p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009



  Agenda politique - Changements urbains et ruraux avec le redécoupage électoral
  79e anniversaire de naissance de SGD - Le PM, le Dr Navin Ramgoolam: "La réunification du PMSD est le plus beau cadeau fait à sir Gaëtan"
  Les propos de Rama Valayden - Paul Bérenger: "Pé touffe l'enquête la police dans sa zafer-là!"
  - Navin Ramgoolam : "Le Président Obama mérite le prix Nobel de la Paix"
  Reprise des travaux parlementaires - Le MMSD d'Eric Guimbeau annonce ses combats
  Les précisions du VPM
  Politique économique - Réquisitoire du MSM contre le gouvernement


Agenda politique

Changements urbains et ruraux avec le redécoupage électoral

Les préparatifs par rapport aux deux plus importants dossiers politiques marquant la rentrée parlementaire et en prévision de la prochaine joute électorale ont atteint ces jours-ci un stade très avancé. Les membres de l'Electoral Boundaries Commission, présidée par Me Yousouf Aboobaker, et comprenant le commissaire électoral, Irfan Rahman, se réuniront vendredi, pour une ultime séance de travail sur les propositions de redécoupage électoral avant la soumission du rapport officiellement au président de la République. Et ce, en vue d'être déposé sur la table de l'Assemblée nationale. De son côté, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, qui rentre de mission aujourd'hui, s'engagera à partir de demain dans une série de consultations à haut niveau pour la présentation le mois prochain du Budget 2010 à l'Assemblée nationale.

Selon les recoupements d'informations effectués auprès des sources autorisées proches de l'Electoral Boundaries Commission, le président de cette dernière instance est "On Target" pour la soumission des recommandations dans le cadre de la nouvelle délimitation des 20 circonscriptions de Maurice. Néanmoins, même si le redécoupage électoral sera présenté aux autorités avant la fin de ce mois, il existe très peu chances que ce document soit inscrit à l'agenda des travaux de l'Assemblée nationale pour la séance du mardi 20 octobre.

En effet, l'Electoral Boundaries Commission, qui se réunira vendredi prochain, devra avaliser les propositions de changements dans les limites des circonscriptions à travers l'île. "Avec la réunion de vendredi et l'aval des membres aux recommandations retenues et le fait que samedi prochain soit férié, il faudra s'attendre à ce que les procédures pour la transmission du rapport aux autorités compétentes soient enclenchées en début de semaine du 19 octobre, rendant quasi impossible l'inscription de cet item à la séance du lendemain", souligne-t-on dans les milieux autorisés.

Tout semble indiquer que le plus tôt que l'Assemblée nationale pourrait être saisie de ces propositions de redécoupage devrait être le mardi 27 octobre, soit en guise de "Warming Up" pour le Budget 2010, qui devra être présenté dans les premiers jours de novembre. Mais à ce stade, aucune indication n'a transpiré quant aux changements dans les limites des circonscriptions qui pourraient faire partie du rapport.

"Nous sommes encore au stade des propositions. Les membres de l'Electoral Boundaries Commission seront en présence des derniers détails au sujet du redécoupage vendredi prochain. Vu que cet exercice se fait tous les dix ans, des changements seront proposés. Ce redécoupage électoral touchera des circonscriptions urbaines et rurales", affirme-t-on sans vouloir ajouter d'autres précisions.

"Budget Day"

La Constitution prévoit que le rapport de l'Electoral Boundaries Commission doit être accepté "In Toto" ou rejeté tel quel par l'Assemblée nationale. Au sein de l'état-major des principaux partis politiques, des dispositions ont déjà été prises en vue de décortiquer les changements proposés dans les circonscriptions compte tenu de l'imminence des prochaines élections générales.

Par ailleurs, le VPM et ministre des Finances consacrera les trois dernières semaines d'octobre aux derniers détails pour la présentation du Budget 2010, avec notamment des consultations au plus haut niveau de la hiérarchie gouvernementale, en l'occurrence le Premier ministre, Navin Ramgoolam. Le premier point demeure la date du "Budget Day" en tenant compte de l'engagement du chef du gouvernement sur le plan international, notamment le Commonwealth Head of Government Meeting" de fin novembre.

Rama Sithanen ne serait pas très chaud pour lire le Budget 2010 le premier vendredi de novembre, soit le 6. C'est ce que laisse entendre son entourage au ministère des Finances. "En tout cas pour pouvoir boucler les débats budgétaires à la fin de la troisième semaine du mois prochain, la présentation du budget devra intervenir au cours de la première", suppute-t-on à l'Hôtel du gouvernement.

En ce qui concerne la "Budget Proposals Submission - 2010, 2011 and 2012", la circulaire N° 14 de 2009, signée de l'Acting Financial Secretary, Radha Chellapermal, confirme que cet exercice a déjà été complété le 18 septembre dernier. La situation est encore plus radicale au chapitre des dotations budgétaires pour chaque ministère et département.

Contexte électoral bien défini

"Unless there is a major policy change whereby additional expenditure would be required and whereby full justification would be needed in terms of additional outputs to be achieved, the figures allocated to your Ministry for 2010 in the Programme-Based Budget (de mai 2009) will be deemed not to have changed", souligne la circulaire des Finances.

Le ministère des Finances soutient que les dotations budgétaires prévues pour 2010 ne subiront de changements qu'en cas de "major policy change and/or force majeure". Le prochain Budget adopte également la ligne dure quant à toute éventualité pour une augmentation des allocations.

Le paragraphe 21 de la circulaire signée de l'Acting Financial Secretary et portant la référence CF/PUB/FIN/A/88 se lit comme suit: "any proposals for allocation of funds in excess of the planned expenditure total will have to be fully explained and justified in terms of the additional outputs and/or improvements in service standards to be generated. Such proposals for higher resources will also have to be supported by appropriate submissions on their financing, including how to pay for them in terms of increase or new fees and user charges, efficiency gains to be derived resulting in permanent saving and/or increase in general taxes".

Concernant les recrutements afin de remplir les postes vacants au sein de la fonction publique, le ministère des Finances avance que "proposals for additional human resources will be dealt with jointly by the Ministry of Civil Service and Administrative Reforms and the Ministry of Finance and Economic Empowerment (MOFEE) so as to better synchronize authorization of positions and financial clearance. Any proposal for filling up of any posts needs to be backed by full year funding estimates incorporated in the submissions".

Si l'on peut s'attendre à voir le Budget 2010 faire la part belle aux "Investment Projects, l'Acting Financial Secretary rappelle que "under the Investment Project process Manual, proposals in respect of investment projects of a project value above Rs 25 million will have to be submitted to the Project Plan Committee for approval before eventual consideration for inclusion in the budget. On the other hand, investment projects below Rs 25 million should be submitted directly to MOFEE for analysis and approval".

Néanmoins, malgré la rigueur prévue, le VPM et ministre des Finances ne pourra faire abstraction du fait que le prochain budget interviendra dans un contexte électoral bien défini et que chacune des mesures présentées, après discussions avec le chef du gouvernement, sera analysée politiquement dans le contexte d'une éventuelle connotation électoraliste. Avec le Budget 2010, sera donné le coup d'envoi de la campagne électorale qu'on le veuille ou non...


Les dotations pour 2010 selon le PBB de 2009

Le tableau ci-dessous récapitule les dotations budgétaires en 2010 pour les principaux ministères et départements définies dans le "Programme-Based Budget Estimates" de 2009. Le montant global des allocations budgétaires pour 2010 sont de Rs 60,3 milliards sans compter une enveloppe de Rs 4,8 Md pour le paiement des pensions, Rs 10,9 Md à l'item du paiement des intérêts. En 2010, le ministère des Finances prévoit des recettes courantes de Rs 61 milliards, dont Rs 52 Md sous forme de recettes fiscales.

Vu les instructions du ministère des Finances pour le prochain budget, l'on ne devra pas s'attendre à de grands écarts dans les provisions budgétaires pour l'année prochaine :

Ministères/départements - Dotations budgétaires

Président de la République - Rs 43 millions

Judiciaire - Rs 388,8 M

Assemblée nationale - Rs 335,2 M

DPP - Rs 48 M

Prime Minister's Office - Rs 419,7 millions

Police - Rs 4,7 milliards

Prison - Rs 743,7 millions

VPM et Energies renouvelables - Rs 2,1 milliards

VPM et Tourisme - Rs 702,3 millions

VPM et Finances - Rs 3,3 milliards

Infrastructure publique - Rs 4,5 milliards

Affaires étrangères - Rs 762 millions

Industrie - Rs 239,1 millions

Logement et Terres - Rs 461,8 millions

Administrations régionales - Rs 4,9 milliards

Sécurité sociale - Rs 9,3 milliards

Droits de la Femme - Rs 286,8 millions

Education - Rs 10,2 milliards

Attorney General's Office - Rs 118,4 millions

Agro-Industrie - Rs 1,9 milliard

Santé et Qualité de la Vie - Rs 6,6 milliards

Business et Coopératives - Rs 186 millions

Technologie informatique - Rs 469,5 millions

Protection des Consommateurs - Rs 41,4 millions

Travail et Relations industrielles - Rs 217,1 millions

Environnement - Rs 952,4 millions

Fonction publique - Rs 206,7 millions

Jeunesse et Sports - Rs 324,1 millions

"Religious Subsidy" - Rs 74,6 millions

ICAC - Rs 130 millions

Commission électorale - Rs 51,3 millions

PSC - Rs 45,1 millions


79e anniversaire de naissance de SGD

Le PM, le Dr Navin Ramgoolam: "La réunification du PMSD est le plus beau cadeau fait à sir Gaëtan"

Depuis mercredi après-midi, une statue grandeur nature de sir Gaëtan Duval trône dans la cour de l'Hôtel de Ville de Beau-Bassin/Rose-Hill. C'est le Premier ministre, le Dr Navin Ramgoolam, qui a procédé à son dévoilement en présence, notamment, du vice-Premier ministre et leader du PMSD réunifié, Xavier-Luc Duval. L'érection de ce monument en mémoire du tribun disparu s'inscrivait dans le cadre du 79e anniversaire de sa naissance.

Navin Ramgoolam justifie le choix de Rose-Hill pour l'érection de cette statue grandeur nature de sir Gaëtan Duval en expliquant que ce dernier est un enfant de la ville qui, dans le temps, était un bastion du PMSD. Tout en rappelant que sir Gaëtan a, notamment, été élu à Beau-Bassin, le leader du Ptr dit espérer que cette circonscription vote, de nouveau, pour le PMSD.

Le Premier ministre souligne qu'après avoir remporté 44% des suffrages de l'électorat en 1967, il n'était pas difficile pour le PMSD sous SGD d'espérer atteindre la barre des 50% lors des élections suivantes. "Or, dit-il, après l'indépendance, sir Gaëtan a préféré mettre l'intérêt du pays avant son propre intérêt politique".

Pour le Dr Ramgoolam, cette décision a permis au pays de ne pas sombrer dans la même "désolation si néfaste à l'Afrique". "Sir Gaëtan Duval disait qu'il ne voulait pas être le Premier ministre d'un cimetière", explique Navin Ramgoolam. Selon lui, en tandem avec sir Seewoosagur Ramgoolam, le leader du PMSD a jeté les bases du développement économique de Maurice et de notre rayonnement sur la scène internationale.

Evoquant la suite des événements après les élections générales de 1991, le leader du Ptr explique que si sir Gaëtan avait choisi de démissionner de l'Assemblée nationale, ce n'était pas, comme beacoup le pensent, pour faire de la place pour son fils, Xavier-Luc mais en raison de "l'humiliation" dont il était l'objet de la part de la majorité parlementaire de l'époque.

"SGD pas fait pour cette culture..."

"Il me confia, relate Navin Ramgoolam, qu'il n'avait jamais, de sa carrière de parlementaire, entendu autant de quolibets et qu'il n'était pas fait pour cette culture". Le Premier ministre donne, ensuite, lecture d'une lettre que le leader du PMSD lui avait adressée juste après sa démission du parlement à cette époque et dans laquelle sir Gaëtan exprime, notamment, son "dégoût" pour la "vulgarité" et la "bassesse" dont faisait preuve, selon lui, le pouvoir du jour.

Le Dr Ramgoolam confie encore que c'est sir Gaëtan qui lui avait conseillé de ne pas sacrifier ses études de Droit au moment où on menaçait de le faire perdre son poste de leader de l'Opposition pour absence prolongée de l'Assemblée nationale.

En 1996, révèle par ailleurs, Navin Ramgoolam, alors que les choses n'allaient plus entre lui (Navin Ramgoolam) et le MMM, il avait demandé au leader du PMSD qui envisageait encore de démissionner de se tenir prêt. Mais, explique le Premier ministre, une semaine plus tard, sir Gaëtan décédait. "Si tel n'avait pas été le cas, assure le Dr Ramgoolam, sir Gaëtan aurait été de nouveau nommé vice-Premier ministre"

Tout cela dit, selon le leader du Ptr, le "plus beau cadeau" que l'on pouvait faire au leader historique du PMSD en ce 79e anniversaire de sa naissance c'est bien la réunification de son ancien parti. "L'unification du PMSD, dit le Dr Ramgoolam, est la chose la plus importante qui soit".

Notons que vendredi dernier, 9 octobre, date précise de l'anniversaire de naissance de sir Gaëtan, les dirigeants du PMSD réunifié ont déposé des gerbes sur son tombeau au cimetière Saint Jean. Une messe en sa mémoire devait être dite le même jour en l'église paroissiale. Et ce dimanche matin à lieu à l'Ecole hôtelière d'Ebène le congrès de réunification de la famille bleue au cours duquel les dirigeants dont le leader, Xavier-Luc Duval seront officiellement intronisés.


Les propos de Rama Valayden

Paul Bérenger: "Pé touffe l'enquête la police dans sa zafer-là!"

"Pé touffe l'enquête la police dans sa zafer-là!" C'est ce qu'a indiqué Paul Bérenger, hier, lors de sa conférence de presse. Le leader de l'opposition et du MMM est revenu sur les propos de Rama Valayden sur la brutalité policière mais aussi sur ceux d'un de ses proches, Yousouf Elahee, qui, le week-end dernier, avait déclaré que "la police devra marcher sur des cadavres avant d'arrêter Rama". Il déplore que, malgré ces propos "irresponsables, incendiaires et séditieux", le Premier ministre continue à "démissionner devant ses responsabilités" et qu'il "n'ait ni la capacité ni le courage d'agir".

Dans ses commentaires sur l'affaire Valayden, le leader de l'opposition a observé que les jours passent et que "le Premier ministre se confine dans un silence et une inaction coupables" et ce, d'autant qu'en sus des propos "hautement séditieux" de son Attorney General, il y a aussi eu ceux d'un de ses proches (Yousouf Elahee) à l'effet que "la police devra marcher sur des cadavres avant d'arrêter Rama" (L'Hebdo du dimanche 4 octobre).

Juste après cela, souligne aussi Paul Bérenger, Rama Valayden est lui-même venu dire que, dans son parti, il y a des inconditionnels qui sont prêts à faire n'importe quoi. Le message était très clair. Malgré cela, "Navin Ramgoolam continue à démissionner devant ses responsabilités".

Tout cela est d'autant plus inacceptable, dit-il, que la Cour Suprême a, le 21 août 2008, statué que Rama Valayden n'a pas le droit de se déclarer ministre des Droits de l'Homme et, qu'en tant qu'un non-élu, il ne peut qu'être un "Attorney General full stop!" Aussi, il a dit considérer que tout ce qui s'est passé récemment constitue un outrage à la Cour suprême.

Le leader de l'opposition et du MMM a aussi relevé que si Xavier Duval a publiquement accordé son appui à Rama Valayden, tout le monde, à part une poignée de personnes du PMSD, a condamné les propos de l'Attorney General.

"Faux pas diplomatique de Rama Sithanen"

Les récentes déclarations de Rama Sithanen sur le traité de non-double imposition avec l'Inde ont ensuite été commentées par Paul Bérenger qui, soulignant ne pas le dire méchamment, a déploré le langage du ministre vis-à-vis de l'Inde. Au lieu de corriger, sans tarder, ses propos déjà "très peu diplomatiques" et, "unfair" vis-à-vis d'un pays de peuplement et avec lequel Maurice entretient des relations privilégiées, le ministre des Finances a été encore plus loin pour dire que l'Inde viole la loi internationale.

C'est très grave, a-t-il observé, avant d'ajouter que le ministre "en voulant possiblement bien faire, n'a pas bien mesuré la portée de ses propos". Aussi, il a demandé à Rama Sithanen mais aussi au Pm Navin Ramgoolam de corriger ce "faux pas diplomatique" dans le meilleur délai.

KFC: "Extrêmement louche lorsqu'on connaît les précédents de Rajesh Jeetah!"

Évoquant ensuite le problème de Kentucky Fried Chicken, Paul Bérenger a estimé que cette affaire risque, elle aussi, de prendre une tournure diplomatique. "Toute cette affaire est extrêmement louche, surtout lorsqu'on se réfère aux précédents de Rajesh Jeetah qui a poussé Desbro à la fermeture et qui devait provoquer aussi celle des Moulins de la Concorde si nou pa ti arrête li".

Il faut dire toute la vérité sur cette affaire, a préconisé le leader de l'opposition, qui a dit suivre cette affaire de très près. Il a aussi dit savoir que les Américains sont très attentifs à l'évolution de ce dossier. À l'heure des questions, il a dit s'interroger sur la motivation de ceux qui ont trouvé des prétextes pour épingler KFC alors même qu'il y a des informations indiquant que des promoteurs projettent de se lancer eux aussi dans des fast-food. Toutes les interrogations sont permises lorsqu'on connaît les précédants de Jeetah, a-t-il dit.

Soutien total aux marchands ambulants et aux camionneurs, a, par ailleurs, affirmé le leader du MMM, qui a critiqué la posture tant de la municipalité de Port-Louis que du gouvernement qui consiste, d'une part, à tenter de dresser la population contre les marchands, et, de l'autre, le public voyageur contre les camionneurs

C'est inacceptable et dangereux d'autant qu'il y a des solutions qui peuvent satisfaire toutes les parties concernées, a soutenu le leader de l'opposition, qui n'a pas manqué de rappeler qu'il y avait eu le projet de Hawkers Palace, déjà mis en chantier par l'ancien gouvernement que l'actuel a annulé par "fanatisme politque". Le projet, a-t-il rappelé, a été converti en hypermarché. "Bondié koné ki cash ine marché ladans comme toujours!"

Marchands ambulants et camionneurs: style de gestion décrié

II a aussi déploré que la municipalité de Port-Louis n'ait pas achevé à temps, contrairement à ce qui a été promis aux marchands, les installations au Pont de Paris où ils devaient être relogés. Il a déclaré que Reza Uteem a eu la responsabilité de suivre ce dossier pour le MMM et qu'il tient son parti au courant des derniers développements.

Paul Bérenger a profité pour fustiger le style de gestion "après la mort la tisane et de décisions dans la panique" du gouvernement dans l'affaire des camionneurs, et ce, sans consultations avec les principaux concernés. Ce refus de dialogue est inacceptable et il y a, ajoute-t-il, des solutions pour réduire le nombre d'accidents.

Le leader de l'opposition a, par ailleurs, confirmé que la préparation de la liste de candidats de son parti en vue des prochaines élections générales est mise en suspens d'autant que, dans quelques jours, le rapport de la Electoral Boundaries Commission sur le redécoupage électoral sera déposé sur la table de l'Assemblée Nationale.

Cela dit, Paul Bérenger a annoncé que les consultations en vue du choix des candidats continuent et devraient s'accélérer à la lumière de ce rapport sur les délimitations des circonscriptions.

Répondant à une question de la presse sur la situation à Curepipe après la défection de Kumar Ramdin, le leader du MMM a estimé que le démissionnaire a montré "son vrai visage". Il a relevé que celui qui avait une première fois démissionné pour rejoindre le PTr et qui fut pardonné par le MMM a, cette fois, assisté au congrès marquant les 40 ans du MMM samedi, a quitté le MMM lundi pour se retrouver au PMSD mardi. "Comparé à Kumar Ramdin, Maurice Allet enn ange!", a-t-il commenté, ironique, ajoutant "ce qui se ressemble s'assemble".

Renchérissant, Steve Obeegadoo, qui évolue au niveau du comité régional de Curepipe, a dit que "c'est déjà du passé" et il a évoqué une réunion très réussie tenue mardi dans la circonscription et qui a témoigné du retour de ces nombreux militants partis en raison des agissements de Kumar Ramdin. "Il y a aujourd'hui un climat formidable à Curepipe", a déclaré le secrétaire général du MMM.

Quant à la déclaration de Xavier Duval sur le MMM qu'il a accusé d'avoir voulu prendre le pouvoir sans passer par les élections, Paul Bérenger a dit que c'est évident qu'il ne "connaît rien à l'histoire de Maurice".

ll a jouté que son parti était, à ses débuts, révolutionnaire et totalement idéaliste, qu'il pensait que les élections étaient polluées par l'argent et le communalisme mais que, très peu de temps après sa naissance, le parti a bien participé à l'élection partielle au No 5, qu'il a gagnée. Le leader du MMM a dit que le MMM a évolué depuis et qu'il a pleinement participé aux élections de générales de 76.

Pas "interessé du tout" par la "béquille"

Invité à réagir à la déclaration de Pravind Jugnauth sur le fait que son parti ne sera pas une "béquille" dans une éventuelle alliance, il a répondu que "li dire sa ki le envi, sa pas interesse moi du tout!" S'agissant d'une information relayée par une radio privée annonçant le retour d'Ashok Jugnauth au MSM, il a dit que c'est le principal concerné, qui se trouve en Grande Bretagne, qui l'a appelé pour lui faire part de cette fausseté.

Cela dit, Paul Bérenger a confié que ce n'est pas ce genre d'informations qu'on peut prendre à la légère qui le préoccupent, mais le rôle des radios privées dans le maintien de l'harmonie entre les communautés. Il a profité pour leur lancer un appel afin qu'elles ne retransmettent pas n'importe quoi sur leurs ondes qui est susceptible de mettre cette harmonie en danger.

Le prix Nobel de la paix à Barack Obama

"Il le mérite déja"

Félicitant Barack Obama pour avoir reçu le Prix Nobel de la paix, le leader de l'opposition et du MMM a dit qu'il "le mérite déjà" pour ce qu'il a dit et fait sur le désarmement nucléaire, le réchauffement climatique, le rôle de l'ONU, la main tendue au monde musulman et sur la Palestine.

Il a pris un nouveau départ et il a suscité beaucoup d'espoir, constate Paul Bérenger, qui a souhaité que le Prix Nobel lui donne la force de continuer dans la même direction, surtout vis-à-vis de la Palestine. Disant craindre qu'il ne cède devant l'intransigeance d'Israël et des lobbies israëliens aux États Unis, il a souhaité que ce prix lui donne la force de résister à de telles pressions et qu'il fasse avancer les dossiers sus-mentionnés.

Le leader de l'opposition a aussi eu un mot sur Madagascar. Il a évoqué le "grand pas en avant" enregistré cette semaine avec un accord sur le partage des pouvoirs de transition. Il ne faut pas de retour en arrière, a-t-il dit, en espérant que la Grande île retrouve bientôt sa place dans la communauté internationale et régionale.


Navin Ramgoolam : "Le Président Obama mérite le prix Nobel de la Paix"

"Le Président Obama mérite cette reconnaissance. Dès que j'ai appris la nouvelle, je lui ai envoyé un message de félicitations", a indiqué vendredi dernier, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, à l'issu de la cérémonie, marquant l'inauguration officielle du l'Intercontinental Mauritius Resort Balaclava Fort. Mettant en exergue les qualités du Président américain, Navin Ramgoolam fait ressortir que Barack Obama a donné une autre direction de l'image de l'Amérique. "Comme je l'ai dit après la récente rencontre que j'ai eue avec le Président américain, c'est un homme d'une grande humilité, prêt à écouter, sans arrogance et en même temps ferme. Il mérite cette médaille. Il mérite cette reconnaissance", estime le Premier ministre.

Profitant de l'occasion, la presse n'a pas manqué de solliciter le chef d'État pour une déclaration sur les récents propos de l'Attorney General, par rapport à la brutalité policière, mais Navin Ramgoolam a sèchement fait comprendre "Pa melanz Valayden ek Obama". S'il a refusé ce soir-là d'en dire davantage sur la polémique autour des récentes déclarations de Rama Valayden, Navin Ramgoolam a toutefois, dans une conversation inofficielle avec les journalistes, jeudi dernier, lors du lancement de "Maurice, c'est un plaisir", la nouvelle marque identitaire de Maurice - à la Citadelle, indiqué que les statistiques avancées par l'Attorney General sont fausses. Il n'est pas vrai de dire que la communauté créole est davantage victime de brutalité policière. Ces chiffres ne sont pas vrais du tout, a affirmé le Premier ministre, ajoutant qu'il a d'ailleurs abordé la question avec l'Attorney General.


Reprise des travaux parlementaires

Le MMSD d'Eric Guimbeau annonce ses combats

Le leader du MMSD, le député Eric Guimbeau, exprime son inquiètude face à ce qu'il considère être "une braderie des terres de l'Etat à mesure qu'approchent les élections générales". "Il y a beaucoup d'injustices, énormément de copinage à ce niveau, et on ne peut pas tolérer que ces terres, des biens qui nous appartiennent à tous, soient si généreusement distribuées soi-disant pour des projets agricoles ou industriels alors qu'elles sont, en réalité, revendues immédiatement par de pseudo -promoteurs à coups de millions", soutient M. Guimbeau. Il a annoncé qu'il compte réclâmer, le 20 Octobre prochain, à la rentrée de l'Assemblée nationale, un Audit Trail des comptes de tous les bénéficiaires afin de permettre d'identifier ceux qui en ont profiter.

Selon M. Guimbeau, " l'Attorney General a été maladroit pour être venu, après quatre ans qu'il est au gouvernement, parler de brutalité policière. il ne fait pas de doute qu'il a voulu obtenir un political mileage en tenant des propos à relent communal qui, en même temps, constituent un blâme pour le Premier ministre lui - même en sa qualité de responsable de la Police".

M. Guimbeau, a affirmé qu' il profitera de la déclaration de Valayden pour essayer, à l' Assemblée nationale, de connaître toute la vérité autour des circonstances entourant la mort du chanteur Kaya et de Rajesh Ramlogun en cellule policière. " C'est vrai que leurs familles endeuillées ont obtenu des compensations de la part de l' Etat, mais, non seulement ces compensations représentent des aveux, mais il demeure que toute la vérité doit être établie dans ces deux cas. Il faut s'assurer que les compensations ne soient pas, en fin de compte, des moyens d'obtenir que silence soit faite à jamais sur la vérité".

Les démarches parlementaires du leader du MMSD porteront aussi sur la recherche d'une demande de réduction sur les prix du billet avion de la compagnie d'aviation nationale, Air Mauritius, en faveur des pélerins qui partent pour la Mecque ( le Hajd ).

Par ailleurs, commentant l'actuelle fermeture des points de ventes de Kentucky Fried Chicken, le leader du MMSD a trouvé que "c'est très bien que le ministère de la Santé fasse son travail et prenne des sanctions s'il est confirmé que KFC a mis en danger les consommateurs". "Les journalistes présents n'ont pas manqué de constater un certain scepticisme de la part de M. Guimbeau en évoquant l'affaire KFC. " Je connais l'Alliance sociale et sa conception de ce qu'elle appelle "Démocratisation de l'Economie". D'abord, ll ne faudra certainement pas que les pauvres employés de l'entreprise paient de leur emploi si c'est leur employeur qui a fauté. Et, ensuite, il faudra être sûr qu'on ne cherche pas à faire subir à KFC le même sort infligé à l'usine Desbro et celui qu'avait failli connaître aussi les Moulins de la Concorde", a déclaré M. Guimbeau.


Les précisions du VPM

Le Dr Rashid Beebeejaun, réagissant à un article que nous avons publié la semaine d'avant sur son absence des célébrations officielles de Eid ul Fitr, a tenu à préciser à Week-End qu'il a pour habitude de fêter cet important rendez-vous du calendrier musulman en famille. En l'absence du Premier ministre, c'est donc lui qui a délégué le Dr Abu Kasenally pour représenter le gouvernement à la fête officielle, nous a-t-il déclaré.


Politique économique

Réquisitoire du MSM contre le gouvernement

Réquisitoire du leader du MSM, Pravind Jugnauth, contre la politique économique du gouvernement. À Goodlands, vendredi soir, où le MSM donnait le coup d'envoi d'une série de onze réunions à travers l'île sur des sujets précis, le ministre des Finances, Rama Sithanen, n'a pas, pour une fois, été l'unique cible de M. Jugnauth, le leader du MSM s'efforçant de s'attaquer à la politique économique du gouvernement dans son ensemble. Au plan plus politique, Pravind Jugnauth devait par ailleurs dire que plutôt que d'avoir à faire partie d'un gouvernement "en tant que béquille", le MSM préférerait "tomber dans l'honneur". "Au MSM, déclare le leader de ce parti, personne n'est à la recherche d'enn boute", poursuivant qu'"en alliance, nous entendons être respectés en tant que partenaire".

Pour Pravind Jugnauth, contrairement à "ceux qui écrivent l'Histoire à leur façon", ou encore "ceux qui déforment l'Histoire", le MSM prend pour témoin son passé. Un passé, dit-il, "connu du peuple", non des "grands érudits de l'Histoire", et qui témoigne de ce que sir Anerood Jugnauth et le MSM ont accompli pour le progrès et le développement économique du pays. Rappel de la situation "chaotique" des années 70-80 et du travail accompli à partir de là "dans la persévérance, la discipline et même parfois avec un langage un peu dur" jusqu'à ce que, selon le leader du MSM, le monde reconnaisse le "miracle économique" dont son parti fut "l'architecte".

"Notre devise, dit M. Jugnauth, est demeurée la même et nous poursuivons la même philosophie que SAJ". Il affirme que le MSM "a prouvé" et "prouvera encore" qu'il tient à la "parole" et aux "engagements" qu'il prend "envers quiconque". "La Deuxième Génération MSM continue de bâtir dans l'unité nationale et a la conviction de pouvoir transformer le pays et de le faire atteindre un nouveau palier de son développement économique au profit de tous et non d'une poignée".

Dans la "situation économique mondiale dynamique" marquée par des "changements drastiques", le travail du MSM se poursuit, déclare son leader. Il note une "différence fondamentale" entre l'opinion de son parti et celle du gouvernement du jour. "Durant quatre ans, dit Pravind Jugnauth, ce gouvernement n'a vu que dans la direction d'une poignée de capitalistes". Selon lui, chaque budget présenté n'aura comporté que des mesures "en faveur du grand capital", alors même que, souligne-t-il, le pouvoir d'achat de la grande majorité de la population n'a cessé de se "déprécier".

Rappel de la dépréciation "par 20%" de la roupie au seul bénéficice du secteur privé avec, pour conséquence, la flambée des prix. M. Jugnauth prend à témoin le Central Statistics Office (CSO), "une institution indépendante" qui, dit-il, établit que les Mauriciens "s'appauvrissent davantage jour après jour" à la faveur, notamment, d'une "inflation record". Si bien, dit le leader du MSM, que le ministre des Finances a dû parler de situation d'"absolute poverty" dont M. Jugnauth rend le gouvernement "responsable".

"Si l'on n'y prend garde, nous nous acheminons vers des années de misère comme celles des années '70/'80", assure Pravind Jugnauth. Dénonciation, dans la foulée, de "l'incompétence à la State Trading Corporation (STC)" et de la politique fiscale "qui affecte surtout la classe moyenne qui se retrouve, aujourd'hui, en grande difficulté". Parallèlement, il souligne que l'impôt sur les compagnies a baissé et que les dividendes sont exonérées d'impôt.

Évocation des Rs 14 milliards du "stimulus package" au secteur privé "sans aucune garantie de préservation de l'emploi" et de l'abolition des tripartites pour la compensation salariale et des "Rs 100 millions refusées pour les subventions aux frais d'examens de SC et de HSC".

"Pas un seul nouveau pilier économique n'a été créé en quatre ans si ce n'est le gambling!", note encore Pravind Jugnauth. Et de poursuivre son réquisitoire: "la croissance à 6% dont avait parlé le ministre n'a jamais été atteinte" et "pas un seul projet d'infrastructure d'envergure n'a aussi été réalisé". Et le leader du MSM d'évoquer les "engagements" que prend son parti en vue de "rétablir l'équilibre entre l'économie et le social". "Le MSM, souligne-t-il, n'est pas contre le secteur privé". Il veut créer l'environnement qui lui soit favorable tout en veillant aux intérêts de la masse des salariés.

"L'alternative à la politique ultra-libérale de ce gouvernement"

"Il y a une alternative à la politique ultra-libérale de ce gouvernement", assure M. Jugnauth qui prend "l'engagement" de permettre au pays de renouer avec "un deuxième miracle économique". Il évoque, à ce propos, sa promesse de faire de Maurice un "duty-free island" comme énoncé dans son dernier budget sous le précédent gouvernement MSM/MMM. "Nous visons, dit-il, non seulement à éliminer les taxes douanières sur les produits mais aussi à une modernisation des infrastructures, notamment le transport public". Sous ce dernier rapport, Pravind Jugnauth explique qu'il n'existe pas d'autre choix qu'un "light rail transport system" comprenant notamment, au niveau des stations, des "shopping malls".

L'idée derrière son projet de duty-free island, explique M. Jugnauth, est de créer les opportunités pour que les touristes de passage aient amplement l'occasion de sortir de leurs hôtels et de dépenser au maximum. Autre "grand projet" cher au MSM: la réouverture du port de Mahébourg en vue de permettre le basculement d'un certain nombre d'activités dans le sud. M. Jugnauth cite le stockage pétrolier qui sera, ainsi, au net avantage de l'approvisionnement de l'aéroport en carburant d'avions.

En matière fiscale, Pravind Jugnauth prend l'engagement que le MSM abolira la National Residential Property Tax (NRPR) ainsi que l'imposition des intérêts à l'épargne bancaire et rétablira les exonérations autrefois accordées, notamment, sur les prêts-logements ou les dons aux institutions charitables.

"Nous avons pour vision la baisse progressive du taux d'imposition de l'Income Tax jusqu'à l'élimination complète de l'impôt sur le revenu", explique le leader du MSM. Un certain nombre d'exemptions concernera aussi les petits planteurs. Au ministre des Finances et au gouvernement qui soutiennent que les mesures préconisées par le MSM nécessiteront une hausse de la Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA), M. Jugnauth assure qu'il n'en est rien. "Ces mesures, nous pourront les appliquer sans augmenter la TVA, je vous l'assure", soutient-il.

Une autre mesure annoncée concerne une diminution de l'écart entre les intérêts perçus par les banques sur les prêts accordés à des clients et les intérêts perçus par des clients sur les dépôts en banque. Le MSM promet de réduire l'écart qui existe à ce jour à ce niveau à un taux "raisonnable". Ce parti prend aussi l'engagement de rétablir les négociations tripartites pour la compensation salariale et reviendra de l'avant avec son projet de Employees Real Estate Investment Trust. Aussi envisagée: la participation des salariés de l'industrie touristique à l'actionnariat des établissements hôteliers.

"Le MSM, demain, formera le gouvernement mais pas en tant qu'une béquille!", prévient Pravind Jugnauth. En alliance, dit-il, le MSM s'attend à être respecté par son partenaire tout comme il s'engage à le respecter. Au cas contraire, "nous avons notre fierté, nos propres compétences et notre propre capacité". "Nous préférons, le cas échéant, tomber dans l'honneur!", souligne le leader de ce parti qui affirme qu'au MSM, ni lui ni personne n'est à la recherche "d'enn boute", car "c'est l'intérêt du pays qui doit primer".



p o l i t i q u e WEEK-END --- dimanche 11 octobre 2009