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Perspectives économiques
La construction, locomotive de l'économie cette année
Les dernières prévisions économiques établies
par le Bureau central des statistiques (BCS) prévoient
que l'industrie de la construction sera la principale locomotive
pour la nouvelle année alors que le tourisme amorcera une
difficile remontée malgré un taux de croissance
de 5% annoncé pour 2010. L'industrie du textile restera
tributaire de la performance des principaux marchés d'exportation
avec un retour à une croissance nominale après une
contraction de 4% enregistrée en 2009 dans le sillage de
la crise économique internationale. Les prévisions
pour 2010 sont un taux de croissance de 4,3% contre 2,8% en 2009.
Concernant le chômage, le nombre de sans-emploi a connu
une progression pour aller au-delà des 40 000, soit un
taux de 7,7% pour la fin de 2009. Le taux de croissance pour 2010
est estimé à 4,4% comparativement à 2,8%
l'année dernière.
Les principales hypothèses retenues pour justifier une
reprise de la croissance économique confirment un secteur
de la construction robuste. En 2010, ce dernier devra connaître
une croissance élevée de 8%, soit un peu moins de
trois fois celle de l'année dernière. Ces prévisions
découlent davantage du "Frontloading" des projets
d'investissements dans le domaine de l'infrastructure, notamment
au niveau du réseau routier, de la modernisation du Sir
Seewoosagur Ramgoolam International Airport ou encore la construction
de logements sociaux, d'hôpital ou d'écoles. L'on
constatera qu'en 2009, les investissements dans le bâtiment
avaient progressé de 3,6% contre 13,4% en 2008 ; dans les
biens d'équipements, ils ont repris à 11,1% avec
l'achat d'avion par Air Mauritius.
Cette situation est la conséquence logique des effets du
dopage des investissements publics l'année dernière.
Les dernières données qu'a publiées le Central
Statistical Office confirment une progression de 45,8% dans le
"Public Sector Investment" alors qu'en 2008, cet important
paramètre économique avait subi une baisse de 18,1%.
D'autre part, en 2009, le "Private Sector Investment"
a enregistré une baisse comparativement à 2008 où
la croissance était de 9,7%. L'année dernière,
les investissements dans le privé ont régressé
de 2,1% compte tenu de la fin d'importants chantiers que ce soit
dans l'immobilier ou dans la construction hôtelière.
"The share of private sector investment decreased to 76,4%
from 82,9% in 2008. That of the public sector increased to 23,6%
from 17,1%. Exclusive of aircraft and marine vessel, the share
of private sector investment in 2009 was 80,3%, slightly lower
than the 2008 figure of 82,7%, and that of the public sector 19,7%
compared to 17,3%," note le dernier rapport du BCS sur l'économie.
L'autre secteur qui retiendra l'attention en 2010 demeure le tourisme.
Les indications pour les deux derniers mois de 2009 tendent à
confirmer un retour vers la voie de la reprise. La satisfaction
dans le tourisme est que 2009 a connu une "less severe contraction",
soit de 6,4% au lieu des 8,8% prévus initialement. Ainsi,
pour la nouvelle année, le tourisme devrait pouvoir renouer
avec la croissance, soit un taux positif de 5% après un
déclin de 6,4% en 2009.
Le nombre de touristes prévu pour 2010 devrait être
de 900 000 contre 860 000 en 2009. Maurice compte tirer avantage
de sa proximité géographique avec l'un des plus
importants événements sportifs de la planète,
soit la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud et une éventuelle
reprise économique en Europe. Malgré tout, les 900
000 touristes sont encore loin des 930 456 visiteurs de 2008.
Les recettes brutes générées par le tourisme
l'année dernière sont de Rs 36,5 milliards contre
Rs 41,2 Md en 2008, soit une baisse de 10,7%.
La reprise restera encore timide dans le secteur manufacturier
avec une croissance de 1,7% en 2010 contre 0,6% l'année
dernière. La filière du "Food Processing"
demeurera à hauteur des 3% de l'année dernière
à condition que les activités de "Fish Processing"
se maintiennent.
Par contre, le secteur du textile et de la confection connaîtra
une croissance nominale d'un point. Cette performance restera
tributaire de l'évolution de la "Consumer Confidence"
sur les principaux marchés d'exportation. La dernière
croissance positive dans le textile remonte à 2008 avec
un taux de 3,6% alors que l'année dernière, ce secteur
aura connu une contraction d'un peu moins d'un point avec la récession
affectant les principaux marchés en Europe.
La performance prévue dans les autres secteurs économiques
est comme suit -
sucre : production de quelque 480 000 tonnes, soit une hausse
de 1,1% contre 21,1% en 2009 suite à de précédentes
mauvaises récoltes;
transport et communication: légère reprise en 2010
comparativement à 2009, soit 6% contre 5,3%, conséquence
majeure de l'évolution dans l'"Air Transport and Tourism
Related Activities":
"Business Activities" : un léger mieux de 8,5%
cette année contre 8,1% l'année dernière
en raison d'une intensification des opérations dans la
technologie informatique et des communications et au sein du foncier
;
la "Financial Intermediation" : croissance de 6%, soit
un point supérieur à l'année dernière
avec la reprise annoncée sur le plan international.
Les effets de la crise économique ont également
été ressentis au niveau des ménages avec
une croissance réduite de la consommation. "Final
consumption expenditure of households and government grew by 2,5%
in 2009, lower than the 6% growth in 2008. The final consumption
expenditure of households grew by 2,1% and that of general government
by 4,9% compared to growths of 7% and 0,7% respectively in 2008",
souligne la dernière analyse du BCS.
Marché du travail
Emplois : + 4 800
Chômage : + 3 500
Le taux de chômage pour 2009 est estimé à
7,7%, soit une progression de 0,5% par rapport à l'année
dernière. Un résultat accueilli à l'Hôtel
du gouvernement avec un p'tit air de satisfaction face à
la grosse appréhension exprimée en cours d'année,
à l'effet que le taux allait dépasser les 8%. C'est
ce qui ressort du dernier rapport du Central Statistical Office.
Les principales caractéristiques du marché du travail
à la fin de 2009 sont les suivantes:
une main-d'uvre en progression pour atteindre 567 700, soit
8 300 de plus;
une augmentation de 4 800 d'emplois passant de 519 000 à
la fin de 2008 à 523 800 un an après;
le nombre de demandeurs d'emplois en progression de 3 500 pour
crever la barre des 40 000 et atteindre les 43 900, ainsi qu'un
taux de chômage de 7,7% à fin 2009 contre 7,2% l'année
précédente.
Le Bureau central des statistiques dresse également le
profil du chômeur, soit
au moins deux sur trois étant des femmes;
deux sur cinq âgés de moins de 25 ans;
deux sur cinq étant célibataires;
un sur cinq n'ayant pas réussi aux examens du Certificate
of Primary Education (CPE) et un sur deux ne détenant pas
de School Certificate;
trois sur quatre cherchant du travail pour au moins les douze
derniers mois;
un sur trois en quête du travail pour la première
fois;
un sur sept ayant des responsabilités de chefs de ménage
; et l'âge moyen du chômeur est de 29 ans contre 31
ans pour la femme.
Par ailleurs, les données statistiques officielles démontrent
qu'un employé sur deux travaille plus de 40 heures par
semaine. "The average number of hours worked per week, including
overtime but excluding all leaves and lunch time, was 41,5 with
men reporting having worked 43,9 hours on average and women 37,1
hours", avance le BCS.
D'autre part, le rapport met l'accent sur le caractère
saisonnier du problème du chômage avec des pointes
en début d'année compte tenu de la venue sur le
marché du travail des "School Leavers". "It
is usually higher in the first half of the year because of school
leavers joining the labour market and lower in the second half
with more casual jobs being available mainly in the trade sectors
(street vendors, salespersons in shops, etc) at the end of the
year", fait-on ressortir officiellement.
Souveraineté territoriale
Diego Garcia : irritation face à la sournoiserie de
Londres
Depuis la dernière semaine de décembre, la tension
est montée d'un cran entre Port-Louis et Londres au sujet
du dossier de l'archipel des Chagos, plus particulièrement
concernant le projet d'un "Marine Protection Area".
Après les tractations anglo-mauriciennes en marge du récent
sommet du Commonwealth à Tobago & Trinidad fin novembre
dernier, l'impression générale était que
le gouvernement britannique s'était laissé convaincre
par l'argumentation qu'a élaborée la partie mauricienne
pour un gel des consultations initiées sous l'égide
du British Indian Ocean Territory à propos du projet de
parc marin. Or, les dernières informations en possession
du gouvernement tendent à confirmer que les "garanties"
fournies par le Premier ministre britannique, Gordon Brown, à
son homologue mauricien, Navin Ramgoolam, ne sont nullement respectées.
Devant ces nouveaux développements, des sources dignes
de foi avancent que "le gouvernement cache difficilement
son extrême irritation devant l'attitude sournoise des Britanniques".
Dans cette même perspective, le ministère des Affaires
étrangères s'apprête en ce début d'année
à transmettre une Note verbale au Foreign and Commonwealth
Office à Londres afin de consigner une protestation formelle
par rapport au projet de "Marine Protection Area" dans
l'archipel des Chagos. Les démarches diplomatiques en ce
sens devraient aboutir sous peu, indique-t-on officiellement.
Le gouvernement compte également répondre à
la campagne entamée dans la presse britannique poussant
en faveur de ce projet de parc marin présenté comme
"one of the world's largest Marine Protected Areas".
Le Foreign Secretary britannique, David Milliband, qui pilote
ce dossier, soutient que "this is a remarkable opportunity
for Britain to create one of the world's largest marine protected
areas, and to double the global coverage of the world's oceans
that benefit from full protection. It also demonstrates this Government's
commitment to protecting the global environment and halting biodiversity
loss".
La principale objection de Maurice, dans le cadre de ces consultations,
est qu'il ne peut être question que ce dossier soit placé
sous la responsabilité du British Indian Ocean Territory
(BIOT), instance, dont l'existence est dénoncée
formellement par Port-Louis. Lors des discussions de Port-of-Spain
à la fin de novembre dernier, Navin Ramgoolam s'était
appesanti sur le fait que les consultations sur ce dossier lancées
le 10 novembre dernier et qui dureront jusqu'au 10 février
prochain soient tout simplement gelées dans sa forme actuelle.
Dressant le bilan de ces discussions bilatérales le chef
du gouvernement avait indiqué être sous l'impression
que le Premier ministre britannique avait compris la position
qu'a adoptée Maurice au sujet de ces consultations. "La
Note verbale qui sera adressée au Foreign Secretary britannique,
lui rappellera l'engagement pris et les garanties données
par Gordon Brown. Aujourd'hui, le Foreign and Commonwealth Office
occulte tout simplement ces décisions", affirme-t-on
du côté de l'Hôtel du gouvernement.
L'option retenue était que toute la question de "Marine
Protected Area" dans l'archipel des Chagos ne sera entretenue
que lors des discussions bilatérales, dont un troisième
round est prévu à Londres pour le début de
l'année, avec comme principale attribution la souveraineté
de Maurice sur les Chagos. A ce stade, aucun détail n'était
disponible quant à la date de ces nouvelles consultations
sur les Chagos entre les membres des "Bilateral Negotiating
Teams". L'une des tactiques utilisées par les Britanniques
en vue de déstabiliser la position de Maurice consiste
à placer des universités britanniques et des organisations
non-gouvernementales (ONG) en première ligne pour faire
avancer le dossier.
"Nous sommes conscients de l'utilisation de ces instances
par Londres sur le dossier de Marine Protection Area. Le
gouvernement veut créer une situation qui est à
son avantage et dont l'agenda et les intentions sont clairs. Nous
ne comptons pas rester les bras croisés", a déclaré
à Week-End le ministre des Affaires étrangères,
Arvin Boolell. Ce dernier avait eu l'occasion de faire comprendre
à son homologue britannique David Milliband, que Maurice
ne cédera pas sur le dossier de la "Marine Protection
Area" aux Chagos.
D'ailleurs, Londres n'hésite pas à se vanter du
fait que "The idea of making the British Indian Ocean
Territory a Marine Protection Area has the support of an impressive
range of United Kingdom and international environmental organisations
coming together under the auspices of the Chagos Environment Network
(CEN) to help enhance environmental protection in the British
Indian Ocean Territory (BIOT)."
D'autre part, le Website du Foreign and Commonwealth Office
annonce le déplacement de facilitateurs britanniques sur
le projet de création de parc marin aux Chagos en ce début
d'année. "There will be meetings in Port Louis,
Mauritius and Victoria, Seychelles between 21 January and 9 February
(exact dates to be advised later). There will also be a meeting
in the United Kingdom. These meetings will be organised by an
independent facilitator who will record all the views expressed,"
note une communication officielle
de Londres. Mais à Port-Louis, on exprime des doutes quant
à ces séances de travail à Maurice. "We
want to use this consultation to help us assess whether a marine
protected area is the right option for the future environmental
protection of the British Indian Ocean Territory. The consultation
asks for views on whether British Indian Ocean Territory should
become a Marine Protection Area, the options around making British
Indian Ocean Territory a partial or full 'no-take' fishing zone,
and on what other measures should be taken to protect the environment
in British Indian Ocean Territory. Responses to the consultation
will form the basis of a report which will be written and presented
to the Foreign Secretary who will then decide on the next steps,"
souligne le Foreign and Commonwealth Office.
En tout cas, en ce début d'année, le dossier des
Chagos bénéficie d'une attention particulière
et prioritaire pour écarter une nouvelle mainmise britannique
au nom de la protection de l'environnement après la protection
des intérêts vitaux de l'Occident, avec l'installation
d'une base militaire à Diego Garcia.
Salaires des ministres
La GGSU crie à l'injustice!
Le rétablissement des salaires des ministres et du paiement
des honoraires et autres "Entertainment Allowances"
aux présidents et membres des boards des corps para-étatiques,
annoncé en date du 28 décembre 2009, soulève
un véritable tollé dans le milieu syndical en ce
début d'année. En effet, le président de
la Government General Services Union (GGSU), Rashid Imrith, a
écrit officiellement au Premier ministre, Navin Ramgoolam,
pour crier à l'injustice. Il souligne que parmi les mesures
annoncées en juillet dernier pour combattre les effets
de la crise économique, il n'y avait non seulement cette
réduction de Rs 10 000 dans les salaires des ministres
mais également un gel de la compensation salariale pour
tous ceux touchant plus de Rs 12 000 par mois.
Ainsi, dans une lettre circulaire en date du 28 décembre
dernier, les Supervising Officers des ministères
et autres départements ont été informés
qu'à compter du 1er janvier, la pratique de déduction
de Rs 10 000 des salaires des ministres doit être discontinuée.
En principe, lors de la présentation du Budget 2009, le
VPM et ministre des Finances, Rama Sithanen, avait annoncé
que cette déduction des salaires allait durer jusqu'à
la fin de cette année, soit une période de 18 mois.
A cette même occasion, le gouvernement avait adopté
une série de mesures d'économie par rapport aux
honoraires des présidents et des membres des boards des
corps para-étatiques pour la même période.
La lettre circulaire du 28 décembre stipule que "likewise,
the fees payable to all chairpersons and board/committee members
of statutory bodies and state-owned companies and entertainment
allowances where applicable, should be restored as from 1st January
2010".
D'autre part, le président de la GGSU proteste auprès
du Premier ministre contre ce qu'il considère comme des
mesures discriminatoires à l'encontre des salariés
et réclame des mesures urgentes de la part du gouvernement
en vue de remédier à cette situation. Dans une correspondance
en date du 31 décembre dernier, cet important syndicat
de la fonction publique fait ressortir avec force que cette réduction
des salaires des ministres face à la crise n'était
pas la seule mesure annoncée.
"Il ne faut pas oublier qu'avec le budget présenté
en mai 2009 pour la période de juillet à décembre
2009, le gouvernement avait décrété un gel
de la compensation salariale pour les employés avec des
salaires supérieurs à Rs 12 000 par mois. Je trouve
que la nouvelle situation est inacceptable car une catégorie
de salariés continue à être pénalisée
pour des effets de la crise économique, qui ne se sont
pas matérialisés alors que les salaires des ministres
ont été rétablis", a déclaré
Rashid Imrith.
La GSSU avance que les salariés pénalisés
se retrouvent avec un manque à gagner de Rs 200 sur leurs
salaires à chaque fin de mois, de Rs 5 000 sur leur Lump
Sum à leur retraite et Rs 100 par mois sur le paiement
de leurs pensions. "This is an inequitable, discriminatory
and unfair life-long penalty upon individuals who have not committed
any offence. This goes against the rules of natural justice. And,
an impartial Government believing in justice for all cannot tolerate
such an injustice to perpetuate," soutient le président
de ce syndicat.
M.Imrith en appelle au "sense of impartiality and justice"
du Premier ministre afin d'adopter une décision politique
pour le paiement d'une compensation additionnelle de Rs 200 par
mois aux employés, avec des salaires de plus de Rs 12 000
avec effet à compter de janvier 2010. "Workers
who were drawing a monthly salary of more than Rs 12,000 as at
30 June 2009 having retired from the service be granted a hypothetical
salary increase of Rs. 200. as from July 2009; paid Rs 5 000
to readjust their lump sum; and paid an additional increase of
Rs 100 in their pension as from January 2010," devait-il
également conclure à ce même chapitre.
Exécution des travaux au nouveau terminal du SSR Airport
L'AML persiste et signe un contrat de Rs 10 Md avec une compagnie
controversée
of Mauritius (AML) persiste et signe... C'est le cas de le dire
suite à l'attribution du contrat pour l'exécution
des travaux du nouveau terminal de Plaisance à la China
State Construction Engineering Corporation (CSCEC), compagnie
chinoise sanctionnée par la Banque mondiale en janvier
2009 pour s'être livrée à des pratiques de
collusion dans un projet routier aux Philippines. La signature
du contrat entre la CSCEC et Airport Terminal Operations Ltd (ATOL),
société nouvellement créée et qui
sera responsable de la mise en uvre du projet, a eu lieu
mercredi après-midi à l'Hôtel du gouvernement.
La construction de ce nouveau terminal, estimée à
Rs 10 milliards, sera réalisée à travers
un prêt concessionnel du gouvernement chinois de Rs 9 milliards
et le financement de l'Etat.
Malgré le passé controversé de la China State
Construction Engineering Corporation (CSCEC), sanctionnée
par la Banque mondiale le 9 janvier de l'année dernière,
l'AML et Aéroports de Paris (ADP), société
responsable de la conception et de la supervision des travaux,
ont signé avec celle-ci le contrat pour l'exécution
des travaux du projet 'Mauritius SSR International Airport Terminal
Expansion Project - New Passenger Terminal'. AML et ADP se sont
constitués en société privée en 2008,
dont Airport Terminal Operations Ltd (ATOL), pour prendre en charge
la conception, la construction et l'exploitation de la nouvelle
aérogare. La CSCRC a ainsi été choisie parmi
trois compagnies chinoises qui avaient été présélectionnées.
Les deux autres qui étaient dans la course pour l'obtention
de ce méga-contrat contrat sont CSCEC, Beijing Construction
and Engineering Group (BCEG) et China International Water and
Electric Corporation (CIWEC).
Or, depuis que ces trois compagnies avec été présélectionnées,
China State Construction Engineering Corporation, le couperet
était déjà tombé dans une affaire
de collusion impliquant la China State Construction Engineering
Corporation et six autres compagnies dans un important projet
routier aux Philippines. C'est en effet le 9 janvier de l'année
dernière que la Banque mondiale, à travers une enquête
approfondie menée par son Service de la déontologie
institutionnelle (SDI), avait établi que la compagnie chinoise
s'était livrée à des pratiques de collusion
dans ce projet.. Trois autres compagnies de la république
populaire de Chine et trois des Philippines avaient été
épinglées dans le cadre de cette affaire.
Ainsi, ces six compagnies, aussi bien que China State Construction
Engineering Corporation, figurent sur la liste noire de la Banque
mondiale. Ce qui signifie qu'elle sont exclues de toute participation
dans tous les appels d'offres internationaux lancé pour
des projets ou opérations bénéficiant du
financement de la Banque mondiale. Ces exclusions, est-il souligné
dans un communiqué dans la BM, font interdiction aux parties
concernées de soumissionner pour des marchés futurs
financés par l'institution, soit à titre permanent,
soit pour la durée de la période indiquée."
Dans le même communiqué, il est souligné que
les enquêtes menées par le SDI de la BM ont permis
de mettre au jour des preuves indiquant qu'un important cartel
composé d'entreprises locales et internationales soumissionnait
pour des marchés dans le cadre de la première phase
du Programme d'amélioration et de gestion des routes nationales
aux Philippines. La CSCEC a ainsi été exclue pour
une période de six ans. La durée de l'exclusion
peut être réduite ou la mesure d'exclusion elle-même
révoquée au bout de quatre ans si l'entreprise concernée
met en place un programme de conformité jugé satisfaisant
par la Banque.
Le nom de la CSCE apparaît d'ailleurs sur le site web de
la BM. Mais cela n'a pas empêché ceux qui pilotent
le projet de maintenir la candidature de China State Construction
Engineering. Dans une déclaration au Mauricien du
31 décembre (jeudi dernier), le président de ATOL,
Rajiv Servansingh, soutient pourtant que la compagnie chinoise
constitue "the best choice, the one which offers us the
greatest guarantee of achieving our immediate objectives of realizing
our project in time and within budget." C'était
lors de la signature d'un accord entre ATOL et CSCEC, qui était
représentée par son vice-président, Wang
Shaotong.
La CSCEC aurait toutefois soumis la meilleure offre pour la réalisation
de ce projet totalisant les 300 US Dollars. Il est à noter
que le processus d'appel d'offres pour le projet a été
lancé en Juin 2009 et les travaux, selon le calendrier
établi, devraient démarrer au début du mois
de mars. "Nous veillerons à ce que le projet se
termine dans le temps imparti (30 mois) et dans le cadre du budget
alloué", devait-il ajouter dans les colonnes du
quotidien.
La compagnie chinoise aura pour tâche de construire un nouveau
terminal d'une superficie de 57 000 mètres carrés.
Quelque 3 400 m2 de la nouvelle aérogare seront réservés
à des activités commerciales, alors que les "lounges"
occuperont environ 2 200 mètres carrés. Avec une
capacité d'accueil de 4 millions de voyageurs par an, le
nouveau terminal disposera de 52 comptoirs d'enregistrement.
ATOL, dont le mandat consiste à assurer le financement
du projet et la gestion de la phase de construction, sera également
chargé de l'exploitation du terminal sur une période
de cinq ans.
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