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Meurtre et suicide à Palma
Du sang qui n'appartiendrait pas aux victimes intrigue les
enquêteurs
Y aurait-il une tierce personne impliquée dans le double
drame survenu à Palma tôt lundi matin ? Les enquêteurs
de la Major Crime Investigation Team (MCIT) et de la Criminal
Investigation Division (CID) de Quatre-Bornes penchent pour cette
hypothèse en fonction de résultats d'analyses effectuées
sur des échantillons sanguins recueillis sur les lieux
du crime. Selon les informations qu'a recueillies Week-End,
ce sang ne correspondrait pas avec ceux des victimes. A mesure
que l'enquête policière s'approfondit, il ressort
que cette histoire a pour toile de fond une affaire extraconjugale,
et de sorcellerie.
Les enquêteurs s'orientent actuellement vers une nouvelle
piste relative au double drame de Palma découvert aux aurores
lundi matin. En effet, une trace de sang sur l'asphalte, non loin
des lieux du drame, attend toujours de livrer son secret. Selon
les recoupements de Week-End, ce sang n'appartiendrait
ni à Nundini Rummun (30 ans) ni à son époux
Vinaye (38 ans). La première a été mortellement
agressée, tandis que le second se serait donné la
mort par pendaison. Mais à qui donc appartient le sang
retrouvé sur l'asphalte ? Cette question reste à
être tirée au clair.
Lorsque cette affaire macabre a été mise au jour,
Nundini Rummun se trouvait sur le siège avant d'un van
Toyota immatriculé 1862 ZH 96, tandis que le corps
de Vinaye était suspendu à des morceaux de tissus
dans un corridor entre sa maison et celle de ses voisins. Tout
se serait produit, selon les enquêteurs, dans le "time
frame" minuit à 2h du matin. L'autopsie pratiquée
par le Chief Police Medical Officer (CPMO), le Dr Satish
Boolell, devait attribuer le décès de Nundini Rummun
à une "Ligature Strangulation", assortie
d'une multitude de coups et blessures à la tête.
C'est également à partir des fameuses traces de
sang qui s'étalaient de la Toyota sur une cinquantaine
de mètres, que les premiers arrivés sur les lieux
du crime ont découvert le corps de Vinaye Rummun dans le
corridor. Le Dr Boolell a attribué son décès
à un "Hanging Asphyxia".
Cependant, en fonction des indices recueillis sur le terrain et
compte tenu des témoignages des proches du couple, les
enquêteurs devaient procéder à l'arrestation
d'un taximan, Chandradath Gookhool (39 ans), plus connu sous le
sobriquet d'Anil. En vertu des témoignages recueillis,
ce dernier aurait entretenu une relation extraconjugale avec Nundini
Rummun. Cependant, il ressort que cette dernière voulait
mettre un terme à ladite relation mais que lui s'y opposait
farouchement. Anil Gokhool, qui est pour le moment accusé
d'entente délictueuse, dispose cependant d'un alibi. Les
enquêteurs tentent actuellement de corroborer la version
des faits du suspect grâce au filtrage de ses différents
appels téléphoniques. Vinaye Rummun s'est-il donné
la mort après avoir mortellement agressé son épouse
qu'il saurait infidèle ? Cette question divise enquêteurs
et proches des victimes. Nundini Rummun se trouvait-elle sous
la coupe d'un "sorcier" qui la faisait chanter ? Nundini
était-elle régulièrement battue par son amant
Anil Gokhool ? Serait-ce la raison pour laquelle elle voulait
mettre un terme à cette relation extraconjugale ?
Qui dit vrai, qui ment dans cette affaire ? Bien des nuds
enchevêtrés restent à être démêlés
par les enquêteurs en vue de trouver le fin mot de ce double
drame...
Crime de Mahébourg
Un troisième suspect appréhendé après
l'exhumation de Mme Lachumanan Papayah
Un troisième suspect, Ravish Ashil Oree, un bijoutier
de 28 ans, habitant Gros Billot, a été arrêté
dans l'affaire du meurtre de Mme Lachumanan Papayah, 76 ans. Deux
cambrioleurs, Anand Pydiah et Ahad Romaldawoo avaient, durant
la semaine écoulée, avoir commis un meurtre sur
sa personne en cambriolant son domicile (voir Week-End dimanche
dernier). Pour rappel, la mort de Mme Papayah avait été
certifiée comme étant naturelle, et suite aux révélations
des deux détenus, la police devait effectuer en cour de
District de Grand-Port une demande d'exhumation du corps. Cet
exhumation, de même que l'autopsie de la défunte
ont eu lieu jeudi. Il est à noter que la veille de l'exhumation,
le Dr Satish Boolell, Chief Police Medical Officer (CPMO)
a reçu des menaces de mort par téléphone
au sujet de cette affaire. La police enquête également
sur ces menaces. Des suites de l'autopsie, le Dr Boolell a confirmé
que Mme Papayah a bel et bien été tuée.
En attendant l'interrogatoire du médecin ayant signé
l'acte de décès de Mme Papayah comme étant
de cause naturelle, les enquêteurs de la CID de Mahébourg
ont procédé à l'arrestation d'un troisième
suspect dans cette affaire. En effet, le bijoutier Ravish Ashil
Oree, alias Coucou, 28 ans, habitant Gros Billot, a été
appréhendé par les enquêteurs. Il a confirmé
avoir reçu des bijoux en or, que lui avaient remis le suspect
Anand Pydiah et en a fait des lingots d'or. Ces bijoux avaient
été volés au domicile de la sexagénaire.
Le suspect Oree a fait comprendre aux enquêteurs qu'il savait
que ces bijoux provenaient d'un vol. Il a, de ce fait, été
maintenu en détention policière.
D'autre part, jeudi, nantie d'une autorisation en bonne et due
forme en provenance de la cour de Grand-Port, l'exhumation du
corps de Mme Papayah a eu lieu, sous la supervision du Dr Boolell,
CPMO. Ce dernier a, par la suite, procédé à
l'autopsie de la défunte. Selon les conclusions du médecin-légiste,
Mme Papayah a été battue et brutalisée. Elle
est décédé d'une fracture and dislocation
of cervical spine. Elle avait, en outre, plusieurs hématomes
à la tête, attestant des coups qu'elle avait reçue.
Dans les milieux de l'enquête policière, les enquêteurs,
placés sous la supervision de l'Assistant-surintendant
de Police (ASP) Raheeman, piaffent d'impatience en ce qu'il s'agit
de l'interrogatoire du médecin qui avait signé l'acte
de décès de Mme Papayah et certifié que cette
mort était de cause naturelle. Comme annoncé par
Week-End dimanche dernier, le médecin est
un proche de la défunte. Dans le giron de l'enquête
policière, l'on écarte pas la possibilité
d'une inculpation provisoire contre ledit médecin.
Pour rappel, l'enquête sur le décès de Lachumanan
Papayah, suite à un cambriolage à son domicile le
10 novembre dernier, avait été relancée la
semaine dernière avec l'arrestation d'un premier suspect,
Anand Pydiah, alias Vishal, un sans domicile fixe de 30 ans. Lors
de son arrestation effectuée par une équipe menée
par l'inspecteur Callychurn et les sergents Cecile et Seewgoolam,
entre autres, il devait déclarer, à un moment donné:
"Mo conscience ape reproche moi, ena enn zafer serieux
fine arriver". C'est alors qu'il devait passer à
un full fledged confession relativement au meurtre de Mme
Papayah. Le suspect Pydiah devait déclarer aux policiers
que lors de ce vol commis à Beau-Vallon, son complice Ahad
Romaldawoo aurait bâillonné la septuagénaire
à mort. Lui n'aurait fait que monter la garde lors du cambriolage.
Deux bracelets provenant du butin emporté chez la victime
ont été retrouvés sous un trottoir à
la route Deux Bras, New Grove. Ces bijoux ont été
recouvrés sur la base des informations fournies à
la police par Anand Pyndiah lors de son audition.
D'autre part, il est à noter que la veille de l'exhumation
du corps, le Dr Boolell a reçu des menaces de mort en marge
de cette affaire. Selon nos renseignements, le commissaire de
Police, Dhun Iswur Rampersad a été personnellement
mis au courant de cet état de choses et qu'une enquête
policière y relative a été ouverte.
Fausse cause de décès
Risques de suspension ou même de radiation pour le médecin
Le syndicat des médecins privé recommande la prudence
avant de signer un certificat de décès
Des risques de suspension, voire de radiation de l'ordre, pèsent
sur le médecin privé qui a conclu que le décès
de Lachumanan Paupiah, 76 ans et habitant Beau-Vallon, le 10 novembre,
était de causes naturelles. Or, la dépouille de
Lachumanan Paupiah a été exhumé jeudi dernier
et les conclusions de l'autopsie pratiquée par le Chief
Police Medical Officer, le Dr Satish Boolell, accréditent
la thèse du Foul Play dans cette affaire. La septuagénaire
aurait été victime de violentes agressions physiques
qui ont révélées une "fracture and
dislocation of cervical spine" aussi bien que des hématomes
à la tête. Avec les nouvelles conclusions de cet
examen post-mortem à charge, le médecin qui avait
attribué le décès à des causes naturelles
intéresse la police. Par ailleurs, le Medical Council prendra
des sanctions nécessaires à l'encontre de ce médecin,
si après enquête, il ressort que le médecin
a fauté effectivement par négligence ou autre, indique
le Registrar, le Dr Anil Deepchand. Ce dernier précise
toutefois qu'à ce stade, l'Ordre des médecins attend
les conclusions de l'enquête policière.
Pour s'être trompé concernant la cause du décès
de Luchmanan Papayah, le médecin en question se retrouve
actuellement dans une fâcheuse situation. À ce stade,
le Medical Council ne s'est pas penché sur la question
depuis que le médecin légiste en chef, le Dr Satish
Boolell, a confirmé que la victime était décédée
des suites d'une agression violente. L'Ordre des médecins
attend les conclusions de l'enquête policière avant
de commencer de son côté, rapport de police en main,
à une investigation sur ce médecin qui avait conclu
à la mort naturelle, explique le Registrar. Le Dr Anil
Deepchand indique que l'organisme effectuera une enquête
pour déterminer les circonstances exactes dans lesquelles
le certificat de décès a été émis.
Tout médecin amené à émettre un certificat
de décès doit généralement faire un
examen complet pour savoir s'il y a des blessures sur le corps
de la victime, explique le Registrar. "Les médecins
sont formés pour entreprendre de tels examens sur les personnes
décédées afin de déterminer s'il y
a des blessures. Il s'agit de forensic medecine. Une personne
ne peut pas devenir médecin sans savoir ce que c'est que
la Forensic medecine", explique le Dr Anil Deepchand.
Dans certaines circonstances, ajoute-t-il, s'il s'agit du médecin
traitant, ce dernier, connaissant les antécédents
de santé de son patient, peut émettre un diagnostic
après avoir toutefois examiné le cadavre dans son
ensemble. Dans le cas où le médecin ne connaît
pas les antécédents de la personne décédée,
il doit se référer au dossier de la personne auprès
de ses confrères, publics ou privé, ainsi qu'auprès
des établissements de santé dans lesquels la personne
aurait pu être en traitement. Mais dans certains cas, il
arrive que le médecin n'ait pas connu la personne décédée.
"Mais son diagnostic doit être fait 'to the
best of his knowledge'. Ce diagnostic doit être sûr",
fait ressortir le Dr Anil Deepchand. Ainsi, si l'enquête
policière conclu qu'il y a eu faute ou négligence
de la part de ce médecin, son cas sera également
référé au Medical Council. Nous mettrons
sur place un comité d'investigation qui va étudier
ce cas. Aucuns détails ne seront négligés,
assure le Dr Anil Deepchand. Il ajoute que le comité d'investigation
aura certainement recours au dossier du médecin en question
dans les établissements de santé pour lesquels il
aurait travaillé. Dépendant de la gravité
de la faute commise, si les faits s'avèrent, ce médecin
risque : warning, severe warning, reprimand,
severe reprimand, suspension ou radiation. "Tout
dépend de la conclusion de l'enquête. Par exemple
s'il y a eu lacération sur le corps de la victime et que
le médecin ne la pas vu, il risque la suspension",
explique le Registrar, ajoutant que les sanctions peuvent être
encore plus fortes.
Au niveau des médecins du privé, cette affaire est
suivi de près. Le président de la Private Medical
Practitionners Association (PMPA), le Dr Isshack Jowahir indique
que les conclusions de l'enquête policière sont attendues
et qu'à ce stade, la PMPA ne peut se prononcer sur cette
affaire. Néanmoins, le syndicat du privé recommande
à ses membres la prudence avant d'émettre un certificat
de décès. "Il y a beaucoup de médecins
qui ne font pas de constat visuel avant d'émettre un certificat
de décès. Souvent, sachant que la personne est âgée,
ils signent le certificat sans se déplacer, se basant sur
ce que l'entourage familial indique. Ceci est très grave.
Dans la mesure où nous devons examiner le corps avant d'émettre
un certificat", indique le Dr Isshack Jowahir. Il existe
des cas, dans le passé où de fausses causes de décès
ont été livrées, confie-t-il. C'est dans
cette optique que la PMPA recommande la vigilance de tous les
médecins. Au moindre doute, le médecin doit se tourner
ver le Police Medical Officer, souligne-t-on. Le porte-parole
de l'association, le Dr Zouberr Joomaye, estime pour sa part qu'il
faut également que l'émission du certificat de décès
dans le privé soit mieux encadré par une législation
appropriée.
Vendredi après-midi
Deux policiers agressés à l'arme blanche par
un récidiviste notoire
Deux policiers, à savoir les constables Sevanandee et Damree,
ont été blessés à l'arme blanche vendredi
après-midi à Dagotière Road, Valetta. Leur
agresseur présumé est un récidiviste notoire,
Krishna Ramsamy, qui est fiché comme Habitual Criminal
(HC). Ce dernier a une quarantaine de previous convictions
à son actif, allant du vol, à l'extorsion, de
l'entente délictueuse à la possession/consommation
de drogue. Les policiers étaient intervenus afin d'empêcher
un vol. Le récidiviste leur a assené plusieurs coups
de couteau, notamment aux bras et aux genoux, avant de prendre
la fuite. Le même soir, il a été capturé
dans un champ de cannes et a été écroué.
Vers 14h30, les Detective Police constables (DPC) Sevanandee et
Damree, affectés à la Criminal Investigatin Department
(CID) de Moka, qui patrouillaient en compagnie d'autres collègues
à Valetta, devaient être hélés par
un habitant de la localité. Ce dernier devait indiquer
aux policiers qu'un individu s'était introduit dans la
demeure de son beau-frère et qu'il tentait d'y commettre
un vol. Les policiers se sont précipités sur les
lieux et ont alors vu un homme qui s'enfuyait en courant. Les
constables Damree et Sevanandee se sont lancé à
la poursuite du fuyard et l'ont rattrapé. Dans un premier
temps, le fugitif devait réussir à jeter le constable
Sevanandee à terre et en profiter pour lui asséner
quatre coups de couteau au niveau des genoux avant de donner un
autre coup de cette arme tranchante au bras du constable Damree,
qui tentait de s'interposer.
Le bandit a par la suite réussi à s'enfuir, laissant
derrière lui les deux policiers blessés. Dès
lors, l'alerte devait être donnée et une importante
battue policière a été effectuée dans
la région. Durant la même soirée, une équipe
de la CID de Moka, composée du Detective Chief Inspector
(DCI) Pierre Louis, du Detective Police Sergeants (DPS) Jokhoo
et d'autres hommes sont parvenus à mettre la main au collet
du fugitif en question. Il s'agissait du récidiviste Krishna
Ramsamy, 37 ans, habitant Maternelle Road, Caroline, Flacq. Il
devait être conduit, sous forte escorte policière,
au poste de police de Moka et y subir un interrogatoire serré.
Lors de celui-ci, il devait avouer avoir tenté de commettre
un vol à Valetta, et d'avoir agressé les deux policiers.
Il devait être maintenu en détention policière.
Il comparaîtra en cour de District de Moka demain, lundi,
sous une accusation provisoire de Assaulting Police officers causing
an effusion of blood. L'enquête policière dans cette
affaire a été placée sous la supervision
de l'Assistant surintendant de Police (ASP) Ramgoolam.
Aux Casernes centrales, le commissaire de Police, Dhun Iswur Rampersad
n'a pas manqué de saluer le courage de ces policiers auprès
de ses proches collaborateurs. Interrogé par Week-End,
le sergent Lindsay Mirthil, Police Public Relations Officer (PPRO)
devait faire ressortir que le CP a rendu hommage à ces
hommes qui ont fait preuve de bravoure. "Le commissaire
salue ces policiers pour leur courage et leur dévouement.
Ils ont fait échec à une tentative de vol, et cela
en dépit du fait que leur propre vie était en danger",
a-t-il fait ressortir. Week-End a tenté, en vain, d'obtenir
un commentaire de la part des deux policiers blessés. Ces
derniers ont tous deux été hospitalisés.
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