Une écolière n'avait que 12 ans quand, en 2007,
elle avait accusé son assistant maître d'école
d'avoir attenté à sa pudeur. Malgré les détails
scabreux qu'elle avait donné à la police, celle-ci
n'a pu obtenir la condamnation de Dharamraj Rutnah, l'accusé.
Ce dernier, défendu par Me. Yousouf Mohamed, a donc été
acquitté par la Cour intermédiaire, mercredi dernier.
Dans ce procès, la Cour Intermédiaire soutient avoir
relevé confusions, contradictions et, aussi, des faiblesses
de preuves pourtant dites scientifiques.
Sur papier, a signalé d'entrée dans son jugement
le magistrat suppléant A. Neerooa, le crime reproché
à l'assistant maître d'école, peut paraître
très immoral et impardonnable. Mais en ce qui a trait au
droit et à la conviction de culpabilité, il fallait,
selon lui, que le délit soit prouvé en conformité
avec les normes requises en ce qu'il s'agit de l'admissibilité
des preuves et de la crédibilité des témoins.
Or, le magistrat a affirmé qu'il n'a pas été
convaincu par les témoignages produits devant la cour.
Selon le magistrat, les preuves scientifiques soumises par la
police n'ont été d'aucune aide pour la poursuite.
Au contraire, ces preuves ont plutôt affaibli le cas de
la petite plaignante plusieurs niveaux. A ce stade, le magistrat
a fait état de certains détails que la décence
empêchent de publier. Ensuite, il souligne que des examens
médicaux auxquels la plaignante a été soumise
près de sept heures après que le crime allégué
eut été commis ainsi que des tests ADN n'ont pas
été d'aucune valeur.
Témoins de la police confus
Selon le magistrat, les photos prises par le photographe de la
police relatives aux circonstances du délit allégué
et le plan du lieu même où ce délit se serait
déroulé ont, également, été
teintés de confusions et de contradictions. D'après
l'acte d'accusation formulé par le ministère public,
le délit avait été perpétré
dans les toilettes réservées au personnel masculin
de l'école. Le dessinateur de la Police, le constable Appadoo,
a déclaré qu'on ne lui avait pas désigné
ces toilettes. Ce qui a permis, selon le magistrat, de déduire
raisonnablement que ledit plan faisait référence
aux toilettes des élèves des deux sexes. Pour sa
part, l'officier-enquêteur de la Police, l'inspecteur Sewoodin,
celui-là même qui avait dirigé les opérations
de prise de mesures, de notes et aussi le travail du photographe,
il a été incapable de dire si l'institution scolaire
avait des toilettes séparées pour les membres de
personnel masculin et féminin. L'inspecteur a semblé
faire mention des toilettes des élèves des deux
sexes. Toutefois, soumis au contre-interrogatoire, il expliqua
que l'offense avait été commise dans les toilettes
du personnel de l'école. Le magistrat a trouvé plutôt
embarrassant d'avoir à choisir qui croire entre la version
de l'officier enquêteur et celle du dessinateur.
Instruction des parents
Le témoignage de la victime a également suscité
des doutes chez le magistrat. Au stade initial de son interrogatoire,
sa version était fiable, a observé le magistrat.
"She vividly described the alleged incident during examination
in chief so that her version seemed to be reliable at that stage."
Toutefois, au stade de contre-interrogatoire, plusieurs faits
furent mis en lumière qui affectèrent sa crédibilité.
De plus, parmi ces faits, on note une tentative du père
de la présumée victime et d'un dénommé
Deven Bundhoo d'obtenir la mutation de l'accusé après
voir circulé une pétition contre lui en 2005. La
fillette devrait aussi révéler que ni elle, ni son
père n'appréciait l'accusé. Elle expliqua
que ses parents lui avait indiqué comment relater l'incident
à la police. Elle resta muette lorsque, en plusieurs occasions,
des questions qui pouvaient éclaircir l'affaire lui furent
posées. Toujours selon le magistrat, la victime alléguée
ne put également expliquer pourquoi elle avait accompagné
l'assistant maître d'école jusqu'à dans les
toilettes des hommes quand il était clair qu'elle ne l'aimait
pas.
Pour le magistrat, pour toutes les raisons énumérées
ci-dessus, il fallait traiter le témoignage de la plaignante
avec prudence et il fallait aussi les corroborer. Cependant, aucun
témoignage n'est venu le soutenir. Bien au contraire, la
prof de la section préprimaire de l'école, Mme.
Appadoo, a torpillé sa propre version des faits à
elle et sa propre crédibilité en venant admettre,
sous serment, qu'elle n'avait pas dit toute la vérité
à la police. Selon la Cour, Mme. Appadoo et la plaignante
se sont contredites sur un fait essentiel : la prof du préprimaire
a allégué que l'accusé a tiré la fillette
de force alors qu'elle l'interrogeait, mais la fillette elle-même
a déclaré que, au moment où Mme Appadoo l'interrogeait
sur l'incident, l'accusé n'était, lui, pas présent.
Selon le magistrat, l'état dans lequel la fillette se trouvait
après l'incident allégué permettrait aussi
de faire "une autre observation pertinente" :
"C'est vrai que chaque victime d'une agression sexuelle
réagit selon sa façon particulière, mais
la véracité de la complainte sera toujours flagrante.
La plaignante avait l'occasion de rapporter l'incident au maître
d'école, mais elle ne le fit pas. Lorsqu'elle fut questionnée
par la prof du préprimaire, elle ne fit rien non plus.
Au contraire, elle s'en alla participer à une répétition
de danse et de musique et, selon ses propres mots, elle y participa
joyeusement et elle était toujours heureuse après
la classe". Selon le magistrat, "il serait illogique
pour la Cour de croire qu'une victime d'un délit sexuel
puisse être d'une humeur joyeuse quelques minutes après
avoir subi une telle offense".
Sur ce, le magistrat a rayé le procès contre l'accusé.
Un homme de 64 ans meurt après avoir heurté un
pylône
Les routes ont fait leur première victime en cette nouvelle
année hier matin. Un habitant de Pailles, Cassam Bhooraj
(64 ans), est mort sur le coup après que sa fourgonnette
a heurté un pylône à la hauteur de Nouvelle-France.
Selon les indications recueillies par Week-End de source policière,
l'accident est survenu aux alentours de 10h15 hier matin. Le sexagénaire,
qui conduisait une fourgonnette le long de la New Airport Road,
devait percuter un pylône. Il est décédé
sur le coup. Le véhicule se dirigeait alors vers La Vigie
lorsque l'accident s'est produit. L'autopsie qu'a pratiquée
le Dr Sudesh Kumar Gungadin, Principal Police Medical Officer
(PPMO) a attribué le décès à des "multiple
injuries".
Même s'il est trop tôt pour parler d'un bilan policier
en ce qu'il s'agit des fêtes de fin d'année, la satisfaction
est quand même de mise du côté de la Traffic
Branch, tant au niveau des accidents recensés que celui
de la présence policière sur nos routes.
A noter que les patrouilles et barrages policiers seront maintenus
durant cette période festive. Les consignes policières
restent les mêmes : le respect du Code de la route ; à
éviter les abus d'alcool avant de prendre le volant, ainsi
que l'utilisation du téléphone cellulaire durant
la conduite.
Force policière
Les premiers jours de l'an en faits divers
Outre un cas d'homicide survenu le 1er janvier et un accident
fatal hier (voir textes plus loin), la police a passé des
fêtes relativement calmes dans l'ensemble. Quelques incidents
mineurs ont été à déplorer çà
et là, tandis qu'une autre agression à l'arme blanche
s'est produite à Quatre-Bornes le jour de la Saint-Sylvestre.
Ci-dessous les cas recensés ces derniers jours à
travers le pays.
Plaisance : un véhicule de la police endommagé
Des énergumènes ont, durant la soirée du
Nouvel an, endommagé un véhicule appartenant au
poste de police de Stanley. Selon les indications recueillies
par Week-End, la police avait été mandée
à l'avenue Angee, Plaisance, vu qu'un groupe de personnes
avait obstrué la voie publique. Les personnes en question,
une bonne vingtaine, devaient lapider le véhicule. La situation
s'est calmée par la suite grâce à un renforcement
de la présence policière sur place. A hier après-midi,
aucun suspect n'avait encore été arrêté.
St-Sylvestre sanglant à Quatre-Bornes
Un Sans domicile fixe (SDF), Damraj Soonarchand, 41 ans, a été
retrouvé dans une mare de sang à Orchard Centre,
Quatre-Bornes, le 31 décembre. Selon la police, il a été
agressé à l'arme blanche et portait des Stab
wounds à l'abdomen. Il devait être transporté
d'urgence à l'hôpital Victoria, Candos. Son état
inspire toujours de très vives inquiétudes. La police
a ouvert une enquête sur ce cas survenu la veille du meurtre
de Louis Bernie Evariste. Cette double agression est loin de rassurer
les quatrebornais (voir texte plus loin).
Rs 115 000 emportées le jour de l'An
Un habitant de Plaine-Magnien a été victime d'un
cambriolage le jour de l'an. Rs 115 000 en espèces et en
objets de valeur ont été emportées lors d'un
vol par effraction. Les voleurs se sont introduits dans la maison
de leur victime en forçant une fenêtre en aluminium.
La police de Mahébourg enquête sur cette affaire.
Justice
Condamné, Harish Boodhoo tire sur la magistrate Veerabadren
Harish Boodhoo, condamné à 10,000 roupies d'amende
mardi dernier par la Cour de 3e division de Port-Louis sous l'accusation
de "n'avoir pas mis fin à un rassemblement public"
après la grève de la faim des victimes de la vente
des biens à la barre, se prépare à se battre
sur deux fronts par rapport à cette condamnation, cette
année. Contestant sa condamnation en appel, il s'attaque
aussi à la magistrate Princilla Veerabadren.
Immédiatement après que la magistrate Princilla
Veerabadren eut prononcé la décision de la Cour,
Harish Boodhoo a donné avis d'appel contre la sentence
en faisant remarquer que jamais de sa vie, il n'a payé
une amende. Ensuite, vers 19h45 dans la soirée de mardi,
il a consigné une déposition au poste de police
de la rue Pope Hennessy contre la magistrate, l'accusant carrément
d'avoir commis un "faux".
Harish Boodhoo fonde son accusation sur le fait que la magistrate
Veerabadren n'a pas lu son jugement et s'est contentée
de lui annoncer que "la Cour vous a trouvé coupable",
avant de lui infliger l'amende. Or, en obtenant copie intégrale
du jugement dans l'après-midi de mardi, Harish Boodhoo
a constaté que la magistrate a fait une entrée de
sa main dans le document dans lequel elle a affirmé que
le jugement a été lu et enregistré (Judgement
read and filed).
"Le jugement contient onze page, à aucun moment
il ne m'a été lu lorsque j'étais dans le
box des accusés. Cela, une dizaine de journalistes, des
anciens diplomates, des avocats, des travailleurs sociaux et Salim
Muthy, l'animateur du Mouvement des victimes de la Sale by Levy
peuvent en témoigner", soutient Harish Boodhoo.
Si, en tant que profane, dit-il, il avait été tenu
au courant des raisons de sa condamnation, il aurait probablement
adopté une autre posture.
D'après Harish Boodhoo, étant donné que la
Cour de 3e division de Port-Louis est une "Court of record,
les délibérations de cette Cour telles qu'elles
se sont déroulées le mardi 29 décembre dernier
n'ont pas été conformes avec le keeping of record
". Selon Harish Boodhoo, qui affirme avoir consulté
un panel d'hommes de loi, "il est clair que la magistrate
n'a pas dit la vérité et a commis un faux."
Ayant appris que la magistrate sera bientôt mutée
à Rodrigues, Boodhoo dit exiger que la loi soit appliquée
immédiatement. "Je demande à la police de
respecter mes droits constitutionnels et d'ouvrir une enquête
immédiatement. En ne lisant pas le jugement et en faisant
une fausse déclaration, la magistrate a causé préjudice
à mon cas", soutient-il.
Le délit reproché à Harish Boodhoo remonte
au 29 avril de l'année dernière. Avec 35 grévistes
de la faim, ils s'étaient, dans un geste symbolique, allongés
pacifiquement sur la chaussée devant la Cour suprême
et avaient été arrêtés.
Nous n'avons pu obtenir le point de vue de la magistrate Veerabadren
dans cette affaire.
A Choisy hier après-midi
Sauvetage in extremis d'un adolescent par la NCG
Les éléments de la National Coast Guard (NCG)
de Trou-aux-Biches ont sauvé un adolescent de 12 ans de
la noyade à Choisy hier après-midi. Autre incident
à déplorer: une femme a, toujours hier, été
sauvée de justesse de la noyade à Riambel par des
membres du public. Du côté de la NCG, on souligne
que les deux premiers jours de l'an ont été relativement
calmes du côté de nos plages et qu'aucun décès
dû à la noyade n'est à déplorer durant
ces deux jours.
Il était aux alentours de 14h30 hier après-midi
quand les éléments de la NCG ont été
avertis à l'effet qu'un adolescent de 12 ans, habitant
cité La Cure, se trouvait en difficulté dans le
lagon. Ce dernier, qui y nageait, devait être effectivement
repéré et secouru par les garde-côtes alors
qu'il se trouvait à environ une dizaine de mètres
de la plage. Il avait perdu pied et avait commencé à
boire la tasse lorsque les membres de la NCG sont intervenus.
Il a pu regagner son domicile par la suite et ses parents n'ont
pas souhaité le faire examiner à l'hôpital.
Par ailleurs, hier toujours, une femme d'une trentaine d'années
s'est retrouvée en difficulté en mer alors qu'elle
nageait à Riambel. Elle devait être secourue par
des membres du public. Selon certains renseignemnts disponibles,
elle était entrée dans l'eau en état d'ébriété.
Elle devait être admise par la suite à l'hôpital.
Son état inspirerait des inquiétudes.
Selon la NCG, pour les deux premiers jours de la nouvelle année,
aucun cas de mort par noyade n'est à déplorer. "La
situation est sous contrôle et, fort heureusement, nous
n'avons pas eu de mort par noyade à déplorer. La
NCG continue d'assurer une surveillance continue des lagons. Il
est également recommandé aux membres du public de
respecter les précautions d'usage avant d'entrer dans l'eau,
à savoir, de laisser digérer les aliments et de
ne pas nager en état d'ivresse", fait-on ressortir.
Son album critiqué dans la presse
Il débarque dans une rédaction accompagné
de gros bras pour se venger
Furieux parce que son album solo, sorti en fin d'année
2009, a essuyé des critiques qu'il juge sévères
par la plume d'un rédacteur de notre confrère de
Scope, Tony Farla, chanteur et animateur, a mobilisé
une équipe composée d'une dizaine de personnes,
jeudi dernier, pour s'en prendre au journaliste. Et c'est sans
autorisation que le groupe mené par le chanteur s'est présenté
dans les locaux mêmes de la rédaction pour faire
justice! L'absence du journaliste n'a pas pour autant découragé
le chanteur et son équipe. C'est au téléphone
que ce dernier a été alors averti qu'il "n'écrirait
plus bientôt!" Face aux menaces téléphoniques,
le journaliste s'est rendu au poste de police de sa localité
pour consigner une preventive measure. Très connu
du public et amateur de black music locale, le chanteur, qui évolue
au sein d'un trio, était, dit-il, "décidé
à régler ce problème d'homme à homme",
parce que l'article ne lui convenait pas. "C'est un article
qui n'est pas en ma faveur!", dit-il.
Son album "reconnu et récompensé",
précise-t-il, méritait d'être salué
et non critiqué. Mettant du coup les paroles de son succès
passé - Shalom (paix en hébreu) - aux oubliettes,
le chanteur avait visiblement opté pour la hache de guerre
et les poings (sans oublier les gros bras à qui il a fait
appel) pour exprimer son mécontentement