a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 18 octobre 2009



  Pour son deuxième anniversaire, hier - La FCM accueille Ramgoolam et Bérenger à sa table d'honneur
  Assemblée Nationale - Chaude rentrée en perspective mardi
  Relations industrielles - Sucre : avancée syndicale au profit des "saisonniers"
  Méga-scandale politico-financier - MCB/NPF : Lesage à l'épreuve de ses "aveux" à l'ICAC !
  Jeudi après-midi - Me Domingue s'appuie sur la "SOS Letter" du 19/12/89


Pour son deuxième anniversaire, hier

La FCM accueille Ramgoolam et Bérenger à sa table d'honneur

La Fédération des Créoles Mauriciens (FCM) qui fêtait, hier après-midi à Petite Rivière, son deuxième anniversaire a réuni à sa table d'honneur deux invités de marque en la personne du Premier ministre et leader du Ptr, Navin Ramgoolam, et du leader de l'Opposition et du MMM, Paul Bérenger. Lors de cette célébration qui s'est déroulée en présence d'autres élus de la majorité et de l'Opposition dont le vice-Premier ministre et leader du PMSD, Xavier-Luc Duval et le leader du MSM, Pravind Jugnauth, le président de la FCM, le père Jocelyn Grégoire devait affirmer qu'il ne roulait ni pour le Ptr, ni pour le MMM, ni pour le PMSD ni pour le MSM.

"Mon leader c'est Jésus-Christ et mon programme c'est l'Evangile qui invite à une option préférentielle pour les pauvres", a assuré le prêtre catholique. "Jocelyn Grégoire n'acceptera jamais d'entrer dans l'Histoire comme le président de la FCM qui a divisé les créoles", a-t-il précisé. Et de poursuivre: "Kan mo rant dan bato, mo pa kapav pran 25% kréol ek less 75% deryer.. Napa kont lor moi pou sa...", devait-il encore dire.

Le président de la FCM a salué tous ceux - prêtres, hommes politiques entre autres individus - qui, depuis l'Indépendance, ont travaillé à l'avancement de la communauté créole. "Le FCM n'est pas là pour 'hijack' la mission qu'ils ont réalisée mais ne vise qu'à consolider ces efforts en vue de l'empowerment de la communauté créole". Il poursuit : "Nous ne voulons pas être traités comme des cinq sous manquant aux 95 sous pour faire une roupie. Donn nou saki nou mérité, pa zis lakrem!"

Et de préciser: "Nous ne disons pas qu'il faille tirer de la bouche des autres en vue de nous donner mais nous demandons que ce que nous méritons." Evocation, à ce stade, des emplois de "messengers" et autres "attendants" dans les ministères, corps para-étatiques et autres municipalités "qui ne nécessitent pas, parfois, un certificat de la VIe" qui ne reviennent, en substance, presque jamais à des créoles, selon le père Grégoire. "Komié létan nou pou kontinyé stamp kart?", s'est-il demandé.

"Bras ouverts aux frères hindous, musulmans et autres"

Il explique que quand une communauté particulière a le sentiment d'être "endéor belboy", cela peut "occasionner des étincelles". Le FCM, rassure quand même son président, ouvre ses bras "à nos frères hindous, musulmans, blancs, chinois" en vue de travailler "main dans la main" pour faire que Maurice devienne "un véritable Tigre de l'océan Indien". Il invite, dans cette perspective, les responsables politiques à mettre l'intérêt du pays "avant l'intérêt de leur parti".

Pour le président de la FCM, si cela peut que cinq sous ajoutés à 95 sous puissent suffire pour remporter les élections, cela ne saurait, pour autant, être suffisant pour vivre dans l'unité. "Il faut l'unité en vue d'assurer la stabilité", dit-il. "La FCM n'entend donner aucune consigne de vote mais il faut que chaque Mauricien soit fier de vivre dans un pays qui, 40 ans après l'indépendance, reflète le vrai arc-en-ciel". Pour Jocelyn Grégoire, ce n'est pas en voulant toujours "fini bann-là" ou en voulant "lev kont lot-là" que l'on construira l'unité.

Pour sa part, dans son intervention, le Premier ministre, Navin Ramgoolam a estimé qu'être créole est "source de fierté". Il devait rappeler les "séquelles profondes" laissées sur l'identité par l'esclavage. S'il s'est dit pour une revendication identitaire, le leader du Ptr met en garde contre un "repli identitaire" des créoles qui pourrait s'avérer "très dangereux".

Répondant au leader de l'Opposition et du MMM qui, précédemment, avait évoqué les élections générales de 1959 au cours desquelles le Ptr entra en alliance avec le CAM comme le point de départ du "communalisme moderne", Navin Ramgoolam devait répliquer qu'à l'époque, ce choix d'alliance avait été contesté par certains au Ptr "qui a toujours été un parti national".

Il a, lui aussi, trouvé, comme M. Bérenger, que la demande de la FCM pour la reconnaissance constitutionnelle de la communauté créole est susceptible de créer un précédent pour d'autres requêtes. A la demande du leader de l'Opposition pour une réforme électorale susceptible de consolider l'unité nationale, le Premier ministre devait laisser entendre qu'il réfléchissait encore à cette possibilité.

Pour le Dr Ramgoolam, la réponse à l'exclusion est l'éducation. Il cite l'exemple de son père, sir Seewoosagur, à cet effet. Le Premier ministre devait dire qu'il a demandé à son ministre de l'Education de considérer positivement la demande de la FCM concernant la prise en compte de la langue créole dans le cursus scolaire. Navin Ramgoolam a, par ailleurs, attribué le retard dans la constitution de l'Equal Opportunities Tribunal à des problèmes pratiques et a assuré que l'institution de cette instance "est en bonne voie" et se concrétisera "bientôt".

Le Premier ministre, qui a appelé la FCM à "garder espoir" et à éviter tout ce qui peut être interprété comme "de la provocation", devait assurer que son gouvernement fait "ce qui est juste et raisonnable". Il devait aussi affirmer sa volonté de "refaire le Ptr d'antan" au sein duquel, dit-il, "tous sont représentés".

"La communauté créole a un retard à rattraper et une place à gagner au soleil", devait aussi reconnaître le leader de l'Opposition, M. Bérenger. Mais de préciser que ce droit de revendiquer une place au soleil ne doit pas, nécessairement, se faire "au détriment des autres". "Il ne faut pas être, volontairement provocant", met en garde le leader du MMM. Il s'est dit "convaincu" qu'une "bonne réforme électorale" est "plus que d'actualité" et aidera, notamment, à la consolidation de l'unité nationale.

Paul Bérenger a aussi fait part de sa "conviction sincère" que si chaque communauté appelle à ne voter que pour sa communauté seulement, cela constituera un "coup mortel" à la démocratie. Aussi lance-t-il un appel aux créoles et aux membres de toutes les autres communautés d'étudier, plutôt, les programmes des partis et d'évaluer leurs équipes respectives avant de faire leur choix de vote.

Notons que cette fête a débuté par l'hymne national et par un souhait de "Joyeuse Divali" à tous les hindous qui célébraient, hier, la Fête de la Lumière. L'artiste Eric Triton a, à la fin des discours, interprété son hymne, "Linité". Après quoi, les deux invités d'honneur ont coupé et goûté au gâteau d'anniversaire de la FCM.


Divali Night au Mahébourg Waterfront - Navin Ramgoolam : ''Il ne faudrait pas que nos différences deviennent source de division''

La fête du Divali a été célébrée en grande pompe, vendredi soir au Mahébourg Waterfront en présence d'un parterre de personnalités dont le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam. La soirée a été marquée par diverses prestations, notamment des chants, des mimes et des danses, entre autres. Venu spécialement de l'Inde, le chanteur Krishna Kumar Kunnath, mieux connu comme Kay Kay a fait vibrer toute l'assistance présente. Le point culminant de la soirée : un feu d'artifice haut en couleurs de plusieurs minutes. Un vrai instant de bonheur pour les mahébourgeois qui ont apprécié…

Lors de son allocution, le Dr. Navin Ramgoolam a fait ressortir que la fête de Divali est célébrée non-seulement par nos compatriotes de foi hindoue, mais aussi par toute l'île Maurice. Cela démontre fort bien nos valeurs culturelles sont fortement ancrées a poursuivi le Premier ministre. Pour le PM, il est clair et net que malgré nos différentes communautés et religions, ces différences ne doivent pas être sources de division, bien au contraire, elles doivent constituer notre force dans la diversité culturelle. Rappelant la vraie valeur du Divali, et prenant en exemple les divinités associées à cette fête, le Premier ministre a souligné le sens du devoir, de loyauté, et de dévotion. Ainsi, souligne-t-il, le pouvoir et le gain personnels ne doivent pas primer. ''Faudrait pas declar tro cone. Ena tou le temps kitchose pou cone de lezot, mem de seki pli tipti'', a-t-il dit. Navin Ramgoolam a terminé son discours par un souhait unanime: ''Mo souhaité ki sa la limier Divali là brille pou toute l'île Maurice entière''.


Assemblée Nationale

Chaude rentrée en perspective mardi

Chaude rentrée parlementaire en perspective ce mardi. Toutes les questions de brûlante actualité, à savoir les déclarations de Rama Valayden, la police des polices, les écoutes téléphoniques, le code de conduite électoral, l'accident de Monte Bello et la MBC à l'agenda du Question Time. Le seul texte qui sera débattu en deuxième lecture est la Land Transport Authority Bill tandis que le Small and Medium Enterprises Bill sera proposé en première lecture.

C'est Rajesh Bhagwan qui ouvre le bal des 28 questions pour le Premier ministre avec une première interpellation sur les écoutes téléphoniques. Il veut savoir s'il a reçu des représentations dans ce sens de la part d'un membre de l'Assemblée Nationale et des médias et si le National Security Service procède aux écoutes de conversations téléphoniques.

Le même député évoquera les déclarations récentes faites par l'Attorney General pour réclamer du chef du gouvernement si l'affaire a été rapportée à la police et si il y a eu une enquête initiée à ce sujet. Sa collègue Françoise Labelle demandera, pour sa part, des détails sur l'arrestation de Jean Marie Richard. Pour l'Attorney General, lui même, plus tard, une question d' Eric Guimbeau sur la mise sur pied d'une police des polices.

Eu sus des questions relevant de l'administration des forces de l'ordre, on relève, toujours dans la tranche réservée au Premier ministre, celles portant sur l'accident de Monte Bello de Joe Lesjonard, de Mahen Jhugroo et de son collègue Shawkatally Soodhun sur la circulation des poids lourds la nuit. Au chapitre des accidents de la route, il y aussi cette question du député du MMM, Joe Lesjongard sur le nombre impliquant les véhicules ministériels.

Comme à l'habitude, la MBC ne sera pas en reste. Trois questions, celles de Shawkatally Soodhun sur le transfert du quartier général de la corporation de Forest Side à Réduit, de Rajesh Bhagwan sur l'achat de films, les commissions payées de même que les noms des bénéficiaires et d'Ajay Gunness sur la situation financière du monopole télévisuel et si il y a eu un audit conduit sur toute cette question.

Le même député a deux autres questions importantes portant sur l'utilisation de la clause des achats d'urgence pour doter la police de nouveaux véhicules et sur l'introduction d'un texte sur le code de conduite électoral et l'évolution du dossier de la réforme électorale.

Deux questions aussi sur Agaléga, l'une de Mahen Jhugroo sur un cas de viol allégué commis sur l'île et d' Eric Guimbeau sur le projet de base militaire indienne.

Parmi les autres questions pour le Dr Navin Ramgoolam, la mise sur pied d'un comité national pur voir comment honorer la mémoire du Cardinal Margéot, le gel de la délivrance de permis pour les écoles de conduite de véhicules, la fuite de Christophe Caterino, les résultats des travaux du comité qui se penche sur les maisons de jeux, l'agression sexuelle de deux touristes françaises et les Chagos.

Les décès dans les hôpitaux évoqués

Pour les autres ministres, des questions comme celles de Sheila Grenade sur les abus dont sont victimes les enfants et les agressions perpétrées contre les enseignants depus juillet 2007. Son collègue Shawkatally Soodhun recherchera des détails sur l'accident de travail survenu sur un chantier de construction à Ébène alors que la député du MSM Mireille Martin s'intéresse, elle, à la modification structurelle des édifices classés au patrimoine national.

Françoise Labelle cible le ministère de la Santé avec trois questions pour Rajesh Jeetah sur les décès de trois personnes aux hôpitaux de Candos, de Flacq et de Jeetoo. Pour rester sur les services hospitaliers, il y a aussi cette question de Yatin Varma sur le nombre de corps qui se trouvait à la morgue de l'hôpital Candos à fin août 2009. La Santé, c'est aussi les vaccins, dossier qui intéresse Arianne Navarre-Marie qui demandera au ministre de tutelle des précisions sur ceux, pas conformes aux normes, qui sont administrés aux nourrissons. Elle veut connaître la date à laquelle ces vaccins ont été importés.

Le projet Tian Li devenu Jing Fei fera l'objet d'une interpellation d'Ajay Gunness. Il veut savoir pourquoi Tian Li s'est désisté et si le nouvel opérateur est soumis aux mêmes conditions que son prédécesseur.

Maya Hanoomanjee a aussi trois questions, sur le programme d'épierrage et d'irrigation des champs dans le cadre de la réforme sucrière, sur la nécessité de mettre sur pied un Fact Finding Committee sur la gestion de l'Export Processing Zone Labour Welfare Fund et sur l'allocation de terres de l'état à la compagnie Solid Waste Recycling Ltd.

Son collègue Sunil Dowarkasing vise les organismes para-publics et les budget dont ils bénéficient, les conditions de travail des agents de sécurité dans le privé et l'utilisation par le Central Electricity Board des poteaux en bois.

Dany Perrier veut, pour sa part, savoir si des conseillers du ministère des Affaires Étrangères ont effectué des missions à l'étranger depuis janvier 2009 et sur l'allocation des terres mises à la disposition de Maurice par le Mozambique.

Eric Guimbeau reviendra à la charge auprès de l'Attorney General sur l'enregistrement de l'organisation l'Assemblée de Dieu alors que, pour le ministre du Tourisme, il a une question sur le recrutement d'un conseiller depuis août dernier.

Jean Claude Barbier a quatre questions relatives à la pêche tandis que les députés Leela Devi Dookun-Luchoomun et Arianne Navarre-Marie interpelleront respectivement le ministre de l'Education sur les prêts aux étudiants, la ministre des Droits de la Femme sur un cas de corruption alléguée porté contre un officier de son ministère.

A l'approche des élections générales, il est à noter qu'il y a pas mal de questions des députés sur des problèmes de leur circonscription.


Relations industrielles

Sucre : avancée syndicale au profit des "saisonniers"

Le mouvement syndical, qui semble afficher depuis ces dernières semaines une nouvelle vitalité, a connu une première avancée au cours de la semaine écoulée. En effet, les syndicats faisant partie du Joint Negotiating Panel dans l'industrie sucrière ont obtenu que les employés saisonniers soient couverts par le Protocole d'Accord en discussions avec la Mauritius Sugar Producers' Association (MSPA). Initialement, la fédération patronale avait rejeté sans aucune autre forme de procès cette demande syndicale. Dans le domaine du secteur public, le mood de la contestation commence à se faire sentir avec la Government Services Employees' Association (ex-GSA) menant la fronde contre les conditions contraignantes imposées par la police pour une manifestation organisée par des syndicats dans le transport. Du côté de l'Airports of Mauritius, la clause-baîllon, interdisant aux syndicalistes de faire des déclarations ou des commentaires à la presse, a été rappelée à qui de droit dans une circulaire portant la référence ADM/09/16. Le tout nouveau syndicat des sapeurs-pompiers est sur le point de faire son baptême du feu en déclarant litige sur les conditions de service. Par contre, la Fédération des Syndicats du Service civil (FSSC), qui avait soulevé le lièvre de la censure syndicale dans le "Procedure Agreement", se trouve ces jours-ci minée par des luttes intestines avec le président, Toolsyraj Benydin, et le secrétaire, Awadh Balluck, se regardant en chien de faïence depuis une réunion officielle au cours de la semaine écoulée.

Les dirigeants du Joint Negotiating Panel, qui comprend l'Union of Artisans of the Sugar Industry (UASI), la Sugar Industry Labourers' Union (SILU), la Plantation Workers' Union (PWU), l'Artisans and General Workers' Union et l'Organisation de l'Unité des Artisans (OUA), tout en se félicitant des premières retombées de la mobilisation dans ce secteur économique, se préparent à relever les prochains défis. L'une des principales et récentes satisfactions demeure les résultats de l'arbitrage du ministère du Travail et des Relations industrielles au sujet de la main-d'œuvre saisonnière.

Dans une précédente communication il y a une dizaine de jours, le directeur de la MSPA avait rejeté la demande syndicale pour inclure les travailleurs saisonniers dans le Protocole d'Accord en négociations. Mais cette revendication syndicale a connu un dénouement favorable en fin de semaine. Vendredi dernier, le ministère du Travail devait convoquer une réunion tripartite en vue de communiquer le "Stand" du gouvernement sur la question des salaires et des conditions de travail régissant les saisonniers au sein de l'industrie sucrière. La convocation de ces tripartites avait fait suite à une initiative conjointe de la SILU et de l'UASI.

Après analyse des arguments défendus par les représentants du patronat et par les dirigeants syndicaux, le représentant du ministre du Travail et des Relations industrielles, qui présidait la réunion, a donné raison aux syndicalistes en statuant que les travailleurs saisonniers devront être traités selon les dispositions du Protocole d'Accord dans ce secteur. De son côté, la MSPA dispose jusqu'au 30 courant pour faire connaître sa position au sujet de ce développement.

Cette réunion tripartite a été marquée par une altercation verbale entre Ashok Subron, un des animateurs de la General Workers' Federation et les dirigeants de la MSPA suite au refus de l'organisation patronale de communiquer des informations aux termes de la section 35 de l'Employment Rights Act ou encore sous le Sugar Industry Efficiency Act.

Un autre sujet de satisfaction syndicale au cours de la semaine écoulée a été la publication des recommandations du National Remuneration Board (NRB). Même si la semaine de 40 heures ne s'applique pas sur cinq jours comme réclamé, les syndicats de l'industrie sucrière accueillent favorablement la décision pour des amendements au "Remuneration Order" pour ramener la journée de travail à sept au lieu de huit heures.

Avec ce changement envisagé, les heures supplémentaires dans l'industrie sucrière seront basées sur 40 heures au lieu de 48. De leur côté, les laboureurs devront bénéficier d'une réduction dans la "tâche" imposée quotidiennement.

Par ailleurs, dans le sillage de la réunion de mobilisation syndicale de dimanche dernier à l'auditorium Octave Wiehe, trois résolutions ont été votées, soit le rejet des propositions de la MSPA, le maintien d'une condition sine qua non quant à l'accès aux informations réclamées pour la poursuite des négociations et la détermination d'avoir recours à tout l'arsenal légal, y compris la grève, prévu par l'Employment Rights Act, en vue d'obtenir satisfaction.

D'ailleurs, les porte-parole désignés du Joint Negotiating Panel de l'industrie sucrière, Serge Jauffret, D. Ramjuttun et Ashok Subron, devaient réitérer ces conditions lors de la réunion avec la MSPA de mercredi dernier. Un nouveau délai expirant le 23 octobre a été donné au patronat sucrier pour revoir la position.

Commentant ces développements au nom de l'UASI et de la GWF, Ashok Subron a déclaré à "Week-End" que "ces résultats sont la conséquence directe du sursaut et de la mobilisation syndicale dans l'industrie sucrière. Mais, nous nous attendons à une intensification de la campagne avec le prochain rassemblement du 25".

L'animateur de la GWF devait mettre en garde contre toute attitude syndicale complaisante dans la conjoncture. "Face aux pressions exercées par la mobilisation syndicale, la MSPA donne des signes d'avoir recours à des menaces de négociations individuelles, compagnie sucrière par compagnie sucrière. Nous allons répondre à ce chantage car la MSPA ne peut se transformer en paravent, soit intervenant pour négocier des avantages financiers et fiscaux avec le gouvernement et s'éclipsant au profit des compagnies sucrières quand il est question des conditions de travail", devait-il avancer.

Citant des extraits du rapport du NRB, Ashok Subron note que 708 membres de l'état-major touchent sensiblement la même enveloppe salariale que 5 560 laboureurs et artisans : "Staff salaries and other workers' wages constitute approximately the same percentage of the total cost of production (21.4% v/s 22.6%). It is worth mentioning that available figures point to the fact that the wage bill is shared in the proportion 48.7% to 51.3% between the staff and non staff of the MSPA, who represent 11.3% and 88.7% of the workforce respectively", note le NRB à ce chapitre.


La GSEA: "Une manifestation n'est pas un convoi mortuaire"

Radakrishna Sadien, président de la Government Services Employees' Association (GSEA), dénonce les conditions imposées par la police pour le déroulement d'une manifestation des syndicats dans le domaine du transport à l'occasion de l'International Transport Workers' Day. Face à ces contraintes, les organisateurs ont pris la décision d'annuler la marche et le rassemblement prévu au Jardin de la Compagnie au cours de la semaine écoulée. Ils ont également décidé de saisir le Bureau international du Travail de cette nouvelle manière de violer la liberté syndicale et d'expression.

"Ce qui s'est passé au cours de la semaine est extrêmement grave. La police semble confondre entre une manifestation syndicale et un convoi mortuaire. L'autorisation du commissaire de police pour la manifestation organisée par quatre syndicats du transport était accompagnée de conditions extrêmement contraignantes. Les participants à la marche étaient interdits de reprendre des slogans ou encore de se servir de porte-voix pour faire connaître leurs revendications. D'autre part, sur le lieu du rassemblement, des conditions spécifiques étaient imposées quant au Public Address System", a fait comprendre à Week-End Radakrishna Sadien.

"Dans ces conditions, après le forum pour marquer la Journée internationale dans le Tranport, nous avons préféré annuler la marche et le rassemblement vu les restrictions. Mais nous comptons alerter le Bureau international du Travail et les organisations internationales quant à ces dérives intolérables sur le plan des libertés fondamentales", a-t-il poursuivi.

D'autre part, le dirigeant de la GSEA ouvre une autre brèche sur le plan syndical. Après des consultations avec la direction des Government Fire Services, le syndicat des sapeurs-pompiers a pris la décision de déclarer ses premiers litiges compte tenu des conditions d'emploi et de travail dans ce secteur. La formule de congés, l'environnement du travail, les conditions de Health and Safety, le paiement d'une "Risk Allowance, la question d'une "Special Insurance" ou encore les 80 postes vacants au grade de sapeur-pompier figuraient à l'agenda des discussions syndicales de la semaine écoulée.


AML: interdiction de toutcontact syndical avec la presse

Alors que le ministre de la Fonction publique, Balkissoon Hookoom, a pris l'engagement d'éliminer la clause-baîllon interdisant toute déclaration syndicale à la presse sous le "Procedure Agreement", l'Airports of Mauritius Limited a émis sous les signatures conjointes de son Chief Executive Officer, Serge Petit, et de son président de conseil d'administration, Pazhany Rangasamy, une circulaire réitérant cette interdiction.

En effet, la circulaire adressée à tous les membres du personnel et intitulée "Company Rules and Regulations with regard to Discipline at the Workplace" (Administrative Circular No ADM/09/16), est sans ambiguïté. La section 2.2 portant sur la "Communication to the Press" est catégorique à l'effet que "any declaration to the press by the union should be authorized by management which may decide to make a joint statement".

Cette interdiction entravant la liberté d'expression syndicale est de nouveau dénoncée. Le laxisme du ministère de la Fonction publique est mis en cause vu qu'une décision depuis plus d'un mois pour enlever la copie controversée du "Procedure Agreement" dans la fonction publique n'a jamais été exécutée. "Quand nous avions soulevé un tollé général contre cette version du Procedure Agreement dans la fonction publique, nous avions également obtenu que le Website du ministère soit purgé de cette version. Or, à ce jour, rien n'a été fait et les corps parapublics n'ont fait que du Cut and Paste. Nous ne devrons pas être étonnés si d'autres organismes parapublics emboîtent le pas à AML. Le ministère doit être en mesure de respecter la parole donnée aux syndicats et poster sur le Website la nouvelle version du Procedure Agreement,", souligne Rashid Imrith, président de la Government General Services Union (GGSU).

Entre-temps, les consultations entre le ministère de la Fonction publique et les syndicats au sujet des modalités du "Procedure Agreement" se poursuivent. Mais au cours de la semaine écoulée, une réunion de travail au plus haut niveau de l'Establishment a été marquée par des incidents opposant le président et le secrétaire de la FSSC, Toolsyraj Benydin et Awadh Balluck. Le président de la FSSC n'a nullement apprécié les interventions d'Awadh Balluck sur le dossier de "Procedure Agreement".

Sans crier gare, le président de la FSSC devait sortir de ses gonds et devant les représentants du ministère réprimander le secrétaire. "To nek koz tout tomem. Kumadir to même présidan FSSC. Moi mo pa cone nanyen. Si kumsa vomié mo démissionner", devait-il lancer dans un accès de colère. Dans les milieux syndicaux, l'on soutient que ce n'est pas la première fois que cet antagonisme au plus haut niveau de la FSSC se manifeste.

Pour cause, le bureau de la FSSC, qui avait pris en l'absence de Toolsyraj Benydin, en mission à l'étranger, la décision d'organiser une réunion des dirigeants des branches syndicales, membres de la FSSC, sur le Procedure Agreement, a dû décommander cette initiative d'explications et de sensibilisation. En tout cas, la dernière passe d'armes en date entre le président et le secrétaire de la FSSC a déjà fait le tour de la place...


Méga-scandale politico-financier

MCB/NPF : Lesage à l'épreuve de ses "aveux" à l'ICAC !

Les événements se bousculent littéralement dans le cadre du "Main Case" de réclamations de la Mauritius Commercial Bank (MCB), avec le méga-scandale politico-financier et le détournement de Rs 881,6 millions. Tout semble indiquer que le dénouement des auditions devant les juges Paul Lam Shang Leen et Nirmala Devat, siégeant à la Commercial Court de la Cour suprême, devrait intervenir en cours de semaine. Me Ashley Hurhangee, dont les services ont été retenus par l'ex-Chief Manager de la MCB, Robert Lesage, a confirmé formellement en Cour, vendredi après-midi, qu'il ne lui reste que deux témoins à assigner dans le box. A noter que l'External Auditor de De Chazal du Mée, Priscilla Cugnet, qui avait fait état de "Discrepancies" sur des transactions bancaires en juillet 1993 et assignée comme témoin par Robert Lesage, ne sera pas entendue lors de ce procès en réclamations.

Ensuite, les hommes de loi des différentes parties s'attelleront à l'étape des "Submissions" afin de permettre aux juges de délibérer pour le jugement. Les deux témoins, qui seront entendus à l'ouverture de la séance de demain, sont Jean Osman de la MCB et Ramsamy Chiniah, Head of Regulation Policy and Licensing à la Banque de Maurice. "Je ne compte pas poursuivre l'idée d'assigner Priscilla Cugnet en tant que témoin", devait faire comprendre Me Hurhangee en Cour, vendredi. Pourtant, en début de semaine, les Conseils légaux de Robert Lesage avaient tenté le coup d'une levée du secret bancaire en vue de produire en Cour le document rédigé par l'External Auditor Priscilla Cugnet portant sur "les prêts décaissés de plus de Rs 5 millions d'après le rapport quotidien Loan AC List of Transactions PSFCL060 non-consignés aux PV (procès-verbaux) des comités exécutifs concernés du 1er juillet 1993 au 28 juillet 1993. "

L'ex-Chief Manager de la MCB fut même interrogé sur des aspects de ce document tout en évitant de citer nommément les six autres compagnies, faisant partie de ce rapport et ayant bénéficié de facilités bancaires vu qu'elles ne sont nullement concernées par l'affaire MCB/NPF. Dans ce document, Priscilla Cugnet avait noté que les dossiers d'Advance Engineering Limited (Rs 18 millions), Magarian (Rs 15 millions), Handsome Investment Ltd (Rs 7,5 millions) étaient "introuvables au département (Filing) et sa localisation inconnue des employés".

Robert Lesage devait faire comprendre à la Cour qu'il avait remis ces trois dossiers à l'External Auditor pour examens car "certains dossiers sensibles n'étaient pas répertoriés au Central Filing Department de la banque mais étaient sous la responsabilité personnelle des File Managers concernés".

Au cours de la semaine écoulée, Robert Lesage a été mis à l'épreuve de ses "aveux" sous serment et sous immunité consignés à l'Independent Commission Against Corruption (ICAC) sous forme de 21 dépositions à partir du 6 juin 2003. Me Maxime Sauzier, qui fait partie du "Legal Panel" de la MCB, s'est engagé dans ce que Robert Lesage a qualifié de "striptease financier" tout en s'évertuant à démontrer que dans ses dépositions, l'ex-Chief Manager n'avait pas tout révélé aux limiers.

La confrontation de Robert Lesage à la teneur de ses dépositions à l'ICAC a été effectuée en plusieurs volets comme suit :

MCBFC - A l'ICAC, Robert Lesage avait déclaré en date du 28 novembre 2003 que "I was seconded to the MCBFC as the highest ranking executive officer". Son mandat était d'établir le lien avec le Management de la MCB et l'Executive Council en vue de faire sanctionner les demandes de facilités bancaires. "I was also appointed as secretary of the MCBFC".

Crédibilité - Robert Lesage a été soumis à un feu roulant de questions de Me Sauzier en vue de mettre le témoin en difficulté au plan de l'intégrité.

Me Sauzier : Aviez-vous déjà accordé des bénéfices à des personnes au détriment de la banque ?

Lesage : No. Unless under instructions of the bank.

Q : Je vous dis que vous avez acheté des devises étrangères pour une de vos connaissances à des taux préférentiels destinés aux membres du personnel. Oui ou non. Je vous révèle l'identité du bénéficiaire, qui n'est autre que Me Sonah Ruchpaul, votre premier avocat dans cette affaire ?

Lesage : Oui. Mais je ne me rappelle pas… But I suppose other managers…

Q : Answer for yourself.

(…)

Me Sauzier : Vous vous présentez comme un homme intègre…

Lesage : Oui. J'ai toujours été loyal à la MCB.C'est injuste ce procès que l'on me fait…

Q : Le jour de votre arrestation (15 février 2003), vous avez fait une déclaration à l'hebdomadaire Le Défi Plus à l'effet que "toute déclaration de ma part pourrait éclabousser de nombreuses personnalités du monde des affaires et des personnalités politiques de l'actuel et de l'ancien pouvoir. Je leur demande de bien réfléchir ". Peut-on savoir qui sont ces personnalités ?

R : Je n'ai pas en tête de noms spécifiques…

Q : Vous leur demandez encore aujourd'hui de bien réfléchir ?

R : Oui. Tel est le cas.

Q : You are afraid to disclose the names of those you have asked "de réfléchir" ?

Subséquemment, Me Hurhangee est venu soutenir en Cour que son client est disposé à faire des révélations sur les identités à caractère sensible.

Toujours dans le cadre de l'exercice de contre-interrogatoire, Me Sauzier s'est intéressé aux détails de la première déposition sous immunité de Robert Lesage à l'ICAC en date du 6 juin 2003. L'Assistant General Manager de la MCB, Philippe A. Forget, avait été pris pour cible.

Me Sauzier : Dans cette première déposition formelle à l'ICAC, la question vous a été posée si vous agissiez sous instructions ?

R : Oui.

Q : Dans vos explications, vous avez dit que les instructions venaient de Pierre-Guy Noël. The instructions were verbal. Elles portaient sur la nécessité de mettre des fonds à la disposition de Teeren Appasamy, qui était engagé dans des projets avec des promoteurs d'Australie et d'Afrique du Sud. Les instructions étaient de puiser dans les "large deposit accounts" et des placements du National Pensions Fund et du National Savings Fund. Est-ce exact ?

R : Oui.

Q : Je vous dis que quand des fonds avaient été puisés des large deposit accounts, Pierre-Guy Noël n'était pas le General Manager de MCB. Il n'a assumé ces fonctions qu'en janvier 1996. All this was done before 1996.

R : I beg to defer…

Q : Pour les "large deposit accounts", il faut remonter avant 1996 ?

R : Oui. Mais il y avait un "Scheme" à cet effet depuis les années 80. The pattern was there.

Q : Qui était le General Manager de la MCB avant 1996 ?

R : Yvan Lagesse.

Q : Avez-vous une fois dans les 21 dépositions consignées sous immunité à l'ICAC cité le nom d'Yvan Lagesse ?

R : Je ne l'ai pas fait.

Q : Je vous dis qu'il ne peut y avoir aucune chance que Pierre-Guy Noël ait pu donner ces instructions avant 1996 ?

R : Depuis les années 80, le système était en place. Il y avait des pratiques établies. I was under instructions at all times.

Q : Mais dans votre déposition à l'ICAC en date du 7 juin 2003, vous dites que ces instructions émanaient de Pierre-Guy Noël ?

R : Oui.

Q : Mais avant 1996, Pierre-Guy Noël n'était pas le General Manager. Mais à aucun moment dans vos dépositions vous ne mentionnez le nom d'Yvan Lagesse comme vous l'avez fait ces deux derniers jours encore. Pourquoi ?

R : Toute l'affaire MCB/NPF émane d'un "Scheme" qui était en place depuis les années 80…

Q : Aviez-vous mentionné le nom d'Yvan Lagesse à l'ICAC ?

R : Je ne l'ai pas fait.

Q : Au cours de 21 dépositions sous immunité vous ne l'avez pas fait. Ces instructions alléguées que vous receviez de Pierre-Guy Noël étaient transmises sous quelle forme ?

R : Verbally.

Q : Vous voulez faire accroire à la Cour qu'il n'existe pas de traces d'une note écrite ou d'un message de fac-similé ou d'une copie d'e-mail concernant ces instructions ?

R : Oui…

Q : Aucune correspondance entre vous et Pierre-Guy Noël à ce sujet alors que nous avons connaissance des correspondances entre vous et Teeren Appasamy…

R : En tout cas, bien moins de correspondances que les échanges écrits entre Pierre-Guy Noël et Teeren Appasamy…

Q : En avez-vous des copies ?

A ce stade, le juge Lam Shang Leen est intervenu avec un rappel à l'ordre à l'égard de Me Sauzier.

Q : Avez-vous déjà déclaré que "you took upon yourself without any instructions to defraud the bank". Cela pour faire des transferts en faveur de Teeren Appasamy ?

R : No.

Q : Never ?

(...)

Air Mauritius - Aux questions de Me Sauzier, Robert Lesage déclare que Teeren Appasamy lui avait été introduit par Me Guy Ollivry avec comme toile de fond un accord entre l'homme d'affaires et la compagnie aérienne nationale, Air Mauritius, suite à un litige.

Me Sauzier : N'aviez-vous jamais mentionné que des dépôts de Rs 700 millions appartenant à Air Mauritius, une somme de Rs 167 millions avait été détournée au profit de Teeren Appasamy ?

Robert Lesage : Cela faisait partie du financement…

Q : Répondez à ma question. N'aviez-vous pas fait cette déclaration dans une de vos dépositions à l'ICAC ?

R : Yes. I did mention. Mais permettez-moi de donner des explications sur les circonstances.

Q : I put it to you that those fraudulent transactions were of your own initiative ?

R : No…

Q : You admitted same to ICAC...

(…)

Q : Dans vos explications vous aviez dit que des fonds furent avancés à Teeren Appasamy parce que ce dernier vous avait demandé de "bail him out". La solution ne fut autre que de puiser des placements bancaires du NPF et du NSF. It is a specific request from Teeren Appasamy to you.

Le témoin répond par l'affirmative à cette question et souligne que cela faisait partie du financement de Teeren Appasamy, sous instructions.

Q : Les fonds du NPF et du NSF furent utilisés et cette décision ne relève que de votre initiative ?

R : Instructions came from my superiors…

Q : Dans votre déposition à l'ICAC, vous mentionnez que "it was your own initiative" ?

R : Non.

Q : Voilà ce que vous avez dit à l'ICAC au sujet du premier détournement des fonds du NPF : "No, I did it on my own initiative. The idea to use the NPF/NSF fixed deposit accounts, occurred to me when around that time I received a phone call from late Mr. Dipnarain Manna who was the Financial Secretary and also Chairman of the NPF Investment Committee, requesting me to make a transfer of Rs 50 million out of the NPF Deposit Account for investment abroad through State Bank of Mauritius. I did it by issuing instructions for an office cheque to be prepared in favour of State Bank of Mauritius."

A un certain moment, le juge rappelle au témoin qu'en répondant aux questions, il n'y a nul besoin de répéter ad nauseam l'expression " Under instructions from my superiors" et de laisser le soin à son homme de loi de faire le point au moment des "Submissions".

Teeren Appasamy

Me Sauzier : Aviez-vous dit à l'ICAC que l'Ultimate Beneficiairy était Teeren Appasamy ?

Lesage : Yes. I said so.

Q : Aviez-vous fait la déclaration suivante à l'ICAC dans une de vos dépositions : "They were coming from fixed deposit accounts of other customers. However had the compensation in favour of Mr. Teeren Appasamy which was being negotiated with Air Mauritius been paid, legitimately by Air Mauritius, Teeren Appasamy would have returned the funds back to me at MCB to replenish the Air Mauritius fixed deposit account. As the legitimate transaction never materialised for reasons unknown to me, Mr. Teeren Appasamy kept the funds which were advanced to him temporarily and never returned it. So I faced a situation where Mr. Nicholas Abraham, the Treasury Manager of Air Mauritius was calling the deposit back on the maturity date. I talked to Mr. Teeren Appasamy and told him that Mr. Abraham is asking for the fixed deposit to be returned on maturity and that the money should be returned by him. Mr. Teeren Appasamy was furious as the compensation according to him which should have been paid was not paid and he would have to send Mr. Guy Ollivry back to the negotiating table with Air Mauritius. Teeren Appasamy then asked me to bail him out and give him more time to reimburse the funds. The solution to my problem came from taking funds from NPF/NSF deposit accounts as it was one big source which was used to replenish the hole initially created in the Air Mauritius fixed deposit account. "

R : L'engrenage was not my doing. Tout cela relevait de la responsabilité de la MCB…

En dernière partie, Robert Lesage, dont le train de vie avait été décortiqué dans les moindres détails sur la base de ses relevés bancaires, fut littéralement coincé au sujet des références "KD Nini" à l'effet qu'elles étaient celles de sa fille. Initialement, il devait tenter de faire comprendre que "KD Nini" était le nom d'une de ses connaissances répondant au nom de Kadress. Finalement il devait avouer que c'était le nom de sa fille.


Jeudi après-midi

Me Domingue s'appuie sur la "SOS Letter" du 19/12/89

Me Antoine Domingue devait s'appesantir sur la "SOS Letter" de Robert Lesage à Me Guy Ollivry en date du 19 décembre 1989 pour faire la démonstration que " toute la genèse de la fraude et du détournement de fonds à la MCB est du ressort de l'ex-Chief Manager ".

L'homme de loi, dont les services ont été retenus par Donald Ha Yeung, devait rappeler que cette affaire comportait une série de facilités bancaires à diverses personnalités, comme suit :

Guy Ollivry - un prêt à la MCBFC de Rs 47 701.91, des découverts bancaires à la MCB de Rs 942 444.08 ;

Teeren Appasamy - deux prêts de Rs 700 000 chacun ;

Inter Oceanic Travel Ltd (T. Appasamy) : des prêts à la MCBFC de Rs 606 853.28 et des découverts à la MCB de Rs 210 886.10 et

Me Narendra Appa Jala : des découverts bancaires de Rs 1 034 238.91.

Au tout début du contre-interrogatoire, mené jeudi après-midi par Me Domingue, Robert Lesage devait confirmer des demandes de trois prêts de Rs 849 000 à Me Appa Jala, et deux autres requêtes de prêts de Rs 1,2 million et de Rs 2,3 millions avaient été formulées devant l'Executive Committee de la MCB vers la fin de 1988. "Je constate que sur la Sanction Letter, la date de remboursement est fixée au 15 décembre 1989", devait-il faire comprendre à la Cour.

Me Domingue : Pouvez-vous dire si le prêt de Rs 1,2 million avait été remboursé en date du 15 décembre 1989 ?

R : I can't tell you…

Q : Alors, voyons ce que dit la SOS Letter. Vous faites face à un gros problème. Des clients n'assurent pas le servicing de leurs dettes contractées auprès de la banque. Vous écrivez une SOS Letter à Me Ollivry où vous faites état d'Interconnected Files. Pouvez-vous expliquer à la Cour ce que vous voulez dire par cette affaire d'interconnexion ?

R : Comme je l'ai déjà dit, c'est Me Ollivry qui m'avait présenté à Teeren Appasamy. Ce dernier était un des actionnaires d'Inter-Oceanic Travel avec pour partenaire Laval Ahkine. Le "File Manager" d'Inter-Oceanic Travel était Jocelyn de Chasteauneuf…

Q : Mais la connexion demeure Teeren Appasamy ?

R : Oui.

Q : Me Ollivry avait-il remboursé le prêt qui lui avait été accordé ?

R : I don't know.

(…)

Q : Les deux prêts de Rs 1,2 million et de Rs 2,3 millions accordés à Me Appa Jala allaient servir à quels buts ?

R : If I remember well…

Q : I'll give you the answer (…) Pour des besoins d'investissements (…) Le prêt de Rs 2,3 millions octroyé à Me Appa Jala avait-il été remboursé au 30 juin 1990 ?

R : C'est la date du remboursement mentionnée dans la "Sanction Letter".

Q : Le prêt avait-il été remboursé ?

R : I cannot answer the question…

Q : Cela fait 20 ans déjà. Je vais vous rafraîchir la mémoire (…) Si je vous dis que le prêt accordé à Me Appa Jala avait été remboursé le 14 février 1992 avec l'argent obtenu sur le National Mutual Fund Bill of Exchange de Rs 4 millions et qui avait rapporté la somme de Rs 3,9 millions lors du "discounting", est-ce correct ?

R : Oui. La requête avait été soumise par Donald Ha Yeung, qui avait un très bon contact à la Newton Securities en la personne de Sushil Khushiram.

Q : This is your deal. Vous faites face à des difficultés avec des clients qui ne veulent pas assurer le remboursement de leurs dettes et vous avez eu recours à la formule de Bills of Exchange croyant vous tirer d'affaire.

R : La requête est venue de Donald Ha Yeung.

Q : Mais vous avez cosigné le chèque de Rs 3,6 millions…

R : Je ne me rappelle pas…

Q : Pouvez-vous confirmer si à un certain moment, les dettes de Teeren Appasamy, qui étaient de Rs 1,4 million, ont été réduites à Rs 700 000 ?

R : No. I don't recollect…

Q : Vous rappelez-vous qu'avec le prêt de Rs 2,3 millions accordé à Me Appa Jala, une somme de Rs 800 000 avait été utilisée pour le remboursement des dettes de Teeren Appasamy. Êtes-vous au courant de ce fait ?

R : I could not recall.

Q : Des fonds furent mis à la disposition de Me Appa Jala pour rembourser les dettes de Teeren Appasamy…

R : Oui.

Q : That was to your personal knowledge ?

R : That transaction was not to my personal knowledge… I don't recollect…

Q : Qui a donné des instructions pour l'utilisation de ces fonds et l'émission de chèque ?

R : Je dirai que, probablement, il y a eu des échanges entre Teeren Appasamy et Me Appa Jala…

Q : You are so oblivious, M. Lesage… Dans vos dépositions à l'ICAC, aviez-vous fait état de ces détails ?

R : I don't recall…

Q : Try to jog your memory (…) Was it not your duty - if you were not economical about the truth - to tell ICAC about the first Bill of Exchange in 1991 (la BNPI Letter of Exchange) ? Est-ce correct que c'était le premier Bill of Exchange ?

R : Oui.

Q : Avez-vous avalisé cette transaction ?

R : Oui.

Q : Le montant était de Rs 4 millions ? (…) Ce montant avait été arrêté parce que vous saviez très bien que le rendement de ce Bill of Exchange allait être de Rs 3,6 millions, soit une somme suffisante pour rembourser la dette de Rs 2,3 millions de Teeren Appasamy auprès de la défunte Mauritius Cooperative Central Bank. Un "Office Cheque" cosigné de Robert Lesage fut utilisé pour les besoins de cette transaction ?

R : Oui. J'ai cosigné ce chèque avec Robert Grant.

Q : Étiez-vous au courant de l'endettement de Teeren Appasamy auprès de la MCCB ?

R : I could not say for sure…

Q : Le "Bank Ledger" fait voir qu'une somme de Rs 900 000 de la transaction avec la BNPI fut créditée dans les comptes de Me Appa Jala et de Kadressen et Teeren Appasamy à la MCB ?

R : Ces détails peuvent être confirmés à partir des Bank Statements.

Q : Ces détails ont-ils été révélés dans vos dépositions à l'ICAC ?

R : No. I must say that with the statement at ICAC, I was given to answer specific questions… I raised the issue of Bills of Exchange not in the context of the financing of Teeren Appasamy but as a global statement about certain mechanisms…

Q : Correct me if I am wrong. I put it to you that this section of the mechanism was put up by you personally. You had engineered it and the genesis of the fraud is your doing ?

R : Non. Cela faisait partie des pratiques en cours à la MCB with the knowledge of the highest level of hierarchy. L'engrenage was not my doing. Mais bien celui de la MCB.

Q : M. Lesage, tout cela était intervenu en 1989. Donald Ha Yeung ne sera concerné qu'à partir de 1991. En tant que responsable de la MCBFC, vous vous êtes retrouvé en difficultés avec des prêts non-remboursés par Teeren Appasamy et ses acolytes. Vous aviez cru voir dans les Bills of Exchange une solution à vos problèmes initiaux. Pourquoi aviez-vous eu recours à ce mécanisme ? Pour financer des prêts non-performants ? You were in trouble…

R : I would not say so.


Les "Bad Accounts" de Searock et de Handsome Investment

Le premier témoin assigné par l'ex-Chief Manager de la Mauritius Commercial Bank, en l'occurrence Patrice Bestel, ancien Manager de la MCB, est venu parler de "Bad Accounts" par rapport aux dossiers de Searock Paradise Limited et de Handsome Investment. Le témoin a fait comprendre que cette expression avait été évoquée lors d'une séance de travail avec l'Assistant General Manager de la MCB, Philippe A. Forget, peu avant l'ajournement de la séance de la Commercial Court pour le déjeuner.

Ce détail révélé par ce témoin, qui avait pris la relève de Robert Lesage concernant certains dossiers, est diversement commenté par les Conseils légaux de l'ex-Chief Manager. En marge des auditions devant les juges Paul Lam Shang Leen et Nirmala Devat, ils affirment que ce commentaire demeure la confirmation du "Knowledge" de la banque sur l'état de situation de ces deux sociétés.

Selon le témoignage de Patrice Bestel, l'allusion aux "Bad Accounts" avait été faite parce que les instructions initiales étaient que ces deux comptes étaient "earmarked for closing down". Auparavant ce même témoin est venu expliquer que suite au départ à la retraite de Robert Lesage en mai 2001, le General Manager de la MCB, Pierre-Guy Noël, avait indiqué que les fonctions de l'ancien Chief Manager n'allaient pas être remplacées automatiquement.

"Lors du déjeuner officiel pour marquer le départ à la retraite de Robert Lesage, Pierre-Guy Noël avait déclaré : Ne soyez pas étonné si Robert Lesage est encore là pour quelque temps encore. Il a la charge de certains dossiers, " devait encore ajouter Patrice Bestel en Cour.

Deux autres témoins, Rana Pratab Tacouri et Subash Chadee, deux anciens responsables de la Banque de Maurice, ont également été entendus vendredi.


Robert Lesage : "Fast-Track Career at the MCB"

L'ex-Chief Manager de la Mauritius Commercial Bank (MCB), Robert Lesage, a reconnu avoir connu une "Fast-Track Career" à la banque. C'est l'expression qu'il a personnellement utilisée suite à des questions de son homme de loi, Me Ashley Hurhangee, en début de semaine dernière. Les principales étapes de ce parcours professionnel sont comme suit :

2 mai 1961 : embauche au département des Correspondances de la MCB

Avril 1966 à février 1967 : stage de formation à la Lloyds Bank de Londres, la banque correspondante de la MCB

Juillet 1968 : affectation au département des inspections de la MCB

Janvier 1970 : nommé en tant que "Training Officer" de la banque

Mai 1972 : affecté à la Mauritius Commercial Bank Finance Corporation (MCBFC) et cumul de fonctions à l'inspectorat et à la formation

Octobre à décembre 1973 : nouveau stage de formation à la Lloyds de Londres

Juillet 1975 : nomination en tant que Chief Inspector

Juillet 1978 : promotion au grade de Personnel Officer

1979 : nomination en tant que Staff Officer avec le rang d'Assistant Manager

Janvier 1983 : manager de la MCBFC

Juillet 1990 : promotion au rang de Senior Manager

Août 1997 à 2001 : promotion en tant que Chief Manager.


Les mots dits ou les maux dits !

Lesage : "From then on, my employment was extended as was the case for many of my other colleagues previously".

Me Hurhangee : "If my memory does not fail me...

Le juge Lam Shang Leen : "It appears your memory fails you... "

Lesage : "There are certain sensitive files which are not kept at the Central Filing Department of the bank. They are kept by the respective File Managers"

Lesage : "There is nothing improper with the Bills of Exchange. What is inappropriate is the financing outside the credit ceilings imposed by the Bank of Mauritius"

Lesage : "It is the basic responsibility of any File Manager to know the history of the file. Philippe A. Forget must have seen the flow of funds unless he can't read the figures".

Lesage : Mr Noël had for unexplained reasons been imported from DCDM (...) This is what I said and I mean it.

Lesage : "I was instructed to sign these cheques and it was my duty to go according to instructions"

Lesage : "Same patterns. Same motivations. Same instructions. Same destinations ! It was done at all material times under the instructions of the General Manager"

Le juge Paul Lam Shang Leen : "At this stage, I prefer to adjourn otherwise I'll lose my temper".

Lesage : "I have never committed any larceny without the knowledge of my superiors"

Lesage : "I have worked to the best interest of the MCB up to 2003"

Me King Fat : "If you have duly received a request for finance. The file had been prepared and submitted for decision at the Executive Committee and the disbursement had been made regularly. What is the sensitive nature of the file ?

Lesage (en réponse) : "The sensitivity of the file related to the persons in the company. In this case, the persons are Dev Manraj and Donald Ha Yeung... "

Me Ramdin : "If I tell you that Teeren Appasamy is the beneficiairy owner of these companies ? "

Lesage (en réponse) : "I am not aware".

Le juge Lam Shang Leen : "Mr Hurhangee, better read properly the section. I do not think that section 49 of POCA applies to your client. It applies to an informer.. unless you tell me that your client is an informer (...) It's a wrong reading"

Me Sauzier : "You are afraid to disclose the names of personnalités du monde des affaires et des personnalités politiques that you have asked to 'réfléchir' (au lendemain de l'éclatement du scandale MCB/NPF) "

Lesage : " A person like Mrs Rojoa, with her intellectual capacity ought to have knowledge of it. Mrs Rojoa is aware ".

Lesage : "The instructions were verbal and in relation to the release of funds to ensure the operations of Teeren Appasamy are not interrupted. The instructions were to draw funds from the very large deposits and later from the NPF and the NSF"

Lesage : "L'engrenage was not my doing. It was the doing of the MCB"

Lesage : ""Mise" could be miscellaneous"

Me Sauzier : "It's a first class ticket for your daughter to go and study ? "

Me Sauzier : "La MCB était-elle à court de fonds pour vous (Robert Lesage) pour vous demander d'avoir des découverts afin d'avancer des fonds à Teeren Appasamy en vue de payer ses notes d'hôtel ? "

Me Sauzier : "Avec votre aide et votre soutien Teeren Appasamy a profité des détournements de fonds à la MCB. You still supported him after 20 years ?

Lesage : "I trusted him (Teeren Appasamy) as he was trusted by Pierre-Guy Noël and Thierry Sauzier"

Me Sauzier : "I put it to you that you have been lying to this Court from the very outset"

Me Sauzier : "I put it to you that it is your own pattern to deceive the bank. You did team up with Teeren Appasamy to defraud the MCB and to use Donald Ha Yeung"

Le juge Lam Shang Leen : "Mr Domingue did put the question to Defendant No 1. Don't forget Mr Domingue stated that you started it on your own initiative. A tel point que j'avais cru que Me Domingue était l'avocat de la MCB... "

Le juge Lam Shang Leen : "What I want to know is why the NPF deposit of Rs 200 million had been to zero in November... Si la banque avait utilisé ce placement, doit-on être nécessairement réduit à zéro ? "

Rana Pratab Tacouri : "All deposits, monies collected go into one pool. When I hear that a bank takes from a particular account, I don't understand that. It's from that pool of deposits that money is used for the purposes of lending"

Le juge Lam Shang Leen : "Mr Hurhangee, I hope the lights of Divali shine on you during the week-end... "


Le leitmotiv du contre-interrogatoire

La déclaration suivante faite par l'ex-Chief Manager de la MCB, Robert Lesage, est revenue comme un leitmotiv lors de l'exercice du contre-interrogatoire : "Having taken money from fixed deposit accounts and advanced him (Teeren Appasamy) so much money already and the way he managed to convince of the seriousness and the viability of his projects, the reliability of his contacts, and also it was a classical example of "Une fois la main dans l'engrenage, le corps y passe".



a c t u a l i t é s WEEK-END --- dimanche 18 octobre 2009