a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 3 janvier 2010



  Premier homicide de l'année - Bernie Evariste égorgé en tentant de secourir un ami
  Perspectives économiques - La construction, locomotive de l'économie cette année
  Souveraineté territoriale - Diego Garcia : irritation face à la sournoiserie de Londres
  Salaires des ministres - La GGSU crie à l'injustice!
  Exécution des travaux au nouveau terminal du SSR Airport - L'AML persiste et signe un contrat de Rs 10 Md avec une compagnie controversée


Premier homicide de l'année


Bernie Evariste égorgé en tentant de secourir un ami

Il n'est pas tout le temps judicieux de prêter main forte à un ami en détresse… Louis Bernie Evariste, un serveur de 27 ans habitant Trèfles, l'aura appris à ses dépens. La nouvelle année était à peine vieille de deux heures quand il devait être pris à partie et être mortellement agressé par un groupe de quatre personnes à Quatre-Bornes, juste devant l'hôtel Gold Crest. Pourtant, Bernie Evariste avait appelé ses proches un peu avant sa mort afin de leur souhaiter une bonne année. Son décès a été officiellement recensé comme le premier "Murder Case" de 2010. Dans le sillage de l'enquête policière menée par les éléments de la Central Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes, de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et du Central Criminal Investigation Department (CCID), cinq suspects, dont une femme, ont été appréhendés. Les suspects travaillent, pour la plupart, comme "Bouncers" au casino Ti-Vegas, route principale, Quatre-Bornes. Quant à la femme, âgée de 62 ans, elle est pour sa part accusée d'avoir entravé l'enquête policière en retenant des informations capitales. Quatre des cinq suspects ont pris part à une reconstitution des faits hier matin. Celle-ci s'est déroulée dans une ambiance tendue. Dans le milieu policier, l'on affiche la satisfaction d'avoir dénoué cette histoire, dans la mesure qu'elle était moins claire qu'elle en avait l'air.

L'histoire est complexe et mérite qu'on s'y attarde. Non seulement parce qu'il s'agit du premier cas d'homicide pour la nouvelle année, mais aussi compte tenu de cette violence gratuite qui n'a pas sa raison d'être. Tout commence aux petites heures du matin du 1er janvier. Alors que toute l'île Maurice est en liesse et célèbre allègrement le passage à la nouvelle année, un drame se joue devant l'hôtel Gold Crest. Jeetendra Bhojoo, plus connu sous le sobriquet de Jockey, est pris à partie par la sécurité de l'hôtel Gold Crest, qui venait de l'éconduire après l'avoir découvert caché sous le lit d'une cliente de l'hôtel. Cette cliente s'appelle Onilla Bevika Coothoopermall (62 ans). Celle-ci, qui habite en Angleterre, est actuellement en vacances à Maurice et avait prévu de regagner le pays hier soir. Elle a regagné l'hôtel en compagnie de Jockey, mais repéré par la sécurité de cet établissement. La chambre de la sexagénaire a été fouillée, et Jockey devait être retrouvé caché sous son lit. Comment Jockey était-il arrivé dans la chambre d'Onilla Bevika Coothoopermall ? Connu dans les milieux de la police, Jockey avait sorti le grand jeu auprès de la sexagénaire en lui faisant des avances. Il lui aurait aussi dit qu'il était pauvre et qu'il avait besoin de prendre un bain. Il aurait alors trouvé la sympathie de la sexagénaire, qui lui aurait alors proposé de venir avec elle dans sa chambre.

Après avoir été expulsé de l'hôtel, Jeetendra Bhojoo est pris à partie par la sécurité de cette institution. Il est alors peu avant 2h du matin. Le ton s'envenime rapidement. Jockey, se voyant en difficulté, décide d'appeler son ami Bernie Evariste à son secours. Ce dernier, selon ses proches, était alors à réveillonner chez des amis habitant Camp-Levieux. Bernie Evariste s'est présenté sur les lieux. Mais Jockey n'était pas le seul à avoir appelé du renfort. Un des préposés de la sécurité de l'hôtel en a fait de même. Ce renfort musclé a été trouvé auprès des "Bouncers" de Ti-Vegas. Ces derniers ont été rapidement mis au parfum quant à la présence de Jockey dans la chambre d'hôtel d'Onilla Bevika Coothoopermall. Ce qui était une violente prise de bec tourne alors au drame. Bernie Evariste devait recevoir plusieurs coups de couteau et s'effondrer sur l'asphalte. Transporté d'urgence à l'hôpital Victoria, à Candos, son décès devait y être constaté.

"Habitual Criminal"

Mandés sur les lieux du crime, les membres de la police régulière de Quatre-Bornes, ceux de la CID, les limiers du Scene of Crime Office (SoCO), et le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO) ont passé au crible les lieux du crime et ce pratiquement jusqu'aux aurores. Le CPMO, qui a pratiqué l'autopsie du défunt, a constaté que Bernie Evariste avait reçu quatre coups de couteau. L'un au ventre, deux autres à la nuque et un quatrième à l'estomac. Le coup fatal a traversé, selon les détails communiqués par le médecin-légiste aux enquêteurs, sous la clavicule gauche, sectionnant la carotide au passage pour aller jusqu'au cou. Selon certaines sources, le suspect Vivian Tan Man, "Bouncer" chez Ti-Vegas, et fiché à la police comme Habitual Criminal (HC), serait celui à avoir porté le cou fatal à Bernie Evariste. Qu'est-ce qui ont poussé les "Bouncers" à agir avec tant de violence envers leur victime ? A cette question, les enquêteurs estiment que les videurs connaissaient Onilla Bevika Coothoopermall et que ces derniers étaient "jaloux et énervés" du fait que Jockey ait pu obtenir le privilège d'accompagner cette dernière dans sa chambre, et encore plus par le fait que Bernie Evariste soit venu le secourir.

Dans le sillage de l'enquête policière, Vivian Tan Man, de même que ses collègues Sailendrasing Jussun, Vimalen Chellayee alias Vinesen, et Jessen Bhuntooa ont été appréhendés et écroués. La police devait prendre environ six heures à partir de l'heure du crime pour mettre la main au collet des agresseurs présumés de Bernie Evariste.

Autre personne arrêtée : Onilla Bevika Coothoopermall. Selon certaines sources policières, elle aurait omis de faire état de l'épisode relatif à la présence de Jockey sous son lit d'hôtel lors de son interrogatoire. Alors que les quatre suspects précités devraient comparaître en cour de district de Rose-Hill sous des inculpations provisoires de Murder d'ici peu, la sexagénaire risque fort de se retrouver inculpée d'une Provisional charge de Conspiracy to pervert the course of justice.

Hier matin, Vivian Tan Man, Sailendrasing Jussun, Vimalen Chellayee et Jessen Bhuntooa ont pris part à une reconstitution des faits devant l'hôtel Gold Crest à Quatre-Bornes. Prévu initialement pour 9 heures, cet exercice a commencé avec un léger retard eu égard aux dispositions policières qui avaient dû être prises afin de cordon off la foule autour des lieux du crime, dévier la circulation routière afin d'éviter le centreville en ce jour de foire maraîchère. Etaient présents sur place, le surintendant Heman Jangi, n° 1 du Central Criminal Investigation Department (CCID), le n°1 de la MCIT, Yousouf Soopun, accompagnés d'un important effectif de ces unités respectives, de la CID de Quatre-Bornes, de la police régulière, des membres de la Special Supporting Unit (SSU), et des Scene of Crime Officers (SoCO). Les accusés ont été transportés sur les lieux du crime en véhicule blindé et ont participé à la reconstitution des faits portant casques et gilets pare-balles.

"Kosyon"

Lors de cet exercice qui aura duré un peu plus de deux heures, outre les quatre accusés, quatre témoins du meurtre ont aussi été conduits sur les lieux du crime afin de fournir des indications précises aux enquêteurs. L'exercice de reconstitution des faits s'est déroulé sous haute tension, dans la mesure où des proches de Bernie Evariste, visiblement très remontés, s'en sont pris verbalement aux suspects, de même qu'au judiciaire. "Nu fine perdi Bern (NdlR : Bernie) pu tuzur ! La loi ki fer dan sa pei la ? Et sa zot pu rod kosyon ek zot pu gayn kosyon ! Akot la loi dan sa pays-là ?", lançait une tante, furieuse. Celle-ci devait poursuivre de plus belle : "Ou kroir ou kapav kumans l'annee kumsa ? Ou perdi enn zenfan, enn neveu. Guet zot figir bann assassins là. La aster kan tir zot foto, zot honter zot baisse zot latet ! Criminels ! Assassins !" Une autre, quant à elle, y est allée d'une tirade contre un journal pour avoir publié "enn pile foste" quant à ce qui s'est passé dans cette affaire.

"Kozer madame ! Kozer madame !", criaient, pour leur part, des badauds, qui s'étaient juchés sur la main courante aux abords du marché de Quatre-Bornes afin de mieux suivre l'exercice policier. Ceux-ci encourageaient les proches présents à dire le fond de leur pensée concernant la gratuité des actes de violence dans le pays. Et les proches de Bernie Evariste ne s'en épargnaient pas. A un moment donné, le surintendant Soopun et les éléments de la MCIT, CCID ont tenté de raisonner les femmes en colère, qui ne voulaient rien entendre. Des policières membres des équipes précitées, présentes sur place, devaient habilement parvenir à faire baisser la tension. Certains des badauds que Week-End a interrogés, des Quatrebornais, soulignent, quant à eux, que le centre ville est devenu un repaire de coupe-jarrets le soir. "Nepli ena sekirite dan nu laville. Asoir fer per pu vir par ici. La loi pa asse sever", martèlent-ils, tout en abreuvant d'insultes les suspects appréhendés et en faisant état de toutes sortes de sévices qui devraient être appliqués envers ceux trouvés coupables d'homicides.

Les funérailles de Bernie Evariste, qui habitait Trèfles, ont eu lieu hier en l'église de Sainte-Anne, Stanley, devant un grand concours de parents et d'amis. Il est également à noter que durant la matinée, le leader de l'opposition et député de la circonscription, Paul Bérenger, s'est rendu chez la famille endeuillée afin d'y présenter ses sympathies.



Le faux "hold-up" à Shibani fait tiquer la police

Alors que l'exercice de reconstitution des faits allait démarrer à Quatre-Bornes, une radio privée devait balancer une information qui a fait tiquer plus d'un, notamment au sein de la police. Selon cette radio privée, le bureau de change de Shibani, qui se trouve juste à côté de l'hôtel Gold Crest, a fait l'objet d'un braquage. Cela alors que le périmètre grouillait de policiers. Les responsables de Shibani eux-mêmes n'en revenaient pas, tandis que le policier qui y était de faction riait sous cape après avoir appris la nouvelle. Il en a été de même pour certains prenant part à la reconstitution, tandis que d'autres étaient loin de trouver l'information drôle. Un haut gradé de la police, qui n'était pas sur place, a même fait vérifier l'information en prenant contact avec ses collègues qui étaient alors à Quatre-Bornes. Cette "nouvelle" a aussi fait rire les membres du public qui assistaient à la reconstitution des faits.



Et la caméra de surveillance alors ?

Cette question était également sur les lèvres de plusieurs aux abords du Gold Crest hier matin. Qu'a donc bien pu enregistrer une caméra de surveillance qui se trouve aux alentours ? Cette question était, au demeurant, sans réponse à hier soir, d'autant plus que l'installation de caméras de surveillance à Quatre-Bornes avait été annoncée à cor et à cri. Et à un enquêteur de dire à ce propos : "Nous aimerions savoir ce que cette caméra a enregistré relativement au meurtre de Bernie Evariste. Cet enregistrement nous serait d'une aide capitale pour notre enquête." Affaire à suivre.


Perspectives économiques


La construction, locomotive de l'économie cette année

Les dernières prévisions économiques établies par le Bureau central des statistiques (BCS) prévoient que l'industrie de la construction sera la principale locomotive pour la nouvelle année alors que le tourisme amorcera une difficile remontée malgré un taux de croissance de 5% annoncé pour 2010. L'industrie du textile restera tributaire de la performance des principaux marchés d'exportation avec un retour à une croissance nominale après une contraction de 4% enregistrée en 2009 dans le sillage de la crise économique internationale. Les prévisions pour 2010 sont un taux de croissance de 4,3% contre 2,8% en 2009. Concernant le chômage, le nombre de sans-emploi a connu une progression pour aller au-delà des 40 000, soit un taux de 7,7% pour la fin de 2009. Le taux de croissance pour 2010 est estimé à 4,4% comparativement à 2,8% l'année dernière.

Les principales hypothèses retenues pour justifier une reprise de la croissance économique confirment un secteur de la construction robuste. En 2010, ce dernier devra connaître une croissance élevée de 8%, soit un peu moins de trois fois celle de l'année dernière. Ces prévisions découlent davantage du "Frontloading" des projets d'investissements dans le domaine de l'infrastructure, notamment au niveau du réseau routier, de la modernisation du Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport ou encore la construction de logements sociaux, d'hôpital ou d'écoles. L'on constatera qu'en 2009, les investissements dans le bâtiment avaient progressé de 3,6% contre 13,4% en 2008 ; dans les biens d'équipements, ils ont repris à 11,1% avec l'achat d'avion par Air Mauritius.

Cette situation est la conséquence logique des effets du dopage des investissements publics l'année dernière. Les dernières données qu'a publiées le Central Statistical Office confirment une progression de 45,8% dans le "Public Sector Investment" alors qu'en 2008, cet important paramètre économique avait subi une baisse de 18,1%.

D'autre part, en 2009, le "Private Sector Investment" a enregistré une baisse comparativement à 2008 où la croissance était de 9,7%. L'année dernière, les investissements dans le privé ont régressé de 2,1% compte tenu de la fin d'importants chantiers que ce soit dans l'immobilier ou dans la construction hôtelière. "The share of private sector investment decreased to 76,4% from 82,9% in 2008. That of the public sector increased to 23,6% from 17,1%. Exclusive of aircraft and marine vessel, the share of private sector investment in 2009 was 80,3%, slightly lower than the 2008 figure of 82,7%, and that of the public sector 19,7% compared to 17,3%," note le dernier rapport du BCS sur l'économie.

L'autre secteur qui retiendra l'attention en 2010 demeure le tourisme. Les indications pour les deux derniers mois de 2009 tendent à confirmer un retour vers la voie de la reprise. La satisfaction dans le tourisme est que 2009 a connu une "less severe contraction", soit de 6,4% au lieu des 8,8% prévus initialement. Ainsi, pour la nouvelle année, le tourisme devrait pouvoir renouer avec la croissance, soit un taux positif de 5% après un déclin de 6,4% en 2009.

Le nombre de touristes prévu pour 2010 devrait être de 900 000 contre 860 000 en 2009. Maurice compte tirer avantage de sa proximité géographique avec l'un des plus importants événements sportifs de la planète, soit la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud et une éventuelle reprise économique en Europe. Malgré tout, les 900 000 touristes sont encore loin des 930 456 visiteurs de 2008. Les recettes brutes générées par le tourisme l'année dernière sont de Rs 36,5 milliards contre Rs 41,2 Md en 2008, soit une baisse de 10,7%.

La reprise restera encore timide dans le secteur manufacturier avec une croissance de 1,7% en 2010 contre 0,6% l'année dernière. La filière du "Food Processing" demeurera à hauteur des 3% de l'année dernière à condition que les activités de "Fish Processing" se maintiennent.

Par contre, le secteur du textile et de la confection connaîtra une croissance nominale d'un point. Cette performance restera tributaire de l'évolution de la "Consumer Confidence" sur les principaux marchés d'exportation. La dernière croissance positive dans le textile remonte à 2008 avec un taux de 3,6% alors que l'année dernière, ce secteur aura connu une contraction d'un peu moins d'un point avec la récession affectant les principaux marchés en Europe.

La performance prévue dans les autres secteurs économiques est comme suit -

sucre : production de quelque 480 000 tonnes, soit une hausse de 1,1% contre 21,1% en 2009 suite à de précédentes mauvaises récoltes;

transport et communication: légère reprise en 2010 comparativement à 2009, soit 6% contre 5,3%, conséquence majeure de l'évolution dans l'"Air Transport and Tourism Related Activities":

"Business Activities" : un léger mieux de 8,5% cette année contre 8,1% l'année dernière en raison d'une intensification des opérations dans la technologie informatique et des communications et au sein du foncier ;

la "Financial Intermediation" : croissance de 6%, soit un point supérieur à l'année dernière avec la reprise annoncée sur le plan international.

Les effets de la crise économique ont également été ressentis au niveau des ménages avec une croissance réduite de la consommation. "Final consumption expenditure of households and government grew by 2,5% in 2009, lower than the 6% growth in 2008. The final consumption expenditure of households grew by 2,1% and that of general government by 4,9% compared to growths of 7% and 0,7% respectively in 2008", souligne la dernière analyse du BCS.



Marché du travail

Emplois : + 4 800

Chômage : + 3 500

Le taux de chômage pour 2009 est estimé à 7,7%, soit une progression de 0,5% par rapport à l'année dernière. Un résultat accueilli à l'Hôtel du gouvernement avec un p'tit air de satisfaction face à la grosse appréhension exprimée en cours d'année, à l'effet que le taux allait dépasser les 8%. C'est ce qui ressort du dernier rapport du Central Statistical Office.

Les principales caractéristiques du marché du travail à la fin de 2009 sont les suivantes:

une main-d'œuvre en progression pour atteindre 567 700, soit 8 300 de plus;

une augmentation de 4 800 d'emplois passant de 519 000 à la fin de 2008 à 523 800 un an après;

le nombre de demandeurs d'emplois en progression de 3 500 pour crever la barre des 40 000 et atteindre les 43 900, ainsi qu'un taux de chômage de 7,7% à fin 2009 contre 7,2% l'année précédente.

Le Bureau central des statistiques dresse également le profil du chômeur, soit

au moins deux sur trois étant des femmes;

deux sur cinq âgés de moins de 25 ans;

deux sur cinq étant célibataires;

un sur cinq n'ayant pas réussi aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) et un sur deux ne détenant pas de School Certificate;

trois sur quatre cherchant du travail pour au moins les douze derniers mois;

un sur trois en quête du travail pour la première fois;

un sur sept ayant des responsabilités de chefs de ménage ; et l'âge moyen du chômeur est de 29 ans contre 31 ans pour la femme.

Par ailleurs, les données statistiques officielles démontrent qu'un employé sur deux travaille plus de 40 heures par semaine. "The average number of hours worked per week, including overtime but excluding all leaves and lunch time, was 41,5 with men reporting having worked 43,9 hours on average and women 37,1 hours", avance le BCS.

D'autre part, le rapport met l'accent sur le caractère saisonnier du problème du chômage avec des pointes en début d'année compte tenu de la venue sur le marché du travail des "School Leavers". "It is usually higher in the first half of the year because of school leavers joining the labour market and lower in the second half with more casual jobs being available mainly in the trade sectors (street vendors, salespersons in shops, etc) at the end of the year", fait-on ressortir officiellement.


Souveraineté territoriale


Diego Garcia : irritation face à la sournoiserie de Londres

Depuis la dernière semaine de décembre, la tension est montée d'un cran entre Port-Louis et Londres au sujet du dossier de l'archipel des Chagos, plus particulièrement concernant le projet d'un "Marine Protection Area". Après les tractations anglo-mauriciennes en marge du récent sommet du Commonwealth à Tobago & Trinidad fin novembre dernier, l'impression générale était que le gouvernement britannique s'était laissé convaincre par l'argumentation qu'a élaborée la partie mauricienne pour un gel des consultations initiées sous l'égide du British Indian Ocean Territory à propos du projet de parc marin. Or, les dernières informations en possession du gouvernement tendent à confirmer que les "garanties" fournies par le Premier ministre britannique, Gordon Brown, à son homologue mauricien, Navin Ramgoolam, ne sont nullement respectées.

Devant ces nouveaux développements, des sources dignes de foi avancent que "le gouvernement cache difficilement son extrême irritation devant l'attitude sournoise des Britanniques". Dans cette même perspective, le ministère des Affaires étrangères s'apprête en ce début d'année à transmettre une Note verbale au Foreign and Commonwealth Office à Londres afin de consigner une protestation formelle par rapport au projet de "Marine Protection Area" dans l'archipel des Chagos. Les démarches diplomatiques en ce sens devraient aboutir sous peu, indique-t-on officiellement.

Le gouvernement compte également répondre à la campagne entamée dans la presse britannique poussant en faveur de ce projet de parc marin présenté comme "one of the world's largest Marine Protected Areas". Le Foreign Secretary britannique, David Milliband, qui pilote ce dossier, soutient que "this is a remarkable opportunity for Britain to create one of the world's largest marine protected areas, and to double the global coverage of the world's oceans that benefit from full protection. It also demonstrates this Government's commitment to protecting the global environment and halting biodiversity loss".

La principale objection de Maurice, dans le cadre de ces consultations, est qu'il ne peut être question que ce dossier soit placé sous la responsabilité du British Indian Ocean Territory (BIOT), instance, dont l'existence est dénoncée formellement par Port-Louis. Lors des discussions de Port-of-Spain à la fin de novembre dernier, Navin Ramgoolam s'était appesanti sur le fait que les consultations sur ce dossier lancées le 10 novembre dernier et qui dureront jusqu'au 10 février prochain soient tout simplement gelées dans sa forme actuelle.

Dressant le bilan de ces discussions bilatérales le chef du gouvernement avait indiqué être sous l'impression que le Premier ministre britannique avait compris la position qu'a adoptée Maurice au sujet de ces consultations. "La Note verbale qui sera adressée au Foreign Secretary britannique, lui rappellera l'engagement pris et les garanties données par Gordon Brown. Aujourd'hui, le Foreign and Commonwealth Office occulte tout simplement ces décisions", affirme-t-on du côté de l'Hôtel du gouvernement.

L'option retenue était que toute la question de "Marine Protected Area" dans l'archipel des Chagos ne sera entretenue que lors des discussions bilatérales, dont un troisième round est prévu à Londres pour le début de l'année, avec comme principale attribution la souveraineté de Maurice sur les Chagos. A ce stade, aucun détail n'était disponible quant à la date de ces nouvelles consultations sur les Chagos entre les membres des "Bilateral Negotiating Teams". L'une des tactiques utilisées par les Britanniques en vue de déstabiliser la position de Maurice consiste à placer des universités britanniques et des organisations non-gouvernementales (ONG) en première ligne pour faire avancer le dossier.

"Nous sommes conscients de l'utilisation de ces instances par Londres sur le dossier de Marine Protection Area. Le gouvernement veut créer une situation qui est à son avantage et dont l'agenda et les intentions sont clairs. Nous ne comptons pas rester les bras croisés", a déclaré à Week-End le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell. Ce dernier avait eu l'occasion de faire comprendre à son homologue britannique David Milliband, que Maurice ne cédera pas sur le dossier de la "Marine Protection Area" aux Chagos.

D'ailleurs, Londres n'hésite pas à se vanter du fait que "The idea of making the British Indian Ocean Territory a Marine Protection Area has the support of an impressive range of United Kingdom and international environmental organisations coming together under the auspices of the Chagos Environment Network (CEN) to help enhance environmental protection in the British Indian Ocean Territory (BIOT)."

D'autre part, le Website du Foreign and Commonwealth Office annonce le déplacement de facilitateurs britanniques sur le projet de création de parc marin aux Chagos en ce début d'année. "There will be meetings in Port Louis, Mauritius and Victoria, Seychelles between 21 January and 9 February (exact dates to be advised later). There will also be a meeting in the United Kingdom. These meetings will be organised by an independent facilitator who will record all the views expressed," note une communication officielle

de Londres. Mais à Port-Louis, on exprime des doutes quant à ces séances de travail à Maurice. "We want to use this consultation to help us assess whether a marine protected area is the right option for the future environmental protection of the British Indian Ocean Territory. The consultation asks for views on whether British Indian Ocean Territory should become a Marine Protection Area, the options around making British Indian Ocean Territory a partial or full 'no-take' fishing zone, and on what other measures should be taken to protect the environment in British Indian Ocean Territory. Responses to the consultation will form the basis of a report which will be written and presented to the Foreign Secretary who will then decide on the next steps," souligne le Foreign and Commonwealth Office.

En tout cas, en ce début d'année, le dossier des Chagos bénéficie d'une attention particulière et prioritaire pour écarter une nouvelle mainmise britannique au nom de la protection de l'environnement après la protection des intérêts vitaux de l'Occident, avec l'installation d'une base militaire à Diego Garcia.


Salaires des ministres


La GGSU crie à l'injustice!

Le rétablissement des salaires des ministres et du paiement des honoraires et autres "Entertainment Allowances" aux présidents et membres des boards des corps para-étatiques, annoncé en date du 28 décembre 2009, soulève un véritable tollé dans le milieu syndical en ce début d'année. En effet, le président de la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, a écrit officiellement au Premier ministre, Navin Ramgoolam, pour crier à l'injustice. Il souligne que parmi les mesures annoncées en juillet dernier pour combattre les effets de la crise économique, il n'y avait non seulement cette réduction de Rs 10 000 dans les salaires des ministres mais également un gel de la compensation salariale pour tous ceux touchant plus de Rs 12 000 par mois.

Ainsi, dans une lettre circulaire en date du 28 décembre dernier, les Supervising Officers des ministères et autres départements ont été informés qu'à compter du 1er janvier, la pratique de déduction de Rs 10 000 des salaires des ministres doit être discontinuée. En principe, lors de la présentation du Budget 2009, le VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, avait annoncé que cette déduction des salaires allait durer jusqu'à la fin de cette année, soit une période de 18 mois.

A cette même occasion, le gouvernement avait adopté une série de mesures d'économie par rapport aux honoraires des présidents et des membres des boards des corps para-étatiques pour la même période. La lettre circulaire du 28 décembre stipule que "likewise, the fees payable to all chairpersons and board/committee members of statutory bodies and state-owned companies and entertainment allowances where applicable, should be restored as from 1st January 2010".

D'autre part, le président de la GGSU proteste auprès du Premier ministre contre ce qu'il considère comme des mesures discriminatoires à l'encontre des salariés et réclame des mesures urgentes de la part du gouvernement en vue de remédier à cette situation. Dans une correspondance en date du 31 décembre dernier, cet important syndicat de la fonction publique fait ressortir avec force que cette réduction des salaires des ministres face à la crise n'était pas la seule mesure annoncée.

"Il ne faut pas oublier qu'avec le budget présenté en mai 2009 pour la période de juillet à décembre 2009, le gouvernement avait décrété un gel de la compensation salariale pour les employés avec des salaires supérieurs à Rs 12 000 par mois. Je trouve que la nouvelle situation est inacceptable car une catégorie de salariés continue à être pénalisée pour des effets de la crise économique, qui ne se sont pas matérialisés alors que les salaires des ministres ont été rétablis", a déclaré Rashid Imrith.

La GSSU avance que les salariés pénalisés se retrouvent avec un manque à gagner de Rs 200 sur leurs salaires à chaque fin de mois, de Rs 5 000 sur leur Lump Sum à leur retraite et Rs 100 par mois sur le paiement de leurs pensions. "This is an inequitable, discriminatory and unfair life-long penalty upon individuals who have not committed any offence. This goes against the rules of natural justice. And, an impartial Government believing in justice for all cannot tolerate such an injustice to perpetuate," soutient le président de ce syndicat.

M.Imrith en appelle au "sense of impartiality and justice" du Premier ministre afin d'adopter une décision politique pour le paiement d'une compensation additionnelle de Rs 200 par mois aux employés, avec des salaires de plus de Rs 12 000 avec effet à compter de janvier 2010. "Workers who were drawing a monthly salary of more than Rs 12,000 as at 30 June 2009 having retired from the service be granted a hypothetical salary increase of Rs. 200. as from July 2009; paid Rs 5 000 to readjust their lump sum; and paid an additional increase of Rs 100 in their pension as from January 2010," devait-il également conclure à ce même chapitre.


Exécution des travaux au nouveau terminal du SSR Airport


L'AML persiste et signe un contrat de Rs 10 Md avec une compagnie controversée

of Mauritius (AML) persiste et signe... C'est le cas de le dire suite à l'attribution du contrat pour l'exécution des travaux du nouveau terminal de Plaisance à la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), compagnie chinoise sanctionnée par la Banque mondiale en janvier 2009 pour s'être livrée à des pratiques de collusion dans un projet routier aux Philippines. La signature du contrat entre la CSCEC et Airport Terminal Operations Ltd (ATOL), société nouvellement créée et qui sera responsable de la mise en œuvre du projet, a eu lieu mercredi après-midi à l'Hôtel du gouvernement. La construction de ce nouveau terminal, estimée à Rs 10 milliards, sera réalisée à travers un prêt concessionnel du gouvernement chinois de Rs 9 milliards et le financement de l'Etat.

Malgré le passé controversé de la China State Construction Engineering Corporation (CSCEC), sanctionnée par la Banque mondiale le 9 janvier de l'année dernière, l'AML et Aéroports de Paris (ADP), société responsable de la conception et de la supervision des travaux, ont signé avec celle-ci le contrat pour l'exécution des travaux du projet 'Mauritius SSR International Airport Terminal Expansion Project - New Passenger Terminal'. AML et ADP se sont constitués en société privée en 2008, dont Airport Terminal Operations Ltd (ATOL), pour prendre en charge la conception, la construction et l'exploitation de la nouvelle aérogare. La CSCRC a ainsi été choisie parmi trois compagnies chinoises qui avaient été présélectionnées. Les deux autres qui étaient dans la course pour l'obtention de ce méga-contrat contrat sont CSCEC, Beijing Construction and Engineering Group (BCEG) et China International Water and Electric Corporation (CIWEC).

Or, depuis que ces trois compagnies avec été présélectionnées, China State Construction Engineering Corporation, le couperet était déjà tombé dans une affaire de collusion impliquant la China State Construction Engineering Corporation et six autres compagnies dans un important projet routier aux Philippines. C'est en effet le 9 janvier de l'année dernière que la Banque mondiale, à travers une enquête approfondie menée par son Service de la déontologie institutionnelle (SDI), avait établi que la compagnie chinoise s'était livrée à des pratiques de collusion dans ce projet.. Trois autres compagnies de la république populaire de Chine et trois des Philippines avaient été épinglées dans le cadre de cette affaire.

Ainsi, ces six compagnies, aussi bien que China State Construction Engineering Corporation, figurent sur la liste noire de la Banque mondiale. Ce qui signifie qu'elle sont exclues de toute participation dans tous les appels d'offres internationaux lancé pour des projets ou opérations bénéficiant du financement de la Banque mondiale. Ces exclusions, est-il souligné dans un communiqué dans la BM, font interdiction aux parties concernées de soumissionner pour des marchés futurs financés par l'institution, soit à titre permanent, soit pour la durée de la période indiquée."

Dans le même communiqué, il est souligné que les enquêtes menées par le SDI de la BM ont permis de mettre au jour des preuves indiquant qu'un important cartel composé d'entreprises locales et internationales soumissionnait pour des marchés dans le cadre de la première phase du Programme d'amélioration et de gestion des routes nationales aux Philippines. La CSCEC a ainsi été exclue pour une période de six ans. La durée de l'exclusion peut être réduite ou la mesure d'exclusion elle-même révoquée au bout de quatre ans si l'entreprise concernée met en place un programme de conformité jugé satisfaisant par la Banque.

Le nom de la CSCE apparaît d'ailleurs sur le site web de la BM. Mais cela n'a pas empêché ceux qui pilotent le projet de maintenir la candidature de China State Construction Engineering. Dans une déclaration au Mauricien du 31 décembre (jeudi dernier), le président de ATOL, Rajiv Servansingh, soutient pourtant que la compagnie chinoise constitue "the best choice, the one which offers us the greatest guarantee of achieving our immediate objectives of realizing our project in time and within budget." C'était lors de la signature d'un accord entre ATOL et CSCEC, qui était représentée par son vice-président, Wang Shaotong.

La CSCEC aurait toutefois soumis la meilleure offre pour la réalisation de ce projet totalisant les 300 US Dollars. Il est à noter que le processus d'appel d'offres pour le projet a été lancé en Juin 2009 et les travaux, selon le calendrier établi, devraient démarrer au début du mois de mars. "Nous veillerons à ce que le projet se termine dans le temps imparti (30 mois) et dans le cadre du budget alloué", devait-il ajouter dans les colonnes du quotidien.

La compagnie chinoise aura pour tâche de construire un nouveau terminal d'une superficie de 57 000 mètres carrés. Quelque 3 400 m2 de la nouvelle aérogare seront réservés à des activités commerciales, alors que les "lounges" occuperont environ 2 200 mètres carrés. Avec une capacité d'accueil de 4 millions de voyageurs par an, le nouveau terminal disposera de 52 comptoirs d'enregistrement.

ATOL, dont le mandat consiste à assurer le financement du projet et la gestion de la phase de construction, sera également chargé de l'exploitation du terminal sur une période de cinq ans.



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 3 janvier 2010