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Après une première vague de dégraissage
Sentiment d'insécurité d'emploi à la Barclays
Malgré les tentatives de la direction de les rassurer,
les employés de la Barclays craignent le pire. Les derniers
licenciements font redouter d'autres à divers échelons.
D'ailleurs, les syndicats ont approché le ministère
du Travail pour l'aviser de cette affaire, estimant que l'avenir
des employés de la Barclays est menacé. Les différents
changements qui s'ancrent actuellement au sein de l'établissement
bancaire ne présagent pas nécessairement de bonnes
nouvelles, estiment certains. Et encore moins les rumeurs qui
ont récemment circulé autour des fermetures de succursales
que la Barclays considère non profitables, principalement
dans les régions rurales
Après le licenciement de 13 de ses employés sous
contrat - considéré par beaucoup comme une première
vague de licenciements - la direction de la Barclays assure qu'il
n'y en aura pas d'autres. Le message du managing director de la
Barclays, Ravin Dajee, au cours de la fête de fin d'année
a été clair sur la question, laissent entendre les
employés. Toutefois, un sentiment d'arrière-goût
demeure, disent-ils. D'autant que ce message aurait fait comprendre
aux employés que leur performance est une question sine
qua non. L'objectif de la banque, selon nos informations est
d'augmenter la profitabilité de l'établissement
"at any cost". D'ailleurs, deux représentants
indiens ont été recrutés pour renforcer l'équipe
de direction. Toutefois, les changements apportés ces derniers
temps au sein de l'établissement bancaire provoquent des
remous, d'où la peur des employés de perdre leur
emploi "at any cost". Au début du mois
de décembre, la branche de la Barclays de la Mauritius
Bank Officers Guild, a d'ailleurs informé le ministère
du Travail concernant deux items de la section 68 de l'Employment
Relations Act 2008, notamment "the signing of the
Procedure Agreement between parties" et "the
signing of a Collective Agreement between parties". Cette
mise en perspective du syndicat relève de trois constat
soit : i) application of the leave regulations and amendment
brought thereto by the bank ; ii) application of disciplinary
procedures as per management proposal outside an agreement on
the basis principles to be laid down in the Procedure Agreement
; iii) lack of information as asked by employees and the
unilateral interpretation by management of existing conditions
of employment.
Ce syndicat précise qu'il craint que "la Barclays
Bank Plc - Mauritius is dictating the group policy on collective
bargaining in Mauritius". Citant en exemple les treize
derniers licenciements, la MBOG explique au ministère du
travail qu'il craint qu'il y a une certaine pression de l'étranger
pour réduire le personnel de la banque. Ce syndicat fait
appel au ministère du Travail d'agir en conséquence,
afin de rassurer les employés de la banque sur leur sort.
Cela, malgré la garantie formelle donnée, lors d'une
fête par la direction, que les licenciements ne sont pas
à l'agenda de la banque. Mais les rumeurs sur la situation
à la Barclays provoquent de nombreux doutes auprès
des employés. D'autant que les interrogations fusent autour
de la récente demande de la banque auprès de la
auprès de la Banque de Maurice (BoM) en vue de fermer ses
16 information bureau en novembre dernier. Demande qui
n'a toutefois pas été approuvée, la BoM indiquant
que ces postes avaient été créés "on
the ground that the outlets would serve as decentralised and accessible
customer touch points, in line with the bank's strategy to provide
flexible and convenient banking services. Your bank is now proposin
ti close thse units with the possibility of reopening them in
future. In this regard, we advise that the bank is not in favour
of frequent opening and cloosing of places of business as it results
in avoidable inconvenience to the public". Outre cette
première option, certaines sources indiquent que la Barclays
envisagerait de fermer certaines de ces succursales, principalement
situées dans les régions rurales, qu'elle considère
non profitables. De quoi laisser les employés dans le doute
sur leur avenir
De Rivière du Rempart à Pointe des Lascars :
La rivière polluée incommode
Plusieurs habitants de Rivière du Rempart se plaignent
d'être incommodés par une odeur nauséabonde
qui se dégage de la rivière ex-railway. Ils soutiennent
également qu'en raison de l'embouchure de cette rivière,
les poissons de Pointe des Lascars meurent. Ils en ont retrouvé
plusieurs ces derniers jours dans le lagon ainsi que dans un bassin
à proximité du lagon. Ils mettent en cause l'usine
sucrière de Mon Loisir, estimant que l'établissement
déverserait des effluents dans la rivière provoquant
ainsi une "épidémie de poissons morts".
Week-End a été sur place mercredi après-midi
pour constater de visu la situation dans laquelle vivent les habitants
de Rivière du Rempart. En effet, une odeur fétide
et nauséabonde émane de cette eau stagnante. Des
résidus noirâtres a envahi la rivière de partout.
On ne peut rester près de la rivière plus de quinze
minutes à cause de cette odeur répugnante. Selon
les habitants, ce n'est pas la première fois que ce problème
de pollution surgit à Pointe des Lascars et Rivière
du Rempart. Dans le passé, ils ont disent-ils, plusieurs
fois protesté auprès des autorités. Inactive
depuis deux ans en raison d'un incendie, l'usine a récemment
repris ses activités. Depuis, le problème de pollution
a resurgi
Les habitants de Rivière du Rempart disent ne plus savoir
à quel saint se vouer. Malgré les nombreuses lettres
adressées aux autorités, leurs cris n'ont pas été
entendus. "Bizin pass lor sa pont la pou ki ale vers health
track. Ki health track gouverneman konstrir pou ki apré
nou ress dan enn pourritir pareil", s'insurge un habitant.
Et un autre d'ajouter: "La loi zis pou ti dimoun. Ou zett
enn cigarette ou paye laman, mé gueté ki lisine
Mon Loisir pe fer? Pena la loi pou zot sa, bann gran dimoun sa!".
Pour les habitants, il est indéniable que les effluents
déversés par l'établissement sucrier Mon
Losir est la cause de cette pollution. "Mo dir ou dan
gramatin, bizin avance moustik pou passé", ironisent
un jeune habitant. Ce n'est toutefois pas la première fois
que ce problème surgit. Inactive depuis deux ans, en raison
d'un incendie, leurs cauchemars disent-ils, ont recommencé
avec la reprise des activités de l'usine au mois d'août.
"La porte la fenetre pas kapav ouver, ou senti sa be ou
kapav malad enn semaine", se lamente une habitante. "Bel
bel causé minis causé, Maurice île Durable,
dévelopment vert? Abé kot minis la? Nou pe viv dan
enn pourritir? Samen lavenir bann habitants Rivière du
Rempart? Samen lavenir Moris?", grogne un autre.
"Monn écrir partou mé zot dir ounou pe fer
suivi. Zamai monn pane trouve personne vini moi, kuma mo pou coné
aster?", peste Pritiviraj Ramphul, porte- parole des
habitants. "Enn mois de cela monn ale rencontre président
District Council Rivière du Rempart / Pamplemousses mé
zero mem", déplore-t-il. Contacté au téléphone
jeudi, le président M. Ramdhongga affirme ne pas savoir
que la rivière est polluée. "Non non zamai
pann gagne oken complaint", dit-il. "Inn fini
plannifié travail aster, la semaine prochaine ki mo pou
avoy enn lekip", affirme-t-il.
Nous avons de notre côté, essayé d'entrer
en contact avec le minsitère de l'Environnement mais en
vain. On nous a "gentiment" fait comprendre que
le Permanent Acting Secretary (PAS) M. Jadoo, n'aime guère
s'entretenir avec les journalistes alors qu'il occupe un poste
de reponsabilité et qu'il valait mieux attendre le retour
du ministre Lormus Bundhoo.
Du côté du Water Resources Unit du ministère
des Utilités Publiques, on assure que la pollution provient
bel et bien de l'usine sucrière de Mon Loisir. "We
have investigated and the effluents come definitely from Mon Loisir
sugar industry", dit un officier autorisé. Selon
lui, ce sont les écumes généralement amassées
dans l'arrière cour de l'usine qui ont été
entraînées dans la rivière par les récentes
fortes pluies et la brise. Mais dit-il, vu que la pollution de
la rivière ne contient que du "solid waste",
cette affaire n'est pas du ressort du Water Resources Unit. "C'est
le ministère de l'Environnement qui doit tout coordiner.
De notre côté, nous avons écrit à la
direction de l'usine sucrière pour que les mesures qui
s'imposent soient adoptées mais jusqu'ici aucune réponse.
De toutes les manières, c'est le ministère de
l'Environnement qui doit tout coordiner comme il le faisait jadis",
dit cet officier.
En ce qui concerne les poissons retrouvés morts par les
pêcheurs, après que ces derniers aient informé
le Fisheries Post de Poudre d'Or dans le courant de la semaine,
l'officier ne pouvant se déplacer a, à son tour
contacté les officiers du Fisheries Research Centre d'Albion.
Deux officiers ont le jour même soit mercredi, été
dépêchés sur les lieux mais selon un officier
autorisé du Fisheries Research Centre d'Albion, ils n'ont
trouvé aucun poisson mort à Pointe des Lascars.
Ils assurent cependant, qu'un échantillon d'eau a été
emporté à des fins d'analyse et disent-ils, les
résultats seront connus la semaine prochaine.
L'usine sucrière de Mont Losir, par le biais de son "factory
manager", Jean-Noël Fayolle, déclare quant
à lui que Mon Loisir n'a rien à se reprocher. "Nous
avons déjà pris les mesures qui s'imposent",
dit-il. On se demande toutefois, comment ces résidus noirâtres
flottent toujours dans la rivière... Faut-il que cette
odeur répugnante commence à nuire à la santé
publique pour que les autorités réagissent?
Places vacantes en Form I
Deuxième exercice d'admission et de transfert, lundi
et mardi
Des places vacantes étant disponibles dans les collèges
régionaux, le ministère de l'Education a décidé
de procéder à un deuxième exercice d'admission,
demain et mardi. Ainsi, les parents et autres parties responsables
dont les enfants n'ont pas obtenu de place en Form I, de même
que ceux qui désirent faire une demande de transfert doivent
se rendre dans les différents centres d'enregistrement
en se munissant de leur carte d'identité nationale, de
l'acte de naissance de l'enfant et du result slip des examens
du CPE 2009. Les centres d'enregistrement sont : Zone 1(Port-Louis
et Nord), ministère de l'Education (rue Edith Cavell) et
Droopnath Ramphul SSS. Zone 2 (Beau-Bassin/Rose-Hill et Est) Queen
Elizabeth College et Rajkumar Gujadhur SSS. Zone 3 (Curepipe et
Sud), Collège Royal et Sookdeo Bissoondoyal SSS. Zone 4
(Vacoas/Phoenix, Quatre-Bornes et Ouest), Dr.M.Curé SSS
et Swami Sivananda SSS.
Education - L'autre Morne
Chronique d'un échec scolaire programmé
"Il faut que l'école du village soit intégrée
dans la liste des écoles ZEP parce que ces enfants ne sont
pas, et ce n'est pas de leur faute, des élèves comme
les autres. "
Si la montagne du Morne est inscrite sur la liste des sites
du Patrimoine mondial de l'UNESCO, l'école du village qui
porte le même se retrouve, cette année, sur une autre
liste. Celle des écoles ayant eu les plus mauvais résultats
au CPE. Sur les 23 élèves qui se sont présentés
aux examens de fin de cycle primaire cette année seulement
trois ont passé.
Il existe deux endroits qui portent le nom de Morne à Maurice.
Il y a tout d'abord la montagne elle-même, auréolé
du mythe qui l'entoure et qui focalise l'attention. Sur ses flancs,
où la toise se vend à prix d'or, sont bâties
de superbes villas et à ses pieds des hôtels - certaines
dotés de terrains de golf - à plusieurs étoiles.
Ce Morne là est une des localités les plus prospères
du pays. L'autre Morne est le village du même nom qui se
trouve, plus au sud, de l'autre côté de la montagne.
On contourne le village pour aller vers les hôtels, on le
traverse rapidement pour aller au sud. Il se trouve du mauvais
côté de la montagne, de son coté obscur. Fait
partie de l'île Maurice des oubliés de la croissance
que l'on n'aime ni montrer, ni voir. Cette île Maurice
a deux vitesses qui se développe à une rapidité
effrayante. C'est un village de pêcheurs étiré
tout au long de la route côtière. Un village que
l'on traverse sans s'arrêter parce qu'à part d'une
table d'hôte il n'y a rien au Morne. Pas de bureau de poste,
pas de poste de police, un dispensaire pas toujours ouvert. Pour
s'approvisionner les 1500 habitants doivent remonter vers Case
Noyale ou Rivière Noire ou descendre plus au sud, à
Baie du Cap ou Chemin Grenier. A l'origine le village de pêcheurs
le Morne est constitué aujourd'hui d'une population qui
fournit un réservoir de main-d'uvre nécessaire
aux hôtels, villas et autres IRS de la région. Les
hommes sont valets, jardiniers, hommes à tout faire. Les
femmes sont servantes, gardes d'enfants ou " travaillent
dans la cour ". Il y a de moins en moins de pêcheurs
professionnels dans la région car ils ont choisi de rendre
leur carte contre une certaine somme d'argent qui a été
vite dépensée. Le Morne village fait partie des
endroits oubliés de Maurice parce qu'ils n'ont aucun poids
ethnique ou électoral. 1,700 personnes habitent dans ce
village qui fait partie de la circonscription numéro 14
qui compte 58,000 électeurs. Une goutte d'eau négligeable
dans l'océan électoral. Selon les habitants un seul
des quatre députés de la circonscription s'arrête
de temps en temps au village : Alan Ganoo. C'est lui qui avait
soulevé le problème de l'école au Parlement
en 2007.
Car ce n'est pas la première fois que l'école du
gouvernement du Morne se retrouve en bas de classement pour les
résultats du CPE. Un sérieux incident s'était
produit en 2007 à quelques mois des examens. Le responsable
de la classe de sixième avait été agressé
par un parent mécontent devant tout un village qui l'a
laissé faire. Blessé, le professeur n'est jamais
revenu à l'école. Le résultat s'est fait
sentir aux examens du CPE avec un taux d'échec de 92%.
Ce qui avait poussé Alan Ganoo à interpeller le
ministre de l'Education au Parlement. Le ministre Gokhool s'était
dit choqué par ce résultat et avait promis de s'occuper
du dossier. Il avait visité l'école, qu'on avait
fait repeindre pour la circonstance, annoncé de nouveaux
professeurs qualifiés à la place des stagiaires
fraîchement issus du MIE que l'on avait l'habitude d'envoyer
au Morne et la construction d'un étage. L'équipe
d'enseignants parmi laquelle se trouve un enfant grandi au village,
a été renouvelée. L'étage a été
construit, mais n'est pas encore opérationnel puisque pas
encore meublé et équipé, donc les 170 élèves
sont regroupés dans six classes et les résultats
de 2008 étaient encourageants : un taux de réussite
de plus de 30%. Mais alors comment expliquer ces 92% de 2009 ?
A un ensemble de raisons disent les rares habitantes du village
engagées dans le social qui essayent contre vents et marées
de faire changer les choses au village avec l'aide de quelques
ong. Il y a tout d'abord l'état d'esprit général
des villageois qui ayant toujours été mis de côté
du développement ont fini par se convaincre que leur destin
se limitait à être pêcheur, laboureur, jardinier,
homme à tout faire ou servante et garde d'enfants et que
leurs enfants devaient suivre cette même voie. Pour eux
les mots rêves et ambition n'ont pas de sens. Pour ces habitants
là l'éducation ne mène nulle part et ils
ne sont pas armés pour suivre et encourager leurs enfants
dans le travail scolaire. Il y a encore le fait que les couples
ne durent pas longtemps, que les échanges de partenaires
sont fréquents, que les pères changent souvent et
qu'il est courant pour un garçon de seize ans de venir
vivre avec sa copine dans les deux pièces où habitent
ses parents. " Comment voulez-vous qu'un enfant vivant
dans un tel milieu puisse apprendre à l'école, même
avec toute la bonne volonté des enseignants. Certains des
élèves arrivent en sixième sans savoir lire
ou écrire." Mais que font donc les enseignants
? " Ce que font tous les enseignants : ils sont obligés
de suivre le programme et n'ont pas le temps d'apporter une attention
aux enfants en difficulté. Ils sont obligés de se
concentrer sur les moins mauvais de la classe en laissant les
autres derrière. Et comme ces enfants là ne bénéficient
d'aucun suivi chez eux, comme il n'y a pas de liens entre l'école
et la maison, on collectionne les U aux CPE." Peut-on
dire que tous les parents du village du Morne se désintéressent
de la scolarité de leurs enfants ? "Non. Il y a
des parents qui savent que l'éducation est indispensable
au développement. Ceux là envoient leurs enfants
à l'école de Case Noyale, de Rivière Noire
ou de Baie du Cap. Ou ils envoient leurs enfants habiter chez
des parents en ville pendant la période scolaire. C'est
comme ça que quelques rares habitants du Morne ont réussi.
Pour ce faire il fallait quitter le village et son école."
Mais que font donc ces organisations et autres fédérations
qui sont censées défendre et promouvoir les créoles,
qui constituent la majorité au village du Morne. "
Zot plis intéréssé avec montagne qui avec
dimoune. Zotte galoupé kan premier ministre et ban ministre
al lor montagne, zotte pas même arrête dans village."
Quelle est la solution pour que les enfants du Morne aient une
scolarité disons normale, pour que l'école produise
autre chose qu'une majorité de "failed" au CPE
? Educateurs, membres de ongs et habitantes du villages conscientisées
répondent la même chose. "Le village du Morne
est un des oubliés du développement où sévit
la misère. Certains des enfants qui viennent à l'école
n'ont que le pain sec offert par le gouvernement pour déjeuner
avec l'eau du robinet. Il faut que l'école du village soit
intégré dans la liste des écoles ZEP, parce
que ces enfants ne sont pas, et ce n'est pas de leur faute, des
élèves comme les autres. Ils sont en retard dès
le départ et ils ont besoin des facilités des ZEP
pour pouvoir se développer. C'est une absolue nécessité."
Et pour quelle raison est-ce que l'école du village
du Morne ne fait pas partie des ZEP ? En dépit des demandes
répétées, faites par le député
Ganoo, des éducateurs, des ong et des villageois, le ministère
n'a jamais accédé à cette demande. Le précédent
ministre était un champion de l'élite ce qui expliquerait
peut-être qu'il ne s'est pas intéressé à
l'école qui ne produisait que des résultats médiocres.
Il faut souhaiter que l'actuel ministre qui vient d'assister à
une distribution de matériel scolaire aux enfants du village
par le Morne Heritage Trust Fund se penche sur la question et
prenne la décision qui s'impose. Il faut aussi souhaiter
que ce même trust qui est parvenu à faire le CEB
enterrer ses pylônes en béton et arrêter de
tronçonner des arbres dans le buffer zone du Morne,
se penche sur la question. Il ne suffit pas de célébrer
le passé du Morne, il faut aussi s'occuper de ceux qui
y habitent. L'éducation des enfants du village du Morne
est aussi, sinon plus importante que la protection des arbres
dans une zone historique inscrite au Patrimoine de l'humanité.
Difficultés éprouvés par les artistes
exerçant dans l'hôtellerie
Insécurité au travail, harcèlement moral,
dépression, mauvaises condition de travail... la liste
n'est point exhaustive. Qui ne connaît pas le quotidien
difficile des artistes qui exercent dans l'hôtellerie? S'ils
osent élever la voix, ils risquent d'être licenciés.
Leurs griefs ont-ils été enfermés aux oubliettes?
Témoignage d'un artiste professionnel...
Guitariste de profession, Patrick Heeraman dirige un orchestre
composé de six personnes. Pour celui qui compte plus d'une
trentaine d'années dans le domaine, il voit l'avenir de
ceux qui évoluent dans le milieu de l'hôtellerie
sombre. En trente ans, dit-il, la situation n'a pas évoluée.
Par contre, les difficultés évoluent constamment.
Pour Patrick Heeraman, mener à bien un orchestre exige
beaucoup de rigueur et de travail soit cinq années ou plus
par jours. Toutefois, pour des raisons injustifiées, la
direction se débarrasse des artistes sans même considérer
le travail accompli derrière. Changement de direction
de l'hôtel rime souvent à licenciement, "on
nous traite souvent comme des chaussettes", dit-il.
"Avons-nous droit à la parole? Qui parle
pour nous, les oubliés?", se s'interroge-t-il.
L'unique salut des artistes demeurent les agences de recrutement
qui fait le lien entre les artistes et les hôtels. En outre,
souligne M. Heeraman, nous sommes des pères et des mères
de famille qui ne peuvent jamais contracter un prêt ou acheter
quoi que ce soit, car les artistes peuvent se retrouver du jour
au lendemain à la rue. Il a, dit-il, dans le passé
fait cette douloureuse expérience.
Y a-t-il une solution? Oui, selon M. Heeraman. "Il est
temps que les autorités concernées agissent. Il
faut instituer un comité de personnes capables, qui agiront
comme conseillers et avocats", dit-il.
Justice
Une section de la loi contre le blanchiment d'argent déclarée
anticonstitutionnelle
Poursuivre une personne en l'accusant d'avoir commis un crime,
mais ne pas lui donner les détails de ce crime de façon
à lui permettre de bien organiser sa défense, n'est
pas équitable. En se fondant sur ce principe, qu'elle considère
de "justice élémentaire", la Cour suprême
de Maurice a, jeudi matin, déclarée anticonstitutionnelle
la section 17 (7) de l'Economic Crime and Anti Money Laundering
Act (ECAMLA). Cette loi avait été votée
à l'unanimité par l'Assemblée législative
par le premier gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam
aussi bien que par l'Opposition MMM en l'an 2000 dans le but de
combattre le blanchiment de l'argent sale.
L' ECAMLA, "du moins dans sa section qui précise
qu'il n'est pas nécessaire de spécifier les détails
d'un crime pour établir que des gains en on été
générés, est incompatible avec la section
10 (2) (b) de la Constitution du pays et est, par conséquent
sans effet", a tranché le juge Eddy Balancy. Avec
pour assesseur, la juge Peeroo, il se prononçait dans un
jugement relatif à un procès en appel qu'intentaient
MM. Ahmud Azam Bholah et Irfan Mohammed Laffir à l'Etat.
Ces derniers ont ainsi vu leur condamnation en première
instance annulée.
MM. Bholah et Laffir, deux directeurs d'Apparel Exports Ltd, avaient
été tous deux poursuivis en première instance
devant la Cour intermédiaire pour avoir, de concert, transféré
illégalement hors de Maurice une somme de 1. 8 million
de dollars américains suspectés de provenance criminelle
à partir d'un compte bancaire (no. 4170599) de la défunte
Delphis Bank. Ils furent condamnés à payer, chacun,
une amende d'un million de roupies.
Le jour du verdict, ils logèrent un appel, mais, un mois
plus tard, Mohammed Laffir, un expatrié, fit savoir qu'il
y renonçait et s'acquittait totalement de son amende afin
de pouvoir quitter le pays. Il procéda, néanmoins,
avec son appel devant la Cour suprême mais fut débouté.
Mais il restait encore à la justice d'examiner pas moins
de trente neuf points d'appel que Ahmud Azam Bholah avançait,
lui, contre la sentence infligée par la Cour intermédiaire.
Toutefois, avec l'accord des avocats des deux parties, les juges
eurent véritablement à déterminer uniquement
si la Cour intermédiaire avait tort de rejeter l'argument
avancé par Me. Yousouf Mohamed (conseil légal de
la défense) que la section 17 (7) de l'ECAMLA est contraire
à les sections 10 (1) et 10 (2) (b) de la Constitution.
"Anxious consideration"
La Cour suprême a effectivement examiné cette question
avec "anxiété" précise-t-elle avant
de conclure à son bien-fondé. Le juge Balancy a
rappelé que la section 17 (1) (b) de l' ECAMLA définit
le délit de blanchiment d'argent (Money laundering) dans
les termes suivants : "(b) any person who receives, possesses,
conceals, disguises, transfers, converts, disposes of, removes
from or brings into Mauritius any property which is or in whole
or in part directly or indirectly represents, the procceeds of
any crime, where he suspects or has reasonable grounds for suspecting
that the property is derived or realised in whole or in part,
directly or indirectly from any crime, shall commit an offence".
La section 17 (7) que l'Etat Mauricien a utilisée contre
les deux directeurs d'Apparel Exports Ltd, elle, précise
que "dans toute poursuite entamée contre une personne
sous la section, il suffira de dire dans l'information que le
bien est, entièrement ou en partie directement ou indirectement
the proceeds of a crime, sans qu'il soit spécifié
any particular crime et la Cour, après avoir considéré
toutes les preuves pourrait raisonnablement déduire que
le bien était entièrement ou en partie directement
ou indirectement les fruits d'un crime". Le juge Balancy
a pris soin de souligner les mots without specifying any particular
crime (the underlying is ours) comme pour en demontrer la
légèreté...
Conforme donc à la loi, les Bhola et Laffir ne surent jamais
sur quels faits se fondaient exactement les autorités pour
décider que la somme incriminée provenait d'un crime.
En Cour intermédiaire, le ministère public n'avait
pas contesté le fait que c'est un droit constitutionnel
pour un accusé d'être informé des détails
de la nature d'un crime qui lui est reproché. Il avait
soutenu toutefois que "since the predicate offence (the
crime that generated the proceeds which became the subject matter
of the money laundering offence) is not an element of the money
laundering offence, it need not to be averred and therefore the
need for particulars thereof does not arise". Et le magistrat
de la Cour intermédiaire avait ainsi donné raison
au ministère public.
Incompatibilité avec notre tradition légale
Le juge Balancy a, lui, trouvé le raisonnement de ce magistrat
"fondamentalement défectueux". "Nous
(la Cour suprême) sommes d'accord avec Me. Yousouf Mohamed
que ce n'est pas fair-play de demander à un accusé
de répondre d'une charge, comme celle portée Azam
Bholah) sans lui accorder la possibilité de savoir, à
temps afin de préparer sa défense, quel crime précis
qu'il aurait commis. La défense ne peut pas, en toute équité,
avoir à attendre que les preuves se dévoilent d'elles-mêmes
afin de savoir si le crime allégué a été
commis hors de Maurice. Dans ce cas, il se peut qu'il serait alors
trop tard pour mettre au point une défense avec tout ce
que cela exigerait comme enquêtes, à mener ici et
à l'étranger." Le juge Balancy a souligné
que la section 10 (2) (b) de la Constitution reflète la
règle d'équité essentielle à un procès
équitable en exigeant qu'un accusé puisse obtenir
les informations, dès le départ, au sujet de toute
conduite criminelle qu'il aurait eu à l'étranger
qui ait pu "généré l'argent incriminé".
"Il serait inconcevable, dans le cadre de notre Constitution
et de notre tradition légale, que le législateur
ait pu décider qu'un accusé n'a pas le droit d'avoir
les détails d'un crime allégué par lequel
un bien avait été obtenu. La section 17 (7) de l'ECAMLA
a été une tentative inadmissible de la part du législateur
de déroger de la disposition claire de la section 10 (2)
(b) de la Constitution", a statué la Cour. Par
conséquent, la condamnation d'Azam Bholah est annulée
parce qu'il n'a pas bénéficié d'un "fair
trial".
Me. Yousouf Mohamed, compte maintenant réclamer que l'État
rembourse à l'expatrié Mohammed Laffir le million
de roupies d'amende qu'il a déjà payé...
Mardi dernier
Funérailles nationales pour James Burty David
James Burty David, ancien ministre des Administrations régionales,
et un des piliers du Parti travailliste (Ptr), âgé
de 63 ans, a été foudroyé, dimanche dernier,
par un infarctus du myocarde alors qu'il participait dans une
fête de fin d'année organisée par des membres
du club de troisième âge de La Tour-Knig. Le
choc de la nouvelle du décès de James Burty David
était tel que le calendrier de travail au plus haut niveau
de l'Etat a été bousculé. Avec la décision
de tenir des funérailles nationales, le Premier ministre,
Navin Ramgoolam a dû réaménager son départ
pour le sommet de Copenhague alors que la séance de l'Assemblée
nationale de mardi dernier a été consacrée
exclusivement à un hommage à l'ancien ministre des
Administrations régionales.
Les deux moments les plus émouvants lors des obsèques,
mardi, de James Burty David demeurent l'ultime témoignage
de son fils, Fabrice David, à la fin de la cérémonie
en l'Église Adventiste de Beau-Bassin, et le "Tribute"
à l'Assemblée nationale du Leader of the House,
Navin Ramgoolam, à un parlementaire travailliste, dont
la loyauté envers le parti demeure inébranlable.
D'une voix cassée par l'émotion et la douleur, Fabrice
David soulignait qu'"on dit que je ressemble à mon
père physiquement. Je voudrais lui ressembler pour son
courage. Ma mère perd un soutien de tous les instants,
ma sur et moi perdons un père attentionné,
le Premier ministre perd son lieutenant le plus loyal, le Parlement
perd un orateur qui faisait trembler les murs de l'hémicycle,
l'opposition perd un adversaire qui la bousculait sans jamais
avoir de la haine, la littérature perd son amoureux, le
Parti travailliste perd sa plume historique".
Pour sa part, Navin Ramgoolam, visiblement accablé par
la perte d'un précieux atout politique et fraternel en
la personne de James Burty David, a retracé le parcours
de la vie de cet homme, dont les liens avec la famille Ramgoolam
ont été jusque-là irrésistibles. Le
Premier ministre a rendu un vibrant hommage à un homme
de lettres, à un homme aux convictions politiques inébranlables,
à un homme qui a été à l'école
de la vie et à un homme qui n'a jamais renié le
sens du service, dans le sens le plus noble du terme, allant jusqu'à
se retrouver à pousser son dernier soupir en présence
des aînés de sa circonscription.
Pour appuyer cet hommage, Navin Ramgoolam a sorti de larges extraits
de Macbeth du dramaturge britannique William Shakespeare sur le
sens de la vie et de la mort. Comme un cri du cur, il a
déclamé au sein de l'hémicycle ces strophes
en mettant de côté la copie de son intervention.
Le cortège funèbre est passé par trois endroits
qui ont compté dans le parcours politique de James Burty
David, soit le QG du Ptr, auquel il avait adhéré
dès l'âge de 17 ans, l'Assemblée nationale
où il avait exercé d'importantes fonctions et la
municipalité de Port-Louis. L'ancien ministre des Administrations
régionales a été inhumé dans les jardins
de Les Salines.
Avec la disparition de James Burty David, l'Electoral Supervisory
Commission, présidée par Me Yusuf Aboobaker, prévoit
une réunion mardi en vue de procéder à la
désignation du Best Loser, qui succédera au défunt
à l'Assemblée nationale. La course est courue d'avance
avec Hervé Aimée, candidat de l'Alliance sociale
battu à Savanne/Rivière-Noire (N° 14), susceptible
de faire son "come-back" au sein de l'hémicycle.
La Commission électorale a déjà enclenché
les procédures formelles à cet effet.
Ainsi, avec l'ajournement des travaux de l'Assemblée nationale
au lundi 18 janvier, le député Hervé Aimée
devra prêter serment en début de séance devant
le Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag. Au
tout début d'une année qui ne pourrait qu'être
éminemment électorale...
Alain Laridon: "Empreintes indélébiles de
JBD au Ward IV"
L'ambassadeur mauricien au Mozambique, Alain Laridon, qui se trouve
actuellement à Maurice pour un suivi médical après
l'attentat dont des membres de sa famille et lui-même ont
été la cible à Maputo le mois dernier, souligne
que "James Burty David laisse des empreintes indélébiles
au Ward IV, région de la capitale où il avait dépensé
sans réserve sa jeunesse". En principe, le diplomate
avait pris rendez-vous avec le ministre pour mardi dernier en
vue de procéder à des échanges de vue en
général. Mais le destin en a décidé
autrement.
"Peut-être aujourd'hui, il y aura très peu de
personnes qui se rappelleront que James Burty David a été
un personnage incontournable au Ward IV. Mais la fougue de ce
jeune homme vibre encore dans la mémoire de ceux qui l'ont
pratiqué. A l'époque de la campagne électorale
pour l'indépendance en août 1967, j'étais
plus jeune que lui. Malgré son jeune âge, James Burty
David était un véritable meneur d'hommes dans la
lutte pour la libération du pays du joug colonial. Pourtant,
cette région de la capitale n'était pas réputée
pour être en faveur de l'indépendance. Mais aucun
obstacle ne désarmait le jeune David", déclare
Alain Laridon.
James Burty David s'était jeté corps et âme
aux côtés des candidats du Parti de l'Indépendance
de la trempe de Guy Balancy. "Je vois encore James Burty
David avec sous les bras un livre de Hervé Bazerque et
se lançant dans un poème sur la liberté,
tentant de galvaniser les jeunes de son entourage à la
cause de l'indépendance. Tout le monde est unanime à
reconnaître que James Burty David avait le don du verbe,
était un Debater hors pair et un patriote au-dessus de
tout soupçon. Les rues du Ward IV, comme celles de la rue
Monsieur, Labrillane et autres Mgr Leen, pour ne pas oublier l'enceinte
du collège Bhujoharry, résonnent de la présence
de cet homme, dont l'humanisme ne pouvait laisser indifférent",
ajoute Alain Laridon, qui se rappelle sa dernière conversation
téléphonique avec lui.
"James Burty David assurait la suppléance au ministère
des Affaires étrangères récemment quand il
m'avait appelé à Maputo pour me confirmer que le
gouvernement a donné le feu vert pour mon déplacement
et aussi celui des membres de ma famille en vue d'un suivi médical
suite à la récente tentative d'attentat. Ayant une
véritable passion pour la lecture, il n'avait pas manqué
de s'enquérir des derniers titres que j'avais lus sans
oublier des tuyaux sur les livres à lire. Je m'apprêtais
à lui rendre visite en début de semaine quand la
triste nouvelle est tombée", déclare l'ambassadeur
Laridon.
Même si après 1968, le chemin politique de James
Burty David et d'Alain Laridon s'était séparé,
ces deux personnalités politiques aux tempéraments
complètement différents devaient se retrouver sur
la même plateforme de nouveau en 2000 avec James Burty David,
candidat à la députation au N° 1, et Alain
Laridon, un des principaux activistes de l'Alliance sociale dans
cette partie de la capitale.
Obituaire
A l'homme engagé qui aimait son parti et son pays
James Burty David (63 ans), député correctif
de la circonscription no. 1 (Grande Rivière Nord Ouest-Port
Louis Ouest) et ministre des Administrations régionales
et de Rodrigues est décédé subitement, dimanche
dernier, en accomplissant une des tâches qui le passionnait
le plus dans sa vie : parler aux gens et essayer de les convaincre
de l'authenticité de l'engagement de son Parti travailliste
en faveur de la société mauricienne.
Un proverbe irlandais dit que celui qui veut bien agir se lève
à la première heure. Pendant que nombre de ses contemporains
se passionnaient pour Elvis Presley, Cliff Richard et les Beatles,
James Burty David n'avait, lui, que 16 ans, en 1964, lorsqu'il
se joignit au Parti travailliste. Habitant de la rue Mère
Barthelémy, dans le Ward IV politiquement conscient de
Port- Louis, et étudiant au collège Bhujooharry,
malgré son jeune âge, il avait déjà
beaucoup lu sur le socialisme et avait déjà témoigné
des combats que menaient ses voisins Veerasamy Ringadoo et, surtout,
un certain Renganaden Seeneevassen, pour l'avancement et le progrès
de la classe ouvrière de notre pays.
On a entendu souvent reprocher à James Burty David de toujours
avancer sur le terrain politique les yeux constamment rivés
dans le rétroviseur. Notamment, quand il s'attaquait aux
restants de privilèges qu'il jugeait encore très
conséquents de l'oligarchie blanche en faisant sans cesse
référence à la hargne qui caractérisait
durant la fin des années 1950, Noël Marrier d'Unienville
(NMU), éditorialiste du Cernéen, le journal
fondé par Adrien d'Epinay. Il n'en avait cure. Et, non
sans raison parce que ce genre de reproches est, généralement,
adressé qu'à ceux-là qui ont un réel
sens de l'Histoire. Ici même, malgré la distance
qui nous séparait de lui, nous avons, contre vents et marées,
défendu le droit de JBD de s'indigner, par exemple, que
la statue de d'Epinay, cet arrogant défenseur de l'Esclavagisme,
trône encore dans le centre-ville de Port-Louis alors que
les victimes de son système barbare d'exploitation de l'homme,
pourtant décrété crime contre l'Humanité
par les Nations unies, en sont encore, eux, en quête de
vérité et de justice. Mais, pour James Burty David,
le passé n'était pas un divan, mais un tremplin.
Il avait réalisé que pour comprendre le présent
et le faire comprendre à la masse, il lui fallut remonter
le plus loin possible dans le temps afin de démontrer que
son Parti travailliste - faute d'être parvenu à changer
la vie des gens en 100 jours - a, néanmoins, beaucoup fait
bouger le pays dans la voie du développement humain depuis
sa création en 1936 par le bon vieux docteur Maurice Curé.
C'est vrai, JBD ennuyait souvent par ses formules grandiloquentes
style
"la main invisible de l'Histoire" qu'il utilisa, en
1994, pour justifier l'entente électorale avec son ennemi
juré, le MMM, quand tel arrangement fut utile pour sortir
le Ptr de la poubelle de l'Histoire et lui-même de l'oubli
dans lequel il était tombé entre 1982 et 1995 (après
les premières élections 60-0). Certes, ses versions
des faits historiques - certaines capables de rendre perplexe
son propre leader, Navin Ramgoolam lui-même - pouvaient
être contestées et étaient contestables. Mais
jamais on ne pourra dire que James Burty David ne fut pas sincère
dans son engagement politique. Et, comme a fait remarquer l'autre,
souvent ce qu'on estime ennuie.
James Burty David a été deuxième député
de Quatre-Bornes en 1976, circonscription qu'il a dû ensuite
fuire pour aller se faire électoralement massacrer à
Mahébourg-Plaine Magnien cinq ans plus tard. Après
la déroute du Parti travailliste de Sir Seewoosagur Ramgoolam
en 1982, il s'était brûlé aux yeux du successeur
de ce dernier à la tête du pays en empêchant
Sir Anerood Jugnauth de faire un OPA sur son parti. Tout en en
restant un membre, il avait alors choisi de reprendre tranquillement
les chemins de l'école pour exercer sa profession d'enseignant
de français et de littérature française aux
Collèges Eden avant d'en devenir le recteur. James Burty
David devait revenir au avant-poste de son parti avec le retour
au pays de Navin Ramgoolam. Depuis, il a énormément
contribué à réimplanter le Labour dans Port
Louis où ce parti ne parvenait plus à se faire élire
depuis 1967.
Beaucoup de ceux qui le pleurent affirment que JBD a été
d'une indéfectible fidélité à son
parti depuis plus de quarante ans. C'est une vraie lapalissade
dans son cas. En réalité, on ne peut pas ne pas
être fidèle à soi-même. Homme de conviction,
homme de passion, James Burty David de par son alliage au travaillisme
mauricien avait fini par en être l'incarnation même.
Bien plus, avec la disparition des pères-fondateurs du
Labour et de leurs successeurs immédiats, il était
devenu l'unique trait d'union, le témoin, entre la période
pré-Indépendance et les jeunes labourites du jour.
Beaucoup d'historiens - et surtout de pseudos-historiens - vont
vouloir entrer dans ses souliers pour essayer de transmettre la
connaissance des hauts faits de leurs authentiques aînés
socialistes que furent Curé, Rozemont, Anquetil, Senneevassen.
Mais, exception faite, peut-être de M. Moonindranath Varma,
on ne voit pas vraiment qui pourrait faire mieux assumer ce rôle
de formateur politique que James Burty David lui-même surtout
lorsqu'il était capable de se débarrasser de son
trop plein d'intempérance.
Plutôt que de parler de fidélité, il eut était
plus approprié de relever que James Burty David a su faire
mentir, au moins, deux pensées des plus cyniques en matière
de comportement politique. Certains ont soutenu que pour être
de son parti, il faut être prêt à changer souvent
d'opinion. On soutient également que prétendre aimer
et servir un parti toute votre vie, c'est comme si vous prétendiez
qu'une bougie continuera à brûler aussi longtemps
que vous vivrez. Or, malgré les zig-zag, alliances et mésalliances
du Parti travailliste avec d'autres partis amis ou adversaires,
James Burty David, reconnaissons-lui ce mérite, a toujours
tenu la même posture sur l'essentiel de ce que fut ses propres
combats. Nommément, contre les forces de la réaction
capitalistes des années pré-Indépendance,
sur la défense de l'État-providence, contre le système
raciste de l'Aparthëid et sur l'agression israélienne
contre les palestiniens opprimés. Et sur le conflit au
Moyen-Orient, il convient de le souligner - malgré son
appartenance à une congrégation adventiste pour
laquelle Israël est le peuple choisi de Dieu, JBD fut d'une
intransigeance admirable...
La poursuite d'un idéal fait des héros quant l'objectif
est atteint. James Burty David et son parti ne sont pas encore
parvenus à faire de l'île Maurice un pays où
tous les citoyens sentent qu'ils jouissent des mêmes droits
et des mêmes opportunités de réussir. Si c'était
le cas, cela se saurait et il n'y aurait pas eu, d'ailleurs, besoin
que le gouvernement qu'il a servi jusqu'à son dernier souffle
vote une loi qui s'appelle l'Equal Opportunité Act
(dont on attend toujours la mise en uvre). Mais, c'est indéniable
que James Burty David a été un héros pour
son parti. Et, cela ne devrait étonner personne que son
nom aille rejoindre celui de docteur Maurice Curé sur la
stèle qui sert de Panthéon du Parti travailliste
au Square Guy Rozemont.
C'est devant la mémoire de cet homme engagé et excellent
pédagogue qui a forgé l'avenir de milliers de citoyens
d'un pays qu'il a tant aimé que Week -End s'incline
aujourd'hui. Que son épouse Lilette, son fils Fabrice,
sa fille Christelle et tous ses proches veuillent bien recevoir
l'expression de nos plus vives sympathies.
Vendredi prochain, 25 décembre
Célébration du mystère chrétien
de l'Incarnation
Les chrétiens du monde entier s'apprêtent à
célébrer, vendredi prochain, 25 décembre,
la fête de Noël. Deuxième fête en importance
du calendrier liturgique après Pâques, Noël
célèbre le mystère chrétien de l'Incarnation,
à savoir, le jour où Dieu a pris corps de chair
et s'est fait homme.
Au commencement de sa Lettre aux Hébreux, Saint Paul écrit
: "Après avoir, à bien de reprises et de
bien de manière, parlé autrefois aux ancêtres
par les prophètes
Dieu nous a parlé par son
Fils". Danielle Palmyre, théologienne auprès
du diocèse de Port-Louis appelle à se référer
à la traduction anglaise du mot Noël - Christmas -
pour mieux saisir que Noël - du latin, "natalis"
(naissance) - célèbre la naissance du Christ, "celui
que Dieu envoie pour libérer son peuple et l'Humanité
entière de ce qui les empêche de vivre".
"Ne craignez pas ! Je vous annonce une Bonne Nouvelle
et une grande joie pour vous et pour le peuple. Aujourd'hui, dans
la ville de David, un Sauveur vous est né. Il est le Christ,
le Seigneur", écrit, ainsi, Saint Luc dans son
Evangile à propos de la parole de l'ange à des bergers
se trouvant dans le voisinage de Bethléem au moment de
la venue au monde du messie promis.
Dans l'Ancien Testament, dans le Deuxième Livre de Samuel,
Dieu, à travers le prophète Natan, annonce au roi
David la pérennité de sa royauté : "Losque
tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec
tes pères, j'élèverai ta descendance après
toi, celui qui sera issu de toi-même et j'établirai
fermement sa royauté. C'est lui qui bâtira une Maison
pour mon Nom et j'établirai à jamais son trône
royal ; je serai pour lui un père et il sera pour moi un
Fils". Par le biais de Joseph, son "père
adoptif", Jésus, le Christ, est, en effet, ce lointain
descendant de David auquel se réfère le Deuxième
Livre de Samuel.
Pour Danielle Palmyre, l'avènement du Christ dans la fragilité
d'un nouveau-né qui prend naissance dans le dénouement
le plus total d'une étable plutôt que dans le faste
d'un palais témoigne que "Dieu n'est pas du côté
des forts et des puissants". "Il est, dit-elle, l'ami
du pauvre et le compagnon du faible. Sa force, c'est son amour
sans limites et sans fin. ce qui signifie que les humains ne doivent
pas exploiter les autres mais se mettre au service les uns des
autres ; partager ; faire en sorte que l'autre réussisse".
Du roi triomphant que l'on attendait, Jésus, le messie
se révélera, ainsi, humble "serviteur souffrant".
annonçant "la Bonne Nouvelle aux pauvres".
Cette année, c'est du monument Marie-Reine-de-la-Paix que
sera retransmise en direct sur MBC/tv la veillée de Noël
du 24 décembre présidée par le père
Henri Souchon, curé de l'Immaculée conception à
partir de 20h00. Le lendemain, 25 décembre, jour de Noël,
la messe de 10h00 de l'église Saint Sauveur, Bambous, célébrée
par le père Michel Moura sera radiodiffusée en direct
sur MBC/radio. Le soir à la télévision, l'évêque
de Port-Louis adressera son traditionnel message de Noël.
Suivra une émission intitulée "Zézi,
Nou Pli Zoli Kado" animée par des paroissiens de St
Pierre. Il est à noter que les horaires des messes de la
soirée du 24 et la matinée du 25 décembre
dans les différentes paroisses catholiques de l'île
peuvent être consultés sur le site web du diocèse
catholique, www. dioceseportlouis. org.
Distribution des cadeaux aux enfants défavorisés
Noël apporte chaque année un message d'espoir. C'est
dans cet esprit que la Brahma Kumaris Raja Yoga Meditation Centre
de Quatre-Bornes a voulu apporter un peu de joie aux gosses défavorisés
de la région. Un après-midi de réjouissances
dimanche dernier avec un programme de chants, de danses et un
sketch et aussi une distribution de cadeaux aux enfants de différentes
groupes d'âges.
Les enfants ont émerveillé le public en exécutant
avec brio les numéros de danses qui mettent en évidence
leur grande souplesse et la précision de leurs mouvements.
Dans ce registre, saluons la prestation de la petite Juliana de
France dans un numéro de bharatnatyam bien synchronisé
sur les airs de Kehta Hai Mera Yeh Dil Piya. Tejol a fait
un tabac avec la chanson Anchal Ke Tujé. Les groupes
de Quatre-Bornes et de Providence ont dansé sur le rythme
d'Imagination, habillés comme des anges.
Le Père Noël s'est permis de visiter trois familles
avec lesquelles, il a été particulièrement
généreux l'année dernière à
l'occasion de la Noël. La famille Gaspin fait toujours du
gaspillage, la famille Tolère se querelle entre eux sur
l'utilisation de l'ordinateur et l'autre famille ne jure que par
l'argent.
Sister Chandra, la responsable du Brahma Kumaris de Quatre-Bornes
a invité les enfants à combattre l'intolérance
et le matérialisme et à être obéissants
envers les parents.
Dimanche dernier au MGI
Célébration du 40ème anniversaire de la
Marathi Sahitya Parishad
La Marathi Sahitya Parishad a célébré son
40ème anniversaire dimanche dernier à l'Institut
Mahatma Gandhi. Cette cérémonie a été
marquée par une distribution de prix aux gagnants de différents
concours organisés par le mouvement.
Le président de la Marathi Sahitya Parishad, Meveen Kadam
Narroo a déclaré que le mouvement a été
fondé en juillet 1969 par le professeur Gajanan Purushottam
Joshi. Le centre débuta avec vingt membres, une centaine
d'étudiants et devint la plus grande institution dispensant
des cours gratuits en marathi dans ses 17 branches à travers
le pays.
Balraj Narroo, le président de la Mauritius Marathi Cultural
Centre Trust et de la Mauritius Cultural Centre Trust et de la
Mauritius Marathi Mandali Federation a déclaré que
depuis sa création en 1969, la MSP a toujours oeuvré
à la propagation de la culture et la langue marathi à
Maurice. La fédération a-t-il dit, remboursait les
frais d'examens des élèves ayant pris part aux examens
en marathi au School Certificate et au Higher School Certificate.
Kreshan Narroo, le PRO de la MSP a souligné que le centre
fut crée le 17 juillet 1969 par le professeur Gajanand
Joshi avec la collaboration de D. Babajee, Mahadeo Gunnoo, Jayram
Mulloo, Babooram Mahadoo, Jayram Nowjee et Babooram Gunesh. Durant
ces quarantes dernières années, le centre a formé
plus de 7000 étudiants. Homrajen Gowreea a aussi rendu
hommage à Gajanand Joshi.
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