f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 20 décembre 2009



  L'univers carcéral sur un volcan - L'existence d'un "Groupement d'Intervention des Prisonniers Mauriciens" refait surface
  Meurtre et suicide à Palma - Du sang qui n'appartiendrait pas aux victimes intrigue les enquêteurs
  Crime de Mahébourg - Un troisième suspect appréhendé après l'exhumation de Mme Lachumanan Papayah
  Fausse cause de décès - Risques de suspension ou même de radiation pour le médecin
  Vendredi après-midi - Deux policiers agressés à l'arme blanche par un récidiviste notoire


L'univers carcéral sur un volcan

L'existence d'un "Groupement d'Intervention des Prisonniers Mauriciens" refait surface

L'agression sanglante de l'assistant surintendant de prison (ASP) Satyadev Omrahoo, survenu jeudi, est la quatrième du genre subie par les gardes-chiourmes depuis le début de l'année et la septième depuis environ deux ans. Ces agressions en série viennent rappeler de nouveau alimenter la polémique autour d'un groupe de prisonniers qui se seraient baptisés le "Groupement d'intervention des prisonniers mauriciens", avec pour but de mettre hors d'état de nuire tous ceux qui leur ont causé des problèmes. Déjà, au début de l'année 2007, l'agression à l'acide d'un autre ASP, Hemindralall Bhunjun, avait été revendiqué par ce "groupement". Cependant, la police n'avait alors pas été en mesure de confirmer l'existence de ce groupe armé et dangereux. Vendredi, une équipe de limiers de la Criminal Investigation Department (CID) de Rose-Hill et de la Major Crime Investigation Team (MCIT) ont appréhendé un récidiviste notoire, à savoir Patrick Kelvin Lincantee, âgé de 32 ans. Ce dernier aurait été positivement identifié par un témoin comme étant un des agresseurs de l'ASP Omrahoo.

En attendant, le syndicat des gardes-chiourmes ne cache pas son inquiétude devant cette vague d'agressions et continue de tirer la sonnette d'alarme au sujet du "volcan" qu'est l'univers carcéral. Jeudi matin, alors que l'ASP Omrahoo se trouvait aux abords des avenues Naz et Lapeyrousse à Belle-Rose, deux individus devaient lui tendre un guet-apens. L'un des deux hommes, armé d'un sabre, ne devait pas se priver pour lui en asséner plusieurs coups, sectionnant au passage le poignet de sa victime. Selon les indications recueillies dans le giron des enquêteurs relativement à cette agression sanglante, le récidiviste Patrick Kelvin Lincantee a été positivement identifié par un témoin. C'est à partir des indications fournies par ce témoin que les enquêteurs ont procédé à l'arrestation du suspect vendredi. Dans ces mêmes milieux, il ressort que l'ASP Omrahoo est dans le collimateur de certains détenus depuis un moment déjà. Il avait été, du reste, victime, il y a environ deux ans, d'un Hit and Run qui jusqu'à ce jour, demeure non élucidé.

Autre point qui est actuellement suivit de très près par les enquêteurs a trait à une perquisition effectuée par l'ASP Omrahoo dans une cellule au début du mois de décembre. Cette fouille minutieuse avait permis de découvrir une importante quantité de Subutex, d'une valeur de Rs 300 000 dans ladite cellule, qui appartient à un détenu notoirement connu pour son influence dans le milieu de la mafia de la drogue. Pour les enquêteurs, très peu de doutes subsistent relativement à la corrélation entre l'agression de l'ASP Omrahoo et cette affaire de drogue. Cependant, compte tenu du nombre de cas recensés de 2007 à ce jour, l'on estime qu'il est "impossible" de ne pas penser aux "revendications" faites il y a deux ans par le présumé Groupement d'intervention des prisonniers mauriciens.

Corrélation

"Compte tenu de la vague d'agression perpétrée à l'encontre des Prison Officers, il est difficile de ne pas penser à ces revendications faites il y a deux ans déjà. De ce fait, tout en enquêtant sur chacun des cas, nous ne pouvons pas, non plus, exclure totalement l'idée d'une corrélation entre eux", a-t-on fait ressortir dans les girons de l'enquête policière en fin de semaine. Dans ces mêmes milieux, l'on n'oublie pas, non plus, l'agression au sabre d'un ancien membre de la Major Crime Investigation Team (MCIT), le constable Homadeven Manaroo, alors que cette unité spécialisée de la police était dirigée par le défunt assistant commissaire de Police (ACP) Prem Raddhoa.

A la fin du mois de novembre dernier, un autre ASP, Vishwa Ramasawmy a été attaqué à l'arme blanche à Beau-Bassin. Kamal Bissoo, Prison Officer, avait fait quant à lui, l'objet de coups de feu tirés en sa direction alors qu'il se trouvait près de l'entrée principale de Beau-Bassin. Toutes ces agressions ont-elles des choses en commun ? C'est la question à laquelle la police devra répondre. Pour Jacky Kamanah, de la Prison Officers' Association (POA), il faudrait impérativement amender le code pénal afin de durcir la loi contre tous ceux qui agressent les gardes-chiourmes. Pour lui, ces agressions ne font qu'augmenter le climat d'insécurité et de découragement qui prévaut déjà depuis un bon moment parmi les officiers de la prison. Le découragement a aussi a été exacerbé avec l'annonce du ministre des Finances, Rama Sithanen, lors du dernier budget, de la suppression de 71 postes.

"Il faudrait savoir que plus de 50% des gardes-chiourmes travaillent dans des bureaux. A Beau-Bassin, c'est devenu vraiment difficile de travailler convenablement. Comment 30 gardes-chiourmes peuvent-ils surveiller correctement 1250 prisonniers ? Dans les Association Yards, il y a une moyenne d'un garde-chiourme pour surveiller 360 prisonniers. C'est comme cela que des coups sont montés par les détenus à l'intérieur même de la prison et à notre insu", a-t-il fait ressortir. Il est aussi vrai, dit-il, que des prisonniers se retrouvent à sept par cellule. "Il faut aussi souligner que la ségrégation des détenus a été stoppée depuis les années 90. Toxicomanes, récidivistes, first offenders entre autres, sont incarcérés ensemble. Comment peut-on faire de la réhabilitation dans de telles circonstances?", ajoute-t-il.

En attendant que des mesures correctives soient prises, les gardes-chiourme sont loin d'être rassurés. De son côté, la police poursuit ses enquêtes et piste un deuxième suspect dans l'affaire de l'agression de l'ASP Omrawoo.


Hôpital de Rose-Belle

La bande à Iqbal Rose sème la zizanie au Ward des détenus

Alors que le feu couve sous la cendre dans l'univers carcéral, il en est de même au Ward des détenus à l'hôpital Jawaharlall Nehru, à Rose-Belle. Cette situation précaire depuis un certain temps est causée par un groupe de détenus à la Bastille, et qui n'ont rien trouvé de mieux que d'avaler des lames de rasoir et des clous afin de se faire admettre à l'hôpital. Selon nos recoupements, cette situation dure depuis pratiquement deux ans. Et ce sont deux bandes rivales qui s'adonnent à cette pratique. Les détenus concernés par cette affaire sont les récidivistes notoires Iqbal Rose, Abel Moussa, Tony Mootien et Gino Bajeenath. Selon nos renseignements, à deux reprises, des incidents sont survenus dans le Ward de l'hôpital réservé aux détenus. Abel Moussa aurait tenté d'agresser physiquement Tony Mootien, et des dégâts ont été causés dans le Ward en question. Selon une source, cette situation est devenue invivable, tant pour le personnel de l'hôpital que pour le personnel affecté à l'hôpital. "Pour commencer, ce sont des High Risk Prisoners, qui sont pour la plupart HIV Positive. Ils sont violents. Et n'ont rien trouvé de mieux que le subterfuge d'avaler des clous et des lames de rasoir pour se faire admettre à l'hôpital. Ils reviennent tous les quatre, cinq jours. Afin de les conduire à la salle 01 pour les radiographies, il faut immanquablement passer par une aile qui est ouverte au public. Nous sommes très concernés et très inquiets par cette situation, car n'importe quoi peut arriver", a-t-on fait comprendre à Week-End. Ceux qui sont directement concernés par cet état de choses lancent un appel aux autorités afin que quelque chose soit fait au sujet de ces détenus. "Sinon, quelque chose de grave risque de ce produire", a-t-on soutenu.


Meurtre et suicide à Palma

Du sang qui n'appartiendrait pas aux victimes intrigue les enquêteurs

Y aurait-il une tierce personne impliquée dans le double drame survenu à Palma tôt lundi matin ? Les enquêteurs de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et de la Criminal Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes penchent pour cette hypothèse en fonction de résultats d'analyses effectuées sur des échantillons sanguins recueillis sur les lieux du crime. Selon les informations qu'a recueillies Week-End, ce sang ne correspondrait pas avec ceux des victimes. A mesure que l'enquête policière s'approfondit, il ressort que cette histoire a pour toile de fond une affaire extraconjugale, et de sorcellerie.

Les enquêteurs s'orientent actuellement vers une nouvelle piste relative au double drame de Palma découvert aux aurores lundi matin. En effet, une trace de sang sur l'asphalte, non loin des lieux du drame, attend toujours de livrer son secret. Selon les recoupements de Week-End, ce sang n'appartiendrait ni à Nundini Rummun (30 ans) ni à son époux Vinaye (38 ans). La première a été mortellement agressée, tandis que le second se serait donné la mort par pendaison. Mais à qui donc appartient le sang retrouvé sur l'asphalte ? Cette question reste à être tirée au clair.

Lorsque cette affaire macabre a été mise au jour, Nundini Rummun se trouvait sur le siège avant d'un van Toyota immatriculé 1862 ZH 96, tandis que le corps de Vinaye était suspendu à des morceaux de tissus dans un corridor entre sa maison et celle de ses voisins. Tout se serait produit, selon les enquêteurs, dans le "time frame" minuit à 2h du matin. L'autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Satish Boolell, devait attribuer le décès de Nundini Rummun à une "Ligature Strangulation", assortie d'une multitude de coups et blessures à la tête. C'est également à partir des fameuses traces de sang qui s'étalaient de la Toyota sur une cinquantaine de mètres, que les premiers arrivés sur les lieux du crime ont découvert le corps de Vinaye Rummun dans le corridor. Le Dr Boolell a attribué son décès à un "Hanging Asphyxia".

Cependant, en fonction des indices recueillis sur le terrain et compte tenu des témoignages des proches du couple, les enquêteurs devaient procéder à l'arrestation d'un taximan, Chandradath Gookhool (39 ans), plus connu sous le sobriquet d'Anil. En vertu des témoignages recueillis, ce dernier aurait entretenu une relation extraconjugale avec Nundini Rummun. Cependant, il ressort que cette dernière voulait mettre un terme à ladite relation mais que lui s'y opposait farouchement. Anil Gokhool, qui est pour le moment accusé d'entente délictueuse, dispose cependant d'un alibi. Les enquêteurs tentent actuellement de corroborer la version des faits du suspect grâce au filtrage de ses différents appels téléphoniques. Vinaye Rummun s'est-il donné la mort après avoir mortellement agressé son épouse qu'il saurait infidèle ? Cette question divise enquêteurs et proches des victimes. Nundini Rummun se trouvait-elle sous la coupe d'un "sorcier" qui la faisait chanter ? Nundini était-elle régulièrement battue par son amant Anil Gokhool ? Serait-ce la raison pour laquelle elle voulait mettre un terme à cette relation extraconjugale ?

Qui dit vrai, qui ment dans cette affaire ? Bien des nœuds enchevêtrés restent à être démêlés par les enquêteurs en vue de trouver le fin mot de ce double drame...


Crime de Mahébourg

Un troisième suspect appréhendé après l'exhumation de Mme Lachumanan Papayah

Un troisième suspect, Ravish Ashil Oree, un bijoutier de 28 ans, habitant Gros Billot, a été arrêté dans l'affaire du meurtre de Mme Lachumanan Papayah, 76 ans. Deux cambrioleurs, Anand Pydiah et Ahad Romaldawoo avaient, durant la semaine écoulée, avoir commis un meurtre sur sa personne en cambriolant son domicile (voir Week-End dimanche dernier). Pour rappel, la mort de Mme Papayah avait été certifiée comme étant naturelle, et suite aux révélations des deux détenus, la police devait effectuer en cour de District de Grand-Port une demande d'exhumation du corps. Cet exhumation, de même que l'autopsie de la défunte ont eu lieu jeudi. Il est à noter que la veille de l'exhumation, le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO) a reçu des menaces de mort par téléphone au sujet de cette affaire. La police enquête également sur ces menaces. Des suites de l'autopsie, le Dr Boolell a confirmé que Mme Papayah a bel et bien été tuée.

En attendant l'interrogatoire du médecin ayant signé l'acte de décès de Mme Papayah comme étant de cause naturelle, les enquêteurs de la CID de Mahébourg ont procédé à l'arrestation d'un troisième suspect dans cette affaire. En effet, le bijoutier Ravish Ashil Oree, alias Coucou, 28 ans, habitant Gros Billot, a été appréhendé par les enquêteurs. Il a confirmé avoir reçu des bijoux en or, que lui avaient remis le suspect Anand Pydiah et en a fait des lingots d'or. Ces bijoux avaient été volés au domicile de la sexagénaire. Le suspect Oree a fait comprendre aux enquêteurs qu'il savait que ces bijoux provenaient d'un vol. Il a, de ce fait, été maintenu en détention policière.

D'autre part, jeudi, nantie d'une autorisation en bonne et due forme en provenance de la cour de Grand-Port, l'exhumation du corps de Mme Papayah a eu lieu, sous la supervision du Dr Boolell, CPMO. Ce dernier a, par la suite, procédé à l'autopsie de la défunte. Selon les conclusions du médecin-légiste, Mme Papayah a été battue et brutalisée. Elle est décédé d'une fracture and dislocation of cervical spine. Elle avait, en outre, plusieurs hématomes à la tête, attestant des coups qu'elle avait reçue.

Dans les milieux de l'enquête policière, les enquêteurs, placés sous la supervision de l'Assistant-surintendant de Police (ASP) Raheeman, piaffent d'impatience en ce qu'il s'agit de l'interrogatoire du médecin qui avait signé l'acte de décès de Mme Papayah et certifié que cette mort était de cause naturelle. Comme annoncé par Week-End dimanche dernier, le médecin est un proche de la défunte. Dans le giron de l'enquête policière, l'on écarte pas la possibilité d'une inculpation provisoire contre ledit médecin.

Pour rappel, l'enquête sur le décès de Lachumanan Papayah, suite à un cambriolage à son domicile le 10 novembre dernier, avait été relancée la semaine dernière avec l'arrestation d'un premier suspect, Anand Pydiah, alias Vishal, un sans domicile fixe de 30 ans. Lors de son arrestation effectuée par une équipe menée par l'inspecteur Callychurn et les sergents Cecile et Seewgoolam, entre autres, il devait déclarer, à un moment donné: "Mo conscience ape reproche moi, ena enn zafer serieux fine arriver". C'est alors qu'il devait passer à un full fledged confession relativement au meurtre de Mme Papayah. Le suspect Pydiah devait déclarer aux policiers que lors de ce vol commis à Beau-Vallon, son complice Ahad Romaldawoo aurait bâillonné la septuagénaire à mort. Lui n'aurait fait que monter la garde lors du cambriolage. Deux bracelets provenant du butin emporté chez la victime ont été retrouvés sous un trottoir à la route Deux Bras, New Grove. Ces bijoux ont été recouvrés sur la base des informations fournies à la police par Anand Pyndiah lors de son audition.

D'autre part, il est à noter que la veille de l'exhumation du corps, le Dr Boolell a reçu des menaces de mort en marge de cette affaire. Selon nos renseignements, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad a été personnellement mis au courant de cet état de choses et qu'une enquête policière y relative a été ouverte.


Fausse cause de décès

Risques de suspension ou même de radiation pour le médecin

Le syndicat des médecins privé recommande la prudence avant de signer un certificat de décès

Des risques de suspension, voire de radiation de l'ordre, pèsent sur le médecin privé qui a conclu que le décès de Lachumanan Paupiah, 76 ans et habitant Beau-Vallon, le 10 novembre, était de causes naturelles. Or, la dépouille de Lachumanan Paupiah a été exhumé jeudi dernier et les conclusions de l'autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Satish Boolell, accréditent la thèse du Foul Play dans cette affaire. La septuagénaire aurait été victime de violentes agressions physiques qui ont révélées une "fracture and dislocation of cervical spine" aussi bien que des hématomes à la tête. Avec les nouvelles conclusions de cet examen post-mortem à charge, le médecin qui avait attribué le décès à des causes naturelles intéresse la police. Par ailleurs, le Medical Council prendra des sanctions nécessaires à l'encontre de ce médecin, si après enquête, il ressort que le médecin a fauté effectivement par négligence ou autre, indique le Registrar, le Dr Anil Deepchand. Ce dernier précise toutefois qu'à ce stade, l'Ordre des médecins attend les conclusions de l'enquête policière.

Pour s'être trompé concernant la cause du décès de Luchmanan Papayah, le médecin en question se retrouve actuellement dans une fâcheuse situation. À ce stade, le Medical Council ne s'est pas penché sur la question depuis que le médecin légiste en chef, le Dr Satish Boolell, a confirmé que la victime était décédée des suites d'une agression violente. L'Ordre des médecins attend les conclusions de l'enquête policière avant de commencer de son côté, rapport de police en main, à une investigation sur ce médecin qui avait conclu à la mort naturelle, explique le Registrar. Le Dr Anil Deepchand indique que l'organisme effectuera une enquête pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles le certificat de décès a été émis. Tout médecin amené à émettre un certificat de décès doit généralement faire un examen complet pour savoir s'il y a des blessures sur le corps de la victime, explique le Registrar. "Les médecins sont formés pour entreprendre de tels examens sur les personnes décédées afin de déterminer s'il y a des blessures. Il s'agit de forensic medecine. Une personne ne peut pas devenir médecin sans savoir ce que c'est que la Forensic medecine", explique le Dr Anil Deepchand.

Dans certaines circonstances, ajoute-t-il, s'il s'agit du médecin traitant, ce dernier, connaissant les antécédents de santé de son patient, peut émettre un diagnostic après avoir toutefois examiné le cadavre dans son ensemble. Dans le cas où le médecin ne connaît pas les antécédents de la personne décédée, il doit se référer au dossier de la personne auprès de ses confrères, publics ou privé, ainsi qu'auprès des établissements de santé dans lesquels la personne aurait pu être en traitement. Mais dans certains cas, il arrive que le médecin n'ait pas connu la personne décédée. "Mais son diagnostic doit être fait 'to the best of his knowledge'. Ce diagnostic doit être sûr", fait ressortir le Dr Anil Deepchand. Ainsi, si l'enquête policière conclu qu'il y a eu faute ou négligence de la part de ce médecin, son cas sera également référé au Medical Council. Nous mettrons sur place un comité d'investigation qui va étudier ce cas. Aucuns détails ne seront négligés, assure le Dr Anil Deepchand. Il ajoute que le comité d'investigation aura certainement recours au dossier du médecin en question dans les établissements de santé pour lesquels il aurait travaillé. Dépendant de la gravité de la faute commise, si les faits s'avèrent, ce médecin risque : warning, severe warning, reprimand, severe reprimand, suspension ou radiation. "Tout dépend de la conclusion de l'enquête. Par exemple s'il y a eu lacération sur le corps de la victime et que le médecin ne la pas vu, il risque la suspension", explique le Registrar, ajoutant que les sanctions peuvent être encore plus fortes.

Au niveau des médecins du privé, cette affaire est suivi de près. Le président de la Private Medical Practitionners Association (PMPA), le Dr Isshack Jowahir indique que les conclusions de l'enquête policière sont attendues et qu'à ce stade, la PMPA ne peut se prononcer sur cette affaire. Néanmoins, le syndicat du privé recommande à ses membres la prudence avant d'émettre un certificat de décès. "Il y a beaucoup de médecins qui ne font pas de constat visuel avant d'émettre un certificat de décès. Souvent, sachant que la personne est âgée, ils signent le certificat sans se déplacer, se basant sur ce que l'entourage familial indique. Ceci est très grave. Dans la mesure où nous devons examiner le corps avant d'émettre un certificat", indique le Dr Isshack Jowahir. Il existe des cas, dans le passé où de fausses causes de décès ont été livrées, confie-t-il. C'est dans cette optique que la PMPA recommande la vigilance de tous les médecins. Au moindre doute, le médecin doit se tourner ver le Police Medical Officer, souligne-t-on. Le porte-parole de l'association, le Dr Zouberr Joomaye, estime pour sa part qu'il faut également que l'émission du certificat de décès dans le privé soit mieux encadré par une législation appropriée.


Vendredi après-midi

Deux policiers agressés à l'arme blanche par un récidiviste notoire

Deux policiers, à savoir les constables Sevanandee et Damree, ont été blessés à l'arme blanche vendredi après-midi à Dagotière Road, Valetta. Leur agresseur présumé est un récidiviste notoire, Krishna Ramsamy, qui est fiché comme Habitual Criminal (HC). Ce dernier a une quarantaine de previous convictions à son actif, allant du vol, à l'extorsion, de l'entente délictueuse à la possession/consommation de drogue. Les policiers étaient intervenus afin d'empêcher un vol. Le récidiviste leur a assené plusieurs coups de couteau, notamment aux bras et aux genoux, avant de prendre la fuite. Le même soir, il a été capturé dans un champ de cannes et a été écroué.

Vers 14h30, les Detective Police constables (DPC) Sevanandee et Damree, affectés à la Criminal Investigatin Department (CID) de Moka, qui patrouillaient en compagnie d'autres collègues à Valetta, devaient être hélés par un habitant de la localité. Ce dernier devait indiquer aux policiers qu'un individu s'était introduit dans la demeure de son beau-frère et qu'il tentait d'y commettre un vol. Les policiers se sont précipités sur les lieux et ont alors vu un homme qui s'enfuyait en courant. Les constables Damree et Sevanandee se sont lancé à la poursuite du fuyard et l'ont rattrapé. Dans un premier temps, le fugitif devait réussir à jeter le constable Sevanandee à terre et en profiter pour lui asséner quatre coups de couteau au niveau des genoux avant de donner un autre coup de cette arme tranchante au bras du constable Damree, qui tentait de s'interposer.

Le bandit a par la suite réussi à s'enfuir, laissant derrière lui les deux policiers blessés. Dès lors, l'alerte devait être donnée et une importante battue policière a été effectuée dans la région. Durant la même soirée, une équipe de la CID de Moka, composée du Detective Chief Inspector (DCI) Pierre Louis, du Detective Police Sergeants (DPS) Jokhoo et d'autres hommes sont parvenus à mettre la main au collet du fugitif en question. Il s'agissait du récidiviste Krishna Ramsamy, 37 ans, habitant Maternelle Road, Caroline, Flacq. Il devait être conduit, sous forte escorte policière, au poste de police de Moka et y subir un interrogatoire serré. Lors de celui-ci, il devait avouer avoir tenté de commettre un vol à Valetta, et d'avoir agressé les deux policiers. Il devait être maintenu en détention policière. Il comparaîtra en cour de District de Moka demain, lundi, sous une accusation provisoire de Assaulting Police officers causing an effusion of blood. L'enquête policière dans cette affaire a été placée sous la supervision de l'Assistant surintendant de Police (ASP) Ramgoolam.

Aux Casernes centrales, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad n'a pas manqué de saluer le courage de ces policiers auprès de ses proches collaborateurs. Interrogé par Week-End, le sergent Lindsay Mirthil, Police Public Relations Officer (PPRO) devait faire ressortir que le CP a rendu hommage à ces hommes qui ont fait preuve de bravoure. "Le commissaire salue ces policiers pour leur courage et leur dévouement. Ils ont fait échec à une tentative de vol, et cela en dépit du fait que leur propre vie était en danger", a-t-il fait ressortir. Week-End a tenté, en vain, d'obtenir un commentaire de la part des deux policiers blessés. Ces derniers ont tous deux été hospitalisés.



f a i t s   d i v e r s WEEK-END --- dimanche 20 décembre 2009