ADIEU BURTY !
Quand j'avais été arrêté, avec ma consur,
Annabelle Volbert, et mon confrère, Josian Valère,
de Radio Plus, sous une accusation de publication de fausses
nouvelles, le téléphone sonnait par la suite. "Allo
! C'est Burty ! Je suis avec toi, mais je réclame le silence
de l'apprenti..." J'avais, bien sûr, compris. Qu'en
tant que ministre, il ne pouvait pas apporter, officiellement,
son soutien, ni sa désapprobation. Mais, ce silence de
l'apprenti était un silence tonitruant, actif, fraternel,
pour ne pas dire confraternel.
Burty avait été, avant tout, un journaliste, lui
qui avait fait ses premières armes sous la férule
de Kher Jagatsingh, au Nation, puis à Mauritius
Today. S'il avait manifesté, à mon égard,
ce soutien corporatiste, c'était parce qu'il avait été,
d'abord, journaliste, politicien ensuite.
Burty avait contribué à plusieurs titres, parce
qu'il aimait s'exprimer, faire part aux autres les idées
qu'il avait reçues d'ailleurs, de ses profs antérieurs,
de ses lectures livresques - son fils Fabrice nous disait, le
jour de ses funérailles, que pour lui faire plaisir, il
ne fallait pas chercher loin : fouiller dans les librairies et
lui rapporter des livres.
La réalité veut que pour notre génération
de baby-boomers issue de la Seconde Guerre mondiale, la
fenêtre qui s'ouvrait à nous sur le monde, c'était
la lecture et la radio. A travers ces deux pôles, nous voyagions
dans nos têtes et quand nous voyions les navires des Messageries
Maritimes traverser le Bell Boy dans la rade de Port-Louis,
nous savions que nos nourritures livresques étaient arrivées
et allaient être débarquées avec trois mois
de retard...
Nous avions été nourris dans ce Ward IV des
années 50 par tant d'hommes qui avaient un penchant certain
pour l'écriture. Advance de Seewoosagur Ramgoolam,
de René Noyau, de Malcolm de Chazal, d'Anauth Beejadhur
de Marcel Cabon, non sans oublier Raoul Rivet au Mauricien,
de son successeur, André Masson, mais aussi, Jacques Rivet,
Bickramsing Ramlallah du Mauritius Times, de Hervé
de Sornay du Cernéen qui ont, tous, contribué
à placer le journalisme mauricien au cur du débat
de la chose politique.
Burty s'était nourri, dès son jeune âge, de
cette chose-là. On pourrait même dire qu'il y était
entré dedans dès son jeune âge, pour en devenir,
plus tard, le gardien du temple du travaillisme moderne. Mon ami,
Yvan Martial, ne disait-il pas, avec raison, l'autre jour, sur
les antennes de la MBC, que James Burty David s'était érigé
comme le rempart du travaillisme, pur et dur, face aux jeunes
loups du Mouvement militant mauricien.
Il faut reconnaître que Burty avait du coffre (intellectuellement)
pour affronter ces loups aux dents longues. Je me remémore
ces longues joutes oratoires, où il donnait la réplique
à son vis-à-vis, qui n'était autre que ...
Paul Bérenger ! Je sais, qu'au fond de ce dernier, avec
la disparition de James Burty David, il n'aurait plus d'adversaire
avec lequel se mesurer. Parce que Burty était le dernier
des Travaillistes ...!
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é d i t o r i a l
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WEEK-END --- dimanche 20 décembre 2009
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