o p i n i o n WEEK-END --- dimanche 3 janvier 2010



  Faits et effets - Les ratés de la décennie
  Humeur - Le revers de la médaille
  Pris sur le vif - Le serpent
  carnet - Exceptionnelle et surprenante


Faits et effets...

Les ratés de la décennie
Josie Lebrasse


On craignait le bug informatique au passage à l'an 2000. Il ne s'est rien passé. Et dix ans se sont écoulés depuis qui ont confirmé la prépondérance des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans notre vie au quotidien. Est-ce pour autant que les grands chantiers ont progressé et que les grandes réformes ont été menées à bien? Non, loin s'en faut.

Si la décennie 2000-2010 n'a pas été une catastrophe pour le pays, elle n'en a pas moins enregistré de gros ratés. Lorsqu'elle arrive à la tête du pays en septembre 2000, l'alliance MSM/MMM affiche de grandes ambitions. Elle en a les moyens puisqu'elle dispose d'une majorité de trois quarts. Ce gouvernement MSM/MMM réussit son début de réforme de l'éducation, s'embarque dans un vaste programme de construction de collèges qui a permis de régler une fois pour toutes le problème d'accès au secondaire et crée les zones d'éducation prioritaire avec le noble dessein de rehausser la performance des régions défavorisées. Pour rester dans le social, il faut aussi souligner la construction de logements qui avait aidé à amortir une crise qui est repartie de plus belle.

Les ratés de cette période qui avait tout pour bousculer les vieilles habitudes se situent surtout au niveau de la modernisation de la vie politique. Il y a bien eu la création d'une Sex Discrimination Division à la Commission Nationale des Droits de l'Homme après le vote du Sex Discrimination Act, la dévolution des pouvoirs dans le cas de Rodrigues, l'avènement des radios privées et la préparation de l'arrivée des télévisions privées avec l'introduction du numérique terrestre que la MBC s'est empressée d'accaparer à l'arrivée aux affaires du gouvernement de l'alliance sociale en octobre 2005.

Mais le gouvernement qui avait brisé un tabou, celui d'installer un non-hindou à la tête du pays, s'est finalement montré par ailleurs bien timoré sur certaines questions. Celles dont on n'aurait pas dû continuer à débattre encore aujourd'hui. Nous avons nommé la réforme électorale, le financement des partis politiques, le fin du communalisme institutionnalisé et la place des femmes. Il y a bien eu, tôt durant cette mandature 2000-2005, la commission Sachs et deux comités d'élite pour en délibérer mais, malgré une majorité constitutionnelle, aucune avancée sur aucun de ces dossiers. Pour cause de divergence entre partenaires MMM et MSM. On en paie encore le prix aujourd'hui et on voit ce qu'il en coûte de repousser à demain ce que l'on peut faire aujourd'hui.

Quant à la période 2005-2010, on peut déjà dire que si, au plan économique, le gouvernement de l'alliance sociale peut revendiquer de s'être assez bien tiré d'affaires, on peut aussitôt ajouter que cela a eu un coût bien élevé pour la population. Le dernier rapport du Bureau central des statistiques dont a fait état Week-End la semaine dernière a démontré qu'il y a eu une très nette détérioration de la qualité de vie des Mauriciens depuis 2002.

Mais il n'y a pas eu que cette détérioration-là. Tout ou presque a dégringolé. S'il faut entrer dans le détail des frasques de nos administrations régionales et de nos institutions, cela prendrait bien des pages. Rien que sur la congestion routière, devenue vraiment intenable, et le projet de métro-léger qui était bien avancé sous l'ancien gouvernement et qui a été annulé au profit d'un improbable Bus Rapid Transit System qui ne convainc personne. C'est un des grand ratés du gouvernement de l'alliance sociale.

De cela, le Premier ministre n'a pas parlé dans son message de fin d'année. Il n'a pas dit, non plus, lui qui est censé présider un comité sur les maisons de jeu, s'il a décidé de mettre bon ordre dans un secteur qui a explosé sous son gouvernement. Il y a des années que son attention a été attirée sur le fléau que représente le Ti Vegas à Quatre-Bornes. Les voies de fait, les crimes, les rixes et la prostitution se sont démultipliés dans une ville jadis connue comme celle des fleurs et qui aujourd'hui est un lieu à haut risque. Ce qu'a fait le Pm le 1er janvier est un véritable exercice de tout à l'égo avec ses "je, me, moi". Si c'est vrai qu'il représente l'élément le plus vendable du gouvernement, il est aussi un fait que c'est Rama Sithanen qui, contre vents et marée, a été le chef d'orchestre de la symphonie des finances nationales avec parfois une véritable cacophonie.

On peut se projeter dans l'avenir mais c'est plutôt en faisant l'inventaire de ce qui n'a pas été réalisé et en dressant une liste de ce que l'on doit faire en toute urgence que l'on avance. Ceux qui nous proposeront des programmes en cette année électorale seraient bien avisés d'indiquer aux électeurs un calendrier précis pour la réalisation de chacune de leurs promesses. Ne pas donner le transport gratuit avant les municipales et introduire le NRPT et la taxe sur les épargnes après. Ne pas annoncer le 1er mai 2005 la suppression de l'impôt sur le revenu pour les salariés touchant Rs 25,000 par mois et ne pas y donner de suite alors qu'avec l'inflation, ce sont au moins les salariés touchant Rs 28,000 qui mériteraient d'être exonérés d'impôts.

Ce n'est qu'une question d'honnêteté et de respect du contrat passé avec la population. Elle aura à bien veiller au grain cette fois. Pour qu'en 2015 ou 2020,, nous n'en sommes pas encore à faire le compte de tout ce qui aura été annoncé en grande pompe et qui aura rejoint le tiroir des oubliettes.




Humeur

Le revers de la médaille
Jean-Claude Antoine


Le monde est vraiment mal fait: alors que Maurice était inondée cette semaine, à Rodrigues cela fait des mois que l'on attend un peu de pluie pour faire pousser le maïs et les haricots rouges. Un lecteur de Rodrigues m'a demandé ce qu'il fallait faire pour provoquer une inondation dans son pays. Il m'a appelé juste après avoir vu les reportages sur le mini déluge qui s'est abattu sur Maurice. A Rodrigues, ça fait plus de cinq mois que la pluie n'est pas tombée sur les régions côtières. Certains champs et certaines plages aux herbes brûlées ressemblent aux décors poussiéreux des Westerns made in Italy. On se demande comment les habitants de ces régions font pour survivre! Ceux qui habitent les hauts de Rodrigues ont un peu plus de chance. Ils ont droit de temps à autre à de "la poussière lapli", c'est-à-dire un nuage ultra mince de gouttelettes qui se pose sur la poussière des routes et la humecte avant d'être rapidement absorbé par la chaleur. C'est plus une impression de pluie qu'autre chose. Rodrigues est une leçon de géographie et d'histoire vivantes. C'est une leçon de ce qu'il ne faut pas faire. Son relief torturé et ses lits de ruisseaux asséchés expliquent comment la déforestation a mis fin aux conditions nécessaires pour attirer la pluie. Ils expliquent comment, faute d'arbres pour la retenir, la terre a dû céder à l'érosion vers la mer. C'est pour cet ensemble de raisons que ce peuple d'agriculteurs et de pêcheurs en est de plus en plus réduit à manger des légumes en conserves et de la viande frigorifiée. Si rien n'est fait pour contrer le mouvement, le Rodriguais pourrait, dans un avenir pas trop lointain, se retrouver en train de manger du poisson frigorifié. Peut-être ces poissons que l'on élève industriellement au Vietnam et en Indonésie et qui ont envahi les supermarchés du monde entier. Faire un pêcheur rodriguais manger du poisson d'élevage asiatique parce que son lagon a été pillé - récemment par les pilleurs de bambaras. Décidément, Maurice est peut être une île durable pour certains mais, pour d'autres, elle est terriblement injuste.

Donc, il a plu des cordes pendant toute la journée de mardi à Maurice et dans certaines régions, les fameux cent milimètres - la mesure archaïque qui permet à la météo d'affirmer que le débordement de rivières est possible - ont été dépassés. Il est tombé en une journée dans certaines régions autant de pluie que pendant plusieurs mois. Pendant toute cette journée de mardi, des milliers de mètres cubes d'eau se sont précicipités dans l'océan Indien, à la grande tristesse des Rodriguais. Mais le paradoxe de la pluie à Maurice fait que les précipitations qui tombent du ciel n'ont pas de répercussion directe sur les robinets qui tombent sous le contrôle de la CWA. Avant la pluie, la justification des coupures résidait dans le fait que la pression de l'air dans les tuyaux vides faisait sauter les valves et mettait à mal le système de distribution. Après la pluie, pour ne pas dire les innondations de mardi dernier, la CWA a trouvé une autre explication pour justifier l'absence du précieux liquide dans les robinets. Cette fois-ci, c'est le trop plein d'eau qui a abîmé les tuyaux, fait sauter les valves et interrompu la distribution. Par conséquent, quelle que soit la situation, la CWA a toujours une explication pour tirer son épingle du jeu et, surtout, ne pas assumer ses responsabilités. En attendant que les valves soient remplacées et les fuites réparées, les consommateurs sont obligés d'avoir recours aux citernes ambulantes. Techniquement, elles sont gratuites et offertes par la CWA pour pallier ses déficiences. Dans la réalité, il faut se livrer à un véritable parcours du combattant pour se faire inscrire sur la liste et se faire livrer. Même en payant, il faut connaître quelqu'un dans la place pour faire avancer les choses en lui donnant de quoi acheter un dithé. Ou, en cette période de fêtes, de quoi acheter le liquide nécessaire pour couper son eau. Il paraît que grâce à ces contacts, il est plus facile de faire remplir sa piscine que son petit réservoir d'eau. C'est comme ça que fonctionne notre île durable citée en exemple à la dernière conférence du Commonwealth! C'est ce qu'a affirmé, vendredi soir, le Premier ministre à la télévision. Dans le même souffle, il nous a annoncé la prochaine création d'un orchestre philarmonique. SAJ affirmait que "principes pas rempli ventre". Navin Ramgoolam va-t-il nous affirmer que la musique philarmonique est capable de faire oublier la misère? C'est, en tout cas, un des mots absents de son discours à la nation.

Peut-on encore parler d'île durable quand on voit dans les cités, où s'entassent les oubliés de la croissance, les queues que font les femmes et les enfants pour attendre les camions-citernes de la CWA? Mais ces images-là ne font pas partie des promotions et des films que l'on projette dans les foires et les conférences internationales où Maurice est présentée comme étant le plaisir. Les queues pour les camions-citernes, c'est le revers de la médaille de l'île durable. Le revers dont on ne parle pas, que l'on ne montre pas, que l'on ne regarde même pas. Il n'est pire aveugle que celui qui refuse de voir.




Pris sur le vif

Le serpent
Jean-Claude Antoine


- Tu as bien fêté l'année ?

-Tranquille toi. On a été à la maison même. Heureusement qu'on a arrêté avec ces fêtes d'autrefois là où chacun allait rendre visite à l'autre. Pendant une semaine tu ne faisais que boire et manger avec les mêmes gens.

-Les hommes étaient saouls du soir au matin et faisaient tout le temps leur insignifiants, tu te rappelles? C'était terrible. Comment on faisait, hein?

- Je ne sais pas, je te dis. Sans compter qu'après ça leur estomac était détraqué et ils avaient besoin de manger du riz bien cange avec un bouillon de brèdes et de boire de la tisane pour se refaire.

-Heureusement qu'on ne fait plus comme ça. D'ailleurs les estomacs d'aujourd'hui ne peuvent plus supporter ce traitement. Avant les hommes pouvaient boire des verres et des verres et des mélanges d'alcool en plus. Aujourd'hui, ils commencent à zézéyer et à faire leur insignifiant juste après avoir bu deux forts.

-Tant mieux, toi. Comme ça ils sont saouls plus vite et vont dormir en ronflant et bavent en nous fichant la paix. Je ne sais pas pour toi, mais c'est quand mon bonhomme est saoul qu'il a envie de faire un gâté.

-Tous les hommes sont pareils ma chère : c'est quand ils ne peuvent plus qu'ils ont envie.

-Enfin heureusement que ce 2009 est fini, j'espère que 2010 sera autrement. En tout cas moi j'ai profité de ces quelques jours de congé pour prendre des résolutions.

-Tu veux dire ces résolutions que l'on prend juste avant minuit avant le 31 décembre et qu'on a vite fait d'oublier le premier janvier ?

-Pas du tout, toi. J'ai bien réfléchi et j'ai décidé de changer ma manière de faire en 2010. Comme dirait Bye Anerood ça ne peut se continuer…

-…tu sais, on dit toujours ça au commencement de l'année…

-… en tout cas toi, je vois que tu vas être pareille comme toujours. Avant même que les gens ont fini de causer tu as déjà un commentaire à faire…

-… mon Dieu, mais on dirait que tu es sérieuse. Alors dis moi un peu les résolutions, les bonnes résolutions que tu as pris là.

-Je suis sérieuse, je te dis : Tu sais quand moi j'ai décidé une chose, je ne tire pas ça de ma tête. Je vais commencer par le travail. Je ne vais pas me casser en quatre pour faire tourner le travail tandis que les autres vont continuer à casser leurs pauses et c'est eux qui ont les promotions après. En 2010 je vais faire comme les autres et casser ma pause moi aussi.

- Ca qui s'appelle une mari résolution ça. Depuis longtemps je te dis de faire ça : tu as fini par comprendre. Vaut mieux tard que jamais. Et tu as pris des résolutions pour ta belle famille.

- Oui, toi. Là aussi je vais arrêter de me mêler et les laisser se débrouiller. Je ne vais rien entendre, rien voir, rien dire et m'occuper de ma maison et de mes enfants.

- Même si ta garce de belle sœur continue à causer sur toi.

- Je vais te dire : quoi que tu fasses tu ne pourras pas l'empêcher. Tu peux empêcher un serpent de mordre toi? Je ne vais rien entendre, rien dire mais si elle dépasse les limites elle va savoir avec moi. Mais je vais tout faire pour éviter, en tout cas. Tu sais ces bagarres de famille à la longue ça finit par fatiguer ton moral, ça te donne du stress, de l'acide urique, de la bile tout ça. Je ne vais pas me rendre malade à cause des nimportes, alors je vais éviter le plus possible les fouraillements et rester dans mon coin.

- Et pour ta belle mère comment tu vas faire?

-C'est décidé : on va l'envoyer en Australie pour au moins six mois. Il est temps que les autres membres de la famille s'occupent un peu d'elle. Moi je ne suis qu'une des belles filles après tout.

-Mais vrai même tu as pris des bonnes résolutions toi. Tu crois que tu vas pouvoir tenir?

- Mais normal toi.

- Tu vas vraiment changer alors? Je vais pouvoir te dire que ta coupe et ta couleur de cheveux sont un peu trop jeunes pour toi sans que tu jures ma maman ?

- Je vois que tu cherches à me provoquer là. Même si la coupe et la couleur ne me vont pas, moi j'aime. Après tout je ne suis pas cette quantité vieille là, tu sais. En tout cas, je ne le fais pas. Toi par contre, tu aurais intérêt à surveiller ta ligne…on dirait que ton linge est un serré sur toi…

-… on dirait qu'en ce qui concerne les causés foutants tu n'as pas pris de résolution...

- … ma chère qui rode trouve. C'est pas parce que j'ai décidé d'être meilleure que je vais accepter qu'on marche sur mes pieds. Ca y a pas de chemin, bonne femme. Je veux bien être gentille mais il ne faut pas roder avec moi.

- Et au niveau politique qu'est-ce que tu vas faire ?

- Comment ça qu'est-ce que je vais faire ?

- Ne me dis pas que tu vas regarder les informations de la MBC tous les soirs.

- De toutes les façons on ne regardait pas la MBC chez nous. Je vais regarder mais en coupant le son, comme ça je ne vais pas entendre leurs conneries.

- Mais si tu prends de bonnes résolutions il faut que tu admettes que Ramgoolam est un bon premier ministre et que Bérenger ne lui arrive pas à la cheville…pourquoi tu me regardes comme ça…

-…tu viens de me faire comprendre une affaire…

-…tu me fais peur un coup là… quelle affaire…

-… maintenant je comprends comment le serpent a tenté Eve en lui donnant la pomme…

-… hé toi là… qu'est-ce que tu es en train de radoter là... on dirait un sermon de l'église chrétienne... qu'est ce que c'est que cette histoire de Eve, du serpent et de la pomme là?

-Ca même tu es en train de faire avec moi, là. J'ai pris de bonnes résolutions et tu fais tout pour m'empêcher de les tenir… tu es comme le serpent du paradis perdu… mais je vais te dire une chose : avec moi tu n'as aucune chance. Je ne vais pas t'écouter…




Carnet

Exceptionnelle et surprenante
LA RÉDACTION


2009 a pris fin il y a à peine trois jours. L'occasion pour Week-End de dresser un bilan de ces douze derniers mois. Le moins que l'on puisse dire, c'est que 2009 a été une année très riche, voir exceptionnelle, notamment sur le plan purement sportif. Nous dirons même que l'année écoulée a été surprenante dans le sens où il y a des athlètes que l'on attendait pas qui ont brillé. Au total, les Mauriciens ont ramené 71 médailles au cours des différentes compétitions auxquelles ils ont pris part. Chapeau ! On ne manquera également pas de souligner l'engagement du ministère de la Jeunesse et des Sports dans l'organisation de quatre championnats d'Afrique en une année seulement. En effet, la Fédération mauricienne de Judo et des Disciplines Assimilées (FMJDA), l'Association mauricienne de Boxe (AMB), l'Association mauricienne d'Athlétisme (AMA) et la Fédération mauricienne de Natation (FMN) ont toutes organisé ces championnats avec succès. Du jamais vu dans les annales du sport local !

Dans l'ensemble, 2009 a été une année exceptionelle dans le sens où ils sont plusieurs athlètes qui ont brillé au plus haut niveau. On pense d'abord à Fabrice Bauluck (54 kg) - sportif de l'année de Week-End - qui a ramené une belle médaille d'argent des championnats du monde seniors de kick-boxing en Autriche. Le double champion du monde junior (2004 et 2006) et médaillé de bronze aux championnats du monde seniors de 2007, a donc confirmé son énorme potentiel.

Le boxeur Richarno Colin (-64 kg) a, lui aussi, été brillant lors de l'année écoulée. Après être passé à côté lors des championnats d'Afrique organisés sur le sol mauricien - il n'avait décroché que la médaille de bronze - Richarno Colin est monté en puissance pour décrocher une belle médaille d'or aux Jeux de la Francophonie tenus en septembre-octobre, au Liban. C'était la deuxième médaille d'or en boxe obtenue à ces Jeux depuis celle obtenue par Giovanni Frontin, en 1997, à Madagascar.

En terme de surprise, on citera la très belle performance du jeune frère de Richarno Colin, en l'occurrence John. Alors que tout le monde avait les yeux rivés sur Bruno Julie et Richarno Colin aux championnats d'Afrique de juillet dernier, à Maurice, John Colin surprenait tout le monde en décrochant la médaille d'or dans la catégorie des moins de 57 kg. Surprenante également, la médaille d'or d'Eric Milazar au 400m lors des Jeux de la Francophonie, au Liban, et ce, malgré le fait qu'il était loin de son meilleur niveau. Celui qu'on avait oublié frappait fort après une longue traversée du désert.

Qui plus est, Eric Milazar remportait également la médaille d'argent au relais 4X100m et la médaille de bronze au relais 4X400m. On retiendra aussi les performances réalisées aux championnats d'Afrique d'athlétisme juniors organisés à Maurice, au cours desquels ils ont été nombreux les athlètes mauriciens à monter sur le podium. On pense ici à Jenna Rima, médaillée d'or en heptathlon ou encore à Stéphanie Guillaume, médaillée d'or au relais 4X100m, médaillée d'argent au relais 4X400m et médaillée de bronze au 100m et 200m.

Au niveau de la natation, nombreux sont ceux qui ont été surpris par les performances des locaux, lors des championnats d'Afrique juniors. Alors que personne ne faisait grand cas de cette équipe de jeunes, cette dernière a été surprenante en décrochant 11 médailles. Il faut aussi souligner la belle performance de James Agathe, médaillé de bronze pour sa première participation aux championnats du monde de kick-boxing, en Autriche. Il a, en effet, prouvé qu'il possédait un énorme potentiel et qu'il faudra compter avec lui lors des prochains championnats du monde.

D'autres athlètes sur lequels on avait misé gros n'ont pu " deliver the goods ". On pense ici au boxeur Bruno Julie (-54 kg). Impérial en 2008 avec à la clé la toute première médaille olympique mauricienne obtenue à Pékin, en Chine, il n'a pu revenir au summum de sa forme après avoir été miné par les blessures. Il n'empêche que Bruno Julie a quand même pu décrocher deux médailles d'argent, notamment aux championnats d'Afrique et aux Jeux de la Francophonie - blessé aux côtes en finale.

Le sprinter Stephan Buckland a également connu une année 2009 difficile lors de laquelle il a décroché deux médailles d'argent aux Jeux de la Francophonie. Le judoka Mcleon Paulin aurait pu faire mieux lors des championnats d'Afrique organisés à Maurice. Il a, toutefois, commis des erreurs qui lui ont coûté la médaille d'or. Ce qui est vraiment dommage d'autant qu'il avait amplement les moyens de monter sur la plus haute marche du podium.

Comme indiqué précédemment, le haut fait de l'année 2009 demeure sans conteste l'organisation de quatre championnats d'Afrique à Maurice. En judo et en boxe, ce sont les seniors qui ont été à l'œuvre, alors qu'en athlétisme et en natation, ce sont les juniors qui ont été appelés à défendre le quadricolore. Bravo donc aux athlètes qui ont brillé aux cours de cette année 2009, mais aussi aux dirigeants de ces fédérations sportives. Fidèles à leurs habitudes, ils ont été à la hauteur des espérances en proposant des championnats dignes de ce nom et de haut niveau. Qui plus est, au niveau de l'athlétisme, on citera l'exemple du COCAJ (comité d'organistaion des championnats d'Afrique juniors) qui s'est même permis de réaliser des profits d'un peu plus d'un million de roupies ! Une somme qui a été ensuite partagée entre les différentes instances de l'athlétisme mauricien.

Il faut aussi faire état du très bon travail accompli par l'Association mauricienne de Boxe (AMB). Grâce à son sérieux, sa régularité et sa constance, cette fédération a été en mesure de mettre ses boxeurs en pleine confiance. La suite, on la connaît, dans la mesure où ces derniers ont brillé dans des compétitions régionales, continentales et intercontinentales. Qui plus est, la solidarité entre les membres de l'AMB fait sa force. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard qu'elle a terminé, pour la troisième année de suite, en tête du Week-End Hit Parade des Fédérations.

Pour sa part, l'Association mauricienne d'Athlétisme (AMA), deuxième de notre hit parade, a été aussi exacte au rendez-vous. Fédération visionnaire comme l'AMB, elle a su se montrer régulière. Mais contrairement à l'AMB, la fédération d'athlétisme a péché au niveau des résultats chez les seniors. On soulignera aussi le bon travail effectué par la Fédération mauricienne de Kick-Boxing et des Disciplines associées, troisième de notre classement. Malgré un manque de moyens évident, cette fédération a trouvé manière de réaliser de très belles performances comme cette belle deuxième place de Fabrice Bauluck et la troisième place de James Agathe aux championnats du monde.

Et comment ne pas saluer l'engagement du ministère de la Jeunesse et des Sports, à travers le ministre Devanand Ritoo, dans les différentes réalisations 2009. Ancien sportif et toujours très concerné par la chose sportive, Devanand Ritoo a su apporter un nouveau souffle au sport mauricien. Il a répondu favorablement aux attentes des fédérations et ce, en dépit du fait que le monde traverse une crise financière. De plus, il a apporté son soutien à l'organisation de quatre championnats d'Afrique. Ce qui est tout à son honneur.

Au niveau des déceptions, on citera sans hésiter la Mauritius Football Association (MFA). 2009 aura même été marquée par le fameux match Egypte-Maurice au Caire. Un match au cours duquel le Club M avait dû évoluer avec les équipements d'un club égyptien dans la mesure où ses équipements avaient été égarés. Cet épisode avait même été qualifié de " honte nationale ". Qui plus est, valeur du jour, personne n'a été sanctionné dans cette affaire, alors que le ministre Devanand Ritoo avait clairement réclamé des sanctions. Comme quoi, à la MFA, on continue à patauger dans l'amateurisme et le changement tant souhaité n'est pas pour bientôt.

Pour conclure, la rédaction sportive de Week-End souhaite que 2010 soit encore plus riche en terme de performance, mais aussi que les fédérations performantes maintiennent la cadence. Quant à celles qui n'arrivent toujours pas à sortir la tête de l'eau, on espère qu'avec un peu plus de détermination et de sérieux, elles parviendront à être plus efficaces. Sur ce, la rédaction sportive de Week-End souhaite une bonne et heureuse année 2010 à tous ses lecteurs et les remercient pour leur fidélité sans faille.






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