f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 3 janvier 2010



  Justice - Accusé d'attentat à la pudeur, un assistant maître d'école est acquitté
  Un homme de 64 ans meurt après avoir heurté un pylône
  Force policière
  Justice - Condamné, Harish Boodhoo tire sur la magistrate Veerabadren
  A Choisy hier après-midi - Sauvetage in extremis d'un adolescent par la NCG .
  Son album critiqué dans la presse - Il débarque dans une rédaction accompagné de gros bras pour se venger


Justice


Accusé d'attentat à la pudeur, un assistant maître d'école est acquitté

Une écolière n'avait que 12 ans quand, en 2007, elle avait accusé son assistant maître d'école d'avoir attenté à sa pudeur. Malgré les détails scabreux qu'elle avait donné à la police, celle-ci n'a pu obtenir la condamnation de Dharamraj Rutnah, l'accusé. Ce dernier, défendu par Me. Yousouf Mohamed, a donc été acquitté par la Cour intermédiaire, mercredi dernier. Dans ce procès, la Cour Intermédiaire soutient avoir relevé confusions, contradictions et, aussi, des faiblesses de preuves pourtant dites scientifiques.

Sur papier, a signalé d'entrée dans son jugement le magistrat suppléant A. Neerooa, le crime reproché à l'assistant maître d'école, peut paraître très immoral et impardonnable. Mais en ce qui a trait au droit et à la conviction de culpabilité, il fallait, selon lui, que le délit soit prouvé en conformité avec les normes requises en ce qu'il s'agit de l'admissibilité des preuves et de la crédibilité des témoins. Or, le magistrat a affirmé qu'il n'a pas été convaincu par les témoignages produits devant la cour.

Selon le magistrat, les preuves scientifiques soumises par la police n'ont été d'aucune aide pour la poursuite. Au contraire, ces preuves ont plutôt affaibli le cas de la petite plaignante plusieurs niveaux. A ce stade, le magistrat a fait état de certains détails que la décence empêchent de publier. Ensuite, il souligne que des examens médicaux auxquels la plaignante a été soumise près de sept heures après que le crime allégué eut été commis ainsi que des tests ADN n'ont pas été d'aucune valeur.

Témoins de la police confus

Selon le magistrat, les photos prises par le photographe de la police relatives aux circonstances du délit allégué et le plan du lieu même où ce délit se serait déroulé ont, également, été teintés de confusions et de contradictions. D'après l'acte d'accusation formulé par le ministère public, le délit avait été perpétré dans les toilettes réservées au personnel masculin de l'école. Le dessinateur de la Police, le constable Appadoo, a déclaré qu'on ne lui avait pas désigné ces toilettes. Ce qui a permis, selon le magistrat, de déduire raisonnablement que ledit plan faisait référence aux toilettes des élèves des deux sexes. Pour sa part, l'officier-enquêteur de la Police, l'inspecteur Sewoodin, celui-là même qui avait dirigé les opérations de prise de mesures, de notes et aussi le travail du photographe, il a été incapable de dire si l'institution scolaire avait des toilettes séparées pour les membres de personnel masculin et féminin. L'inspecteur a semblé faire mention des toilettes des élèves des deux sexes. Toutefois, soumis au contre-interrogatoire, il expliqua que l'offense avait été commise dans les toilettes du personnel de l'école. Le magistrat a trouvé plutôt embarrassant d'avoir à choisir qui croire entre la version de l'officier enquêteur et celle du dessinateur.

Instruction des parents

Le témoignage de la victime a également suscité des doutes chez le magistrat. Au stade initial de son interrogatoire, sa version était fiable, a observé le magistrat. "She vividly described the alleged incident during examination in chief so that her version seemed to be reliable at that stage." Toutefois, au stade de contre-interrogatoire, plusieurs faits furent mis en lumière qui affectèrent sa crédibilité. De plus, parmi ces faits, on note une tentative du père de la présumée victime et d'un dénommé Deven Bundhoo d'obtenir la mutation de l'accusé après voir circulé une pétition contre lui en 2005. La fillette devrait aussi révéler que ni elle, ni son père n'appréciait l'accusé. Elle expliqua que ses parents lui avait indiqué comment relater l'incident à la police. Elle resta muette lorsque, en plusieurs occasions, des questions qui pouvaient éclaircir l'affaire lui furent posées. Toujours selon le magistrat, la victime alléguée ne put également expliquer pourquoi elle avait accompagné l'assistant maître d'école jusqu'à dans les toilettes des hommes quand il était clair qu'elle ne l'aimait pas.

Pour le magistrat, pour toutes les raisons énumérées ci-dessus, il fallait traiter le témoignage de la plaignante avec prudence et il fallait aussi les corroborer. Cependant, aucun témoignage n'est venu le soutenir. Bien au contraire, la prof de la section préprimaire de l'école, Mme. Appadoo, a torpillé sa propre version des faits à elle et sa propre crédibilité en venant admettre, sous serment, qu'elle n'avait pas dit toute la vérité à la police. Selon la Cour, Mme. Appadoo et la plaignante se sont contredites sur un fait essentiel : la prof du préprimaire a allégué que l'accusé a tiré la fillette de force alors qu'elle l'interrogeait, mais la fillette elle-même a déclaré que, au moment où Mme Appadoo l'interrogeait sur l'incident, l'accusé n'était, lui, pas présent.

Selon le magistrat, l'état dans lequel la fillette se trouvait après l'incident allégué permettrait aussi de faire "une autre observation pertinente" :

"C'est vrai que chaque victime d'une agression sexuelle réagit selon sa façon particulière, mais la véracité de la complainte sera toujours flagrante. La plaignante avait l'occasion de rapporter l'incident au maître d'école, mais elle ne le fit pas. Lorsqu'elle fut questionnée par la prof du préprimaire, elle ne fit rien non plus. Au contraire, elle s'en alla participer à une répétition de danse et de musique et, selon ses propres mots, elle y participa joyeusement et elle était toujours heureuse après la classe". Selon le magistrat, "il serait illogique pour la Cour de croire qu'une victime d'un délit sexuel puisse être d'une humeur joyeuse quelques minutes après avoir subi une telle offense".

Sur ce, le magistrat a rayé le procès contre l'accusé.



Un homme de 64 ans meurt après avoir heurté un pylône

Les routes ont fait leur première victime en cette nouvelle année hier matin. Un habitant de Pailles, Cassam Bhooraj (64 ans), est mort sur le coup après que sa fourgonnette a heurté un pylône à la hauteur de Nouvelle-France.

Selon les indications recueillies par Week-End de source policière, l'accident est survenu aux alentours de 10h15 hier matin. Le sexagénaire, qui conduisait une fourgonnette le long de la New Airport Road, devait percuter un pylône. Il est décédé sur le coup. Le véhicule se dirigeait alors vers La Vigie lorsque l'accident s'est produit. L'autopsie qu'a pratiquée le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer (PPMO) a attribué le décès à des "multiple injuries".

Même s'il est trop tôt pour parler d'un bilan policier en ce qu'il s'agit des fêtes de fin d'année, la satisfaction est quand même de mise du côté de la Traffic Branch, tant au niveau des accidents recensés que celui de la présence policière sur nos routes.

A noter que les patrouilles et barrages policiers seront maintenus durant cette période festive. Les consignes policières restent les mêmes : le respect du Code de la route ; à éviter les abus d'alcool avant de prendre le volant, ainsi que l'utilisation du téléphone cellulaire durant la conduite.



Force policière

Les premiers jours de l'an en faits divers

Outre un cas d'homicide survenu le 1er janvier et un accident fatal hier (voir textes plus loin), la police a passé des fêtes relativement calmes dans l'ensemble. Quelques incidents mineurs ont été à déplorer çà et là, tandis qu'une autre agression à l'arme blanche s'est produite à Quatre-Bornes le jour de la Saint-Sylvestre. Ci-dessous les cas recensés ces derniers jours à travers le pays.

Plaisance : un véhicule de la police endommagé

Des énergumènes ont, durant la soirée du Nouvel an, endommagé un véhicule appartenant au poste de police de Stanley. Selon les indications recueillies par Week-End, la police avait été mandée à l'avenue Angee, Plaisance, vu qu'un groupe de personnes avait obstrué la voie publique. Les personnes en question, une bonne vingtaine, devaient lapider le véhicule. La situation s'est calmée par la suite grâce à un renforcement de la présence policière sur place. A hier après-midi, aucun suspect n'avait encore été arrêté.

St-Sylvestre sanglant à Quatre-Bornes

Un Sans domicile fixe (SDF), Damraj Soonarchand, 41 ans, a été retrouvé dans une mare de sang à Orchard Centre, Quatre-Bornes, le 31 décembre. Selon la police, il a été agressé à l'arme blanche et portait des Stab wounds à l'abdomen. Il devait être transporté d'urgence à l'hôpital Victoria, Candos. Son état inspire toujours de très vives inquiétudes. La police a ouvert une enquête sur ce cas survenu la veille du meurtre de Louis Bernie Evariste. Cette double agression est loin de rassurer les quatrebornais (voir texte plus loin).

Rs 115 000 emportées le jour de l'An

Un habitant de Plaine-Magnien a été victime d'un cambriolage le jour de l'an. Rs 115 000 en espèces et en objets de valeur ont été emportées lors d'un vol par effraction. Les voleurs se sont introduits dans la maison de leur victime en forçant une fenêtre en aluminium. La police de Mahébourg enquête sur cette affaire.


Justice


Condamné, Harish Boodhoo tire sur la magistrate Veerabadren

Harish Boodhoo, condamné à 10,000 roupies d'amende mardi dernier par la Cour de 3e division de Port-Louis sous l'accusation de "n'avoir pas mis fin à un rassemblement public" après la grève de la faim des victimes de la vente des biens à la barre, se prépare à se battre sur deux fronts par rapport à cette condamnation, cette année. Contestant sa condamnation en appel, il s'attaque aussi à la magistrate Princilla Veerabadren.

Immédiatement après que la magistrate Princilla Veerabadren eut prononcé la décision de la Cour, Harish Boodhoo a donné avis d'appel contre la sentence en faisant remarquer que jamais de sa vie, il n'a payé une amende. Ensuite, vers 19h45 dans la soirée de mardi, il a consigné une déposition au poste de police de la rue Pope Hennessy contre la magistrate, l'accusant carrément d'avoir commis un "faux".

Harish Boodhoo fonde son accusation sur le fait que la magistrate Veerabadren n'a pas lu son jugement et s'est contentée de lui annoncer que "la Cour vous a trouvé coupable", avant de lui infliger l'amende. Or, en obtenant copie intégrale du jugement dans l'après-midi de mardi, Harish Boodhoo a constaté que la magistrate a fait une entrée de sa main dans le document dans lequel elle a affirmé que le jugement a été lu et enregistré (Judgement read and filed).

"Le jugement contient onze page, à aucun moment il ne m'a été lu lorsque j'étais dans le box des accusés. Cela, une dizaine de journalistes, des anciens diplomates, des avocats, des travailleurs sociaux et Salim Muthy, l'animateur du Mouvement des victimes de la Sale by Levy peuvent en témoigner", soutient Harish Boodhoo. Si, en tant que profane, dit-il, il avait été tenu au courant des raisons de sa condamnation, il aurait probablement adopté une autre posture.

D'après Harish Boodhoo, étant donné que la Cour de 3e division de Port-Louis est une "Court of record, les délibérations de cette Cour telles qu'elles se sont déroulées le mardi 29 décembre dernier n'ont pas été conformes avec le keeping of record ". Selon Harish Boodhoo, qui affirme avoir consulté un panel d'hommes de loi, "il est clair que la magistrate n'a pas dit la vérité et a commis un faux." Ayant appris que la magistrate sera bientôt mutée à Rodrigues, Boodhoo dit exiger que la loi soit appliquée immédiatement. "Je demande à la police de respecter mes droits constitutionnels et d'ouvrir une enquête immédiatement. En ne lisant pas le jugement et en faisant une fausse déclaration, la magistrate a causé préjudice à mon cas", soutient-il.

Le délit reproché à Harish Boodhoo remonte au 29 avril de l'année dernière. Avec 35 grévistes de la faim, ils s'étaient, dans un geste symbolique, allongés pacifiquement sur la chaussée devant la Cour suprême et avaient été arrêtés.

Nous n'avons pu obtenir le point de vue de la magistrate Veerabadren dans cette affaire.


A Choisy hier après-midi


Sauvetage in extremis d'un adolescent par la NCG

Les éléments de la National Coast Guard (NCG) de Trou-aux-Biches ont sauvé un adolescent de 12 ans de la noyade à Choisy hier après-midi. Autre incident à déplorer: une femme a, toujours hier, été sauvée de justesse de la noyade à Riambel par des membres du public. Du côté de la NCG, on souligne que les deux premiers jours de l'an ont été relativement calmes du côté de nos plages et qu'aucun décès dû à la noyade n'est à déplorer durant ces deux jours.

Il était aux alentours de 14h30 hier après-midi quand les éléments de la NCG ont été avertis à l'effet qu'un adolescent de 12 ans, habitant cité La Cure, se trouvait en difficulté dans le lagon. Ce dernier, qui y nageait, devait être effectivement repéré et secouru par les garde-côtes alors qu'il se trouvait à environ une dizaine de mètres de la plage. Il avait perdu pied et avait commencé à boire la tasse lorsque les membres de la NCG sont intervenus. Il a pu regagner son domicile par la suite et ses parents n'ont pas souhaité le faire examiner à l'hôpital.

Par ailleurs, hier toujours, une femme d'une trentaine d'années s'est retrouvée en difficulté en mer alors qu'elle nageait à Riambel. Elle devait être secourue par des membres du public. Selon certains renseignemnts disponibles, elle était entrée dans l'eau en état d'ébriété. Elle devait être admise par la suite à l'hôpital. Son état inspirerait des inquiétudes.

Selon la NCG, pour les deux premiers jours de la nouvelle année, aucun cas de mort par noyade n'est à déplorer. "La situation est sous contrôle et, fort heureusement, nous n'avons pas eu de mort par noyade à déplorer. La NCG continue d'assurer une surveillance continue des lagons. Il est également recommandé aux membres du public de respecter les précautions d'usage avant d'entrer dans l'eau, à savoir, de laisser digérer les aliments et de ne pas nager en état d'ivresse", fait-on ressortir.


Son album critiqué dans la presse


Il débarque dans une rédaction accompagné de gros bras pour se venger

Furieux parce que son album solo, sorti en fin d'année 2009, a essuyé des critiques qu'il juge sévères par la plume d'un rédacteur de notre confrère de Scope, Tony Farla, chanteur et animateur, a mobilisé une équipe composée d'une dizaine de personnes, jeudi dernier, pour s'en prendre au journaliste. Et c'est sans autorisation que le groupe mené par le chanteur s'est présenté dans les locaux mêmes de la rédaction pour faire justice! L'absence du journaliste n'a pas pour autant découragé le chanteur et son équipe. C'est au téléphone que ce dernier a été alors averti qu'il "n'écrirait plus bientôt!" Face aux menaces téléphoniques, le journaliste s'est rendu au poste de police de sa localité pour consigner une preventive measure. Très connu du public et amateur de black music locale, le chanteur, qui évolue au sein d'un trio, était, dit-il, "décidé à régler ce problème d'homme à homme", parce que l'article ne lui convenait pas. "C'est un article qui n'est pas en ma faveur!", dit-il.

Son album "reconnu et récompensé", précise-t-il, méritait d'être salué et non critiqué. Mettant du coup les paroles de son succès passé - Shalom (paix en hébreu) - aux oubliettes, le chanteur avait visiblement opté pour la hache de guerre et les poings (sans oublier les gros bras à qui il a fait appel) pour exprimer son mécontentement…



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 3 janvier 2010