s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 20 décembre 2009



  Changement climatique - Sommet de Copenhague : la montagne accouche d'une souris !
  Jeudi à Copenhague - Navin Ramgoolam: "Réussir de façon spectaculaire la transition vers des énergies renouvelables"
  Après une première vague de dégraissage - Sentiment d'insécurité d'emploi à la Barclays
  De Rivière du Rempart à Pointe des Lascars : - La rivière polluée incommode
  Places vacantes en Form I - Deuxième exercice d'admission et de transfert, lundi et mardi
  Education — L'autre Morne - Chronique d'un échec scolaire programmé
  Difficultés éprouvés par les artistes exerçant dans l'hôtellerie
  Justice - Une section de la loi contre le blanchiment d'argent déclarée anticonstitutionnelle
  Mardi dernier - Funérailles nationales pour James Burty David
  Obituaire - A l'homme engagé qui aimait son parti et son pays
  Vendredi prochain, 25 décembre - Célébration du mystère chrétien de l'Incarnation
  Distribution des cadeaux aux enfants défavorisés
  Dimanche dernier au MGI - Célébration du 40ème anniversaire de la Marathi Sahitya Parishad


Changement climatique

Sommet de Copenhague : la montagne accouche d'une souris !

Après deux semaines de blocage, de négociations acharnées, seule une déclaration de compromis sur le climat, non contraignante, a été obtenue in extremis vendredi soir par les pays développés et émergents à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague. A hier, le texte faisait toujours l'objet de débats, parfois amers, car certains pays menacent de ne pas signer d'accord en l'absence d'objectifs précis et d'engagement formel quant à une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Le texte doit en effet être approuvé par l'ensemble des 193 Etats participant à la conférence, mais plusieurs d'entre eux ont laissé entendre qu'il n'était pas acceptable. "J'ai le regret de vous informer que Tuvalu ne peut accepter ce document", a déclaré hier matin le délégué du petit Etat insulaire de l'océan Pacifique, menacé de disparaître de la surface du globe par la montée du niveau des eaux. Il avait souligné en début de semaine que l'objectif de limiter la hausse des températures à 2°C par rapport à l'ère préindustrielle était trop vague et signifierait "la fin de Tuvalu". Il a été rejoint dans son rejet du texte par les délégués du Venezuela, de Bolivie, de Cuba ou du Nicaragua, qui ont tous dénoncé avec colère un projet ne permettant pas de répondre au défi du changement climatique.

Certains pays n'ont pas caché leur agacement quant à la façon dont les dirigeants des grands pays ont négocié en petit comité. La déclaration politique proposée vendredi soir est issue des discussions menées par 26 pays industrialisés et émergents, mais elle est essentiellement le fait des Etats-Unis et de puissances en devenir : Chine, Inde, Brésil et Afrique du Sud. L'Union européenne, elle-même, a été écartée des ultimes tractations.

Les Organisations non-gouvernementales, pour leur part, sont très remontées. Selon ActionAid, les Etats-Unis sont les principaux responsables du fiasco. "Personne ne sort grandi de ces négociations", a affirmé la directrice d'ActionAid, Anne Jellema. Un avis que partage Greenpeace : "Les Etats-Unis ont traîné les pieds et n'ont montré aucun signe de leadership", alors que pour Kim Carstensen, du WWF International, le document adopté est "seulement une déclaration d'intention qui ne lie personne de manière contraignante".

Le document prévoit en effet de limiter le réchauffement planétaire à 2 degrés par rapport aux niveaux préindustriels. Pour avoir une chance d'y parvenir, les scientifiques estiment qu'il faut réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'au moins 50 % d'ici à 2050. Or, le texte ne reprend ni l'objectif global de réduction des émissions de CO2 de 50% d'ici à 2050, rejeté par la Chine et l'Inde, ni l'idée d'une Organisation mondiale de l'Environnement - deux points défendus jusqu'au bout par les Européens. Les pays participants ont accepté de prendre par écrit des engagements sur leurs objectifs de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2015-2020, qui seront annexés à la déclaration politique.

Faute d'une instance internationale chargée de vérifier leur mise en œuvre, chaque pays s'engage à adapter sa législation nationale pour la rendre conforme à ces engagements. Le président américain Barack Obama qui a réussi, comme la Chine et l'Inde, à faire prévaloir ses positions restrictives sur les ambitions européennes, a estimé que ça n'était qu'une étape. "Il nous faut aller beaucoup plus loin", a-t-il dit. La Commission européenne juge, pour sa part, qu'"un accord vaut mieux qu'une absence d'accord", mais estime que celui de Copenhague n'est pas à la hauteur de ses attentes.

Le projet de déclaration reprend l'idée d'un fonds de 10 milliards de dollars par an en 2010-2011-2012 pour faire face aux besoins des pays pauvres et aborde la nécessité de porter cette aide à 100 milliards de dollars par an à compter de 2020. Les participants, y compris les Etats-Unis, ont reconnu la nécessité de financements innovants.

Seule la Chine, qui a failli quitter les négociations vendredi après-midi, s'est félicitée d'un résultat positif. "Tout le monde devrait être satisfait", a déclaré le chef de sa délégation Xie Zhenhua. La déclaration finale souligne, à la demande de Pékin, la nécessité de protéger la souveraineté nationale. L'Union européenne et les Etats-Unis souhaitent que le projet d'accord de Copenhague soit transformé en traité, un instrument juridique contraignant, en 2010.


Jeudi à Copenhague

Navin Ramgoolam: "Réussir de façon spectaculaire la transition vers des énergies renouvelables"

"...si nous pouvons réussir de façon spectaculaire la transition vers des énergies renouvelables et de diminuer considérablement notre dépendance aux énergies fossiles, si une petite île comme Maurice peut le faire, alors il n'y a aucune raison pour que tout le monde ne puisse le faire. " C'est un des moments forts de l'allocution du Premier ministre, Navin Ramgoolam, alors qu'il prenait la parole, jeudi, à la conférence des Nations unies sur le changement climatique, à Copenhague.

Cette partie du discours du chef du gouvernement mauricien met particulièrement en valeur les actions prises par Maurice pour réduire sa dépendance des énergies fossiles en augmentant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. "Right now we can increase our dependency on renewable fuel by as much as 60% by 2025", a assuré le Premier ministre, tout en soulignant l'importance du soutien des pays développés aux petits Etats insulaires et les pays en développement, "this figure is only attainable is we can tap the new fund being set up in January 2010 as well as if we can get access to new technology. With all the goodwill in the world, that target of 60% would be reduced to 25% only."

Ce dernier a d'ailleurs exprimé sa satisfaction par rapport à la proposition de débloquer un fonds d'aide de 10 milliards USD par an, et ce à partir de janvier 2010 pour soutenir les pays en développement. "Je dois rappeler que lors de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth au Trinité-et-Tobago le mois dernier, nous avons convenu à ce que des 10 milliards USD, au moins 10% doit être accordé aux petits Etats insulaires en développement", a-t-il déclaré.

Hormis son plaidoyer en faveur des petits Etats insulaires lors du Sommet de Copenhague, le Premier ministre a souligné la nécessité que les 192 pays participants aient un objectif commun au nom de la survie de notre planète. Dans ce contexte, il a fait une comparaison intéressante entre la planète mars et celle de la Terre. "Compare planet Mars to planet Earth and you must immediately see the difference between the two planets. It makes you realise what a wonderful home planet we have", a-t-il déclaré avant d'insister plus loin que "we need to put aside our national concerns and act with a common purpose."

Ce dernier n'a pas manqué de citer comme exemple sa décision de renverser une décision de l'ancien gouvernement lorsqu'il a accédé au poste de Premier ministre en 2005. Il s'agit du projet d'autoroute traversant la Vallée de Ferney: "I cancelled a loan from the African Development Bank which the previous government had contracted for a huge road project through a valley endowed by the most unique biodiversity and would have involved felling of many trees as well. This would have been an environmental disaster."

Par ailleurs, lors de son passage à Copenhague, Navin Ramgoolam, a eu l'occasion de s'entretenir avec Nicolas Hulot, président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme. Les discussions ont porté sur la possibilité d'un partenariat entre le gouvernement mauricien et cette même fondation dans le cadre de la conférence internationale sur le projet Maurice, île durable que le pays prévoit d'organiser en 2012. Vendredi, le Premier ministre s'est également entretenu avec Hilary Clinton, Secrétaire d'Etat des Etats-Unis et le Premier ministre anglais, Gordon Brown.


Les points saillants du texte

Une hausse des températures globales limitée à 2 °C

Les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d'ici à 2050 par rapport aux niveaux préindustriels, l'objectif affiché de la conférence sur le climat. C'est moins ambitieux que ce ne réclament les petits États insulaires, représentés par Grenade et les Maldives, qui militaient avec les pays les moins avancés pour une hausse maximale de 1,5 °C. Selon un calcul des Nations unies, l'addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C. Une proposition annexée à l'accord appelle la communauté internationale à conclure un traité contraignant d'ici la fin de l'année prochaine.

Pas d'objectifs de réduction des émissions de CO2

L'accord ne fixe pas d'objectifs chiffrés de réduction d'émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2050. Pour les pays industrialisés, les objectifs de réduction d'émissions de CO2 d'ici à 2020 ne seront fixés qu'en janvier, après que chacun des pays industrialisés "aura donné par écrit" ses propres engagements. L'Union européenne maintiendrait son objectif de réduire ses émissions de 80 % d'ici 2050. Cependant, elle ne reverra pas à la hausse son objectif de réduction à l'échéance 2020, qui sera de 20 % et non de 30 %.

Aide à l'adaptation des pays en développement

Les chefs d'Etat ont accepté de consacrer 100 milliards de dollars par an d'aide aux pays en développement à compter de 2020 et d'examiner pour ce faire des financements innovants. Les Etats-Unis se sont engagés à verser 3,6 milliards de dollars d'aide aux pays les plus vulnérables d'ici 2012 pour les aider à s'adapter aux impacts du changement climatique. "L'engagement collectif des pays industrialisés est d'apporter des ressources nouvelles et supplémentaires d'un montant total de 30 milliards de dollars", précise le texte. L'Union européenne avait déjà promis de verser 10,6 milliards de dollars sur les années 2010, 2011 et 2012 et le Japon a annoncé à Copenhague 11 milliards de dollars sur les trois ans.

Pas d'Organisation mondiale de l'environnement

L'accord ne prévoit pas la création d'une Organisation mondiale de l'environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun, les contraignant légalement. Cette déclaration politique sera à nouveau débattu lors de négociations à Bonn (Allemagne) dans six mois pour préparer la prochaine conférence sur le climat de Mexico, fin 2010. La partie du texte sur la vérification internationale du respect des engagements pris est la plus longue du projet d'accord. Elle précise que les économies émergentes doivent faire le bilan de leurs efforts et en rapporter aux Nations unies tous les deux ans. Des contrôles internationaux sont prévus pour répondre aux exigences occidentales de transparence mais le texte garantit le "respect de la souveraineté nationale". Une manière d'écarter tout contrôle contraignant.

Protection des forêts

Le texte reconnaît l'importance de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et la nécessité d'améliorer l'élimination de gaz à effet de serre par les forêts. Il prévoit des mesures "incitatives" pour financer la protection des forêts avec des fonds des pays développés.


Quelques réactions

Ban Ki-moon (SG de l'ONU)

"Finalement, nous avons scellé un accord. L'accord de Copenhague ne répondra peut-être pas aux espoirs de tous, mais cette décision (...) est un premier pas important."

Greenpeace

"Cette déclaration ne vaut pas la feuille de papier sur laquelle elle est écrite. Et les coupables le savent bien, qui se sont vite enfuis en avion, chez eux, la honte au front."

Mohamed Nasheed (président des Maldives)

"Il existe un vrai danger de voir ces discussions (sur le climat) subir le même sort que les négociations commerciales et d'autres discussions multilatérales."

Commission européenne

"Mais il maintient en vie nos objectifs et nos ambitions. Il prend en compte les besoins des pays en développement. C'était le seul accord possible à Copenhague."

Gordon Brown (PM britannique)

"Je suis venu ici à Copenhague en souhaitant l'accord le plus ambitieux possible. C'est un début. Je crois qu'il nous faut maintenant continuer pour assurer rapidement une issue juridiquement contraignante."

Djamila Sonzogni (Les Verts et les écologistes)

"Le résultat est aussi désespérant que les enjeux étaient d'importance. La Chine et Obama sont les coupables numéro un, mais l'Europe a péché par sa désunion et son absence de leadership."

Nicolas Hulot

"C'est de l'improvisation, cela faisait deux ans qu'on travaillait pour arriver à ce résultat. C'est consternant et affligeant"

John Lanchbery, Birdlife International (ONG)

"Cela semble très vague. Il n'y a pas d'étape suivante, ni rien qui indique comment parvenir à un accord final."

John Ashe (ONU)

"Vu le point de départ et les attentes qui pesaient sur la conférence, tout autre issue qu'un accord légalement contraignant n'atteint pas l'objectif. D'un autre côté, je me rends bien compte que la barre était peut-être placée un peu haut, et le fait qu'il y ait à présent un accord (...) nous donne peut-être un point d'appui."

Fredrick Reinfelt (Premier ministre suédois)

"Ce n'est pas un accord parfait, il n'est pas de nature à répondre à la menace climatique."

Nnimmo Bassey (Friends of the Earth)

"Copenhague a été un désastre pour les plus pauvres de la planète. En retardant leur action, les pays riches ont condamné des millions de gens à la faim alors que le changement climatique va s'accélérer."

Bruno Sekoli (Lesotho)

"1,5 degrees is non-negotiable. More than that means death to Africa. It will cause unmanageable consequences. It will leave millions of people suffering from hunger, diseases, floods and water shortages."


Après une première vague de dégraissage

Sentiment d'insécurité d'emploi à la Barclays

Malgré les tentatives de la direction de les rassurer, les employés de la Barclays craignent le pire. Les derniers licenciements font redouter d'autres à divers échelons. D'ailleurs, les syndicats ont approché le ministère du Travail pour l'aviser de cette affaire, estimant que l'avenir des employés de la Barclays est menacé. Les différents changements qui s'ancrent actuellement au sein de l'établissement bancaire ne présagent pas nécessairement de bonnes nouvelles, estiment certains. Et encore moins les rumeurs qui ont récemment circulé autour des fermetures de succursales que la Barclays considère non profitables, principalement dans les régions rurales…

Après le licenciement de 13 de ses employés sous contrat - considéré par beaucoup comme une première vague de licenciements - la direction de la Barclays assure qu'il n'y en aura pas d'autres. Le message du managing director de la Barclays, Ravin Dajee, au cours de la fête de fin d'année a été clair sur la question, laissent entendre les employés. Toutefois, un sentiment d'arrière-goût demeure, disent-ils. D'autant que ce message aurait fait comprendre aux employés que leur performance est une question sine qua non. L'objectif de la banque, selon nos informations est d'augmenter la profitabilité de l'établissement "at any cost". D'ailleurs, deux représentants indiens ont été recrutés pour renforcer l'équipe de direction. Toutefois, les changements apportés ces derniers temps au sein de l'établissement bancaire provoquent des remous, d'où la peur des employés de perdre leur emploi "at any cost". Au début du mois de décembre, la branche de la Barclays de la Mauritius Bank Officers Guild, a d'ailleurs informé le ministère du Travail concernant deux items de la section 68 de l'Employment Relations Act 2008, notamment "the signing of the Procedure Agreement between parties" et "the signing of a Collective Agreement between parties". Cette mise en perspective du syndicat relève de trois constat soit : i) application of the leave regulations and amendment brought thereto by the bank ; ii) application of disciplinary procedures as per management proposal outside an agreement on the basis principles to be laid down in the Procedure Agreement ; iii) lack of information as asked by employees and the unilateral interpretation by management of existing conditions of employment.

Ce syndicat précise qu'il craint que "la Barclays Bank Plc - Mauritius is dictating the group policy on collective bargaining in Mauritius". Citant en exemple les treize derniers licenciements, la MBOG explique au ministère du travail qu'il craint qu'il y a une certaine pression de l'étranger pour réduire le personnel de la banque. Ce syndicat fait appel au ministère du Travail d'agir en conséquence, afin de rassurer les employés de la banque sur leur sort. Cela, malgré la garantie formelle donnée, lors d'une fête par la direction, que les licenciements ne sont pas à l'agenda de la banque. Mais les rumeurs sur la situation à la Barclays provoquent de nombreux doutes auprès des employés. D'autant que les interrogations fusent autour de la récente demande de la banque auprès de la auprès de la Banque de Maurice (BoM) en vue de fermer ses 16 information bureau en novembre dernier. Demande qui n'a toutefois pas été approuvée, la BoM indiquant que ces postes avaient été créés "on the ground that the outlets would serve as decentralised and accessible customer touch points, in line with the bank's strategy to provide flexible and convenient banking services. Your bank is now proposin ti close thse units with the possibility of reopening them in future. In this regard, we advise that the bank is not in favour of frequent opening and cloosing of places of business as it results in avoidable inconvenience to the public". Outre cette première option, certaines sources indiquent que la Barclays envisagerait de fermer certaines de ces succursales, principalement situées dans les régions rurales, qu'elle considère non profitables. De quoi laisser les employés dans le doute sur leur avenir…


De Rivière du Rempart à Pointe des Lascars :

La rivière polluée incommode

Plusieurs habitants de Rivière du Rempart se plaignent d'être incommodés par une odeur nauséabonde qui se dégage de la rivière ex-railway. Ils soutiennent également qu'en raison de l'embouchure de cette rivière, les poissons de Pointe des Lascars meurent. Ils en ont retrouvé plusieurs ces derniers jours dans le lagon ainsi que dans un bassin à proximité du lagon. Ils mettent en cause l'usine sucrière de Mon Loisir, estimant que l'établissement déverserait des effluents dans la rivière provoquant ainsi une "épidémie de poissons morts". Week-End a été sur place mercredi après-midi pour constater de visu la situation dans laquelle vivent les habitants de Rivière du Rempart. En effet, une odeur fétide et nauséabonde émane de cette eau stagnante. Des résidus noirâtres a envahi la rivière de partout. On ne peut rester près de la rivière plus de quinze minutes à cause de cette odeur répugnante. Selon les habitants, ce n'est pas la première fois que ce problème de pollution surgit à Pointe des Lascars et Rivière du Rempart. Dans le passé, ils ont disent-ils, plusieurs fois protesté auprès des autorités. Inactive depuis deux ans en raison d'un incendie, l'usine a récemment repris ses activités. Depuis, le problème de pollution a resurgi…

Les habitants de Rivière du Rempart disent ne plus savoir à quel saint se vouer. Malgré les nombreuses lettres adressées aux autorités, leurs cris n'ont pas été entendus. "Bizin pass lor sa pont la pou ki ale vers health track. Ki health track gouverneman konstrir pou ki apré nou ress dan enn pourritir pareil", s'insurge un habitant. Et un autre d'ajouter: "La loi zis pou ti dimoun. Ou zett enn cigarette ou paye laman, mé gueté ki lisine Mon Loisir pe fer? Pena la loi pou zot sa, bann gran dimoun sa!".

Pour les habitants, il est indéniable que les effluents déversés par l'établissement sucrier Mon Losir est la cause de cette pollution. "Mo dir ou dan gramatin, bizin avance moustik pou passé", ironisent un jeune habitant. Ce n'est toutefois pas la première fois que ce problème surgit. Inactive depuis deux ans, en raison d'un incendie, leurs cauchemars disent-ils, ont recommencé avec la reprise des activités de l'usine au mois d'août. "La porte la fenetre pas kapav ouver, ou senti sa be ou kapav malad enn semaine", se lamente une habitante. "Bel bel causé minis causé, Maurice île Durable, dévelopment vert? Abé kot minis la? Nou pe viv dan enn pourritir? Samen lavenir bann habitants Rivière du Rempart? Samen lavenir Moris?", grogne un autre.

"Monn écrir partou mé zot dir ounou pe fer suivi. Zamai monn pane trouve personne vini moi, kuma mo pou coné aster?", peste Pritiviraj Ramphul, porte- parole des habitants. "Enn mois de cela monn ale rencontre président District Council Rivière du Rempart / Pamplemousses mé zero mem", déplore-t-il. Contacté au téléphone jeudi, le président M. Ramdhongga affirme ne pas savoir que la rivière est polluée. "Non non zamai pann gagne oken complaint", dit-il. "Inn fini plannifié travail aster, la semaine prochaine ki mo pou avoy enn lekip", affirme-t-il.

Nous avons de notre côté, essayé d'entrer en contact avec le minsitère de l'Environnement mais en vain. On nous a "gentiment" fait comprendre que le Permanent Acting Secretary (PAS) M. Jadoo, n'aime guère s'entretenir avec les journalistes alors qu'il occupe un poste de reponsabilité et qu'il valait mieux attendre le retour du ministre Lormus Bundhoo.

Du côté du Water Resources Unit du ministère des Utilités Publiques, on assure que la pollution provient bel et bien de l'usine sucrière de Mon Loisir. "We have investigated and the effluents come definitely from Mon Loisir sugar industry", dit un officier autorisé. Selon lui, ce sont les écumes généralement amassées dans l'arrière cour de l'usine qui ont été entraînées dans la rivière par les récentes fortes pluies et la brise. Mais dit-il, vu que la pollution de la rivière ne contient que du "solid waste", cette affaire n'est pas du ressort du Water Resources Unit. "C'est le ministère de l'Environnement qui doit tout coordiner. De notre côté, nous avons écrit à la direction de l'usine sucrière pour que les mesures qui s'imposent soient adoptées mais jusqu'ici aucune réponse. De toutes les manières, c'est le ministère de l'Environnement qui doit tout coordiner comme il le faisait jadis", dit cet officier.

En ce qui concerne les poissons retrouvés morts par les pêcheurs, après que ces derniers aient informé le Fisheries Post de Poudre d'Or dans le courant de la semaine, l'officier ne pouvant se déplacer a, à son tour contacté les officiers du Fisheries Research Centre d'Albion. Deux officiers ont le jour même soit mercredi, été dépêchés sur les lieux mais selon un officier autorisé du Fisheries Research Centre d'Albion, ils n'ont trouvé aucun poisson mort à Pointe des Lascars. Ils assurent cependant, qu'un échantillon d'eau a été emporté à des fins d'analyse et disent-ils, les résultats seront connus la semaine prochaine.

L'usine sucrière de Mont Losir, par le biais de son "factory manager", Jean-Noël Fayolle, déclare quant à lui que Mon Loisir n'a rien à se reprocher. "Nous avons déjà pris les mesures qui s'imposent", dit-il. On se demande toutefois, comment ces résidus noirâtres flottent toujours dans la rivière... Faut-il que cette odeur répugnante commence à nuire à la santé publique pour que les autorités réagissent?


Places vacantes en Form I

Deuxième exercice d'admission et de transfert, lundi et mardi

Des places vacantes étant disponibles dans les collèges régionaux, le ministère de l'Education a décidé de procéder à un deuxième exercice d'admission, demain et mardi. Ainsi, les parents et autres parties responsables dont les enfants n'ont pas obtenu de place en Form I, de même que ceux qui désirent faire une demande de transfert doivent se rendre dans les différents centres d'enregistrement en se munissant de leur carte d'identité nationale, de l'acte de naissance de l'enfant et du result slip des examens du CPE 2009. Les centres d'enregistrement sont : Zone 1(Port-Louis et Nord), ministère de l'Education (rue Edith Cavell) et Droopnath Ramphul SSS. Zone 2 (Beau-Bassin/Rose-Hill et Est) Queen Elizabeth College et Rajkumar Gujadhur SSS. Zone 3 (Curepipe et Sud), Collège Royal et Sookdeo Bissoondoyal SSS. Zone 4 (Vacoas/Phoenix, Quatre-Bornes et Ouest), Dr.M.Curé SSS et Swami Sivananda SSS.


Education - L'autre Morne

Chronique d'un échec scolaire programmé

"Il faut que l'école du village soit intégrée dans la liste des écoles ZEP parce que ces enfants ne sont pas, et ce n'est pas de leur faute, des élèves comme les autres. "

Si la montagne du Morne est inscrite sur la liste des sites du Patrimoine mondial de l'UNESCO, l'école du village qui porte le même se retrouve, cette année, sur une autre liste. Celle des écoles ayant eu les plus mauvais résultats au CPE. Sur les 23 élèves qui se sont présentés aux examens de fin de cycle primaire cette année seulement trois ont passé.

Il existe deux endroits qui portent le nom de Morne à Maurice. Il y a tout d'abord la montagne elle-même, auréolé du mythe qui l'entoure et qui focalise l'attention. Sur ses flancs, où la toise se vend à prix d'or, sont bâties de superbes villas et à ses pieds des hôtels - certaines dotés de terrains de golf - à plusieurs étoiles. Ce Morne là est une des localités les plus prospères du pays. L'autre Morne est le village du même nom qui se trouve, plus au sud, de l'autre côté de la montagne. On contourne le village pour aller vers les hôtels, on le traverse rapidement pour aller au sud. Il se trouve du mauvais côté de la montagne, de son coté obscur. Fait partie de l'île Maurice des oubliés de la croissance que l'on n'aime ni montrer, ni voir. Cette île Maurice a deux vitesses qui se développe à une rapidité effrayante. C'est un village de pêcheurs étiré tout au long de la route côtière. Un village que l'on traverse sans s'arrêter parce qu'à part d'une table d'hôte il n'y a rien au Morne. Pas de bureau de poste, pas de poste de police, un dispensaire pas toujours ouvert. Pour s'approvisionner les 1500 habitants doivent remonter vers Case Noyale ou Rivière Noire ou descendre plus au sud, à Baie du Cap ou Chemin Grenier. A l'origine le village de pêcheurs le Morne est constitué aujourd'hui d'une population qui fournit un réservoir de main-d'œuvre nécessaire aux hôtels, villas et autres IRS de la région. Les hommes sont valets, jardiniers, hommes à tout faire. Les femmes sont servantes, gardes d'enfants ou " travaillent dans la cour ". Il y a de moins en moins de pêcheurs professionnels dans la région car ils ont choisi de rendre leur carte contre une certaine somme d'argent qui a été vite dépensée. Le Morne village fait partie des endroits oubliés de Maurice parce qu'ils n'ont aucun poids ethnique ou électoral. 1,700 personnes habitent dans ce village qui fait partie de la circonscription numéro 14 qui compte 58,000 électeurs. Une goutte d'eau négligeable dans l'océan électoral. Selon les habitants un seul des quatre députés de la circonscription s'arrête de temps en temps au village : Alan Ganoo. C'est lui qui avait soulevé le problème de l'école au Parlement en 2007.

Car ce n'est pas la première fois que l'école du gouvernement du Morne se retrouve en bas de classement pour les résultats du CPE. Un sérieux incident s'était produit en 2007 à quelques mois des examens. Le responsable de la classe de sixième avait été agressé par un parent mécontent devant tout un village qui l'a laissé faire. Blessé, le professeur n'est jamais revenu à l'école. Le résultat s'est fait sentir aux examens du CPE avec un taux d'échec de 92%. Ce qui avait poussé Alan Ganoo à interpeller le ministre de l'Education au Parlement. Le ministre Gokhool s'était dit choqué par ce résultat et avait promis de s'occuper du dossier. Il avait visité l'école, qu'on avait fait repeindre pour la circonstance, annoncé de nouveaux professeurs qualifiés à la place des stagiaires fraîchement issus du MIE que l'on avait l'habitude d'envoyer au Morne et la construction d'un étage. L'équipe d'enseignants parmi laquelle se trouve un enfant grandi au village, a été renouvelée. L'étage a été construit, mais n'est pas encore opérationnel puisque pas encore meublé et équipé, donc les 170 élèves sont regroupés dans six classes et les résultats de 2008 étaient encourageants : un taux de réussite de plus de 30%. Mais alors comment expliquer ces 92% de 2009 ? A un ensemble de raisons disent les rares habitantes du village engagées dans le social qui essayent contre vents et marées de faire changer les choses au village avec l'aide de quelques ong. Il y a tout d'abord l'état d'esprit général des villageois qui ayant toujours été mis de côté du développement ont fini par se convaincre que leur destin se limitait à être pêcheur, laboureur, jardinier, homme à tout faire ou servante et garde d'enfants et que leurs enfants devaient suivre cette même voie. Pour eux les mots rêves et ambition n'ont pas de sens. Pour ces habitants là l'éducation ne mène nulle part et ils ne sont pas armés pour suivre et encourager leurs enfants dans le travail scolaire. Il y a encore le fait que les couples ne durent pas longtemps, que les échanges de partenaires sont fréquents, que les pères changent souvent et qu'il est courant pour un garçon de seize ans de venir vivre avec sa copine dans les deux pièces où habitent ses parents. " Comment voulez-vous qu'un enfant vivant dans un tel milieu puisse apprendre à l'école, même avec toute la bonne volonté des enseignants. Certains des élèves arrivent en sixième sans savoir lire ou écrire." Mais que font donc les enseignants ? " Ce que font tous les enseignants : ils sont obligés de suivre le programme et n'ont pas le temps d'apporter une attention aux enfants en difficulté. Ils sont obligés de se concentrer sur les moins mauvais de la classe en laissant les autres derrière. Et comme ces enfants là ne bénéficient d'aucun suivi chez eux, comme il n'y a pas de liens entre l'école et la maison, on collectionne les U aux CPE." Peut-on dire que tous les parents du village du Morne se désintéressent de la scolarité de leurs enfants ? "Non. Il y a des parents qui savent que l'éducation est indispensable au développement. Ceux là envoient leurs enfants à l'école de Case Noyale, de Rivière Noire ou de Baie du Cap. Ou ils envoient leurs enfants habiter chez des parents en ville pendant la période scolaire. C'est comme ça que quelques rares habitants du Morne ont réussi. Pour ce faire il fallait quitter le village et son école." Mais que font donc ces organisations et autres fédérations qui sont censées défendre et promouvoir les créoles, qui constituent la majorité au village du Morne. " Zot plis intéréssé avec montagne qui avec dimoune. Zotte galoupé kan premier ministre et ban ministre al lor montagne, zotte pas même arrête dans village."

Quelle est la solution pour que les enfants du Morne aient une scolarité disons normale, pour que l'école produise autre chose qu'une majorité de "failed" au CPE ? Educateurs, membres de ongs et habitantes du villages conscientisées répondent la même chose. "Le village du Morne est un des oubliés du développement où sévit la misère. Certains des enfants qui viennent à l'école n'ont que le pain sec offert par le gouvernement pour déjeuner avec l'eau du robinet. Il faut que l'école du village soit intégré dans la liste des écoles ZEP, parce que ces enfants ne sont pas, et ce n'est pas de leur faute, des élèves comme les autres. Ils sont en retard dès le départ et ils ont besoin des facilités des ZEP pour pouvoir se développer. C'est une absolue nécessité." Et pour quelle raison est-ce que l'école du village du Morne ne fait pas partie des ZEP ? En dépit des demandes répétées, faites par le député Ganoo, des éducateurs, des ong et des villageois, le ministère n'a jamais accédé à cette demande. Le précédent ministre était un champion de l'élite ce qui expliquerait peut-être qu'il ne s'est pas intéressé à l'école qui ne produisait que des résultats médiocres. Il faut souhaiter que l'actuel ministre qui vient d'assister à une distribution de matériel scolaire aux enfants du village par le Morne Heritage Trust Fund se penche sur la question et prenne la décision qui s'impose. Il faut aussi souhaiter que ce même trust qui est parvenu à faire le CEB enterrer ses pylônes en béton et arrêter de tronçonner des arbres dans le buffer zone du Morne, se penche sur la question. Il ne suffit pas de célébrer le passé du Morne, il faut aussi s'occuper de ceux qui y habitent. L'éducation des enfants du village du Morne est aussi, sinon plus importante que la protection des arbres dans une zone historique inscrite au Patrimoine de l'humanité.


Difficultés éprouvés par les artistes exerçant dans l'hôtellerie

Insécurité au travail, harcèlement moral, dépression, mauvaises condition de travail... la liste n'est point exhaustive. Qui ne connaît pas le quotidien difficile des artistes qui exercent dans l'hôtellerie? S'ils osent élever la voix, ils risquent d'être licenciés. Leurs griefs ont-ils été enfermés aux oubliettes? Témoignage d'un artiste professionnel...

Guitariste de profession, Patrick Heeraman dirige un orchestre composé de six personnes. Pour celui qui compte plus d'une trentaine d'années dans le domaine, il voit l'avenir de ceux qui évoluent dans le milieu de l'hôtellerie sombre. En trente ans, dit-il, la situation n'a pas évoluée. Par contre, les difficultés évoluent constamment.

Pour Patrick Heeraman, mener à bien un orchestre exige beaucoup de rigueur et de travail soit cinq années ou plus par jours. Toutefois, pour des raisons injustifiées, la direction se débarrasse des artistes sans même considérer le travail accompli derrière. Changement de direction de l'hôtel rime souvent à licenciement, "on nous traite souvent comme des chaussettes", dit-il.

"Avons-nous droit à la parole? Qui parle pour nous, les oubliés?", se s'interroge-t-il. L'unique salut des artistes demeurent les agences de recrutement qui fait le lien entre les artistes et les hôtels. En outre, souligne M. Heeraman, nous sommes des pères et des mères de famille qui ne peuvent jamais contracter un prêt ou acheter quoi que ce soit, car les artistes peuvent se retrouver du jour au lendemain à la rue. Il a, dit-il, dans le passé fait cette douloureuse expérience.

Y a-t-il une solution? Oui, selon M. Heeraman. "Il est temps que les autorités concernées agissent. Il faut instituer un comité de personnes capables, qui agiront comme conseillers et avocats", dit-il.


Justice

Une section de la loi contre le blanchiment d'argent déclarée anticonstitutionnelle

Poursuivre une personne en l'accusant d'avoir commis un crime, mais ne pas lui donner les détails de ce crime de façon à lui permettre de bien organiser sa défense, n'est pas équitable. En se fondant sur ce principe, qu'elle considère de "justice élémentaire", la Cour suprême de Maurice a, jeudi matin, déclarée anticonstitutionnelle la section 17 (7) de l'Economic Crime and Anti Money Laundering Act (ECAMLA). Cette loi avait été votée à l'unanimité par l'Assemblée législative par le premier gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam aussi bien que par l'Opposition MMM en l'an 2000 dans le but de combattre le blanchiment de l'argent sale.

L' ECAMLA, "du moins dans sa section qui précise qu'il n'est pas nécessaire de spécifier les détails d'un crime pour établir que des gains en on été générés, est incompatible avec la section 10 (2) (b) de la Constitution du pays et est, par conséquent sans effet", a tranché le juge Eddy Balancy. Avec pour assesseur, la juge Peeroo, il se prononçait dans un jugement relatif à un procès en appel qu'intentaient MM. Ahmud Azam Bholah et Irfan Mohammed Laffir à l'Etat. Ces derniers ont ainsi vu leur condamnation en première instance annulée.

MM. Bholah et Laffir, deux directeurs d'Apparel Exports Ltd, avaient été tous deux poursuivis en première instance devant la Cour intermédiaire pour avoir, de concert, transféré illégalement hors de Maurice une somme de 1. 8 million de dollars américains suspectés de provenance criminelle à partir d'un compte bancaire (no. 4170599) de la défunte Delphis Bank. Ils furent condamnés à payer, chacun, une amende d'un million de roupies.

Le jour du verdict, ils logèrent un appel, mais, un mois plus tard, Mohammed Laffir, un expatrié, fit savoir qu'il y renonçait et s'acquittait totalement de son amende afin de pouvoir quitter le pays. Il procéda, néanmoins, avec son appel devant la Cour suprême mais fut débouté. Mais il restait encore à la justice d'examiner pas moins de trente neuf points d'appel que Ahmud Azam Bholah avançait, lui, contre la sentence infligée par la Cour intermédiaire. Toutefois, avec l'accord des avocats des deux parties, les juges eurent véritablement à déterminer uniquement si la Cour intermédiaire avait tort de rejeter l'argument avancé par Me. Yousouf Mohamed (conseil légal de la défense) que la section 17 (7) de l'ECAMLA est contraire à les sections 10 (1) et 10 (2) (b) de la Constitution.

"Anxious consideration"

La Cour suprême a effectivement examiné cette question avec "anxiété" précise-t-elle avant de conclure à son bien-fondé. Le juge Balancy a rappelé que la section 17 (1) (b) de l' ECAMLA définit le délit de blanchiment d'argent (Money laundering) dans les termes suivants : "(b) any person who receives, possesses, conceals, disguises, transfers, converts, disposes of, removes from or brings into Mauritius any property which is or in whole or in part directly or indirectly represents, the procceeds of any crime, where he suspects or has reasonable grounds for suspecting that the property is derived or realised in whole or in part, directly or indirectly from any crime, shall commit an offence". La section 17 (7) que l'Etat Mauricien a utilisée contre les deux directeurs d'Apparel Exports Ltd, elle, précise que "dans toute poursuite entamée contre une personne sous la section, il suffira de dire dans l'information que le bien est, entièrement ou en partie directement ou indirectement the proceeds of a crime, sans qu'il soit spécifié any particular crime et la Cour, après avoir considéré toutes les preuves pourrait raisonnablement déduire que le bien était entièrement ou en partie directement ou indirectement les fruits d'un crime". Le juge Balancy a pris soin de souligner les mots without specifying any particular crime (the underlying is ours) comme pour en demontrer la légèreté...

Conforme donc à la loi, les Bhola et Laffir ne surent jamais sur quels faits se fondaient exactement les autorités pour décider que la somme incriminée provenait d'un crime. En Cour intermédiaire, le ministère public n'avait pas contesté le fait que c'est un droit constitutionnel pour un accusé d'être informé des détails de la nature d'un crime qui lui est reproché. Il avait soutenu toutefois que "since the predicate offence (the crime that generated the proceeds which became the subject matter of the money laundering offence) is not an element of the money laundering offence, it need not to be averred and therefore the need for particulars thereof does not arise". Et le magistrat de la Cour intermédiaire avait ainsi donné raison au ministère public.

Incompatibilité avec notre tradition légale

Le juge Balancy a, lui, trouvé le raisonnement de ce magistrat "fondamentalement défectueux". "Nous (la Cour suprême) sommes d'accord avec Me. Yousouf Mohamed que ce n'est pas fair-play de demander à un accusé de répondre d'une charge, comme celle portée Azam Bholah) sans lui accorder la possibilité de savoir, à temps afin de préparer sa défense, quel crime précis qu'il aurait commis. La défense ne peut pas, en toute équité, avoir à attendre que les preuves se dévoilent d'elles-mêmes afin de savoir si le crime allégué a été commis hors de Maurice. Dans ce cas, il se peut qu'il serait alors trop tard pour mettre au point une défense avec tout ce que cela exigerait comme enquêtes, à mener ici et à l'étranger." Le juge Balancy a souligné que la section 10 (2) (b) de la Constitution reflète la règle d'équité essentielle à un procès équitable en exigeant qu'un accusé puisse obtenir les informations, dès le départ, au sujet de toute conduite criminelle qu'il aurait eu à l'étranger qui ait pu "généré l'argent incriminé".

"Il serait inconcevable, dans le cadre de notre Constitution et de notre tradition légale, que le législateur ait pu décider qu'un accusé n'a pas le droit d'avoir les détails d'un crime allégué par lequel un bien avait été obtenu. La section 17 (7) de l'ECAMLA a été une tentative inadmissible de la part du législateur de déroger de la disposition claire de la section 10 (2) (b) de la Constitution", a statué la Cour. Par conséquent, la condamnation d'Azam Bholah est annulée parce qu'il n'a pas bénéficié d'un "fair trial".

Me. Yousouf Mohamed, compte maintenant réclamer que l'État rembourse à l'expatrié Mohammed Laffir le million de roupies d'amende qu'il a déjà payé...


Mardi dernier

Funérailles nationales pour James Burty David

James Burty David, ancien ministre des Administrations régionales, et un des piliers du Parti travailliste (Ptr), âgé de 63 ans, a été foudroyé, dimanche dernier, par un infarctus du myocarde alors qu'il participait dans une fête de fin d'année organisée par des membres du club de troisième âge de La Tour-Kœnig. Le choc de la nouvelle du décès de James Burty David était tel que le calendrier de travail au plus haut niveau de l'Etat a été bousculé. Avec la décision de tenir des funérailles nationales, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a dû réaménager son départ pour le sommet de Copenhague alors que la séance de l'Assemblée nationale de mardi dernier a été consacrée exclusivement à un hommage à l'ancien ministre des Administrations régionales.

Les deux moments les plus émouvants lors des obsèques, mardi, de James Burty David demeurent l'ultime témoignage de son fils, Fabrice David, à la fin de la cérémonie en l'Église Adventiste de Beau-Bassin, et le "Tribute" à l'Assemblée nationale du Leader of the House, Navin Ramgoolam, à un parlementaire travailliste, dont la loyauté envers le parti demeure inébranlable.

D'une voix cassée par l'émotion et la douleur, Fabrice David soulignait qu'"on dit que je ressemble à mon père physiquement. Je voudrais lui ressembler pour son courage. Ma mère perd un soutien de tous les instants, ma sœur et moi perdons un père attentionné, le Premier ministre perd son lieutenant le plus loyal, le Parlement perd un orateur qui faisait trembler les murs de l'hémicycle, l'opposition perd un adversaire qui la bousculait sans jamais avoir de la haine, la littérature perd son amoureux, le Parti travailliste perd sa plume historique".

Pour sa part, Navin Ramgoolam, visiblement accablé par la perte d'un précieux atout politique et fraternel en la personne de James Burty David, a retracé le parcours de la vie de cet homme, dont les liens avec la famille Ramgoolam ont été jusque-là irrésistibles. Le Premier ministre a rendu un vibrant hommage à un homme de lettres, à un homme aux convictions politiques inébranlables, à un homme qui a été à l'école de la vie et à un homme qui n'a jamais renié le sens du service, dans le sens le plus noble du terme, allant jusqu'à se retrouver à pousser son dernier soupir en présence des aînés de sa circonscription.

Pour appuyer cet hommage, Navin Ramgoolam a sorti de larges extraits de Macbeth du dramaturge britannique William Shakespeare sur le sens de la vie et de la mort. Comme un cri du cœur, il a déclamé au sein de l'hémicycle ces strophes en mettant de côté la copie de son intervention. Le cortège funèbre est passé par trois endroits qui ont compté dans le parcours politique de James Burty David, soit le QG du Ptr, auquel il avait adhéré dès l'âge de 17 ans, l'Assemblée nationale où il avait exercé d'importantes fonctions et la municipalité de Port-Louis. L'ancien ministre des Administrations régionales a été inhumé dans les jardins de Les Salines.

Avec la disparition de James Burty David, l'Electoral Supervisory Commission, présidée par Me Yusuf Aboobaker, prévoit une réunion mardi en vue de procéder à la désignation du Best Loser, qui succédera au défunt à l'Assemblée nationale. La course est courue d'avance avec Hervé Aimée, candidat de l'Alliance sociale battu à Savanne/Rivière-Noire (N° 14), susceptible de faire son "come-back" au sein de l'hémicycle. La Commission électorale a déjà enclenché les procédures formelles à cet effet.

Ainsi, avec l'ajournement des travaux de l'Assemblée nationale au lundi 18 janvier, le député Hervé Aimée devra prêter serment en début de séance devant le Speaker de l'Assemblée nationale, Kailash Purryag. Au tout début d'une année qui ne pourrait qu'être éminemment électorale...


Alain Laridon: "Empreintes indélébiles de JBD au Ward IV"

L'ambassadeur mauricien au Mozambique, Alain Laridon, qui se trouve actuellement à Maurice pour un suivi médical après l'attentat dont des membres de sa famille et lui-même ont été la cible à Maputo le mois dernier, souligne que "James Burty David laisse des empreintes indélébiles au Ward IV, région de la capitale où il avait dépensé sans réserve sa jeunesse". En principe, le diplomate avait pris rendez-vous avec le ministre pour mardi dernier en vue de procéder à des échanges de vue en général. Mais le destin en a décidé autrement.

"Peut-être aujourd'hui, il y aura très peu de personnes qui se rappelleront que James Burty David a été un personnage incontournable au Ward IV. Mais la fougue de ce jeune homme vibre encore dans la mémoire de ceux qui l'ont pratiqué. A l'époque de la campagne électorale pour l'indépendance en août 1967, j'étais plus jeune que lui. Malgré son jeune âge, James Burty David était un véritable meneur d'hommes dans la lutte pour la libération du pays du joug colonial. Pourtant, cette région de la capitale n'était pas réputée pour être en faveur de l'indépendance. Mais aucun obstacle ne désarmait le jeune David", déclare Alain Laridon.

James Burty David s'était jeté corps et âme aux côtés des candidats du Parti de l'Indépendance de la trempe de Guy Balancy. "Je vois encore James Burty David avec sous les bras un livre de Hervé Bazerque et se lançant dans un poème sur la liberté, tentant de galvaniser les jeunes de son entourage à la cause de l'indépendance. Tout le monde est unanime à reconnaître que James Burty David avait le don du verbe, était un Debater hors pair et un patriote au-dessus de tout soupçon. Les rues du Ward IV, comme celles de la rue Monsieur, Labrillane et autres Mgr Leen, pour ne pas oublier l'enceinte du collège Bhujoharry, résonnent de la présence de cet homme, dont l'humanisme ne pouvait laisser indifférent", ajoute Alain Laridon, qui se rappelle sa dernière conversation téléphonique avec lui.

"James Burty David assurait la suppléance au ministère des Affaires étrangères récemment quand il m'avait appelé à Maputo pour me confirmer que le gouvernement a donné le feu vert pour mon déplacement et aussi celui des membres de ma famille en vue d'un suivi médical suite à la récente tentative d'attentat. Ayant une véritable passion pour la lecture, il n'avait pas manqué de s'enquérir des derniers titres que j'avais lus sans oublier des tuyaux sur les livres à lire. Je m'apprêtais à lui rendre visite en début de semaine quand la triste nouvelle est tombée", déclare l'ambassadeur Laridon.

Même si après 1968, le chemin politique de James Burty David et d'Alain Laridon s'était séparé, ces deux personnalités politiques aux tempéraments complètement différents devaient se retrouver sur la même plateforme de nouveau en 2000 avec James Burty David, candidat à la députation au N° 1, et Alain Laridon, un des principaux activistes de l'Alliance sociale dans cette partie de la capitale.


Obituaire

A l'homme engagé qui aimait son parti et son pays

James Burty David (63 ans), député correctif de la circonscription no. 1 (Grande Rivière Nord Ouest-Port Louis Ouest) et ministre des Administrations régionales et de Rodrigues est décédé subitement, dimanche dernier, en accomplissant une des tâches qui le passionnait le plus dans sa vie : parler aux gens et essayer de les convaincre de l'authenticité de l'engagement de son Parti travailliste en faveur de la société mauricienne.

Un proverbe irlandais dit que celui qui veut bien agir se lève à la première heure. Pendant que nombre de ses contemporains se passionnaient pour Elvis Presley, Cliff Richard et les Beatles, James Burty David n'avait, lui, que 16 ans, en 1964, lorsqu'il se joignit au Parti travailliste. Habitant de la rue Mère Barthelémy, dans le Ward IV politiquement conscient de Port- Louis, et étudiant au collège Bhujooharry, malgré son jeune âge, il avait déjà beaucoup lu sur le socialisme et avait déjà témoigné des combats que menaient ses voisins Veerasamy Ringadoo et, surtout, un certain Renganaden Seeneevassen, pour l'avancement et le progrès de la classe ouvrière de notre pays.

On a entendu souvent reprocher à James Burty David de toujours avancer sur le terrain politique les yeux constamment rivés dans le rétroviseur. Notamment, quand il s'attaquait aux restants de privilèges qu'il jugeait encore très conséquents de l'oligarchie blanche en faisant sans cesse référence à la hargne qui caractérisait durant la fin des années 1950, Noël Marrier d'Unienville (NMU), éditorialiste du Cernéen, le journal fondé par Adrien d'Epinay. Il n'en avait cure. Et, non sans raison parce que ce genre de reproches est, généralement, adressé qu'à ceux-là qui ont un réel sens de l'Histoire. Ici même, malgré la distance qui nous séparait de lui, nous avons, contre vents et marées, défendu le droit de JBD de s'indigner, par exemple, que la statue de d'Epinay, cet arrogant défenseur de l'Esclavagisme, trône encore dans le centre-ville de Port-Louis alors que les victimes de son système barbare d'exploitation de l'homme, pourtant décrété crime contre l'Humanité par les Nations unies, en sont encore, eux, en quête de vérité et de justice. Mais, pour James Burty David, le passé n'était pas un divan, mais un tremplin. Il avait réalisé que pour comprendre le présent et le faire comprendre à la masse, il lui fallut remonter le plus loin possible dans le temps afin de démontrer que son Parti travailliste - faute d'être parvenu à changer la vie des gens en 100 jours - a, néanmoins, beaucoup fait bouger le pays dans la voie du développement humain depuis sa création en 1936 par le bon vieux docteur Maurice Curé.

C'est vrai, JBD ennuyait souvent par ses formules grandiloquentes style

"la main invisible de l'Histoire" qu'il utilisa, en 1994, pour justifier l'entente électorale avec son ennemi juré, le MMM, quand tel arrangement fut utile pour sortir le Ptr de la poubelle de l'Histoire et lui-même de l'oubli dans lequel il était tombé entre 1982 et 1995 (après les premières élections 60-0). Certes, ses versions des faits historiques - certaines capables de rendre perplexe son propre leader, Navin Ramgoolam lui-même - pouvaient être contestées et étaient contestables. Mais jamais on ne pourra dire que James Burty David ne fut pas sincère dans son engagement politique. Et, comme a fait remarquer l'autre, souvent ce qu'on estime ennuie.

James Burty David a été deuxième député de Quatre-Bornes en 1976, circonscription qu'il a dû ensuite fuire pour aller se faire électoralement massacrer à Mahébourg-Plaine Magnien cinq ans plus tard. Après la déroute du Parti travailliste de Sir Seewoosagur Ramgoolam en 1982, il s'était brûlé aux yeux du successeur de ce dernier à la tête du pays en empêchant Sir Anerood Jugnauth de faire un OPA sur son parti. Tout en en restant un membre, il avait alors choisi de reprendre tranquillement les chemins de l'école pour exercer sa profession d'enseignant de français et de littérature française aux Collèges Eden avant d'en devenir le recteur. James Burty David devait revenir au avant-poste de son parti avec le retour au pays de Navin Ramgoolam. Depuis, il a énormément contribué à réimplanter le Labour dans Port Louis où ce parti ne parvenait plus à se faire élire depuis 1967.

Beaucoup de ceux qui le pleurent affirment que JBD a été d'une indéfectible fidélité à son parti depuis plus de quarante ans. C'est une vraie lapalissade dans son cas. En réalité, on ne peut pas ne pas être fidèle à soi-même. Homme de conviction, homme de passion, James Burty David de par son alliage au travaillisme mauricien avait fini par en être l'incarnation même. Bien plus, avec la disparition des pères-fondateurs du Labour et de leurs successeurs immédiats, il était devenu l'unique trait d'union, le témoin, entre la période pré-Indépendance et les jeunes labourites du jour. Beaucoup d'historiens - et surtout de pseudos-historiens - vont vouloir entrer dans ses souliers pour essayer de transmettre la connaissance des hauts faits de leurs authentiques aînés socialistes que furent Curé, Rozemont, Anquetil, Senneevassen. Mais, exception faite, peut-être de M. Moonindranath Varma, on ne voit pas vraiment qui pourrait faire mieux assumer ce rôle de formateur politique que James Burty David lui-même surtout lorsqu'il était capable de se débarrasser de son trop plein d'intempérance.

Plutôt que de parler de fidélité, il eut était plus approprié de relever que James Burty David a su faire mentir, au moins, deux pensées des plus cyniques en matière de comportement politique. Certains ont soutenu que pour être de son parti, il faut être prêt à changer souvent d'opinion. On soutient également que prétendre aimer et servir un parti toute votre vie, c'est comme si vous prétendiez qu'une bougie continuera à brûler aussi longtemps que vous vivrez. Or, malgré les zig-zag, alliances et mésalliances du Parti travailliste avec d'autres partis amis ou adversaires, James Burty David, reconnaissons-lui ce mérite, a toujours tenu la même posture sur l'essentiel de ce que fut ses propres combats. Nommément, contre les forces de la réaction capitalistes des années pré-Indépendance, sur la défense de l'État-providence, contre le système raciste de l'Aparthëid et sur l'agression israélienne contre les palestiniens opprimés. Et sur le conflit au Moyen-Orient, il convient de le souligner - malgré son appartenance à une congrégation adventiste pour laquelle Israël est le peuple choisi de Dieu, JBD fut d'une intransigeance admirable...

La poursuite d'un idéal fait des héros quant l'objectif est atteint. James Burty David et son parti ne sont pas encore parvenus à faire de l'île Maurice un pays où tous les citoyens sentent qu'ils jouissent des mêmes droits et des mêmes opportunités de réussir. Si c'était le cas, cela se saurait et il n'y aurait pas eu, d'ailleurs, besoin que le gouvernement qu'il a servi jusqu'à son dernier souffle vote une loi qui s'appelle l'Equal Opportunité Act (dont on attend toujours la mise en œuvre). Mais, c'est indéniable que James Burty David a été un héros pour son parti. Et, cela ne devrait étonner personne que son nom aille rejoindre celui de docteur Maurice Curé sur la stèle qui sert de Panthéon du Parti travailliste au Square Guy Rozemont.

C'est devant la mémoire de cet homme engagé et excellent pédagogue qui a forgé l'avenir de milliers de citoyens d'un pays qu'il a tant aimé que Week -End s'incline aujourd'hui. Que son épouse Lilette, son fils Fabrice, sa fille Christelle et tous ses proches veuillent bien recevoir l'expression de nos plus vives sympathies.


Vendredi prochain, 25 décembre

Célébration du mystère chrétien de l'Incarnation

Les chrétiens du monde entier s'apprêtent à célébrer, vendredi prochain, 25 décembre, la fête de Noël. Deuxième fête en importance du calendrier liturgique après Pâques, Noël célèbre le mystère chrétien de l'Incarnation, à savoir, le jour où Dieu a pris corps de chair et s'est fait homme.

Au commencement de sa Lettre aux Hébreux, Saint Paul écrit : "Après avoir, à bien de reprises et de bien de manière, parlé autrefois aux ancêtres par les prophètes… Dieu nous a parlé par son Fils". Danielle Palmyre, théologienne auprès du diocèse de Port-Louis appelle à se référer à la traduction anglaise du mot Noël - Christmas - pour mieux saisir que Noël - du latin, "natalis" (naissance) - célèbre la naissance du Christ, "celui que Dieu envoie pour libérer son peuple et l'Humanité entière de ce qui les empêche de vivre".

"Ne craignez pas ! Je vous annonce une Bonne Nouvelle et une grande joie pour vous et pour le peuple. Aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur vous est né. Il est le Christ, le Seigneur", écrit, ainsi, Saint Luc dans son Evangile à propos de la parole de l'ange à des bergers se trouvant dans le voisinage de Bethléem au moment de la venue au monde du messie promis.

Dans l'Ancien Testament, dans le Deuxième Livre de Samuel, Dieu, à travers le prophète Natan, annonce au roi David la pérennité de sa royauté : "Losque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j'élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même et j'établirai fermement sa royauté. C'est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom et j'établirai à jamais son trône royal ; je serai pour lui un père et il sera pour moi un Fils". Par le biais de Joseph, son "père adoptif", Jésus, le Christ, est, en effet, ce lointain descendant de David auquel se réfère le Deuxième Livre de Samuel.

Pour Danielle Palmyre, l'avènement du Christ dans la fragilité d'un nouveau-né qui prend naissance dans le dénouement le plus total d'une étable plutôt que dans le faste d'un palais témoigne que "Dieu n'est pas du côté des forts et des puissants". "Il est, dit-elle, l'ami du pauvre et le compagnon du faible. Sa force, c'est son amour sans limites et sans fin. ce qui signifie que les humains ne doivent pas exploiter les autres mais se mettre au service les uns des autres ; partager ; faire en sorte que l'autre réussisse". Du roi triomphant que l'on attendait, Jésus, le messie se révélera, ainsi, humble "serviteur souffrant". annonçant "la Bonne Nouvelle aux pauvres".

Cette année, c'est du monument Marie-Reine-de-la-Paix que sera retransmise en direct sur MBC/tv la veillée de Noël du 24 décembre présidée par le père Henri Souchon, curé de l'Immaculée conception à partir de 20h00. Le lendemain, 25 décembre, jour de Noël, la messe de 10h00 de l'église Saint Sauveur, Bambous, célébrée par le père Michel Moura sera radiodiffusée en direct sur MBC/radio. Le soir à la télévision, l'évêque de Port-Louis adressera son traditionnel message de Noël. Suivra une émission intitulée "Zézi, Nou Pli Zoli Kado" animée par des paroissiens de St Pierre. Il est à noter que les horaires des messes de la soirée du 24 et la matinée du 25 décembre dans les différentes paroisses catholiques de l'île peuvent être consultés sur le site web du diocèse catholique, www. dioceseportlouis. org.


Distribution des cadeaux aux enfants défavorisés

Noël apporte chaque année un message d'espoir. C'est dans cet esprit que la Brahma Kumaris Raja Yoga Meditation Centre de Quatre-Bornes a voulu apporter un peu de joie aux gosses défavorisés de la région. Un après-midi de réjouissances dimanche dernier avec un programme de chants, de danses et un sketch et aussi une distribution de cadeaux aux enfants de différentes groupes d'âges.

Les enfants ont émerveillé le public en exécutant avec brio les numéros de danses qui mettent en évidence leur grande souplesse et la précision de leurs mouvements. Dans ce registre, saluons la prestation de la petite Juliana de France dans un numéro de bharatnatyam bien synchronisé sur les airs de Kehta Hai Mera Yeh Dil Piya. Tejol a fait un tabac avec la chanson Anchal Ke Tujé. Les groupes de Quatre-Bornes et de Providence ont dansé sur le rythme d'Imagination, habillés comme des anges.

Le Père Noël s'est permis de visiter trois familles avec lesquelles, il a été particulièrement généreux l'année dernière à l'occasion de la Noël. La famille Gaspin fait toujours du gaspillage, la famille Tolère se querelle entre eux sur l'utilisation de l'ordinateur et l'autre famille ne jure que par l'argent.

Sister Chandra, la responsable du Brahma Kumaris de Quatre-Bornes a invité les enfants à combattre l'intolérance et le matérialisme et à être obéissants envers les parents.


Dimanche dernier au MGI

Célébration du 40ème anniversaire de la Marathi Sahitya Parishad

La Marathi Sahitya Parishad a célébré son 40ème anniversaire dimanche dernier à l'Institut Mahatma Gandhi. Cette cérémonie a été marquée par une distribution de prix aux gagnants de différents concours organisés par le mouvement.

Le président de la Marathi Sahitya Parishad, Meveen Kadam Narroo a déclaré que le mouvement a été fondé en juillet 1969 par le professeur Gajanan Purushottam Joshi. Le centre débuta avec vingt membres, une centaine d'étudiants et devint la plus grande institution dispensant des cours gratuits en marathi dans ses 17 branches à travers le pays.

Balraj Narroo, le président de la Mauritius Marathi Cultural Centre Trust et de la Mauritius Cultural Centre Trust et de la Mauritius Marathi Mandali Federation a déclaré que depuis sa création en 1969, la MSP a toujours oeuvré à la propagation de la culture et la langue marathi à Maurice. La fédération a-t-il dit, remboursait les frais d'examens des élèves ayant pris part aux examens en marathi au School Certificate et au Higher School Certificate.

Kreshan Narroo, le PRO de la MSP a souligné que le centre fut crée le 17 juillet 1969 par le professeur Gajanand Joshi avec la collaboration de D. Babajee, Mahadeo Gunnoo, Jayram Mulloo, Babooram Mahadoo, Jayram Nowjee et Babooram Gunesh. Durant ces quarantes dernières années, le centre a formé plus de 7000 étudiants. Homrajen Gowreea a aussi rendu hommage à Gajanand Joshi.



s o c i é t é WEEK-END --- dimanche 20 décembre 2009