchands
ambulants, soit on leur donne une place pour travailler. Aussi
longtemps que les normes ne seront pas établies et surtout
respectées, les marchands ambulants vont continuer dans
tout le pays. C'est un système d'économie parallèle
qui agit comme une soupape de sûreté pour le pays.
Mais il y a marchands ambulants et marchands ambulants. Il
y en a qui exercent ce métier pour vivre, il y a également
d'autres qui le pratiquent comme 2e métier et d'autres
encore qui pratiquent le commerce sur une grande échelle.
-- C'est vrai, mais il y a une grosse majorité dont c'est
l'unique moyen d'existence. Il faut encadrer, réglementer
cette profession qui existe depuis au moins 30 ans et qui, je
le souligne encore, fonctionne comme une économie parallèle.
Peut-on dire que 2009 aura été une année
marquante pour l'écologie à Maurice?
-- Aucune décision majeure n'a été prise
et le problème de la circulation routière pour entrer
et sortir de Port-Louis empire de jour en jour. Les autorités
ne semblent pas réaliser que ces files d'automobilistes
sont non seulement source de pollution mais également de
gaspillage de produits pétroliers. Cette situation ne correspond
pas au concept de Maurice île durable dont on nous rebat
les oreilles par ailleurs. Aucune décision n'a encore été
prise comme c'est le cas pour la production de l'énergie
électrique à partir de la bagasse. En attendant
que les partenaires se mettent d'accord, s'ils y parviennent un
jour, Maurice continue à importer des produits pétroliers.
Le Premier ministre annonce que nous allons produire 60% de nos
besoins énergétiques dans l'avenir. Au train où
vont les choses - et si les décisions ne sont pas prises
à temps -, nous n'y arriverons pas avant plusieurs dizaines
d'années.
Quelle est la chose que vous regrettez le plus en 2009?
-- Que, comme les années précédentes, un
certain nombre d'institutions n'aient pu fonctionner comme elles
auraient dû. Après l'éducation, un autre des
gros problèmes de ce pays est le dysfonctionnement de nos
institutions. Tous les partis politiques ont utilisé les
institutions de la République comme leur propriété
privée. La majeure partie des dirigeants de ces institutions
ont été nommés là comme récompense
pour services politiques rendus. Beaucoup de ces agents politiques
récompensés n'ont pas les capacités requises
pour faire fonctionner les institutions qu'ils dirigent. Il faut
que les politiciens prennent l'engagement que la direction des
institutions de l'Etat ne servira pas de récompense à
des agents politiques.
Vous connaissez un seul leader politique qui va prendre cet
engagement?
-- Il faut arriver à faire les dirigeants des principaux
partis politiques prendre un engagement clair sur cette question.
Le communalisme en 2009?
-- Je suis forcé de reconnaître qu'il continue à
grandir. Pour revenir sur les institutions, certaines sont réservées,
en vertu de je ne sais quelle loi non écrite, à
une communauté et pas aux autres. Et puis, il ne faut pas
oublier qu'un des critères pour le choix des candidats
pour les prochaines élections sera de nature communaliste.
La seule façon de combattre efficacement le communalisme
est que les leaders cassent la règle en cours au moment
de la nomination des candidats.
Pour être clairs, disons que Mohamed Uteem soit candidat
à Pamplemousses Triolet.
-- C'est un bon exemple. Mais il faut que tous les leaders politiques
prennent cet engagement et le respectent. Ce serait un pas fondamental
dans la lutte contre le communalisme, combat que tous les leaders
politiques disent mener. Le seul moyen de faire reculer le communalisme
est d'amender le système électoral.
Vous croyez que les leaders politiques vont prendre cet engagement
à la veille des prochaines élections générales,
Cassam Uteem?
-- Ils ont tous promis de le faire mais, à moins d'un revirement
spectaculiare de dernière minute, je ne vois pas les leaders
des partis politiques tenir cet engagement.
Dans son message à la nation vendredi soir, Navin Ramgoolam
a demandé qu'en cette année électorale, le
débat se fasse sur les idées plutôt que sur
les attaques personnelles. Est-ce que vous pensez que c'est possible?
-- C'est possible si les dirigeants politiques le font tous. Il
faudrait que Navin Ramgoolam lui-même dise à ses
lieutenants et à ses candidats qu'il ne veut pas que les
attaques personnelles soient utilisées contre leurs adversaires
et refuse que l'on joue sur le sentiment communal. S'il prend
cet engagement, le leader de l'opposition et ceux du MSM et du
PMSD seront obligés de suivre. C'est tout à fait
possible si chacun joue son rôle et assume ses responsabilités.
Cela dit, j'ajoute tout de suite qu'il y a une énorme différence
entre ce que l'on dit pendant la campagne électorale, dans
une réunion publique et une réunion privée,
pour ne pas dire secrète et de préférence
nocturne. C'est là que se fait le travail communal.
Passons à la 2e partie de cette interview. Il semblerait
que vous soyiez en train de revenir à la politique active
et au MMM, Cassam Uteem. On vous a vu aux différentes manifestations
des 40 ans du MMM et, la semaine dernière, à la
fête de fin d'année des militants avec un autre revenant,
Jean-Claude de L'Estrac.
-- Ce n'est pas la première fois que j'assiste à
la fête de fin d'année du MMM. 2009 est une année
importante pour le MMM, parti auquel j'ai longtemps appartenu
et quand ils m'ont invité pour les 40 ans, j'ai accepté
avec plaisir, comme mon camarade Jean-Claude de l'Estrac. Il ne
faudrait pas sauter sur les conclusions, mais je le répète:
il n'y a rien qui interdise à un ancien président
de la République de faire de la politique active.
Vous êtes conscient qu'en revenant dans l'arène
politique, vous allez faire voler en éclat votre image
d'homme d'Etat au-dessus de la mêlée?
-- Bien que ne l'ayant pas voulu, c'est vrai que je suis un peu
prisonnier de mon image de Président. Mais je ne m'en plains
pas.
Vous auriez mauvaise grâce à le faire. Mais est-ce
que cela vaut le coup de revenir à la politique active,
comme un simple candidat à la candidature?
-- Tout ce qui précède ayant été dit,
il est extrêmement difficile pour un ancien président
de la République de retourner à la politique active
Mais
--
mais un ancien président de la République
a droit à son opinion politique et a le droit de promouvoir
certaines idées. Et tant mieux ou tant pis si ces idées
rejoignent le parti X ou le parti Y.
Arrêtons de tourner autour du pot et posons directement
la question: est-ce que vous revenez à la politique active,
Cassam Uteem?
-- Je n'ai jamais dit que j'avais quitté la politique
Je trouve que vous êtes en train de retrouver bien rapidement
la langue de bois des politiciens! Serez-vous candidat aux élections
générales de 2010, Cassam Uteem?
-- Pour répondre oui à cette question, je pose trois
conditions, qui ne sont pas encore réunies. Si les choses
continuent à aller comme elles sont, il est peu probable
que je sois candidat.
Vous trouvez que les choses n'avancent pas assez vite au MMM?
-- Qui vous dit que je parle du MMM?
Bien que tout soit possible en politique, je serais surpris
que vous soyez candidat sous la bannière des travaillistes
ou du MSM.
-- Mon fils ayant choisi de faire de la politique au MMM, je ne
pense pas être capable d'aller faire de la politique active
dans un autre parti.
Deux Uteem en politique, c'est une dynastie qui est en train
de se constituer?
-- Les dynasties ont toujours existé dans la politique
mauricienne. Je ne suis pas étonné que les enfants
d'un politicien aient envie de faire de la politique.
Mais dans le cas qui nous occupe, c'est le père qui
revient joindre son fils en politique. Etes-vous toujours en faveur
d'une alliance PTr/MMM?
-- Je vous l'ai dit il a y a plus de six mois et j'ai toujours
ce point de vue: une alliance PT/MMM est souhaitable. Si nous
voulons réellement combattre le communalisme, c'est le
moment ou jamais avec un Navin Ramgoolam qui, d'après moi,
n'a aucun adversaire comme Premier ministre. Ramgoolam et Bérenger
n'ont que tout juste 60 ans
je souligne que c'est quand même curieux que dans
un pays où la grande majorité est âgée
de moins de 25 ans, on choisisse des dirigeants qui ont dépassé
la soixantaine
--
je pense que dans les circonstances économiques
que nous connaissons, cette alliance ne pourrait qu'être
dans l'intérêt du pays. Evidemment, le tout reposant
sur un programme gouvernemental précis qui sera soumis
à l'électorat.
Vous pensez que les militants vont refaire "l'erreur"
de 1995, c'est-à-dire une alliance dans le ventre de l'histoire
avec leur adversaire déclaré de1997?
-- Quelle est aujourd'hui la différence idéologique
entre le MMM, le PTr et même le MSM? Pas grand-chose, à
mon avis. Il y a, sans doute, une petite différence dans
la manière de gérer le pouvoir, c'est tout. Le PTr
et le MMM peuvent se mettre d'accord sur une nouvelle manière
de diriger le pays. En prenant, par exemple, l'engagement de ne
pas nommer des agents politiques à la tête des institutions.
Que la MBC cesse d'être au service d'un parti et d'un gouvernement
pour servir la nation et le pays. Que le système d'éducation
soit revu et corrigé pour s'adapter aux besoins du pays
et aux capacités des élèves. Ce genre de
décisions, indispensables pour l'avancement du pays, ne
peut être pris que par un gouvernement fort.
Vous savez mieux que moi qu'un gouvernement fort est soumis
à la tentation de glisser vers la dictature.
-- Pas avec le MMM. Nous avons eu 3 fois 60 zéros sans
aucune tentation totalitaire
je vous avoue que je ne suis pas très rassuré
quand j'entends Navin Ramgoolam déclarer que le Mauricien
ne sait pas voter et regrette de ne pas avoir obtenu une majorité
de trois-quarts
--
je n'ai aucune crainte pour un nouveau 60 zéros
si le MMM fait partie du gouvernement. Preuve a été
faite en 3 occasions que le MMM est une garantie du respect de
la démocratie en cas de 60 zéros.
Donc, vous souhaitez une alliance PTr/MMM pour l'avancement
du pays, d'une part, et pour contenir les possibles tentations
totalitaires du PTr, de l'autre?
-- Disons pour empêcher les possibles dérives. Si
la capitaine est bon, cela n'est pas automatiquement le cas de
son état-major.
Vous pensez vraiment que Paul Bérenger pourrait retravailler
avec Navin Ramgoolam?
-- Je pense qu'ils ont suffisamment de choses en commun pour cela.
J'ai le sentiment que Navin Ramgoolam a un faible pour Paul Bérenger
et que c'est réciproque.
Mais Paul Bérenger n'arrête pas de dire que le
MMM va aller seul aux élections et d'annoncer que sa liste
de candidats est sur le point d'être complétée.
-- C'est sûrement le cas. Mais il n'est jamais trop tard
pour faire une alliance. Il y a eu des alliances faites à
la veille du Nomination Day alors que les deux partis avaient
tous les deux leurs listes complètes. Je suis résolument
pour une alliance PTR/MMM.
Vous avez fait part à Paul Béreger de votre analyse
et de vos conclusions?
-- Je lui en ai parlé. Aucun leader politique ne voudra
casser l'élan et la stratégie de son parti. Mais
s'il est réaliste, et je sais qu'il l'est, il doit se
rendre compte que
c'est la seule solution?
-- Je crains que si Bérenger est le challenger de Ramgoolam,
la situation dérape lors de la campagne électorale.
C'est aussi pour éviter cette possible situation et ses
conséquences pour le pays que je suis pour une alliance
PTr/MMM.
Pensez-vous qu'il y a une majorité au MMM pour soutenir
votre proposition?
-- Vous savez, les états-majors des partis politiques pensent
qu'ils doivent dire à leurs leaders ce que ces derniers
souhaitent entendre. Tel est le cas au PTr et au MMM où
beaucoup ont peur pour leur place et leur position et ont arrêté
de réfléchir. C'est un recul terrible sur le plan
politique que d'être obligé de ne pas être
logique et réaliste pour garder sa place et son rang. De
mon temps, le MMM n'était pas comme ça.
Peut-on dire que vous et Jean-Claude de L'Estrac êtes
en train de donner un dynamisme nouveau au MMM? Que l'on fait
appel aux militants historiques - j'ose même dire pré
historiques - pour sauver le parti du cur?
-- Je n'ai jamais dit ça. Je n'ai pas la prétention
d'influencer les décisions de Paul Bérenger. Mais
je crois que je peux lui dire certaines choses que d'autres n'osent
pas lui dire. J'ai démissionné du MMM il y a 15
ans mais c'est toujours le parti où j'ai passé le
plus de temps et vécu des moments extraordinaires et pour
le parti et pour le pays. C'est un parti avec des idéaux
que beaucoup de Mauriciens partagent. Ce serait une grande chose
que ce parti revienne à ses valeurs historiques - ou préhistoriques,
comme vous dites - qui sont toujours d'actualité.
On dirait que le terme préhistorique a fait mouche.
Pour terminer, quels sont vos souhaits pour 2010, Cassam Uteem?
-- Je rejoins le Premier ministre pour que les élections
provoquent un grand débat d'idées, que Maurice adopte
les moyens modernes pour la campagne. Que la MBC s'ouvre à
tous les partis politiques de manière équitable
pour que les Mauriciens puissent vraiment faire leur choix et
qu'il existe un level playing field entre tous les partis.
Je souhaite que Maurice connaisse une campagne électorale
civilisée où chacun combattra vigoureusement pour
ses idées mais en respectant celles de ses adversaires,
sa communauté, sa religion, son intégrité.